Deuxième Commission: les pays les moins avancés réclament de pouvoir changer de catégorie avec une transition sans heurt

AG/EF/3504
22 octobre 2018
Soixante-treizième session, 19e et 20e séances – matin et après-midi

Deuxième Commission: les pays les moins avancés réclament de pouvoir changer de catégorie avec une transition sans heurt

Quel futur pour les pays sortant de la catégorie des pays les moins avancés (PMA)?  Si une sortie de liste est considérée comme une réussite par l’Organisation, les débats de la Deuxième Commission ce matin ont rappelé qu’elle est aussi facteur d’incertitudes pour les 47 pays concernés, parce qu’elle entraîne une réduction de l’accès aux financements à des conditions préférentielles.  De nombreuses délégations ont ainsi réclamé des mesures, en tête le Groupe des 77 et la Chine désireux de voir les pays qui viennent d’être reclassés dans la catégorie supérieure bénéficier d’un « appui sur mesure », afin d’assurer « une transition sans heurt ».

L’objectif du Programme d’action d’Istanbul (Programme d’action en faveur des pays les moins avancés pour la décennie 2011-2020) -aider la moitié des PMA à satisfaire aux critères de reclassement d’ici à 2020- est loin d’être atteint, a remarqué le Myanmar: depuis la création de la catégorie en 1971, seuls 5 pays en sont sortis.  En mars 2018, toutefois, 12 PMA avaient atteint le seuil fixé pour sortir de cette catégorie.

Pour rappel, trois critères déterminent l’inscription sur la liste des PMA: le revenu national brut (RNB), le capital humain et la vulnérabilité économique aux chocs extérieurs.  Ces trois mêmes critères sont utilisés pour déterminer leur sortie, un système qui a été remis en cause par les Maldives: les risques que certains pays peuvent affronter après le reclassement doivent être examinés avant même le reclassement, et ce, afin d’assurer une transition sans heurt, a recommandé la délégation.  D’autant que l’économie des PMA est loin d’avoir retrouvé le rythme d’avant la crise, a noté le Malawi au nom de ces pays, et que l’un des objectifs visés par le Programme d’action d’Istanbul, à savoir atteindre une croissance économique soutenue, équitable, et sans exclusive d’au moins 7% par an, est lui aussi loin d’être atteint.

De plus, un des points saillants du Programme d’action d’Istanbul est d’augmenter la taille des marchés pour les PMA, or les exportations des PMA ont baissé entre 2014 et 2016.  Pour y remédier, le Malawi a suggéré des pistes, comme permettre l’accès au marché sans taxe, offrir davantage de conditions favorables pour les échanges commerciaux, et faire des exceptions pour les matières premières comme le coton.  Le Maroc a aussi proposé, outre une augmentation de l’aide publique au développement (APD), une baisse des barrières non tarifaires et l’assouplissement des règles d’origine. 

En outre, le système des Nations Unies pour le développement devrait améliorer son soutien aux pays en passe de changer de catégorie, via des aides aux stratégies de transformation nationale.  C’est ce qu’avait recommandé le dernier examen quadriennal complet des activités opérationnelles, mené en 2016, comme l’a rappelé le porte-parole des PMA lors des discussions de l’après-midi.

Les PMA ont condamné à cette occasion la diminution des dépenses des activités opérationnelles consacrées à leur développement, au moment même où ils ont besoin d’un fort appui pour mettre en œuvre le Programme 2030.  Ces dépenses (10,3 milliards de dollars en 2016) représentent 46% des dépenses totales au niveau des pays, alors que jusqu’en 2014, cette part était supérieure à 50%.  « Cette tendance à la baisse doit être inversée immédiatement », ont exigé les PMA.  Les sources de financement des activités opérationnelles ont également suscité quelques inquiétudes: la Communauté des Caraïbes (CARICOM), parmi d’autres, a souligné la baisse du financement de base par rapport aux autres modes de financement.

Dans le cadre de la réforme des activités de développement de l’ONU, le G77 et de nombreux autres pays ont dit attendre avec impatience la mise en place du système renforcé de coordonnateur résident, à partir du 1er janvier 2019; la Thaïlande a même débloqué 200 000 dollars à cet effet.

Le Bélarus a toutefois considéré que les conditions de travail des coordonnateurs résidents et de leurs bureaux restaient des « questions épineuses ».  Certaines délégations ont d’ailleurs tenu à préciser les conditions de leur travail: le Nigéria, par exemple, a souhaité que tout coordonnateur résident adhère strictement aux principes d’appropriation des pays hôtes et de non-politisation; le Mexique a conseillé de s’adapter aux contextes nationaux.

Pour ce qui concerne les petits États insulaires en développement du Pacifique, le représentant de Nauru a attiré l’attention sur la sous-représentativité de la région qui n’a que deux groupes de coordonnateurs résidents, à Fidji et Samoa.  Il a plaidé pour que soit remédié à cette situation en créant un nouveau bureau multipays dans le Pacifique Nord.

Beaucoup ont aussi réaffirmé que la coopération Sud-Sud est complémentaire de la coopération Nord-Sud, mais ne s’y substitue pas.  Les délégations ont dit attendre avec intérêt la deuxième Conférence sur la coopération Sud-Sud prévue en mars 2019 à Buenos Aires.

Également encourageant, de nombreux pays se sont réjouis de la création de la Banque de technologies pour les PMA dont le siège est en Turquie; le G77 a invité tous les pays à la financer.  Cela confirme que l’on peut accomplir des progrès par le biais de la coopération internationale, a dit l’Inde, pays qui a contribué au Fonds spécial pour cette banque. 

Un autre exemple de coopération internationale a été donné par les pays en développement enclavés, comme la Mongolie, l’Éthiopie, et les pays de transit voisins, avec lesquelles ils élaborent des partenariats, conformément aux objectifs du Programme d’action de Vienne en faveur des pays en développement sans littoral pour la décennie 2014-2024.  Le cas zambien est éloquent: en collaboration avec les pays de transit, la Zambie appuie désormais son développement sur des couloirs routiers qui la relient d’un côté à l’océan Indien et de l’autre à l’océan Atlantique.

Malgré ces résultats positifs, le Paraguay, au nom des pays en développement sans littoral, a déploré la lenteur et l’insuffisance des progrès de la mise en œuvre du Programme d’action de Vienne, alertant sur le ralentissement de la croissance économique de ces pays, et sur la baisse de leur participation dans les échanges commerciaux internationaux.  

La Deuxième Commission se réunira à nouveau demain, mardi 23 octobre, à partir de 10 heures pour finir l’examen des activités opérationnelles et aborder la question des partenariats mondiaux.

GROUPES DE PAYS EN SITUATION PARTICULIÈRE

Suivi de la quatrième Conférence des Nations Unies sur les pays les moins avancés

Suivi de la deuxième Conférence des Nations Unies sur les pays en développement sans littoral

Déclaration liminaire, suivie d’une séance de questions-réponses

Mme HEIDI SCHRODERUS-FOX, Directrice du Bureau du Haut-Représentant pour les pays les moins avancés, les pays en développement sans littoral et les petits États insulaires en développement, a présenté trois rapports du Secrétaire général traitant des pays en situation particulière.

Dans son rapport (A/73/80–E/2018/58) sur l’Application du Programme d’action en faveur des pays les moins avancés (PMA) pour la décennie 2011-2020, le Secrétaire général retrace et analyse les progrès accomplis récemment dans l’application de ce Programme, dit « Programme d’action d’Istanbul ».  Il porte sur les huit domaines d’action prioritaires du programme ainsi que sur son objectif primordial, qui consiste à permettre le reclassement de ces pays.  Depuis la création de la catégorie des PMA en 1971, seuls 5 pays en sont sortis. Toutefois, à la réunion du Comité des politiques de développement tenue en mars 2018, 12 autres pays les moins avancés avaient atteint le seuil fixé pour sortir de cette catégorie, et se trouvaient donc à divers stades de la procédure de reclassement.

Mme Schroderus-Fox a fait observer que si le PIB par habitant avait légèrement augmenté dans les PMA entre 2011 et 2016, cela n’était pas suffisant pour atteindre l’objectif d’élimination de la pauvreté à l’échéance de 2020.  Si l’objectif du Programme d’action d’Istanbul consistant à aider la moitié des PMA à satisfaire aux critères de reclassement d’ici à 2020 est loin d’être atteint, plusieurs pays ont néanmoins accompli des progrès considérables, remplissant les critères pour la deuxième fois, selon elle.  Parmi ces pays figurent le Bhoutan, les Îles Salomon, Kiribati et Sao Tomé-et-Principe, dont le retrait de la liste a été recommandé par le Comité des politiques de développement.  Le Comité évaluera la stabilité des progrès accomplis par le Népal et le Timor-Leste lors du prochain examen trisannuel. 

Il est nécessaire d’accélérer la mise en œuvre du Programme d’action d’Istanbul, a dit Mme Schroderus-Fox en plaidant aussi pour que les objectifs d’aide publique au développement (APD) soient respectés.  Il est nécessaire également de s’attaquer à la durabilité de la dette des PMA, ce pour quoi toutes les parties prenantes doivent agir.  Les États Membres sont invités à organiser une cinquième Conférence des Nations Unies sur les PMA dans le but de faire une évaluation globale du Programme d’action.

Présentant ensuite le rapport (A/73/291) sur l’application, l’efficacité et la valeur ajoutée de mesures visant à favoriser une transition sans heurt et un accompagnement lors de la sortie de la catégorie des PMA, Mme Heidi Schroderus-Fox a expliqué que les efforts pour réduire la pauvreté portaient leurs fruits.  Le Bhoutan, Sao Tomé-et-Principe et les Îles Salomon ont été recommandés pour sortir de la liste.  Le Bangladesh, la République démocratique populaire lao et le Myanmar répondent pour la première fois aux critères, et il est prévu qu’ils changent de catégorie en 2021.  Mais d’après l’expérience des pays déjà reclassés, élaborer une stratégie de transition sans heurt est nécessaire, ainsi qu’identifier les réponses aux éventuels problèmes et les ajuster en fonction.  De nombreux efforts seront nécessaires dans le processus de reclassement des PMA, a-t-elle noté, comme élaborer des indices de mesures, renforcer leurs capacités et trouver des sources de financement pour lutter contre les changements climatiques.

Concernant enfin le rapport A/73/297 sur la mise en œuvre du Programme d’action de Vienne en faveur des pays en développement sans littoral pour la décennie 2014-2024, elle a expliqué les difficultés rencontrées par ces pays et remarqué que si des mesures avaient été prises pour diversifier leur économie, ce n’était pas suffisant pour qu’ils atteignent les objectifs de développement durable.  Il importe de maintenir et d’accroître les investissements et l’assistance technique en faveur des pays en développement sans littoral pour leur donner les moyens de progresser, non seulement dans la mise en œuvre des priorités du Programme, en particulier sur les plans du développement des infrastructures, de la facilitation du commerce, de la transformation structurelle et de l’intégration régionale, mais aussi dans la réalisation des objectifs de développement durable.  Il est aussi préconisé dans le rapport que les pays en développement sans littoral et les pays de transit resserrent leur coopération et renforcent l’intégration régionale pour libérer le potentiel commercial des pays en développement sans littoral.

Débat interactif

Le Président de la Deuxième Commission, M. Jorge Skinner-Kleé Arenales a demandé à Mme Schroderus-Fox de préciser à quel moment un pays remplissait les conditions nécessaires pour être reclassé, et le représentant du Malawi a fait part de ses difficultés rencontrées dans le processus.  Lorsqu’un pays doit être reclassé, certains avantages liés à la condition des PMA sont perdus, a expliqué l’ambassadeur, et c’est pour cette raison que le rapport signale que les pays en train d’être reclassés sont en difficulté, car ils perdent notamment le bénéfice d’une certaine « souplesse » à leur égard.

La Directrice du Bureau du Haut-Représentant, Mme Schroderus-Fox, a répondu que si le reclassement était une chose dont les pays pouvaient se réjouir, ils pouvaient en même temps se demander quels avantages particuliers ils allaient perdre.  Elle a réclamé plus d’informations, à cet égard, et recommandé à l’ONU de travailler davantage sur les incitations et les soutiens à offrir aux pays en processus de reclassement.  Son bureau travaille en ce sens, a-t-elle assuré.

Discussion générale

Au nom du Groupe des 77 et la Chine, M. EL ASHMAWYLAW (Égypte) a noté que les avantages de la mondialisation ne sont pas partagés de manière équitable.  En 2017, la croissance des pays les moins avancés (PMA) est estimée à 4,9%, contre 7% en moyenne avant la crise, et la proportion de la population vivant dans l’extrême pauvreté était de 33,7% en 2013.  À ce rythme, l’objectif d’élimination de la pauvreté ne sera pas atteint en 2030, a fait observer le représentant.  En outre, les changements climatiques, les catastrophes naturelles, les pandémies et la mobilité humaine sans précédent posent d’immenses défis aux PMA.  Aussi le G77 a-t-il appelé à résoudre, dans les meilleurs délais, la question du financement du Fonds vert pour le climat et les pays concernés à respecter leurs engagements d’aide publique au développement (APD).  Il a accueilli avec satisfaction la création de la Banque de technologies pour les PMA et a demandé à tous d’y contribuer.

Pour le G77 et la Chine, il est nécessaire d’assurer un appui sur mesure aux pays qui viennent d’être reclassés dans la catégorie supérieure, afin d’assurer une transition sans heurt.  Le représentant a souligné que les pays en développement sans littoral ont des besoins particuliers, d’où l’importance de mettre en œuvre rapidement le Programme d’action de Vienne en faveur de ces pays pour la décennie 2014-2024, en synergie avec le Programme de développement durable à l’horizon 2030.  L’examen à mi-parcours du Programme d’action de Vienne devrait également être l’occasion de partager les meilleures pratiques et les leçons tirées de l’expérience, d’identifier les obstacles et les contraintes, et les actions nécessaires pour les surmonter.  Dans ces pays, le coût du développement est 20% supérieur à celui des pays côtiers, a fait savoir le représentant, ajoutant que le développement des infrastructures joue un rôle clef pour réduire ce coût, en désenclavant ces pays et en réduisant les coûts des transports.  Quatre ans après l’adoption du Programme d’action de Vienne, des mesures de soutien, des transferts de technologie, l’investissement et les partenariats doivent être renforcés, a insisté le G77.

S’exprimant au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), M. KHIANE PHANSOURIVONG (République démocratique populaire lao) a mis l’accent sur les difficultés rencontrées par les pays les moins avancés (PMA) et les pays enclavés en développement dans des domaines prioritaires clefs de la mise en œuvre du Programme d’action d’Istanbul (Programme d’action en faveur des pays les moins avancés pour la décennie 2011-2020) et de celui de Vienne en faveur des pays en développement sans littoral pour la décennie 2014-2024.  Il a mis ces difficultés sur le compte de la pauvreté, de la faible capacité de production, de la dépendance des exportations, du bas niveau de transformation économique, de l’accès limité au marché, de la congestion dans les transports, de la vulnérabilité élevée aux chocs extérieurs et de l’impact négatif des changements climatiques.

Le représentant a exhorté la communauté internationale à accorder une priorité particulière à ces pays sans laquelle ceux-ci ne seront pas en mesure de relever ces défis.  Il a souligné que l’ASEAN avait réussi à accroître l’intégration régionale et qu’elle était vivement déterminée à traduire dans la réalité, aux niveaux national et régional, les engagements pris dans le Programme de développement durable à l’horizon 2030, et dans ceux d’Istanbul et de Vienne, afin de réduire le fossé de développement entre ses membres et avec d’autres pays ayant la même situation dans d’autres régions du monde.  Il a appelé tous les partenaires du développement à appuyer et assister les pays en situation particulière dans l’exécution de leurs plans de développement.

M. PERKS MASTER CLEMENCY LIGOYA (Malawi), au nom du groupe des Pays les moins avancés (PMA), a fait part de sa vision mitigée de la mise en œuvre du Programme d’action d’Istanbul.  Il a dit que les PMA étaient loin d’une croissance à 7% de moyenne et d’avoir retrouvé leur rythme d’avant la crise.  Préoccupé par le manque de transformation structurelle des PMA, il a déploré que les économies des PMA ne se diversifient pas davantage.  Malgré l’augmentation de l’usage de la téléphonie mobile, l’accès à Internet et à l’électricité n’est pas assez au rendez-vous.  Un des points saillants du Plan d’action d’Istanbul est d’augmenter la taille des marchés pour les PMA, et la connectivité est un point très important de ce Plan ainsi que l’augmentation des exportations.  Or les exportations des PMA ont baissé entre 2014 et 2016.  Pour y remédier, il a suggéré des pistes comme permettre l’accès au marché sans taxe, offrir davantage de conditions favorables pour les échanges commerciaux, et faire des exceptions pour les matières premières comme le coton.

Concernant l’éducation, le taux de mortalité infantile, ou encore le chômage des jeunes, les chiffres ne sont pas encourageants non plus, a poursuivi le délégué.  Il faut faire plus, a-t-il demandé.  Les PMA sont aussi très vulnérables aux changements climatiques et aux catastrophes naturelles.  Citant le rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), il a rappelé que les PMA seraient touchés par les changements climatiques de manière disproportionnée.  Il a demandé à tous les partenaires de « mobiliser des centaines de milliards de dollars chaque année » pour le Fonds vert pour le climat, et de prendre un ensemble de mesures durant la vingt-quatrième réunion de la COP pour mettre en place l’Accord de Paris sur les changements climatiques.

Il ne nous reste que deux ans pour la mise en œuvre du Programme d’action d’Istanbul, a rappelé le représentant en s’inquiétant d’un certain déclin de l’aide accordée aux PMA: en dépit d’une légère augmentation de l’APD, la part reste de 0,09% du revenu intérieur brut des pays donateurs.  Les objectifs du Programme d’action d’Addis-Abeba en termes d’APD pour les PMA doivent être pleinement atteints, a-t-il demandé.  Il s’est félicité par ailleurs de la création de la Banque de technologies pour les PMA.  Concernant le reclassement des PMA, il a noté que les pays changeant de catégorie étaient un signe de progrès, mais il s’est inquiété du fait que ce reclassement soit irréversible.  Enfin, concernant le repositionnement du système des Nations Unies pour le développement, il a appelé à ce que cette réalité soit concrétisée, et a demandé à cette occasion un appui ciblé aux PMA et aux pays en développement sans littoral.

Au nom du Groupe des pays en développement sans littoral, M. JULIO CÉSAR ARRIOLA RAMÍREZ (Paraguay) a évoqué la lenteur et l’insuffisance des progrès mentionnées dans le rapport du Secrétaire général quant à la mise en œuvre du Programme d’action de Vienne, en voyant pour preuve la croissance économique ralentie des pays enclavés et leur participation limitée, et même en baisse, dans les échanges commerciaux internationaux.  Pour que l’économie de ces pays soit réellement compétitive, a-t-il relevé, il faut qu’ils puissent développer des infrastructures fiables et durables, avoir un meilleur accès au commerce, notamment en ratifiant et en appliquant l’Accord sur la facilitation des échanges de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), et parvenir à une transformation économique structurelle.  Il a lancé un appel à la communauté internationale pour qu’elle renforce son appui à ces pays.

Le représentant a aussi appelé les États Membres à participer au processus préparatoire de l’Examen de haut niveau à mi-parcours du Programme d’action de Vienne, qui aura lieu en 2019, ce rendez-vous offrant une occasion réelle de débattre de ce qui a été fait et obtenu ainsi que des défis qui persistent.  Ce n’est que grâce à de meilleurs partenariats et à des solutions novatrices que les pays en développement sans littoral pourront progresser sur la voie du développement durable, a-t-il conclu, avant d’exprimer son soutien au Secrétaire général dans la réforme du système des Nations Unies pour le développement.

Au nom de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC), M. RUBÉN ARMANDO ESCALANTE HASBÚN (El Salvador) a critiqué les critères de classification basés sur le revenu par habitant, arguant qu’ils ne tiennent pas toujours compte des particularités et des besoins des pays en développement.  Il a plaidé pour l’élaboration de méthodes tenant compte des complexités et des réalités diverses des pays à revenu intermédiaire.  Aussi la CELAC attend avec intérêt la réunion de haut niveau de l’Assemblée générale sur les défis des pays à revenu intermédiaire dans la mise en œuvre du Programme 2030, qui se tiendra le 4 décembre.

M. Escalante Hasbún a espéré que les résultats de la quatrième Conférence de suivi des PMA seront positifs.  S’agissant de la création de la Banque de technologies des PMA, il s’en est félicité et a encouragé tous ses partenaires de développement à fournir une assistance financière et technique pour sa mise en œuvre.  La CELAC reste engagée à tenir compte des besoins particuliers des pays en développement sans littoral et des PMA, a assuré le représentant.

M. ASHISH SINHA (Inde) a salué le Bureau du Haut-Représentant pour les pays les moins avancés (PMA), les pays en développement sans littoral et les petits États insulaires en développement (PEID) pour leurs efforts ayant mené à l’établissement de la Banque de technologies pour les PMA, confirmant ainsi que l’on peut accomplir des progrès par le biais de la coopération internationale. Dans cet esprit, l’Inde a contribué au Fonds spécial pour ladite banque.  La réalisation des objectifs de développement durable ne sera pleinement mesurée qu’à l’aune des progrès des pays en situations particulières, a estimé le représentant en faisant observer que les PMA sont fortement désavantagés dans leur processus de développement et se heurtent à de sérieux obstacles d’ordre structurel, historique et géographique.  Ces pays sont aussi plus vulnérables aux chocs économiques extérieurs, aux catastrophes naturelles et celles provoquées par l’homme ainsi qu’aux maladies transmissibles.  Les pays enclavés, quant à eux, sont confrontés à des défis structurels en raison de leurs désavantages géographiques, ce qui conduit à des coûts très élevés en termes de transport et de commerce qui sapent leurs concurrence, intégration au marchés mondiaux, croissance économique et développement durable en général.

L’Inde a apporté sa contribution dans le processus des examens à mi-parcours des Programmes d’action d’Istanbul et de Vienne prévus pour l’an prochain, a poursuivi M. Sinha, en renouvelant son engagement dans un partenariat visant une croissance rapide et le développement des pays en situations particulières.  L’assistance apportée par l’Inde tend à renforcer les capacités productives, les institutions, le développement de l’infrastructure, l’expertise et l’assistance techniques sur le long terme.  Les trois sommets du Forum Inde-Afrique et le Forum pour la coopération Inde-Îles du Pacifique (FIPIC) ont galvanisé cette relation particulière, a fait valoir le représentant.  Alors même que le déclin des niveaux de l’aide des pays donateurs incite à l’inquiétude, l’Inde continue d’étendre la sienne d’une façon substantielle.  Au niveau multilatéral, l’Inde a établi, l’année dernière, le Fonds Inde-ONU pour le partenariat au développement, annonçant une contribution à hauteur de 150 millions de dollars pour la prochaine décennie axée sur des projets de développement des PMA, pays enclavés et PEID.  En outre, en coopération avec le Brésil et l’Afrique du Sud, l’Inde est un partenaire actif du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) dans le cadre de la coopération Sud-Sud à travers le Fonds IBAS.

M. USTINOV (Fédération de Russie) a remarqué que les pays en situation particulière faisaient face à des difficultés considérables pour réaliser les objectifs de développement durable et que la mise en œuvre du Plan d’action d’Istanbul prenait du retard.  Il est indispensable que la communauté internationale déploie des efforts concertés pour réduire ces défis, mais la Russie estime aussi, conformément au rapport du Secrétaire général, que les PMA doivent entreprendre des mesures fermes sur le plan national et développer des réformes structurelles pour assurer une composante technologique suffisante.  Notant cependant un certain progrès, et que 12 pays étaient parvenus à changer de catégorie et que 12 en étaient proches, il a constaté dans ces pays une amélioration de l’accès aux technologies de l’information et des communications (TIC), ainsi qu’un enrichissement.  La stratégie de préférence tarifaire de la Russie leur permet d’avoir davantage accès aux marchés, a-t-il souligné.  Ainsi, la Russie a augmenté l’importation de denrées depuis les PMA.

Pays de transit, la Russie accorde de l’importance aux pays en développement sans littoral comme gage de participation à un développement économique et social plus rythmé, a poursuivi le délégué.  Concernant le Programme d’action de Vienne, la Russie a décidé de contribuer à hauteur de 300 000 dollars: cette somme sera utilisée pour organiser des réunions d’informations sur le développement des couloirs de commerce entre l’Europe et l’Asie, une contribution importante pour préparer l’examen à mi-parcours du programme de Vienne, a souligné le représentant.  Enfin, une coopération plus étroite est en cours avec la Chine, la Mongolie et la Corée du Sud pour développer le transit en Asie du Nord-Est, avec le projet de construire des infrastructures dont un terminal pour les céréales dans le port de Zarubino en Russie.

Mme MERYEM HAMDOUNI (Maroc) a rappelé l’urgence à laquelle fait face la communauté internationale pour surmonter les problèmes structurels des PMA.  « Jamais autant de pays n’ont été appelés à sortir de la liste qu’en 2018 », s’est-elle réjouie, tout en déplorant leurs difficultés une fois sortis de la catégorie.  Leur accompagnement reste une condition sine qua non pour une transition souple, a-t-elle souligné.  Concernant la réalisation du Programme d’action d’Istanbul, elle a noté qu’un soutien constant était primordial.  Outre une augmentation de l’APD, elle a recommandé « une baisse des barrières non tarifaires », et « l’assouplissement des règles d’origine ».  Enfin, elle a loué une coopération multisectorielle entre le Maroc et diverses nations des Caraïbes, dans la droite ligne de la promotion de la coopération Sud-Sud.

Mme TSHOKI CHODEN (Bhoutan) s’est félicitée de la recommandation pour un prochain reclassement du Bhoutan, qui témoigne de l’aboutissement de plus de cinq décennies de développement planifié.  Elle a remercié tous ses partenaires.  Le reclassement est un succès, mais pas un objectif en soi, a souligné la représentante, car en tant que petit pays sans littoral, des défis l’attendent.  Elle a rappelé que le reclassement doit être viable et durable.  Les pays remplissant les conditions doivent pouvoir approcher le reclassement en toute confiance, a-t-elle ajouté.

Mme GERELTSETSEG BAATARSUREN (Mongolie) a dit que les pays sans littoral se heurtent à des défis particuliers, comme la faible capacité de production et la vulnérabilité aux facteurs extérieurs, et qu’ils sont très dépendants des ressources de base.  Ils méritent une plus grande attention et plus de soutien de la part de la communauté internationale afin de réaliser le Programme 2030, a fait valoir la représentante.  La Mongolie, a-t-elle ajouté, accorde une grande importance aux préparatifs de l’examen de haut niveau à mi-parcours du Programme d’action de Vienne.

La représentante a fait part de quelques résultats enregistrés par le pays ces dernières années, comme la bonne croissance économique, qui permet d’améliorer l’accès aux marchés, et la signature d’un accord de partenariat économique avec le Japon en 2016, ou encore la négociation d’un accord avec la République de Corée. L’accord sur l’accès à la mer par la Chine est également important.  La Mongolie a décidé d’établir un corridor économique trilatéral Mongolie-Russie-Chine et de développer les infrastructures de transport.  La délégation a pris note du rôle du centre de réflexion internationale pour les pays sans littoral initié par la Mongolie.

M. ZIAUDDIN AMIN (Afghanistan) a fait remarquer que l’Afghanistan, en tant que pays sortant de conflit, pays en développement sans littoral et PMA, est un pays en situation particulière à de multiples égards.  Le gouvernement est tout de même engagé à réaliser les objectifs de développement durable, inscrits dans le cadre national de développement de l’Afghanistan.  À cet égard, le représentant a mis en exergue le développement des infrastructures comme une condition essentielle pour assurer le développement économique des PMA.  L’Afghanistan et les pays voisins ont des défis énormes à relever dans ce domaine, a-t-il reconnu.  C’est pourquoi il a appelé la communauté internationale à apporter son soutien durant toute la décennie du Programme d’action de Vienne en faveur des pays en développement sans littoral.

La coopération et l’intégration économiques jouent aussi un rôle capital pour la réalisation des objectifs de développement durable dans ces pays, et il est nécessaire de redoubler d’efforts afin d’élargir les marchés d’exportation de ces États et de diversifier leur panier d’exportation, a plaidé le délégué.  Enfin, il a rappelé que les changements climatiques touchent de manière disproportionnée les PMA et les pays en développement sans littoral, jugeant nécessaire d’intégrer ce facteur dans les travaux de la Deuxième Commission. 

Mme YAN WANG (Chine) a constaté que la croissance économique ralentissait, que la mondialisation rencontrait des problèmes, et que dans ce contexte les difficultés des PMA et des pays en développement sans littoral étaient encore plus graves.  Le Programme d’action d’Istanbul reflète ce soutien ferme de la communauté internationale aux PMA et aux pays en développement sans littoral, et la Chine espère que toutes les parties le mettront en œuvre de façon à ne laisser personne de côté.

En tant que plus grand pays en développement, la Chine a toujours utilisé la coopération Sud-Sud pour accompagner l’industrialisation des PMA, et ce faisant, pour alléger la dette intergouvernementale de ces pays et leur apporter une aide alimentaire.  En outre, la Chine n’hésite pas à leur offrir des conditions douanières avantageuses.  Développer les transports pour aider les pays en développement sans littoral à trouver des débouchés est aussi une priorité pour la Chine.  Aussi, la Chine entend-elle continuer à ouvrir son marché à ces pays et à organiser la foire import-export de Shanghaï pour développer le commerce et la coopération Sud-Sud.

M. SURENDRA THAPA (Népal) a rappelé que les PMA représentent le groupe de pays le plus vulnérable et qu’ils demandent une attention particulière.  Des efforts mondiaux revitalisés et le redoublement des engagements sont donc nécessaires, mais il faut aussi examiner ce qui n’a pas marché, a dit le représentant, qui a évoqué le report de l’examen de reclassement du Népal au prochain examen triennal.  Il est important d’aligner les progrès des PMA sur le renforcement des capacités de production, a-t-il souligné.  Les PMA sans littoral sont confrontés à des défis encore supérieurs, a-t-il également fait observer, ce qui rend la mise en œuvre du Programme d’action de Vienne encore plus importante. M. Thapa a témoigné des difficultés que rencontre son pays sur la voie du développement à cause d’une faible capacité de production et d’une infrastructure insuffisante, ce qui diminue la compétitivité et augmente le déficit commercial.

Mme GALINA NIPOMICI (République de Moldova) a relevé, dans les rapports du Secrétaire général, que les pays en développement sans littoral sont à la traîne dans la mise en œuvre de la plupart des objectifs du Programme d’action de Vienne, ce qui est clairement reflété dans le déclin constant du produit intérieur brut qui a atteint son niveau le plus bas en 2016 depuis 1998.  Partant, les progrès fragiles enregistrés en matière de santé, éducation et énergie sont menacés par la grande vulnérabilité des pays en développement sans littoral aux méfaits des changements climatiques, en particulier les inondations, la sécheresse, la désertification et la dégradation des sols.

Si bien que l’appropriation nationale est fondamentale dans la mobilisation des ressources requises pour l’exécution du Programme d’action de Vienne et du Programme 2030, il s’avère évident que, sans un appui, ces pays risquent d’être laissés de côté, a-t-il auguré.  En effet, les investissements requis pour une infrastructure de qualité, durable et résiliente, les transports, l’eau et l’assainissement, les capacités productives, la transformation structurelle de l’économie, la diversification et la valeur ajoutée des exportations, sont bien supérieurs à la capacité des pays en développement sans littoral, a-t-il expliqué, avant de réclamer de ce fait une coopération internationale accrue et de meilleurs partenariats, notamment de la part des banques multilatérales.  Il faut aussi améliorer le rôle de l’ONU en matière de sensibilisation sur les défis et contraintes des pays mentionnés, dans l’établissement de partenariats et le renforcement des capacités.

Mme FARZANA ZAHIR (Maldives) s’est dite très préoccupée quant aux critères appliqués pour décider quels pays peuvent être reclassés, estimant qu’ils doivent être revus.  Les risques que certains pays peuvent affronter après le reclassement doivent être examinés avant le reclassement, et ce afin d’assurer une transition sans heurt, a-t-elle recommandé.  La représentante a témoigné que, depuis leur reclassement en 2011, les Maldives ont eu la chance d’avoir forgé des partenariats, qui ont permis de mener des projets de grande ampleur dans les infrastructures et de se concentrer sur le développement du tourisme.  Le sort des pays en situation particulière mérite des solutions sur mesure, a conclu la représentante.

M. TLHALEFO B. MADISA (Botswana) a noté que les coûts du transport sont plus élevés pour les pays sans littoral, et que le volume commercial de ces pays demeure très faible car leurs économies ne sont pas diversifiées et dépendent d’une seule marchandise.  Il en résulte que les économies sont vulnérables aux soubresauts extérieurs et à la volatilité des prix des marchandises.  Il a aussi indiqué que la sécurité alimentaire et l’agriculture sont affectées par la désertification, la dégradation des sols et la sécheresse dans ces pays, alors même qu’ils sont moins à même de prendre des mesures d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques.  Il a aussi évoqué le coût élevé pour créer une activité commerciale dans ces pays, ce qui les prive d’investissement étranger direct.  En conséquence, les économies des pays sans littoral ne sont pas pleinement intégrées dans le système commercial mondial.

Le représentant a donc appelé la communauté internationale à accroître son appui à ces nations pour qu’elles soient en mesure de mettre en place l’infrastructure nécessaire à la circulation des biens et des marchandises.  Il a aussi plaidé pour une amélioration du renforcement des capacités techniques et de l’assistance financière pour la construction de routes et de réseaux de chemins de fer et de télécommunications, ainsi que d’infrastructure pour l’eau et l’énergie.  Il a cité, à cet égard, le projet du pont de Kazungula entre les Gouvernements du Botswana et de la Zambie; et le Couloir Trans-Kalahari entre son pays, la Namibie et l’Afrique du Sud. 

M. GEBEYEHU GANGA GAYITO (Éthiopie) a constaté que les PMA étaient toujours confrontés à des défis multiples -la pauvreté, la faim, une faible croissance économique et de mauvaises capacités- qui entravent la bonne mise en œuvre du plan de développement.  Le Programme d’action d’Istanbul représente un cadre de développement concret pour réduire la pauvreté et assurer des transformations structurelles, a-t-il relevé, tout en remarquant que, malgré des progrès, il y a toujours des lacunes à combler et il ne reste qu’un an et demi pour renforcer la coordination nécessaire à sa mise en œuvre.  Les pays développés doivent honorer leurs engagements à cet égard, a rappelé M. Gayito.  Il a notamment demandé aux partenaires de développement de mettre en œuvre le Programme d’action d’Addis-Abeba, et pour ce faire, il a jugé nécessaire de préparer la cinquième Conférence des Nations Unies pour les PMA pour assurer de nouveaux partenariats. 

Les pays en développement sans littoral sont confrontés à des défis particuliers comme le montre le Programme d’action de Vienne, a-t-il poursuivi. Ces pays sont dépendants de quelques produits d’exportation seulement, ce qui complique leur croissance.  Il a recommandé à ces pays de réduire leurs coûts d’exportation.  Pour cela, la collaboration des pays de transit est nécessaire. L’Éthiopie continue d’avoir une croissance économique élevée -7%- grâce à des investissements dans les infrastructures et une collaboration avec les pays voisins, a fait valoir le représentant avant d’appeler à une revitalisation des partenariats.

M. MUSONDA (Zambie) a rappelé que peu de progrès ont été faits pour réduire la pauvreté depuis l’adoption du Programme d’action d’Istanbul, soulignant que la communauté internationale doit faire au mieux avec le temps qu'il reste. Comme axes à suivre pour les efforts, il a cité le partage des techniques, le développement des technologies de l’information et des communication (TIC), l’accent à mettre sur les PME et un développement utile et fiable des infrastructures, ainsi que des réformes politiques et institutionnelles.

Pour sa part, la Zambie a progressé en investissant dans le chemin de fer et les transports aériens, ainsi que dans l'eau et l’assainissement, et dans les TIC. Le cadre politique est en place pour que la Zambie devienne un centre important de transit dans la région, notamment avec un projet routier reliant tous les districts de Zambie et les pays voisins.  En collaboration avec les pays de transit, la Zambie appuie désormais son développement sur des couloirs routiers, comme les couloirs de Nacala et de Dar es-Salaam, qui relient la Zambie à l'océan Indien, ainsi que les couloirs de Lovito et de la baie de Walvis qui relient le pays à l'océan Atlantique.    

Mme AINAN NURAN (Indonésie) a relevé que la répartition de la richesse et du savoir-faire est de plus en plus inéquitable entre les pays.  Elle a plaidé pour que les pays qui sortent de la catégorie des PMA puissent suivre une voie progressive vers le développement durable, avec l’appui de la communauté internationale.  La représentante s’est inquiétée du fait que le PIB des PMA sans littoral continue de diminuer, de même que leur participation au commerce mondial.  Elle a jugé essentiel de renforcer les partenariats avec ces pays, pour renforcer leurs infrastructures et leur capacité à participer aux chaînes d’approvisionnement mondiales.  Elle a souhaité que des résolutions axées sur l’action en faveur des PMA soient adoptées.

MME AYE MYA KHAING (Myanmar) a déclaré que les PMA sont le segment le plus vulnérable de la communauté internationale et méritent une attention spéciale et immédiate.  Elle a rappelé que le Programme d’action d’Istanbul avait fixé l’objectif ambitieux de faire en sorte que la moitié des PMA atteigne le critère de sortie de la catégorie PMA d’ici 2020 mais que l’on en est encore loin même si 12 d’entre eux l’ont récemment atteint.  La croissance a certes commencé à grimper, avec 4,9% en 2017 comparé à 4,3% l’année précédente mais cela est encore bien en deçà de l’objectif de 7% fixé dans le Programme 2030 et le Programme d’action d’Istanbul.  Notant que les répercussions des changements climatiques affectent de façon disproportionnée ces pays, y compris le sien, elle a estimé indispensable de mettre en œuvre l’Accord de Paris, espérant, à cet égard, que la COP24 posera un autre jalon important.  Elle a recommandé que le Fonds vert pour le climat soit dûment financé et opérationnel et que son accès soit facilité pour les pays les plus vulnérables.  

M. JACINTO RANGEL NETO (Angola) a salué les objectifs ambitieux du Programme d’action de Vienne pour permettre le reclassement des PMA, mais a noté qu’il restait encore beaucoup à faire pour aider ces pays.  Il a notamment souligné leurs vulnérabilités particulières, par rapport aux changements climatiques, par exemple.  L’Angola devrait être reclassé en 2020, a indiqué le représentant en soulignant l’importance d’une transition sans heurt.  Il a mentionné la stratégie nationale à l’horizon 2025 de l’Angola, dont la mise en œuvre a déjà permis à son économie d’être moins vulnérable.

Mme ARMAĞAN AYŞE CAN CRABTREE (Turquie) a applaudi les 12 PMA sortis de la liste, et constaté dans le même temps que des progrès restaient à faire: « les demandes de reports de sortie en témoignent », a-t-elle noté.  Elle a aussi fait référence aux changements climatiques comme facteur supplémentaire de difficulté pour les PMA.  Prônant des reclassements durables et une transition sans heurt, elle a rappelé que le Programme d’action d’Istanbul réclamait que la moitié des PMA puissent sortir de leur catégorie d’ici à 2020.  « Nous en sommes loin », a déploré Mme Crabtree, qui a assuré que la Turquie appuyait la croissance économique des PMA pour que personne ne soit laissé au bord du chemin.

M. TALAL ALI RASHED ALJAMALI (Yémen) a observé que malgré les progrès réalisés dans la lutte contre la pauvreté, les PMA continuent d’être les pays les plus vulnérables.  Or, la communauté internationale doit s’assurer que ces derniers puissent se développer en surmontant leurs difficultés structurelles.  Le Programme d’action d’Istanbul doit être mis en œuvre, a demandé le délégué en notant que, dans son paragraphe 8, il souligne que les PMA affectés par les conflits resteront à la traîne pour réaliser les objectifs de développement durable.  Des efforts conjoints sont nécessaires à cet égard, a appuyé M. Aljamali, avant de demander aux pays développés de se mobiliser.

Le Yémen souffre actuellement d’une économie faible, en dépit d'une amélioration entre 2005 et 2014: le revenu par habitant a diminué, la pauvreté a atteint 54% de la population.  L’instabilité politique n’est pas la seule raison: la corruption est forte, les infrastructures sont faibles, et l’indice de développement humain (IDH) et les ressources humaines font défaut, a expliqué le représentant.  Il a ajouté que, depuis 2014, la capitale a subi des assauts; le budget de l’État s’est effondré, privant les fonctionnaires de leurs salaires; et le pays a continué de subir des catastrophes naturelles et une pénurie d’eau souterraine.  En outre, beaucoup de Yéménites expatriés ont dû rentrer au pays à cause de la mauvaise situation dans leur pays d’accueil, ce qui a eu pour conséquence de couper les envois de fonds.  Il est donc nécessaire d’augmenter la part d’APD destinée au Yémen, a plaidé le représentant. 

Mme VERÓNICA CORDOVA (Bolivie) a salué la création du Bureau du Haut-Représentant pour les PMA, les pays en développement sans littoral et les PEID, un espace qui permet notamment de faire connaître les besoins des pays enclavés, et de rechercher des solutions, dans des conditions d’égalité par rapport à ceux qui ont accès à la mer.  Beaucoup de pays enclavés ont enregistré de grands progrès en matière d’accès à l’infrastructure, pour avoir un lien avec la mer, a noté la représentante.  Elle a rappelé que la Bolivie est née comme État indépendant avec une région côtière, dont elle a été privée après un conflit avec le Chili en 1879.  Le Traité de paix et d’amitié signé entre les deux pays en 1904 a défini de nouvelles frontières et reconnu le droit à la circulation et au transit de marchandises de la Bolivie vers l’océan Pacifique, a expliqué Mme Cordova.  Elle s’est toutefois plainte que le développement économique et social de la Bolivie ait été entravé par un manque d’accès efficace au Pacifique car le passage de marchandises est soumis à l’opération logistique monopolistique d’entreprises privées du pays voisins, avec des coûts élevés.

Mme AGUAYO (Chili) a réagi à l’intervention de la Bolivie au sujet de ce qu’elle a qualifié de question bilatérale ne concernant que la Bolivie et le Chili.  L’accès maritime de la Bolivie, réglé par le Traité de paix de 1904, n’est pas inscrit à l’ordre du jour de la Deuxième Commission, a dit la représentante. Elle a accusé la Bolivie d’utiliser le Programme d’action de Vienne pour faire valoir des intérêts privés, avant de détailler les conditions du libre transit par le Chili accordées à la Bolivie.

Activités opérationnelles de développement

Présentation de rapports

Mme MARION BARTHELEMY, Directrice du Bureau de l’appui aux mécanismes intergouvernementaux, de la coordination et des partenariats stratégiques du Département des affaires économiques et sociales, a présenté le rapport du Secrétaire général (A/73/63–E/2018/8) sur l’Application de la résolution 71/243 de l’Assemblée générale sur l’examen quadriennal complet des activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies en 2018.  Ce rapport rend compte du premier examen annuel des progrès accomplis et des difficultés rencontrées dans l’application de cette résolution.  Il présente une évaluation de la manière dont le système s’adapte aux nouveaux mandats pour mieux contribuer à la mise en œuvre du Programme 2030 aux niveaux national, régional et mondial.  Au vu des informations disponibles, les progrès semblent contrastés car l’alignement par les entités des Nations Unies de leurs plans et activités ne fait que commencer.  Un autre problème clef mis en évidence par les informations contenues dans le rapport est le caractère toujours fragmenté du financement du système et son incompatibilité avec les principes d’intégration et de coordination.  En outre, les données recueillies sur le terrain amènent à penser que le système des Nations Unies pour le développement peine encore à agir de façon cohérente pour obtenir des résultats collectifs.

La profonde mutation nécessaire pour passer à l’état d’esprit, au panachage des compétences, à l’architecture et aux modalités organisationnelles propres aux objectifs de développement durable et non plus aux objectifs du Millénaire pour le développement est toujours en cours, dans l’attente notamment de décisions des États Membres sur certains éléments cruciaux.  Toutefois, diverses actions sont engagées pour améliorer la cohérence des fonctions essentielles, notamment l’appui au renforcement des capacités et la fourniture de services consultatifs.  En outre, un effort considérable est réalisé pour générer les orientations et les instruments requis pour que les équipes de pays des Nations Unies soient mieux à même de mener à bien leur mission sur le terrain.

Le rapport (JIU/REP/2011/3) de 2011 sur la Coopération Sud-Sud et la coopération triangulaire dans le système des Nations Unies présenté via une note écrite du Corps commun d’inspection, dit que, comme préconisé par le Plan d’action de Buenos Aires, la coopération Sud-Sud a certes progressé dans le système des Nations Unies, mais lentement.  Pour avoir un meilleur impact, le rapport conseille d’améliorer l’actuel mécanisme institutionnel des Nations Unies, avec des plans-cadres, une gouvernance, une coordination, des structures, des mécanismes et des ressources spécifiques à l’échelle de l’ensemble du système.  En outre, le Groupe spécial pour la coopération Sud-Sud devrait établir des priorités s’agissant de ses activités et de ses ressources, conformément à son mandat élargi.  En ce qui concerne la coopération triangulaire, sa contribution à la coopération Sud-Sud mériterait d’être renforcée.

M. TARIK IZIRAREN, Directeur adjoint des politiques et des partenariats stratégiques du Bureau des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud, a présenté le rapport du Secrétaire général (A/73/321) sur l’État de la coopération Sud-Sud.  Il porte sur l’appui fourni par le système des Nations Unies pour le développement aux initiatives Sud-Sud menées par les États Membres aux niveaux national, régional et mondial aux fins de la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et des accords internationaux connexes durant la période biennale 2017-2018.  Il contient une description de plusieurs évolutions positives qui méritent l’attention et l’appui soutenu de toutes les parties prenantes: les mesures prises par les organismes des Nations Unies afin de placer la coopération Sud-Sud au cœur de leurs priorités stratégiques, les pays en développement ayant souhaité que le rythme du développement durable s’accélère selon leurs propres règles; les efforts prometteurs déployés par les organismes des Nations Unies et les États Membres afin de faire de la coopération Sud-Sud une force permettant d’améliorer l’accès des pays du Sud à des outils qui ont fait leurs preuves en matière d’élimination de la pauvreté, de sécurité alimentaire, d’innovation industrielle et de croissance économique; les efforts déployés pour renforcer la coopération Sud-Sud entre les villes, étant donné que l’on estime que 68% de la population mondiale vivra en ville d’ici à 2050, notamment dans les régions des pays du Sud qui connaissent une croissance rapide.

Le rapport décrit aussi plusieurs initiatives innovantes, telles que des activités d’apprentissage, des plateformes en ligne, des réseaux, des communautés de pratique et des groupes d’experts Sud-Sud, que les organismes de Nations Unies appuient afin de renforcer les capacités des pays en développement de gérer plus efficacement leurs propres initiatives de développement.  Les nombreux partenariats de coopération Sud-Sud et de coopération triangulaire se caractérisent notamment par les centres d’excellence et les fonds d’affectation spéciale que plusieurs pays ont conjointement créés avec l’appui de différents organismes des Nations Unies afin de faciliter les échanges Sud-Sud dans divers domaines.

Mme KEIKO KAMIOKA, Inspectrice au sein du Corps commun d’inspection de l’ONU, a présenté le rapport (A/73/311) sur l’État d’avancement des suites données aux recommandations figurant dans l’examen de la coopération Sud-Sud et de la coopération triangulaire dans le système des Nations Unies (JIU/REP/2011/3). Elle a noté des progrès notables dans la mise en œuvre des recommandations.  Elle a noté que le Bureau des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud pourrait être renforcé.  Les suggestions pour le renforcer sont de deux sortes: mobilisation des ressources et échange de connaissances.  Le Bureau pourrait également fournir des mises à jour plus régulières sur les possibilités de financement et de partenariat. 

Mme SIMONA PETROVA, Secrétaire et Directrice du Conseil des chefs de Secrétariat des organismes des Nations Unies, a présenté la note du Secrétaire général (A/73/311/Add.1) sur le Rapport sur l’état d’avancement des suites données aux recommandations figurant dans l’examen de la coopération Sud-Sud et de la coopération triangulaire dans le système des Nations Unies.

Débat général

Au nom du Groupe des 77 et la Chine, M. MOHAMED GAD (Égypte) a dit attendre avec impatience la mise en place du système renforcé de coordonnateur résident, à partir du 1er janvier 2019.  Il a réitéré les principes fondamentaux qui devraient guider le Système des Nations Unies pour le développement.  D’abord, il devrait maintenir son ciblage sur le développement et l’élimination de la pauvreté.  Ensuite, les principes de direction nationale devraient être respectés de même que la parité entre les sexes et l’équilibre géographique.  Le G77 a tenu à souligner que des sources de financement durables, prévisibles et adéquates sont indispensables pour un système de coordonnateur résident indépendant, impartial et autonome.  Il a réaffirmé le rôle capital des commissions économiques régionales et a jugé nécessaire de les préserver et de les renforcer.  Il a aussi souligné le caractère unique des bureaux multipays.

Le G77 a réaffirmé que la coopération Sud-Sud est complémentaire de la coopération Nord-Sud, mais ne s’y substitue pas, et qu’elle devrait être guidée par les principes de respect de la souveraineté nationale, d’égalité, de non conditionnalité et de non-ingérence dans les affaires intérieures.  La coopération Sud-Sud est une manifestation de solidarité entre pays et peuples du Sud, fondée sur les besoins, l’expérience, les capacités, les meilleures pratiques et une culture diversifiée, a fait valoir M. Gad.  La prochaine Conférence BAPA+40, qui aura lieu à Buenos Aires, sera l’occasion d’élargir cette coopération et de trouver d’autres voies pour parvenir à la réalisation du Programme 2030 et à l’élimination de la pauvreté.  À cet égard, le représentant a mis l’accent sur le nécessaire respect des engagements pris au titre de l’aide publique au développement (APD).

M. DANG DINH QUY (Viet Nam), qui s’exprimait au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), a estimé que l’adoption, en mai dernier, de la résolution sur le repositionnement du système des Nations Unies pour le développement reflète l’engagement des États Membres en faveur d’une réponse plus concrète et efficace dans la mise en œuvre du Programme 2030 pour garantir le développement durable.  Il a salué les efforts de réforme du Secrétaire général et l’introduction du plan de mise en œuvre pour revigorer le système des coordonnateurs résidents.

Il a ensuite expliqué que le partenariat entre l’ASEAN et l’ONU, en matière de développement, est sans cesse renforcé, des progrès ayant été accomplis dans un large éventail d’activités dans le cadre du Plan d’action ASEAN-Nations Unies pour 2016-2020 et dans des domaines contribuant à l’exécution de la Vision 2025 de l’ASEAN et du Programme 2030.  L’élimination de la pauvreté, l’infrastructure et la connectivité, la gestion durable des ressources naturelles, la consommation et la production soutenable et la résilience, ont été identifiées comme les principaux axes de complémentarité.  Des efforts ont également été déployés pour déterminer des lignes d’action et l’institutionnalisation du mécanisme entre les deux Secrétariat pour réaliser le plein potentiel de ce partenariat global, a précisé le représentant, qui a aussi fait valoir la coordination entre le Centre de l’ASEAN pour la gestion de l’assistance humanitaire des catastrophes (Centre AHA) et l’ONU pour la réduction et la gestion des risques de catastrophe.

Pour le repositionnement, il a recommandé que le système de l’ONU pour le développement garde toujours à l’esprit l’appropriation et le leadership national.  Il a notamment conseillé davantage de personnel pour les bureaux de pays; que le coordonnateur résident joue un véritable rôle de chef de file avec une vraie responsabilité à l’égard du gouvernement national; ainsi qu’un accroissement d’au moins 30% des ressources centrales dans les cinq prochaines années.  Il a appelé les pays donateurs à honorer leur engagement de financement des activités opérationnelles de l’ONU.  Aux entités onusiennes concernées, il a demandé d’assumer une entière responsabilité vis-à-vis des États Membres et d’améliorer l’évaluation de leur impact sur le terrain.  Il a souligné par ailleurs que les membres de l’ASEAN qui ont des économies émergentes ont bénéficié de la coopération Sud-Sud.  Ainsi, le volume des exportations intrarégionales de l’ASEAN augmente de 1,5% chaque année et atteindra 375 milliards de dollars en 2025. 

M. LOT THAUZENI PANSIPADANA DZONZI (Malawi), au nom du groupe des pays les moins avancés (PMA), a condamné la diminution des dépenses des activités opérationnelles pour le développement des PMA, alors même qu’ils ont besoin d’un appui plus fort pour mettre en œuvre le Programme de développement durable à l’horizon 2030.  Il s’est dit préoccupé que les dépenses du système consacrées aux PMA aient diminué plusieurs années de suite, avec 10,3 milliards de dollars en 2016, ce qui représente 46% des dépenses totales au niveau des pays, en comparant avec les chiffres d’avant 2014: jusqu’en 2014, cette part était supérieure à 50%.  « Cette tendance à la baisse doit être inversée immédiatement. »

La plupart des entités de l’ONU n’ont pas de cible budgétaire claire pour les PMA, ni de règles concernant les allocations budgétaires aux PMA, a poursuivi M. Dzonzi, en regrettant que cela se traduise par des flux de ressources imprévisibles et fluctuants vers ces pays.  Or la résolution de l’ECOSOC 2018/26 (2018) invite le système des Nations Unies pour le développement à intégrer la priorité des financements aux PMA dans des cadres clairs.  L’Examen quadriennal de 2016 a aussi recommandé au système des Nations Unies pour le développement d’améliorer son soutien aux pays en passe de changer de catégorie dans l’élaboration et la mise en œuvre des stratégies de transformation nationale, a rappelé M. Dzonzi.  Le représentant a aussi exprimé des inquiétudes quant au financement du Coordonnateur résident, « qui semble dépendre en grande partie de contributions volontaires jusqu'en 2020 », et appelé les partenaires de développement à fournir les fonds nécessaires.

Au nom de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC), M. RUBÉN ARMANDO ESCALANTE HASBÚN (El Salvador) a réaffirmé que l’attention du système de coordonnateurs résidents doit rester concentrée sur le développement durable.  Il a souhaité que la dimension régionale du système tienne compte des réalités de chaque région, afin d’empêcher un processus reposant sur une seule mesure valable pour tous.  À cet égard, il a signalé l’importance particulière des commissions régionales dans la promotion de la coopération Sud-Sud et triangulaire.  Dans ce contexte, il a réitéré son plein soutien au travail réalisé par la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC) dont la CELAC souhaite le renforcement des fonctions, la protection du mandat et la reconnaissance du rôle dans la mise en œuvre du Programme 2030 dans le cadre de la nouvelle structure qui émergera du processus de repositionnement.

Par ailleurs, les membres de la CELAC estiment que le système des Nations Unies doit continuer à assigner des ressources à la réalisation des objectifs de développement des pays en développement et veiller à se préoccuper en premier de ceux qui en ont le plus besoin.  M. Escalante Hasbún s’est félicité des contributions de la coopération Sud-Sud en matière d’élimination de la pauvreté et de développement durable; il a réaffirmé que cette coopération est un élément important de la coopération internationale, en complétant la coopération Nord-Sud, sans s’y substituer.  Dans ce contexte, il a voulu croire que le processus de repositionnement offre une occasion unique d’améliorer l’impact du système des Nations Unies pour le développement, en concentrant ses efforts sur la coopération Sud-Sud et triangulaire, sur la facilitation d’alliances et sur le soutien aux États Membres dans le recueil de données.  À ce sujet, la CELAC attend avec intérêt la seconde Conférence de haut niveau sur la coopération Sud-Sud, qui aura lieu à Buenos Aires en mars 2019.

Enfin, M. Escalante Hasbún a réitéré l’engagement des États membres de la CELAC en faveur d’un fonctionnement effectif et efficace du système des Nations Unies pour le développement et de ses activités opérationnelles, estimant que tous les efforts de réforme ont un seul but: parvenir à une Organisation des Nations Unies qui soit plus stratégique, transparente, responsable, collaborative, efficiente, efficace et orientée vers les résultats.

Mme FARZANA ZAHIR (Maldives), s’exprimant au nom de l’Alliance des petits États insulaires (AOSIS), a expliqué qu’avec des populations éparpillées sur des îles lointaines, les PEID ont besoin de stratégies innovantes pour atteindre les personnes les plus vulnérables.  En effet, les actions de type traditionnel ont montré leurs limites.  Elle a rappelé l’importance des Orientions de Samoa pour ce groupe de pays, avant de plaider pour un financement plus prévisible et stable des activités opérationnelles de développement.  L’AOSIS souhaite également un examen du système de bureau multipays, afin de trouver la meilleure formule: il faut tenir compte des priorités des pays concernés tout en améliorant leurs chances de réaliser le Programme 2030. 

L’année 2019 sera la cinquième année après l’adoption des Orientations de Samoa, a rappelé la déléguée, avant de parler de l’examen à mi-parcours prévu le 27 septembre 2019 au Siège des Nations Unies.  Elle a indiqué que les PEID comptent sur la communauté internationale pour assurer le succès de cette rencontre.  Elle a enfin rappelé que la coopération Sud-Sud est un complément à la coopération Nord-Sud, avant d’appeler au renforcement du Bureau des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud.  

M. WALTON WEBSON (Antigua-et-Barbuda), au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), a estimé que l’élimination de la pauvreté, la croissance économique et le développement durable devaient être les principaux vecteurs des activités opérationnelles menées par l’ONU en faveur du développement.  Celles-ci doivent être souples, répondre aux besoins des pays, et bénéficier aux pays du programme, à la demande de ces pays, et conformément aux politiques nationales de ces pays.  De leur côté, les États Membres doivent faire en sorte que les ressources soient fournies en quantité suffisante et de manière prévisible.  Les Nations Unies jouant un rôle crucial dans le développement à long terme des pays bénéficiaires, elles doivent assurer le transfert des technologies, le renforcement de leurs capacités et leur permettre d’accéder à toute la gamme des bureaux régionaux et sous-régionaux des Nations Unies, a ajouté M. Webson.

La CARICOM s’est dit très préoccupée du déséquilibre croissant dans le financement de ces activités opérationnelles, entre ressources de base et autres modes de financement, y voyant une source de difficultés qui a des incidences non négligeables.  En effet, l’imprévisibilité des ressources préaffectées augmente les coûts et fragmente le système dans les pays, a souligné M. Watson.  C’est pourquoi, à son avis, il faut faire en sorte d’équilibrer les sources de financement « centrales et non centrales ».

Au nom des petits États insulaires en développement du Pacifique, M. RENNIER STANISLAUS GADABU (Nauru) a réitéré que le contexte du Pacifique est particulier, avec deux groupes de coordonnateurs résidents à Fidji et Samoa mais pour autant difficilement accessibles pour beaucoup.  Aussi a-t-il plaidé pour remédier à la sous-représentativité des régions du Pacifique.  Il a proposé trois mesures concrètes: ces bureaux multipays doivent avoir des ressources suffisantes pour faire face aux besoins de déplacement; des ressources suffisantes et prévisibles par le biais des ressources centrales sont nécessaires; la création d’un nouveau bureau dans le Pacifique Nord.

M. ASHISH SINHA (Inde) a insisté sur l’appropriation et le leadership des pays dans le cadre de la mise en œuvre des activités de développement des Nations Unies.  La qualité et le volume des ressources pour la mise en œuvre des nouveaux arrangements devraient conduire à l’amélioration de la prévisibilité du système et à son impartialité, a souligné le délégué.  Il a invité les donateurs traditionnels à renforcer leurs contributions volontaires pour permettre la mise en œuvre en temps voulu du système revigoré de coordonnateur résident.  Il faut aussi s’assurer, a-t-il précisé, que les ressources de base ne soient pas détournées des programmes.

Pour l’Inde, il est clair que la coopération Sud-Sud peut être complémentaire de celle Nord-Sud, mais elle ne peut s’y substituer au vu de la nature des obligations de la seconde.  L’Inde a une approche de coopération Sud-Sud qui lui impose de partager son expérience et ses connaissances dans un esprit de solidarité avec les pays du Sud, a témoigné le représentant.  Au sein des Nations Unies, l’Inde a établi un fonds de développement des partenariats avec l’ONU afin de renforcer les efforts de la coopération Sud-Sud.  Une somme de 150 millions de dollars a été prévue pour la prochaine décennie afin de financer des projets dans les pays les moins avancés et les PEID.

M. MILENKO ESTEBAN SKOKNIC TAPIA (Chili) a estimé que face aux transformations de la scène mondiale, la coopération Sud-Sud avait permis un dialogue entre les pays en développement, en leur évitant de n’être que des bénéficiaires de l’aide extérieure.  Rompant avec la logique traditionnelle de la coopération Nord-Sud, le Chili a, dès les années 90, fourni une assistance technique dans les domaines où le pays est performant.  Le Chili s’est concentré sur l’Amérique latine et les Caraïbes avant tout, mais l’agence nationale pour le développement du Chili a aussi financé la formation de 4 000 personnes dans le monde entier.  En matière de coopération triangulaire, le Chili a mis en place des mécanismes novateurs, tels des fonds conjoints de coopération, comme le Fonds Chili contre la faim et la pauvreté, coordonné par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

M. MOHAMMAD ABDURRAHMAN S. ALKADI (Arabie saoudite) a soutenu les efforts internationaux visant à réformer le système des Nations Unies pour le développement, car ils aideront à accélérer le développement et renforcer la confiance mutuelle entre les États Membres et l’ONU.  Souhaitant une coopération collective entre pays en développement, il a appelé à la transparence, pour assurer la meilleure aide possible.  Préoccupé par la faiblesse des contributions de base, il a dit que l’Arabie saoudite promouvait le renforcement des capacités des pays en développement pour qu’ils soient capables de parvenir au développement durable.  Depuis les années cinquante, l’Arabie saoudite contribue directement au soutien aux pays vulnérables souffrant de crises humanitaires, et propose des prêts novateurs aux pays à faibles revenus.  Elle a aussi annulé la dette de plusieurs PMA, et offre 1,9% de son PIB sous forme d’APD, soit davantage que le seuil recommandé, a fait valoir le représentant.  

M. USTINOV (Fédération de Russie) a noté que toutes les étapes de la réforme du système des Nations Unies pour le développement, notamment celle des coordonnateurs résidents, seront effectuées conformément au cadre des activités opérationnelles de développement.  Pour lui, l’ECOSOC est l’espace le plus approprié pour superviser les mesures à prendre et il a jugé contreproductif d’utiliser diverses enceintes.  S’agissant des ressources financières, la Russie est prête à revoir les modalités de financement, a annoncé le représentant en soulignant que les ressources seront utilisées par les nouvelles générations de coordonnateurs résidents.  Le représentant s’est félicité de l’élargissement des mécanismes de contact entre les pays en développement et s’est dit convaincu que l’ordre du jour de la prochaine Conférence de Buenos Aires sur la coopération Sud-Sud doit être défini par les pays en développement.

Mme BIANA LEYVA REGUEIRA (Cuba) a mis l’accent sur le renforcement du pilier développement et sur la réaffirmation des principes guidant les activités du système des Nations Unies pour e développement dans les pays, à savoir sa neutralité, son caractère intergouvernemental et son objectif strictement lié au développement.  De son avis, les pierres angulaires des activités opérationnelles du développement doivent toujours être la coopération Nord-Sud et l’allocation de ressources régulières, prévisibles et non assorties de conditions préalables.  Il faudrait, a-t-elle précisé, que le financement du système préserve le principe des responsabilités communes mais différenciées et qu’il soit distinct des mécanismes de financement pour le développement, agréés pour appuyer la mise en œuvre du Programme 2030.

Il s’agit aussi de garantir la participation active des pays en développement dans la gouvernance du Système et de promouvoir des politiques souples et inclusives fondées, à tous les niveaux, sur le principe du volontariat, de la souveraineté et du leadership de l’État récipiendaire.  La représentante a invité les entités des Nations Unies à, conformément à leur mandat, promouvoir les trois dimensions du développement et continuer de faire montre d’un respect total de la souveraineté nationale, de l’autodétermination des peuples et du leadership des gouvernements nationaux sur leurs propres processus.  Elle a dit avoir de grandes attentes pour la deuxième Conférence des Nations unies sur la Coopération Sud-Sud (BAPA+40).

Mme SYLVIA PAOLA MENDOZA ELGUEA (Mexique) s’est félicitée des progrès accomplis pour réformer le système des Nations Unies pour le développement mais a jugé indispensable de faire preuve d’autocritique.  Les États Membres n’atteindront pas les objectifs de développement durable si le statu quo est maintenu, a-t-elle mis en garde en précisant que les coordonnateurs résidents doivent s’adapter aux contextes nationaux.  Elle a aussi rappelé que, avant le démarrage du nouveau système de coordonnateurs résidents, le Secrétariat devra être doté des ressources nécessaires.  La coordination entre les délégations des Deuxième et Cinquième Commissions sera à cet égard fondamentale pour que les négociations budgétaires de décembre reflètent bien les consensus atteints et les engagements pris.  Enfin, le Mexique a estimé que l’espace de supervision et de responsabilisation pour la réforme du système relève de l’ECOSOC.

Mme LEILA CASTILLON LORA-SANTOS (Philippines) a affirmé que la fonction revigorée de coordonnateur résident est la pierre angulaire du repositionnement du système des Nations Unies pour le développement.  Au fur et à mesure que le plan de mise en œuvre sera établi, les Philippines insistent pour que la transparence et la responsabilité soient de mise.  Le pays espère que les coordonnateurs résidents seront redevables aux gouvernements nationaux, notamment en ce qui concerne la mise en œuvre du Plan-cadre des Nations Unies pour l’aide au développement (PNUAD).  La représentante a aussi souligné l’importance d’une approche ciblée.  Pour le cas par exemple des Philippines, pays à revenu intermédiaire, les défis liés à ce statut doivent être prises en considération, sans oublier la vulnérabilité du pays face aux changements climatiques. 

Mme Lora-Santos a également demandé que les pays hôtes soient consultés avant la composition des équipes de pays et dans le choix des coordonnateurs résidents, afin que ces derniers aient les capacités nécessaires qui cadrent avec les besoins du pays d’affectation.  En outre, le processus de repositionnement doit être soutenu par un mécanisme de financement réaliste, plus stable, robuste, prévisible et durable.  Notamment un mécanisme qui apporte des solutions au déclin des ressources de base et assure que des charges supplémentaires ne sont pas placées sur les programmes pays.  Elle a enfin salué le succès de la coopération Sud-Sud qui est un complément et non un substitut à la coopération Nord-Sud.

M. SHUMSKI (Bélarus) a estimé que les documents adoptés ne seront pas oubliés sur des étagères et qu’ils sont des premiers pas sur la voie de la réforme du système des Nations Unies pour le développement.  L’amélioration de la qualité de l’aide est un point crucial pour la réalisation du Programme 2030, a-t-il souligné.  Le principe de réorganisation ne doit pas être affaibli cependant, et vu le caractère délicat de la question, il a estimé indispensable d’appliquer une réforme équilibrée, avec l’appui de tous les États Membres.  Le travail opérationnel, la responsabilité du développement des pays incombent aux États Membres, a-t-il aussi souligné.  Prônant un dialogue étroit et une meilleure qualité du travail des coordinateurs résidents, le représentant a dit que le PNUAD pouvait produire de grandes avancées, même si les conditions de travail des coordonnateurs résidents et de leurs bureaux sont des questions qui demeurent épineuses, car elles sortent du cadre diplomatique classique.

Mme JITVIPA BENJASIL (Thaïlande) a indiqué que son pays soutient, au niveau national, la nouvelle fonction de coordonnateur résident.  La Thaïlande a même débloqué 200 000 dollars en soutien à la mise en œuvre de la nouvelle approche inhérente à cette fonction pour le début de l’année prochaine.  Elle a également souhaité qu’il y ait des dialogues et des consultations de manière fréquente entre les coordonnateurs résidents et les pays hôtes. 

La délégation soutient également la nouvelle approche régionale dans les activités du système des Nations Unies pour le développement.  Le Centre d’études et de dialogue sur le développement durable de l’ASEAN, qui va être établi l’an prochain sous la présidence thaïlandaise, va justement servir de plateforme de partenariat entre la Vision 2025 de l’ASEAN et le Programme 2030 de l’ONU.  Enfin, la Thaïlande qui soutient la coopération Sud-Sud et la coopération triangulaire, a annoncé un déblocage de 50 000 dollars pour le Fonds des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud, avant d’annoncer la candidature de la Thaïlande au Conseil économique et social (ECOSOC) pour la période 2020-2022.

M. AL-MAHMOUD (Qatar) a souligné l’importance du développement des partenariats internationaux comme la façon idéale de réaliser les réformes, en tenant compte du niveau de développement des pays et du respect de leurs priorités nationales.  Se félicitant du repositionnement du système des Nations Unies pour le développement, il a relevé l’importance de la relance du rôle des coordinateurs résidents, et évoqué le financement nécessaire à cette entreprise.  À cet égard, le Qatar fournira tous les efforts possibles pour lui donner une vigueur nouvelle.  L’examen quadriennal a souligné l’importance de la coopération Sud-Sud, et « au sein des Nations Unies, on considère que cette dernière est un moyen efficace pour parvenir au développement durable », a-t-il relevé.  S’engageant à travailler de concert avec la communauté internationale, il a évoqué la Conférence de Doha de 2012 pour illustrer cet engagement.  

M. OMER DAHAB FADL MOHAMED (Soudan) a remarqué que la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030 était un objectif commun à toutes les nations.  Pour y parvenir, le système des Nations Unies pour le développement doit être efficace, a-t-il dit en soulignant à ce propos qu’il visait la pleine mise en œuvre de la réforme des coordonnateurs résidents. Remarquant également que le PNUAD devait être remis dans son contexte et conforme aux besoins des gouvernements nationaux, M. Mohamed a rappelé que les pays comme le sien, sortant de conflits, passant du maintien de la paix à la consolidation de la paix, devaient disposer des ressources nécessaires, d’autant plus dans un contexte de mise en œuvre des objectifs de développement durable.  La coopération Sud-Sud permet aussi aux pays du sud d’être solidaires, dans une forme de coopération qui ne remplace pas la coopération Nord-Sud, mais qui la complète, a-t-il souligné.   

M. ZOUBIR BENARBIA (Algérie) s’est félicité de la mise en place prochaine du système renforcé de coordonnateur résident, tout en rappelant que d’autres questions sur le repositionnement du système des Nations Unies pour le développement devaient encore être discutées.  Il a salué, à cet égard, les initiatives du Secrétaire général pour lancer des consultations sur le pacte de financement et l’a invité à accorder une attention particulière au rôle que les pays africains peuvent jouer dans ce processus.  Il a assuré que la délégation algérienne participerait pleinement et constructivement à la Conférence de haut niveau sur la coopération Sud-Sud qui aura lieu en mars 2019 à Buenos Aires.  Cette Conférence devrait être utilisée comme plateforme afin de renforcer la coopération Sud-Sud et son rôle catalytique dans la réalisation du Programme 2030, a-t-il souhaité.

M. ALADE AKINREMI BOLAJI (Nigéria) a recommandé de veiller à ce que toutes les entités du système des Nations Unies pour le développement, impliquées dans les activités opérationnelles soient stratégiques, redevables, transparentes, collaboratives et efficaces dans leur travail au niveau des pays.  Les opérations de ces entités devraient également se conformer à la résolution établissant leurs mandats respectifs.  À cet égard, il a estimé que l’examen quadriennal reste l’instrument le plus acceptable pour un meilleur positionnement du système des Nations Unies pour le développement. Il a salué la revitalisation du système des coordonnateurs résidents et exhorté à ce qu’il adhère strictement aux principes de leadersphip et d’appropriation nationales et de non-politisation.  Un coordonnateur résident devrait en effet se focaliser sur le développement du pays hôte et l’appuyer dans la mise en œuvre du Plan-cadre des Nations Unies pour l’aide au développement (UNDAF) qui repose sur les priorités et les besoins nationaux.

Le représentant a salué l’augmentation régulière des dépenses du système des Nations Unies pour le développement en faveur de l’Afrique.  Il a apprécié que le Secrétaire général établisse un lien entre développement et questions humanitaires, tout en insistant pour que l’APD ne soit pas détournée vers l’humanitaire, notamment de la part des pays donateurs.  S’agissant du rapport sur la Coopération Sud-Sud et triangulaire, il a indiqué que la première contribuait grandement à la transformation des idéaux, normes et principes de la coopération internationale, et cité, à titre d’exemple, le plan Technical Aids Corps du Nigéria, dont les initiatives aux niveaux sous-régional, régional et interrégional, remettent en cause la perception commune selon laquelle l’Afrique est uniquement récipiendaire de l’aide.

Mme LI JIA (Chine) a estimé que le système des Nations Unies pour le développement doit se concentrer sur le soutien aux pays pour qu’ils puissent réaliser le Programme 2030.  Le processus des coordonnateurs résidents doit respecter les stratégies des États Membres et il est nécessaire de mobiliser des ressources accrues en faveur du développement, a dit Mme Li.  La communauté internationale doit accepter le principe des responsabilités communes et différenciées, a ajouté le représentant en estimant aussi qu’il faut respecter les priorités des pays couverts et les valeurs fondamentales de l’ONU.  Il est essentiel de renforcer les partenariats de soutien au développement, la coopération Sud-Sud étant un bon complément mais ne pouvant pas remplacer la coopération Nord-Sud.  La Chine est le pays en développement le plus grand et elle défend une vision novatrice.  Elle a accueilli avec succès à Pékin le Forum sur la coopération avec l’Afrique.

M. DILIP KUMAR PAUDEL (Népal) a estimé que la résolution sur l’examen quadriennal complet des activités opérationnelles offre une bonne orientation et s’est félicité du plan de réforme annoncé par le Secrétaire général pour le système des Nations Unies pour le développement.  La priorité du Népal s’est déplacée vers le développement et la prospérité, a indiqué le représentant qui a souligné la nécessité de disposer de ressources suffisantes.  Le représentant a fait valoir que la communauté internationale doit d’urgence établir un pont pour combler les lacunes existantes en termes de développement.  Selon lui, la coopération Sud-Sud offre de bonnes opportunités. 

M. MARTÍN GARCÍA MORITÁN (Argentine) a fait observer que la coopération Sud-Sud n’a cessé d’évoluer depuis quatre décennies et qu’elle s’est imposée comme un projet collectif emmené par les pays du Sud.  Le G77 a joué un rôle remarquable pour faire avancer la coopération Sud-Sud à l’échelle mondiale, a ajouté le représentant.  Cependant, les pays en développement sont toujours confrontés à des défis économiques, sociaux et environnementaux.  Dans ce contexte, la seconde Conférence sur la coopération Sud-Sud qui aura lieu à Buenos Aires en mars 2019 doit contribuer à l’intégrer encore davantage dans les programmes nationaux de développement en renforçant les capacités des organismes gouvernementaux que la gèrent.

Il faut aussi reconnaître le rôle que les plateformes régionales peuvent jouer pour contribuer au développement de la capacité institutionnelle et méthodologique.  Ainsi faut-il évaluer de quelle meilleure manière le système des Nations Unies pour le développement peut soutenir ces efforts, y compris par le biais des équipes de pays.  L’Argentine estime aussi que la Conférence de Buenos Aires peut contribuer à la promotion de schémas de coopération triangulaire, a fait savoir M. Garcia Moritan, ajoutant que sa valeur ajoutée repose sur sa capacité à offrir un cadre d’association pour le développement plus puissant, plus horizontal, orienté par la demande et aligné sur les priorités nationales.  La coopération triangulaire permet surtout d’intégrer des pratiques spécifiques au contexte.

Mme CRISTIANE ENGELBRECHT SCHADTLER (Venezuela) a rappelé que les activités opérationnelles de développement représentaient le principal mécanisme onusien consacré au développement durable et à l’éradication de la pauvreté.  Elle a évoqué les valeurs d’efficacité, de transparence, et de non-ingérence.  Dans le cadre de la réforme du système des Nations Unies pour le développement, elle a promu les approches régionales et sous-régionales, affirmant qu’il n’existait pas de modèle unique.  Elle a appelé à préserver le renforcement des capacités et le transfert des technologies.  Parmi les bases les plus solides de la coopération Sud-Sud, elle a privilégié les coopérations apolitiques et l’appui conjoint, et rappelé que la coopération Sud-Sud ne remplaçait pas la coopération Nord-Sud, mais la complétait.  Elle a finalement encouragé le développement des PME et du secteur manufacturier, en même temps que le transfert des technologies.

M. RIO BUDI RAHMANTO (Indonésie) a rappelé que dans le contexte de l’examen quadriennal des activités opérationnelles de développement, son pays attend la mise en œuvre des réformes du système de coordonnateur résident, permettant d’éviter que les ressources ne se chevauchent.  Attendant de nouveaux débats concernant les bureaux multipays et les entités régionales pour la réalisation du Programme 2030, il a noté que l’impact de la coopération Sud-Sud avait augmenté avec le temps.  Des solutions élaborées « à domicile » ont des avantages comparatifs, notamment dans les domaines des infrastructures et de la bonne gouvernance, s’est-il aussi réjoui.  Engagée à agir de manière constructive en matière de coopération Sud-Sud, l’Indonésie a invité à accélérer les moyens de sa mise en œuvre.

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