M. António Guterres tente de mobiliser la communauté internationale contre la famine qui sévit au Soudan du Sud, en Somalie, au Yémen et au Nigéria

SG/SM/18452-IHA/1426
22 février 2017

M. António Guterres tente de mobiliser la communauté internationale contre la famine qui sévit au Soudan du Sud, en Somalie, au Yémen et au Nigéria

Vingt millions de personnes sont touchées par une grave crise alimentaire au Soudan du Sud, en Somalie, au Yémen et dans le nord-est du Nigéria, s’est alarmé, cet après-midi, le Secrétaire général de l’ONU, M. António Guterres, lors d’une conférence de presse visant à sensibiliser la communauté internationale à la gravité de la situation.

M. Guterres était accompagné du Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence, M. Stephen O’Brien; de l’Administratrice du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Mme Helen Clark; et de la Directrice exécutive du Programme alimentaire mondial (PAM), Mme Ertherin Cousin, cette dernière intervenant en visioconférence depuis Rome.

« La famine est déjà une réalité dans certaines parties du Soudan du Sud », a affirmé le Chef de l’Organisation.  « À moins d’agir maintenant, elle s’étendra à d’autres régions et d’autres pays.  Nous sommes confrontés à une tragédie; nous devons empêcher qu’elle ne se transforme en catastrophe.  Cela pourra être évité si la communauté internationale prend des mesures décisives. »

À travers tout le Soudan du Sud, près de 5 millions de personnes ont désespérément besoin de vivres et la famine a déjà été déclarée dans deux comtés, a prévenu M. Guterres.  Dans le nord-est du Nigéria, environ 5,1 millions de personnes sont confrontées à de graves pénuries alimentaires.  « Et le Yémen est confronté à la plus grande insécurité alimentaire au monde, avec environ 7,3 millions de personnes ayant besoin d’aide immédiatement », a souligné le Secrétaire général.

Les organismes des Nations Unies sont déployés avec des programmes pour tous ces pays, et la réponse ne cesse de s’élargir, a-t-il assuré.  Dans le nord-est du Nigéria, les personnels humanitaires ont déjà réussi à apporter une aide alimentaire à plus de 2 millions de personnes.  Au Soudan du Sud, l’ONU et ses partenaires ont l’intention d’aider 5,8 millions de personnes cette année; en Somalie, 5,5 millions de personnes et au Yémen, 8,3 millions.

« Sauver des vies est la première priorité, mais nous cherchons également à renforcer la résilience à long terme aux chocs », a précisé le Secrétaire général, qui a annoncé avoir demandé à l’Administratrice du PNUD et au Coordonnateur des secours d’urgence de prendre des « mesures immédiates » pour assurer une « approche coordonnée à long terme ». 

« Ils mettront sur pied un comité directeur de liaison entre le Groupe des Nations Unies pour le développement et le Comité permanent interorganisations pour l’assistance humanitaire, ce qu’a confirmé Mme Clark.

L’un des principaux obstacles auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui est le financement, a expliqué M. Guterres, en rappelant que les opérations humanitaires dans ces quatre pays nécessitent plus de 5,6 milliards de dollars cette année.  « Au moins 4,4 milliards de dollars seront nécessaires d’ici à la fin du mois de mars pour éviter une catastrophe. » 

Or, malgré quelques promesses de contribution généreuses, à peine 90 millions de dollars ont été effectivement reçus à ce jour, « soit environ deux cents pour chaque dollar nécessaire ».

« Nous sommes au début de l’année, mais ces chiffres sont très inquiétants », a souligné le Secrétaire général.  Les manques de ressources ont déjà contraint le PAM à réduire de plus de moitié les rations distribuées au Yémen depuis l’an dernier, a-t-il relevé.

« Ces quatre crises sont très différentes, mais elles ont une chose en commun: elles sont toutes évitables.  Elles sont toutes issues de conflits, qu’il nous faut davantage prévenir et résoudre.  Mais même à présent, nous pouvons prévenir le pire, si nous agissons d’urgence et vigoureusement », a-t-il dit.

Aussi le Secrétaire général a-t-il exhorté la communauté internationale à se mobiliser et à faire « tout ce qui est en son pouvoir », y compris en exerçant des pressions politiques sur les parties au conflit et en finançant les opérations humanitaires.

Le Chef de l’Organisation a, pour sa part, lancé un appel « personnel » aux parties au conflit pour qu’elles respectent le droit international humanitaire et ménagent aux travailleurs humanitaires un accès aux nécessiteux, sous peine de laisser mourir des centaines de milliers de personnes, « même si nous avons les ressources pour les aider ».

La vie de millions de personnes dépend de notre capacité collective à agir, a-t-il ajouté: « dans notre monde d’abondance, il n’y a pas d’excuses pour l’inaction ou l’indifférence ».

 

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