Deuxième Commission: réduire les inégalités et la fracture numérique pour un ordre économique plus juste et une migration non subie

AG/EF/3503
19 octobre 2018
Soixante-treizième session, 15e et 16e séances – matin & après-midi

Deuxième Commission: réduire les inégalités et la fracture numérique pour un ordre économique plus juste et une migration non subie

Les fruits de la croissance et du développement ne sont pas répartis de façon équitable.  C’est le constat fait ce matin à la Deuxième Commission (questions économiques et financières), qui a abordé le nouvel ordre économique international ainsi que les liens entre migrations internationales et développement, avant de se pencher, dans l’après-midi, sur l’accès aux technologies de l’information et des communications (TIC).

Dans son rapport sur le nouvel ordre économique international, le Secrétaire général reconnaît en effet que la reprise économique n’a pas touché l’Afrique centrale et l’Afrique australe, que l’accumulation de la dette pourrait ralentir la croissance, que l’Aide publique au développement est en baisse et que les taxes supplémentaires imposées par certains grands pays ces derniers mois ne font qu’accroître les tensions.

Le groupe des pays les moins avancés (PMA) a illustré ces disparités en rappelant que 82% de la richesse mondiale sont tombés entre les mains des 1% les plus riches, dans un ordre mondial que le Népal a qualifié de « casino, où les plus riches ramassent toute la mise ».  Le creusement des inégalités en termes de richesse et de technologie, la persistance des famines, des sécheresses et des catastrophes d’origine humaine montrent la nécessité de créer un environnement économique international cohérent et de renforcer la gouvernance économique mondiale, a fait valoir le groupe des 77 et la Chine.  Ce à quoi l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) a rajouté les menaces comme le terrorisme, les pandémies et les problèmes de cybersécurité. 

Nombre de délégations ont rappelé l’importance d’un système commercial multilatéral universel, réglementé, ouvert, non discriminatoire et équitable sous l’égide de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et plaidé en faveur des pays en développement, pour qu’ils bénéficient de financements, de transferts de technologies à des conditions favorables et du renforcement de leurs capacités.  Cuba a fustigé l’inégalité des conditions d’accès aux marchés selon les pays, tout en soulignant le rôle multilatéral de l’ONU comme rempart contre les politiques unilatéralistes.  Pour la Communauté des Caraïbes (CARICOM), les défis à relever pour stimuler une croissance équitable et inclusive exigent l’harmonisation des actions politiques et des réformes structurelles internationales.

Les migrations sont l’une des conséquences des différentes crises dans le monde, qu’elles soient politiques, économiques ou climatiques: entre 2000 et 2017, le nombre de migrants internationaux a augmenté de près de 50%, atteignant 258 millions en 2017, indique le Secrétaire général dans son rapport sur les migrations et le développement.  Avec la diminution du taux de natalité, les migrants peuvent avoir un effet positif sur les économies des pays développés, mais leurs droits sont peu respectés, bien que la majorité des États Membres aient ratifié des traités onusiens visant à garantir leur protection contre les trafics et l’amélioration de leurs conditions de travail.  Étant donné que la majorité des migrants viennent de zones rurales, investir dans l’agriculture et le développement rural est essentiel pour trouver des alternatives aux migrations, a fait observer l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Toutes les délégations se sont félicitées de l’accord sur le « pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières », qui devrait être adopté durant la Conférence intergouvernementale organisée à Marrakech les 10 et 11 décembre et qui constitue le premier cadre multilatéral exclusivement dédié aux migrations.  Pour les Philippines, ce pacte est une preuve que le multilatéralisme reste bien vivant, et qu’il crée une norme morale pour le monde, un instrument des droits de l’homme qui place la protection des migrants, quel que soit leur statut, au cœur de ses principes.  La Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC) a d’ailleurs prié tous les États de garantir le plein respect des droits de l’homme des migrants, d’éviter les procédures inadéquates de détention et, le cas échéant, d’assurer des procédures de retour avec les garanties nécessaires et une attention particulière aux femmes et aux enfants, accompagnés ou non.   

La fracture numérique a été évoquée à maintes reprises comme l’un des freins au développement et, cet après-midi, la Deuxième Commission s’est penchée sur les TIC au service du développement.  L’accès à ces technologies, leur utilisation et leur champ d’application n’ont en effet cessé de croître mais les progrès accomplis sur la voie de l’inclusion dans la société de l’information restent très inégaux, selon le rapport du Secrétaire général consacré au Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI).  Ainsi, en 2017, la moitié de la population mondiale n’avait pas accès à Internet.  En outre, la quatrième révolution industrielle devrait provoquer des changements radicaux et ceux qui ne peuvent accéder à ces nouvelles technologies risquent d’être laissés pour compte.

Les TIC sont si importantes qu’elles sont inscrites dans les objectifs de développement durable, ont relevé les PMA.  Elles ont en effet permis des améliorations dans certains secteurs essentiels comme l’accès à la santé et à l’eau douce, a noté le Groupe des États d’Afrique.  Les pays de la CARICOM souhaiteraient, par exemple, bénéficier de mécanismes et technologies d’alerte précoce en cas de catastrophe naturelle, afin d’en atténuer les effets dévastateurs.  Une fois encore, la coopération internationale multipartite s’impose pour remédier au problème, mais aussi pour relever des défis tels que celui de la cybersécurité.  À cet égard, le Qatar a proposé d’organiser une Conférence sur la cybercriminalité.

La Deuxième Commission reprendra ses travaux lundi 22 octobre, à partir de 10 heures, pour faire un point sur les groupes de pays en situation particulière, puis aborder la question des activités opérationnelles.

MONDIALISATION ET INTERDÉPENDANCE

Présentation de rapports

M. NAZRUL ISLAM, Économiste hors classe de la Division des politiques et de l’analyse économique du Département des affaires économiques et sociales, a présenté le Rapport du Secrétaire général (A/73/290) sur le nouvel ordre économique international, qui donne une vue d’ensemble actualisée des grands problèmes d’ordre économique et de politique générale à résoudre sur le plan international pour assurer une croissance économique soutenue et un développement durable qui soient équitables et partagés, ainsi qu’une description du rôle que joue l’ONU à cet égard dans la perspective de l’instauration d’un nouvel ordre économique international.

M. Islam a donné un aperçu du contexte du rapport, à savoir des changements notables dans le commerce international, une hausse significative des déficits budgétaires, des efforts internationaux insuffisants pour atteindre les objectifs relatifs aux changements climatiques ainsi que la quatrième révolution industrielle.  La croissance mondiale devrait être de 3,3% en 2018 et 2019, mais la reprise économique n’a pas touché l’Afrique centrale et l’Afrique australe.  De plus l’accumulation de la dette pourrait ralentir la croissance. 

M. Islam s’est également inquiété des taxes supplémentaires imposées par certains grands pays ces derniers mois, ce qui bouleverse les équilibres.  Quant à l’aide publique au développement (APD), elle représentait 146,6 milliards de dollars en 2017, soit 800 millions de moins qu’en 2016, marquant aussi le premier déclin de cette aide depuis 2012.  Il a rappelé que la Déclaration concernant l’instauration d’un nouvel ordre économique international met l’accent sur un système monétaire mondial stable et sur l’immense potentiel des nouvelles technologies pour ce qui est de relever de nombreux défis économiques, sociaux et environnementaux, et de la nécessité de multiplier les efforts sur le plan national et en matière de coopération internationale.

Pour évaluer les progrès accomplis et les difficultés rencontrées dans la réalisation d’une croissance économique et d’un développement durable équitables et partagés, le rapport s’appuie sur les informations communiquées dans les examens nationaux volontaires présentés au Forum politique annuel de haut niveau pour le développement durable.  Il ressort de cette évaluation que d’importants progrès ont été faits en 2016 et 2017 dans la réalisation de nombreux objectifs de développement durable.  Cependant, les perspectives qu’offre à court terme l’économie mondiale, au regard des incertitudes qui planent sur le commerce international, des ajustements de la politique monétaire et des conditions des marchés financiers, menacent la réalisation d’une croissance économique équitable et soutenue. 

En outre, la lenteur des progrès accomplis en ce qui concerne la lutte contre les changements climatiques et l’amélioration de la viabilité environnementale, qu’aggrave l’insuffisance des financements, est un obstacle supplémentaire au développement durable.  Dans ce rapport, il est également demandé à l’ONU d’élargir son rôle et d’encourager le recours responsable aux nouvelles technologies au service de la réalisation des objectifs de développement durable. 

M. JOHN WILMOTH, Directeur de la Division de la population du Département des affaires économiques et sociales, a présenté le rapport du Secrétaire général (A/73/286) sur les migrations internationales et le développement, « un sujet qui constitue une priorité politique pour de nombreux pays », a-t-il noté.  Il porte notamment sur les niveaux et tendances les plus récents en matière de migration internationale, ainsi que sur l’état de la ratification des instruments juridiques de l’ONU relatifs aux migrations et à la mobilité humaine.  

Le rapport estime qu’entre 2000 et 2017, le nombre de migrants internationaux a augmenté de près de 50 %, atteignant 258 millions en 2017.  Dans les régions les plus développées, les migrants représentant 12% de la population, et seulement 2% dans les régions les moins développées; ensemble, l’Asie et l’Europe accueillent 6 migrants internationaux sur 10.

À mesure que la fécondité mondiale continue de décliner, le rôle moteur des migrations dans les mutations démographiques devrait s’accentuer au cours des prochaines décennies: avec la diminution du taux de natalité, les migrants peuvent avoir un effet positif sur les économies des pays développés, mais ils ne combleront pas la chute de la natalité, selon le rapport.

M. Wilmoth a aussi noté que les droits des migrants demeuraient une rareté bien que la majorité des États Membres aient ratifié des traités onusiens visant à garantir leur protection contre les trafics et l’amélioration de leurs conditions de travail.  Diverses agences de l’ONU tentent d’accompagner la mise en œuvre de la Déclaration de New York pour les réfugiés et migrants adoptée en 2016, a-t-il souligné, en citant notamment le pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières.

Le rapport appelle à une meilleure utilisation des ressources existantes et à la création d’un observatoire régional pour développer des partenariats. 

M. Wilmoth a enfin observé que les transferts de fonds de migrants ont un grand impact sur l’économie mondiale, vu les sommes importantes (466 milliards de dollars de transfert dans le monde en 2017); ces transferts ont un impact gigantesque et positif sur les objectifs de développement durable. 

Discussion générale

Au nom du Groupe des 77 et la Chine, M. MOHAMED ABDELRAHMAN MOHAMED MOUSSA (Égypte) a affirmé qu’il est évident que la mondialisation peut apporter des gains économiques et financiers à tous les pays et améliorer le niveau de vie en général.  Toutefois il apparait que les fruits de la croissance et du développement ne sont pas répartis de façon équitable.  Et le paysage politique et économique est entaché de nombreux problèmes, tels que la pauvreté, la hausse des inégalités, la prévalence de crises économiques et financières, la crise des migrants et des réfugiés, les changements climatiques et la dégradation de l’environnement.  En outre, le creusement des inégalités en termes de richesse et de technologie, la persistance des famines, des sécheresses et des catastrophes d’origine humaine montrent la nécessité de créer un environnement économique international cohérent et de renforcer la gouvernance économique mondiale, ce qui permet aussi d’éliminer la pauvreté sous toutes ses formes. 

Le G77 et la Chine ont rappelé qu’une aide de la part des pays développés est toujours nécessaire, en particulier en ce qui concerne le transfert de technologies à des conditions favorables, le renforcement des capacités et les financements vers les pays en développement.  Sans percée dans la coopération internationale dans le domaine des technologies, la voie vers un développement plus durable sera difficile à emprunter pour les pays en développement, a ajouté M. Edrees.  Il a réitéré l’importance d’un système commercial multilatéral universel, réglementé, ouvert, non discriminatoire et équitable sous l’égide de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).  À cet égard, un nouvel ordre économique mondial peut contribuer à renforcer le Programme de développement durable à l’horizon 2030.

Au sujet des flux de migration, le G77 et la Chine estiment qu’il faut comprendre le lien entre mondialisation et développement et que les avantages d’une migration sûre, ordonnée et régulière sont souvent sous-estimées, comme par exemple leur contribution aux problèmes démographiques ou au manque de main d’œuvre.  Les rôles et responsabilités des pays d’origine, de transit et de destination devraient être correctement équilibrés, a dit M. Edrees, afin de coopérer au niveau international en respectant les droits de l’homme et un traitement humain des migrants, quel que soit leur statut migratoire.  Il a aussi appelé la communauté internationale à mettre en place des stratégies sur la contribution des migrants au développement durable afin de combattre le racisme, la discrimination raciale et la xénophobie, de même qu’à protéger les droits des enfants migrants.

M. BURHAN GAFOOR (Singapour), au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), a reconnu que le système multilatéral faisait face à un défi complexe et difficile, citant comme menaces le terrorisme, les pandémies et les problèmes de cybersécurité.  Appelant à la coopération internationale pour exploiter les nouvelles technologies dans l’intérêt de tous, il a recommandé de favoriser les partenariats avec les pays en développement.  À cet égard, l’ASEAN a fait des efforts pour créer des partenariats régionaux et développer une meilleure connectivité dans le monde, via l’accord de cybercommerce de l’ASEAN, qui encourage le commerce électronique.  L’ASEAN a aussi développé un réseau de « villes intelligentes » rassemblant 26 villes pionnières; déjà cinq accords de coopération ont été signés entre ces villes et les partenaires extérieurs, notamment du secteur privé. 

Si l’ASEAN a redoublé d’efforts pour maintenir une architecture ouverte et inclusive, elle a reconnu qu’elle ne pouvait agir seule, et elle a réaffirmé l’importance du multilatéralisme et du régionalisme.  M. Gafoor attend d’ailleurs avec impatience le prochain Forum régional de l’ASEAN « pour lutter contre le terrorisme et aussi contre la résistance antimicrobienne ».  Croyant fermement au rôle de gouvernance de l’ONU et à son rôle capital, l’ASEAN soutient le Programme de développement durable à l’horizon 2030.  Au cours de la réunion de l’Assemblée générale du 29 septembre 2018, ses dirigeants ont réaffirmé leur attachement à l’ONU et à tout ce qui peut mettre en œuvre la vision 2025 de l’ASEAN, qui va main dans la main avec les objectifs de développement durable, a souligné M. Gafoor. 

Au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), M. COSMOS RICHARDSON (Sainte-Lucie) a déclaré que les petits États insulaires en développement des Caraïbes n’étaient pas en mesure de répondre aux besoins d’investissement accrus pour la transformation économique, l’adaptation aux changements climatiques et l’atténuation de ses effets, ainsi que pour l’élargissement de la trajectoire économique à cause de nombreux obstacles laissés par ce nouvel ordre mondial. Notre engagement international en faveur du développement durable bute sur l’insuffisance des efforts mondiaux tangibles pour répondre à notre ambition, a regretté le représentant.  Les objectifs de développement durable ne peuvent pas être atteints sans nouveaux engagements significatifs sur les ressources.  Nous devons travailler à combler le fossé entre souhait et réalisation, a exhorté le représentant. 

Pour la CARICOM, les défis à relever pour stimuler et maintenir une croissance équitable et inclusive nécessiteront l’harmonisation des actions politiques et des réformes structurelles internationales, le cas échéant, afin de stimuler les investissements, la création d’emplois et la croissance économique, conformément à nos objectifs plus larges de développement durable.  La mobilisation de l’investissement dans les infrastructures, la transparence accrue dans la fiscalité internationale exigeront plus de coordination politique et de coopération au niveau mondial.  La mondialisation et l’interdépendance signifient que les efforts pour le développement durable à tous les niveaux doivent se renforcer mutuellement. 

Il est donc nécessaire d’adapter les régimes, les institutions et les politiques internationaux régissant les différentes dimensions du développement durable pour qu’ils capitalisent sur l’interdépendance croissante entre les domaines politiques et au sein de ceux-ci, et réduire ainsi leurs contradictions. 

Au nom de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC), M. RUBÉN ARMANDO ESCALANTE HASBÚN (El Salvador) a rappelé que le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières devrait être adopté durant la Conférence intergouvernementale organisée à Marrakech les 10 et 11 décembre et s’est félicité de l’accord sur ce premier cadre de coopération sur les migrations internationales sous l’égide des Nations Unies.  Le représentant a souligné l’importance de traiter des défis et des opportunités que pose la migration internationale pour les pays d’origine, de transit et de destination en termes de régularisation, d’intégration sociale dans des conditions d’égalité et de non-discrimination.  Il a condamné tous les actes de xénophobie, racisme, discrimination, persécution et intolérance contre les migrants et a exhorté les États membres de la CELAC à prendre des mesures en ce sens. 

M. Escalante Hasbún a aussi prié tous les États de garantir le plein respect des droits de l’homme des migrants, d’éviter les procédures inadéquates de détention et, le cas échéant, d’assurer des procédures de retour avec les garanties nécessaires et avec une attention particulière aux femmes et aux enfants accompagnés ou non.  La CELAC reconnaît la contribution positive des migrants à la croissance inclusive et au développement durable dans les pays d’origine, de transit et de destination.  Les envois de fonds des travailleurs migrants sont une source financière privée et ne peuvent être placés sur le même plan que d’autres flux financiers tels que l’investissement étranger direct, l’aide publique au développement (APD) ou d’autres sources de financement public, a fait observer la CELAC.

M. PERKS LIGOYA (Malawi), au nom du groupe des pays les moins avancés (PMA), a relevé que le rapport du Secrétaire général traitant du nouvel ordre mondial encourage la croissance économique équitable et la réduction des inégalités au sein des pays, et entre les pays.  À l’intérieur des pays, le rapport préconise de donner la priorité à la qualité de l’emploi, d’encourager le secteur recherche et développement, et de mettre l’accent sur le développement des compétences.  Pour ce qui est des inégalités entre les pays, le rapport n’en parle pas assez, a déploré le représentant en soulignant que 82% de la richesse mondiale est tombée entre les mains des 1% les plus riches de la population mondiale, un chiffre tiré par M. Ligoya d’un rapport d’OXFAM.  L’activité économique plus vigoureuse depuis la crise de 2008 n’a pas été suivie d’effets pour les PMA, dont le produit intérieur brut (PIB) augmente, mais dont la croissance est loin de permettre d’envisager l’élimination de l’extrême pauvreté d’ici à 2030. 

Les pays en situation particulière estiment que les soutiens financiers, quoique généreux, ne suffisent pas, a poursuivi M. Ligoya en citant les chiffres de 2017 (5 milliards de dollars) qui sont inférieurs aux chiffres de 2012.  C’est pourquoi les PMA ont demandé à leurs partenaires de renforcer leurs dons afin d’accélérer la mise en œuvre du développement durable, du renforcement de leurs capacités et du transfert des technologies.  L’ONU a un rôle capital à jouer également, a poursuivi le représentant, pour combler le fossé entre les PMA et le reste du monde.  De multiples facteurs imposent les migrations, comme les impacts dévastateurs des changements climatiques, le vieillissement de la population dans les pays développés et la pression fiscale qui en découle.  À cet égard, M. Ligoya a appelé à réduire les frais des transferts de fonds des migrants vers leur pays d’origine de manière globale. 

Les PMA attendent avec impatience l’adoption du pacte mondial sur les migrations, a conclu le représentant avant de demander le plein fonctionnement du régime préférentiel accordé aux fournisseurs de services des PMA, comme prévu par l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Pour M. SHRI NARESH GUJRAL (Inde), les biens communs comme le climat, les océans, l’espace et maintenant le cyberespace représentent des domaines dans lesquels la collaboration internationale est nécessaire pour gérer nos intérêts collectifs.  La prise en compte de cette interdépendance et la nature collective de la paix, de la prospérité et de la sécurité pour tous ont conduit à l’adoption du Programme 2030, de l’Accord de Paris sur les changements climatiques et du Plan d’action d’Addis-Abeba sur le financement du développement.

L’Inde, a poursuivi le délégué, continue de jouer sa part pour renforcer ses succès multilatéraux sur la lutte contre les changements climatiques, les défis du développement durable et d’autres domaines émergents.  S’agissant de la migration, le représentant a indiqué que les économies d’aujourd'hui, fondées sur le savoir et l’innovation, exigent la mobilité des personnes, tout comme l’économie moderne repose sur la circulation des capitaux, des biens et des services à travers les frontières.  Les négociations intergouvernementales sur un pacte mondial ont offert aux États Membres l’occasion d’élaborer un cadre qui facilite la coopération internationale sur des migrations sûres, ordonnées et régulières, s’est-il réjoui.

M. BANDAR MAHDI S. ALNAHDI (Arabie saoudite) a dit que les migrants contribuent au développement selon trois axes fondamentaux: les transferts de fonds, le transfert de technologie et de savoirs, et les échanges commerciaux. L’Arabie saoudite est une source économique importante pour plusieurs pays qui lui envoient des migrants, a-t-il fait observer.  Le représentant a salué l’attention universelle croissante portée au problème de la traite des personnes, qui est une violation des droits de l’homme.  Il a souligné l’importance de concrétiser un dialogue international sur les migrations.

M. FOUDECKA (Fédération de Russie) a réaffirmé l’absolue nécessité pour la communauté internationale de suivre une voie commune pour parvenir à une croissance économique durable.  Avec l’instabilité et les évolutions des politiques monétaires, l’écart entre pays développés et pays en développement se creuse de plus en plus, notamment à cause du fossé technologique, a-t-il noté.  Dans un contexte d’alourdissement de la dette, il a noté que les questions de protection sociale ne pouvaient être éludées.  En matière d’immigration, il a jugé qu’il fallait que les États Membres se concentrent pour resserrer leurs liens sous l’égide du futur pacte mondial. 

M. JUAN MIGUEL GONZÁLEZ PEÑA (Cuba) a fustigé l’inégalité des conditions d’accès aux marchés selon les pays, tout en soulignant le rôle multilatéral des Nations Unies comme rempart contre les politiques unilatéralistes.  Le Programme de développement durable à l’horizon 2030 suppose la reconnaissance des priorités nationales de chaque peuple, a-t-il rappelé.  Regrettant que le fossé entre Nord et Sud ne cesse de s’élargir, et que le chômage et la pauvreté demeurent encore trop présents, le représentant a dénoncé un manque de volonté politique pour inverser la tendance, et invité à un meilleur accès aux soins pour les populations.  Il a dénoncé l’embargo imposé à Cuba par les États-Unis comme le plus grand obstacle à la réalisation des objectifs de développement durable pour Cuba. 

M. AKMAL AJI (Brunei Darussalam) a déclaré que son pays appuyait les efforts collectifs consacrés à l’établissement d’un ordre économique international plus inclusif, efficace et transparent.  L’ONU occupe un rôle central pour atteindre cet objectif, a-t-il noté.  En promouvant un multilatéralisme plus inclusif, Brunei se félicite aussi l’engagement régulier entre le Groupe pour la gouvernance mondiale, le G20 et l’ONU.  Ces interactions, a-t-il remarqué, offrent des occasions précieuses pour les petites et moyennes économies de faire entendre leurs voix aux travaux du G20 en particulier en assurant que leurs programmes complètent et renforcent le système des Nations Unies.  Pour capitaliser sur les opportunités que nous offre la mondialisation, il est important que les pays développés et les pays en développement travaillent ensemble, a ajouté le représentant.  

Mme KIRA CHRISTIANNE DANGANAN AZUCENA (Philippines) a fait part de sa préoccupation à propos de la décision de certains pays de se retirer du pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières quelques mois avant son adoption à Marrakech.  Elle a estimé que le pacte est une preuve que le multilatéralisme reste bien vivant, et qu’il crée une norme morale pour le monde, un instrument des droits de l’homme qui place la protection des migrants, quel que soit leur statut, au cœur de ses principes.  Mme Azucena a aussi vanté les mérites des envois de fonds des migrants en soulignant le lien entre eux et le développement: ces envois soutiennent des stratégies de développement à long terme, en particulier pour l’élimination de la pauvreté et l’accès à des services de base grâce à des investissements, à des transferts de compétence, et au commerce qu’ils génèrent.

Mme ACHARA CHAIYASAN (Thaïlande) a dit que la mondialisation apporte des bénéficies économiques et sociaux mais relevé en même temps qu’elle pose des défis pour maintenir l’égalité car les vagues migratoires sont très irrégulières.  Elle a proposé de renouveler la foi dans le multilatéralisme et de renforcer la résilience pour aider les pays à faire face aux effets négatifs de la mondialisation.  S’agissant des nouvelles technologies, qui peuvent débloquer des potentiels économiques, elle a plaidé pour davantage de coopération, y compris en recherche et développement.

En tant que pays accueillant plus de 3,8 millions de travailleurs migrants, la Thaïlande a pris une série de mesures pour, notamment, garantir un recrutement éthique de migrants, combattre le trafic de personnes, mettre fin à la détention d’enfants migrants, donner accès à la couverture de santé universelle aux migrants avec ou sans papiers.  Enfin, afin de veiller à ce que la mondialisation ne laisse personne de côté, la Thaïlande met en place une politique de partenariats public-privé pour aider à renforcer la résilience et les capacités, en particulier au niveau local.  Quant à la coopération qu’elle promeut, elle est toujours centrée sur les personnes.

M. SUVANGA PARAJULI (Népal) a souligné que, dans un monde plus connecté que jamais, le rythme de la mondialisation avait augmenté et les interdépendances aussi.  Mais il a aussi noté que ceux qui gagnaient le plus gagnent encore davantage, et ceux qui gagnaient le moins gagnaient encore moins; il a jugé cette affirmation valable pour les individus à l’intérieur des pays mais aussi entre pays.  Déplorant que s’élargisse le fossé numérique entre les États, il a ironisé sur le fait que beaucoup de pays n’avaient pas digéré les premières révolutions industrielles qu’il en arrivait déjà une quatrième.  Il a comparé la communauté internationale à un casino, où les plus riches ramassent toute la mise.

Ces constatations ont conduit le représentant à réclamer plus d’efforts pour les pays en développement, ainsi que davantage de possibilités pour eux de participer aux activités de réformes en matière de gouvernance mondiale.  Appelant à diffuser les technologies vers les pays en développement, il a aussi appelé à développer la connectivité numérique de ces pays mais aussi la connectivité physique (trains, routes, aéroports) pour développer la mobilité.  Il faut que la mondialisation fonctionne pour tous, a-t-il noté.

Mme SHARON JUAREZ (Guatemala) s’est dite convaincue que le secteur recherche et développement amènerait les pays en développement à plus de développement durable et de prospérité.  Le Guatemala a développé un cadre moderne pour renforcer son système éducatif et pour garantir le développement des petites et moyennes entreprises (PME), a-t-elle indiqué.  Se félicitant d’avoir pu progresser dans la réalisation des objectifs de développement durable et d’avoir établi une union douanière avec le Honduras, Mme Juarez a appelé à défendre les droits des plus vulnérables et à réagir de façon coordonnée entre nations pour assurer des migrations sûres, ordonnées et régulières.  Enfin, elle s’est félicitée de la résolution A/RES/72/281(2018) proclamant la Journée internationale des envois de fonds à la famille.

M. MASUD BIN MOMEN (Bangladesh) a affirmé qu’il était important de mettre fin à l’approche fragmentée de la migration aux Nations Unies.  Avec l’adoption du Programme 2030, la migration est réapparue dans le programme de l’ONU comme un problème majeur, a-t-il noté.  Puisqu’il n’est pas possible pour un seul pays de gérer les migrations internationales de manière isolée, une réponse mondiale est essentielle pour protéger les droits et la dignité des migrants et de tirer profit du potentiel de développement de ce processus.  Le Bangladesh a compris l’importance de remédier tôt à ce vide politique mondial et a appelé à l’élaboration d’un pacte mondial distinct pour les migrations au début de 2016.

« En tant que principal pays d’origine des migrants, nous sommes heureux de constater que la migration a finalement trouvé sa place dans les discussions aux Nations Unies », a ajouté le représentant.  Se disant satisfait du texte final du pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, M. Momen a estimé qu’il constitue une pierre angulaire pour renforcer la gouvernance mondiale de la migration parce qu’il est la première référence mondiale pour gérer la migration mondiale avec une perspective à 360°.  Le but est de mobiliser la coopération internationale et de permettre le renforcement des capacités dans un esprit de partage des responsabilités. 

Au sujet de la mondialisation, M. ZHOU CHENGDU (Chine) a dit qu’aucun pays ne peut faire face, seul aux difficultés, et qu’une coopération mondiale est nécessaire, en tenant compte des spécificités de chaque pays.  Le représentant a plaidé pour une accélération des réformes structurelles afin d’assurer la conversion des anciens modèles vers les nouveaux modèles et de maintenir une économie ouverte.  La Chine soutient toujours les pays qui veulent travailler en vue d’obtenir des résultats, dans le respect des intérêts communs, a fait valoir M. Zhou.  Elle a par exemple donné une nouvelle impulsion aux échanges entre la Chine et l’Afrique pour poursuivre une coopération avantageuse pour tous.

M. JAJILARI (République islamique d’Iran) a déclaré qu’une coopération internationale renforcée est indispensable pour que la mondialisation profite à tous et en particulier aux pays laissés de côté: elle doit permettre d’exploiter ses avantages et de réduire ses risques et ses défis.  À cet égard, a ajouté le représentant, nous sommes d’avis que la solidarité, l’égalité, l’appropriation nationale, l’autodétermination, le respect mutuel et la responsabilité mondiale entre partenaires égaux, ainsi que le principe de la responsabilité commune mais différenciée, devraient être dûment pris en compte dans les discussions sur la mondialisation.  Au niveau international, l’ONU devrait être une force en faveur des aspirations légitimes des pays en développement pour avoir une voix et une représentation plus grandes dans les institutions de gouvernance mondiale.

Pour que tous les pays profitent des avantages de la mondialisation, l’ONU a un rôle important à jouer non seulement pour les aider à mieux faire face aux risques, mais également pour amener tous les pays et autres parties prenantes concernées à trouver des solutions globales à des problèmes communs dans un cadre multilatéral.  Le représentant a ajouté que la migration est un important aspect du développement durable avec ses propres défis et opportunités.  La coopération internationale reste la clef pour tirer parti des opportunités qu’elle offre.  Dans le même temps, le droit souverain des États à déterminer leurs politiques nationales de migration et leurs prérogatives de gérer les migrations dans le cadre de leurs juridictions et conformément au droit international ne peut être occulté. 

Mme FADUA ORTEZ (Honduras) a souligné l’importance de relever les défis que pose la migration aux pays d’origine, de transit et de destination, tels que la régularisation, l’intégration sociale dans des conditions non discriminatoires, par le biais de politiques intégrales et multisectorielles.  Elle a prié tous les États de garantir le plein respect des droits de l’homme de tous les migrants et d’éviter les procédures de détention inadéquates, qui entravent les droits de ces personnes.  Elle a aussi évoqué la Journée internationale des envois de fonds à la famille, le 16 juin, pour rappeler la contribution des travailleurs migrants au développement de leur pays d’origine et l’amélioration des conditions de vie de leur famille.   À cet égard, Mme Ortez a plaidé pour une réduction des frais d’envoi de ces fonds à moins de 3%.  Quant au pacte mondial sur les migrations, elle l’a qualifié de jalon historique et de cadre dynamique permettant d’unir les efforts pour augmenter les bénéfices de la migration comme facteur de croissance économique et de développement social.

M. NEVILLE GERTZE (Namibie) a rappelé qu’avec deux déserts, la Namibie subit régulièrement des sécheresses suivies souvent par des inondations qui affaiblissent les réalisations de développement.  La Namibie est un pays en développement qui souhaite accéder au financement de l’adaptation aux changements climatiques, a-t-il plaidé.  Le représentant a appelé les partenaires du développement à intensifier les efforts et à respecter leurs engagements en matière de financement climatique conformément à l’Accord de Paris, en particulier l’article 9, et au principe des responsabilités communes mais différenciées.  La Namibie est le deuxième pays le moins densément peuplé du monde, a continué M. Gertze pour souligner qu’elle compte beaucoup sur le commerce multilatéral.

M. ABDULMONEM ESHANTA (Libye) a noté que la mondialisation économique pouvait avoir des retombées positives si elle était exploitée à bon escient, commerciales notamment. Cependant, « le commerce ne fait pas tout », et le développement a aussi une grande importance, a noté M. Eshanta.  Du coté des pays en développement, beaucoup n’ont pas accès aux nouvelles technologies: les promesses n’ont pas été respectées, a-t-il déploré.  Il a regretté que le Programme d’action d’Addis-Abeba, qui promet l’utilisation des nouvelles technologies pour combler la fracture numérique, n’ait pas été appliqué en Libye.  Il a aussi interpellé la communauté internationale sur la question humanitaire des migrations, et appelé à des vrais partenariats dans ce domaine.  La Libye est confrontée à des réseaux informels de traite d’êtres humains, une situation qui exacerbe l’instabilité politique dans le pays.  M. Eshanta s’est félicité de l’adoption future du pacte mondial sur les migrations, à Marrakech en décembre, et a invité à traiter les causes profondes qui forcent les personnes à migrer, à savoir éradiquer la pauvreté, et mettre fin aux guerres.

Mme AMENA ALHOSANI (Émirats arabes unis) a loué la mondialisation, mais remarqué que le développement n’était pas équitable dans le monde, que le fossé se creusait et que les changements climatiques faisaient partie de cette équation, tout comme la fracture numérique et les catastrophes entropiques.  Les Émirats arabes unis ont noté que les technologies vertes pouvaient devenir une solution pour l’élimination de la pauvreté: dans ce contexte, elle a évoqué « le nombre titanesque de migrants », et souligné les liens entre développement et immigration, des liens souvent positifs pour les pays d’origine comme les pays de destination.  Les Émirats arabes unis participeront à la conférence internationale de Marrakech, espérant développer des outils supplémentaires pour trouver de nouvelles solutions et réaliser les objectifs de développement durable.

La représentante de l’(Afrique du Sud) a regretté les tendances non démocratiques qui ne font que creuser le gouffre entre pays développés et en développement.  Elle a constaté que les politiques unilatérales ont des répercussions négatives sur le développement durable et équitable et entraînent de plus en plus de disparités entre le Nord et le Sud.  Pour l’Afrique du Sud, le système mondial a négligé les aspirations des pays en développement et entravé le développement de l’Afrique.  Si l’industrialisation a été longtemps reconnue comme un moteur pour parvenir au développement, l’Afrique est préoccupée par le fait que certains pays développés se soient retirés de l’agence chargée de promouvoir l’industrialisation.  Il faut soutenir la création d’un système équitable fondé sur des règles et revitaliser le Cycle de négociations de Doha pour faire avancer les objectifs communs, notamment l’élimination de la pauvreté, menacés par des mesures unilatérales, a conclu la représentante.

Pour M. ALADE AKINREMI BOLAJI (Nigéria), la mondialisation est un processus puissant permettant la croissance et le développement, qui a aussi permis d’augmenter l’intégration sociale et culturelle.  Toutefois, le représentant a noté que les retombées positives ne sont pas réparties de manière équilibrée et que la plupart des pays industrialisés ont utilisé la mondialisation à mauvais escient en essayant d’imposer la redistribution de produits de moindre qualité dans les pays en développement.  Il s’est dit préoccupé que le Cycle de Doha ne soit toujours pas allé au bout du processus et a espéré que les États Membres feront le nécessaire pour le relancer, appelant à plus de démocratie, car seul un système mondial plus juste permettra de résorber les inégalités.  S’agissant des migrations, il a fait valoir qu’elles ont permis à des millions de personnes de sortir de la pauvreté et qu’elles promeuvent le commerce et le développement.

Mgr TOMASZ GRYSA, Observateur du Saint-Siège, a noté avec effarement l’augmentation du nombre des demandeurs d’asile, et appelé à voir les êtres humains au-delà des statistiques.  Les migrants fuient les persécutions, veulent de meilleures conditions de vies, et sont victimes des changements climatiques, a noté le représentant en relevant aussi que très peu d’entre eux veulent quitter leur famille.  On accuse souvent les migrants d’avoir créé les facteurs qui les ont fait fuir, à tort, a-t-il noté.  Rappelant les défis démographiques auxquels sont confrontés les pays développés, il a rappelé que les migrants emmenaient avec eux non seulement leur courage, leur envie de travailler, leur ténacité, mais aussi leurs trésors culturels.  Le pacte mondial sur les migrations fournit tout un éventail de protections pour les migrants, s’est-il réjoui.  Le pacte « réaffirme notre responsabilité à tous de partager ».

Mme CARLA MUCAVI, Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), a fait savoir que la FAO a publié lundi l’édition 2018 de son rapport phare (La situation mondiale de l’alimentation et de l’agriculture), qui met l’accent sur la migration et ses liens avec l’agriculture et le développement rural.  La migration fait en effet partie du développement économique, social et humain et elle constitue un moyen de réduire les inégalités au sein et entre les pays.  Pour autant, a continué Mme Mucavi, la migration devrait être un choix, et non une nécessité.  Les facteurs migratoires sont complexes et entrecroisés.  Ils sont très liés aux objectifs de la FAO de lutte contre la faim, de réduction de la pauvreté rurale et de promotion d’une utilisation durable des ressources naturelles. 

Étant donné que la majorité des migrants viennent de zones rurales, investir dans l’agriculture et le développement rural et des moyens de subsistance résilients est essentiel pour trouver des alternatives aux migrations, a ajouté Mme Mucavi.  Coprésidente du Groupe mondial des migrations avec l’Organisation internationale pour les migrations, la FAO a soutenu la préparation du pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières.  Elle entend participer activement au nouveau réseau de l’ONU sur les migrations.  En outre, elle aide les pays à traiter des facteurs migratoires et à renforcer les alternatives dans les zones rurales pour offrir à leurs habitants de meilleures options de vie.

M. CHRISTOPHER ROBERT RICHTER, Organisation internationale pour les migrations (OIM), a assuré que la prochaine adoption du pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières sera un moment historique, s’agissant du premier cadre multilatéral exclusivement dédié aux migrations.  Pour l’OIM, les progrès enregistrés vont de pair avec d’autres cadres importants de développement comme les Orientations de Samoa, le Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe, le Programme d’action d’Addis-Abeba, le Nouveau Programme pour les villes, l’Accord de Paris et bien sûr le Programme 2030, qui intègrent tous des éléments clefs sur la migration et reconnaissent donc le lien entre migration et développement.

Aussi le représentant de l’OIM a-t-il invité la communauté internationale à renforcer la cohérence des politiques et la Deuxième Commission à veiller à ce que ses propres délibérations soient en cohérence avec les objectifs prévus du pacte mondial.  En outre, de forts partenariats seront nécessaires entre les parties prenantes concernées: les États et leurs voisins, les autorités régionales, les communautés locales, les migrants et leur famille, les diasporas, les employeurs et les syndicats, certaines organisations intergouvernementales et non gouvernementales.  L’OIM est prête à leur apporter le soutien nécessaire et à leur fournir une plateforme.

Mme SAMIKA SIRIMANNE, Directrice de la division logistique et technologie de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), a présenté le rapport du Secrétaire général (A/73/66-E/2018/10) traitant des progrès accomplis dans la mise en œuvre et le suivi des résultats du Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI) aux niveaux régional et international.  Elle a rapporté que l’accès aux technologies de l’information et des communications (TIC), leurs utilisations et leurs champs d’application n’ont cessé de croître et qu’ils entraînent des changements radicaux dans toutes les sociétés, parfois imprévus.

Elle a noté des progrès avec la téléphonie mobile et les réseaux à haut débit; 90% des 750 millions de personnes en ligne pour la première fois en 2017 viennent de pays en développement.  Cependant, en 2017, la moitié de la population mondiale n’avait pas accès à Internet.  Il reste beaucoup à faire pour atteindre les objectifs arrêtés au niveau international, à savoir la connectivité pour tous et la maximisation de la contribution des TIC au développement durable.  « Le fossé numérique est multidimensionnel, entre âge, sexe, région », a-t-elle relevé. « Il faut traiter tous ces facteurs ».  Les progrès accomplis sur la voie de l’inclusion dans la société de l’information restent très inégaux, a-t-elle ajouté.

Les nouvelles technologies comme la robotique offrent des opportunités pour les pays en développement.  Internet y a créé de nouveaux débouchés pour les petites et moyennes entreprises (PME) surtout celles détenues par des femmes.  Mais les nouvelles technologies comportent aussi des risques: par exemple, l’autonomisation a beaucoup de conséquences sur les secteurs manuels.

Le potentiel de l’économie numérique est immense mais les pays en développement, et surtout les PMA, ne sont pas prêts.  La fracture numérique est immense, a-t-elle noté: le commerce électronique est très avancé dans les pays développés mais encore très peu dans les PMA. 

De nombreuses personnes, en particulier dans les pays à faible revenu, ne parviennent pas à tirer parti des TIC parce que la connectivité y est insuffisante, les coûts y sont élevés pour leur niveau de vie, et leurs compétences font défaut.  La coopération internationale multipartite s’impose pour remédier au problème, et pour relever des défis tels que celui de la cybersécurité, faute de quoi le public perdra confiance dans Internet et les services en ligne, compromettant ainsi leur exploitation au service du développement.  Elle s’est aussi inquiétée du manque de normes concernant les objets connectés, et le grand risque de cyberattaques qui en découle.

Les textes issus du SMSI énoncent les principes que la communauté internationale devrait appliquer pour édifier une société de l’information à dimension humaine, ouverte à tous, privilégiant le développement et contribuant aux trois piliers du développement durable que sont la prospérité économique, l’équité sociale et la durabilité environnementale.  Il appartient à la communauté internationale et à toutes les parties prenantes de favoriser les objectifs de développement dans un contexte d’évolution rapide et imprévisible des technologies, a-t-elle conclu.

Débat interactif

Le Mexique a demandé quels étaient les défis que les experts avaient rencontrés dans les différents organismes ou entités des Nations Unies.  L’experte de la CNUCED, Mme Sirimanne, a fait remarquer qu’il y avait 33 entités et parties prenantes à avoir participé aux travaux.  « Nous entrons dans une nouvelle ère, et nous devons permettre de renforcer les capacités des pays en développement. » Elle a souligné que les besoins sont immenses dans les PMA et les pays en développement sans littoral.  « Hélas, nous ne disposons que de cinq experts; nous n’avons pas les moyens de mettre en œuvre nos conclusions, et d’appliquer nos connaissances. »

Au nom du Groupe des 77 et de la Chine, M. MAHMOUD EL ASHMAWY (Égypte) a relevé que les TIC sont des vecteurs essentiels pour atteindre les objectifs de développement durable ainsi que les besoins essentiels pour combler les fractures entre et au sein des pays.  Cette quatrième révolution industrielle a montré combien il est difficile d’anticiper les nouvelles technologies et de prendre les mesures nécessaires pour atténuer les inégalités, a souligné le représentant.  Il a rappelé que les personnes âgées, les personnes handicapées ou les personnes vivant dans les zones rurales sont particulièrement tenues à l’écart de l’accès à Internet. 

Le G77 a jugé essentiel de traiter les questions clefs qui devraient permettre à tous de tirer parti des TIC et a insisté sur la nécessité de réduire toutes les inégalités numériques, entre les femmes et les hommes, en renforçant des environnements politiques propices, en améliorant l’accès et le coût aux nouvelles technologies, ainsi que le multilinguisme, grâce à des financements adéquats.  Il est crucial que les pays développés apportent un appui coordonné aux pays en développement par le biais de transferts de technologie à des conditions préférentielles, d’un renforcement des capacités et de l’assistance technique.  Le Groupe a indiqué avoir toujours défendu le mécanisme de facilitation des technologies.  Le monde est de plus en plus interdépendant et il est essentiel de renforcer la représentation des pays en développement dans les instances de décisions mondiales, a-t-il conclu.

Mme PENNELOPE ALTHEA BECKLES (Trinité-et-Tobago), s’exprimant au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), a dit qu’en ayant à l’esprit le principe éthique de ne laisser personne à la traîne, les Nations Unies devraient s’assurer que les bénéfices des TIC, y compris les nouvelles technologies, soient disponibles pour tous.  Les pays de la CARICOM souhaiteraient par exemple bénéficier de mécanismes et technologies d’alerte précoce en cas de catastrophe naturelle, afin de permettre à ces pays vulnérables d’atténuer les effets dévastateurs des phénomènes imprévisibles.  La feuille de route et le cadre d’établissement d’un espace unique des TIC aux Caraïbes ont été approuvés en 2017, mais leur mise en œuvre demande une expertise technique, d’où le besoin de renforcement des capacités en faveur de la sous-région, ainsi qu’un accès préférentiel aux financements pour les pays en développement.  La CARICOM reconnaît, en outre, que les TIC peuvent également être utilisées par des criminels et des terroristes.  Il est donc crucial d’établir une collaboration internationale pour améliorer la cybersécurité.

M. PERKS LIGOYA (Malawi), au nom du groupe des pays les moins avancés (PMA), a noté que les TIC étaient si importantes qu’elles étaient inscrites dans les objectifs de développement durable.  La nature des infrastructures est capitale pour permettre aux PMA de mieux s’intégrer dans la société numérique et de développer leur potentiel, a-t-il souligné.  La propagation des TIC offre, selon lui, de grandes possibilités pour le progrès humain, mais ce potentiel n’est possible que si les TIC sont appliquées pour répondre aux besoins particuliers des pays en retard, a-t-il mis en garde.

Le représentant a fait observer que les bouleversements numériques donnent des résultats complexes et que les progrès demeurent inégaux: le taux d’inscription aux services de téléphonie mobile est passé à 68% dans les PMA; en revanche, l’accès à Internet demeure faible dans ces pays.  « Au rythme actuel, il faudra plus de 50 ans pour que les PMA voient plus de la moitié de leurs citoyens en ligne. »  La plupart des PMA n’ont pas de centrale Internet ni un accès fiable à l’électricité, ce qui constitue un obstacle majeur, a aussi noté M. Ligoya, en précisant également que les réseaux à haut débit font souvent défaut.  Il a cependant noté des améliorations de l’accès aux TIC dans le secteur agricole, de la santé et des banques.  Concernant les banques, elles ont permis l’épanouissement du grand nombre de PME et d’habitants. 

M. FARZANA ZAHIR (Maldives), s’exprimant au nom de l’Alliance des petits États insulaires (AOSIS), a salué le fait que chaque pays de l’Alliance est désormais connecté à au moins un câble sous-marin de télécommunication.  Ils peuvent donc apprécier un Internet de qualité, même si le coût et l’accès restent un défi.  Il a rappelé que la plupart des petits États insulaire en développement (PEID) ont des populations éparpillées sur plusieurs îles.  De ce fait, la séparation par la mer et les grandes distances entre les territoires et les points de départ des connexions font que la construction de câbles sous-marins pour desservir des petites îles est une activité peu rentable.  En plus, le fait que la plupart des îles sont en dessous du niveau de la mer et le risque des catastrophes naturelles telles que les tremblements de terre font que ces infrastructures courent le risque d’être détruites.

Pourtant, a expliqué le représentant, les TIC pourraient permettre à ces pays de faciliter l’éducation à distance pour ces contrées éloignées les unes des autres.  Bien plus, des technologies appropriées permettraient d’appuyer des systèmes d’alerte précoce aux catastrophes, tout en facilitant la communication qui est cruciale après les catastrophes.  Les TIC ont déjà permis de renforcer l’inclusion financière dans des îles dépourvues de banques en y introduisant les banques mobiles accessibles grâce au téléphone portable, a salué les Maldives.

Au nom du Groupe des États d’Afrique, M. OLADAPO (Nigéria) a noté que les TIC se sont révélées utiles pour faire face à de nombreux problèmes en Afrique, notamment l’accès à la santé et à l’eau douce.  La difficulté est de bâtir une société de l’information pour les générations futures en exploitant les technologies pour mieux intégrer l’Afrique dans la société mondiale de l’information. 

Le représentant a fait savoir que l’Union africaine avait adopté une stratégie basée sur les infrastructures, le renforcement des capacités, la mobilisation des ressources, les partenariats, la recherche et développement, entre autres.  Le cadre réglementaire a aussi été modifié et le mouvement s’accélère.  Le représentant a espéré que l’introduction de ce programme africain permettrait au continent d’avoir plus de possibilités d’accès à Internet, tout en regrettant les difficultés générées par de nouveaux règlements pour lutter contre la cybercriminalité.  Pour sa part, l’Union africaine a adopté une Convention africaine sur la sécurité des services et la protection des données personnelles.  La bonne gestion des TIC est une base nécessaire pour renforcer les projets en cours, a souligné le représentant.  Quant à la fracture numérique, elle montre que des ressources sont nécessaires pour éviter que l’Afrique reste à la traîne de la société de l’information.

M. SHRI VISHNU DAYAL RAM (Inde) a relevé que les TIC ont transformé le monde; la connectivité instantanée et l’information en temps réel a bouleversé l’industrie manufacturière, l’imprimerie, les transports, la santé.  Les TIC forment une base solide pour mettre en œuvre le Programme 2030, a-t-il estimé, tout en déplorant le fossé entre pays développés et pays en développement: 80% des habitants de pays développés utilisent Internet, contre seulement 35% dans les pays en développement.  « Cela doit changer », a-t-il exigé.

Louant les succès du secteur des TIC en Inde, il les a mis sur le compte de programmes gouvernementaux tels que « Startup India ».  Le secteur, a-t-il estimé, pourrait doper le produit intérieur brut (PIB) indien en le faisant passer de 550 milliards de dollars, aujourd’hui, à 1 000 milliards de dollars en 2025.  Le représentant s’est aussi réjoui qu’un nouveau programme ait donné à 1,2 milliard d’indiens leur première « carte d’identité numérique » liée à la technologie biométrique et au secteur bancaire, qui a permis l’ouverture de 320 millions de comptes en banque « pour une industrie de services efficace et transparente ».  Il a aussi évoqué des succès dans le secteur de la santé et de l’agriculture.

Selon M. KONSTANTIN Y. KULIKOV (Fédération de Russie), l'extension de la connectivité et le déploiement des TIC joueront un rôle concret dans la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030.  De même, les décisions du SMSI auront une importance capitale dans la stimulation de la coopération internationale. L’économie numérique doit jouer un grand rôle dans la croissance économique inclusive, et il est nécessaire d'inclure les TIC dans des stratégies de développement national et sectoriel, a-t-il aussi déclaré, ajoutant que les TIC devaient être équilibrées et accroître la cybersécurité.  Le représentant a aussi dit qu'il était absolument nécessaire de redoubler d'efforts pour apporter le haut débit aux pays en développement, et ainsi réduire la fracture numérique. Enfin, il a tenu à préciser que la Russie continue de considérer l’ONU comme la principale instance mondiale habilitée à mettre en place un cadre juridique international pour les TIC. 

Mme ROSALIA LUCIA CUE DELGADO (Cuba) a souhaité que la communauté internationale œuvre à la mise en place de politiques pour un usage en toute sécurité des technologies telles que la chaîne de blocs, le nuage et l’intelligence artificielle.  Il faut également, au niveau mondial, éliminer le fossé numérique et promouvoir un accès équitable de tous à ces technologies.  Mais cela nécessite une volonté politique et l’engagement des pays en développement en termes financier, de formation et d’infrastructures, de transfert de technologies ainsi qu’en matière de droit de la propriété intellectuelle. 

Cuba plaide pour que les TIC ne soient pas utilisées comme outils de promotion de la guerre, de déstabilisation ou d’actes de terrorisme, a plaidé la représentante.  Elle a, par exemple, dénoncé les attaques cybernétiques contre des pays tiers et qui ont le potentiel de conduire à des conflits internationaux.  Le seul moyen d’y faire face, a proposé Cuba, est la coopération entre États.  L’Internet doit avoir une gouvernance internationale, démocratique et basée sur le droit international et le multilatéralisme, a suggéré la déléguée, en soulignant que cela devrait contribuer au développement durable des peuples.  Elle a enfin dénoncé le blocus que subit Cuba de la part des États-Unis depuis plus de cinquante ans.  Elle a indiqué que de mai 2017 à mai 2018, ce blocus aura créé un manque à gagner de plus de 60 millions de dollars au pays rien que dans le domaine des télécommunications.

M. ALRAQSHABNDI (Iraq) a relevé les changements apportés par les TIC dans la vie quotidienne, qui renforcent aussi l’efficience, la transparence et la responsabilisation.  La communauté internationale se doit d’apporter un soutien aux pays en développement dans ce domaine, afin que personne ne soit laissé pour compte, a fait valoir le représentant.  Pour sa part, l’Iraq a adopté une stratégie avec une nouvelle trajectoire pour répondre aux besoins de développement et faire en sorte de combler la fracture numérique.  À cet égard, le représentant s’est félicité de la coopération avec la Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale (CESAO).  En 2014, un ministère consacré à la technologie et au développement a été institué, mais le gouvernement, confronté à des difficultés en raison des prix du pétrole et du terrorisme, a dû le fusionner avec un autre.

M. BRUNO RÍOS SÁNCHEZ (Mexique) a jugé fondamental de surmonter les obstacles que rencontrent les personnes pour accéder aux nouvelles technologies car elles sont au centre de toute l’activité humaine et de la connaissance.  Réduire les fractures numériques, en particulier entre les femmes et les hommes, permettra de tirer parti des TIC en faveur du développement durable et de réduire les inégalités.  Sur le plan national, cela demande des améliorations dans les infrastructures, une mise à jour des cadres juridiques et institutionnels et un développement des capacités afin de générer des synergies dans toute la société.  Pour profiter de manière efficace du développement des nouvelles technologies, le Mexique a adopté dès 2013 une stratégie numérique nationale, ce qui lui permet aujourd’hui d’être le premier pays de la région pour les services numériques et le deuxième pour la participation selon l’Indice d’administration en ligne de l’ONU.

Mme RACHEL CHEN (Singapour) a dit être convaincue que les technologies, anciennes et nouvelles, sont destinées à améliorer la vie de tous.  La vision singapourienne est que les personnes doivent pouvoir vivre des vies significatives et bien remplies, offrant des opportunités passionnantes pour tous, avec une transparence que permet la technologie.  Pour atteindre cet objectif, Singapour est en train de mettre sur pied un « gouvernement numérique », grâce à un plan qui vise à faciliter l’usage des technologies dans la fourniture de services gouvernementaux.  Les autorités investissent aussi dans l’économie numérique, grâce à une Feuille de route sur la transformation de l’industrie de l’information et de la télécommunication, qui espère développer les capacités numériques des petites et moyennes entreprises.  Singapour, a jouté la représentante, investit aussi dans les capacités de sa population à utiliser ces technologies.

Mme PAWEENA SUBHIMAROS (Thaïlande) a mis le doigt sur l’écart numérique et encouragé à utiliser davantage les TIC en faveur des personnes aux moyens limités, y compris les ruraux.  La Thaïlande met en œuvre sa politique 4.0 en tant que modèle économique axé non seulement sur la technologie et l’innovation mais aussi sur le renforcement des capacités aux fins de demeurer en phase avec un monde rapide et dynamique sans laisser aucun groupe de côté.  La représentante a précisé que son pays s’efforçait d’assurer un accès inclusif et abordable à l’infrastructure numérique grâce à l’expansion de son système à large bande à haut débit sur l’ensemble du territoire, à travers le programme « Net Pracharath » lancé en 2017 dans les villages.  L’objectif est de couvrir 74 965 villages à la fin de 2018.

Plusieurs initiatives ont également été prises dans le but de maximiser les gains de l’infrastructure numérique existante.  Le gouvernement est également engagé dans un processus de transition vers le numérique pour promouvoir davantage de transparence et d’efficacité en se servant de la technologie électronique dans la plupart de ses opérations.  Le système électronique de la santé a également été promu avec la Stratégie e-santé, tandis qu’existent aussi le Réseau des centres digitaux communautaires et le Centre village commerce électronique.  La Thaïlande travaille enfin dans le cadre des initiatives des villes intelligentes, qui visent à l’intégration des technologies numériques de l’énergie et des transports pour améliorer la qualité de vie des résidents: Pukhet, Chiang Mai et Khon Kaen sont des villes pilotes.  La mise sur pied de l’agence nationale de cybersécurité est en cours afin de prévenir toute menace dans ce domaine.  La représentante a conclu qu’une coopération accrue s’impose pour s’attaquer à ce défi commun et réduire les risques, l’ONU ayant un rôle de levier à jouer pour un partenariat entre pays et parties prenantes.  

M. AL KWARI (Qatar) a souligné la nécessité de redoubler d’efforts en vue de favoriser un environnement propice à la science et à la technique, et pour offrir de meilleures chances à tous, en particulier aux femmes et aux enfants, de profiter des services offerts par les TIC.  Celles-ci sont un moyen de parvenir au développement durable, a-t-il souligné avant d’indiquer que le Qatar avait mis en place des politiques pour favoriser leur développement, dans lesquelles le ministère de la communication joue un rôle essentiel.  Son objectif est de bâtir une société équitable dans laquelle nul n’est laissé pour compte.

Par ailleurs, les cybercrimes et la piraterie sont une source de préoccupation pour le Qatar, qui a été victime l’an passé d’un acte malveillant.  Le représentant a estimé qu’il faut s’attaquer aux dangers que ces phénomènes représentent, en considérant qu’il s’agit d’une menace à la paix et à la sécurité internationales, et que la cybercriminalité est un véritable défi posé à la communauté internationale.  Aussi la coopération est-elle nécessaire sur cette question et le Qatar a proposé d’accueillir une Conférence sur la lutte contre la cybercriminalité.

M. KADIRI (Nigéria) estime que le renforcement des capacités pour une utilisation productive des TIC devrait être dûment pris en compte dans la mise en œuvre du Programme 2030 étant donné son impact direct sur la capacité des États Membres à améliorer le bien-être économique de leurs populations.  Le Gouvernement du Nigéria a lancé sa Feuille de route nationale pour les TIC pour 2017-2020 qui vise à créer 2,5 millions d’emplois entre 2017 et 2020 et à atteindre 30% de niveau de pénétration de bandes passantes avant 2020.  La Feuille de route devrait aider à exploiter les compétences innées et les opportunités offertes aux jeunes, et contribuer à faciliter la prestation de services publics en ligne par le gouvernement et le commerce électronique. 

Le représentant a ajouté qu’il était aussi important que toutes les parties prenantes travaillent ensemble afin de parvenir à une société informative centrée sur l’être humain et ouverte, et à œuvrer aussi en faveur du développement.  Il a appelé les États Membres et le système des Nations Unies pour le développement à assurer que les avantages des TIC, y compris des nouvelles technologies, soient disponibles pour tous.  Il leur faut donc augmenter l’accès aux TIC et fournir un accès universel et abordable à Internet d’ici à 2020, a conclu le représentant.

M. MASUD BIN MOMEN (Bangladesh) a déclaré que son pays s’était servi des TIC pour faire avancer son développement et arriver à un « Bangladesh numérique », pour imprégner un changement qualitatif dans la vie de ses citoyens.  Une ample infrastructure digitale couvre tout le pays, les taux de densité Internet sont à la hausse, tandis que les services éducatifs, sanitaires, agricoles et de protection sociale se font désormais en ligne.  L’introduction massive d’Internet à travers les services publics a favorisé la création d’emplois, amélioré la qualité des services et réduit la corruption et les mauvaises pratiques, a-t-il indiqué.  Et de préciser qu’une « immense priorité » avait été octroyée dans le septième plan quinquennal à l’économie rurale, ce qui a permis de réduire les coûts des transactions commerciales avec l’économie urbaine, en rapprochant les fermes des centres de croissance, et les services financiers de la population rurale.  La facilitation de l’accès des femmes rurales et des ruraux en général à des services financiers a réduit les inégalités.

De son côté, la Banque centrale du Bangladesh a joué un rôle pivot en introduisant des services financiers mobiles.  M. Bin Momen a annoncé, en outre, que le Bangladesh explorait la possibilité de garantir la croissance de l’économie bleue reposant sur ses vastes ressources marines.  Le pays crée aussi des parcs TIC, encourage l’investissement privé dans le développement de logiciels, et est entré dans l’ère spatiale après le lancement réussi de son premier satellite Bangadandhu I.  Le représentant s’est toutefois inquiété que tous ces acquis de haute lutte demeurent ouverts à de nombreux risques et menaces, des infrastructures critiques étant devenues les cibles régulières de cyberattaques partout dans le monde.  Ces risques peuvent s’avérer sérieux pour la paix, la sécurité et le développement, a-t-il averti, indiquant également que son pays avait promulgué la loi sur la sécurité numérique.

M. AL-GHFELI (Émirats arabes unis) a assuré que les TIC contribuaient aux progrès de l’humanité dans beaucoup de domaines, comme la recherche scientifique, le développement, les médias: au XXIe siècle, il faut cependant s’assurer que personne ne soit oublié dans la révolution des nouvelles technologies.  Sur le plan national, les Émirats arabes unis ont lancé un service de « gouvernement intelligent » conformément à la vision 2021 du gouvernement.  En outre, une femme a été nommée Ministre pour les sciences avancées.

Les Émirats arabes unis se préparent aussi à explorer l’espace et la planète Mars: le centre spatial des Émirats prépare actuellement un prototype, une sonde, qui sera envoyée autour de Mars en 2020.  Des efforts ont aussi été faits au niveau régional: cette semaine, une école numérique a été lancé en langue arabe et permet de fournir plus de 5 000 cours vidéo en ligne, afin de réduire la fracture numérique en matière de connaissances.  Au niveau international, M. Al-Ghfeli s’est félicité des initiatives numériques du Secrétaire général de l’ONU; les Émirats arabes unis vont d’ailleurs accueillir les 23 et 24 octobre, en collaboration avec la Commission des statistiques de Nations Unies, un forum avec des centaines d’experts et de dirigeants.  Ces efforts ne sont qu’un début: les Émirats arabes unis s’engagent à découvrir de nouvelles frontières scientifiques.

M. MUHAMMAD IMRAN KHAN (Pakistan) a estimé que les gouvernements et l’ONU devraient créer un cadre juridique et réglementaire qui facilite la diffusion et le transfert de technologies et qui aide à redresser leurs conséquences négatives.  Le document final du SMSI, a rappelé le représentant, établit les principes que la communauté internationale devrait suivre dans l’élaboration d’une société de l’information inclusive, centrée sur les personnes et axée sur le développement. M. Khan a annoncé que les efforts du Pakistan pour divulguer les services de télécommunications et pour combler le fossé numérique avaient été récompensés par le prix « GSMA Gouvernement Leadership » en 2017 au Congrès mondial de la téléphonie mobile à Barcelone (Espagne), la plus grande réunion annuelle du secteur de télécommunication.

Mme MERIEM EL HILALI (Maroc) a noté que le monde vivait dans une période de progrès rapides, où la science et les technologies deviennent cruciales pour développer l’agriculture et bien d’autres secteurs.  Elle s’est félicitée de l’initiative du Secrétaire général António Guterres d’organiser des consultations régionales sur le thème du numérique.  La digitalisation est en marche au Maroc, a assuré la représentante, avec le lancement d’une agence de développement numérique qui a insufflé un nouvel élan dans le pays.  La facture Internet a baissé pour les ménages, et l’accès à la téléphonie mobile s’est développé dans les villes comme dans les campagnes; le secteur bancaire marocain a lui aussi connu une embellie grâce aux nouvelles technologies.  Une génération de jeunes diplômés est actuellement formée au Maroc, où le nombre de professionnels a fortement augmenté, avec 30 000 personnes formées par an, a encore signalé Mme El Hilali.  Sur le plan de la coopération Sud-Sud, le Maroc s’est engagé avec d’autres pays d’Afrique, comme la Côte-d’Ivoire, le Gabon, l’Égypte, en signant des partenariats prometteurs.

M. GEBEYEHU GANGA GAYITO (Éthiopie) a noté que bien que les TIC puissent améliorer la productivité et créer des emplois, elles peuvent également être perturbatrices et créer de nouveaux défis pour la société et les décideurs.  Il est donc vital d’adopter des politiques idoines à tous les niveaux, et les Nations Unies et les partenaires au développement devraient soutenir les États Membres pour la mise en œuvre de ces politiques, a estimé le représentant.  Le partenariat multilatéral est également important pour combler le fossé numérique, a indiqué le représentant qui a également évoqué le besoin de ressources pour financer les infrastructures dans le domaine des TIC, sans oublier les transferts de technologies.  Enfin, il a signalé que l’Éthiopie s’était servie des TIC pour exploiter tout le potentiel des secteurs prioritaires comme l’agriculture, la santé, l’éducation et les services.  

M. MACKAY (Bélarus) a évoqué le nouveau modèle de développement que permettent les TIC.  Le principal défi à relever est celui des inégalités entre pays développés et pays en développement, a-t-il estimé.  Il a poursuivi en disant que le Bélarus était en train d’établir une véritable économie numérique.  En outre, le pays s’est doté d’une nouvelle loi pour réglementer les technologies de pointe et jeter les bases d’un nouvel écosystème.  Il occupe d’ailleurs la 32e place au classement mondial du développement des TIC établi par l’Union internationale des télécommunications (UIT).  Le représentant a ajouté qu’il fallait redoubler d’efforts pour aider les États Membres à utiliser davantage les TIC aux fins de développement.  À cette fin, il a conseillé d’adopter une approche plus large pour examiner la question de l’accès aux technologies agricoles, industrielles et autres.

M. ARTHUR AMAYA ANDAMBI (Kenya) a déclaré que l’accès à l’information était crucial pour le développement socioéconomique et que les TIC constituent un outil puissant qui, s’il est exploité d’une façon efficace et équitable, serait susceptible d’autonomiser à la fois les individus et les gouvernements. L’information est vitale pour des services publics efficaces répondant aux besoins des entreprises et des citoyens, a-t-il relevé, soulignant que les TIC sont fondamentales pour la croissance économique.  Compte tenu du fait que les sociétés de demain reposeront sur le savoir, il en résulte que ceux qui réussiront seront ceux-là même qui auront effectivement tiré profit des informations pertinentes.

M. Andambi a ensuite décrit les grandes lignes du Master Plan national de TIC qui définit la façon dont le Gouvernement kenyan entend atteindre ses objectifs économiques.  Le plan englobe des domaines allant de la législation, aux règlements et politiques, en passant par l’infrastructure et le développement du capital humain.  Il identifie également les rôles des secteurs public et privé dans la réalisation des résultats escomptés, tout en reconnaissant que ni le gouvernement ni le secteur privé ne pourront, à eux seuls, réaliser les objectifs. Il ambitionne de faire du Kenya une plateforme régionale (un « hub ») de TIC et d’assurer la transition du pays vers une économie numérique compétitive fondée sur le partenariat; l’équité et la non-discrimination; la neutralité technologique; la protection environnementale et la conservation; la bonne gouvernance; et les mesures incitatives. À cette fin, le Kenya investit également dans l’éducation aux TIC en créant des institutions d’apprentissage pour produire de jeunes talents créatifs.  C’est ainsi qu’à présent, les 47 comtés du pays sont connectés à la technologie à fibre optique.

Mme THERESAH CHIPULU LUSWILI CHANDA (Zambie) a souligné que les TIC présentent de nouveaux défis et des opportunités.  La délégation est également consciente du besoin urgent de répondre aux questions portant sur l’accès des pays en développement aux technologies.  Cela doit se faire dans le cadre du Programme 2030, a estimé la représentante, appelant la communauté internationale à s’engager à réduire la fracture numérique entre les pays.

En ce qui la concerne, la Zambie a identifié les TIC comme vecteur et catalyseur du développement socioéconomique.  Mais avant cela, plusieurs défis doivent être relevés, notamment en matière d’infrastructures, a indiqué la déléguée.  Or à l’heure actuelle, les infrastructures tant publiques que privées sont inadaptées ou fragmentées en Zambie.  C’est pour cette raison que le gouvernement a lancé un plan d’installation d’antenne relais.  Ce programme est dans sa deuxième phase, avec à ce jour, 318 antennes installées sur les 1 009 prévues, s’est félicitée la représentante.

M. VITALII BILAN (Ukraine) s’est dit convaincu que la coopération technique et la diffusion des technologies permettront de combler nombre de lacunes au niveau national pour parvenir au développement durable.  Le monde est en train d’opérer une transition vers une économie numérique et l’Ukraine se veut un modèle en la matière.  Elle met l’accent sur la transition numérique de l’économie et de la société et sur la mise en place d’une coopération efficace entre gouvernement, entreprises et autres secteurs.

L’Ukraine, a poursuivi le représentant, a adopté une approche systémique de gouvernance et a créé par exemple un système de déclaration de revenus en ligne ou un mécanisme de proposition de pétitions en ligne.  Elle a ainsi pu moderniser son service public.  Sa nouvelle stratégie adoptée cette année permettra de mettre en place les pratiques optimales de la technique moderne dans divers domaines, l’objectif étant de passer d’une économie basée sur les matières premières à une économie basée sur les technologies de pointe, a encore expliqué le délégué.

M. HARYO BUDI NUGROHO (Indonésie) a noté le rôle crucial joué par les TIC dans les secteurs économique, social, de la santé et de l’environnement.  Néanmoins, les problèmes de la fracture numérique et du manque de connectivité sont la réalité, a-t-il rappelé.  Se félicitant de la création d’un groupe de haut niveau sur la coopération numérique, il souligné que l’inclusion numérique devait être mise en œuvre pour permettre l’usage du numérique en zone urbaine comme en zone rurale.  « Le pouvoir des TIC est immense pour limiter les intermédiaires et améliorer les processus de décision », a ajouté M. Nugroho, qui a aussi recommandé de garantir une reconversion pour les personnes qui ont perdu leur emploi à cause des TIC.

M. AL HAMAR (Bahreïn) a assuré que le royaume faisait de son mieux pour la digitalisation, grâce notamment à son programme national de création d’une ville intelligente.  Des règlements ont été établis, et des lois amendées, pour renforcer les TIC dans le royaume.  Les investissements étrangers au Bahreïn ont augmenté, a-t-il ajouté en expliquant que le pays était devenu un modèle en matière de TIC dès 2017 quand l’entreprise de commerce en ligne Amazon l’avait choisi comme premier centre régional au Moyen-Orient.  « Nul doute qu'il bénéficiera à tous les pays de la région », s’est réjoui le représentant.  Pour continuer sur cette voie, il a dit qu’il faudrait encore élargir les infrastructures pour renforcer le numérique au Bahreïn et former des cadres et des talents. 

Mme T KHAM SENG (Myanmar) a dit que son gouvernement avait adopté des politiques et des plans pour le développement des TIC et pour une meilleure connectivité.  La politique économique en 12 points du Myanmar adoptée en 2016 donne la priorité au secteur des TIC et vise à créer la stratégie numérique du gouvernement, un système de gouvernement en ligne et des bases de données numériques pour les cartes d’identité numérisées.  Le gouvernement offre aussi des options numériques pour les soins de santé, l’apprentissage, et des services financiers.

Il déploie des efforts pour avoir une bonne infrastructure numérique en coopération avec les partenaires du développement et des investisseurs afin de parvenir à une plus grande inclusion financière.  Le gouvernement accélère aussi ses initiatives pour le développement de l’économie numérique: les secteurs agricoles, hôteliers, touristiques et des petites et moyennes entreprises en ont été les domaines prioritaires.  La représentante a enfin indiqué que le Myanmar élabore à l’heure actuelle une loi qui entend lutter contre la cybercriminalité et règlementer la preuve électronique.

M. PHILIP FOX-DRUMMOND GOUGH (Brésil) a plaidé pour le renforcement de la collaboration internationale en vue de résoudre le fossé numérique et les questions de transfert de technologies.  Il faut également renforcer les capacités nationales afin de réduire les inégalités en matière de TIC entre pays.  Le Brésil suggère que ces renforcements de capacités tiennent compte des priorités et besoins de chaque pays et de leurs priorités de développement durable.  Et il faut aussi veiller à donner la priorité aux femmes, aux enfants et aux personnes âgées qui sont le plus souvent laissés à la traîne. 

Pour sa part, le Brésil a modifié son cadre national sur la science, la technologie et l’innovation en février dernier, avec pour but de renforcer les liens entre le secteur privé et les institutions scientifiques.  En mars, c’est la stratégie nationale de transformation numérique qui fut lancée, alors qu’en août dernier, le Président de la République a promulgué une loi sur la protection des données.  Le Brésil souhaite que ces concepts complexes portant sur l’emploi, la régulation, les impôts, la vie privée et l’éthique soient débattus continuellement par les Nations Unies. 

M. AL JAUWAN (Arabie saoudite) a reconnu que les TIC avaient amélioré la vie des gens et eu une forte influence sur le développement des pays.  Il a déploré le manque d’accès aux TIC dont souffrent les pays en développement en général et a demandé à la communauté internationale de redoubler d’efforts pour que tout le monde y ait accès.  Ces technologies ont une importance fondamentale pour obtenir un emploi et, sur le plan national, l’Arabie saoudite a développé plusieurs programmes numériques qui ont facilité le travail de milliers d’entreprises.  Le représentant a dit toutefois partager les inquiétudes communes sur la cybersécurité des données, ce qui a poussé l’Arabie saoudite à créer une organisation nationale dédiée à ce problème.

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