Deuxième Commission : 12 projets adoptés, les États-Unis en opposition sur deux projets de politique macroéconomique

AG/EF/3511
30 novembre 2018
Soixante-treizième session, 26e séance – matin

Deuxième Commission : 12 projets adoptés, les États-Unis en opposition sur deux projets de politique macroéconomique

À la veille de la clôture de ses travaux, la Deuxième Commission a adopté 12 projets de résolution, dont seulement 3 par consensus sans demande d’amendement, ce qui a fait réagir le Président de la Commission en fin de séance: pour lui, la tradition de la Deuxième Commission d’adoption par consensus demeure importante.  Parmi ses recommandations, la Commission a proposé à l’Assemblée générale de convoquer, en 2020, un sommet sur la biodiversité.

Cinq projets ont été adoptés par consensus après le rejet d’amendements proposés par l’Union européenne.  En tout, cette délégation a proposé d’amender 7 projets sur les 12.

La raison invoquée pour introduire ces multiples amendements à l’objet similaire, c’est que l’Union européenne a constaté, depuis la soixante-douzième session de l’Assemblée générale, une « transition subtile vers un nouveau concept, mettant l’accent sur les États plutôt que sur les individus ».  Or, l’engagement du Programme de développement durable à l’horizon 2030 reflète une réflexion axée sur la personne et la dignité de chaque individu, a-t-elle expliqué.  Rappelant le préambule du Programme, où il est inscrit: « nous nous engageons à ne laisser personne de côté dans cette quête collective », elle a appelé à conserver cet esprit basé sur l’intérêt des individus plutôt que sur celui des nations, et à « résister à la tentation de toujours tout réécrire » et à ne pas « tomber dans le piège de la renégociation ».  Elle n’a pas été suivie dans cette initiative: toutes ses propositions d’amendements ont été rejetées.

Les délégations ont dû recourir à un vote pour adopter quatre autres projets de résolution.  Sur les deux textes ayant trait aux questions de politique macroéconomique, ces votes ont été demandés par les États-Unis, seul pays à s’opposer aux projets.  Pour celui intitulé « commerce international et développement » -où l’Assemblée s’engagerait de nouveau à promouvoir un système commercial multilatéral universel, réglementé, ouvert, transparent, prévisible, inclusif, non discriminatoire et équitable sous l’égide de l’OMC, ainsi qu’une véritable libéralisation des échanges- les États-Unis ont déclaré qu’ils ne pouvaient se rallier au consensus de l’ONU pour imposer les caractéristiques d’un système commercial international dépendant du système des Nations Unies.  Ils ont aussi pris position contre le principe large de transfert des technologies.  « Il ne s’agit pas de protectionnisme de notre part », a précisé la délégation.

S’agissant du projet intitulé « système financier international et développement », où l’Assemblée générale considérerait qu’il faut poursuivre et intensifier l’action menée en vue de renforcer la cohérence et la cohésion des systèmes monétaires, financiers et commerciaux internationaux, les États-Unis ont notamment déploré l’attitude inflexible du Groupe des 77 et la Chine, pour avoir refusé de passer à un examen du texte tous les deux ans au lieu de le présenter chaque année.

Enfin, dans l’adoption par consensus du projet de résolution intitulé « Sauvegarde du climat mondial pour les générations présentes et futures », les États-Unis ont déclaré que s’ils acceptaient le récent rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), ils n’en approuvaient pas les conclusions.  Dans le texte adopté, l’Assemblée générale se féliciterait que 117 États (contre 95 États il y a de cela un an) aient accepté ou ratifié l’Amendement de Doha au Protocole de Kyoto de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques.  Elle se dirait toutefois préoccupée par le fait que l’Amendement ne soit toujours pas entré en vigueur.  Cet Amendement instaure la deuxième période d’application du Protocole et définit les engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre juridiquement contraignants pour les parties signataires.

Dans un autre texte, la Commission a préconisé que l’Assemblée demande à la communauté internationale de continuer à accorder la priorité absolue à l’élimination de la pauvreté, en proposant un thème pour la troisième Décennie des Nations Unies (2018-2027) sur cette question: « Intensifier les initiatives visant à édifier un monde exempt de pauvreté ».

La Deuxième Commission a aussi recommandé à l’Assemblée générale de convoquer un sommet sur la biodiversité au niveau des chefs d’État et de gouvernement, en 2020, afin de souligner la nécessité d’agir de toute urgence aux plus hauts niveaux, à l’appui d’un cadre mondial de la biodiversité pour l’après-2020 qui contribue au Programme 2030.  Si le texte précise que ce sommet sera organisé « dans les limites des ressources existantes », les États-Unis, tout en se ralliant au consensus sur le texte, se sont dissociés du paragraphe décidant de la convocation de ce sommet, s’inquiétant de coûts potentiellement très élevés.

Autre décision que la Commission suggère à l’Assemblée générale: dissoudre le Conseil d’administration d’ONU-Habitat en tant qu’organe subsidiaire de l’Assemblée générale et le remplacer par l’Assemblée d’ONU-Habitat.  La première session de l’Assemblée d’ONU-Habitat se tiendrait à Nairobi en mai 2019.

Le Président de la Deuxième Commission, M. Jorge Skinner-Kleé, s’est exprimé en fin de séance sur la réorganisation des méthodes de travail de la Deuxième Commission.  Depuis la soixante-douzième session, des mesures ont été prises pour améliorer son fonctionnement, a-t-il rappelé, citant l’identification de facilitateurs ainsi que la mise en place d’un calendrier complet des consultations officieuses pour une meilleure transparence et une meilleure prévisibilité des travaux.  Il s’est réjoui que les dates butoirs pour les dépôts de projets de résolution aient été flexibles et réalistes.

Le Président s’est aussi félicité que la Commission arrive à conclure ses travaux lundi 3 décembre, soulignant que ce sera ainsi une des sessions qui achève ses travaux le plus tôt dans l’histoire récente de la Commission, pour une durée totale des travaux de huit semaines.  M. Skinner-Kleé a salué, à cet égard, les efforts des délégations ainsi que l’atmosphère collégiale régnant durant les consultations.  Il a enfin souligné l’importance de préserver la tradition de l’adoption par consensus des projets de résolution à la Deuxième Commission, avant d’être chaleureusement applaudi par les délégations.

Les travaux devraient reprendre le lundi 3 décembre, à 10 heures, pour achever l’examen des points à l’ordre du jour de la session. 

DÉCISIONS SUR LES PROJETS DE RÉSOLUTION

Déclaration

La représentante de l’Autriche, au nom de l’Union européenne (UE), a pris la parole avant l’examen des projets de résolution à l’ordre du jour. Elle a rappelé que l’engagement solennel de « ne laisser personne de côté » avait été acté en 2015, lors de l’adoption du Programme de développement durable à l’horizon 2030.  Cet engagement reflète une réflexion axée sur la personne et la dignité de chaque individu, a-t-elle expliqué.

Or, depuis la soixante-douzième session, l’Union européenne a constaté une transition subtile vers un nouveau concept, mettant l’accent sur les États plutôt que sur les individus.  De l’avis de la délégation, les libellés introduits l’an dernier ne reflétaient pas avec fidélité le Programme d’action d’Addis-Abeba ni le Programme de développement durable à l’horizon 2030.

Appelant à « résister à la tentation de toujours tout réécrire », la représentante a aussi recommandé de ne pas « tomber dans le piège de la renégociation ».  « Des vies et des moyens d’existence sont en jeu », a fait valoir la déléguée, en plaidant pour que la Deuxième Commission soit l’organe le plus pertinent possible pour respecter l’accord de 2015.

Afin de mieux refléter le Programme de développement durable à l’horizon 2030, l’Union européenne a proposé de supprimer un alinéa dans le préambule de plusieurs projets de texte présentés aujourd’hui pour adoption, a expliqué la représentante, en précisant avoir proposé en même temps d’inclure des libellés plus proches de ce qui avait été convenu au départ.  Elle a cependant regretté de n’avoir pas réussi à obtenir le consensus sur ses propositions d’amendements.

Les technologies de l’information et des communications au service du développement durable

Le projet de résolution intitulé « Les technologies de l’information et des communications au service du développement durable » (A/C.2/73/L.29/Rev.1) a été adopté par consensus tel qu’oralement corrigé, après un vote sur des amendements (A/C.2/73/L.55), qui ont été rejetés par 106 voix contre, 45 voix pour et 11 abstentions.

La proposition d’amendement avait pour but, d’une part, de supprimer le dernier alinéa du préambule se lisant comme suit: « S’engageant de nouveau à faire en sorte qu’aucun pays ne soit oublié et que nul ne soit laissé de côté et à faire porter son action particulièrement sur les domaines où les obstacles sont les plus nombreux, notamment en veillant à inclure et à faire participer les plus défavorisés.»

D’autre part, il était demandé de remplacer le paragraphe 37 du dispositif « Demande aux organismes compétents des Nations Unies, agissant chacun dans les limites de son mandat et de ses moyens, de veiller à ce que personne ne soit laissé de côté et à ce qu’aucun pays ne soit oublié lors de l’application de la présente résolution » par le suivant: « Appelle toutes les parties prenantes à mettre en œuvre la présente résolution afin de réaliser la série complète d’objectifs et de cibles ambitieux, universels, axés sur l’être humain et porteurs de changement du Programme 2030, dans lequel il est énoncé que la dignité de la personne humaine est fondamentale et qu’il faut concrétiser ces objectifs et cibles au profit de toutes les nations, tous les peuples et toutes les composantes de la société, ne laisser personne de côté et s’efforcer d’aider les plus défavorisés en premier.»

Ces amendements ayant été rejetés, le texte a été adopté dans sa version initiale.

Aux termes du texte adopté, l’Assemblée générale estimerait que les technologies de l’information et des communications (TIC) peuvent offrir de nouvelles solutions aux problèmes de développement, en particulier dans le contexte de la mondialisation, et favoriser une croissance économique soutenue, partagée et équitable et un développement durable.  Elle exhorterait donc tous les gouvernements, le secteur privé, la société civile, les organisations internationales, les communautés techniques, les milieux industriels et universitaires et toutes les autres parties prenantes concernées à faire une place aux TIC dans leurs stratégies de réalisation des 17 objectifs de développement durable.

En adoptant ce texte, l’Assemblée noterait que l’économie numérique représente une part importante et croissante de l’économie mondiale et qu’il existe une corrélation entre l’accès aux technologies numériques et la croissance du produit intérieur brut.  Elle soulignerait combien il est crucial d’accroître la participation de tous les pays, en particulier des pays en développement, à l’économie numérique.

L’Assemblée exhorterait à continuer d’entreprendre de tirer le meilleur parti du commerce électronique pour promouvoir le développement à la faveur d’initiatives telles que « Commerce électronique pour tous », initiative lancée lors de la quatorzième session de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement en 2016, qui propose une nouvelle stratégie de développement du commerce au moyen d’échanges électroniques venant permettre aux pays en développement de se procurer plus facilement une assistance technique pour se donner les moyens d’entrer dans le monde du commerce électronique et mieux renseigner les donateurs sur les programmes qu’ils pourraient financer.

Constatant que, malgré les récents progrès et les résultats notables enregistrés, l’accès et le recours aux TIC restent inégaux, l’Assemblée inviterait instamment toutes les parties prenantes à réduire le fossé numérique qui continue de se creuser entre les pays ainsi qu’à l’intérieur même des pays, notamment en favorisant un contexte propice à l’action à tous les niveaux et à la coopération internationale afin d’améliorer l’accessibilité, l’éducation, le renforcement des capacités, le multilinguisme, la préservation de la culture, l’investissement et le transfert de technologies.

Constatant qu’il subsiste un fossé numérique entre les sexes et notant avec inquiétude que si ce fossé s’est réduit dans beaucoup de régions depuis 2013, il s’est creusé dans les pays les moins avancés et en Afrique, l’Assemblée appellerait toutes les parties prenantes à faire en sorte que les femmes participent pleinement à la société de l’information et aient accès aux TIC au service du développement, notamment aux nouvelles technologies.

En adoptant ce texte, l’Assemblée inviterait toutes les parties prenantes à poursuivre, à titre prioritaire, les efforts qu’elles déploient pour réduire la fracture numérique sous ses différentes formes, à mettre en pratique des stratégies cohérentes qui favorisent le développement du cybergouvernement et à continuer de mettre l’accent sur les politiques et applications relatives aux TIC qui bénéficient aux pauvres, y compris en ce qui concerne l’accès au haut débit au niveau local, afin de remédier à la fracture numérique entre les pays et à l’intérieur même des pays et de favoriser ainsi l’émergence de sociétés de l’information et du savoir.

Avant l’adoption du texte, la représentante de l’Autriche, au nom de l’Union européenne (UE), a fait une déclaration générale pour expliquer les raisons qui l’avaient poussée à proposer les amendements contenus dans le document A/C.2/73/L.55: l’Union européenne considère que certains libellés du projet de résolution ne reflètent pas le Programme d’action d’Addis-Abeba et le Programme de développement durable à l’horizon 2030.

Le représentant de l’Égypte, au nom du Groupe des 77 et la Chine, a pour sa part expliqué sa demande de vote sur les amendements, lors des explications de vote après le vote.  Il a rappelé que les libellés du texte avaient été négociés au cours des consultations et qu’il n’y avait pas de raison objective pour justifier la présentation desdits amendements, « comme le montre leur rejet massif ».

La représentante de l’Autriche, au nom de l’Union européenne, a regretté que les préoccupations de sa délégation n’aient pas trouvé un écho plus large au sein des membres de la Commission.  Elle s’est engagée à les présenter plus en amont au moment des consultations lors de la session de l’an prochain.

Questions de politique macroéconomique

Le projet de résolution (A/C.2/73/L.21/Rev.1), intitulé « Commerce international et développement », a été adopté par 171 voix pour, une voix contre (États-Unis) et zéro abstention, après un premier vote sur des amendements (A/C.2/73/L.56), qui ont été rejetés par 108 voix contre, 46 voix pour et 14 abstentions.

La proposition d’amendements avait pour but de supprimer le dernier alinéa du préambule et de modifier le paragraphe 21 par ce qui suit:

« Appelle toutes les parties prenantes à mettre en œuvre la présente résolution afin de réaliser la série complète d’objectifs et de cibles ambitieux, universels, axés sur l’être humain et porteurs de changement du Programme 2030, dans lequel il est énoncé que la dignité de la personne humaine est fondamentale et qu’il faut concrétiser ces objectifs et cibles au profit de toutes les nations, tous les peuples et toutes les composantes de la société, ne laisser personne de côté et s’efforcer d’aider les plus défavorisés en premier.»

Ces amendements ayant été rejetés, le texte a été adopté dans sa version initiale.

Aux termes du texte adopté, l’Assemblée générale rappellerait que les États Membres ne pourront atteindre les cibles et les objectifs ambitieux du Programme de développement durable à l’horizon 2030 sans un partenariat mondial revitalisé et renforcé, et sans des moyens de mise en œuvre à la mesure de cette ambition.  Elle réaffirmerait que le commerce international est le moteur d’une croissance économique sans exclusion et un moyen de réduire la pauvreté et qu’il contribue à la promotion du développement durable.

En adoptant ce texte, l’Assemblée considèrerait que l’Organisation mondiale du commerce (OMC) est de plus en plus mise à mal par l’insuffisance des progrès accomplis dans les négociations commerciales multilatérales et qu’il est impératif qu’elle se penche sur les questions qui sont au cœur des problèmes actuels du commerce international, estimant à cet égard qu’il faut la renforcer pour faire en sorte que ses fonctions de règlement des différends, de négociation et de surveillance demeurent viables et efficaces.  L’Assemblée s’engagerait ainsi de nouveau à promouvoir un système commercial multilatéral universel, réglementé, ouvert, transparent, prévisible, inclusif, non discriminatoire et équitable sous l’égide de l’OMC, ainsi qu’une véritable libéralisation des échanges.

Soulignant la nécessité de lutter contre le protectionnisme sous toutes ses formes et de corriger toutes les mesures qui faussent les échanges, l’Assemblée engagerait la communauté internationale à prendre d’urgence des mesures efficaces pour mettre fin au recours à des mesures économiques, financières ou commerciales unilatérales qui ne sont pas autorisées par les organes compétents de l’ONU, qui sont contraires aux principes du droit international ou à la Charte des Nations Unies, qui contreviennent aux principes fondamentaux du système commercial multilatéral et qui touchent tout particulièrement, mais pas seulement, les pays en développement.

Aux termes de ce texte, l’Assemblée inviterait la CNUCED à continuer de surveiller et d’évaluer l’évolution du système commercial international et les tendances du commerce international dans une optique de développement durable, et demanderait aux organismes compétents des Nations Unies de veiller à ce que nul ne soit laissé pour compte et qu’aucun pays ne soit oublié lors de l’application de la présente résolution.

Avant le vote, le représentant de Singapour s’est exprimé au nom d’un ensemble de pays rassemblant l’Argentine, l’Australie, le Bangladesh, le Brésil, le Cambodge, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, Cuba, El Salvador, le Guatemala, le Honduras, l’Islande, l’Indonésie, la Jamaïque, le Kenya, le Liechtenstein, la Malaisie, le Mexique, la Norvège, le Pakistan, le Panama, le Pérou, la Fédération de Russie, la Thaïlande, la Turquie, Singapour, l’Afrique du Sud, le Soudan, la Suisse et le Venezuela.

Ce groupe a réaffirmé son attachement au système commercial multilatéral pour l’économie mondiale et son incidence sur le développement durable.  Cet ensemble de pays attache une grande importance au rôle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Le vote sur le projet de résolution a été demandé par les États-Unis.

La représentante des États-Unis a regretté d’avoir dû voter deux fois sur cette résolution « compte tenu de l’inflexibilité du G77 », au sens que ce groupe ne veut pas envisager l’examen, tous les deux ans, de la résolution.  Elle s’est prononcée en désaccord avec une résolution visant à renforcer la cohérence des politiques financières, une idée à laquelle son pays ne souscrit pas.  « Les États-Unis ne peuvent se rallier au consensus de l’ONU pour imposer les caractéristiques d’un système commercial international dépendant du système de l’ONU », a-t-elle déclaré.  En outre, elle a pris position contre le principe large de transfert des technologies, tout en précisant qu’« il ne s’agit pas de protectionnisme de notre part ».

La représentante de l’Autriche, au nom de l’Union européenne, a rappelé son attachement à un système commercial multilatéral qui soit universel, ouvert, transparent, inclusif et non discriminatoire.  Soutenant les subventions industrielles pour égaliser les chances dans le monde, elle a appelé à combattre le protectionnisme sons toutes ses formes.

Le projet de résolution (A/C.2/73/L.12/Rev.1), intitulé « Système financier international et développement », a été adopté par 176 voix pour, une voix contre, celle des États-Unis qui avaient demandé le vote, et zéro abstention.

Aux termes de ce texte, l’Assemblée générale considérerait qu’il faut poursuivre et intensifier l’action menée en vue de renforcer la cohérence et la cohésion des systèmes monétaires, financiers et commerciaux internationaux et réaffirmerait qu’il faut veiller à ce que ces systèmes soient ouverts, justes et inclusifs, de sorte qu’ils complètent les mesures prises à l’échelon national pour parvenir à un développement durable, notamment à une croissance économique forte, soutenue, équilibrée, partagée et équitable; qu’il faut que toutes les femmes et tous les hommes, en particulier les pauvres et les personnes vulnérables, aient accès, sur un pied d’égalité, aux ressources économiques et à des services financiers appropriés.

Constatant que des efforts considérables ont été consentis aux niveaux national, régional et international pour remédier aux problèmes posés par la dernière crise financière et économique, l’Assemblée estimerait néanmoins qu’il faut en faire plus pour promouvoir la reprise économique, gérer les conséquences de l’instabilité des marchés mondiaux des capitaux et des produits de base, s’attaquer aux taux de chômage élevés et à l’endettement qui frappent plusieurs pays ainsi qu’aux difficultés budgétaires endémiques, renforcer le secteur bancaire, notamment en le rendant plus transparent et plus responsable, remédier aux fragilités et aux déséquilibres systémiques, réformer et renforcer le système financier international et poursuivre et améliorer la coordination des politiques financières et économiques à l’échelon international.

En adoptant ce texte, l’Assemblée déciderait de renforcer la cohérence et la cohésion entre les différentes institutions et entités multilatérales compétentes en matière de finance, d’investissement, de politique de commerce extérieur et de développement et d’environnement et de renforcer la coopération entre les principales institutions internationales, dans le respect de leurs mandats et de leurs structures de gouvernance.  Elle inviterait les banques de développement multilatérales et les autres banques de développement internationales à continuer de financer le développement à des conditions concessionnelles et non concessionnelles, sur une base stable et dans une perspective à long terme. 

Elle s’engagerait de nouveau à redoubler d’efforts pour réduire sensiblement les flux financiers illicites d’ici à 2030 en vue de les éliminer complètement, notamment en luttant contre la fraude fiscale et la corruption grâce au renforcement des réglementations nationales et à l’intensification de la coopération internationale.  Elle réaffirmerait qu’un mécanisme de surveillance multilatérale efficace et ouvert devrait être au centre des efforts de prévention des crises, et soulignerait qu’il faut continuer à renforcer la surveillance des politiques financières des pays.

En outre, l’Assemblée exhorterait les donateurs multilatéraux et inviterait les institutions financières internationales et les banques régionales de développement à étudier et mettre en œuvre des politiques qui appuient les mesures prises au niveau national pour qu’une plus grande part des ressources aille aux femmes et aux filles, en particulier dans les zones rurales isolées.

Lors des explications de vote après le vote, la représentante de l’Autriche, au nom de l’Union européenne, a estimé qu’une résolution qui revient chaque année devrait présenter une évolution.  Or, a-t-elle regretté, le texte est le même que l’an dernier, malgré les efforts de sa délégation pour y apporter quelques changements.  Compte tenu des objectifs de l’Accord de Paris, la représentante a regretté que l’occasion de se pencher sur le financement d’une économie résiliente ait été écartée.

La représentante des États-Unis a regretté d’avoir dû voter sur ce texte pour la deuxième année consécutive compte tenu de l’intransigeance du Groupe des 77 et la Chine, qui n’ont pas accepté de passer à un examen tous les deux ans.  Elle a déploré la formulation concernant la cohérence qui devrait être renforcée: cette formule laisse penser que ce n’est pas le cas, a-t-elle observé.  Les États-Unis s’opposent également à la formulation sur les flux financiers illicites, au motif que ceux-ci n’ont pas de définition acceptée sur le plan international.  Enfin, la représentante a assuré que son pays ne prenait pas des mesures de protectionnisme mais des mesures pour se protéger.

Développement durable

Par le projet de résolution intitulé « Sauvegarde du climat mondial pour les générations présentes et futures » (A/C.2/73/L.43), adopté par consensus, l’Assemblée générale réaffirmerait que les changements climatiques constituent l’un des plus grands défis de notre temps, s’inquièterait profondément de l’augmentation constante des émissions globales de gaz à effet de serre, demeurerait vivement préoccupée par le fait que tous les pays, en particulier les pays en développement, sont exposés aux effets néfastes des changements climatiques et en subissent déjà de plus en plus les conséquences.

Elle rappellerait que l’Accord de Paris, en contribuant à la mise en œuvre de la Convention-cadre, notamment à la réalisation de son objectif, vise à renforcer la riposte mondiale à la menace des changements climatiques, dans le contexte du développement durable et de la lutte contre la pauvreté, et se féliciterait des contributions déterminées au niveau national soumises à ce jour et rappellerait que les mises à jour régulières de ces contributions seront aussi ambitieuses que possible.

Constatant avec préoccupation que les contributions déterminées au niveau national présentées à ce jour par les Parties à l’Accord de Paris ne sont pas suffisantes pour atteindre l’objectif à long terme relatif à la température, elle soulignerait qu’il convient d’agir collectivement afin de promouvoir le développement durable dans ses trois dimensions d’une manière novatrice, coordonnée et respectueuse de l’environnement, et dans un esprit d’ouverture et de solidarité.  Elle soulignerait également qu’il faut remédier aux conséquences économiques, sociales et environnementales des changements climatiques et insisterait sur le fait qu’il faut prendre des mesures à tous les niveaux pour agir plus énergiquement en faveur de la résilience, grâce, notamment, à la gestion durable des écosystèmes, et renforcer la résilience afin de réduire les conséquences et les coûts des catastrophes naturelles.

Elle considèrerait qu’il importe d’améliorer l’accès au financement international de l’action climatique pour aider les pays en développement, notamment ceux qui sont particulièrement vulnérables aux effets néfastes des changements climatiques.

Elle se féliciterait que 117 États (contre 95 États il y a de cela un an) aient accepté ou ratifié l’Amendement de Doha au Protocole de Kyoto, et se dirait préoccupée par le fait que l’Amendement ne soit toujours pas entré en vigueur, et se féliciterait des efforts faits par les parties qui ont mis en œuvre l’Amendement de Doha avant son entrée en vigueur.

Le représentant du Mexique, qui a présenté le projet, a souligné sa préoccupation, quant aux résultats du dernier rapport sur le climat de l’ONU, et a demandé à faciliter la prise de mesures au niveau mondial pour faire face aux changements climatiques.  Il a regretté que le Brésil ait décidé de ne pas accueillir la COP25 l’an prochain.

La représente de l’Autriche, au nom de l’Union européenne, a mis l’accent sur le fait que l’UE avait récemment publié sa stratégie à long terme pour lutter contre les changements climatiques d’ici à 2050.

Le représentant des États-Unis, tout en appuyant ce projet, a rappelé que son gouvernement s’était retiré de l’Accord de Paris.  « L’acceptation du récent rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) n’implique pas l’approbation de ses conclusions par les États-Unis », a tenu à préciser la délégation.

Le projet de résolution intitulé « Application de la Convention sur la diversité biologique et contribution au développement durable » (A/C.2/73/L.33/Rev.1) a été adopté par consensus, après un vote sur des amendements (A/C.2/73/L.51), qui ont été rejetés par 110 voix contre, 45 voix pour et 11 abstentions.

La proposition d’amendement avait pour but, d’une part, de supprimer le dernier alinéa du préambule se lisant comme suit: « S’engageant de nouveau à faire en sorte qu’aucun pays ne soit oublié et que nul ne soit laissé pour compte et à faire porter son action sur les domaines dans lesquels les obstacles sont les plus nombreux, notamment en veillant à inclure et à faire participer les plus défavorisés. »

D’autre part, il était demandé de remplacer le paragraphe 35 du dispositif « Demande aux organismes compétents des Nations Unies, agissant dans les limites de leur mandat et de leurs moyens respectifs, de veiller à ce que nul ne soit laissé pour compte et qu’aucun pays ne soit oublié lors de l’application de la présente résolution » par le suivant: « Appelle toutes les parties prenantes à mettre en œuvre la présente résolution afin de réaliser la série complète d’objectifs et de cibles ambitieux, universels, axés sur l’être humain et porteurs de changement du Programme 2030, dans lequel il est énoncé que la dignité de la personne humaine est fondamentale et qu’il faut concrétiser ces objectifs et cibles au profit de toutes les nations, tous les peuples et toutes les composantes de la société, ne laisser personne de côté et s’efforcer d’aider les plus défavorisés en premier. » 

Ces amendements ayant été rejetés, le texte a été adopté dans sa version initiale.

Aux termes du texte adopté, l’Assemblée générale déciderait de convoquer un sommet sur la biodiversité au niveau des chefs d’État et de gouvernement avant la quinzième réunion de la Conférence des Parties à la Convention, en 2020, afin de souligner la nécessité d’agir de toute urgence aux plus hauts niveaux à l’appui d’un cadre mondial de la biodiversité pour l’après-2020 qui contribue au Programme de développement durable à l’horizon 2030 et permette à la communauté internationale de progresser vers la concrétisation de la Vision 2050 pour la biodiversité.

Elle engagerait chacune des parties à prendre, en étroite collaboration avec les parties intéressées, des mesures concrètes pour atteindre les objectifs énoncés dans la Convention sur la diversité biologique et dans les protocoles y relatifs, à savoir le Protocole de Cartagena sur la prévention des risques biotechnologiques et le Protocole de Nagoya, et leur demanderait de s’acquitter, de manière coordonnée et efficace, et en étroite collaboration avec les parties intéressées, des obligations et engagements qui sont les leurs au titre de la Convention et des Protocoles.

Considérant que la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique peuvent contribuer grandement à réduire les risques de catastrophe et les effets néfastes des changements climatiques, notamment en renforçant la résilience des écosystèmes fragiles et en les rendant moins vulnérables, l’Assemblée inviterait instamment les parties à la Convention à faciliter le transfert de technologies pour permettre son application efficace.  Elle demanderait aux gouvernements et à toutes les parties intéressées de prendre les mesures voulues pour que les incidences et les avantages socioéconomiques de la conservation et de l’utilisation durable de la diversité biologique et de ses éléments constitutifs, ainsi que des écosystèmes qui fournissent des services essentiels, soient systématiquement pris en compte dans les politiques et programmes correspondants, à tous les niveaux, conformément à la législation, à la situation et aux priorités de chaque pays.

Avant le vote sur les amendements, la représentante de l’Autriche, parlant au nom de l’Union européenne, a expliqué l’objectif des amendements proposés.  Il s’agit de corriger des libellés qui visent, selon la délégation, à réécrire les concepts du Programme d’action d’Addis-Abeba et du Programme 2030.

Avant l’adoption du projet de résolution, la représentante des États-Unis a fait une déclaration générale.  Elle a dit se rallier au consensus sur le texte mais s’est dissociée du paragraphe décidant de la convocation d’un sommet en 2020 dans le cadre des ressources existantes, s’inquiétant de coûts potentiellement très élevés.

Faisant une déclaration générale après l’adoption du projet de résolution, la représentante de l’Autriche, au nom de l’Union européenne, s’est ralliée au consensus.  Elle s’est félicitée de la feuille de route qui est prévue pour soutenir un cadre fort en faveur de la biodiversité.  Elle s’est également réjouie de la décision d’organiser un sommet en 2020.

Application des décisions prises par la Conférence des Nations Unies sur les établissements humains et la Conférence des Nations Unies sur le logement et le développement urbain durable et renforcement du Programme des Nations Unies pour les établissements humains (ONU-Habitat)

Le projet de résolution intitulé « Application des décisions prises par la Conférence des Nations Unies sur les établissements humains et la Conférence des Nations Unies sur le logement et le développement urbain durable et renforcement du Programme des Nations Unies pour les établissements humains (ONU-Habitat) » (A/C.2/73/L.4/Rev.1) a été adopté par consensus, tel que corrigé oralement, après un vote sur des amendements (A/C.2/73/L.61), qui ont été rejetés par 111 voix contre, 45 voix pour et 12 abstentions.

La proposition des amendements avait pour but, d’une part, de supprimer le dixième alinéa du préambule, et d’autre part, de remplacer le paragraphe 15 par le texte suivant:

« Appelle toutes les parties prenantes à mettre en œuvre la présente résolution afin de réaliser la série complète d’objectifs et de cibles ambitieux, universels, axés sur l’être humain et porteurs de changement du Programme 2030, dans lequel il est énoncé que la dignité de la personne humaine est fondamentale et qu’il faut concrétiser ces objectifs et cibles au profit de toutes les nations, tous les peuples et toutes les composantes de la société, ne laisser personne de côté et s’efforcer d’aider les plus défavorisés en premier. »

Ces amendements ayant été rejetés, le texte a été adopté dans sa version initiale.

Aux termes du texte adopté, l’Assemblée générale déciderait de dissoudre le Conseil d’administration d’ONU-Habitat en tant qu’organe subsidiaire de l’Assemblée générale et de le remplacer par l’Assemblée d’ONU-Habitat.  Elle déciderait que la première session de l’Assemblée d’ONU-Habitat se tiendra en mai 2019.

L’Assemblée déciderait par ailleurs que les ressources supplémentaires nécessaires, y compris celles qui serviront à financer les nouveaux mécanismes de gouvernance intergouvernementale d’ONU-Habitat, proviendront des structures existantes et de la rationalisation des opérations, et engagerait les États Membres à verser des contributions volontaires pour assurer la viabilité et la prévisibilité des ressources financières.  Elle inviterait les États Membres, les donateurs internationaux et bilatéraux et les institutions financières à soutenir ONU-Habitat en augmentant le montant des contributions financières volontaires, notamment les contributions non préaffectées, qu’ils versent à la Fondation des Nations Unies pour l’habitat et les établissements humains.

Saluant le rôle central que les villes et les établissements humains peuvent jouer dans le développement durable, l’Assemblée demanderait instamment à ONU-Habitat de continuer d’appuyer une participation accrue des administrations publiques à tous les niveaux et des organisations régionales à la mise en œuvre du Nouveau Programme pour les villes et des objectifs de développement durable qui concernent les villes et d’autres établissements humains, en particulier dans les pays en développement.  Elle demanderait instamment à ONU-Habitat de continuer d’élaborer des méthodes, des approches et des lignes directrices novatrices pour la collecte de données, l’analyse, le suivi et la mise en œuvre, l’objectif étant d’aider les États Membres, en particulier les pays en développement, à faire face aux nouveaux problèmes et aux nouvelles perspectives dans le domaine de l’urbanisme.

Aux termes de ce texte, l’Assemblée encouragerait ONU-Habitat à poursuivre sa collaboration avec les banques internationales de développement et le secteur privé, en vue d’assurer la cohérence de l’appui aux politiques, de veiller à ce que les investissements à grande échelle réalisés dans le secteur urbain soient conformes aux principes du Nouveau Programme pour les villes et de favoriser l’augmentation des investissements dans l’urbanisation durable, en s’appuyant notamment, mais pas exclusivement, sur le mécanisme multipartite au service du développement urbain durable, le Fonds vert pour le climat, le Fonds pour l’environnement mondial, le Fonds pour l’adaptation et les Fonds d’investissement pour le climat.

Groupes de pays en situation particulière

Par le projet de résolution intitulé « Suivi de la quatrième Conférence des Nations Unies sur les pays les moins avancés » (A/C.2/73/L.47), adopté par consensus, l’Assemblée générale demanderait aux pays les moins avancés, leurs partenaires de développement, aux organismes des Nations Unies et tous les autres acteurs de continuer de renforcer le partenariat mondial pour le développement pour les pays les moins avancés dans tous les domaines prioritaires du Programme d’action d’Istanbul.

Elle inviterait le secteur privé, la société civile, le monde universitaire et les fondations à participer à l’application du Programme d’action d’Istanbul dans leurs domaines de compétence, compte tenu des priorités nationales des pays les moins avancés.

Elle se féliciterait que la tendance à la baisse de l’aide publique au développement fournie aux pays les moins avancés se soit inversée en 2017, tout en constatant avec préoccupation que l’aide publique au développement bilatérale versée à ces pays est encore loin d’atteindre l’objectif de 0,15 pour cent à 0,20 pour cent du revenu national brut fixé dans le Programme d’action d’Istanbul et réaffirmé dans le Programme d’action d’Addis-Abeba que nombre de pays développés se sont engagés à tenir.

Elle demanderait aux pays en développement de s’employer, dans un esprit de solidarité et dans la mesure de leurs capacités, à soutenir l’application du Programme d’action d’Istanbul dans des domaines de coopération définis d’un commun accord, au titre de la coopération Sud-Sud, laquelle complète, sans toutefois la remplacer, la coopération Nord-Sud.

Elle exhorterait les pays les moins avancés et leurs partenaires de développement à mettre à profit les initiatives et programmes existants et se référer par exemple aux décisions ministérielles de l’Organisation mondiale du commerce sur l’accès aux marchés en franchise de droits et sans contingent et sur les règles d’origine préférentielles pour les pays les moins avancés, ainsi que sur l’initiative Aide pour le commerce.

Elle constaterait que les pays les moins avancés font face à d’importants déficits d’infrastructures, notamment dans les domaines des transports, de l’énergie et des technologies de l’information et des communications, et réaffirmerait qu’il faut favoriser la qualité, la fiabilité, la pérennité et la solidité des infrastructures et en améliorer la connectivité par des actions concrètes.  Elle soulignerait que le déficit énergétique très prononcé que connaissent les pays les moins avancés entrave sérieusement leur transformation structurelle.

Elle jugerait extrêmement préoccupant qu’un certain nombre de pays les moins avancés soient surendettés, ou risquent fortement de le devenir, et que le ratio du service de la dette aux exportations ait subi une détérioration marquée, passant de 4,1 pour cent en 2008 à près de 10 pour cent en 2017.  Elle soulignerait qu’il faut d’urgence régler ces problèmes d’endettement, que la communauté internationale doit continuer de suivre attentivement l’évolution de leur dette, et prendre des mesures efficaces pour y remédier.

Elle considèrerait qu’il importe de développer les marchés financiers des pays les moins avancés, qui peuvent contribuer à attirer l’épargne intérieure croissante vers des investissements productifs.

Elle réaffirmerait que l’égalité des sexes, l’autonomisation des femmes et des filles et la possibilité pour toute personne d’exercer ses droits fondamentaux sont des facteurs essentiels d’une croissance économique et d’un développement durable.

Elle soulignerait qu’il faut rendre les pays les moins avancés moins vulnérables face aux chocs et catastrophes d’ordre économique, naturel ou environnemental ainsi qu’aux changements climatiques et leur donner les moyens d’affronter ces problèmes et d’autres en les rendant plus résilients.

Elle soulignerait également qu’il faut remédier aux conséquences économiques, sociales et environnementales des changements climatiques, et insisterait sur le fait qu’une action nationale et internationale est indispensable pour appuyer les efforts visant à renforcer la résilience.

Elle féliciterait les pays ayant rempli les conditions pour quitter la catégorie des pays les moins avancés, constaterait avec satisfaction que plusieurs des pays les moins avancés ont exprimé leur intention de remplir les conditions de leur reclassement d’ici à 2020, inviterait ces pays à se préparer à le faire et à définir une stratégie de transition.  Elle inviterait les pays les moins avancés et les partenaires de développement à intégrer des tactiques de reclassement et de transition sans heurt dans leurs stratégies nationales de développement et dans leurs stratégies d’assistance.

Après l’adoption du projet de résolution, la représentante des États-Unis a souligné l’importance de s’assurer que les rares ressources soient investies pour répondre aux problèmes structurels des pays les moins avancés.

Par le projet de résolution intitulé « Suivi de la deuxième Conférence des Nations Unies sur les pays en développement sans littoral » (A/C2/73/L.48), adopté par consensus tel qu’oralement amendé, l’Assemblée générale inviterait les pays en développement sans littoral, les pays de transit, leurs partenaires de développement, les organismes des Nations Unies et toutes les autres parties concernées à mettre en œuvre, de manière concertée et cohérente et avec diligence, des mesures qui soient compatibles avec les priorités nationales arrêtées d’un commun accord dans les six domaines prioritaires du Programme d’action de Vienne.

Soulignant qu’il faut préconiser l’harmonisation, la simplification et la normalisation des règles et des formalités, notamment l’application intégrale et effective des conventions internationales sur le transport et le transit ainsi que des accords bilatéraux, sous-régionaux et régionaux, l’Assemblée inviterait les États Membres qui n’ont pas encore adhéré aux conventions en vigueur à envisager de le faire.

Elle soulignerait que la coopération concernant les politiques, lois et réglementations fondamentales applicables au transit entre les pays en développement sans littoral et les pays de transit voisins est une condition essentielle d’un règlement efficace et intégré des problèmes que posent le commerce transfrontière et le transport en transit.  Elle considérerait à cet égard qu’il importe de répondre aux besoins particuliers des pays en développement sans littoral, notamment en mettant en place et en favorisant des systèmes de transport en transit efficaces qui les relient aux marchés internationaux, tels que des routes, des chemins de fer et des voies navigables intérieures.

L’Assemblée soulignerait également que l’ampleur des ressources nécessaires pour investir dans le développement et l’entretien des infrastructures demeure un problème de taille et que les projets d’infrastructure exigent une coopération internationale, régionale, sous-régionale et bilatérale, l’allocation de crédits plus importants dans les budgets nationaux, l’octroi effectif d’une aide internationale au développement, des financements multilatéraux consacrés à la mise en place et à l’entretien de l’infrastructure ainsi que le renforcement du rôle du secteur privé.  Elle encouragerait les banques multilatérales de développement, notamment les banques régionales, en collaboration avec d’autres parties prenantes, à remédier aux lacunes de l’infrastructure régionale de facilitation des échanges, de transport et de transit.

Elle soulignerait qu’il faut promouvoir une véritable intégration régionale pour étendre la coopération entre les pays à des domaines autres que le commerce et sa facilitation, en y incluant les investissements, la recherche-développement et les politiques propres à accélérer le développement industriel et le maillage au niveau régional.

En adoptant ce texte, l’Assemblée demanderait instamment l’établissement de liens cohérents et efficaces entre les dispositifs de mise en œuvre, de suivi et d’examen du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et ceux de tous les conférences et mécanismes des Nations Unies portant sur cette question, notamment le Programme d’action de Vienne.

Dans le cadre des déclarations générales après l’adoption du projet de résolution, le représentant de l’Égypte, au nom du Groupe des 77 et la Chine, a dit attacher la plus grande importance à ce texte et avoir travaillé avec la plus grande souplesse pour obtenir le consensus.

La représentante des États-Unis a dit s’être ralliée au consensus sur ce texte mais a émis quelques réserves sur ses termes, notamment ceux qui concernent le transfert de technologies.  Elle a précisé que celui-ci doit se faire sur une base volontaire.

Élimination de la pauvreté et autres questions liées au développement

Par le projet de résolution intitulé « Éliminer la pauvreté en milieu rural en vue de réaliser le Programme de développement durable à l’horizon 2030 » (A/C2/73/L.18/Rev.1), adopté par 121 voix pour, 49 voix contre et 2 abstentions (Géorgie et Turquie), l’Assemblée générale réaffirmerait que l’élimination de la pauvreté sous toutes ses formes et dans toutes ses dimensions, y compris l’extrême pauvreté, dans l’intérêt de tous partout dans le monde, est le plus grand défi auquel le monde doit faire face, et une condition indispensable au développement durable, ainsi qu’un objectif majeur du Programme de développement durable à l’horizon 2030.

Elle considèrerait qu’il importe de promouvoir l’essor économique et social du monde rural en tant que stratégie efficace de portée mondiale tendant à éliminer la pauvreté, y compris l’extrême pauvreté.

Elle saluerait le rôle et la contribution décisifs des femmes vivant en milieu rural, notamment des petites exploitantes et des agricultrices, des femmes autochtones et celles des communautés locales, et le capital de connaissances traditionnelles.

Elle soulignerait qu’il faut permettre aux pays en développement d’avoir plus largement et facilement accès aux technologies adaptées propres à l’usage des pauvres et à l’amélioration de la productivité, et insisterait sur le fait qu’il faudrait investir davantage dans l’agriculture, y compris les technologies modernes, ainsi que dans la gestion des ressources naturelles et le renforcement des capacités dans les pays en développement.

Elle constaterait que combler la fracture numérique exigerait une ferme volonté de la part de toutes les parties prenantes nationales et internationales et engagerait toutes ces parties prenantes, en particulier les organismes, fonds et programmes des Nations Unies à aider les pays en développement à surmonter cette fracture.

Lors des déclarations générales avant le vote, le représentant de l’Égypte, au nom du Groupe des 77 et la Chine, a remarqué que le plus grand obstacle à la réalisation du Programme 2030 était la pauvreté sous toutes ses formes.  C’est un problème particulièrement grave en milieu rural, avec des difficultés en matière d’infrastructures, de santé et de sécurité sociale, a-t-il précisé.  Il a ajouté que les changements climatiques accentuaient ces difficultés.

La représentante de l’Autriche, au nom de l’Union européenne, s’est dite déçue par la manière dont la résolution avait été présentée.  Elle a insisté sur l’importance de ne pas avoir d’incidence sur le budget-programme et d’éviter des doubles emplois.  Elle a par ailleurs déploré que le projet soit orienté vers des priorités nationales davantage que sur les priorités des individus.  Souhaitant que ces questions de fond soient renégociées, elle a invité à mieux se préparer pour en discuter l’an prochain.  Si cette résolution est opposée à ses principes, la délégation de l’Union européenne demeure ouverte à en débattre, en se fondant sur une approche idoine de la coopération, qui inclut tous les droits de la personne, a-t-elle précisé. 

Le représentant des États-Unis s’est aligné sur la position de l’Union européenne.  Faisant valoir que son pays est le plus grand fournisseur d’aide publique au développement (APD), avec 34,7 milliards de dollars d’aide en 2017, le représentant a annoncé voter contre ce projet de résolution à cause de la teneur du texte et du fait qu’il sape, selon lui, les fondations de la communauté internationale.  Il a estimé que les auteurs de ce texte avaient des motivations unilatérales.  En outre, il a déploré que ce projet de résolution fasse double emploi et ponctionne des ressources importantes de l’ONU.  « Ces politiques ne contribueront pas à la santé économique à long terme des pays en développement, ni à éliminer la pauvreté en milieu rural », a-t-il estimé.

Lors des déclarations générales après le vote du projet, le représentant de la Chine a réitéré l’importance que son pays et le Groupe des 77 accordaient à ce sujet, en insistant sur les infrastructures, l’élimination des écarts en matière de TIC, et l’autonomisation des femmes et des enfants pour éliminer la pauvreté en milieu rural.  Il a espéré que la communauté internationale parvienne à un consensus dans le cadre du Programme 2030.

Le projet de résolution intitulé « Activités relatives à la troisième Décennie des Nations Unies pour l’élimination de la pauvreté (2018-2027) » (A/C.2/73/L.9/Rev.1) a été adopté par consensus, et après un vote sur des amendements (A/C2/73/L.62), qui ont été rejetés par 110 voix contre, 45 voix pour et 12 abstentions.

La proposition d’amendements avait pour but, d’une part, de supprimer un alinéa du préambule et, d’autre part, de remplacer le paragraphe 42 du dispositif « Demande aux organismes compétents des Nations Unies, agissant dans les limites de leur mandat et de leurs moyens, de veiller à ce que nul ne soit laissé pour compte et qu’aucun pays ne soit oublié lors de l’application de la présente résolution » par le suivant: « Appelle toutes les parties prenantes à mettre en œuvre la présente résolution afin de réaliser la série complète d’objectifs et de cibles ambitieux, universels, axés sur l’être humain et porteurs de changement du Programme 2030, dans  lequel il est énoncé que la dignité de la personne humaine est fondamentale et qu’il faut concrétiser ces objectifs et cibles au profit de toutes les nations, tous les peuples et toutes les composantes de la société, ne laisser personne de côté et s’efforcer d’aider les plus défavorisés en premier. » 

Ces amendements ayant été rejetés, le texte a été adopté dans sa version initiale.

Aux termes de ce texte, l’Assemblée générale réaffirmerait que la troisième Décennie des Nations Unies pour l’élimination de la pauvreté (2018-2027) a pour objet de préserver la dynamique créée par la mise en œuvre de la deuxième Décennie et d’appuyer, de manière efficiente et coordonnée, les objectifs de développement arrêtés au niveau international relatifs à l’élimination de la pauvreté, notamment les objectifs de développement durable visant à ne pas faire de laissés-pour-compte et à aider en premier lieu les plus défavorisés.  Elle réaffirmerait également que l’élimination de la pauvreté, sous toutes ses formes et dans toutes ses dimensions, y compris l’extrême pauvreté, dans le monde entier, constitue le plus grand défi auquel l’humanité doit faire face et une condition indispensable au développement durable et un objectif majeur du Programme de développement durable à l’horizon 2030, dont fait partie intégrante le Programme d’action d’Addis-Abeba.

L’Assemblée réaffirmerait, en outre, que chaque pays est responsable au premier chef de son propre développement économique et social et que l’on ne saurait trop insister sur le rôle des politiques et stratégies de développement nationales dans le développement durable et l’élimination de la pauvreté.  Elle considérerait que les efforts supplémentaires qui sont déployés par les pays devraient être complétés au niveau international par des mesures, des politiques et des programmes d’appui efficaces et concrets visant à élargir les perspectives de développement des pays en développement, compte tenu de la situation propre à chacun et dans le respect de ses prérogatives et de sa souveraineté.

Après avoir salué les progrès remarquables accomplis depuis 1990, qui ont permis à plus d’1,1 milliard de personnes de sortir de l’extrême pauvreté, l’Assemblée constaterait avec une vive préoccupation que ces progrès restent inégaux, étant donné que 1,3 milliard de personnes vivent encore dans la pauvreté dans toutes ses dimensions, et que ce nombre reste considérable et inacceptable, tandis que les inégalités de revenus, de richesses et de perspectives restent marquées, voire s’accroissent, dans un certain nombre de pays.  Aussi elle demanderait à la communauté internationale, notamment aux États Membres et aux organismes du système des Nations Unies pour le développement, de continuer à accorder la priorité absolue à l’élimination de la pauvreté dans l’exécution de leurs mandats.

En adoptant ce projet, l’Assemblée demanderait également à la communauté internationale, notamment aux États Membres, de poursuivre leur ambitieux travail de recherche de solutions socioéconomiques durables, bénéficiant au plus grand nombre et plus équitables, mieux équilibrées, plus stables et davantage axées sur le développement afin de vaincre la pauvreté.  Sachant que toutes les formes d’inégalité, notamment les inégalités entre les sexes, ont une incidence sur la pauvreté, elle soulignerait qu’il importe de procéder à une restructuration qui permette une industrialisation durable et profitant à tous, favorisant la création d’emplois et la réduction de la pauvreté, d’investir dans l’agriculture durable et dans la mise en place d’une infrastructure de qualité, fiable, durable et résiliente pour promouvoir le développement économique et le bien-être de l’être humain, en privilégiant un accès universel, financièrement abordable et équitable, d’améliorer l’interconnectivité, d’assurer l’accès à l’énergie, d’ouvrir l’accès aux services financiers, de promouvoir l’emploi rural décent, d’élargir l’accès à un enseignement de qualité, de favoriser des soins de santé de qualité, notamment en accélérant la transition vers un accès équitable à la couverture sanitaire universelle, de faire progresser l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes et des filles, de faire en sorte qu’un plus grand nombre de personnes bénéficient d’une protection sociale, d’atténuer les effets des changements climatiques et de s’adapter à ces changements, ainsi que de combattre les inégalités et l’exclusion sociale.

Constatant avec inquiétude qu’en 2017, alors que l’aide bilatérale (de pays à pays) aux pays les moins avancés a augmenté de 4 pour cent, le volume de l’aide publique au développement a diminué de 0,6% par rapport à 2016, après être resté stationnaire pendant les six années précédentes, et que cette aide représentait en moyenne 0,31% du revenu national brut de l’ensemble des donateurs en 2014, soit un taux en-deçà du taux de 0,7% fixé comme objectif, l’Assemblée réaffirmerait qu’il demeure crucial que tous les engagements pris à ce titre soient honorés et que, pour de nombreux pays parmi les moins avancés et les pays en développement sans littoral, l’aide publique au développement reste la principale source de financement extérieur.  En outre, elle exhorterait la communauté internationale à chercher à remédier en priorité aux conséquences des catastrophes naturelles, des changements climatiques, des conflits et des grandes épidémies qui entravent gravement l’action visant à éliminer la pauvreté, en particulier dans les pays en développement.

Enfin, l’Assemblée déciderait que la troisième Décennie des Nations Unies s’intitulera « Intensifier les initiatives visant à édifier un monde exempt de pauvreté », conformément au Programme de développement durable à l’horizon 2030.

Avant le vote sur les amendements, la représentante de l’Autriche, parlant au nom de l’Union européenne, a expliqué l’objectif des amendements proposés.  Il s’agit de corriger des libellés qui visent, selon la délégation, à réécrire les concepts du Programme d’action d’Addis-Abeba et du Programme 2030.

Activités opérationnelles de développement: activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies

Le projet de résolution intitulé « Activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies » (A/C.2/73/L.8/Rev.1) a été adopté par consensus, après un vote sur un amendement (A/C2/73/L.64), qui a été rejeté par 107 voix contre, 45 voix pour et 12 abstentions.

La proposition d’amendement avait pour but de remplacer le paragraphe 6 du dispositif « Demande aux organismes compétents des Nations Unies, agissant dans les limites de leur mandat et de leurs moyens respectifs, de veiller à ce que nul ne soit laissé pour compte et qu’aucun pays ne soit oublié lors de l’application de la présente résolution » par le suivant: « Appelle toutes les parties prenantes à mettre en œuvre la présente résolution afin de réaliser la série complète d’objectifs et de cibles ambitieux, universels, axés sur l’être humain et porteurs de changement du Programme 2030, dans lequel il est énoncé que la dignité de la personne humaine est fondamentale et qu’il faut concrétiser ces objectifs et cibles au profit de toutes les nations, tous les peuples et toutes les composantes de la société, ne laisser personne de côté et s’efforcer d’aider les plus défavorisés en premier. »

Cet amendement ayant été rejeté, le texte a été adopté dans sa version initiale.

Aux termes de ce projet, l’Assemblée générale prendrait acte avec intérêt des rapports du Secrétaire général sur l’application de la résolution 71/243 à l’échelle du système des Nations Unies, et se féliciterait des efforts accomplis par le Secrétaire général en vue du repositionnement du système des Nations Unies pour le développement.

Elle prierait le Secrétaire général et l’ensemble des entités du système des Nations Unies pour le développement de veiller à ce que ses résolutions 71/243 et 72/279 soient pleinement appliquées, et soulignerait qu’il est urgent que soient exécutés les mandats énoncés aux paragraphes 4, 15, 19, 29 et 30 de sa résolution 72/279 et qu’il doit en être rendu compte dans le cadre du débat du Conseil économique et social consacré aux activités opérationnelles en mai 2019.

Elle soulignerait qu’il importe de rendre pleinement opérationnelles les trois sources de financement visées au paragraphe 10 de sa résolution 72/279, en indiquant qu’elle reste préoccupée par les moyens de s’assurer que le système des coordonnateurs résidents dispose d’un financement suffisant, prévisible et durable pour pouvoir apporter à chaque situation une solution cohérente, efficace, efficiente et responsable dictée par les priorités et besoins de chaque pays, et demanderait au Secrétaire général de veiller à ce que le fonds d’affectation spéciale créé pour le système redynamisé des coordonnateurs résidents soit administré de manière indépendante et transparente.

Elle demanderait instamment à tous les États Membres de verser, en temps utile, des contributions volontaires au fonds d’affectation spéciale pour le système redynamisé des coordonnateurs résidents en vue de sa mise en place.

Elle soulignerait qu’il est nécessaire de réaliser pleinement et promptement les gains d’efficacité envisagés par le Secrétaire général dans son rapport et de réaffecter ces gains aux activités de développement, notamment à la coordination.

Elle demanderait aux organismes compétents des Nations Unies, agissant dans les limites de leur mandat et de leurs moyens respectifs, de veiller à ce que nul ne soit laissé pour compte et qu’aucun pays ne soit oublié lors de l’application de la présente résolution.

Dans une déclaration générale faite avant l’adoption de la résolution, la représentante du Bélarus a réaffirmé la nécessité que les instances de l’ONU aident les pays à mettre en œuvre ce projet de résolution pour qu’aucun pays ne soit laissé de côté.  Le Bélarus souscrit à la résolution, a-t-elle assuré, même s’il estime que le processus n’était ni neutre ni transparent.  Par conséquent, le Bélarus mettra en pratique ce texte selon sa volonté, en tenant compte du respect du principe de l’appropriation nationale.

Le projet de résolution intitulé « Coopération Sud-Sud » (A/C.2/73/L.22/Rev.1) a été adopté par consensus, après un vote sur des amendements (A/C2/73/L.65), qui ont été rejetés par 110 voix contre, 45 voix pour et 11 abstentions.

La proposition d’amendement avait pour but, d’une part, de supprimer le dernier alinéa du préambule se lisant comme suit: « S’engageant de nouveau à faire en sorte qu’aucun pays ne soit oublié et que nul ne soit laissé pour compte et à faire porter son action sur les domaines dans lesquels les obstacles sont les plus nombreux, notamment en veillant à inclure et à faire participer les plus défavorisés. »

D’autre part, il était demandé de remplacer le paragraphe 4 du dispositif « Demande aux organismes compétents des Nations Unies, agissant dans les limites de leur mandat et de leurs moyens respectifs, de veiller à ce que nul ne soit laissé pour compte et qu’aucun pays ne soit oublié lors de l’application de la présente résolution » par le suivant: « Appelle toutes les parties prenantes à mettre en œuvre la présente résolution afin de réaliser la série complète d’objectifs et de cibles ambitieux, universels, axés sur l’être humain et porteurs de changement du Programme 2030, dans lequel il est énoncé que la dignité de la personne humaine est fondamentale et qu’il faut concrétiser ces objectifs et cibles au profit de toutes les nations, tous les peuples et toutes les composantes de la société, ne laisser personne de côté et s’efforcer d’aider les plus défavorisés en premier. » 

Ces amendements ayant été rejetés, le texte a été adopté dans sa version initiale.

Aux termes de ce texte, l’Assemblée générale, rappelant les résolutions de l’ONU sur la coopération Sud-Sud et les textes issus des grandes conférences et sommets des Nations Unies concernant les domaines économique et social et les domaines connexes, considèrerait qu’il faut renforcer et redynamiser la coopération Sud-Sud et la coopération triangulaire et se féliciterait de l’organisation de la deuxième Conférence de haut niveau des Nations Unies sur la coopération Sud-Sud, qui aura lieu à Buenos Aires du 20 au 22 mars 2019.

Elle demanderait aux organismes compétents des Nations Unies, agissant dans les limites de leur mandat et de leurs moyens respectifs, de veiller à ce que nul ne soit laissé pour compte et qu’aucun pays ne soit oublié lors de l’application de la présente résolution.

Avant le vote sur les amendements, la représentante de l’Autriche, parlant au nom de l’Union européenne, a expliqué l’objectif des amendements proposés.  Il s’agit de corriger des libellés qui visent, selon la délégation, à réécrire les concepts du Programme d’action d’Addis-Abeba et du Programme 2030.

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