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AG/AB/4336
29 octobre 2019
Soixante-quatorzième session, 7e séance – matin

La Cinquième Commission examine une demande de 7,36 millions de dollars pour poursuivre la rénovation de la CESAP et faire de Bangkok la « Genève de l’Asie »

La Cinquième Commission chargée des questions administratives et budgétaires était saisie, ce matin, d’une demande de 7,36 millions de dollars pour financer, en 2020, la poursuite des travaux de rénovation à la Commission économique et sociale pour l’Asie et le Pacifique (CESAP) et faire de Bangkok, a confié la Thaïlande, la future « Genève de l’Asie ».  La Commission était aussi saisie d’une proposition budgétaire de 643 875 000 dollars pour les 37 missions politiques spéciales.

« Le projet de mise aux normes parasismiques et de remplacement des équipements en fin de vie au siège » de la CESAP requiert, en 2020, un budget de 7 364 000 dollars.  Mais compte tenu du solde inutilisé de 953 300 dollars, à la fin de 2019, le Secrétaire général demande l’ouverture d’un crédit de 6 410 700 dollars.  Le Groupe des 77 et la Chine ont dit craindre que le projet ne puisse rester dans les limites des 40 millions de dollars approuvés jusqu’en 2023.  L’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) a confirmé ces craintes: le second inventaire des risques réalisé selon la méthode de Monte-Carlo, en mai 2019, a en effet conclu que les risques de dépassement budgétaire demeurent « importants ».  L’ASEAN a donc appelé le Secrétaire général à prendre « impérativement », et en temps voulu, des mesures afin d’atténuer ces risques.

Hôte de la CESAP, la Thaïlande s’est dite impatiente de voir les locaux transitoires qui devraient être prêts pour la première phase des grands travaux en 2020.  Le succès du projet, a-t-elle souligné avec l’ASEAN, repose sur la bonne gouvernance, un contrôle efficace, la responsabilité et la transparence.  La Thaïlande s’est félicitée du choix arrêté sur l’espace ouvert qui permettra d’accueillir davantage d’entités des Nations Unies.  Cet effort, s’est-elle réjouie, est conforme à la politique nationale qui est d’attirer d’autres agences de l’ONU et de faire de Bangkok la plaque tournante des organisations internationales, réaffirmant sa position de « Genève de l’Asie ». 

La Cinquième Commission était aussi saisie du rapport du Secrétaire général sur les prévisions de dépenses relatives aux 37 missions politiques spéciales qui s’élèvent à 643,8 millions de dollars pour 2020.  Le montant des crédits demandés, qui ne tiennent pas compte de la Mission des Nations Unies en appui à l’Accord sur Hodeïda (MINUAAH), est en diminution de 11 673 700 dollars, soit 1,8%, par rapport au montant des crédits approuvés pour 2019. 

La Cinquième Commission tiendra sa prochaine séance publique vendredi 1er novembre, à partir de 10 heures, sur la nomination des membres du Comité consultatif pour les questions administratives et budgétaires (CCQAB) et d’autres organes subsidiaires.  

PROJET DE BUDGET-PROGRAMME POUR 2020

Rapport du Comité consultatif pour les questions administratives et budgétaires sur le projet de mise aux normes parasismiques et de remplacement des équipements en fin de vie au siège de la Commission économique et sociale pour l’Asie et le Pacifique (CESAP), à Bangkok (A/74/7/Add.8)

Pour l’établissement de son rapport, le Comité consultatif pour les questions administratives et budgétaires (CCQAB) s’est penché sur celui du Secrétaire général (A/74/317) qui indique que la conception du projet a été achevée, que le dossier d’appel d’offres définitif a été établi et que l’invitation à soumissionner pour les grands travaux de construction a été publiée le 28 juin 2019. 

Les ressources nécessaires pour 2020 sont estimées à 7 364 000 dollars dont 886 400 dollars pour financer le maintien de six emplois dans l’équipe de projet et 50% des coûts afférents au coordonnateur du projet affecté au Siège et trois nouveaux emplois (agents locaux); 6 477 600 dollars dont 5 002 000 dollars pour le mobilier et les agencements, 318 100 dollars pour les services spécialisés, 568 600 dollars pour la hausse des coûts et 588 900 dollars pour la provision pour imprévus.  Compte tenu du solde inutilisé enregistré à la fin de 2019, soit 953 300 dollars, le Secrétaire général demande l’ouverture d’un crédit d’un montant net de 6 410 700 dollars pour 2020 que le CCQAB approuve.

Déclarations

Au nom du Groupe des 77 et la Chine, M. SAED KATKHUDA (État de Palestine) a salué les progrès dans la mise en œuvre du projet et le fait que la CESAP ait tenu compte des appels à utiliser les pratiques et les connaissances locales et à tirer les enseignements des autres projets du même type.  Le représentant a aussi salué l’utilisation des matériaux et des techniques de construction locaux.  Il a dit attacher de l’importance à la gestion des risques et pris note des doutes quant à la capacité de terminer le projet dans les limites du budget approuvé.  À l’instar du CCQAB, il a exhorté le Secrétaire général à atténuer les risques et à poursuivre ses contacts avec les États Membres pour obtenir d’eux des contributions volontaires et d’autres types d’appui.  Le représentant a conclu sur les questions de la santé et de la sécurité du personnel et des visiteurs dans tous les locaux de l’ONU dans le monde.  C’est dans cet esprit qu’il a fermement soutenu les travaux de rénovation non seulement à Bangkok mais aussi à Nairobi, à Addis-Abeba et à Santiago.

Au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), M. TSU TANG TERRENCE TEO (Singapour) a jugé que l’ONU doit impérativement mettre à la disposition de ses commissions régionales des locaux « sûrs, adaptés et accessibles ».  Le représentant a rappelé que la CESAP, qui assiste 53 États Membres et 9 Membres associés, est la plus grande commission régionale de l’Organisation.  Il a salué la Thaïlande, pays hôte de la CESAP, pour ses efforts visant à améliorer le suivi et la mise en œuvre du projet à Bangkok.

Le représentant a souligné l’importance de la bonne gouvernance, la surveillance efficace, la transparence et la responsabilité dans la gestion des travaux, afin de mener le projet à son terme dans les délais impartis et sans dépassement budgétaire.  Il a salué la publication, en mars 2019, du troisième rapport d’audit du Bureau des services de contrôle interne (BSCI) qui indique que la CESAP a donné suite à l’ensemble de ses recommandations de 2018 et qu’elle procède actuellement à la mise en œuvre des recommandations de 2019. 

Par ailleurs, le représentant a appuyé la demande du Secrétaire général de créer trois postes temporaires d’agent local en 2020, dont un responsable de la sécurité du projet, un agent responsable de sécurité et un assistant informaticien.  Il a encouragé l’équipe de projet à continuer d’envisager des moyens innovants d’optimiser l’utilisation de l’espace, de faire des économies d’énergie et de perturber le moins possible le travail du personnel de la CESAP.

Le représentant a aussi salué les efforts de mise en œuvre par la CESAP de stratégies de gestion environnementale.  Dans la mesure où la Commission a atteint son objectif de neutralité carbone entre 2017 et 2018, il a dit s’attendre à ce qu’elle continue de réduire son empreinte carbone s’agissant de la consommation d’énergie et d’eau, et des réunions et des voyages.  Le représentant a également espéré que la Commission continuera à attirer des candidates qualifiées pour intégrer l’équipe de projet.  Il a estimé que l’ONU doit poursuivre ses efforts pour améliorer la parité entre hommes et femmes, ainsi que la représentation géographique équitable du personnel à tous les niveaux.  Le représentant a en outre appelé la CESAP à continuer de tirer parti des connaissances, technologies et matériaux locaux, en coopération avec le pays hôte et les différentes entités du Secrétariat.

En dépit des retards pris, le représentant s’est dit rassuré par les garanties fournies par le Secrétaire général, à savoir que les travaux et le projet seraient achevés, comme prévu, d’ici à la fin de 2023, sans modification du budget approuvé de 40 millions de dollars.  Toutefois, a-t-il mis en garde, le second inventaire des risques réalisé selon la méthode de Monte-Carlo en mai 2019 a conclu que les risques de dépassement budgétaire demeurent « importants ».  Le représentant a appelé le Secrétaire général à prendre « impérativement », et en temps voulu, des mesures afin d’atténuer ces risques.

M. VITAVAS SRIVIHOK (Thaïlande) a appuyé les efforts en cours pour résoudre les questions de santé et de sécurité grâce au projet auquel il faut à tout prix assurer le succès.  Mon gouvernement, a rappelé le représentant, n’a cessé de soutenir le projet avec des contributions en nature, mettant à disposition ses expertises, ses meilleures pratiques et ses connaissances.  Se félicitant des progrès, il s’est dit impatient de voir les locaux transitoires qui, dit-on, seront prêts pour la première phase des grands travaux en 2020.  Il s’est aussi félicité du travail de la CESAP pour répondre à tous les codes parasismiques et aux règlements applicables.  Il faut aussi féliciter la CESAP, a-t-il poursuivi, pour avoir pris en compte différentes mesures d’efficacité énergétique et de durabilité, d’accessibilité et d’utilisation de l’espace.  La bonne utilisation de l’espace grâce au choix arrêté sur l’espace ouvert permettra d’accueillir davantage d’entités des Nations Unies.  Cet effort est conforme à la politique de la Thaïlande qui est d’attirer d’autres agences de l’ONU et de faire de Bangkok la plaque tournante des organisations internationales, réaffirmant sa position de « Genève de l’Asie ».  Le représentant a conclu en insistant sur le fait que le succès du projet repose sur la bonne gouvernance, un contrôle efficace, la responsabilité et la transparence.

Rapport du Comité consultatif pour les questions administratives et budgétaires sur les missions politiques spéciales et les prévisions de dépenses relatives à ces missions (A/74/7/Add.1)

Pour l’établissement de son rapport, le Comité consultatif pour les questions administratives et budgétaires (CCQAB) a examiné celui du Secrétaire général (A/74/6 (Sect. 3)/Add.1).  Sur les 37 missions pour lesquelles le Secrétaire général a présenté des prévisions de dépenses pour 2020, 14 missions ont un mandat à durée déterminée et les mandats des 23 autres missions devraient être prorogés jusqu’en 2020 par l’Assemblée générale ou le Conseil de sécurité.

Deux missions politiques spéciales ont été créées depuis le dernier rapport du CCQAB: la Mission des Nations Unies en appui à l’Accord sur Hodeïda (MINUAAH), créée par la résolution 2452 (2019); et le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), créé par la résolution 2476 (2019).

Dans son rapport, le Secrétaire général donne une vue d’ensemble des ressources demandées pour 2020 au titre des 37 missions politiques spéciales, d’un montant net de 643 875 000 dollars, qui comprend un montant de 1 427 100 dollars correspondant à la part du budget du Centre de services régional d’Entebbe pour l’exercice 2019/20.  Les prévisions de dépenses pour 2020 ne tiennent pas compte de la MINUAAH.  Le montant des crédits demandés pour 2020 est en diminution de 11 673 700 dollars (1,8%) par rapport au montant des crédits approuvés pour 2019 (MINUAAH non comprise).

Le Secrétaire général propose par ailleurs de porter l’effectif civil de 4 005 à 4 039 personnes, ce qui représente une augmentation nette de 34 postes temporaires (0,8%) pour les 37 missions politiques spéciales (compte non tenu des 11 emplois de temporaire autres que pour les réunions) proposés au titre de la Mission en Somalie pour appuyer les élections de 2020.

Le Comité consultatif note que des taux de vacance différents sont proposés et appliqués aux postes nouveaux et réaffectés, y compris celui des missions politiques spéciales, et dans les budgets pour l’exercice 2019/20 des opérations de maintien de la paix et du compte d’appui, sans que cela ne soit suffisamment justifié.  Dans la mesure où il s’agit d’une question de politique générale, il estime que les taux de vacance appliqués devraient être présentés avec clarté.  En outre, pour ce qui est des nouveaux postes et emplois de temporaire prévus dans le projet de budget-programme pour 2020, le Comité consultatif note que, compte tenu du passage d’un exercice biennal à un exercice annuel à titre expérimental, il conviendra d’expliquer les incidences financières du taux de vacance de 50% qui continue d’être appliqué dans les budgets annuels, comme cela était le cas dans les budgets biennaux.

Étant donné que 129 postes de coordonnateur résident ont été transférés de la tutelle du PNUD à celle du Secrétariat de l’ONU au 1er janvier 2019, le Comité consultatif n’est donc pas convaincu de la nécessité, pour 2020, de conserver à leur niveau actuel les capacités d’appui des bureaux des représentants spéciaux adjoints du Secrétaire général des Missions en Afghanistan, en Iraq, en Somalie, en Guinée-Bissau et en Libye.  Le Comité recommande à nouveau que l’Assemblée générale prie le Secrétaire général de réexaminer et d’ajuster la structure des bureaux des représentants spéciaux adjoints et leurs capacités d’appui dans les missions politiques spéciales structurellement intégrées.  Le Comité réaffirme qu’il compte qu’une démarche cohérente sera également adoptée, s’agissant de ces postes dans les opérations de maintien de la paix concernées pour 2020/21 ainsi que des postes relevant du Bureau du (de la) Coordonnateur(trice) spécial(e) des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient dans le projet de budget-programme pour 2021.

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