Îles Falkland (Malvinas): le Comité spécial de la décolonisation demande à l’Argentine et au Royaume-Uni de reprendre les négociations

AG/COL/3338
25 juin 2019
Session de 2019, 7e & 8e séances plénières – matin & après-midi

Îles Falkland (Malvinas): le Comité spécial de la décolonisation demande à l’Argentine et au Royaume-Uni de reprendre les négociations

Le Comité spécial de la décolonisation a demandé, aujourd’hui, à l’Argentine et au Royaume-Uni de reprendre leurs négociations afin de trouver, dans les meilleurs délais, une solution pacifique au conflit de souveraineté sur les îles Falkland (Malvinas).

Le Comité a aussi adopté une résolution sur la question des Tokélaou, par laquelle il se félicite de la forte détermination renouvelée des Tokélaou et de la Nouvelle-Zélande à continuer d’œuvrer ensemble dans l’intérêt des Tokélaou et de leur peuple.

La résolution sur la Question des îles Falkland (Malvinas), adoptée sans mise aux voix, met notamment l’accent sur la consolidation du processus de dialogue et de coopération entre les deux pays.  Par ce texte, présenté par le Chili qui a souligné que la question de ce territoire revêt une importance fondamentale pour les pays d’Amérique latine et des Caraïbes, le Comité déplore aussi que l’application des résolutions de l’Assemblée générale sur cette question n’ait toujours pas commencé.

Décriant le « coup de force » par lequel le Royaume-Uni a « occupé », en 1833 les « îles Malvinas », le Ministre des relations extérieures et du culte de l’Argentine, a mis en avant l’approche « constructive » de son pays quant à la reprise des négociations et a, lui aussi, déploré qu’en dépit de certaines avancées, les négociations n’aient pas repris.

M. Jorge Faurie a néanmoins salué le climat de confiance instauré après les visites réciproques de hauts responsables des deux pays et les initiatives de coopération scientifique et culturelle, ainsi que les progrès enregistrés grâce au CICR dans l’identification des soldats argentins enterrés dans le cimetière de Darwin.

Le Royaume-Uni n’a pas participé au débat qui a, en revanche, été marqué par l’intervention de deux pétitionnaires de l’Assemblée législative des îles Falkland (Malvinas), qui ont rappelé que lors du référendum de mars 2013, 92% des participants avaient voté pour le maintien du statut de territoire d’outre-mer britannique.

Tout en se disant ravis de la relation amicale avec l’Argentine, ils ont déploré que cette dernière « ne nous reconnaît pas comme peuple à part entière ». Ils ont aussi dénoncé les sanctions imposées aux secteurs de la pêche et du tourisme mais noté, depuis la prise de fonctions du Président Mauricio Macri, des signes avant-coureurs d’une potentielle levée des sanctions et de la reprise des relations et des liaisons aériennes.

Les deux pétitionnaires ont aussi renouvelé au Comité spécial l’invitation à se rendre sur les îles Falkland (Malvinas), s’opposant à l’argument présenté en mai, lors du Séminaire de la Grenade, selon lequel une telle visite serait « impossible » parce qu’il s’agit d’un différend de souveraineté qui ne relèverait pas du Comité spécial.

D’une manière générale, les délégations ont déploré le peu de progrès réalisés depuis l’adoption, en 1965, de la résolution 2065 de l’Assemblée générale, premier texte consacré spécifiquement à la question des îles Falkland (Malvinas). Préoccupés par les mesures unilatérales, concernant notamment l’exploitation des ressources naturelles, les États d’Amérique latine se sont mobilisés pour faire part de leur appui aux revendications de l’Argentine et exhorter, eux aussi, à la reprise des négociations.

Le Comité a ensuite entendu le Premier Ministre de Montserrat, M. Donaldson Romeo, plaider pour l’élaboration d’une charte de bonne gouvernance pour fixer le cadre d’une démocratie locale, d’une consultation avec les parties prenantes ou encore d’une révision constitutionnelle.

Ce dernier a dénoncé la réaction du Royaume-Uni après l’éruption volcanique tragique qui a frappé le territoire il y a 22 ans, jour pour jour, précisant que ceux qui n’ont pas quitté l’île à l’époque continuent de « vivoter » alors que son gouvernement dépend toujours à plus de 70% de la Puissance administrante.

Le dignitaire a invité le Comité à envisager, dans le cadre de la visite qu’il prévoit d’effectuer à Montserrat, de se rendre aussi à Antigua-et-Barbuda et au Royaume-Uni pour entendre la diaspora importante de Montserratiens.

En début de journée, le Comité a adopté sans vote une résolution sur la question des Tokélaou par laquelle il constate que la Nouvelle-Zélande continue de s’efforcer « sans relâche » de répondre aux besoins socioéconomiques du peuple des Tokélaou, notamment par la mise en place de nouveaux équipements de transport, le développement de l’infrastructure de transport et la fourniture d’un appui budgétaire permettant de fournir des services d’éducation.

S’agissant des progrès réalisés dans le cadre du transfert de compétences aux trois taupulega (conseils villageois), le Comité note aussi qu’il est prévu de débattre encore des recommandations figurant dans le document relatif à l’examen de la politique en matière de transfert des pouvoirs élaboré en 2012.

Il note en outre avec satisfaction la « réalisation majeure » que constitue le lancement du rapport des Tokélaou sur l’inventaire national des gaz à effet de serre, le 11 avril 2019.

Le Comité a achevé sa séance en terminant la liste des orateurs sur la question du Sahara occidental.

Sa prochaine réunion est prévue pour le jeudi 27 juin, à partir de 10 heures.

COMITÉ SPÉCIAL CHARGÉ D’ÉTUDIER LA SITUATION EN CE QUI CONCERNE L’APPLICATION DE LA DÉCLARATION SUR L’OCTROI DE L’INDÉPENDANCE AUX PAYS ET AUX PEUPLES COLONIAUX

QUESTION DES ÎLES FALKLAND (MALVINAS) (A/AC.109/2019/L.8)

Audition de pétitionnaires

M. ROGER EDWARDS, Assemblée législative des îles Falkland (Malvinas), a rappelé que les Iles étaient un territoire d’outremer du Royaume-Uni « qui soutient leur souhait de rester dans son giron ainsi que le droit de ses habitants d’exercer leur droit à l’autodétermination ».  Le Royaume-Uni, n’a aucun doute sur sa souveraineté sur les îles Falkland (Malvinas)dont les habitants souhaitent maintenir le statu comme ils l’ont montré lors du référendum de mars 2013.  Les résultats parlent d’eux-mêmes: sur 99.8% des participants, 92% ont voté pour le maintien du statut de territoire d’outremer britannique.

Il ne peut y avoir de dialogue sur la souveraineté à moins que les habitants des îles Falkland (Malvinas)eux-mêmes le veuillent.  La Constitution de 2008 dispose que ces Iles sont autonomes, qu’elles lèvent leurs propres impôts et qu’elles exploitent leurs propres ressources naturelles.  « Notre relation avec le Royaume-Uni est tout à fait moderne », a affirmé M. Edwards, en rappelant au Comité spécial que son mandat n’est pas de s’occuper de la souveraineté des îles Falkland (Malvinas) ni d’aucun autre territoire.  Le mandat dit clairement que le processus de décolonisation peut prendre trois formes: la libre association, l’intégration avec un État indépendant ou l’indépendance.  Tout autre statut politique peut être décidé par le peuple.

M. Edwards a accusé l’Argentine de faire circuler des informations « mensongères » selon lesquelles le Royaume-Uni aurait expulsé les habitants des îles Falkland (Malvinas).  Il a passé en revue l’historique de la présence « pacifique » du Royaume-Uni pendant 186 ans, et souligné qu’il y a aujourd’hui 60 groupes ethniques dans les Iles dont certains remontent à neuf générations, « ce qui en fait bien un peuple à part entière ».

L’Argentine a essayé en 2008, à la Quatrième Commission, de retirer le droit à l’autodétermination aux habitants des îles Falkland (Malvinas), une tentative qui a échoué, a-t-il rappelé.  Mais les Nations Unies continuent de tenir compte de la revendication « infondée » de l’Argentine, une revendication que le Royaume-Uni ne reconnaît nullement.  L’Argentine a aussi tenté de faire valoir que « nous ne sommes pas un peuple », un autre argument que M. Edwards a réfuté vigoureusement.

Le Royaume-Uni nous aide dans les affaires étrangères et la défense, a-t-il précisé, mais en dehors de cela les îles Falkland (Malvinas) ne reçoivent aucune autre aide britannique. 

Nous serions ravis d’avoir une relation amicale avec l’Argentine, a poursuivi M. Edwards, « mais ils ne nous reconnaissent pas comme peuple à part entière et nous imposent des sanctions pour perturber les secteurs de la pêche et du tourisme ».  Il a cependant noté des signes avant-coureurs d’une potentielle levée des sanctions et de la reprise des relations et des liaisons aériennes depuis la prise de fonctions du Président Mauricio Macri.  À ce jour, a-t-il poursuivi, nous avons identifié 112 des 122 soldats argentins reposant dans le cimetière de Darwin.  Nous avons facilité deux visites pour que les familles puissent se recueillir sur les tombes de leurs proches.

M. Edwards qui a réitéré au Comité spécial l’invitation à se rendre sur les îles Falkland (Malvinas).  Rappelant que lors du Séminaire de la Grenade en mai, deux membres du Comité avait déclaré qu’une telle visite était « impossible » parce qu’il s’agit d’un différend de souveraineté, il a retorqué que les questions de souveraineté ne relèvent pas du mandat du Comité spécial.

« Pour sa cinquième fois devant le Comité spécial », M. Edwards a espéré qu’il a été clair: le Comité spécial doit tenir compte des souhaits des habitants des îles Falkland (Malvinas) et de leur droit à l’autodétermination.  Il a exhorté le Comité spécial à ignorer les revendications « injustes et fallacieuses » de l’Argentine et de rester fidèles au mandat du Comité.

M. ROGER SPINK, Membre de l’Assemblée législative des îles Falkland (Malvinas), a souligné, à son tour, que son « pays » n’est pas une colonie britannique et a récusé l’appui que certains membres du Comité accordent aux aspirations « coloniales » de l’Argentine.  Les îles Falkland (Malvinas), a-t-il dit, sont autonomes et économiquement indépendantes, à l’exception du portefeuille de la défense.  Nous sommes un territoire d’outre-mer qui est sorti depuis longtemps du statut colonial. 

Après avoir rappelé les résultats du référendum de 2013, le député a expliqué que le territoire s’est doté d’un programme d’envergure pour améliorer sur fonds propres ses infrastructures.  J’ai ici avec moi deux étudiants pour qui il serait bénéfique d’entendre le Comité appuyer leurs droits à l’autodétermination, a dit le député.

Après être revenu sur le différend lié au Canal de Beagle et suggéré non sans humour que les îles Falkland (Malvinas)auraient peut-être des revendications, M. Spink a affirmé que l’Argentine induit l’ONU en erreur depuis les années 60 en prétendant que le Royaume-Uni a chassé la « population » des îles Falkland (Malvinas) en 1833.  Le fait est que le Royaume-Uni a tout simplement demandé à une petite garnison de 26 soldats et leurs familles de partir.  Arrivée depuis à peine trois mois, la garnison s’était mutinée, avait assassiné son commandant et terrorisé la population civile.

Aujourd’hui, le blocus économique et les intimidations du Gouvernement argentin sont une grande source de préoccupation pour les familles, notamment celles qui ont des liens étroits avec le Chili.  Le Gouvernement de Mme Cristina Fernández de Kirchner a inculqué à toute une nouvelle génération d’insulaires, la peur d’un pays de 45 millions d’habitants cherchant à mettre sous sa coupe 3 000 personnes.  Mais le travail du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) pour identifier les dépouilles des soldats argentins, les visites des familles argentines et la perte tragique du sous-marin Sante Fe ont permis aux populations des deux côtés de dépasser leurs différends.

Le pétitionnaire a aussi parlé du travail commun des scientifiques des îles Falkland (Malvinas) et de l’Argentine pour étudier les stocks de poissons, mieux comprendre la biodiversité marine et écologique de la région et évaluer l’impact des pêches sur les écosystèmes marins vulnérables.  Notre Gouvernement est disposé à travailler avec les pays de la région pour mettre sur pied un régime de gestion durable.  Il a appelé l’ensemble des pays du sud-ouest de l’Atlantique à préserver la biodiversité, à maintenir l’intégrité des écosystèmes marins et à minimiser les risques à long terme et les effets irréversibles de la pêche.  M. Spink a exhorté l’Argentine à cesser de se comporter comme une « Puissance coloniale envieuse » et a invité les membres du Comité spécial à effectuer une visite dans les îles Falkland (Malvinas) « florissantes ».

Petit-fils d’un habitant des îles Malvinas venu s’installer en Argentine, M. GILLERMO CLIFTON, Chercheur et vétérinaire en Patagonie australe, a indiqué qu’aujourd’hui encore plus de 50 membres de sa famille vivent toujours dans les Îles.  Il a évoqué les problèmes agricoles et d’élevage auxquels sont confrontés la Patagonie et les îles Malvinas, lesquels l’ont conduit à entrer en contact avec plusieurs acteurs des Iles, ces 20 dernières années.  Il est donc possible de travailler ensemble dans l’intérêt des îles Malvinas et du continent et de développer des contacts, a estimé le pétitionnaire.  Il a tout de même reconnu les difficultés liées au différend entre l’Argentine et le Royaume-Uni.  Il a donc demandé au Comité spécial d’appuyer la résolution qui demande aux deux pays de trouver une solution négociée dans les plus brefs délais.

Descendant du fondateur huguenot d’une colonie dans les îles Falkland (Malvinas) en 1828 avec l’accord de l’Argentine, M. LUIS VERNET a affirmé que sa famille a fini par être expulsée du territoire.  Ce n’est qu’en janvier 1833, quand il a vu que les îles Malvinas étaient devenues une terre prospère que le Royaume-Uni s’est proposé de les reconquérir.  Aujourd’hui, les descendants de ceux qui ont expulsé ma famille revendiquent un territoire qu’ils occupent illégalement.  Des colons britanniques occupent illégalement une partie du territoire d’un État, a-t-il insisté, avant de plaider pour une coopération constructive.

Déclarations

Flanqué de sénateurs et députés, M. JORGE FAURIE, Ministre des relations extérieures et du culte de l’Argentine, a souligné que le coup de force par lequel le Royaume-Uni a occupé, en 1833, les îles Malvinas n’a « jamais été accepté » par l’Argentine car il a porté atteinte à l’intégrité territoriale, conduit à l’expulsion de la population et des autorités argentines légitimement établies, créé des obstacles au retour des citoyens argentins.  C’est à cause de ces « caractéristiques particulières », qu’aucune résolution des Nations Unies ne parle du principe d’autodétermination comme critère applicable aux îles Malvinas.  En 1985, l’Assemblée générale a rejeté deux propositions d’amendement visant à ajouter une référence à ce principe.  La « décolonisation » et « l’autodétermination » ne sont pas synonymes, a martelé le Ministre. 

Il a estimé que l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice (CIJ) sur les effets juridiques de la séparation de l’archipel des Chagos de Maurice en 1965 a confirmé le caractère « coutumier » des principes reflétés dans la résolution 1514 (XV) et réaffirmé le rôle crucial de l’Assemblée générale et du Comité spécial, comme organes « superviseurs » du processus de décolonisation.  M. Faurie a, en outre, mentionné la Constitution argentine et la résolution 2065 de l’Assemblée générale qui tiennent compte des intérêts des habitants des îles Malvinas.  Il s’est aussi vanté de l’approche « constructive » de l’Argentine quant à la reprise des négociations. 

La question des îles Malvinas, a poursuivi le Ministre, concerne aussi celle des Iles de Géorgie du Sud et Sandwich du Sud ainsi que les espaces maritimes avoisinants.  Il a salué le climat de confiance instauré après les visites réciproques de hauts responsables des deux pays, les missions commerciales et les initiatives de coopération scientifique et culturelle, ainsi que la coordination des positions autour de sujets multilatéraux comme les droits de l’homme, la lutte contre le terrorisme ou encore l’environnement.  Il a rappelé en particulier les progrès enregistrés grâce au CICR dans l’identification des soldats argentins enterrés, ce qui a permis à 113 familles sur 122 de pouvoir enfin rendre hommage aux leurs. 

Mais, en dépit des avancées, les négociations n’ont pas repris.  Le Ministre a donc exhorté le Royaume-Uni à honorer ses obligations en matière de décolonisation, conformément aux résolutions pertinentes de l’Assemblée générale et du Comité spécial. 

Mme HELENA DEL CARMEN YÁNEZ LOZA (Équateur) a appuyé les revendications « légitimes » de l’Argentine et rejeté toute tentative de faire du principe d’autodétermination un critère applicable aux îles Malvinas.  Elle a aussi rejeté les mesures unilatérales concernant un différend « non réglé ».  Elle a rappelé l’adoption, en 2018, de la Déclaration ministérielle du Groupe des 77 et la Chine qui rappelle le cinquantième anniversaire de la première résolution sur les îles Malvinas.  L’Argentine et le Royaume-Uni doivent reprendre les négociations, a-t-elle conclu.

M. MILENKO ESTEBAN SKOKNIC TAPIA (Chili) a appuyé le droit « souverain et légitime » de l’Argentine sur les îles Malvinas, la Géorgie du Sud, les îles Sandwich du Sud et les zones maritimes environnantes.  Il a dit apprécier les progrès réalisés, ces dernières années, dans le cadre des relations bilatérales entre le Royaume-Uni et l’Argentine, ainsi que les visites mutuelles des deux pays.  Il les a appelés à reprendre les négociations afin de trouver une solution définitive au différend sur la souveraineté et à s’abstenir de prendre des mesures unilatérales.

La résolution 2065 est claire, a souligné Mme ANAYANSI RODRÍGUEZ CAMEJO (Cuba).  Elle définit la question des îles Malvinas comme un différend de souveraineté entre l’Argentine et le Royaume-Uni.  La résolution appelle en outre à des négociations entre les deux États, en prenant en considération les dispositions et objectifs fondamentaux de la Charte et de la résolution 1514 (XV) de l’Assemblée générale.  La représentante a réaffirmé le soutien « inconditionnel » de son pays au droit « souverain et légitime » de l’Argentine sur les îles Malvinas, « parties intégrantes » du territoire argentin.

Après avoir souligné que la région d’Amérique latine et des Caraïbes a été proclamée zone de paix lors du deuxième Sommet de la Communauté régionale à La Havane, janvier 2014, la représentante cubaine a estimé que les manœuvres militaires dans l’espace géographique des îles Malvinas sont contraires à cette proclamation et à la vocation pacifique des 33 nations latino-américaines et caribéennes.  Ces manœuvres portent en outre atteintes aux droits souverains de l’Argentine et sont contraires aux résolutions adoptées dans les foras internationaux, dont l’ONU.

La représentante a également pris note des jalons posés et des mesures de confiance comme l’identification des restes des soldats morts lors du conflit, les démarches et accords en vue d’accroître les connections entre les îles et le continent et la reprise des travaux du Comité scientifique sur la pêche dans l’Atlantique Sud, qui réduisent les tensions bilatérales.  Elle a encouragé la relance du processus de négociation et invité le Secrétaire général de l’ONU à exercer ses bons offices pour aider les deux parties à s’acquitter du mandat de l’Assemblée générale. 

M. JAIME HERMIDA CASTILLO (Nicaragua) a réaffirmé l’appui de son pays à la position exposée par le Ministre argentin et réaffirmé sa solidarité avec le « peuple frère argentin ».  Le 10 juin est d’ailleurs la Journée nationale de solidarité avec l’Argentine au Nicaragua qui encourage la reprise des négociations avec le Royaume-Uni en vue de parvenir à une solution pacifique et durable à ce différend sur la souveraineté.

M. MOUNZER MOUNZER (République arabe syrienne) s’est opposé à l’idée de manipuler le principe d’autodétermination pour violer l’intégrité territoriale de l’Argentine.  Il s’est aussi opposé aux mesures unilatérales du Royaume-Uni et a fait un rapprochement avec la situation du territoire palestinien occupé.  Les îles Malvinas, a-t-il dit, sont un cas de colonisation « spécifique » qui inclut un différend de souveraineté.  Le représentant a appelé le Secrétaire général de l’ONU à exercer ses bons offices et déploré le fait que les multiples résolutions adoptées par l’Assemblée générale soient restées lettre morte.  Il a exhorté le Royaume-Uni « à faire preuve de sérieux » et à tenir le Comité spécial régulièrement informé de ses agissements dans les îles Malvinas.

M. ALEXANDER V. REPKIN (Fédération de Russie) a plaidé pour un règlement diplomatique du différend entre le Royaume-Uni et l’Argentine et l’esprit constructif de cette dernière.  Il a exprimé ses préoccupations face à une possible militarisation de cette partie de l’Atlantique Sud et a appelé au respect du Traité de Tlatelolco.

M. GARETH BYNOE (Saint-Vincent-et-les Grenadines) a estimé à son tour que le différend entre le Royaume-Uni et l’Argentine doit être réglé par des négociations qui tiennent compte des intérêts des habitants des îles.  Il a rappelé que l’Assemblée générale a souligné à maintes reprises que ce qui est en jeu, ce n’est pas la présence d’une population colonisée mais des revendications concurrentes de souveraineté sur des îles qui font partie intégrante du littoral argentin.  En tant qu’archipel, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, a dit le représentant, connaît « parfaitement » l’attachement de ses propres citoyens à leurs îles et même les plus éloignées.  Notre souveraineté sur chacune de nos îles, a dit le représentant, ne saurait être remise en doute par « les caprices » d’une ancienne Puissance administrante ou les touristes, les visiteurs et les migrants.  M. Bynoe s’est dit profondément préoccupé par l’échec à progresser sur la question des îles Malvinas.  « L’inertie politique » vient encore de se confirmer avec les mesures unilatérales.  Il a exhorté les Gouvernements argentin et britannique à reprendre avec urgence des négociations de fond.

Mme VICTORIA MANGAY SULIMANI (Sierra Léone) a réaffirmé l’attachement de son pays au droit à l’autodétermination, et, dans la foulée, a reconnu celui des habitants des îles Falkland (Malvinas) « qui y vivent depuis 186 ans ».  Chaque territoire non autonome a ses propres besoins, aspirations et spécificités et il appartient au Comité spécial d’y répondre au cas par cas, a-t-elle poursuivi.  Ignorer les intérêts et souhaits des habitants équivaut à violer le mandat du Comité spécial et la résolution 1514 de l’Assemblée générale qui stipule qu’il faut donner la priorité aux souhaits des habitants.  « Toute solution allant à l’encontre de ce principe ne saurait être viable », a-t-elle prévu.

Saluant les signes de la « nouvelle relation » entre les îles Falkland (Malvinas) et l’Argentine, elle a espéré que le Communiqué conjoint, signé par l’Argentine et le Royaume-Uni en septembre 2016, permettra de contribuer à la croissance et au développement économique des îles.  La représentante a aussi saisi cette occasion pour souligner la pertinence d’une visite du Comité spécial sur place pour évaluer la situation.  Elle a, à son tour, appelé à des négociations bilatérales auxquelles doivent être associés les insulaires.

M. ALI WARDANA (Indonésie) a appelé à une solution pacifique et négociée au différend qui oppose l’Argentine et le Royaume-Uni.  Il a encouragé la reprise du dialogue et s’est félicité du « consensus » qui s’est dégagé à ce jour.

M. XU HAN (Chine) a estimé que la question des îles Malvinas est une question de décolonisation et a appuyé les revendications de l’Argentine.  Il a plaidé pour l’identification d’une solution pacifique.

Au nom du Marché Commun du Sud (MERCOSUR) et des États associés, M. LUIS HOMERO BERMÚDEZ ÁLVAREZ (Uruguay), a estimé que le Ministre argentin des relations extérieures a envoyé un message « clair » en faveur du dialogue et d’une solution pacifique.  Son allocution, a-t-il estimé, contenait des éléments « fondamentaux » sur la nature du différend.  Citant la résolution 2065 (XX), il a également renvoyé au Communiqué conjoint du MERCOSUR du 18 décembre 2018 dans lequel les Présidents réitèrent leur appui aux « droits légitimes » de l’Argentine.  Ils rejettent, par le même texte, les actes unilatéraux, incompatibles avec les résolutions pertinentes des Nations Unies.  Ils ont aussi faire valoir « la vocation au dialogue et la disponibilité permanente » du Gouvernement argentin à identifier les sujets de travail avec le Gouvernement britannique pour instaurer un climat propice à la reprise des négociations sur la souveraineté ». 

En sa capacité nationale, le représentant a confirmé la position de principe de son pays selon laquelle les îles Malvinas sont argentines.  Il s’agit d’un cas spécial de colonisation qui implique un différend de souveraineté entre l’Argentine et le Royaume-Uni, lequel doit être réglé par la négociation bilatérale, a-t-il souligné.  Il a souligné les progrès dont le Ministre des affaires étrangères argentin a fait état dans son intervention.

M. MAURO VIEIRA (Brésil) a appuyé la position de l’Argentine et a noté la situation coloniale particulière des îles Malvinas qui rend inadéquate toute référence au principe d’autodétermination.  Il a, au contraire, défendu le principe d’intégrité territoriale et a appelé les parties à reprendre les négociations.  Il a salué l’identification des dépouilles des soldats argentins enterrés dans le cimetière de Darwin, ainsi que l’augmentation du nombre de vols hebdomadaires reliant l’Amérique du Sud aux îles Malvinas.  Il a annoncé le lancement, au mois de novembre, d’une liaison aérienne entre Sao Paulo et les îles Malvinas avec une escale à Cordoba, en Argentine.  Le représentant a appelé le Royaume-Uni à mettre un terme aux mesures unilatérales s’agissant de l’exploitation des ressources naturelles.  Il a rappelé que son pays a interdit l’utilisation de ses ports pour de telles activités.  Il a enfin plaidé pour la reprise des négociations entre l’Argentine et le Royaume-Uni.

M.GUSTAVO MEZA-CUADRA (Pérou) a réaffirmé son appui « historique et constant » à la souveraineté de l’Argentine sur les îles Malvinas, une position qui repose sur des critères historiques et géographiques.  La solution à ce différend passe par la négociation entre les deux parties, a souligné le représentant qui s’est félicité des efforts des Gouvernements argentin et britannique pour améliorer leurs relations et régler ce différend dans le cadre des résolutions pertinentes des Nations Unies.  Il les a appelés à ne pas prendre de mesures unilatérales, en attendant le règlement.

M. JUAN SANDOVAL MENDIOLEA (Mexique) a reconnu la validité des droits historiques de l’Argentine sur les îles Malvinas et a insisté sur la nécessité de parvenir à une solution juste et définitive au différend.  Il a appelé l’Argentine et le Royaume-Uni à reprendre les négociations dès que possible et à s’abstenir de prendre des mesures unilatérales susceptibles de nuire à la situation.

M. JULIO CESAR ARRIOLA (Paraguay) a réitéré, à son tour, la nécessité pour les deux pays de reprendre les négociations pour aboutir à une solution juste et pacifique.  Il a mis l’accent sur le fait que l’Argentine est prête à relancer le dialogue et sur les mesures concrètes prises par ce pays pour avancer vers le règlement de cet ancien différend.

M. OMAR CASTAÑEDA SOLARES (Guatemala)a appuyé la position de principe de l’Argentine sur les îles Malvinas, « un sujet important pour l’Amérique latine ».  Ce différend de souveraineté doit être réglé par le dialogue entre les deux parties, a estimé le représentant.  Les habitants des îles Malvinas ayant été implantés par le Royaume-Uni, ils ne peuvent prétendre à l’exercice du droit à l’autodétermination, a tranché le représentant qui a ajouté que les Nations Unies reconnaissent cette position.  Le 16 décembre 2019 marquera le cinquante-quatrième anniversaire de la résolution 2065 de l’Assemblée générale sur les îles Malvinas, a rappelé le représentant, regrettant la mauvaise foi du Royaume-Uni qui a des réticences à régler ce différend par la négociation et le dialogue.  Nous espérons que les deux parties finiront par sortir de cette impasse, a-t-il conclu, saluant au passage les marques de bonne volonté de l’Argentine.  Le multilatéralisme doit triompher.  

M. FRANCISCO ALBERTO GONZALEZ (Colombie) a fait part de son plein appui à l’Argentine et a appelé à la recherche d’une solution à ce différend « colonial particulier ».  Il a engagé l’Argentine et le Royaume-Uni à reprendre les négociations dans les meilleurs délais et a jugé essentiel de consolider le processus de coopération en cours.  Il a rappelé l’adoption, en 1965, de la résolution 2065 de l’Assemblée générale, premier texte consacré spécifiquement à la question des îles Malvinas.  Il a donc regretté le peu de progrès réalisés depuis et a insisté sur l’importance de créer un climat de confiance.  Nous espérons que des négociations de fond pourront être lancées sous peu et qu’une attitude constructive prévaudra.

M. RUBÉN ARMANDO ESCALANTE HASBÚN (El Salvador) a salué le rapprochement entre les Gouvernements argentin et britannique avant d’exhorter les deux parties à consolider les liens bilatéraux.  Il les a également encouragés à « opter » pour le dialogue pour résoudre leur différend dans les meilleurs délais et trouver une solution juste, pacifique, définitive et conforme aux résolutions de l’ONU et des organisations régionales.  Il a réitéré l’appui de son pays « aux droits légitimes de l’Argentine » sur les îles Malvinas, les îles de Géorgie du Sud et Sandwich du Sud et sur les espaces maritimes avoisinants, à condition que cela n’ait pas un impact négatif sur le commerce international.  Le représentant a appelé à la fin des « discours exaltants » et rappelé la Déclaration XLVII de l’Organisation des États américains (OEA) du 5 juin 2018 sur les îles Malvinas qui réitère la nécessité pour les Gouvernements des deux pays concernés de reprendre les négociations au plus vite, en vue d’aboutir à une solution pacifique.

Mme YOLANNIE CERRATO (Honduras) a réaffirmé son appui à l’Argentine, une position partagée par les membres de la CELAC qui s’efforce de débarrasser leur région des vestiges du colonialisme.  L’Organisation des États américains a également souligné, en juin 2018, la nécessité pour les Gouvernements de l’Argentine et du Royaume-Uni de reprendre dans les meilleurs délais leurs négociations, en vue de parvenir à une solution durable.  Le Honduras exhorte les deux parties à éviter les mesures unilatérales, pendant que le processus passe par l’Assemblée générale.

« Les îles Malvinas sont argentines », a déclaré d’emblée M. RODRIGO A. CARAZO (Costa Rica).  Il est revenu sur l’adoption récente de la résolution sur l’archipel des Chagos qui démontre, selon lui, qu’il est encore possible de réaliser des avancées majeures en matière de décolonisation.  Il a appuyé les droits légitimes de l’Argentine et a exhorté les parties à reprendre les négociations dans les meilleurs délais.  Il s’est félicité des avancées pour améliorer les liens entre les deux pays, citant notamment les enquêtes lancées pour identifier les dépouilles des soldats enterrés dans le cimetière de Darwin et la cérémonie qui y a été organisée en présence des familles argentines.

Le Ministre argentin des relations extérieures et du culte a repris la parole pour remercier les membres du Comité spécial qui ont adopté par consensus la résolution sur les îles Malvinas.

QUESTION DE MONTSERRAT (A/AC.109/2019/10 ET A/AC.109/2019/L.17)

Audition de pétitionnaires

Le Premier Ministre de Montserrat, M. DONALSON ROMEO, a rappelé que ce jour marque le vingt-deuxième anniversaire de la tragique éruption volcanique qui, pour les habitants de l’île, reste une réalité douloureuse.  « Le passé n’est pas passé » parce que nous subissons toujours les conséquences de cette catastrophe.  En 1998, après une enquête, le bilan s’est alourdi parce que le Gouvernement de sa Majesté et celui de Montserrat n’ont pas su améliorer les conditions déplorables dans les abris, dégager des terres dans la zone sûre et décaisser les fonds pour la construction de logements sûrs et décents.

Le Parlement britannique avait alors conclu que « dans le cas de Montserrat, il ne s’agit pas simplement de milliers de pertes en vies humaines mais de toute une société en péril ».  Ceux qui n’ont pas quitté l’île continuent de « vivoter » alors que le Gouvernement reste totalement dépendant du Royaume-Uni qui assurer plus de 70% du budget.  Nous sommes donc devant le cas d’une responsabilité partagée entre la Puissance administrante et le Gouvernement local.  Ce dernier est sans cesse confronté à des projets interrompus, à la construction de logements de mauvaise qualité, à des prestations sociales inadéquates surtout pour les personnes âgées et les mères célibataires et au gel des salaires dans la fonction publique qui a conduit à la fuite des cerveaux.

Le Premier Ministre a reconnu que le Royaume-Uni vient de consentir un investissement de 30 millions de livres sterling « mais il aura fallu 21 années de lutte incessante ».  Il a salué la décision du Comité spécial d’effectuer une visite à Montserrat, le Premier Ministre a ensuite invité le Comité à envisager, dans le cadre de sa visite à Montserrat, de se rendre également à Antigua-et-Barbuda et au Royaume-Uni où se trouve une diaspora importante pour entendre la voix des locaux.  Pour l’avenir, le Premier Ministre a fixé des priorités dont une charte de bonne gouvernance pour fixer le cadre de la démocratie locale et des structures de consultation avec les parties prenantes, la révision de la Constitution et le règlement du statut de territoire non autonome.  Il a également mis l’accent sur la nécessité de développer un programme de santé adéquat, de construire de nouvelles écoles, d’assurer une bonne formation aux agents de police, de concevoir un plan migratoire équilibré, de mettre en place les infrastructures et des logements résilients aux catastrophes naturelles et d’installer un réseau de fibre optique.  Le Ministre a demandé à l’ONU de soutenir l’idée d’un facilitateur neutre pour observer et appuyer les négociations, les accords et la mise en œuvre des projets qui s’inscrivent dans le développement socioéconomique de l’île et sa sortie du régime colonial.

Déclarations

M. WALTON ALFONSO WEBSON (Antigua-et-Barbuda) a pris note de la décision du Comité spécial de se rendre Montserrat, compte tenu de la souffrance de la population.  Nous examinerons l’idée du Premier Ministre de demander au Comité de venir aussi chez nous, a promis le représentant.

À cet effet, le Premier Ministre, a suggéré M. STANISLAV S. ALEKSAEV (Fédération de Russie), pourrait-il adressé une lettre officielle à la Présidente du Comité spécial?  Oui, a répondu le Premier Ministre qui a remercié Antigua-et-Barbuda pour avoir accueilli ses compatriotes depuis 20 ans, malgré les pressions sur les services sociaux.

QUESTION DU SAHARA OCCIDENTAL (A/AC.109/2019/17)

Déclarations

M. ALBERT SHINGIRO (Burundi) s’est inquiété de ce que le conflit au Sahara occidental entrave l’intégration du Maghreb laquelle devient « de plus en plus indispensable ».  Il a appuyé la processus politique en cours sous l’égide de l’ONU et a encouragé le Secrétaire général à continuer de plaider pour améliorer des relations entre les parties.  Il s’est félicité du nouvel élan impulsé par les deux tables rondes entre le Maroc, la Mauritanie, l’Algérie et le Front POLISARIO et l’ai a encouragés à participer à une troisième table ronde.  Le représentant a en outre salué les efforts du Maroc, notant que l’initiative d’autonomie élargie est « une bonne solution de compromis ».  Il a aussi salué le modèle de développement mis en place au Sahara par le Maroc.

Mme AYSHA MOHAMED ABDULLA HAMAD (Bahreïn) s’est félicitée de la poursuite des efforts du Secrétaire général de l’ONU pour relancer les négociations politiques entre les parties prenantes, en vue de parvenir à une solution consensuelle sur la question du Sahara occidental, fondée sur les résolutions pertinentes de l’ONU.  Elle a réaffirmé le droit légitime du Royaume du Maroc sur des provinces et salué son nouveau modèle de développement pour la région.  Le Bahreïn restera aux côtés du Maroc pour barrer toute atteinte à sa souveraineté et son intégrité territoriales, a-t-elle assuré.

M. LANG YABOU (Gambie) s’est félicité de la collaboration constructive de toutes les parties et notamment du Maroc. Les derniers mois ont vu de nouvelles perspectives de règlement sur la question du Sahara marocain, surtout après les deux tables rondes.  Le représentant a salué l’engagement des quatre parties à mener une troisième table ronde et s’est prononcé pour une solution politique « pragmatique et durable » et pour un compromis « réaliste ».  Il a exprimé son plein soutien à l’Initiative d’autonomie du Maroc et salué le nouveau modèle de développement.  Conscient des défis sécuritaires et des problèmes liés aux flux migratoires, le représentant a plaidé pour un règlement pacifique de la question du Sahara marocain.

Mme LILLY STELLA NGYEMA NDONG (Gabon) a appuyé le processus politique engagé sous l’égide de l’ONU.  Elle a vu dans l’Initiative d’autonomie du Maroc une solution de compromis « pragmatique et essentielle » au règlement du différend. Elle s’est félicitée des deux tables rondes et a engagé les parties à participer à une troisième table ronde.

Pour M. KADIM OUSSEIN (Comores), le principe de décolonisation et les résolutions y afférentes sont liés de manière intrinsèque à celui d’intégrité territoriale.  Malheureusement, a-t-il déclaré, depuis plus d’un demi-siècle, ces questions récurrentes continuent de faire l’objet de débats et de conflits au détriment des populations et de la crédibilité des Nations Unies.

En témoignent, selon lui, les divers cas des États insulaires qui se heurtent au refus de certains États de s’engager dans le règlement des contentieux en cours.  À cet égard, il a encouragé le processus politique au « Sahara marocain/occidental », mené sous les auspices des Nations Unies, sur la base des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité depuis 2007.  Il s’est réjoui des deux tables rondes entre l’Algérie, le Maroc, la Mauritanie et le Front POLISARIO pour trouver une solution politique rapide, conforme aux résolutions 2414 et 2440 du Conseil de sécurité. 

À l’instar du réalisme et de l’esprit de compromis qui a accompagné ces tables rondes, l’Initiative marocaine d’autonomie ouvre la voie vers un règlement positif, conforme aux prérogatives du droit international, à la Charte des Nations Unies et aux résolutions pertinentes de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité, a poursuivi le représentant.  Il a saisi cette occasion pour rappeler que la stabilité et le développement du Sahara ne peut qu’aller de pair avec un respect scrupuleux des droits de l’homme et une maîtrise effective de la situation des réfugiés.  Cela implique que le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) puisse agir efficacement et librement, dans le cadre de son mandat, a-t-il exigé en mettant l’accent sur les conditions de vie « préoccupantes » dans le camp de Tindouf.

C’est dans cette optique que les Comores réaffirment leur soutien sans réserve à l’Initiative du Maroc dont l’objectif est l’autonomie de cette région par l’organisation d’élections démocratiques locales réussies, ainsi que par le développement économique et social, pour un mieux-vivre et un mieux-être des populations du Sahara.

À l’intention des organes d’information • Document non officiel.