Assemblée générale: l’espoir est de mise en Afrique avec le lancement de la Zone de libre-échange et l’expérimentation d’un vaccin contre le paludisme

AG/12205
22 octobre 2019
Soixante-quatorzième session, 18e séance - matin

Assemblée générale: l’espoir est de mise en Afrique avec le lancement de la Zone de libre-échange et l’expérimentation d’un vaccin contre le paludisme

Les 18 délégations qui ont pris la parole, ce matin, à l’Assemblée générale ont souligné l’espoir que suscitent en Afrique, le lancement de la Zone de libre-échange continentale et les tests d’un vaccin contre le paludisme, « une maladie qui reste un défi majeur pour le développement durable », selon les mots du Groupe des 77 et la Chine. 

Au cours du débat sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre du Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), la plupart des orateurs ont salué le lancement, en juillet dernier, de la Zone de libre-échange continentale africaine laquelle permettra, selon le Secrétaire général de l’ONU, d’augmenter les échanges commerciaux en Afrique et d’avancer dans la réalisation du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, en favorisant une croissance socioéconomique inclusive et une transformation structurelle du continent.

La Zone de libre-échange, a précisé le Président de l’Assemblée générale, va couvrir un marché de 1,2 milliard de consommateurs, produisant un PIB de 2 500 milliards de dollars.  Avec des flux de capitaux privés étrangers fiables et à long terme, en particulier les investissements étrangers directs (IED), et un système financier international stable, « on peut envisager un avenir de paix et de prospérité pour tous en Afrique », a pronostiqué M. Tijjani Muhammad-Bande. 

Les progrès sont déjà palpables sur le plan des infrastructures.  L’Algérie a parlé de l’autoroute transsaharienne qui, d’Alger à Lagos sur une distance de 5 000 kilomètres, va ouvrir un accès direct à la Méditerranée pour les pays en développement sans littoral du Sahel.  Elle a aussi évoqué les 4 500 kilomètres de fibre optique qui doivent la relier au Nigéria, en bénéficiant au Niger et au Tchad, sans oublier la construction d’un pipeline de 2 303 kilomètres entre elle et le Nigéria qui, à travers le Niger, va se connecter aux 220 kilomètres de pipeline qui la relie à l’Espagne.  La Chine a dit avoir construit en Afrique plus de 5 000 kilomètres de voies ferroviaires et routières, des initiatives qui devraient prendre de l’importance, compte tenu des engagements pris lors du Sommet Chine-Afrique et de l’initiative « une Ceinture, une Route ». 

Tous ces progrès montrent que l’aide publique au développement (APD) et les investissements étrangers directs (IED) demeurent les principales sources de financement pour le développement de l’Afrique, ont souligné le Groupe des 77 et la Chine, regrettant avec d’autres la tendance à la baisse de l’APD passée à 149,3 milliards de dollars en 2018, soit une chute de 2,7% par rapport à 2017.  En revanche, comme l’a fait remarquer l’Algérie, l’augmentation des IED est une illustration claire de l’attractivité du continent.  Les flux des investissements vers l’Afrique ont en effet augmenté de 11% en 2018 pour atteindre près de 46 milliards de dollars contre 41 milliards en 2017. 

Plusieurs pays ont confirmé ces chiffres et notamment la Chine dont le total des IED s’élève à 46 milliards de dollars, sans oublier un volume des échanges avec l’Afrique qui est monté à 204 milliards de dollars en 2018, soit une hausse de 20% par rapport à l’année précédente.  La Chine en a profité pour rappeler sa pratique des « cinq non », à savoir: ne pas s’ingérer dans la recherche par les pays africains d’une voie de développement adaptée à leurs conditions nationales, ne pas s’immiscer dans les affaires intérieures africaines, ne pas imposer notre volonté à l’Afrique, ne pas assortir nos aides à l’Afrique de condition politique quelconque, et ne pas poursuivre des intérêts politiques égoïstes dans notre coopération en matière d’investissement et de financement avec l’Afrique.

« Contrairement au modèle de développement dirigé par l’État », ont embrayé les États-Unis, l’approche américaine du financement du développement se fonde sur les meilleures pratiques.  En vantant les mérites de leur « Stratégie pour l’Afrique », de l’« International Development Finance Club (IDFC) » ou encore de l’intiative « Prosper Africa », les États-Unis ont fustigé ces pays qui font des affaires « asymétriques et injustes », piétinent la souveraineté nationale et piègent les Africains dans l’endettement.  Ce que ces pays veulent, ont-ils dénoncé, c’est la dépendance économique et non l’autosuffisance.  Les États-Unis ont dit opter pour la mobilisation des capitaux du secteur privé pour monter des projets financièrement viables, au profit du climat des affaires et du cercle vertueux « commerce, investissement, croissance ». 

L’Égypte, qui assume la présidence de l’Union africaine, a annoncé l’organisation, le mois prochain, d’un Forum d’investissements pour promouvoir la contribution du secteur privé à la mise en œuvre de l’Agenda 2063.  La Fédération de Russie a annoncé le Dialogue commercial Afrique-Russie les 23 et 24 octobre à Sotchi avec une cinquantaine de chefs d’État.  

L’Afrique, comme l’a dit le Président de l’Assemblée générale, doit multiplier les sources de financement.  Il lui faudra mobiliser l’équivalent de 11% de son produit intérieur brut (PIB) par an, au cours de la prochaine décennie, pour triompher du paludisme.  En attendant, avec l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Kenya a lancé, le mois dernier, les tout premiers vaccins au monde contre le paludisme qui tue 435 000 personnes par an.  Le vaccin, qui est administré gratuitement, peut prévenir 4 infections sur 10 et faire chuter la prévalence des cas graves de plus de 30% chez les enfants de 6 à 24 mois, a expliqué le délégué kényan.

L’Assemblée générale se réunira de nouveau demain, mercredi 23 octobre, à partir de 15 heures, pour son débat annuel sur le Mécanisme international appelé à exercer les fonctions résiduelles des Tribunaux pénaux internationaux.

DÉBAT CONJOINT SUR LE NOUVEAU PARTENARIAT POUR LE DÉVELOPPEMENT DE L’AFRIQUE (A/74/193), LES CAUSES DES CONFLITS ET LA PROMOTION D’UNE PAIX ET D’UN DÉVELOPPEMENT DURABLES EN AFRIQUE (A/74/301)ET LA DÉCENNIE 2001-2010 POUR FAIRE RECULER LE PALUDISME DANS LES PAYS EN DÉVELOPPEMENT, PARTICULIÈREMENT EN AFRIQUE

Déclarations

Les pays africains ont agi pour le développement durable en signant deux documents importants, a souligné M. TIJJANI MUHAMMAD-BANDE, Président de l’Assemblée générale.  Le Président a cité le Programme du développement durable à l’horizon 2030 et l’Agenda 2063 de l’Union africaine qui est la feuille de route de « L’Afrique que nous voulons ».  Grâce au Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), les pays africains, a-t-il poursuivi, ont pris des mesures dans des questions clefs, dont l’éradication de la pauvreté, la promotion d’une croissance et d’un développement durables, l’intégration du continent dans l’économie mondiale et l’autonomisation des femmes.  Le Partenariat avec la nouvelle Agence de développement de l’Union africaine a permis de grands progrès dans plusieurs domaines. 

Pour ce qui est de l’agriculture et la sécurité alimentaire, plus de 40 pays africains se sont engagés en faveur du Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine (PDDAA) qui offre un cadre pour la transformation agricole, la création de richesses, la sécurité alimentaire et nutritionnelle, la croissance économique et la prospérité pour tous.  De même, le projet d’enseignement et de formation technique et professionnelle en agriculture pour les femmes a élargi l’accès de ces dernières à la formation formelle et informelle dans le secteur de l’agroalimentaire. 

Pour mettre fin au paludisme et faire des progrès dans la mise en œuvre du Programme 2030 et de l’Agenda 2063, le financement du développement doit être la base de tous nos efforts, a prévenu le Président.  Le continent africain doit mobiliser l’équivalent de 11% de son produit intérieur brut (PIB) par an, au cours de la prochaine décennie, pour combler le déficit de financement.  Aujourd’hui, a-t-il relevé, le revenu fiscal moyen du continent est sous la barre des 16% du PIB.  La mobilisation efficace des ressources domestiques pourrait donc représenter une bonne partie des sommes nécessaires.

Dans ce contexte, le Président a estimé que les pays africains ont fait une avancée remarquable en créant la plus grande zone de libre-échange depuis la mise sur pied de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).  La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) va couvrir un marché de 1,2 milliard de consommateurs avec un PIB de 2 500 milliards de dollars.  Avec des flux de capitaux privés étrangers fiables et à long terme, en particulier les investissements étrangers directs (IED), et un système financier international stable, « on peut envisager un avenir de paix et de prospérité pour tous en Afrique », a pronostiqué le Président.  Pour y parvenir, il faudra un soutien international sous la forme d’un transfert de technologie, du renforcement des capacités et d’engagements en matière d’aide publique au développement (APD) et d’aide tout court.

Étayer nos efforts avec des politiques de bonne gouvernance et de transparence nous permettra de lutter contre les flux illicites de capitaux et de rétablir la confiance des populations dans les systèmes de gouvernance mondiaux et nationaux.  À cet égard, le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs offre une approche innovante pour améliorer la gouvernance à tous les niveaux, a estimé le Président. 

Soulignant que la coopération entre l’Union africaine et l’ONU est cruciale, le Président s’est félicité de la dernière Déclaration conjointe sur la coopération dans le cadre des opérations de soutien à la paix de l’Union africaine et des travaux de l’équipe spéciale créée par le Secrétaire général pour appuyer l’initiative de l’Union africaine intitulée « Faire taire les armes en Afrique d’ici à 2020 ».  Nous devons, a pressé le Président, continuer d’appuyer les efforts pour consolider les acquis de la paix et de la sécurité, en particulier dans la Corne de l’Afrique et la région du Sahel.  Nous devons, a-t-il ajouté, renforcer les capacités sous-régionales pour relever les défis transfrontaliers et autres questions transversales affectant la paix et la sécurité du continent.  Nous devons, a-t-il insisté, assurer un financement durable et prévisible aux opérations de paix mais nous ne pourrons effectivement promouvoir la paix et la sécurité que si nous ne conjuguons pas nos efforts avec la prévention des conflits. 

M. Muhammad-Bande a en outre rappelé que l’ouverture est une priorité transversale de son mandat.  Il s’est opposé à une ONU ou une Afrique qui exclut.  Nous devons, s’est-il expliqué, impliquer la société civile dans tous nos efforts.  Les femmes, a-t-il aussi rappelé, représentent la moitié de la population active dans le monde et nous ne pourrons réaliser ni le Programme 2030 ni l’Agenda 2063 que si nous levons les obstacles contre leur plus grande participation à l’économie, leur esprit d’entrepreneuriat et leur autonomisation.  Investir dans l’autonomisation des femmes, c’est investir directement dans le développement de la société dans son ensemble.  Très peu de choses relèvent davantage du bon sens économique que l’égalité entre les sexes et l’autonomisation des femmes, a martelé le Président. 

Il a aussi voulu que l’on reconnaisse le rôle essentiel des femmes en tant que médiatrices, consolidatrices et agentes de la paix.  L’initiative « FemWise-Africa » de l’Union africaine souligne d’ailleurs l’importance qu’il y a à ce que les femmes participent à tous les niveaux de la prise de décisions sur la prévention, la gestion et le règlement des conflits. 

Il faut aussi, a conclu le Président, soutenir « Jeunesse pour la paix en Afrique », un autre programme de l’Union africaine visant à promouvoir l’implication des jeunes dans la prévention des conflits.  La création d’emplois décents pour les jeunes est aussi un outil efficace pour la prévention des conflits, a ajouté le Président.  Nous entendons, a-t-il dit, des jeunes du monde entier réclamer des mesures urgentes contre l’urgence climatique.  Il a appelé l’Union africaine et les communautés économiques régionales à n’épargner aucun effort pour améliorer l’adaptation aux changements climatiques et réduire les risques de catastrophe. 

Au nom du Groupe des 77 et la Chine, M. ABDULLAH ABU SHAWESH, observateur de l’État de Palestine, a indiqué que les pays africains continuent de se heurter à des écueils comme le manque de ressources adéquates, la pauvreté ou encore les phénomènes climatiques extrêmes, lesquels entravent la réalisation du Programme de développement durable à l’horizon 2030.  L’Afrique nécessite davantage d’aide au développement pour mettre en œuvre l’Agenda 2063.  L’aide publique au développement (APD) et les investissements étrangers directs (IED) demeurent les principales sources de financement pour le développement de l’Afrique, a insisté le représentant, en invitant les nations développées, notamment celles qui ne l’ont pas encore fait, à honorer leur engagement d’allouer 0,7% de leur PIB aux pays en développement et de 0,15% à 0,20% aux pays les moins avancés (PMA). 

Le représentant a fait état des nombreuses mesures prises par les pays africains pour relever les défis de la paix et de la sécurité et a appelé la communauté internationale à continuer à appuyer ces initiatives.  L’ONU, a-t-il ajouté, doit aider les organisations régionales et sous-régionales à débarrasser leur continent des conflits. 

Passant à la lutte contre le paludisme, le représentant a salué le fait que de nombreux pays aient réussi à réduire l’incidence de la maladie.  Il s’est félicité à cet égard de la Stratégie technique mondiale de lutte contre le paludisme 2016-2030 de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), en tant que cadre de travail pour soutenir les efforts mondiaux contre une maladie qui reste un défi majeur pour le développement durable.  Il a réitéré la nécessité pour le système des Nations Unies de contribuer à l’amélioration des systèmes de santé et à l’accès équitable aux services de santé.   

M. NAGARAJ NAIDU KAKANUR (Inde) a estimé que le Programme 2030 et l’Agenda 2063 se renforcent mutuellement.  Dans les deux documents, la coopération internationale est perçue comme un « élément critique ».  L’Afrique, a-t-il poursuivi, est plus pacifique qu’il y a 10 ans.  Ses institutions de gouvernance sont plus robustes, son économie s’est fortifiée et s’est diversifiée, ses taux de pauvreté ont baissé et ses infrastructures et sa connectivité se sont améliorées.  L’espérance de vie s’est accrue et les taux de mortalité maternelle et infantile ont chuté. 

Le représentant a rappelé les liens, plusieurs fois, centenaires entre l’Inde et l’Afrique.  Aux côtés des Africains, a-t-il souligné, nous avons lutté pour éliminer « les démons du colonialisme et de l’apartheid ».  Le représentant a aussi parlé des partenariats actuels, y compris pour améliorer le système de gouvernance mondiale et établir un ordre économique plus équitable.  L’aide bilatérale de l’Inde porte surtout sur le renforcement des capacités, l’appui financier et le partage du savoir technologique qui viennent compléter les liens commerciaux et les investissements. 

L’Inde a par exemple ouvert 181 lignes de crédit d’une valeur d’environ 11 milliards de dollars en faveur de plus de 41 pays africains.  Au dernier Sommet du Forum Inde-Afrique, mon pays, a rappelé le représentant, s’est engagé à ouvrir une ligne concessionnelle de crédit de 10 milliards de dollars.  L’Inde a également offert 50 000 bourses d’études et ses entreprises indiennes ont investi, ces dernières années, 54 milliards de dollars dans le continent africain pour un commerce qui se chiffre désormais à 62,6 milliards de dollars, soit 22% de plus que l’année dernière.  L’Afrique reçoit en outre 20% des produits pharmaceutiques indiens dont les prix abordables ont permis d’inverser la tendance des maladies qui constituaient jusqu’ici une menace pour l’avenir du continent. 

M. ABDULLAH ALRASHIDI (Koweït) a salué le lancement de la Zone de libre-échange continentale africaine et a rappelé que le Fonds koweïtien pour le développement économique a débloqué en faveur de plus de 52 pays africains une somme de plus 10 milliards de dollars pour le secteur des infrastructures.  Il a aussi rappelé que le Koweït a un statut d’observateur auprès de l’Union africaine et qu’il a ouvert au continent une ligne de crédit d’un milliard de dollars.  Le représentant a conclu sur l’importance de l’initiative « Faire taire les armes en Afrique d’ici à 2020 » pour le développement du continent. 

M. MOHAMMAD YOUSUF ABDULLA MOHAMMAD BASTAKI (Émirats arabes unis) a voulu que l’on intensifie les efforts pour faire reculer le paludisme, notant que certaines nations sont encore en butte avec cette maladie.  Regardant du côté des agences de l’ONU et de leurs partenaires, il a rappelé que l’on promeuve des services autres que ceux de la santé pour venir à bout de la maladie, comme l’éducation, l’eau et l’assainissement ou encore les logements décents.  Il a aussi voulu que l’on axe les efforts sur les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans qui sont les plus vulnérables au paludisme. 

M. VITAVAS SRIVIHOK (Thaïlande) s’est félicité de l’entrée en vigueur de la Zone de libre-échange continentale africaine, rappelant la coopération que son pays entretient depuis quatre décennies avec l’Afrique via son Agence de la coopération internationale.  La Thaïlande est aussi le défenseur du renforcement de la coopération Sud-Sud.  Mais pour atteindre les objectifs du Programme 2030, il est fondamental, a souligné le représentant, de garantir d’abord la santé et le bien-être des populations, en particulier de combattre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme.  Le représentant a insisté sur le rôle « indispensable » du Fonds mondial de lutte contre ces trois maladies.

Mme MARIA ANGELA ZAPPIA (Italie)a rappelé que son pays compte parmi les 10 principaux donateurs de l’Afrique et reste déterminé à accroître encore son aide comme il l’a fait lors du Sommet du G7 à Biarritz, en annonçant une contribution de 10 millions d’euros à l’initiative pour favoriser l’accès des femmes au financement en Afrique (AFAWA) lancée par la Banque africaine de développement.  Elle a salué les nombreux développements positifs survenus au cours de l’année écoulée dans la Corne de l’Afrique, en République centrafricaine et au Soudan, même si de nombreux défis subsistent, a-t-elle ajouté, pour lesquels elle a réclamé un renforcement de la coopération entre les Nations Unies et l’Union africaine.  Elle a également prôné un renforcement des mécanismes de coopération entre l’ONU et les organisations régionales subsahariennes et de la coopération trilatérale ONU/UA/UE.  Enfin elle a estimé que des réformes au sein de l’ONU sont nécessaires pour permettre à l’Afrique de contribuer davantage au maintien de la paix et de la sécurité et reconnu sur ce point les « aspirations légitimes » du continent à une meilleure représentation au Conseil de sécurité.

M. ALIE KABBA (Sierra Leone) s’est réjoui des « efforts significatifs » de l’Afrique.  Mais les défis restent nombreux sur le continent, dont le manque de financement adéquat.  Il est vrai qu’il revient d’abord aux pays africains de montrer l’exemple et de mobiliser chez eux les financements privés et publics.  Mais ces efforts doivent être complétés par les partenariats internationaux, a insisté le représentant, en appelant les partenaires de l’Afrique à « inverser la tendance » de l’aide publique au développement (APD).  Sans un renforcement des capacités humaines et techniques et un transfert des technologies qu’il faut, il sera pratiquement impossible d’atteindre les objectifs du Programme 2030 dans les 11 ans qu’il nous reste, a-t-il prévenu.

Au nom du Groupe des États d’Afrique, M. LAZAROUS KAPAMBWE (Zambie) a prévenu que le manque de financements continue de compromettre tout le potentiel transformateur du Programme 2030 et de l’Agenda 2063.  S’il est vrai que ce sont les pays africains eux-mêmes qui doivent prendre les choses en main et mobiliser les ressources domestiques, privées et publiques, il est tout aussi vrai, a estimé le représentant, que ces efforts resteront insuffisants sans l’appui des partenaires internationaux pour combler le déficit mais aussi pour contribuer au renforcement des capacités.  Les pays africains, a poursuivi le représentant, ont plusieurs sources de préoccupation et d’abord la volatilité des prix des produits de base qui ont un impact particulièrement négatif sur leurs économies.  Ils sont aussi préoccupés par l’imposition de taxes qui diminue leurs gains commerciaux alors que certains pays du continent ont fait du commerce l’« élément central » de leurs plans de croissance économique.  Ce recul du libre-échange, conjugué à d’autres facteurs, ne peut que contribuer à un ralentissement menaçant pour les progrès économiques que beaucoup de pays ont fait, ces dernières années. 

Le représentant a également relayé l’inquiétude de ses pairs africains quant au déclin de l’aide publique au développement (APD) et a appelé les partenaires internationaux à inverser cette tendance.  Il aussi parlé du risque que représentent les changements climatiques pour les économies africaines et réclamé une coopération renforcée et des ambitions plus élevées, en particulier à la veille de la prochaine Conférence des États parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques.  Le représentant a conclu sur les préoccupations que suscite l’endettement des pays africains et les risques pour la viabilité de la dette, un « facteur essentiel » de la croissance économique.  Il a voulu que l’on s’attaque une fois pour toutes aux causes sous-jacentes de cet endettement et que la communauté internationale contribue au renforcement des capacités de gestion de la dette. 

Mme HMWAY HMWAY KHYNE (Myanmar) a invité les pays africains à redoubler d’efforts et à démontrer que l’Afrique est un partenaire au développement viable.  Dans le même temps, elle a demandé à la communauté internationale de répondre aux efforts africains de manière appropriée, en leur apportant l’assistance nécessaire.  Elle a aussi invité les membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) à respecter leur engagement de consacrer 0,7% de leur PIB à l’APD.  Selon le Myanmar, la coopération Sud-Sud est un élément clef de l’aide au développement de l’Afrique.  La représentante a tracé un parallèle entre l’Afrique et le Myanmar qui tous deux voient leur développement compromis par les conflits.  C’est la raison pour laquelle, a-t-elle dit, le Myanmar a fait de la paix et de la réconciliation nationale sa priorité. 

Intervenant pour la première devant l’Assemblée générale, M. SOFIANE MIMOUNI (Algérie) a estimé que, compte tenu de la vulnérabilité des pays africains aux changements climatiques et à leur impact dévastateur sur l’agriculture, il faut, au-delà d’un appui adéquat aux pays affectés, accroître les investissements dans le renforcement de la résilience.  Le représentant s’est ensuite attardé sur la question des infrastructures dans laquelle son pays est activement impliqué.  Il a parlé de l’autoroute transsaharienne qui, d’Alger à Lagos sur une distance de 5 000 kilomètres, va ouvrir un accès direct à la Méditerranée pour les pays en développement sans littoral du Sahel.  L’Algérie a déjà terminé la construction de 1 600 kilomètres d’une autoroute qu’elle voit comme un facteur « fondamental » des activités et de la croissance économiques, du commerce et des investissements, de l’interconnexion et de l’intégration de l’Afrique.  L’Algérie a aussi terminé ses 2 700 kilomètres de fibre optique sur les 4 500 qui doivent la relier au Nigéria, en bénéficiant au Niger et au Tchad.  Le pays est également un partenaire actif dans la construction d’un pipeline de 2 303 kilomètres entre lui et le Nigéria qui, à travers le Niger, va se connecter au 220 kilomètres de pipeline qui relie l’Algérie à l’Espagne. 

S’il a remercié les pays des autres régions pour leur appui au NEPAD, le représentant s’est tout de même dit préoccupé par le fait que l’APD à l’Afrique ait chuté de 4% depuis 2017.  Il a cependant lu une bonne nouvelle du côté de l’efficacité de l’aide qui va en s’améliorant grâce à un alignement de la coopération au développement avec les stratégies nationales et la promotion de la transparence.  L’augmentation des flux d’investissements étrangers directs vers l’Afrique est une illustration claire, s’est aussi félicité le représentant, de l’attractivité du continent.  C’est une attractivité qu’il faut nourrir par une meilleure intégration et une coopération plus forte entre pays africains pour tirer parti des avantages comparatifs de chaque État et créer ainsi plus d’opportunités d’investissement dans tout le continent.  Le représentant a conclu sur la relation « unique » entre l’Union africaine et l’ONU qui mobilise la bonne volonté nécessaire à un partenariat fructueux au service des priorités et des besoins pressants du continent.

Mme HODA ELENGUEBAWY (Égypte) a rappelé que son pays assume en ce moment la présidence de l’Union africaine et, dans ce cadre, promeut le développement économique et des progrès dans divers projets en cours sur le continent, y compris pour régler les conflits.  Elle a salué le lancement de la Zone de libre-échange continentale africaine mais a souligné que, malgré ses ressources naturelles et humaines, l’Afrique manque de fonds pour exploiter ses richesses.  Elle a invité les partenaires internationaux à soutenir les efforts du continent et annoncé que son pays accueillera, le mois prochain, un forum d’investissements en Afrique, afin de promouvoir la contribution du secteur privé à la mise en œuvre de l’Agenda 2063.  La déléguée s’est aussi attardée sur les questions de sécurité, en insistant sur les efforts à faire pour parvenir à une paix durable sur le continent.  Elle a également plaidé pour plus d’efforts dans la lutte contre le paludisme en Afrique, « le continent de l’avenir » qui aura, selon les prévisions, de forts taux de croissance dans un avenir proche, à condition que la paix et la sécurité soient assurées. 

M. MOHAMMAD KURNIADI KOB (Indonésie) a souligné que son pays appuie la transformation de l’Afrique grâce à sa politique étrangère, son commerce, son aide au développement des infrastructures et la coopération Sud-Sud.  Les échanges commerciaux entre l’Indonésie et l’Afrique ont atteint 8,84 milliards de dollars en 2017 et devraient encore croître, tout comme les investissements comme en atteste la présence sur le continent africain de nombreuses entreprises indonésiennes dans les industries pharmaceutique, textile, énergétique et alimentaire.  Pour renforcer ces liens, le pays a organisé le tout premier Forum Indonésie-Afrique en 2018 et un Dialogue sur les infrastructures en 2019.  Les deux rencontres ont donné lieu à une coopération économique et à des contrats d’affaires de plus de 500 millions de dollars pour l’une et de 822 millions pour les autres. 

Dans le cadre de la lutte contre le paludisme, le représentant a parlé de l’expérience de son pays dans le diagnostic et le traitement précoces, laquelle a d’ailleurs reçu le Prix des Nations Unies pour le service public en 2017.  Il est important de partager cette expérience, s’est expliqué le représentant, puisque l’Indonésie et l’Afrique ont des caractéristiques similaires.  Il est donc possible, dans le cadre de la coopération Sud-Sud, de développer les mêmes programmes, conformément aux besoins et aux intérêts nationaux. 

M. DMITRY S. CHUMAKOV (Fédération de Russie) a expliqué qu’en tant que bailleur de fonds, son pays a effacé la dette des pays africains, pour un total de 20 milliards de dollars.  Il finance aussi des programmes de développement et à l’instar de nombreux autres États, il a volé au secours des États frappés par le cyclone Idai et a d’ailleurs été un des premiers à intervenir contre l’épidémie de l’Ebola.  Pour résoudre les conflits, le représentant a prôné un rapprochement entre le Conseil sécurité de l’ONU et le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine.  2019, a-t-il dit, est une année charnière pour la coopération.  Il a rappelé les différentes conférences qui se sont tenues à Moscou mais aussi le Dialogue commercial Afrique-Russie prévu, les 23 et 24 octobre à Sotchi, auquel est attendue une cinquantaine de chefs d’État.  

M. THOMAS B. AMOLO (Kenya) a indiqué que son pays figure parmi les cinq du continent qui ont mis en œuvre des projets pilotes en vertu du Cadre du NEPAD pour l’évaluation des capacités extractives en Afrique.  De même, 7 093 Kényanes ont bénéficié de 11 projets du Fonds espagnol du NEPAD pour l’autonomisation des femmes.  Si la mobilisation des ressources domestiques est viable à long terme, il n’en reste pas moins, a prévenu le représentant, que l’APD, les investissements étrangers directs et le libre-échange sont des éléments « essentiels » pour faire avancer le Programme 2030 et l’Agenda 2063. 

Sur le front du paludisme, le délégué s’est réjoui que le taux national de prévalence soit passé de 11% à 8%, grâce à des interventions innovantes et l’accès universel au diagnostic et au traitement.  En septembre dernier, en partenariat avec l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Kenya a lancé les tout premiers vaccins au monde contre le paludisme qui seront testés dans huit districts.  Le vaccin, qui est donné gratuitement, peut prévenir 4 infections sur 10 et faire chuter la prévalence des cas graves de plus de 30% chez les enfants de 6 à 24 mois. 

Pour M. XOLISA MFUNDISO MABHONGO (Afrique du Sud), le NEPAD est indispensable pour atteindre les objectifs du Programme 2030.  Saluant l’instauration de la Zone de libre-échange continentale africaine comme un facteur de changement sur un continent resté à la traîne en la matière, il a estimé que, pour favoriser les échanges commerciaux, il faut aussi stimuler l’industrie.  Se concentrer sur l’industrialisation suppose de ne pas se laisser distancer par les technologies et la numérisation notamment, car elles sont facteurs d’emplois et utiles pour lutter contre la pauvreté.  L’Afrique est un continent jeune et sa jeunesse entend participer pleinement à son avenir politique et économique, a poursuivi le représentant.  Aussi avec le soutien des Nations Unies et de la communauté internationale, les gouvernements doivent-ils se tenir aux côtés des jeunes et valoriser leurs talents et leurs capacités d’innovation.  Le commerce, l’industrialisation et la mise en valeur de la jeunesse ont besoin d’infrastructures solides au sein et entre les pays, a-t-il souligné.  Le représentant a donc réclamé une aide internationale, en prévenant que les défis ne seront relevés qu’en mettant un terme aux flux d’argent illicites qui, quittant le continent, privent les Africains de ressources précieuses. 

M. DAVID TSHIBANGU TSHISHIKU (République démocratique du Congo), en sa qualité de Coordonnateur du Groupe des États d'Afrique à la Troisième Commission, a encouragé à l’intensification de la mise en œuvre de la Stratégie technique mondiale de lutte contre le paludisme 2016-2030.  Il a applaudi la baisse constante des nouveaux cas de paludisme au cours des 10 dernières années et jusqu’en 2016, déplorant que le nombre de cas ait augmenté de 217 millions à 219 millions en 2017.  Il a exhorté à une pleine mise en œuvre de la Stratégie technique afin de réduire la prévalence et les taux de décès d’au moins 40% d’ici à 2020.  Le représentant a jugé nécessaire d’intensifier la prévention et le traitement et d’investir dans la protection des plus vulnérables, notamment les enfants. 

La campagne de l’Union africaine « Zéro paludisme commence avec moi », a été adoptée pour éliminer cette maladie, a-t-il précisé, ajoutant qu’en 2017, environ 70% des décès étaient concentrés en Inde et dans 10 pays d’Afrique – Burkina Faso, Cameroun, République démocratique du Congo, Ghana, Mali, Mozambique, Niger,, Nigéria, Ouganda et République-Unie de Tanzanie.  Bien que l’Inde, qui représente 4% de la charge mondiale du paludisme ait enregistré des progrès par une réduction de près de 25% des cas, en revanche, dans les pays africains les cas ont augmenté de 3,5 millions par rapport à 2016, a-t-il souligné.  D’un autre côté, en Amérique latine, le Paraguay a été certifié libre de paludisme en 2018, ce qui en fait le premier pays des Amériques à recevoir ce statut en 45 ans, tandis que le nombre de ceux qui approchent de l’élimination est passé de 37 à 46, et que l’Algérie, l’Argentine et l’Ouzbékistan ont sollicité une certification officielle de l’OMS les déclarant exempts de la maladie. 

Cela dit, le nombre de pays en voie d’éliminer le paludisme est en hausse.  Il a aussi signalé la résistance aux médicaments et aux insecticides dans plusieurs régions du monde.  Les producteurs d’insecticides de longue durée devraient accélérer le transfert de connaissances, a-t-il conseillé, en appelant également à la lutte contre les antipaludéens de qualité inférieure ou contre des médicaments non conformes aux normes.  « À mesure que les progrès stagnent, voire diminuent, nous perdons les acquis des années antérieures », a-t-il averti, tout en se félicitant des avancées dans la recherche contre le paludisme.  Partant, il est indispensable d’intensifier les efforts nationaux, transfrontaliers et régionaux pour lutter contre la résistance aux insecticides et à l’artémisinine, a souligné le représentant, qui a aussi encouragé à davantage de financements pour atteindre les 6,4 milliards par an pour soutenir la mise en œuvre du plan complémentaire Action et investissement 2020 de la Stratégie technique mondiale 2016-2030 et des activités nationales. 

M. XU ZHONGSHENG (Chine) a déclaré que la paix et le développement de l’Afrique sont essentiels à la prospérité du monde entier.  Il a donc invité la communauté internationale à appuyer le développement de l’Afrique, en accordant la priorité à l’élimination de la pauvreté et de la faim, en investissant dans les infrastructures, sans oublier de respecter les choix des Africains.  Il a demandé aux pays développés d’honorer leur engagement en matière d’APD, affirmant que la coopération Nord-Sud reste de mise et peut être complétée par la coopération Sud-Sud.  S’agissant de la paix et la stabilité, le représentant a prôné « les solutions africaines aux problèmes africains ».  Il s’est dit favorable à la mise en place d’une armée de l’UA. 

Le représentant a rappelé que le volume des échanges entre son pays et l’Afrique s’élevait à 204 milliards de dollars en 2018, soit une hausse de 20% par rapport à l’année précédente.  La Chine a créé des entreprises sur le continent et consacré 46 milliards de dollars aux investissements étrangers directs sur le continent.  Plus de 5 000 kilomètres de voies ferroviaires et routières ont été construites par la Chine en Afrique, et ces initiatives devraient prendre de l’importance si l’on se base sur les engagements des dirigeants des deux parties au cours du dernier Sommet Chine-Afrique.  En promettant la poursuite des efforts dans le cadre de l’initiative « une Ceinture, une Route », le représentant a rappelé que la Chine a toujours respecté ses partenaires africains. 

Nous poursuivons toujours la pratique des "cinq non" dans nos relations avec l’Afrique, à savoir: ne pas s’ingérer dans la recherche par les pays africains d’une voie de développement adaptée à leurs conditions nationales, ne pas s’immiscer dans les affaires intérieures africaines, ne pas imposer notre volonté à l’Afrique, ne pas assortir nos aides à l’Afrique de condition politique quelconque, et ne pas poursuivre des intérêts politiques égoïstes dans notre coopération en matière d’investissement et de financement avec l’Afrique.  Le représentant a invité les autres partenaires de l’Afrique à faire de même. 

Mme COURTNEY NEMROFF (États-Unis) a indiqué que son gouvernement a lancé, en décembre dernier, sa stratégie pour l’Afrique, visant à élargir les relations commerciales; à faire progresser la paix et la sécurité; et à épauler la stabilité, la bonne gouvernance et l’autosuffisance sur tout le continent.  La Stratégie reconnaît que des IED de très bonne qualité sont importants pour le développement du continent et met l’accent sur l’engagement constant des États-Unis à aider les partenaires africains maintenant que leur continent passe de l’aide extérieure à une indépendance financière durable.  Sur cette base, les États-Unis ont fait du renforcement de leur engagement économique leur priorité en Afrique.  Des liens plus étroits entre les secteurs privés américains et africains vont élargir les marchés des biens et services et contribuer à la prospérité de tous.  Nos efforts pour développer le commerce et les investissements ne pouvaient pas mieux tomber, a poursuivi la représentante, en faisant référence à l’entrée en vigueur de la Zone de libre-échange continentale africaine. 

Le moment est venu, a-t-elle dit, de discuter des mécanismes à mettre en place pour renforcer le partenariat économique.  Le Congrès américain a d’ailleurs promulgué, l’année dernière, une loi intitulée BUILD qui double les ressources des souscriptions aux investissements privés de 30 à 60 milliards de dollars.  La représentante s’est aussi réjouie de la création de l’« International Development Finance Club (IDFC) », une agence modernisée de financement du développement qui ouvrira la voie à plus d’investissements américains en Afrique, y compris dans le capital des entreprises africaines.  L’agence fournira aussi une assistance technique et effectuera des études de faisabilité des projets.  Nous allons appuyer, a expliqué la représentante, des projets financièrement attrayants pour le secteur privé.  Nous allons aussi redynamiser les efforts du Gouvernement américain pour faire avancer l’autonomisation économique des femmes, en investissant directement dans les projets qu’elles portent. 

« L’appui ciblé » des États-Unis peut catalyser des sommes importantes de capitaux privés pour les marchés émergents.  Dans ce cadre, la représentante a parlé de l’initiative « Prosper Africa », une espèce de guichet unique pour les entreprises américaines et africaines.  Il faut noter, a conclu la représentante, que tous les pays qui investissent en Afrique ne suivent pas ce « modèle d’engagement ».  Ils font des affaires « asymétriques et injustes » qui piétinent la souveraineté nationale et qui souvent piègent les pays dans l’endettement.  Ce que ces pays veulent c’est la dépendance économique et non l’autosuffisance.  Contrairement au modèle de développement dirigé par l’État, l’approche américaine du financement du développement se fonde sur les meilleures pratiques.  En mobilisant les capitaux du secteur privé pour monter des projets financièrement durables, on évite le piège de la dette au profit du climat des affaires et du cercle vertueux « commerce, investissement, croissance ». 

Les États-Unis, c’est le respect de la souveraineté nationale, de meilleures conditions pour les travailleurs locaux, le respect des normes environnementales, la lutte contre la corruption et des résultats qui sont là pour durer.  Nous n’investissons pas seulement en Afrique, nous investissons dans les Africains, en leur offrant l’occasion de renforcer leur main-d’œuvre et de parvenir à l’autosuffisance économique. 

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