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END/DEV/1849
8 mai 2018
Treizième session, 4e et 5e séances – matin et après-midi

Forêts: le Forum se penche sur les enjeux de l’eau, de l’exploitation durable et de la communication

L’eau et les forêts ainsi que l’exploitation et la consommation durable de produits ligneux, ont mobilisé l’attention du Forum sur les forêts qui a aussi profité de cette deuxième journée de travaux pour réfléchir aux enjeux et défis de la communication sur les forêts.

Les discussions se sont notamment déroulées au cours de deux tables rondes consécutives consacrées à « la contribution des forêts pour la réalisation des objectifs de développement durable et la transformation vers des sociétés durables et résilientes ».

Dans l’après-midi, avant de reprendre leur débat général, les délégations ont réfléchi aux moyens de renforcer la communication autour du Plan stratégique des Nations Unies sur les forêts, pour « capter l’imaginaire des décideurs ».  Elles ont également entendu les conseils divulgués par plusieurs experts en communication pour remédier au « problème d’image » dont souffre la foresterie.

Au préalable, l’attention du Forum s’est portée sur les problèmes découlant du fait que les changements climatiques renforcent l’incertitude sur le niveau de précipitations, sachant combien la quantité d’eau de pluie est importante pour les forêts.

Dans un contexte global marqué par une demande en eau accrue, M. David Ellison, expert de l’Université suédoise sur les sciences agricoles, a souligné le danger d’une baisse des précipitations pour les forêts, lesquelles sont d’ores et déjà menacées par la déforestation, tandis que M. Meine Van Noordwijk, Coprésident du panel international d’experts forestiers sur les forêts et l’eau, a averti du risque que les hommes et les arbres soient en compétition pour l’eau.

« L’idée la plus répandue est que la préservation des forêts est bénéfique en termes de ressources en eau, pourtant davantage d’arbres signifie une consommation accrue en eau, les arbres consommant de l’eau », a expliqué l’expert.  Plutôt que de se concentrer sur les liens entre carbone et forêts, cet expert a invité à se focaliser sur les liens plus directs entre forêts et eau, en rappelant au passage que l’eau figure au centre de tous des objectifs de développement durable.  « Le climat n’est pas qu’une question de carbone mais bel et bien une question d’eau », a-t-il tranché.

L’exploitation durable des forêts a aussi été examinée sous l’angle des différentes utilisations faites des produits de la forêt: l’énergie sylvicole, autrement dit le bois de chauffe ou la biomasse, ainsi que l’agroforesterie, ou encore l’exploitation des produits ligneux et non ligneux. 

Les délégations ont notamment entendu la thèse du Directeur de la division de la foresterie et de la biodiversité de l’Institut pour l’énergie et les ressources de l’Inde, selon laquelle malgré l’augmentation du couvert forestier en Inde, la qualité des forêts s’est dégradée en raison de la collecte du bois de chauffe.  Il est vrai que 216 millions de tonnes de ce bois y sont ramassées annuellement et que 100 millions d’Indiens dépendent exclusivement du bois de chauffe pour subvenir à leurs besoins en énergie.

Il est aussi apparu que la vente de bois reste indispensable à certaines populations qui en dépendent pour subvenir à leurs besoins.  Le délégué de la République du Congo a fait observer qu’à moins d’offrir à ces populations une alternative pour subvenir à leurs besoins, elles continueront de couper le bois.  De là l’idée de proposer des activités génératrices de revenu autre que la vente de bois.

Quant à l’exigence de durabilité des exploitations de produits des forêts, l’Australie a expliqué qu’elle aidait les exportateurs à se tourner vers des producteurs qui utilisent des sources renouvelables, notamment en analysant les outils juridiques applicables.  Toujours dans le souci de la légalité et de la durabilité des exploitations, un chercheur de la Green Alliance a averti que si le volume du bois exploité illégalement à l’échelle mondiale avait baissé, sa présence sur le marché avait en revanche augmenté en raison, notamment, de la falsification des certificats de provenance.

Le Forum sur les forêts poursuivra ses travaux demain, mercredi 9 mai, à partir de 10 heures.

MISE EN ŒUVRE DU PLAN STRATÉGIQUE DES NATIONS UNIES SUR LES FORÊTS (2017 -2030) CONCERTATION SUR LES PRIORITÉS THÉMATIQUES ET OPÉRATIONNELLES, LES MESURES PRIORITAIRES ET LES RESSOURCES NÉCESSAIRES POUR LA PÉRIODE 2017-2018, COMPTE TENU DU CYCLE D’EXAMEN DU FORUM POLITIQUE DE HAUT NIVEAU POUR LE DÉVELOPPEMENT DURABLE PENDANT CETTE PÉRIODE ET DU THÈME DE LA JOURNÉE INTERNATIONALE DES FORÊTS

La contribution des forêts pour la réalisation des objectifs de développement durable et la transformation vers des sociétés durables et résilientes

Table ronde 1

M. HIROTO MITSUGI, Président du partenariat de collaboration sur les forêts, a indiqué que la Conférence qui s’est tenue à Rome en février 2018 avait pour but de faire le point sur la mise en œuvre des objectifs de développement durable relatifs aux forêts.  Les participants ont pu examiner les possibilités de mettre un terme à la déforestation et d’étendre la superficie forestière, conformément à la cible 15.2 des objectifs de développement durable.  « Il faut agir de toute urgence pour mettre un terme à la déforestation, c’est le message clef de la Conférence. »  M. Mitsugi a plaidé pour que l’on donne la priorité à des produits de base et des chaînes de valeur durables, avant de souhaiter que les jeunes « véritables agents de changement » jouent tout leur rôle pour une gestion durable des forêts.  Il a aussi appelé les gouvernements à renforcer leurs partenariats avec le secteur privé, avant de suggérer aux banques internationales d’accorder des prêts innovants pour favoriser les investissements pour une gestion forestière durable.  Il faut, a ajouté M. Mitsugi, des instruments novateurs permettant de relever le niveau des progrès accomplis dans les domaines du financement des technologies et de la recherche. 

M. MEINE VAN NOORDWIJK, Co-Président du panel international d’experts forestiers sur les forêts et l’eau, a attiré l’attention pour sa part sur le fait que les changements climatiques renforcent l’incertitude sur le niveau des précipitations, lesquelles sont cruciales pour les forêts, dans un contexte global marqué par une demande en eau accrue.  Il a ensuite donné une idée générale des recommandations de son panel qui seront présentées au Forum politique de haut niveau pour le développement durable.  « L’idée la plus répandue est que la préservation des forêts est bénéfique pour l’eau, pourtant davantage d’arbres signifie une consommation accrue en eau, les arbres consommant de l’eau », a-t-il dit, en insistant sur la complexité des liens entre arbres et eau.  « Il peut y avoir une compétition entre les hommes et les arbres pour l’eau. » Plutôt que de se concentrer sur les liens entre carbone et forêts, il a invité à se focaliser sur les liens plus directs entre forêts et eau.  L’eau n’est pas le seul des objectifs de développement durable 6, l’eau est au centre de tous des objectifs de développement durable, a-t-il argué.  « Le climat n’est pas qu’une question de carbone mais bel et bien une question d’eau. »

Toujours sur les questions liées à l’eau et aux forêts, M. DAVID ELLISON, Expert de l’Université suédoise sur les sciences agricoles, a souligné le danger d’une baisse des précipitations pour les forêts, lesquelles sont d’ores et déjà menacées par la déforestation.  « Un nombre accru de forêts signifie-t-il forcément plus d’eau? », a-t-il demandé.  « C’est une question difficile à résoudre et il faut être prudent. » Il a en effet déclaré que les forêts utilisent de l’eau et peuvent même « détourner » les eaux.  Une partie de l’évaporatranspiration des forêts se transforme en précipitations mais ce n’est qu’une petite partie, les précipitations dépendant en grande partie des conditions océaniques, a-t-il argué.  M. Ellison a en outre pointé la distribution inégale en eaux sur la surface de la terre et remarqué, contrairement aux idées reçues, que toutes les régions ne connaissent pas une baisse des précipitations.  La région boréale connaît des précipitations accrues, a-t-il dit. 

M. MICHAEL JENKINS, Président de tendances forêts des États-Unis, a invité à un changement de paradigme, « pour que l’on en ne pense plus que planter un hectare de soja au Brésil est plus important qu’un hectare de reboisement ».  Il a rappelé qu’1,6 milliard de personnes dans le monde dépendent des forêts pour leurs moyens de subsistance, avant de remarquer que 50% des richesses des forêts ne sont pas monétaires mais « cachées », comme la nourriture ou la source d’énergie qu’elles fournissent.  À cette aune, il a défendu une meilleure valorisation des forêts, prenant en compte les revenus monétaires, les revenus cachés mais aussi la valeur spirituelle des forêts.  « Nous sommes à un moment critique. »  Il s’est félicité des nombreux signaux politiques annonciateurs d’une nouvelle gestion forestière, tels que le récent engagement de 65 pays tropicaux de ralentir la déforestation ou bien encore la reconnaissance croissante des droits fonciers des peuples autochtones.  « Ces signaux politiques doivent maintenant se transformer en mesures concrètes », a-t-il dit, en appelant les pays à se montrer « audacieux ».  Quant au secteur privé, il devrait s’engager en faveur d’un objectif de zéro déforestation, a conclu M. Jenkins.

M. DAVID GANZ, Directeur exécutif du centre pour les peuples et les forêts, a salué les engagements pris, lors de la séance d’hier du Forum des Nations Unies sur les forêts, par plusieurs pays asiatiques, tels que le Népal et l’Indonésie, en vue d’une gestion forestière durable.  Il a également plaidé pour une meilleure prise en compte des droits fonciers des peuples autochtones. 

Dans la discussion qui a suivi, les délégations ont brièvement présenté les politiques adoptées pour une gestion plus durable des eaux et des forêts.  La représentante de la République du Congo a rappelé que le bassin du Congo est le second ensemble forestier humide d’un seul tenant après l’Amazonie.  La faune et la flore de ce bassin sont très riches, a-t-elle rappelé.  Elle a mentionné la récente mise en place d’une Commission sur le bassin du Congo et d’un « fonds bleu » visant à préserver les étendues d’eau de ce bassin au bénéfice des communautés qui y vivent.  « L’accès à l’eau est un droit humain selon la Constitution de la Bolivie », a ensuite indiqué la représentante de ce pays. 

« La vie sans forêts n’est tout simplement pas concevable », a déclaré le délégué du Costa Rica, qui a souligné la nécessité que les petits producteurs reçoivent les dividendes de la production forestière, auxquels ils ont droit.  « Un impôt spécifique a été introduit dans mon pays pour une gestion forestière durable », a-t-il ajouté.  Le Mexique a quant à lui demandé la mise en place d’incitations financières pour encourager les investissements dans le secteur forestier, ainsi qu’une meilleure valorisation des chaines de production forestière. 

Le délégué de l’Inde a, justement, mentionné l’instauration progressive de chaînes de valeur durables dans son pays pour atteindre l’objectif fixé d’un tiers de couverture forestière du territoire indien.  L’observateur de l’État de la Palestine a indiqué que les politiques pour une reforestation de la Palestine se heurtent aux agissements d’Israël, qui ont détruit près de 80 000 hectares de forêts en Palestine.  « Ce Forum devrait adopter des mesures contre ceux qui détruisent les forêts en Palestine », a-t-il suggéré.

Sur le plan des instruments juridiques, le délégué du Pakistan a souligné l’importance de la Convention relative aux zones humides d’importance internationale, tandis que son homologue de la Suisse a attiré l’attention sur la bonne mise en œuvre de la Convention sur la protection et l’utilisation des cours d’eau transfrontières et des lacs internationaux. 

Enfin, l’Union européenne, partisane d’une action collective pour mettre un terme à la déforestation, a souhaité que la résolution omnibus qui doit être adoptée à la fin de session du Forum soit « concise, tournée vers l’avenir, nouvelle et de nature à favoriser la mise en œuvre du Plan stratégique des Nations Unies ».

Les délégations de la Finlande et de la Malaisie ont également pris la parole. 

Table ronde 2

Lors de cette table ronde, l’exploitation durable des forêts a été examinée sous l’angle des différentes utilisations faites des produits de la forêt: l’énergie sylvicole, autrement dit le bois de chauffe ou la biomasse, ainsi que l’agroforesterie, ou encore l’exploitation des produits ligneux et non ligneux.  Tous présentent des avantages et des inconvénients auxquels il faut répondre par des réformes et des investissements, tout en renforçant le rôle des communautés locales pour une bonne gestion de ces ressources.

L’énergie sylvicole a été au centre de l’intervention de M. JITENDRA VIR SHARMA, Directeur de la division de la foresterie et de la biodiversité de l’Institut pour l’énergie et les ressources de l’Inde, qui a indiqué que 300 millions de personnes dans ce pays dépendent des forêts, celles-ci couvrant plus de 24% du territoire, soit 80,2 millions d’hectares.  Malgré l’augmentation du couvert forestier en Inde, la qualité des forêts s’est dégradée en raison de techniques d’exploitation non durable, a déploré M. Sharma en citant les 216 millions de tonnes de bois de chauffe ramassés annuellement, dont la vaste majorité vient de forêts gérées par le domaine public.  Il a dénombré 854 millions de personnes, dont une majorité de femmes, qui chaque année, passent 374 heures par an à récolter du bois de chauffe, sachant que 100 millions d’Indiens dépendent exclusivement du bois de chauffe pour subvenir à leurs besoins en énergie et que 100 000 personnes meurent prématurément chaque année de maladies provoquées par l’inhalation de fumée.

L’expert a en outre averti que ces tendances risquaient de se renforcer à l’avenir, d’où les efforts déployés par le Gouvernement de l’Inde pour augmenter l’utilisation du gaz naturel.  L’Inde compte également renforcer les capacités et les investissements pour contrer ces tendances, soit plus de 6 milliards de dollars, et vise par ailleurs à séquestrer jusqu’à 3 milliards de tonnes de CO2 supplémentaire grâce à la bonne gestion du secteur forestier.  Veiller à la sécurité des propriétaires fonciers est également un impératif, a-t-il ajouté.  Sur le plan des nouveautés, l’Inde a mis sur pied un mécanisme de financement novateur qui repose sur plusieurs éléments: une taxe verte, le financement du carbone, le mécanisme REDD+ et un Fonds de gestion d’afforestation compensatoire.  En outre, un prix minimal est garanti pour les produits issus de la forêt primale.

M. GARY BULL, Professeur et Directeur du Département de gestion des ressources forestières de l’Université de Colombie britannique, a constaté que peu de progrès avaient été réalisés en ce qui concerne l’amélioration de l’efficacité énergique et des énergies renouvelables.  Il a notamment pointé le fait que 3,04 milliards de personnes, pour majorité en Asie, n’ont pas accès à des carburants propres pour faire leur cuisine, et que près de la moitié des énergies renouvelables demeurent liées à l’utilisation traditionnelle de la biomasse.  « Face à ce statu quo, il faut vraiment se relever les manches », a-t-il lancé.

Sur le plan économique, M. Bull a souligné le caractère crucial de l’agroforesterie pour éviter la concurrence dans l’utilisation des terres, le but étant de permettre aux pauvres, notamment les femmes, de pouvoir véritablement améliorer leur qualité de vie. 

Revenant à l’énergie, il a fait valoir les avantages de la technologie de l’ingénierie qui promeut une plus grande utilisation de la bioénergie, mettant toutefois en garde contre la création de technologies que personne ne sera capable d’utiliser.  Les systèmes d’information sur les forêts, auront également leur rôle à jouer, notamment pour appuyer la « responsabilité carbone », a-t-il ajouté.  L’expert a enfin invité à l’afforestation, que ce soit à des fins industrielles ou non.  Des plateformes institutionnelles sont aussi nécessaires pour permettre aux gouvernements, groupes autochtones, ONG et à l’industrie de se mettre d’accord sur des politiques communes, sans oublier la réforme du régime foncier et les mécanismes de financement, a–t-il estimé.

La contribution des forêts pour la réalisation des objectifs de développement durable a été également abordée par rapport aux produits ligneux et non ligneuxM. DUNCAN BRACK, chercheur associé de Chatham House et chercheur de la Green Alliance, a indiqué que 60% des forêts du monde sont utilisées pour la production de ces produits, principalement au Brésil, au Canada et en Indonésie.  Ces produits représentent 1,8% du commerce international, a-t-il dit en signalant que le secteur du bois est en hausse, avec une augmentation de la valeur du papier et une demande marquée pour les meubles en bois.  La Chine, par exemple, est devenue le plus grand consommateur de produits du bois et le plus grand exportateur de meubles en bois au monde.  Le panéliste a imputé cette augmentation de la demande au niveau mondial à la croissance démographique, au degré d’urbanisation, aux changements technologiques, et aux restrictions imposées à l’utilisation des sacs en plastique, entre autres.  Il a prédit que la demande en bois de chauffe baisserait à l’avenir, mais que les demandes en bois rond augmenteraient. 

Le panéliste a aussi averti que la perte du couvert forestier, qui est distincte du phénomène de déforestation, est en hausse.  Il a par ailleurs noté que peu de données existent sur les volumes de production de produits sylvicoles autres que le bois, comme les plantes à usage médicinal ou cosmétique, les épices, les résines, les huiles, le gibier, le miel ou la cire d’abeille.  Il n’en demeure pas moins que des millions de personnes, pour majorité dans les pays en développement, en dépendent et que ces produits génèrent en moyenne 88 milliards de dollars en revenu chaque année.

Principal intervenant de la table ronde, M. DAVID GANZ, Directeur exécutif du Center for People and Forests, a remarqué que l’on se concentre souvent sur les moyens de subsistance tirés des forêts.  Il a appelé à ne pas romancer la situation des communautés vivant dans cet habitat.

Au cours du dialogue interactif, le Ghana a insisté sur l’importance de l’assistance financière à la gestion des forêts et du transfert de technologie.  Son homologue de la Papouasie-Nouvelle-Guinée a plaidé avant tout pour qu’on accorde la priorité aux technologies qui permettront aux populations d’assurer l’exploitation des forêts, invitant au passage le Forum à examiner en détail la question de la propriété foncière au cas par cas, selon les pays. 

Le Sénégal s’est alarmé de la pression démographique et du manque de capacités de l’État à gérer les forêts de manière durable.  Il a suggéré de mettre sur pied un mécanisme pour la gestion des forêts.  La République du Congo a insisté sur l’importance d’offrir aux populations des activités génératrices de revenu autre que la vente de bois, faisant observer qu’à moins d’une alternative pour subvenir à leurs besoins, elles continueront de le couper.

L’Australie a dit chercher à comprendre les cadres juridiques des pays producteurs de bois pour aiguiller les exportateurs vers des producteurs qui utilisent des sources renouvelables.  Sur ce point, le chercheur de la Green Alliance a averti que si le volume du bois exploité illégalement à l’échelle mondiale avait baissé, sa présence sur le marché avait en revanche augmenté en raison, notamment, de la falsification des certificats.

Les intervenants ont également insisté sur la participation des communautés, qui est essentielle pour assurer l’exploitation durable des forêts.  C’est ce qu’a dit l’Inde, suivie par le Canada qui a invité à prendre en compte le rôle central des femmes et des filles si l’on veut avoir un véritable impact sur le terrain.  Les jeunes doivent aussi être représentés au niveau international notamment au sein de panels de discussions, pour qu’ils puissent partager des perspectives nouvelles, a ajouté une ONG pour les enfants et les jeunes.

Une autre ONG a insisté sur le rôle essentiel des petits propriétaires de forêts, déplorant que ces derniers peinent souvent à obtenir l’équipement nécessaire pour assurer la bonne gestion des forêts.  La communauté scientifique et technologique a, pour sa part, déploré que les communautés qui dépendent des forêts soient souvent considérées comme « en retard », et que l’on n’envisage même pas que l’eau et les forêts puissent tout simplement disparaître un jour.  Justement, pour élargir ses sources en eau et en pâturage, l’Arabie saoudite compte augmenter de 2% les 2,5 millions d’hectares de forêts dont elle dispose.

De manière plus large, le secrétariat de la Convention sur la diversité biologique (CBD) a appelé la communauté internationale à adopter un message unifié et à fonder l’action sur des bases scientifiques.  Les États-Unis ont estimé pour leur part que la gestion durable des forêts devait être intégrée à toute politique économique.

ÉLABORATION DE LA STRATÉGIE DE COMMUNICATION ET DE SENSIBILISATION DU PLAN STRATÉGIQUE DES NATIONS UNIES SUR LES FORÊTS (2017-2030)

Comment améliorer la communication sur les questions liées à la forêt et palier les faiblesses des experts scientifiques en la matière?  Tels étaient les enjeux de cette discussion modelée sur le format des TED Talks, dont les grandes lignes ont été présentées par Mme CAROLINE LIOU de Forest Communicators Networks Asia Pacific.

M. ROBERT GRACE, de M&C Saatchi Partners, a expliqué qu’une communication effective repose en partie sur la capacité à ôter les « couches de complexités » qui peuvent enrober une question pour en atteindre le point essentiel.  « La complexité est le repère de la médiocrité », a-t-il commenté.  Ce qui importe avant tout, a-t-il indiqué, c’est non seulement de bien identifier l’objectif de la communication, mais aussi votre « ennemi », pour comprendre les défis qu’il faut surmonter. 

Comment combattre les « fake news » sur les forêts?  C’est la question à laquelle se sont ensuite efforcés de répondre deux spécialistes de la gestion sylvicole, M. INGWALD GSCHWANDTL, Chef d’équipe du réseau de communication sur les forêts de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), et M. KAI LINTUNEN, Directeur de la communication de l’Association des forêts de la Finlande

Pour eux, il faut se rendre à l’évidence, « la foresterie a un problème d’image ».  Trop souvent, ont-ils déploré, la couverture médiatique est axée sur le problème de la déforestation, l’abattage illégal et les feux de forêts ou alors elle présente une image trop idéalisée des forêts qui seraient des lieux idylliques.  En outre, les deux experts ont estimé qu’on confond encore communication et partage d’information.  Or, la communication doit savoir atteindre « le cœur et l’esprit » du public, d’où l’importance de bâtir un dialogue constant avec lui pour s’assurer que le message passe véritablement.

Les deux hommes ont ensuite partagé les 10 points incontournables à mettre en œuvre pour pouvoir bien communiquer.

En premier lieu, ont-ils indiqué, il faut avoir de la volonté politique, la capacité à bien communiquer, disposer de ressources suffisantes, et savoir être stratégique, car « échouer à bien se préparer, c’est se préparer à échouer ».  De plus, toutes les personnes impliquées doivent comprendre le message, ses enjeux ainsi que les objectifs de la stratégie de communication.  Il faut non seulement fournir des preuves et des faits crédibles et tangibles, mais aussi bien comprendre son public et savoir comment l’atteindre, d’où l’importance de créer des partenariats.  L’imagination et la créativité sont également primordiales, « car on peut parfois communiquer avec quelqu’un qui vous fait la sourde oreille ».  Et enfin, ont-ils souligné, il faut savoir persévérer.

La communication sur les risques inhérents aux feux de forêts, que ce soit en termes de santé ou de destruction, était au centre de l’intervention de Mme JENNIFER HAYS, du Service de la foresterie du Département de l’agriculture des États-Unis.  Cette dernière a parlé du travail d’un chercheur qui avait démontré que le comportement des incendies alimentés par des « combustibles fins », comme l’herbe, était plus prévisible qu’on ne le pensait jusqu’à présent.  Au lieu de limiter le résultat de cette recherche à une publication dans une revue scientifique, le Département de l’agriculture a mis sur pied une campagne médiatique pour transmettre cette information au grand public grâce à des bulletins d’informations diffusés lors d’émissions télévisuelles de grandes audience, comme les nouvelles locales.  Cette stratégie a connu un franc succès pendant la « saison des incendies », en été notamment.  Et pour maintenir l’attention sur cette question « hors saison », en hiver par exemple, une campagne a été lancée pour mettre l’accent sur le chercheur lui-même, afin « d’humaniser la question ».

Comment véritablement communiquer avec les populations locales?  C’est l’enjeu qui préoccupe Mme CAROLINE LIOU qui a mis sur pied un système de communication participative.  Elle a insisté sur l’importance d’établir des liens avec la communauté, d’élaborer une stratégie de communication avec elle, puis de valider celle-ci et de la mettre en œuvre ensemble.

Ainsi en Indonésie, un projet a permis de former des militants des communautés locales qui ont élaboré un moyen original pour communiquer sur l’importance des changements climatiques: recouvrir entièrement les participants à un atelier d’un simple sac plastique.

Au Viet Nam, un programme a été mis sur pied pour apprendre aux femmes comment participer à une réunion, car leur manque de capacité dans ce domaine a été identifié comme le principal obstacle à leur participation à la gestion des forêts.  Ces dernières ont ensuite organisé un concours de cuisine pour attirer l’attention sur l’importance des produits forestiers.

Dans une même veine, M. JASSON KALUGENDO, spécialiste en communication de l’Université de Dar Es Salaam, en République-Unie de Tanzanie, a parlé des défis liés à la communication sur les changements climatiques dans les zones rurales de son pays.  Il a indiqué que contrairement aux idées reçues, les informations abondent, diffusées notamment par la radio, mais leur quantité est telle que les populations ne savent plus où donner de la tête et se résignent à garder le même comportement, à défricher ou à faire des abattages illégaux.

Face à ce défi, son association a lancé un projet de communication de deux semaines dans un village, dont la première étape a été, non pas de distribuer un questionnaire élaboré par la capitale, mais d’envoyer des scientifiques à la rencontre de cette communauté pour bien comprendre sa culture, identifier les enjeux et définir avec elle les axes de la stratégie de communication.  Le tête-à-tête est extrêmement important, et il s’est aussi avéré que de nombreux villageois préfèrent agir que d’être simplement informés, d’où l’importance d’en faire des acteurs du changement, a-t-il souligné.  Les facilitateurs ont aussi appris aux villageois comment utiliser la téléphonie mobile pour relayer les informations sur les changements climatiques et les comportements à adopter pour y faire face.

Un an plus tard, lors d’une mission d’évaluation, s’est-il félicité, les participants continuaient d’appliquer les enseignements appris pendant cette campagne de communication, que ce soit en veillant à la plantation de mangroves en temps voulu, ou en évitant de polluer les cours d’eau.

Qu’est-ce la bio-économie? C’est un problème de communication de taille, a enchainé M. KAI LINTUNEN, qui a insisté sur l’importance de savoir raconter des histoires afin de capter l’attention du public.  C’est pourquoi une campagne novatrice a été lancée en Finlande pour expliquer l’importance de la bio-économie et à quel point elle est omniprésente dans le quotidien des habitants, que ce soit grâce aux habitations en bois, aux messages d’amour inscrit sur une planche à roulette en bois, aux blessures guéries par des tampons de gaze fabriqués avec de produits ligneux, aux vêtements fabriqués avec des fibres végétales ou aux boissons désaltérantes vendues dans des emballages à base de fibres.  Cette campagne a aussi connu un succès notable du fait de l’implication du Premier Ministre de la Finlande, ce qui a valu à l’expert d’insister sur l’importance d’avoir un bon porte-parole.

M. PETER CSOKA, du Département de la foresterie de la FAO, a ensuite passé en revue les grandes lignes de différentes campagnes de communication lancées par la FAO pour informer sur les forêts et appuyer les activités régionales.  Des ateliers sont organisés aux quatre coins du monde pour renforcer les compétences de base en matière de communication.  La FAO s’est toutefois rendue compte qu’outre la rédaction de communiqués de presse ou la production de messages vidéo, il fallait aussi savoir appliquer des stratégies de communication complexes à plusieurs niveaux.

Lui emboitant le pas, M. INGWALD GSCHWANDTL a parlé de la célébration, en 2013, de la Semaine européenne de la forêt depuis Rovaniemi, en Finlande.  Pour surmonter les défis liés à l’éloignement géographique de cette localité, le Père Noël a été « recruté » pour devenir le porte-parole de la campagne qui s’est déclinée en messages vidéo qui ont été repris par plus de 7 000 médias européens.

En 2015, a-t-il poursuivi, lors de l’Expo Milan, le Gouvernement autrichien a décidé de transformer son pavillon en une véritable forêt grandeur nature.  Pour communiquer au-delà de l’Expo, un message vidéo a été produit pour expliquer pourquoi l’Autriche avait planté une forêt à Milan, attirant par la même des millions de visiteurs.  La prix Nobel de la paix, Mme Rigoberta Manchu, est aussi intervenue depuis le pavillon autrichien.

Enfin, à l’occasion de la Journée mondiale des forêts, le 21 mars, une vidéo a été produite par la FAO pour attirer l’attention sur l’importance des forêts dans la lutte contre les changements climatiques.

M. MANOEL SOBRAL-FILHO, Directeur du Secrétariat du Forum, a présenté le projet de stratégie de communication, diffusé auprès des États Membres, s’agissant du Plan stratégique des Nations Unies, Plan qui a été le fruit d’intenses négociations.  Ce plan n’est pas suffisamment connu, a-t-il noté.  « Plus nous en parlerons, plus sa mise en œuvre en sera facilitée. »  Il a plaidé pour une large diffusion de ce Plan non seulement auprès des acteurs concernés, mais aussi du grand public grâce aux médias sociaux.  Nous devons capter l’imaginaire des décideurs, a-t-il dit, en se réjouissant du succès de la Journée internationale des forêts.  S’il a admis le caractère non juridiquement contraignant de ce Plan, le Directeur a néanmoins tenu à souligner les conséquences positives qu’il peut avoir dans la vie quotidienne de toutes et de tous. 

Mme MITA SEN, Directrice du programme des affaires forestières du Forum, a précisé que cette stratégie de communication a pour objectifs principaux de susciter une prise de conscience sur l’importance proprement vitale des forêts et de sensibiliser sur les efforts de l’ONU en la matière.  Les cibles de cette campagne sont tant les États Membres, les chefs de file de l’opinion que le grand public.  Elle a précisé que cette campagne vise à diffuser un message montrant que les forêts sont cruciales pour la vie quotidienne de centaines de millions de personnes.  C’est un message positif, alors que trop souvent ce sont les menaces pesant sur les forêts qui sont mises en avant, a-t-elle argué.  Elle a mentionné les événements qui permettent de diffuser ce message, comme la Journée de l’eau, ainsi que la mise en avant des « héros des forêts », qui sont des personnes œuvrant pour une gestion forestière durable.  « Un message doit avoir des visages ».  Elle a précisé que ce projet de stratégie de communication avait été nourri par les informations fournies par les États Membres dans leurs plans nationaux respectifs.  Mme Sen a suggéré d’harmoniser cette stratégie de communication avec le programme de travail du Forum. 

Les délégations ont ensuite fait part de leurs commentaires, critiques et recommandations s’agissant de ladite stratégie. 

Le représentant de la Suisse a tenu à souligner l’excellence de cette stratégie, avant d’émettre la réserve suivante: « cette stratégie est axée sur le bonheur humain, alors que c’est le bien-être de tous les êtres vivants qui dépend des forêts ».  Il a souhaité que la stratégie ménage une place en son sein à l’art et à la littérature. 

« C’est un bon document, mais les supports de communication retenus devraient être adaptés aux régions, en particulier les régions tropicales », a affirmé, de son côté, le délégué de l’Inde.  Il a ensuite souligné à quel point « l’écosécurité » des pays dépend des forêts.  « Cela devrait faire partie du message », a-t-il suggéré.  

De son côté, la représentante de l’Ukraine a demandé l’élaboration d’un message pour chaque objectif de la stratégie, avant d’insister sur l’importance d’une bonne mise en œuvre de la stratégie.  Des infographies plus nombreuses pourraient faire partie de cette stratégie, a-t-elle dit, avant de demander que celle-ci soit disponible en plusieurs langues. 

Le représentant de l’Équateur a plaidé pour que les préoccupations des peuples autochtones soient dûment prises en compte par la stratégie, tandis que son homologue du Mexique a souhaité que le Forum puisse transmettre au grand public « sa passion des forêts ».  Le délégué mexicain a regretté à ce titre l’aspect trop général de la stratégie de communication. 

« Quel est le message clef que nous voulons diffuser? », a renchéri le délégué de l’Australie, qui a, lui aussi, regretté le caractère touffu et trop général de la stratégie.  La délégation de la République islamique d’Iran a également souhaité une stratégie plus ciblée. 

Des messages clairs et efficaces, c’est ce qu’a prôné la déléguée de la Nouvelle-Zélande en insistant sur la sensibilisation des leaders d’opinion.  Les grands groupes de la société civile, comme celui des jeunes, peuvent contribuer à enrichir cette communication, a-t-elle dit. 

Dans le même ordre d’idée, l’Union européenne a appelé à une amplification du message de la stratégie grâce à une utilisation « efficace et intelligente » des réseaux sociaux et à une collaboration accrue avec des personnalités connues et des leaders d’opinion.  Un point de vue pleinement partagé par la déléguée des États-Unis, qui a souhaité que ces réseaux sociaux soient placés plus haut dans le projet de stratégie de communication. 

Comme message marquant, le délégué de l’Indonésie a suggéré de faire imaginer « un monde sans forêts ».  Il a souhaité que le thème de la Journée internationale des forêts soit connu plus en amont qu’il ne l’est actuellement, afin que les États Membres puissent mieux se préparer. 

Les délégations du Canada, du Japon, de la Chine et de la Colombie ont également pris la parole.

La société civile s’est exprimée par l’entremise du représentant des petits propriétaires forestiers.  « Les petits propriétaires forestiers peuvent donner un visage humain aux forêts car nous vivons au plus près de ces dernières », a-t-il dit.  Le représentant du grand groupe des enfants et de la jeunesse a dit que le projet de stratégie est un bon point de départ pour « sauver les forêts », même si cette stratégie est trop générale.  « Nous avons besoin d’un message fort », a-t-il dit, se faisant l’écho de plusieurs délégations. 

Débat général

M. JAVAD MOMENI (République islamique d’Iran) a souligné que de nombreux pays en développement ont besoin de renforcer leurs capacités pour pourvoir réaliser les objectifs du Plan stratégique.  Son gouvernement, a-t-il indiqué, est en train d’élaborer un nouveau projet de gestion et de conservation des forêts, en tenant compte du rôle primordial des populations locales dans ce domaine.  La lutte contre les tempêtes de poussière et les tempêtes de sable est également essentielle, selon le délégué, d’où l’importance d’appuyer les efforts des pays à faible couverture forestière.  Il a aussi appelé à remédier à la fragmentation des efforts des différentes entités chargées de la question des forêts.

M. AVIRAM ZUCK du KKL-Jewish National Fund, a assuré qu’Israël jouait un rôle important pour réaliser les objectifs mondiaux relatifs aux forêts.  Depuis sa création en 1948, la zone forestière du pays a augmenté d’environ 1 800% et les activités de boisement se poursuivent, y compris dans les régions semi-arides, ce qui contribue à l’accroissement des stocks de carbone forestier.  Le Gouvernement s’efforce en outre de concevoir un plan-cadre d’exploitation forestière « pour chaque forêt » en Israël, a ajouté le représentant.  Conscient des défis posés par les changements climatiques, Israël, a-t-il assuré, partage son expertise avec les pays en développement et cherche à promouvoir la coopération internationale, notamment en ce qui concerne la désertification et la dégradation des sols.

M. RAFAEL DA SOLER (Brésil) a détaillé les efforts de son pays contre la déforestation, par le bais notamment d’un programme ambitieux de certification du secteur privé.  Une zone forestière, qui représente une superficie plus large que celle de l’Union européenne fait l’objet désormais d’une protection au Brésil, a-t-il indiqué.

M. NASSER R. JAGHOUB, observateur de l’État de Palestine, a indiqué que le Ministère de l’agriculture avait mis sur pied un programme de gestion durable des forêts et fourni plus de deux millions d’arbres aux agriculteurs palestiniens.  Il a souhaité que la Journée internationale des forêts soit célébrée le 30 avril, plutôt que le 21 avril qui est une fête nationale pour son pays.  Le représentant a ensuite indiqué qu’Israël contrôle 85% des ressources naturelles de la Palestine, notamment l’eau et les terres arables.  Il a appelé le Forum à adopter des mesures spécifiques pour protéger les forêts palestiniennes et à les inclure dans le plan stratégique.

M. MEGAT S. AHMAD SUDIAN (Malaisie), au nom de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN)), a indiqué que des millions de personnes dans la région dépendent des forêts.  L’ASEAN est pleinement engagée en faveur de la gestion durable des forêts, a-t-il dit, avant de plaider pour une approche holistique en la matière.  Il a souhaité une pleine mise en œuvre du Plan stratégique, en particulier dans ses éléments ayant trait à la gouvernance forestière.  Il a ensuite souligné la détermination de l’ASEAN de réduire l’émission de gaz à effet de serre.  Enfin, le délégué a exhorté la communauté internationale à appuyer les efforts de l’ASEAN contre la déforestation et les conséquences des changements climatiques grâce aux instruments financiers internationaux pertinents. 

M. TEGUH RAHARDJA (Indonésie) a indiqué qu’il y a trois ans, le Gouvernement avait décidé d’allouer 12,7 milliards d’hectares aux personnes qui dépendent des forêts pour vivre.  Des programmes de gestion des forêts ont été élaborés et des titres fonciers certifiés ont été distribués pour mettre fin aux litiges dans ce domaine. Par ailleurs, un nouveau programme de certification des meubles en bois permet de passer outre le système de diligence de l’Union européenne.

M. MEHDI REMAOUN (Algérie) a souligné que son pays fait partie du bassin méditerranéen, berceau des civilisations les plus anciennes.  Les forêts méditerranéennes sont malheureusement dégradées, a-t-il noté tout en signalant que « huit parcs nationaux existent en Algérie ».  Il a mentionné le « barrage vert », projet pionnier contre la désertification, qui s’étend des frontières occidentales aux frontières orientales de la zone présaharienne de l’Algérie.  Trois millions d’hectares sont couverts par ce barrage vert, a-t-il précisé.  Enfin, le délégué a affirmé que la réforme en cours du système de développement onusien devrait contribuer à atteindre les objectifs de développement durable, en particulier l’objectif 15.

M. NOYAL THOMAS (Inde) a misé sur le plan stratégique pour aider les États Membres à atteindre les objectifs forestiers mondiaux.  « La nature peut se protéger elle-même si on la protège », a-t-il résonné, ajoutant qu’il s’agit là d’une opinion ancrée dans la culture indienne traditionnelle.  L’Inde représente 17% de la population mondiale et sa couverture forestière est de 15% du territoire, a-t-il précisé.  « Près de 300 millions d’Indiens dépendent des forêts pour leurs moyens de subsistance ».  Enfin, le délégué a rappelé les engagements pris par son pays en vertu de l’Accord de Paris sur les changements climatiques.

M. KEITA A. SANTIGUI (Guinée)a indiqué que son gouvernement avait mis sur pied un projet qui avait permis de former 25 experts en gestion des forêts.  Depuis le mois de décembre, ce projet est mis en œuvre avec l’aide du FNUF pour renforcer les capacités des cadres.  Il a vivement remercié le FNUF pour l’aide ainsi accordée à son pays.

 

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