Le Comité de l’information achève sa session et ordonne une égalité parfaite entre l’anglais et les cinq autres langues officielles de l’ONU

PI/2231
11 mai 2018
Quarantième session 5e séance – matin

Le Comité de l’information achève sa session et ordonne une égalité parfaite entre l’anglais et les cinq autres langues officielles de l’ONU

Après deux semaines de travaux, dont deux journées de débat général, le Comité de l’information a achevé, ce matin, sa session annuelle, en donnant des directives au Département de l’information (DPI) pour qu’il assure l’égalité parfaite entre l’anglais et les cinq autres langues officielles des Nations Unies, et ce faisant, s’adapte à un paysage médiatique en pleine évolution. 

Être informé ne suffit plus, chacun veut participer personnellement, donner et recevoir des avis, proposer, débattre et contribuer à façonner le monde par l’échange d’idées.  C’est ce qu’avait constaté le Président du Comité de l’information, M. Jan Kickert, à l’ouverture des travaux, le 1er mai dernier.  Dans ses recommandations à l’Assemblée générale, le Comité met d’ailleurs en garde contre les récentes tendances consistant à remettre en cause la crédibilité et la transparence des informations factuelles.  L’Assemblée, estime-il, devrait encourager le DPI à continuer de promouvoir la diffusion d’informations objectives et impartiales sur l’action de l’Organisation et à formuler des propositions précises à cet égard. 

Comme le veut la tradition, le Comité a en effet adopté deux projets de résolution à soumettre pour approbation à l’Assemblée générale*.  L’un est intitulé « L’information au service de l’humanité », et l’autre, « Politiques et activités de l’ONU en matière d’information ».

Le premier texte met l’accent sur la liberté de la presse et les principes d’indépendance, de pluralisme et de diversité des médias.  Tous les acteurs intéressés sont appelés à coopérer afin d’atténuer les disparités existantes entre pays développés et pays en développement et leurs conséquences sur l’aptitude des médias des pays en développement à diffuser l’information. 

Dans le deuxième projet de résolution, long de 109 paragraphes de fond, le Comité propose à l’Assemblée générale de formuler une série de demandes au DPI et à ses trois Divisions de la communication stratégique, de l’information et des médias, et de la sensibilisation du public, en insistant sur la question du multilinguisme, comme l’a reconnu aujourd’hui le Rapporteur du Comité, M. Hajime Kishimori. 

Le Comité recommande ainsi à l’Assemblée générale de souligner qu’il importe d’utiliser et de traiter sur un pied d’égalité toutes les langues officielles de l’ONU dans toutes les activités de l’ensemble des divisions et bureaux du DPI, pour éliminer « le décalage » avec l’anglais.  Le Secrétaire général devrait veiller à ce que le Département dispose, dans toutes les langues officielles, des moyens nécessaires pour mener à bien l’ensemble de ses activités et refléter cette exigence dans les futurs projets de budget-programme concernant le Département.

La Secrétaire générale adjointe avait en effet fait remarquer, au premier jour des travaux, que non seulement l’Assemblée générale avait refusé, pour l’exercice 2018-2019, les ressources additionnelles de 4,2 millions de dollars pour le multilinguisme mais qu’elle avait été plus loin et imposé des coupes budgétaires. 

Modes de financement novateurs et contributions volontaires.  C’est ce que le DPI devrait envisager, d’après le Comité qui attire l’attention de l’Assemblée générale sur le fait que les communiqués de presse quotidiens ne sont toujours pas publiés dans toutes les langues officielles.  L’Assemblée devrait aussi constater la même « préoccupation » que le développement multilingue du site Web de l’Organisation a progressé bien plus lentement.  Elle devrait également noter que le développement des médias sociaux n’est pas le même d’une langue officielle à l’autre et constater « avec beaucoup d’inquiétude » que nombre de services de diffusion et de partage du savoir ne sont pas encore disponibles dans toutes les langues officielles.

L’Assemblée devrait donc « insister » pour que le DPI fasse du multilinguisme de ces services une priorité.  Elle devrait prier « de nouveau » le Secrétaire général de faire en sorte que les ressources humaines et financières du site Web soient équitablement réparties entre toutes les langues officielles.  Ce dernier devrait aussi rendre compte au Comité de l’information de la stratégie du Département pour les médias sociaux et inclure dans son rapport les données analytiques disponibles pour chacune des langues officielles relatives à la fréquentation des comptes gérés par le Secrétariat.

L’Assemblée devrait également encourager la poursuite de la diffusion en direct et dans toutes les langues couvertes par les services d’interprétation, de ses séances publiques, de celles du Conseil économique et social (ECOSOC), des organes subsidiaires et du Conseil de sécurité.  Le Secrétariat devrait aussi tout faire pour donner accès sans restriction, dans toutes les langues officielles, aux archives vidéo de toutes les réunions publiques officielles, « en vue de promouvoir les principes de transparence et de responsabilité ». 

Les États-Unis se sont dissociés du consensus sur le paragraphe 49 de la deuxième résolution qui encourage le DPI à prendre part à une campagne de publicité globale afin de préparer la prochaine Conférence intergouvernementale chargée d’adopter le pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, qui se tiendra à Marrakech, les 10 et 11 décembre 2018.  Les États-Unis ont jugé « prématuré » de promouvoir un cadre qui n’existe pas encore et qui est à priori un cadre volontaire. 

Ils ont également marqué leur désaccord avec le paragraphe 46 qui demande au Secrétariat, en particulier au Département de l’information, de participer à la célébration, entre autres journées internationales, de la « Journée internationale des envois de fonds à la famille », le 16 juin.

La Fédération de Russie s’est indignée de s’être, pour la première fois depuis qu’elle participe au Comité de l’information, heurtée à l’organisation par « une » délégation d’une manifestation parallèle à la suite de laquelle des menaces physiques ont été proférées par des participants.  L’Ukraine a reconnu avoir organisé, le 9 mai, une manifestation consacrée à la façon dont on peut « contrer la propagande et la désinformation » dans l’enceinte des Nations Unies.  Le Comité n’organise pas de manifestations parallèles, a précisé son Président, mais les États Membres ont tout le loisir d’en convoquer.

Enfin, l’Arménie a reproché à l’Azerbaïdjan d’avoir abusé des différentes instances internationales, dont le Forum de Bakou sur l’Alliance des civilisations, pour propager un discours de haine contre son pays.  L’Azerbaïdjan a rétorqué que le système des Nations Unies, en particulier l’UNESCO et l’Alliance des civilisations, ont un rôle important à jouer contre l’intolérance et pour la diversité culturelle et un dialogue de paix. 

* A/AC.198/2018/L.3

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