Deuxième Commission: la politique israélienne actuelle étouffe l’économie palestinienne, selon les délégations.

AG/EF/3506
24 octobre 2018
Soixante-treizième session,   22e séance – matin

Deuxième Commission: la politique israélienne actuelle étouffe l’économie palestinienne, selon les délégations.

La bande de Gaza, inhabitable d’ici à 2020 si la situation de blocage perdure?  Une prédiction aussi proche qu’inquiétante à laquelle ont été confrontées les délégations durant les travaux de la Deuxième Commission (questions économiques et financières) ce matin.

Des travaux sur « une question tout à fait spéciale », a noté le Président de la Deuxième Commission, M. Jorge Skinner-Kleé Arenales, la dégradation des conditions de vie des Palestiniens ou, selon l’intitulé, la « Souveraineté permanente du peuple palestinien dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et de la population arabe dans le Golan syrien occupé sur leurs ressources naturelles ».

Les délégations se sont vu présenter un « rapport vraiment inquiétant », de l’aveu du Président.  Ce document, produit par la Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale (CESAO), dresse un bilan des conséquences économiques et sociales de l’occupation israélienne sur les conditions de vie du peuple palestinien dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et de la population arabe dans le Golan syrien occupé.

On y lit que 2,5 millions de Palestiniens dépendent de l’aide internationale, qu’1,8 million n’ont pas accès à l’eau potable et qu’« en raison du bouclage de Gaza, des opérations militaires récurrentes et des divisions internes entre Palestiniens, Gaza deviendra invivable d’ici à 2020 ». 

La bande de Gaza, où près de 2 millions de Palestiniens continuent de pâtir des conséquences des escalades militaires successives, aggravées par des bouclages renforcés depuis que le Hamas y a pris le pouvoir en 2007; le rapport de la CESAO décrit des restrictions limitant l’accès des Palestiniens aux terres dans la zone de jointure et aux alentours des implantations israéliennes, ce qui empêche la population de mener des activités agricoles de base toute l’année.  Il fait également état des répercussions sur la productivité et sur la valeur ajoutée du secteur de l’olive.

Les délégations ont été nombreuses à s’inquiéter de ces répercussions sur la vie des Palestiniens.  Cuba a mentionné le contrôle quasi total des autorités israéliennes sur l’eau, la confiscation de terres, la destruction d’arbres et de structures hydrauliques et électriques, ou encore la détérioration des écosystèmes marins en raison du rejet d’eaux usées dans la mer.  Bahreïn a dénoncé le manque d’accès à l’eau potable et aux services médicaux.

Économiquement, « si la main-d’œuvre palestinienne est utilisée par Israël, cela ne permet pas pour autant de développer une économie palestinienne productive », a aussi noté l’Observateur de l’État de Palestine, en signalant que les coûts de production ont augmenté et que le secteur agricole rencontre nombre de difficultés.

L’État de Palestine a pris note que le rapport du Secrétaire général dénonce « les actes d’agression économique d’Israël et les répercussions sur l’économie palestinienne ».  Il a suggéré aux États Membres et aux organisations de se baser sur ce rapport pour adopter des politiques obligeant Israël à respecter ses obligations.  Il a aussi évoqué une résolution du Conseil des droits de l’homme appelant à établir une liste des entreprises israéliennes opérant dans le Territoire palestinien occupé et des implantations israéliennes, « qui pillent l’économie palestinienne ».

Un droit à deux vitesses semble aussi prévaloir: alors que les colons israéliens bénéficient du droit national israélien, les Palestiniens sont soumis au droit militaire de la Puissance occupante.  Ce système juridique parallèle favorisant les colons israéliens sur les Palestiniens a indigné le Groupe des 77 et la Chine.  À cela s’ajoutent des mesures discriminatoires et des zonages qui privent les Palestiniens de la zone C et de Jérusalem-Est de procéder à des constructions.

Il est presque impossible pour les Palestiniens d’obtenir des permis de construire, a expliqué la Palestine.  Les destructions de maisons semblent en revanche fréquentes: pour le rapporteur de la CESAO, la destruction de biens et d’infrastructures continue de produire une situation coercitive en Cisjordanie où les permis de construire sont impossibles à obtenir pour les Palestiniens dont les maisons ont été démolies.  « Ce sont des mesures punitives contre les Palestiniens soupçonnés d’avoir commis des attaques », a expliqué le Rapporteur.  L’Organisation de la coopération islamique (OCI) a ajouté que durant la première moitié de 2018, Israël a détruit ou saisi 197 infrastructures appartenant aux Palestiniens, déplacé 174 personnes et touché près de 5 000 Palestiniens.  Plus encore, plus de 13 000 ordres de démolition d’infrastructures palestiniennes sont en attente d’exécution en Cisjordanie.

Le Groupe des États arabes, pour qui la politique d’Israël équivaut à un transfert de population sur le Territoire palestinien occupé, a noté que le nombre de colons a doublé depuis la signature de l’accord de paix et les implantations israéliennes couvrent 40% de la Cisjordanie.  « Ceux qui souffrent de l’occupation ont besoin des Nations Unies », a ajouté la Syrie.

Le sous financement de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) a également préoccupé des délégations dont l’Indonésie, le Venezuela et le Bangladesh.  La déléguée sud-africaine a exhorté les États Membres qui ont coupé leur financement de l’Office de revoir leur position.  Une des missions de l’UNRWA est d’assurer la scolarité des enfants palestiniens, sachant que 490 145 élèves sont confrontés à des obstacles pour recevoir une éducation de qualité, selon le rapport.  Il est en outre « scandaleux que les étudiants soient victimes d’humiliation, de harcèlement et de violence », a dénoncé le Bangladesh.

La représentante d’Israël, incarnant sa réponse d’une expérience personnelle d’attaque terroriste, a de son côté évoqué la vision d’enfants palestiniens terrorisant la population israélienne, « avec des cocktails molotov accrochés à des cerfs-volants ou des ballons ».  Elle a trouvé « regrettable que des délégations utilisent l’ONU pour de mauvaises raisons alors que ce pourrait être un espace de dialogue ».

Les travaux de la Deuxième Commission reprendront vendredi 26 octobre pour le traditionnel dialogue avec les commissions régionales.

SOUVERAINETÉ PERMANENTE DU PEUPLE PALESTINIEN DANS LE TERRITOIRE PALESTINIEN OCCUPÉ, Y COMPRIS JÉRUSALEM-EST, ET DE LA POPULATION ARABE DANS LE GOLAN SYRIEN OCCUPÉ SUR LEURS RESSOURCES NATURELLES 

Présentation de rapport

M. MOUNIR TABET, Secrétaire exécutif adjoint de la Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale (CESAO), a présenté le rapport de la CESAO contenu dans la note du Secrétaire général A/73/87-E/2018/69 sur les répercussions économiques et sociales de l’occupation israélienne sur les conditions de vie du peuple palestinien dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et de la population arabe dans le Golan syrien occupé.

D’après les informations contenues dans le rapport, qui proviennent de diverses sources des Nations Unies collectées jusqu’en mars 2018, M. Tabet a déclaré que les Palestiniens étaient victimes d’un double système juridique: l’un, favorable aux Israéliens, et l’autre, réservé aux Palestiniens, accompagné de mesures discriminatoires et de zonages qui privent les Palestiniens dans la zone C et Jérusalem-Est de pouvoir construire.

Israël continue d’utiliser une force excessive, note le rapport: 80 Palestiniens dont 17 enfants ont été tués durant la période couverte.  Le 30 mars 2018, 18 Palestiniens ont été tués et 800 blessés par l’armée israélienne, qui a tiré près des barrières de séparation.  M. Tabet a parlé d’une augmentation du nombre des victimes depuis 2016.

Les auteurs ne sont pas punis, a-t-il poursuivi.  Au contraire, les forces de sécurité accompagnent les colons israéliens lorsqu’ils attaquent les Palestiniens et leurs biens.  M. Tabet a aussi évoqué le sort d’enfants détenus en détention administrative sans chef d’accusation ni jugement et ce, pour une période indéfinie.  La maltraitance et la torture ont été multipliées par 4 depuis 2013 sans reddition de comptes du côté israélien. 

La destruction de biens et d’infrastructures continuent de produire une situation coercitive en Cisjordanie où les permis de construire sont impossibles à obtenir pour les Palestiniens dont les maisons ont été démolies.  Ce sont des mesures punitives contre les Palestiniens soupçonnés d’avoir commis des attaques, a expliqué le rapporteur.

Un tiers de la zone C a été désignée « terre de l’État » et a été allouée aux Israéliens plutôt qu’à la population locale, ce qui revient à des déplacements par la force de Palestiniens: une « entrave à la Convention de Genève » et un « crime de guerre », pour le rapporteur.  La politique israélienne favorise l’implantation en Cisjordanie et les colons israéliens s’y installent de plus en plus, allant ainsi à l’encontre du droit international humanitaire.  En mai 2017, pour la première fois depuis 1992, les autorités israéliennes ont officiellement approuvé la création d’une nouvelle colonie dans la zone C, et ce, indépendamment de la création d’autres colonies à travers la légalisation rétroactive d’avant-postes.

En ce qui concerne Gaza, près de 2 millions de Palestiniens de la bande continuent de pâtir des conséquences des escalades militaires successives, aggravées par des bouclages renforcés depuis que le Hamas a pris le pouvoir dans la bande de Gaza en 2007.  Des restrictions limitent l’accès des Palestiniens aux terres dans la zone de jointure et aux alentours des implantations israéliennes, ce qui les empêche de mener des activités agricoles fondamentales toute l’année et a des répercussions sur la productivité et sur la valeur ajoutée du secteur de l’olive.  Ainsi, le taux de rendement des oliviers situés dans la zone de jointure a diminué de 55% à 65% ces quatre dernières années par rapport à des oliviers accessibles toute l’année.

Concernant l’eau, dans la zone C, près de 95 000 personnes reçoivent moins de 50 litres d’eau par personne et par jour, soit la moitié du minimum recommandé par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).  Les coupures d’eau continuent de perturber la vie quotidienne et entravent les programmes de développement en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.  Quelque 1,8 million de Palestiniens ont besoin d’une assistance humanitaire en matière d’eau, d’assainissement et d’hygiène, a poursuivi M. Tabet.  Il a ajouté que 22% de la population palestinienne de Cisjordanie, soit 649 000 personnes, pâtissent soit du manque d’accès à l’eau soit de la mauvaise qualité de celle-ci.  Environ 156 000 personnes ne sont raccordées à aucun réseau de distribution d’eau ou reçoivent de l’eau moins d’une fois par semaine.

Une grande partie de la côte est aussi polluée par les déchets.  La détérioration des infrastructures et du réseau de fourniture d’électricité à Gaza a eu de graves conséquences sur le fonctionnement des stations de traitement des eaux, de pompage des eaux usées et de traitement de l’eau potable ou courante.  Un quart de la population n’est pas raccordée au réseau d’assainissement, et le niveau de pollution est quatre fois plus important que la limite fixée dans les normes de salubrité de l’environnement.  Chaque jour à Gaza, environ 108 millions de litres d’eaux usées sont versées dans la mer Méditerranée sans avoir été traitées ou seulement partiellement, et 73% du littoral est pollué par ces eaux usées.

Concernant la situation socioéconomique dans le Territoire palestinien occupé, M. Tabet a souligné que mettre fin à l’occupation était le seul moyen de permettre aux Palestiniens d’avancer dans la voie de la réalisation des objectifs de développement durable.  Quelque 2,5 millions de Palestiniens, soit la moitié de la population, ont besoin d’une aide humanitaire.

En raison du bouclage de Gaza, des opérations militaires récurrentes et des divisions internes entre Palestiniens, Gaza deviendra invivable d’ici à 2020, selon le rapport.  Sans l’aide internationale et sans les services fournis par l’ONU, Gaza serait déjà invivable depuis des années.  Environ 80% des Palestiniens à Gaza bénéficient d’une aide, y compris alimentaire, ce qui leur permet de consacrer leurs maigres ressources à d’autres produits essentiels, d’éviter que leur situation alimentaire et leurs moyens de subsistance ne se dégradent davantage et de limiter les répercussions du recours à des mécanismes de survie néfastes.

La situation économique du Territoire palestinien occupé s’est dégradée en 2017, a affirmé M. Tabet.  L’économie souffre depuis longtemps de restrictions en matière de circulation, d’accès et de commerce qui maintiennent le volume des investissements extrêmement bas et ont entraîné une érosion de la base de production.  D’importantes aides financières octroyées par la communauté internationale ont permis d’atténuer les effets de ces restrictions sur la croissance en stimulant la consommation publique et privée.  D’après les données les plus récentes, un taux de croissance de 2,4% a été enregistré en 2017, imputable principalement à la Cisjordanie, alors qu’il n’était que de 0,5% à Gaza.

Environ 1,6 million de Palestiniens (soit 31,5 % de la population) se trouvent en situation d’insécurité alimentaire.  La prévalence de cette situation est particulièrement élevée dans la bande de Gaza, où 40 % des ménages connaissent une insécurité alimentaire, soit plus du triple qu’en Cisjordanie (13%). 

Concernant l’éducation, environ 490 145 élèves (dont 249 147 filles) dans l’ensemble du Territoire palestinien occupé éprouvent des difficultés à accéder à une éducation de qualité dans un environnement sûr, répondant aux besoins de l’enfant.  « En Cisjordanie, les élèves vivent dans un climat de coercition » a dit M. Tabet, causé par des violences et des actes de harcèlement et d’intimidation commis par les forces armées et les forces de sécurité israéliennes ainsi que par les colons.

L’UNRWA indique qu’en raison du manque de fonds et de terrains pour construire des écoles, 70,2% de ses établissements scolaires (accueillant 271 000 élèves) continuent d’avoir recours à un système de classes alternées, ce qui fait que les enfants de réfugiés ont moins d’occasions de participer à des activités ludiques et créatives que les élèves des autres établissements.

En matière de santé publique, le bouclage de Gaza et les divisions entre Palestiniens continuent de fortement compromettre la disponibilité et la qualité des soins de santé dans la bande de Gaza ainsi que l’accès aux soins de santé des patients et des professionnels de la santé qui résident en dehors de cette zone.  À Gaza, on estime à 140 000 le nombre d’enfants de moins de 5 ans qui souffrent de malnutrition chronique et d’un retard de croissance.

Concernant le Golan syrien occupé depuis 1967, le rapport rappelle que dans sa résolution 497 (1981), le Conseil de sécurité a décidé que la décision prise par Israël d’imposer ses lois, sa juridiction et son administration dans le territoire syrien occupé des hauteurs du Golan était nulle et non avenue et sans effet juridique sur le plan international.  L’ONU estime que 23 000 colons israéliens vivent dans 34 implantations illégales dans le Golan syrien occupé. 

« Les effets négatifs de 51 ans d’occupation israélienne sont contraires au droit international humanitaire et aux droits de l’homme; certaines pratiques sont considérées comme discriminatoires, et d’autres s’assimilent à une peine collective », a conclu M. Tabet, qui a rappelé que « le droit international était un droit absolu », et que l’« on ne réalisera pas la paix tant que l’on ne s’attaquera pas aux causes de ces violences ».

Discussion générale

M. ABDULLAH ABU SHAWESH, Observateur de l’État de Palestine, a affirmé que des centaines de lois discriminatoires avaient été adoptées par Israël pour priver les Palestiniens de leurs ressources naturelles, les empêchant par là même d’atteindre les objectifs de développement durable.  L’occupation israélienne a mis à mal les structures économiques palestiniennes, s’est inquiété l’Observateur.  Si la main-d’œuvre palestinienne est utilisée par Israël, cela ne permet pas pour autant de développer une économie palestinienne productive, a-t-il ajouté, en signalant que les coûts de production ont augmenté et que le secteur agricole rencontre nombre de difficultés.  L’Observateur a noté que le rapport du Secrétaire général dénonce les actes d’agression économique d’Israël et les répercussions sur l’économie palestinienne.

M. Shawesh a cité des exemples de destruction de bâtiments palestiniens, dont certains étaient parfois vieux de centaines d’années, sous prétexte que ces constructions étaient illégales.  Or, a observé l’Observateur, il est presque impossible pour les Palestiniens d’obtenir des permis de construire.  Il a suggéré aux États Membres et aux organisations de se baser sur ce rapport pour adopter des politiques obligeant Israël à respecter ses obligations internationales.  L’observateur a aussi évoqué une résolution du Conseil des droits de l’homme appelant à établir une liste des entreprises israéliennes opérant dans le Territoire palestinien occupé et des implantations israéliennes, qui pillent l’économie palestinienne.  Il a demandé aux délégations de s’en emparer pour que ces implantations respectent le droit international.

M. MAHMOUD EL ASHMAWY (Égypte), au nom du Groupe des 77 et la Chine (G77), a constaté le caractère discriminatoire des pratiques d’Israël décrites dans le rapport, notamment le double système juridique.  « Développer un droit national israélien pour les colons et un droit militaire israélien pour les Palestiniens a compliqué et restreint la vie quotidienne des Palestiniens », a-t-il souligné.  Il s’est également inquiété que 5 413 structures palestiniennes aient été démolies depuis 2009, et que les permis de construire soient presque impossibles à obtenir pour les Palestiniens.  Le représentant a estimé que le secteur du tourisme, une des plus grandes opportunités de la Palestine, et notamment l’accès des touristes à la mosquée al-Aqsa, pourrait améliorer la situation économique à Jérusalem-Est.  Il a dès lors regretté que cet aspect n’ait pas été traité par la Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale (CESAO).  « Le Groupe des 77 et la Chine aimerait que la CESAO examine cette question », a-t-il déclaré.

M. AHMED ALKUWARI (Qatar), au nom de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) a commenté le rapport de la Commission économique et sociale pour l’Asie et la Pacifique (CESAP) sur la question qui dénonce la poursuite des violations systématiques des droits de l’homme et du droit international humanitaire par Israël, en conséquence de ses politiques illégales, oppressives et destructives.  Le rapport de la CESAP considère que les pratiques et les mesures prises par Israël dans le Territoire palestinien occupé et le Territoire syrien occupé du Golan sont contraires aux résolutions du Conseil de sécurité, au droit international humanitaire et aux droits de l’homme.  Ces pratiques ainsi que les punitions collectives d’Israël constituent une atteinte grave à la quatrième Convention de Genève, a argué le représentant.

En dépit de nombreux appels de la communauté internationale à stopper ces politiques et mesures illégales, et en dépit du fait que les colonisations posent le plus grand obstacle à la réalisation de la solution des deux États, Israël n’a pas seulement continué mais a intensifié ses actions illégales notamment son entreprise de colonies illégales sans fin dans le Territoire occupé palestinien y compris Jérusalem-Est.  Différentes sources avancent que durant la première moitié de 2018, l’expansion des colonies israéliennes a continué à un taux sans précédent, a indiqué le représentant en signalant plus de 6 000 logements supplémentaires en Cisjordanie y compris à Jérusalem-Est qui permettraient à 27 000 colons israéliens de s’installer dans les colonies du Territoire palestinien occupé.  Le représentant a rappelé aux États Membres que la résolution 2334 (2016) du Conseil de sécurité les invite à établir une distinction, dans leurs relations respectives, entre le territoire de l’État d’Israël et les territoires occupés depuis 1967.

Il faut aussi se rappeler que la bande de Gaza et ses deux millions d’habitants se trouvent sous le blocus israélien depuis 11 ans, a poursuivi le délégué, notant la grave détérioration des conditions socioéconomiques, l’augmentation des taux de chômage et la pollution de l’eau potable qui en résultent.  Plus de 5 000 Palestiniens ont été blessés par des tirs israéliens et plus de 170 ont été tués, y compris au moins 31 mineurs, depuis le 30 mars 2018, selon une organisation de défense des droits de l’homme israélienne.  Le représentant a poursuivi en citant un rapport du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) qui dit que durant la première moitié de 2018, Israël a détruit ou saisi 197 infrastructures appartenant aux Palestiniens, déplacé 174 personnes et touché près de 5 000 Palestiniens.  Plus encore, plus de 13 000 ordres de démolition d’infrastructures palestiniennes sont en attente d’exécution dans différents endroits de Cisjordanie.  Le rapport estime qu’environ un tiers de la population palestinienne de Jérusalem-Est, soit 100 000 personnes, vit dans des bâtiments qui ne sont pas approuvés par les autorités israéliennes, ce qui expose ces appartements au risque de destruction.

Dans le même temps, Israël continue son exploitation des ressources naturelles, la ségrégation, l’isolement, et l’obstruction des déplacements des Palestiniens par de multiples mesures: l’annexion, le mur de l’apartheid, des centaines de points de contrôle et la punition collective systématique de toute la population civile palestinienne.  Tout cela mène à la conclusion qu’Israël est plus intéressé à consolider son régime colonial sur la terre palestinienne que de parvenir à une paix et sécurité justes, a conclu le délégué, qui a appelé à mettre un terme à ces violations.  Israël doit respecter le droit international, a-t-il martelé.  « La question de la responsabilité est tout aussi urgente que résoudre la crise humanitaire. »

Au nom du Groupe des États arabes, M. KHALID SAEED MOHAMED AL SHUAIBI (Oman) s’est inquiété de voir « la terre historique palestinienne » pillée, les ressources naturelles des Palestiniens spoliées et leur droit au développement nié.  Le Groupe est très préoccupé par les chiffres relatifs à l’usage de la force par Israël et par le fait que cet État ne réponde pas de ses actes pour l’usage excessif de la force et les exécutions extrajudiciaires.  M. Al Shuaibi a également dénoncé la violence et le harcèlement des colons, qui empêchent les Palestiniens de jouir de leurs droits fondamentaux.  « Ces violences sont commises avec la connivence des forces de sécurité israélienne », a-t-il avancé, affirmant que les colons violent les résolutions du Conseil de sécurité, notamment la 2334 (2016).

En outre, M. Al Shuaibi a noté que le nombre de colons a doublé depuis la signature de l’accord de paix et les implantations israéliennes couvrent 40% de la Cisjordanie.  Ces colons, a remarqué le représentant, bénéficient d’un accès préférentiel à des services.  Selon lui, la politique d’Israël équivaut à un transfert de population sur le Territoire palestinien occupé, ce qui est contraire au droit international.  M. Al Shuaibi a également dénoncé les destructions de maisons et de villages palestiniens.  En conclusion, le Groupe arabe a appelé les États Membres à prendre les mesures nécessaires et à ne pas permettre à leurs entreprises d’établir des relations avec les biens produits dans les colonies illégales.

M. KHALED MOHAMMED H. ALMANZLAWIY (Arabie saoudite) a évoqué l’ampleur des violations de la Puissance occupante israélienne et ses répercussions sur les territoires palestiniens occupés.  L’occupation est un frein au développement durable de la Palestine, a-t-il estimé, et l’usage de la force par les forces de sécurité israéliennes contre des personnes qui se battent pour leur liberté est excessif.  « Non seulement Israël punit tous les Palestiniens, mais il viole aussi les droits des morts », a déclaré le représentant, arguant qu’Israël ne respecte pas les sites religieux musulmans.

M. Almanzlawiy a dit approuver les conclusions du rapport sur les conséquences économiques de l’occupation.  Il a constaté que d’ici à 2020, il ne sera tout simplement plus possible de vivre à Gaza, à cause du blocus, du taux de chômage et du manque d’accès aux soins de santé.  La dégradation de la sécurité alimentaire est aussi un problème, avec 1,5 million de Palestiniens qui en souffrent, en particulier les femmes.  Préoccupée, l’Arabie saoudite voudrait mettre fin aux souffrances du peuple palestinien, a dit le représentant en souhaitant également que ce peuple puisse jouir de tous ses droits et obtienne un État indépendant, avec Jérusalem-Est comme capitale.  En dix ans (2008 à 2018), 8 milliards de dollars ont été mobilisés par l’Arabie saoudite, qui a exigé qu’Israël se retire de tous les territoires occupés, y compris le Golan occupé et le territoire libanais, a rappelé le délégué avant de conclure que « l’initiative arabe de paix est toujours une solution légitime pour résoudre ces questions ».

Mme ODHAV (Afrique du Sud) a réitéré le soutien ferme et indéfectible de sa délégation au peuple palestinien.  Elle a condamné à nouveau les violations flagrantes des droits de l’homme par les forces israéliennes contre les Palestiniens dans le Territoire palestinien occupé et dans le Golan syrien occupé, en premier lieu l’utilisation excessive de la force y compris les meurtres de Palestiniens protestataires.  La déléguée a aussi condamné la violence horrible des colons israéliens contre les Palestiniens, comme mentionné dans le rapport du Secrétaire général.  Mérite aussi la condamnation, a poursuivi la représentante, le sabotage systématique du bien-être économique et social du peuple palestinien dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est ainsi que la population arabe dans le Golan syrien occupé.  La déléguée sud-africaine a en outre exhorté les États Membres qui ont coupé le financement de l’UNRWA à revoir leur position.  Avant de conclure, elle a déclaré qu’elle était gravement préoccupée par le rapport du Secrétaire général qui indique que le conflit israélo-palestinien est loin de s’améliorer mais qu’au contraire la situation est plus que jamais instable et inacceptable.

Mme ROSALIA LUCIA CUE DELGADO (Cuba) a dit qu’Israël prive le peuple palestinien de son droit au développement puisque celui-ci ne peut disposer de son droit souverain sur ses ressources naturelles.  Parmi les effets négatifs de l’occupation israélienne, la représentante a mentionné le contrôle quasi total sur l’eau, la confiscation de terres, la destruction d’arbres et de structures hydrauliques et électriques, ou encore la détérioration des écosystèmes marins en raison du rejet d’eaux usées dans la mer.  L’occupation a entraîné une grave détérioration des conditions sociales et économiques du peuple palestinien, a continué la représentante, ce qui l’éloigne chaque jour davantage des objectifs du Programme de développement durable à l’horizon 2030.

Cuba s’est aussi alarmée du taux de pauvreté de 29% dans le Territoire palestinien occupé et même de 54% à Gaza, aggravée par la pénurie de fournitures et de services médicaux et le manque d’aliments ou d’accès à l’eau potable.  La représentante a condamné l’occupation militaire du territoire palestinien par Israël, ses politiques illégales et ses pratiques colonisatrices, les violations des droits de l’homme et les crimes de guerre systématiques.  La délégation a rejeté la décision unilatérale du Gouvernement des États-Unis de transférer sa représentation diplomatique dans la ville de Jérusalem et a réitéré sa solidarité avec le peuple palestinien.

M. AL-LAITHI (Iraq) a relevé que les pratiques des forces d’occupation sioniste et leur politique d’implantation continuent de violer le droit international, le droit international humanitaire et le droit des droits de l’homme.  Le règlement de la paix en Palestine permettrait d’assurer la paix dans la région, a souligné le représentant, ajoutant que le peuple palestinien a le droit à des réparations en raison de l’exploitation de ses ressources naturelles et des conséquences de l’occupation.  Il s’est félicité des efforts menés par les organisations pour soulager les souffrances des peuples vivant sous occupation mais a estimé qu’il fallait davantage de soutien économique.  Il a fait part de sa préoccupation au sujet du manque de ressources de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA).  Enfin, l’Iraq a réaffirmé sa position ferme consistant à soutenir les droits des populations vivant dans le Territoire palestinien occupé, notamment celui de vivre dans un État indépendant, avec Jérusalem-Est pour capitale.

Mme ROUA SHURBAJI (Syrie) a évoqué la situation des Syriens vivant dans le Golan occupé et des violations commises contre eux.  Elle a listé les pratiques israéliennes contraires au droit international: colonies de peuplement illégales, annexions, confiscations de terre, restriction de l’accès aux terres, discriminations quant au prix de l’eau payé par les agriculteurs syriens.  Les Israéliens continuent d’exploiter les ressources naturelles, imposent leurs programmes scolaires et forent pour trouver du pétrole, a-t-elle affirmé.  Elle a regretté le manque de mesures juridiques contre ces violations du droit international et réclamé des positions claires contre ces violations de la part des Nations Unies.

Mme Shurbaji a dénoncé le fait qu’Israël « impose son droit dans le Golan occupé ».  Ces lois sont nulles et non avenues; Israël n’a aucun pouvoir juridique sur ces terres, a dit la représentante.  « Nous n’avons pas besoin de preuves supplémentaires pour montrer qu’Israël viole des centaines de résolutions des Nations Unies.  La poursuite de ces violations depuis le premier jour sont bien connues.  Ceux qui souffrent de l’occupation ont besoin des Nations Unies », a-t-elle déclaré.  Elle a espéré que les prochaines résolutions de l’Assemblée générale ne resteraient pas dans les placards.

M. AHMED ALKUWARI (Qatar) a souligné que le rapport montrait la souffrance des populations arabes.  Le refus par Israël d’accorder des permis de construire ainsi que son exploitation des ressources naturelles dans les territoires occupés sont des pratiques prouvées, y compris à Jérusalem-Est et dans le Golan, a déclaré le représentant.  « Le rapport parle de problèmes que rencontrent des milliers d’enfants qui ne peuvent pas avoir accès à une éducation de qualité », a-t-il déploré, en soulignant en outre les attaques perpétrées contre des écoles et des enseignants.  Ces enfants sont la clef du développement, donc c’est là qu’il faut agir, selon lui.  « Le droit à l’éducation ne saurait être refusé en aucun cas. »  Indiquant que son pays avait donné des millions de dollars à l’UNRWA, le représentant a souligné le rôle positif du Qatar pour parvenir à la stabilité et atteindre la paix.  Enfin, s’appuyant sur l’objectif du Programme 2030 de construire des sociétés à l’abri de la crainte et de la violence, il a appelé à adopter des mesures plus efficaces pour assurer l’autodétermination des peuples occupés.

M. HENRY ALFREDO SUÁREZ MORENO (Venezuela) s’est dit très préoccupé par les données présentées dans le rapport sur les répercussions économiques et sociales de l’occupation israélienne dans le Territoire palestinien occupé et le Golan syrien occupé.  Il a relevé notamment l’insécurité alimentaire et le fait que les États-Unis ne fournissent plus de fonds à l’UNRWA, estimant que cette crise de financement ne fera qu’aggraver la situation pour des personnes vivant déjà dans des conditions très précaires.  L’exploitation illégale des ressources par des tiers accroît les inégalités entre les peuples et empêche le peuple palestinien de se diriger vers un développement économique, a noté le représentant.  Il a demandé qu’Israël cesse sa politique expansionniste et respecte le droit international.

Mme INA HAGNININGTYAS KRISNAMURTHI (Indonésie) s’est dite très préoccupée par la souffrance du peuple palestinien en raison de l’occupation israélienne depuis des décennies, occupation qui va à l’encontre de toutes les résolutions des Nations Unies.  Les politiques d’Israël ont anéanti le droit du peuple palestinien au développement, a-t-elle ajouté, citant les chiffres alarmants du chômage. Elle s’est inquiétée également du sous-financement de l’UNRWA et en particulier du retrait du plus grand contributeur.  L’Indonésie est convaincue que la possibilité de développement durable en Palestine repose sur la fin de l’occupation et la solution des deux États.  Elle a signalé que son pays avait lancé une « Semaine de solidarité pour la Palestine » à Jakarta, avant d’annoncer son engagement à fournir 2 millions de dollars d’aide pour le renforcement des capacités des Palestiniens, notamment dans l’agriculture et les technologies de l’information et des communications (TIC).  L’Indonésie continuera de fournir un soutien à la Palestine; elle reste engagée pour la réalisation de son indépendance.

M. MASUD BIN MOMEN (Bangladesh) est profondément frustré par la poursuite de l’occupation des territoires palestiniens qui dure depuis près de 50 ans, ainsi que par les violations systématiques des droits de l’homme, les attaques aveugles contre les civils, la poursuite des occupations illégales par Israël, et la détérioration des conditions socioéconomiques des Palestiniens.  Il s’est alarmé de l’augmentation du taux de pauvreté dans le Territoire occupé palestinien, passé de 26% à 29% entre 2011 et 2017, ce taux étant en outre de 54% à Gaza.  Il a ajouté que 1,6 million de Palestiniens, soit 31,5% de la population, sont dans une situation d’insécurité alimentaire.  En outre, a-t-il ajouté, 490 145 élèves sont confrontés à des obstacles pour accéder à une éducation de qualité dans un environnement sain et adapté aux enfants.  « Il est scandaleux que les étudiants soient victimes d’humiliation, de harcèlement et de violence », a dénoncé le représentant.

M. Bin Momen a encore montré du doigt la persistance de la crise énergétique et les pratiques israéliennes contre les terres palestiniennes.  Il a exhorté la communauté internationale à faire pression sur Israël pour qu’il cesse de violer systématiquement le droit international et les droits de l’homme, et pour qu’il mette fin à ses mesures restrictives afin de permettre d’instaurer les conditions favorables à la croissance de l’économie palestinienne.  Il l’a également exhorté à résoudre la crise financière de l’UNRWA.

Mme FATHIMATH RAFA SHAREEF (Maldives) a qualifié la politique d’Israël de « violation flagrante des droits de l’homme », et réclamé qu’aucun pays ne puisse bénéficier ainsi d’une immunité vis-à-vis du droit international.  Demandant une attention accrue de la communauté internationale, elle a jugé extrêmement inquiétant que 2,5 millions de Palestiniens aient besoin d’une aide internationale, qu’1,8 million n’aient pas accès à l’eau potable, et que Gaza devienne invivable d’ici à 2020.  Les populations vulnérables comme les enfants sont de plus en plus des cibles de l’armée israélienne, et l’usage de gaz et de balles en caoutchouc se répand, tout comme les incarcérations d’enfants, s’est-elle inquiétée.  Les Maldives ont rappelé leur attachement à une solution de deux États, seule solution pour parvenir à la paix.  La représentante a appelé Israël à rendre les terres des territoires occupés et du Golan à leurs propriétaires respectifs.

Mme AL ALI (Émirats arabes unis) a souligné que la communauté internationale devait respecter la réalisation des objectifs de développement durable.  Invoquant l’objectif 11 pour une paix durable, elle a rappelé le droit inaliénable du peuple palestinien à un État indépendant.  La représentante a réclamé une évolution juste et pérenne de la Palestine et du territoire du Golan occupé.  Depuis 2011, les Émirats arabes unis ont donné plus de 130 millions de dollars à cette cause, y compris pour financer l’UNRWA étant donné le rôle crucial que joue cette agence dans les territoires.  L’éducation joue un rôle fondamental, a rappelé la représentante.  C’est pourquoi les Émirats ont contribué à hauteur de 15 millions de dollars pour soutenir les programmes de l’UNRWA, pour la période scolaire 2018, afin d’aider plus de 500 000 enfants.  Les Émirats arabes unis fournissent également une assistance pour reconstruire des hôpitaux, des centres de santé et d’autres infrastructures; ils offrent du carburant et de l’électricité aux hôpitaux de la bande de Gaza.  La représentante a enfin souligné l’importance de parvenir à une solution globale pour la région.

M. HUSAIN EBRAHIM (Koweït) s’est demandé comment envisager que la Palestine parvienne au développement durable si elle ne peut parvenir à la paix et à la sécurité et si elle ne peut préserver son patrimoine en raison de la politique et de l’occupation israélienne.  Il a relevé que le rapport du Secrétaire général a mis en lumière « les pratiques immorales israéliennes », mises en œuvre en toute impunité, notamment celles qui violent le droit des droits de l’homme et le droit international humanitaire.  Le Koweït défend les droits des Palestiniens, et veut que cette occupation israélienne prenne fin.  M. Ebrahim a condamné toutes les pratiques et politiques brutales d’Israël, qui ne sauraient se justifier, rappelant que l’occupation est en soi une grave violation du droit international. Le représentant a rappelé le soutien du Koweït à toutes les mesures prises pour renforcer la souveraineté des Palestiniens sur leur territoire et leurs ressources naturelles et a engagé la communauté internationale à faire preuve de solidarité pour mettre fin à cette tragédie qui dure depuis trop longtemps. 

M. HAJILARI (République islamique d’Iran) s’est dit très alarmé par le rapport du Secrétaire général qui illustre les pratiques systématiques d’Israël contre le peuple palestinien, victime de violations quotidiennes de ses droits fondamentaux.  Ce rapport montre que les Palestiniens ne peuvent progresser vers le développement durable tant qu’ils subissent l’occupation israélienne.  Les répercussions prolongées se font sentir à plusieurs niveaux et se sont accumulées au fil du temps.  Il a cité quelques exemples comme la destruction de maisons, la confiscation des terres, les restrictions au mouvement, la détention d’enfants palestiniens, le recours excessif à la violence par des colons, le déplacement des populations, et l’exploitation de ressources palestiniennes.  Le blocus équivaut à un châtiment collectif condamné par le droit international, a-t-il lancé.  Le représentant a exhorté la communauté internationale à prendre toutes les mesures possibles pour mettre fin à cette occupation illégale et à mettre en place une trajectoire pour parvenir à la croissance économique et à la réalisation des objectifs de développement durable.

Mme KEMPINSKY (Israël) a annoncé qu’elle venait d’Haïfa, une ville multiculturelle où toutes les religions cohabitent.  « On y comprend que le bien-être de tout le monde est plus important que nos différences. »  Mais elle a des souvenirs plus douloureux: son frère blessé par un attentat terroriste.  Son quotidien ressemblait à celui des enfants israéliens qui vivent aujourd’hui près de la frontière et doivent craindre les missiles ou les « cocktails molotov accrochés à des cerfs-volants ou des ballons ».  Elle a cité des exemples d’attaques terroristes récentes, parlé d’attaques à la voiture bélier « quotidiennes », et déploré que des enfants palestiniens « s’emparent de couteaux dans leur cuisine pour sortir tuer des Israéliens, avant d’avoir terminé le lycée ».  « Les couteaux et les ciseaux pourraient être utilisés pour faire du bricolage à la place, ou des ateliers créatifs », a-t-elle estimé.  Mme Kempinsky a dit rêver d’un quotidien plus sécurisé: « vivre dans le sud sans avoir peur pour mes enfants ».  « Je ne veux pas avoir peur des voitures, je veux regarder des passants dans la rue parce que leur manteau est chouette et pas parce qu’ils cacheraient un couteau. »  Elle a trouvé regrettable que des délégations utilisent l’ONU pour de mauvaises raisons alors que ce pourrait être un espace de dialogue.

M. NEVILLE MELVIN GERTZE (Namibie) a particulièrement déploré les violations des droits des femmes et des enfants palestiniens.  Alors que l’éducation est considérée comme un droit fondamental pour tous, les enfants dans le Territoire palestinien occupé continuent d’être exposés à la peur, à des traumatismes et à des blessures graves, et ils sont souvent dans l’incapacité d’aller à l’école.  Les familles ne sont même pas en mesure d’assurer les fournitures scolaires de base, a regretté le représentant, qui a demandé à Israël de mettre les droits des enfants au-dessus de toute autre considération.  Soulignant que le Programme 2030 vise à ne laisser personne de côté, il a déclaré que cela inclut le peuple palestinien.  À cet égard, il est essentiel que le peuple palestinien ait accès aux ressources en eau et à l’électricité.  La pauvreté ne peut pas être éradiquée lorsque les infrastructures en Palestine y compris à Gaza sont constamment détruites et l’électricité continuellement coupée.  La Namibie s’identifie à la situation palestinienne pour avoir vécu la rigueur du régime de l’apartheid, a souligné le représentant, qui a jugé inconcevable que de telles mesures puissent être utilisées de nos jours dans un État occupé.

Mme ISABEL PATRICIA BAJAÑA (Nicaragua) s’est félicitée de l’élection de l’État de Palestine à la présidence du Groupe des 77 et la Chine pour l’année 2019, ce qui représente « un pas historique à l’ONU ».  La représentante a souligné que la réalisation des objectifs de développement durable est inconcevable pour les Palestiniens, notant que 51 ans d’occupation israélienne ont imposé de graves limitations au développement économique et social du Territoire palestinien occupé et du Golan syrien occupé.  Elle a cité les répercussions négatives des pratiques et politiques systématiques telles que la destruction de propriétés et d’infrastructures, la confiscation de terre, l’expansion des implantations illégales, ainsi que les restrictions prolongées à la circulation et au commerce.

La représentante a jugé regrettable que la Deuxième Commission ne parvienne pas à un consensus sur un sujet qui met en avant les principes mêmes de ses travaux.  Elle a réaffirmé que la Palestine a le même droit que les autres à vivre en paix, à recevoir de l’aide au développement, à la coopération et à des investissements pour parvenir au développement durable.  Elle a espéré que le projet de résolution qui sera présenté par le G77 et la Chine sera adopté et permettra d’atténuer les difficultés économiques et sociales des populations civiles palestiniennes et syriennes qui vivent sous occupation étrangère et, en dernier recours, contribuera aux efforts internationaux pour rétablir la paix, l’unité et le bien-être des peuples.

M. MOHD SUHAIMI AHMAD TAJUDDIN (Malaisie) a regretté que la communauté internationale n’ait pas pris les mesures nécessaires pour agir en faveur des Palestiniens en souffrance.  Citant le rapport, il a déploré qu’Israël viole le droit international humanitaire et les droits de l’homme, affectant ainsi les opportunités économiques des Palestiniens et des populations arabes.  En procédant à des déplacements de populations et à des restrictions de mouvements, Israël a ignoré de manière flagrante les pressions du droit international, a dénoncé M. Tajuddin.  Ces violations peuvent être vues comme destinées à perturber les occasions de paix, a-t-il supposé.

Citant les chiffres montrant l’épuisement des ressources, il a regretté une situation insupportable qui conduit à ce que Gaza ne soit plus vivable en 2020.  Qualifiant les actions de l’armée israélienne d’« aveugles », il a réaffirmé qu’une solution de deux États respectant les frontières de 1967 était la seule solution viable, et appelé la communauté internationale à être plus dynamique, et à des négociations bilatérales pour parvenir à cet objectif.  La Malaisie continuera à offrir toute son assistance au peuple palestinien, a assuré M. Tajuddin. 

M. OMAR E. O. ALSHAMES (Libye) a dénoncé la politique d’occupation d’Israël et les restrictions aux libertés de mouvement et de circulation des marchandises.  La Puissance occupante poursuit la construction du mur de séparation qui prive les Palestiniens de l’accès à leurs terres.  La bande de Gaza s’est transformée en prison, ce qui représente une violation du droit international, a encore relevé le représentant.  Le peuple palestinien ne peut pas bénéficier des fruits du développement durable puisqu’il ne contrôle pas ses ressources naturelles et que ses terres sont confisquées.  Ceci s’applique également au Golan syrien.  Le représentant a déploré que les pratiques israéliennes violent la Convention de Genève de 1949.

M. ALHADDAD (Bahreïn) a dénoncé la poursuite des pratiques et politiques israéliennes qui violent notamment le droit des droits de l’homme et le droit international humanitaire, qui interdit la confiscation de biens privés.  La destruction de structures palestiniennes sous prétexte d’absence de permis de construire est injustifiée, d’autant que la politique de colonisation se poursuit. En outre, l’accès aux terres est freiné en raison des restrictions, ce qui a des répercussions sur l’activité agricole et l’économie, a-t-il noté.  Il a enfin dénoncé le manque d’accès à l’eau potable et aux services médicaux, qui freinent le développement de la Cisjordanie et de Gaza.

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