Première Commission: l’élimination des armes nucléaires est la seule garantie absolue de leur non-utilisation, rappellent les États non dotés

AG/DSI/3632
22 octobre 2019
Soixante-quatorzième session, 12e & 13e séances – matin & après-midi

Première Commission: l’élimination des armes nucléaires est la seule garantie absolue de leur non-utilisation, rappellent les États non dotés

La Première Commission (désarmement et sécurité internationale) a poursuivi, aujourd’hui, son débat thématique en mettant l’accent sur l’obligation tant juridique que morale des États dotés d’armes nucléaires de s’impliquer davantage dans la mise en œuvre des accords multilatéraux et bilatéraux de désarmement nucléaire.  Les États non dotés d’armes nucléaires ont ainsi exhorté les puissances nucléaires à réduire leurs arsenaux, étant entendu que seule l’élimination totale de ceux-ci représente une garantie de non-utilisation ou de menace d’utilisation contre eux de ces armes.  Ces mêmes États ont par ailleurs rappelé le droit inaliénable dont ils disposent, en particulier en tant que partie au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), d’utiliser l’énergie nucléaire à des fins pacifiques et de développement.  Plus de 70 États Membres ont pris la parole sur le désarmement nucléaire. 

Par ailleurs, la Commission a entendu les premières déclarations sur la partie de son débat thématique consacré aux autres armes de destruction massive.  À cette occasion, la légitimité de l’Équipe d’enquête et d’identification de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a notamment été rappelée. 

Le Népal et l’Indonésie ont souligné que l’utilisation ou la menace d’utilisation des armes nucléaires était illégale et immorale, ce qui les a conduits à formuler une double demande aux puissances nucléaires: revoir à la baisse l’importance accordée à la dissuasion nucléaire dans leurs doctrines de sécurité et apporter des garanties négatives de sécurité par le truchement d’un instrument juridiquement contraignant.  Sur ce dernier point, le Pakistan a affirmé que « l’ancienne et authentique aspiration » des États non dotés d’armes nucléaires à recevoir des garanties contre l’emploi ou la menace d’emploi d’armes nucléaires par des États dotés devait être satisfaite.  « Il est temps de lancer des négociations pour un traité en ce sens à la Conférence du désarmement », a estimé le représentant pakistanais.  Le Pakistan présentera un projet de résolution en ce sens lors de la présente session de la Première Commission.

De son côté, le Myanmar a indiqué que, cette année encore, sa délégation présenterait un projet de résolution intitulé « Désarmement nucléaire », un texte qui appelle la communauté internationale à prendre des mesures concrètes pour progresser vers l’établissement d’un monde libéré de ces armes.  « Le texte demande aux États dotés de s’entendre sur un échéancier encadrant l’élimination de leurs arsenaux nucléaires », a expliqué le représentant du Myanmar. 

Les États-Unis ont rejeté sur la Fédération de Russie l’entière responsabilité de l’expiration du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire, un traité bilatéral garant depuis 1987 de la sécurité euro-atlantique.  Le représentant américain a dénoncé « des infractions » au Traité et la volonté russe de faire cavalier seul.  Il a de surcroît pointé du doigt le comportement de la Chine, qui viserait à doubler la taille de ses stocks nucléaires dans les 10 prochaines années.  La Chine a qualifié ces propos de « déclarations fallacieuses » et ajouté qu’elle s’était engagée à une non utilisation en premier d’armes nucléaires.  Le représentant chinois a exhorté les États-Unis, « qui détiennent l’arsenal nucléaire le plus important au monde », à prendre des mesures supplémentaires pour le réduire. 

Nombre de délégations ont déploré les relations délétères entre les États-Unis, la Fédération de Russie et la Chine.  Plusieurs délégations ont ainsi demandé aux États-Unis et à la Russie de s’entendre pour proroger leur traité bilatéral sur les armements stratégiques New START au-delà de 2021.

D’autre part, plusieurs délégations de pays en développement ont rappelé de manière véhémente leur droit inaliénable à une utilisation pacifique de l’énergie nucléaire, à condition que cela se fasse de manière sûre et responsable et en conformité avec les obligations de non-prolifération.  À ce propos, le rôle central de l’Agence internationale de l’énergie atomique a été souligné, les accords de garantie et le Protocole additionnel de l’Agence formant la norme internationale en matière de vérification du bien-fondé des activités nucléaires des États Membres, a-t-il été rappelé.  C’est en ce sens que le Viet Nam, afin d’améliorer la sûreté et la sécurité des applications pacifiques de l’énergie nucléaire civile, a appelé l’ensemble des pays à conclure des accords de garanties généralisées auprès de l’Agence.

Concernant les autres armes de destruction massive, l’Indonésie, au nom des 120 pays du Mouvement des pays non alignés, a souligné que l’emploi d’armes chimiques était contraire au droit international, les auteurs d’attaques chimiques devant répondre de leurs actes devant la justice.  À cet égard, la Suisse a salué les progrès réalisés dans la mise en place de l’équipe d’enquête d’identification de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), son pays défendant pleinement son mandat et n’ayant aucun doute quant à sa légitimité et sa légalité.  Pour rappel, l’équipe d’enquêteurs chargée de désigner les responsables d’attaques chimiques en Syrie, comme celle de Douma, a été mise en place en juin dernier par les membres de l’OIAC lors d’une session extraordinaire.  Le Pakistan a toutefois tenu à signaler que les « distorsions » dans le mandat de l’OIAC pourraient la rendre susceptible d’être instrumentalisée politiquement.

L’Union européenne, quant à elle, a exhorté nommément la Syrie à honorer ses obligations d’État partie à la Convention sur l’interdiction des armes chimiques, à coopérer avec l’OIAC, à déclarer toutes ses armes chimiques et à les détruire de manière complète et irréversible.  La représentante a, par ailleurs, réitéré la confiance de l’Union européenne envers le travail de l’OIAC, à laquelle elle a apporté 57 millions de dollars depuis 2004. 

La Commission poursuivra demain, à 10 heures, son débat thématique sur les armes de destruction massive. 

DÉBAT THÉMATIQUE SUR LES ARMES NUCLÉAIRES

Déclarations

M. HASSANAIN HADI FADHIL FADHIL (Iraq) a regretté que les États dotés d’armes nucléaires n’aient pas respecté leurs engagements en matière de désarmement et de non-prolifération.  Après avoir regretté l’incapacité de la Conférence d’examen de 2015 du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires à adopter un document final, il a souhaité que celle de 2020 soit un succès.  Il a également souhaité qu’aboutisse le projet de création d’une zone exempte d’armes nucléaires dans la région du Moyen-Orient au terme de la conférence prévue en novembre à cette fin.  Il a estimé qu’une telle évolution passait par l’adhésion d’Israël au TNP et la soumission de ses installations nucléaires à la vérification de l’Agence internationale de l’énergie atomique. 

Mme GHANSHYAM BHANDARI (Népal) a souligné que l’utilisation ou la menace d’utilisation des armes nucléaires était non seulement illégale mais immorale, ajoutant que le Népal demandait que l’importance accordée à la dissuasion nucléaire dans les doctrines nationales de sécurité soit revue à la baisse.  Seule une élimination totale de ces armes constituerait une garantie négative de sécurité effective, a-t-elle ajouté.  En attendant, elle a souhaité que de telles garanties soient apportées par les États dotés d’armes nucléaires par le truchement d’un instrument juridiquement contraignant inconditionnel et non discriminatoire.  Par ailleurs, elle a rappelé le caractère inaliénable du droit de tous les États, y compris les pays en développement, à l’utilisation pacifique de l’énergie atomique.  À cet égard, elle a salué le travail effectué par l’Agence internationale de l’énergie atomique pour promouvoir de tels usages. 

M. ROBERT WOOD (États-Unis) a rejeté la responsabilité de l’aggravation de l’état du désarmement sur la Chine et la Fédération de Russie.  Il a dénoncé « les infractions par la Russie au Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) de 1987 ».  Il a précisé que, conformément à l’article VI du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), la Russie ne pouvait faire cavalier seule.  Il a notamment dénoncé le déploiement par la Russie de missiles 9M729 –un missile de croisière sol-sol dont la portée est l’objet de d’accord entre occidentaux et Russes- dans l’ouest du pays, mettant ainsi à la portée de ces missiles une douzaine de capitales européennes. 

Le représentant a accusé la Fédération de Russie et la Chine d’être à l’origine d’une nouvelle course aux armements.  « La Russie continue d’augmenter ses forces nucléaires non stratégiques, alors que la Chine vise à doubler la taille de ses stocks nucléaires dans les 10 prochaines années », a-t-il affirmé.  « Plus la Chine et la Russie agissent dans ce sens, plus ces pays chercheront à faire preuve de coercition à l’égard des pays libres de leur région », s’est-il inquiété. 

« Malgré ces évolutions décourageantes », le représentant a rappelé que son pays avait lancé au début de l’année une initiative pour créer un environnement propice au désarmement nucléaire, dont la première réunion a réuni des experts de 42 pays, dont les cinq États officiellement dotés d’armes nucléaires, et trois États non parties au TNP.  Il a précisé que les États-Unis et la Russie continuaient de mettre en œuvre le nouveau Traité sur des mesures visant de nouvelles réductions et limitations des armements stratégiques offensifs (New START).  S’agissant de la République populaire démocratique de Corée, M. Wood a déclaré que l’objectif des États-Unis restait sa dénucléarisation complète et vérifiée. 

M. PANGERAN IBRANI SITUMORANG (Indonésie) a demandé aux États dotés de l’arme de mettre pleinement en œuvre le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), y compris l’article VI, relatif à l’élimination de leurs arsenaux, et de revoir les principes de leurs doctrines de sécurité nationale, toujours dominées par la dissuasion nucléaire.  Il a également incité les États dotés à ne pas rejeter en bloc les objectifs du Traité d’interdiction des armes nucléaires, qui reflètent les aspirations des populations.  Le représentant a appelé à l’entrée en vigueur du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICEN), en tant qu’instrument pour restaurer la confiance entre États, notamment sur le plan régional.  Il a enfin estimé que les zones exemptes d’armes nucléaires devraient conjuguer leurs efforts. 

Au nom du Groupe des États d’Afrique, M. LAZAROUS KAPANMBWE (Zambie) s’est inquiété de la lenteur avec laquelle les États dotés d’armes nucléaires se dirigeaient vers l’élimination de leurs stocks d’armes nucléaires.  Il a dit l’importance des zones exemptes d’armes nucléaires en saluant l’exemple du Traité sur une zone exempte d’armes nucléaires en Afrique (le Traité de Pelindaba) et a jugé essentiel de garantir la réussite de la conférence de novembre pour parvenir à une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient.  Par ailleurs, le Groupe des États d’Afrique insiste sur le droit inaliénable des États à recourir à l’énergie nucléaire à des fins pacifiques et souligne le rôle clef joué par l’Agence internationale de l’énergie atomique. 

M. UMAR SHARIF (Pakistan) a affirmé que son pays soutenait toujours « l’objectif d’un désarmement nucléaire complet, universel, vérifiable et non discriminatoire ».  Pour obtenir des résultats en ce sens, il faut prendre en considération les inquiétudes des États en matière de sécurité, a-t-il ajouté.  Pour le représentant, « La possession de capacités militaires conventionnelles disproportionnées, l’introduction de technologies déstabilisatrices, l’existence de doctrines et de postures des forces agressives, et par-dessus-tout, les vieilles disputes non résolues » sont à la source de telles inquiétudes.  Il a ajouté que « l’ancienne et authentique aspiration » des États non nucléarisés à recevoir des garanties juridiques contre l’usage ou la menace d’usage d’armes nucléaires de la part des États nucléarisés devrait être satisfaite.  Le Pakistan, qui estime qu’il est temps de lancer des négociations pour un traité en ce sens à la Conférence du désarmement, présentera une résolution en ce sens lors de la présente session de la Première Commission.

M. MARTIN ERIC SIPHO NGUNDZE (Afrique du Sud) s’est dit préoccupé par les programmes de modernisation des armes nucléaires, « qui contredisent l’article VI du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires » (TNP), avant d’ajouter que ces programmes « soulèvent des inquiétudes quant à la conception de nouvelles têtes nucléaires plus légères qui abaisseraient le seuil d’usage de ces armes et accroîtraient les risques de mauvais calcul et d’escalade ».

Le représentant a appelé les États Membres, et en particulier ceux dotés d’armes nucléaires, à faire davantage en matière de désarmement nucléaire.  « Nous réaffirmons que les objectifs du TNP ne pourront jamais être atteints s’ils sont vu uniquement comme le moyen pour quelques États de protéger leur sécurité aux dépens de l’humanité dans son ensemble », a mis en garde M. Ngundze.  Pour l’Afrique du Sud, une telle attitude « encourage la prolifération, contrevient aux engagements et aux obligations en matière de désarmement nucléaire et finalement sape les fondements du Traité ».  Le représentant en a aussi appelé à la mise en place d’un traité interdisant la production de matières fissiles pour la fabrication d’armes et autres dispositifs explosifs nucléaires.

M. ABDULRAHMAN AL-ENAZI (Qatar) a rappelé l’importance d’honorer les engagements internationaux en matière de désarmement et de non-prolifération, lesquels sont des obligations juridiques s’imposant aux États.  Pour le Qatar, la création d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient contribuerait à la paix et à la sécurité régionales et internationales.  Aussi, a-t-il invité les États à participer activement et de bonne foi à la conférence sur l’établissement d’une telle zone qui se tiendra le mois prochain, sous la présidence de la Jordanie.  Il a en outre souligné la nécessité que soit respecté, sous les auspices de l’Agence internationale de l’énergie atomique, le droit inaliénable de toutes les parties au TNP à l’utilisation de l’énergie atomique à des fins pacifiques. 

M. MARCIN CZEPELAK (Pologne) a rappelé que le processus de désarmement nucléaire dépendait largement de l’environnement sécuritaire régional et international.  La Pologne est ainsi convaincue qu’une paix durable dans la péninsule coréenne ne pourra être atteinte que par des moyens pacifiques.  Elle regrette donc que, malgré ses promesses, la République populaire démocratique de Corée (RPDC) n’ait fait aucun progrès jusqu’à présent pour prendre les mesures qui s’imposent en matière de dénucléarisation et d’abandon de tous les autres programmes d’armes de destruction massive.  De plus, les récents lancements de missiles balistiques sapent la confiance et détériorent le contexte sécuritaire dans la région de la péninsule coréenne.  Pour la Pologne, la dénucléarisation de la RPDC doit rester une priorité absolue pour la communauté internationale. 

À cette fin, la Pologne est prête à apporter une contribution substantielle par le biais de l’envoi d’un expert quand le processus de vérification des installations nucléaires de la RPDC sera réalisable.  Enfin, la Pologne appelle la RPDC à se conformer pleinement à toutes les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies, à se conformer pleinement au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, y compris le système de garantie de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), ainsi qu’à signer et ratifier sans délai le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires et la Convention sur les armes chimiques (CAC).

Par ailleurs, a poursuivi M. Czepelak, la Pologne est convaincue qu’il en va de l’intérêt commun de stabiliser la situation au Moyen-Orient et dans le Golfe persique, de réduire les tensions dans la région et surtout, de prévenir davantage la prolifération des armes nucléaires.  La Pologne est particulièrement inquiète du fait que l’Iran ait diminué ses obligations sous le Plan d’action global commun.

Le représentant a également regretté l’extinction du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire, élément important de l’architecture de sécurité européenne, soulignant qu’il y avait là un autre défi pour la sécurité.  M. Czepelak a accusé la Russie d’être responsable de l’extinction de ce traité et a déploré que Moscou n’ait manifesté aucune volonté et n’ait pris aucune mesure tangible pour en assurer la mise en œuvre de manière efficace, vérifiable et transparente.  Néanmoins, a indiqué M. Czepelak, la Pologne pense que l’avenir du Traité sur des mesures visant de nouvelles réductions et limitations des armements stratégiques offensifs (New START) fera l’objet de consultations sérieuses entre les États-Unis et la Fédération de Russie, avec pour objectif de l’étendre au-delà de son expiration en 2021.

En conclusion, M. Czepelak a indiqué qu’une approche consensuelle et réaliste ouvrirait la voie à des résultats positifs lors de la Conférence de révision de 2020 du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, qui résonnera de manière globale sur les travaux au cours des prochaines années.

M. THOMAS HAJNOCZI (Autriche) a déploré l’extinction de Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) de 1987 avant d’espérer l’extension du nouveau Traité sur la réduction et la limitation des armements stratégiques offensifs (New START).  Il a appelé à l’universalisation du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICEN) et à la dénucléarisation de la République Populaire démocratique de Corée.  Il a regretté les récents développements autour du Plan d’action global commun en espérant que celui-ci puisse néanmoins être préservé.  « Avec 79 signatures et 33 ratifications, le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires avance à grand pas vers son entrée en vigueur », s’est en outre félicité le représentant de l’Autriche.  Il a enfin jugé indispensable un succès de la Conférence d’examen de 2020 du TNP. 

Pour M. GIANFRANCO INCARNATO (Italie), le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) fournit le seul cadre juridique réaliste pour parvenir à un monde exempt d’armes nucléaires.  Un tel monde ne peut être atteint « que par le biais d’une démarche graduelle conformément à l’article VI du TNP », a-t-il estimé.  Pour appuyer cet effort de désarmement et de non-prolifération, le représentant a jugé essentiel l’entrée en vigueur du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICEN).  Dans l’attente de ces évolutions, M. Incarnato a invité tous les États à respecter des moratoires volontaires sur les explosions nucléaires et la fabrication de matières fissiles.  Il a également dit l’importance des zones exemptes d’armes nucléaires, en particulier au Moyen-Orient. 

M. ANATOLII ZLENKO (Ukraine) a rappelé que son pays avait abandonné ses capacités nucléaires et adhéré dès 1994 au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).  Il a appelé à son universalisation avant d’accuser la Fédération de Russie de mettre en péril le régime de sécurité collective instauré par le Traité.  Nous sommes confrontés à l’agression d’un État détenteur d’armes nucléaires ayant violé le Mémorandum de Budapest, qui liait la dénucléarisation de l’Ukraine au respect de sa souveraineté, a-t-il dit. 

Mme MARTHA AMA AKYAA POBEE (Ghana) a appelé à des initiatives destinées à relancer le projet collectif d’un monde sans armes nucléaires.  À cet égard, elle a plaidé pour une mise en œuvre équilibrée du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), qui demeure pour le Ghana la voie indispensable à suivre pour parvenir à la réalisation d’un tel monde. 

M.PETER BEERWERTH (Allemagne) a rappelé que son pays restait très attaché au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).  Il a dit soutenir l’initiative suédoise des « Premiers Pas » pour revitaliser le désarmement nucléaire avant de préciser qu’aurait lieu une réunion ministérielle à Berlin à ce sujet début 2020.  Il s’est félicité de la présentation des rapports de transparence présentés par le Royaume-Uni et la Chine sur leurs stocks nucléaires.  Il a exhorté les cinq pays officiellement dotés au titre du TNP à respecter les attentes des autres États en vue d’un dialogue renforcé destiné à répondre à leurs préoccupations sur le rôle grandissant des armes nucléaires dans les stratégies et doctrines.  Il a dénoncé la responsabilité de la Fédération de Russie dans l’extinction de Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire. 

M. PANKAJ SHARMA (Inde) s’est dit en faveur d’un désarmement et de mesures de non-prolifération menés pas à pas et soutenus par un cadre juridique international équitable.  Il a souhaité des avancées en faveur d’un traité d’interdiction de la fabrication de matières fissiles.  Il a assuré que l’Inde suivait une politique de dissuasion responsable et a souhaité la relance d’un dialogue sur les trois questions fondamentales du désarmement nucléaire dans le cadre de la Conférence du désarmement.  Il a jugé essentiel un dialogue pour renforcer la confiance et réduire la place des armes nucléaires dans les doctrines. 

M. GYÖRGY MOLNÁR (Hongrie) a défendu, en matière de désarmement nucléaire, une approche progressive, inclusive et comprenant des mesures pratiques impliquant les États dotés d’armes nucléaires.  À cette fin, il a estimé que l’entrée en vigueur du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICEN) et la négociation d’un traité d’interdiction des matières fissiles à des fins militaires enverraient un signal fort pour renforcer la confiance entre États, confiance mise à mal par un environnement sécuritaire international incertain. 

M. VU DUY TUAN (Viet Nam) a réaffirmé l’engagement de son pays en faveur de l’établissement partout dans le monde de zones exemptes d’armes nucléaires et il a souligné que le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICEN) et le Traité d’interdiction des armes nucléaires représentaient deux instruments importants en ce sens.  Une fois entrés en vigueur, ils contribueront à notre objectif commun d’un monde sans armes nucléaires, a-t-il estimé.  Afin d’améliorer la sûreté et la sécurité des applications pacifiques de l’énergie nucléaire civile, le représentant a en outre appelé tous les États à conclure des accords de garanties généralisées auprès de l’Agence internationale de l’énergie atomique. 

Mme SOMSANOUK KEOBOUNSAN (République populaire et démocratique lao) a appuyé les efforts pour préserver l’Asie du Sud comme une zone exempte d’armes nucléaires.  Elle a appelé à épargner aucun effort pour faire appliquer le Traité de non-prolifération des armes nucléaires (TNP) et ses trois piliers et a souhaité le succès de la Conférence d’examen de 2020 du TNP.  Elle s’est dit consciente du rôle notable de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) pour la non-prolifération, précisant que son pays avait signé en 2014 le Protocole supplémentaire de l’AIEA

M. ARIEL RODELAS PENARANDA (Philippines) a souhaité, au titre de la non-prolifération, une entrée en vigueur rapide du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires.  Il a réaffirmé le rôle primordial de l’AIEA pour s’occuper des questions de vérification et de garanties et a appelé tous les États parties au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires à respecter leurs obligations de non-prolifération.  Les Philippines plaident en outre pour l’adoption d’un traité interdisant la production de matières fissiles pour la fabrication d’armes et autres dispositifs explosifs nucléaires, ainsi que pour la création d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient.  Le représentant a également insisté sur la nécessité d’un engagement positif pour la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

Le représentant s’est dit préoccupé par la modernisation des capacités nucléaires et la baisse des seuils pour l’utilisation d’armes nucléaires compte tenu de l’érosion croissante de la confiance entre États.  Les Philippines regrettent en outre que le désarmement dépende désormais d’un environnement sécuritaire dégradé et soulignent les risques de voir des acteurs non-étatiques s’emparer d’armes nucléaires.  Les Philippines jugent impératif que les puissances nucléaires respectent à l’avenir leurs engagements pris dans le cadre du TNP.  Pour le représentant, certains États devraient également reconsidérer leur retrait du Plan d’action global commun ou la suspension de certains de leurs engagements au titre de celui-ci.  Dès lors, les Philippines encouragent une action proactive et constructive en vue de combler les écarts entre les diverses positions sur ce dossier.

M. HÉCTOR ENRIQUE JAIME CALDERÓN (El Salvador) s’est inquiété de la présence de 14 000 armes nucléaires dans le monde en notant que la moitié de la population mondiale vivait dans un pays doté de ces armes ou encore dans un pays ayant une alliance avec un État nucléaire.  Il a dit son attachement au Traité de non-prolifération des armes nucléaires et à la mise en œuvre de ses trois piliers fondamentaux.  Il a précisé qu’il appuierait la Conférence d’examen 2020 du TNP afin qu’elle se traduise par un succès.  Il a précisé que son pays avait signé le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires en espérant son entrée en vigueur rapide.  Il a enfin exhorté les États à s’abstenir de mener des essais nucléaires et à moderniser leurs arsenaux nucléaires. 

M. JARMO VIINANEN (Finlande) a rappelé que le nombre total d’armes nucléaires était significativement plus bas aujourd’hui qu’au lendemain de la guerre froide.  Cependant cette tendance à la baisse est remise en cause par des violations et des cas de non-respect des traités existants ainsi que par la dépendance croissante de ces armes.  Il a également souligné que plus de 90% des armes nucléaires appartenaient à la Fédération de Russie et aux États-Unis.  Or, a-t-il ajouté, tout pouvoir s’accompagne de responsabilités et le désarmement nucléaire ne déroge pas à cette règle.  C’est à ces deux pays de rester les fers de lance du désarmement nucléaire, a donc fait valoir le représentant.

M. Viinanen a fait observer que les développements technologiques rapides et leur impact sur les armes nucléaires et conventionnelles avaient des répercussions sur les structures de commandement et de contrôle et rendaient les calculs de dissuasion plus complexes.  De plus, le domaine cybernétique est devenu un nouveau terrain de bataille qui risque d’accélérer la course aux armements.  Pour la Finlande, les centaines de milliards investis dans la course aux armements nucléaires représentent une opportunité ratée pour des projets plus utiles comme le développement durable.

Quelle leçon peut-on tirer de ces faits? s’est interrogé le représentant, qui a proposé trois réponses.  Le premier est la nécessité d’un dialogue entre puissances nucléaires sur les moyens de parvenir à une stabilité stratégique, processus dans lequel les pays non dotés de ces armes devraient être impliqués également de manière adéquate.  Le deuxième est une mise en garde contre les risques d’escalade rapide dans un climat sécuritaire tendu, ce qui a amené le représentant à préconiser des mécanismes d’amélioration, de transparence et de gestion de crise pour réduire les risques d’utilisation des arsenaux nucléaires.  Enfin, la Finlande en appelle aux deux plus grandes puissances nucléaires pour qu’elles fassent preuve de leadership en prorogeant le Traité New START.  Cela donnerait en plus l’élan nécessaire au processus d’examen du TNP, a ajouté le représentant.

M. JANG LI HUN République populaire démocratique de Corée) a déclaré que son pays avait prévenu, qu’en cas de reprise des « exercices militaires conjoints », le visant, il fermerait immédiatement la porte au dialogue avec les États-Unis.  Les États-Unis se justifient en arguant que ces manœuvres sont défensives, alors nous sommes tout à fait, nous aussi, obligés de développer, tester et déployer des moyens physiques de défense indispensable pour protéger notre nation, a ajouté le représentant.  Il a qualifié les essais effectués au cours des derniers mois par son pays de mesures destinées à renforcer les moyens de légitime défense de la RPDC.  Selon lui, la réalisation de la paix et la sécurité dans la péninsule coréenne dépendra uniquement de l’attitude future qu’adopteront les États-Unis. 

M. ARSEN OMAROV (Kazakhstan) a notamment estimé que seules des mesures de confiance permettraient de résoudre les crises actuelles, au premier rang desquelles la préservation de l’Accord de Vienne sur le nucléaire iranien et la dénucléarisation de la péninsule coréenne.  L’histoire montre que des tensions de cette nature ne peuvent être atténuées que par des moyens politiques trouvés dans un climat de respect mutuel, a-t-il ajouté. 

Mme LILIANNE SÁNCHEZ RODRÍGUEZ (Cuba) a déclaré que les ogives nucléaires déployées actuellement, dont 46% sont aux mains des États-Unis, pouvaient détruire la planète plusieurs fois.  Elle a accusé les États-Unis d’être responsables de l’échec du Plan d’action global commun sur le nucléaire iranien et de l’extinction du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI).  Elle a jugé inacceptable les initiatives des États-Unis de moderniser leurs armes nucléaires et de renforcer la place des armes nucléaires dans les doctrines de sécurité.  Elle s’est particulièrement inquiétée de la révision de la posture nucléaire, qui réduit le seuil envisagé pour utiliser le recours à des armes nucléaires. 

La représentante a exhorté les pays dotés d’armes nucléaires à faire des efforts pour permettre le succès de la Conférence d’examen de 2020 du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).  Les États dotés d’armes nucléaires doivent s’engager à ne jamais recourir à de telles armes contre des pays non dotés et ce, en aucune circonstance, a-t-elle insisté.  Cuba appuie la convocation en novembre d’une conférence visant à créer une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient et continuera de s’opposer à des sanctions unilatérales visant à empêcher des pays à recourir à l’énergie nucléaire à des fins pacifiques.

Mme FATIMATOU FAYE (Sénégal) a considéré qu’il appartient avant tout aux États dotés de l’arme nucléaire de s’entendre sur un programme de désarmement irréversible, vérifiable et plus ambitieux de réduction de leurs arsenaux, et d’accorder des garanties de sécurité aux États non dotés.  Mais il faut toujours garder à l’esprit que le désarmement et la non-prolifération sont deux objectifs indépendants et d’importance égale, a-t-elle rappelé.  C’est pourquoi, a-t-elle ajouté, « il ne peut y avoir de désarmement général et complet si, en plus des États nucléaires existants, d’autres contournent les instruments juridiques en vigueur pour se doter de l’arme nucléaire ». 

Pour le Sénégal, l’Agence internationale de l’énergie atomique a un rôle de premier plan à jouer pour l’adoption de mesures efficientes en vue d’enrayer la prolifération verticale et horizontale, son autorité et ses capacités méritant donc d’être renforcées.  En outre, a poursuivi Mme Faye, l’extension des zones dénucléarisées doit davantage être encouragée, celles-ci constituant une étape importante vers l’instauration d’un monde exempt d’armes nucléaires.  La représentante a ainsi rappelé l’attachement de son pays au Traité de Pelindaba, qui réaffirme le statut de l’Afrique en tant que zone exempte d’armes nucléaires.  Le Sénégal invite aussi tous les États à faire leur la décision 73/456 de l’Assemblée générale demandant l’organisation d’une conférence sur la création d’une zone exempte d’armes nucléaires et d’autres armes de destruction massive au Moyen-Orient.  Enfin, pour le Sénégal, débarrasser le monde du fléau des armes nucléaires suppose l’interdiction complète des essais nucléaires, comme le préconise le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires.

M. LEE JANG-KEUN (République de Corée) s’est inquiété du « mécontentement et de la méfiance croissante entre les États dotés de l’arme nucléaire et les autres » et a insisté sur l’importance que les cinq États dotés officiellement au titre du TNP montrent « un engagement ferme et inébranlable pour le désarmement nucléaire et renforcent les consultations et la coordination sur ce sujet ».  Le représentant s’est aussi félicité de la coordination entre les États dotés et les autres, évoquant notamment l’initiative « Créer un environnement pour le désarmement nucléaire », lancée par les États-Unis.

« La dénucléarisation de la péninsule coréenne arrive à un tournant majeur de son histoire », a estimé le représentant, qui a salué les efforts accomplis par les États-Unis pour faire avancer les négociations et souhaité que la République populaire démocratique de Corée reste engagée dans le dialogue. 

M. CLAUDIO MEDEIROS LEOPOLDINO (Brésil) a regretté les nouvelles formes de menaces mises en place par les États dotés de l’arme nucléaire.  Il a précisé que le Brésil était coauteur de six résolutions lors de la présente session et qu’il avait été le premier pays à signer le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, le 20 septembre 2017.  Il a regretté que huit États bloquent toujours l’entrée en vigueur du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires.  Il a cité en exemple l’initiative bilatérale prise par l’Argentine et le Brésil pour mettre en œuvre des garanties pour la supervision des matériaux nucléaires.  Il a salué la présentation faite la semaine dernière par le Président du Groupe d’experts chargé de la vérification du désarmement nucléaire. 

M. MAJID AL MATROOSHI (Émirats arabes unis) a déclaré que son pays continuait d’appeler tous les États, notamment ceux du Moyen-Orient, à adhérer au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).  Après avoir souligné la valeur du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICEN) en tant qu’instrument de non-prolifération, il a apporté son plein soutien au Protocole additionnel de l’Agence internationale de l’énergie atomique, un outil fiable et crédible de vérification du désarmement nucléaire.  Enfin, le représentant a noté l’importance de garantir l’entière transparence de l’exercice du droit de tous les États aux usages pacifiques de l’énergie nucléaire. 

M. AKKANIT KHAMKET (Thaïlande) a appelé les États dotés d’armes nucléaires à s’engager dans un dialogue constructif dans le cadre du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires et a réaffirmé l’attachement de son pays à promouvoir l’entrée en vigueur du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires dans les meilleurs délais.  Il a également exhorté tous les États dotés d’armes nucléaires à signer et ratifier, pour le renforcer, le Traité de Bangkok ayant porté création d’une zone exempte d’armes nucléaires en Asie du Sud-Est. 

Mme STÉPHANIE KOUMA (Togo) s’est inquiétée de l’ampleur des investissements financiers dans l’amélioration des armes nucléaires.  Face à ce constat, elle a exhorté les États à assurer la réussite de la Conférence d’examen 2020 du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) pour renforcer l’architecture de désarmement et de non-prolifération.  Elle a reconnu le droit inaliénable des tous les États d’utiliser l’énergie nucléaire à des fins pacifiques dans le respect des normes de l’Agence internationale de l’énergie atomique.  Consciente de la corrélation entre la paix, la sécurité et le développement, la représentante s’est dit convaincue que le multilatéralisme restait la voie royale pour parvenir à un désarmement complet. 

M. MOHD SUHAIMI AHMAD TAJUDDIN (Malaisie) a déclaré que l’entrée en vigueur rapide du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICEN), nécessaire de longue date, demeurait une étape fondamentale dans les progrès vers l’élimination des armes nucléaires.  Il a ensuite appelé les États mentionnés dans l’annexe 2 du TICEN à signer et ratifier le Traité dans les meilleurs délais.  Le représentant s’est en outre dit heureux de présenter cette année devant la Commission la résolution traditionnelle intitulée « Suivi de l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice sur la légalité de la menace posée par l’utilisation des armes nucléaires ». 

Pour la Malaisie, les zones exemptes d’armes nucléaires font partie intégrante des efforts de désarmement et de non-prolifération mondiaux.  En tant qu’État partie au Traité sur la zone exempte d’armes nucléaires de l’Asie du Sud-Est, la Malaisie peut attester de la valeur de telles zones dans la poursuite d’un monde libéré de telles armes.  Le représentant a donc souligné l’urgente nécessité de résoudre le plus rapidement possible toutes les questions en suspens relatives à la signature et à la ratification du Protocole à ce Traité, conformément au Plan de la Communauté politique et de sécurité de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) pour 2025. 

Mme VANESSA WOOD (Australie) a appelé à une collaboration substantielle entre tous les acteurs du désarmement nucléaire pour tenir compte des différents points de vue.  « Le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) est le pacte mondial qui nous unit tous », a insisté la représentante.  « Si nous voulons arriver à un document final lors de la Conférence d’examen de 2020 du TNP, il faut y travailler dès à présent sur la base de nos dénominateurs commun en réduisant nos différences ».  Mme Wood a appelé à avancer en s’appuyant sur des initiatives telles que l’initiative suédoise des « Premiers pas » et des groupes de travail issus de l’initiative visant à créer un environnement propice au désarmement nucléaire  

M. MICHAL MLYNÁR (Slovaquie) a affirmé que son pays était déterminé à contribuer à la réalisation d’un monde sans armes nucléaires, appuyant en ce sens une approche pragmatique et progressive de promotion du désarmement nucléaire tenant compte de l’environnement de sécurité.  Il a également souligné l’importance du système de garanties de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) dans la mise en œuvre du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), en ajoutant que les accords de garanties de l’Agence et ses protocoles additionnels constituaient la norme actuelle en matière de vérification.  La Slovaquie soutient en outre pleinement les efforts de promotion des usages pacifiques de l’énergie nucléaire de l’AIEA. 

Le représentant a, d’autre part, imputé à la Fédération de Russie l’expiration du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire.  Dans ce contexte, il a encouragé la Russie et les États-Unis à maintenir un dialogue actif sur la prorogation du Traité sur des mesures visant de nouvelles réductions et limitations des armements stratégiques offensifs (New START) au-delà de son échéance actuelle de 2021. 

M. HANI STOLINA (République tchèque) a réaffirmé l’engagement de son pays à pleinement respecter ses obligations au titre du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).  Il a souhaité que le prochain processus d’examen du TNP débouchera sur un traité plus robuste et efficace.  La République tchèque appelle également à la signature et ratification sans tarder du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICEN), en vue de son entrée en vigueur. 

Fervent soutien du droit à une utilisation pacifique de l’énergie nucléaire, à condition que cela se fasse de manière sûre et responsable et en conformité avec les obligations de non-prolifération, la République Tchèque souligne le rôle central de l’AIEA dans ce domaine.  Pour sa part, elle soutient les efforts de l’AIEA pour renforcer l’efficacité et l’efficience de son système de garanties.  À cet égard, le représentant a estimé qu’une adhésion universelle à son accord de garanties généralisées et son protocole additionnel renforcerait le régime de non-prolifération et contribuerait à la paix et la sécurité internationales.  En ce sens, M. Stolina a lancé un appel à tous les États-parties au TNP pour qu’ils y adhérent et coopèrent pleinement avec l’Agence.

M. JAMIE WALSH (Irlande) a rejeté l’idée selon laquelle des progrès en matière de désarmement nucléaire ne pourraient être accomplis que quand l’environnement de sécurité s’y prête.  L’Irlande exhorte tous les États à adopter une approche proactive et à mettre de côté leurs ambitions militaires et plaide pour l’entrée en vigueur rapide du Traité d’interdiction des armes nucléaires, ainsi que pour une prise en compte accrue des recommandations et objectifs figurant dans le Programme de désarmement du Secrétaire général. 

M. YANN HWANG (France) a exhorté la République populaire démocratique de Corée (RPDC) à engager un processus menant à sa dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible.  S’agissant de l’Iran, le représentant a rappelé que la France restait engagée en faveur du Plan d’action global commun.  Il a appelé l’Iran à revenir sur les mesures contraires à ses engagements.  Notant que l’Iran ne devait jamais se doter d’armes nucléaires, il s’est dit convaincu de la nécessité de négociations incluant la question de l’encadrement, y compris après 2025. 

M. Hwang a regretté l’extinction de Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire et le fait que la Russie n’ait pas répondu aux demandes d’explication qui lui avaient été adressées.  Nous devons continuer à réduire de manière vérifiable la réduction des stocks issus de la course aux armements menée par l’Union soviétique et les États-Unis pendant la guerre froide, a poursuivi le représentant.  La France appelle donc à la préservation du nouveau Traité sur des mesures visant de nouvelles réductions et limitations des armements stratégiques offensifs (New START), de façon à éviter son extinction lors de son arrivée à échéance en 2021, ainsi qu’à la négociation par la Fédération de Russie et les États-Unis d’un traité successeur.

S’agissant du désarmement nucléaire, le représentant a jugé dangereux de déconnecter les enjeux du désarmement nucléaire de la prise en compte du contexte de sécurité caractérisé par les tensions croissantes, l’augmentation des arsenaux et par la prolifération des armes de destruction massive et de leurs vecteurs.  « C’est la raison pour laquelle la France s’oppose au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires », a-t-il dit.  Il a souhaité la réussite de la Conférence d’examen de 2020 du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) et a jugé prioritaires l’entrée en vigueur du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires de même que la négociation à la Conférence du désarmement d’un traité interdisant la production de matières fissiles pour la fabrication d’armes et autres dispositifs explosifs nucléaires.  Il a appelé à la poursuite des travaux de désarmement nucléaire avant de souligner que la France et l’Allemagne avaient conduit un exercice inédit de terrain, NuDive, sur le centre de recherche de Jülich, auquel ont participé des observateurs d’une douzaine d’États. 

M. Hwang a précisé que la France poursuivait sa concertation avec les quatre autres États dotés en « format P5 ».  La réunion du 8 octobre dernier au niveau des capitales a ainsi permis de poursuivre les échanges sur les politiques et doctrines nucléaires et le contexte stratégique, a-t-il expliqué.  Il a salué le rôle du Royaume-Uni en tant que coordonnateur du P5 pour avancer sur cinq domaines identifiés comme prioritaires pour formaliser une contribution positive des États du P5 à la Conférence d’examen de 2020 du TNP.

M. DOMINIC MISIOLO JUNIOR SOFE (Samoa) a déclaré que les armes nucléaires soumettaient le monde à une peur et une angoisse inutile.  « Venant d’une région qui a subi les expériences et les conséquences catastrophiques des essais nucléaires, nous sommes en faveur de tous les efforts de désarmement nucléaire et de non-prolifération », a-t-il ajouté.  Il a cité en exemple le Traité sur la zone dénucléarisée du Pacifique Sud (Traité de Rarotonga).  Notre seul bouclier, en tant que petit État insulaire, pour nous protéger est notre foi inébranlable dans la primauté du droit, a poursuivi le représentant.  Il a précisé que Samoa avait adhéré au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires et au Traité d’interdiction complète des essais nucléaires avant de se féliciter du rôle vital de plaidoyer de la société civile.  Il reste encore 17 ratifications pour permettre l’entrée en vigueur du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, a-t-il enfin rappelé. 

M. NOBUSHIGE TAKAMIZAWA (Japon) a regretté que la République populaire démocratique de Corée (RPDC) continue d’effectuer des tirs de missiles balistiques, ce qui constitue une violation des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.  Il a rappelé l’importance que ces résolutions soient mises en œuvre afin que la RPDC abandonne son programme nucléaire et balistique.  Le représentant a, par ailleurs, estimé que les décisions futures sur l’impact des nouvelles technologies et de la science dans le domaine du désarmement nucléaire formeraient le socle de l’environnement sécuritaire international de demain.  Il a appelé les délégations à appuyer le nouveau projet de résolution que présentera le Japon sur le renforcement du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).

M. KYAW MOE TUN (Myanmar) a indiqué que, cette année encore, son pays présenterait un projet de résolution sur le désarmement nucléaire, un texte, a-t-il rappelé, qui appelle la communauté internationale à prendre des mesures concrètes pour progresser vers l’établissement d’un monde libéré de ces armes.  Le texte souligne que l’élimination totale des armes nucléaires est la seule garantie absolue contre l’utilisation ou la menace de l’utilisation de ces arsenaux, a-t-il précisé, avant de demander aux États dotés de s’entendre sur un échéancier encadrant l’élimination de leurs arsenaux. 

M. TAREQ MD ARIFUL ISLAM (Bengladesh) s’est dit préoccupé par l’absence de progrès en matière de désarmement nucléaire.  Il a appuyé les trois piliers du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) en souhaitant que la Conférence d’examen de 2020 du Traité puisse remédier aux derniers échecs.  Il a appuyé le début de négociation au sein de la Conférence du désarmement d’un traité interdisant la production de matières fissiles pour la fabrication d’armes et autres dispositifs explosifs nucléaires et a appelé à l’entrée en vigueur rapide du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires.  Nous nous intéressons à l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire pour atteindre nos objectifs de développement durable, a-t-il précisé. 

M. NAZIM KHALDI (Algérie) a dit respecter sans conditions, tous les piliers du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).  Il a salué la dynamique positive des ratifications du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires avant d’appeler à une entrée en vigueur du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICEN).  « En tant que coprésident pendant deux ans avec l’Allemagne de la conférence sur l’article XIV du TICEN, l’Algérie n’épargnera aucun effort pour promouvoir le TICEN », a-t-il assuré.  Il a exhorté les pays africains à adhérer aux trois protocoles additionnels du Traité de Pelindaba instaurant une zone exempte d’armes nucléaires en Afrique. 

M. NICHOLAS CLUTTERBUCK (Nouvelle-Zélande) a exhorté les États dotés d’armes nucléaires à mettre en œuvre l’article VI du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) et a signalé que son pays s’était rallié à plusieurs initiatives destinées à insuffler un nouvel élan pour relancer la pleine application des obligations phares du Traité.  Nous poursuivrons nos efforts afin que la Conférence d’examen de 2020 soit couronnée de succès, c’est-à-dire marquée par la prise de mesures concrètes de désarmement nucléaire, a-t-il déclaré. 

Mme MARÍA PAULA MAC LOUGHLIN (Argentine) a assuré que son pays conduisait un programme nucléaire à des fins strictement pacifiques.  Elle a précisé que, dans le cadre d’un accord avec le Brésil, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) conduisait régulièrement des inspections de vérification dans les installations nucléaires des deux pays.  Elle a, à son tour, réaffirmé l’engagement de son pays, qui présidera la Conférence d’examen de 2020 du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), à contribuer à la réalisation des objectifs du Traité. 

M. JOSÉ ARNAUD (Portugal) s’est dit inquiet du fait qu’il y ait « de plus en plus de signes d’une nouvelle course aux armements et d’incertitude autour des accords de désarmement nucléaire ».  Il a regretté l’extinction du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire, a souligné l’importance de renouveler le traité New START au-delà de 2021 et a réaffirmé son soutien au Plan d’action global commun sur le nucléaire iranien.  Le représentant s’est adressé tout particulièrement à la République islamique d’Iran et à la République populaire démocratique de Corée (RPDC), leur demandant d’appliquer pleinement les dispositions prévues dans les accords internationaux de désarmement.  Il s’est aussi prononcé en faveur de la création d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient. 

M. ROBBERT JAN GABRIELSE (Pays-Bas) a constaté que le contrôle bilatéral des armes entre la Fédération de Russie et les États-Unis était sous pression.  Il a regretté que la Russie n’ait pas pris de mesures vérifiables pour revenir en conformité avec ses obligations sous le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (INF).  Pour les Pays-Bas, la Russie est la seule responsable de cette débâcle.  Le représentant a ensuite insisté sur l’importance de l’extension du Traité New START au-delà de 2021 et a exhorté la Russie et les États-Unis à prendre les mesures nécessaires à cet effet.

Les Pays-Bas déplorent par ailleurs le retrait des États-Unis du Plan d’action global commun.  Ils exhortent l’Iran à pleinement respecter ses engagements en matière nucléaire et encouragent toutes les parties à pleinement respecter la résolution 2231 (2015) du Conseil de sécurité.  Enfin, prenant note avec préoccupation des essais répétés de missiles de la part de la République populaire démocratique de Corée, le représentant a fermement condamné ces activités.

Mme ONDINA BLOKAR DROBIČ (Slovénie) a souhaité le succès de la Conférence d’examen de 2020 du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).  Elle a salué « l’approche progressive » du désarmement nucléaire qui comprend des initiatives telles que l’interdiction des essais nucléaires, l’interdiction de la production de matières fissiles et la création de zones exemptes d’armes nucléaires.  Elle a salué l’initiative de la Suède des « Premiers Pas » et celle visant à la création d’un nouvel environnement propice au désarmement nucléaire.  Elle a regretté que la Fédération de Russie n’ait pas répondu positivement aux questions posées sur le non-respect de Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI).  Elle a souhaité le succès de la négociation visant à l’extension du Traité sur des mesures visant de nouvelles réductions et limitations des armements stratégiques offensifs (New START) pour remettre le désarmement sur la bonne voie.  Elle a par ailleurs jugé préoccupant les lancements de missiles répétés de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) en dépit des résolutions du Conseil de sécurité. 

Mme ANN SOFIE NILSSON (Suède) a déclaré que le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) restait la pierre angulaire pour sortir de l’impasse du désarmement nucléaire.  L’initiative de Stockholm, lancée en juin 2019, a pour objectif de mobiliser une nouvelle dynamique pour le désarmement nucléaire, a-t-elle expliqué.  Elle a dit l’importance des garanties de sécurité négative et le début de négociations d’un traité interdisant la production de matières fissiles.  Elle a exhorté les États dotés d’armes nucléaires à appuyer de nouvelles initiatives telles que le Partenariat international pour la vérification du désarmement nucléaire. 

M. REGINA AONDONA (Nigéria) a souligné la nécessité que le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) devienne universel afin que ses trois piliers -le désarmement, la non-prolifération et l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques- soient respectés efficacement.  Le représentant a rappelé les conséquences humanitaires catastrophiques qui résulteraient d’une détonation nucléaire accidentelle ou intentionnelle.  Il a ainsi appelé les États dotés d’armes nucléaires à prendre la mesure de ces conséquences pour accélérer le démantèlement de leurs arsenaux et y renoncer sans équivoque.  Après avoir affirmé que la dénucléarisation de l’Afrique servait de bouclier sécuritaire à l’ensemble du continent, il salué les efforts de l’Agence internationale de l’énergie atomique en faveur d’un monde plus sûr. 

M. MEMET MEVLÜT YAKUT (Turquie) a indiqué que son pays appuyait de nouvelles initiatives prônant le dialogue en faveur du désarmement nucléaire, souhaitant que leur pertinence soit réaffirmée lors de la Conférence d’examen de 2020 du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).  Le représentant a, par ailleurs, encouragé les États-Unis et la Fédération de Russie à trouver d’autres voies de réduction de leurs arsenaux après l’expiration du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire.  La prorogation du Traité sur des mesures visant de nouvelles réductions et limitations des armements stratégiques offensifs (New START) est nécessaire dans le contexte actuel, a-t-il ainsi estimé.  Il a également réaffirmé l’appui de la Turquie à l’établissement d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient. 

M. ANDREJS PILDEGOVIČS (Lettonie) a appelé à rétablir un climat de confiance au sein des instances de désarmement.  Le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) reste la pierre angulaire et une garantie de notre système basé sur des règles internationales.  « L’entrée en vigueur du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICEN) et la négociation d’un traité interdisant la production de matières fissiles sont une nécessité urgente », a-t-il dit.  Il a appelé la République populaire démocratique de Corée à respecter ses obligations et les garanties de l’Agence internationale de l’énergie atomique.

M. ENRI PRIETO (Pérou) a noté que la moitié de la population mondiale vivait dans un pays doté de l’arme nucléaire ou dans un pays ayant une alliance avec un pays doté de telles armes.  « L’usage ou la menace de l’usage d’armes nucléaires constitue un crime contre l’humanité et une grave violation du droit international », a estimé le représentant.  C’est pourquoi le Pérou a été l’un des premiers signataires du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, a poursuivi le représentant, qui a estimé par ailleurs que le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) serait renforcé par une réduction des arsenaux nucléaires existants.  Il a dit l’importance du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires dans l’architecture du désarmement nucléaire. 

M. LI SONG (Chine) a rejeté les « déclarations fallacieuses » des États-Unis à l’égard de son pays, ajoutant que la communauté internationale devait faire preuve d’esprit de responsabilité en intensifiant ses efforts collectifs en matière de désarmement nucléaire.  Le représentant a ajouté que la Chine avait toujours encouragé les échanges entre États dotés d’armes nucléaires et États non dotés, son pays s’étant notamment engagé à une non-utilisation en premier d’armes de ce type.  Le représentant a exhorté les États-Unis, qui détiennent l’arsenal le plus important, à prendre des mesures supplémentaires pour le réduire.  La Chine n’a jamais participé à une course aux armements et jamais menacé qui que ce soit de l’emploi d’armes nucléaires, a-t-il conclu. 

M. MOHAMMED ALKAHTANI (Arabie saoudite) a déclaré que son pays accordait une importance prépondérante au rôle des Nations Unies dans les domaines du désarmement et de la sécurité internationale.  La création d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient relève d’une responsabilité collective des États Membres, a-t-il poursuivi, assurant que la résolution de 1995 sur cette zone resterait valide tant que ses objectifs n’auraient pas été atteints.  Israël doit adhérer au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) et soumettre ses installations sous le régime de vérification de l’Agence internationale de l’énergie atomique, a-t-il ainsi déclaré, avant de souligner l’importance pour la sécurité mondiale que « jamais » l’Iran n’acquière l’arme nucléaire. 

Mme DELL HIGGIE(Nouvelle-Zélande), au nom du Groupe de levée de l’état d’alerte, qui comprend aussi le Chili, la Malaisie, le Nigéria, la Suisse et la Suède, a estimé que les risques liés aux armes nucléaires augmentaient « significativement quand elles sont placées en état d’alerte ».  La représentante a ensuite énuméré ces risques d’incidents: « lancements accidentels après des erreurs humaines ou techniques, mauvaise interprétation des données initiales, usage des armes nucléaires par l’unité rebelle d’une armée, de terroristes ou pour donner suite à une cyberattaque. »

« La levée de l’état d’alerte prend toute sa valeur en période de tensions accrues, comme aujourd’hui », a poursuivi Mme Higgie, précisant que, lors des dernières décennies, les États-Unis comme la Fédération de Russie avaient reçu d’énormes quantités de données venues de leurs systèmes d’alerte rapide et les avaient mal interprétées.  « Ce n’est pas un problème théorique, nous sommes passés près du désastre », a-t-elle résumé.  La représentante a regretté que certains États dotés d’armes nucléaires se soient « éloignés de leur reconnaissance passée du risque que fait courir le fait d’avoir des forces nucléaires en état d’alerte élevée ».  Elle en a appelé aux États dotés pour qu’ils mettent « immédiatement en œuvre leurs engagements passés sur la levée de l’état d’alerte », prennent des mesures pour réduire rapidement leur capacité opérationnelle, « unilatéralement, bilatéralement ou multilatéralement », et s’assurent que toutes les armes nucléaires sont retirées de « l’état d’alerte élevée. »

Mme LEILA SHAREEF (Maldives) a appelé les États dotés de l’arme nucléaire à respecter les traités de non-prolifération et à continuer de procéder au démantèlement de leur arsenal.  Étant l’un des rares petits États insulaires en développement à avoir ratifié, en septembre dernier, le Traité d’interdiction des armes nucléaires, les Maldives ont expliqué que cette décision émanait de leur ferme conviction qu’aucun pays ou peuple ne doit vivre sous la menace de l’utilisation de ces armes.  La représentante a souligné qu’il y allait de l’obligation morale et juridique, en vertu de la Charte des Nations Unies, d’œuvrer au renforcement et à l’application des mécanismes internationaux relatifs au désarmement et à la non-prolifération dont la Première Commission demeure un pilier majeur.  Elle s’est enorgueillie que son pays se trouve dans l’Océan indien, désigné depuis 1971 comme « zone de paix » et a formé le vœu qu’elle le reste. 

Compte tenu que le terrorisme s’est converti en une des principales menaces de ce siècle, la représentante a exprimé sa profonde inquiétude face au risque que les acteurs non étatiques s’emparent de sources radioactives susceptibles d’être utilisées dans la production d’armes nucléaires.  Elle a exhorté la communauté internationale à engager les ressources adéquates et à pleinement coopérer dans le souci de prévenir le vol ou l’acquisition de ces matières nucléaires par des terroristes.  L’humanité est d’ores et déjà confrontée à la grave menace des changements climatiques et ne saurait se permettre de s’inquiéter aussi d’une apocalypse nucléaire, a-t-elle commenté, ajoutant que le multilatéralisme fournit un cadre pour se fixer comme but celui d’un monde exempt des menaces nucléaires. 

M. ANDRES FIALLA (Équateur) a estimé qu’il n’y avait pas de meilleur hommage aux victimes de Hiroshima et Nagasaki que d’éliminer toutes les armes nucléaires.  Il a rappelé que l’Équateur faisait partie de la première zone peuplée à avoir été exempte d’armes nucléaires, du fait du traité de Traité de Tlatelolco.  Il a jugé indispensable de changer la vision du désarmement avant d’appeler les pays dotés d’armes nucléaires à entendre les attentes des pays non nucléaires.  Il a estimé que le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires devait prendre part à l’architecture du désarmement au même titre que le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) et le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICEN). 

M. HEIDAR ALI BALOUJI (République islamique d’Iran) s’est inquiété de voir que « les politiques nucléaires de certains États dotés de l’arme nucléaire avaient bloqué les progrès vers le désarmement ».  Le représentant a ensuite énuméré une série de problèmes posés par ces États: l’accroissement des arsenaux, la course à la modernisation, l’absence d’assurances juridiques offertes aux États non dotés parties au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).  Le représentant a également dénoncé « un certain État doté qui menace parfois des États parties au Traité avec des armes nucléaires ».

M. Balouji s’est aussi inquiété des seuils d’utilisation de l’arme nucléaire qui, selon lui, ont été abaissés et du fait que « les instruments bilatéraux visant à éviter la course aux armements arrivent à échéance les uns après les autres sans solution crédible de remplacement ».  Il a aussi accusé « ces États » d’avoir fait échouer des conférences d’examen du TNP et de ne montrer « aucune volonté politique de respecter leur obligation légale d’entamer de véritables négociations en vue du désarmement nucléaire ».

« Les actions des États-Unis, notamment leurs récents retraits du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire et du Plan d’action global commun sur le nucléaire iranien, sapent la paix et la sécurité internationales », a insisté le représentant.  Il a rappelé qu’Israël était le seul État du Moyen-Orient à ne pas être partie au TNP et l’a accusé d’être la seule source de blocage en vue de la mise en place d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient.  « Avec l’aide et le soutien des États-Unis, ce régime agressif et hors-la-loi continue d’accumuler des armes nucléaires et menace parfois l’Iran d’annihilation nucléaire », a-t-il accusé.  M. Balouji a affirmé qu’Israël devrait « être forcé à rejoindre le Traité sur la non-prolifération sans préconditions ni délais » et que les États-Unis devaient « cesser de fournir de l’aide directe ou indirecte au programme nucléaire israélien ». 

M. ANDREY BELOUSOV (Fédération de Russie) a assuré que l’élimination des armes nucléaires était une des grandes priorités de la politique extérieure russe et il a appelé à mettre en œuvre les décisions adoptées lors des cycles précédents de conférences d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).  La mise en place d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient est indispensable pour renforcer l’architecture de non-prolifération, a-t-il ajouté.  Le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICEN), « un des grands instruments du TNP », est une barrière visant à empêcher la course aux armements nucléaires, a jouté le représentant, qui a appelé les pays figurant à l’annexe II du TICEN à ratifier ce traité. 

M. Belousov a dit regretter l’extinction de certains accords, notamment le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) qui n’est plus actif « parce que les États-Unis ont quitté ce traité en avançant de fausses justifications ».  Le représentant a également regretté la position actuelle des États-Unis concernant le devenir du Traité sur des mesures visant de nouvelles réductions et limitations des armements stratégiques offensifs (New START), affirmant qu’il fallait proroger ce traité au-delà de son échéance actuelle de 2021. 

M. AGUSTÍN SANTOS MARAVER (Espagne) a appelé à la prise de mesures de transparence et de confiance entre États pour parvenir à des engagements concrets propices à la relance du désarmement nucléaire.  Il a également rappelé le droit des États à une utilisation « responsable » de l’énergie nucléaire et ce, dans le cadre fixé par le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).  Le représentant a souligné l’importance d’une universalisation du régime de sauvegarde de l’Agence internationale de l’énergie atomique, lequel, couplé au Protocole additionnel de l’Agence, forme, a-t-il dit, la norme internationale de référence en matière de vérification du bien-fondé des activités nucléaires des pays. 

Pour M. GEORGEI PANAYOTOV (Bulgarie), le désarmement nucléaire devrait être universel, vérifiable et irréversible, et se fonder sur une approche au cas par cas progressive.  Cela ne sera possible que dans le cadre du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), et en particulier de son article VI, a-t-il estimé.  La Bulgarie est « elle aussi » alarmée par les développements récents dans le domaine de la non-prolifération, du désarmement et du contrôle des armes, a poursuivi le représentant.  Il a souhaité que la Conférence d’examen de 2020 du TNP soit l’occasion de consolider ce traité en tant que pierre angulaire de l’architecture internationale du désarmement et de la non-prolifération.  Il a en outre appelé à l’entrée en vigueur du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICEN) et son universalisation, en soulignant qu’il s’agissait à la fois d’un impératif politique et d’une composante centrale du chemin du désarmement nucléaire.

M. MDUDUZI MBINGO (Eswatini) a attiré l’attention sur la dimension humanitaire des délibérations portant sur les armes nucléaires, les États, en particulier ceux dotés d’armes nucléaires, devant prendre en considération les conséquences dévastatrices d’une détonation intentionnelle ou accidentelle.  C’est à cette aune, en ayant ce péril potentiel devant être gardé à l’esprit, que des mesures devraient être prises pour démanteler ces armes et qu’on devrait renoncer pour toujours à y recourir, a-t-il ajouté.

Pour « éviter que l’épée de Damoclès nucléaire ne s’abatte sur l’humanité », M. MCDONALD MIZATI (Malawi) a exhorté les États Membres à cesser de se fourvoyer en « paroles creuses » sur la question du désarmement nucléaire.  C’est seulement par le biais d’efforts sincères et concertés que l’ONU parviendra à réaliser son mandat de maintien de la paix et de la sécurité dans le monde, tel que le prescrit le Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, a estimé le représentant. 

Mme NORA QUINTERO (Colombie) a exhorté tous les États, qu’ils soient détenteurs ou non d’armes nucléaires, à permettre le succès de la Conférence d’examen de 2020 du Traité sur la non-prolifération (TNP) qui reste la pierre angulaire du désarmement nucléaire.  Elle a rappelé que la Colombie était partie au Traité de Tlatelolco visant l’interdiction des armes nucléaires en Amérique latine et dans les Caraïbes.  « Nous espérons promouvoir des synergies entre les différents instruments et les nouvelles initiatives prises au sein de la communauté internationale », a ajouté la représentante. 

Mme MICHAL SEHAYEK (Israël) a déclaré que son pays voterait contre la création d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient.  « Il est malheureux que le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires n’arrive pas à faire face à la promotion de programmes nucléaires militaires clandestins », a-t-elle dit, en estimant que ce traité n’était pas suffisamment fiable pour garantir la sécurité des pays du Moyen-Orient.  « L’Iran demeure la menace la plus sérieuse », a-t-elle estimé. 

M. ABDULLAH HALLAK (République arabe syrienne) a estimé que tant qu’Israël, « protégé par les États-Unis », n’aurait pas adhéré en tant que puissance non nucléaire au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) et placé ses installations nucléaires sous le régime de vérification de l’Agence internationale de l’énergie atomique, la région du Moyen-Orient resterait plongée dans l’instabilité et ne pourrait devenir une zone exempte d’armes nucléaires.  Il s’est en outre dit convaincu que la Conférence d’examen de 2020 du TNP devra se pencher sur les « violations graves » du Traité par des États dotés d’armes nucléaires. 

Mgr BERNADITO AUZA, Observateur permanent du Saint Siège, a mis l’accent sur les conséquences humanitaires et le « péril planétaire » que représente toute potentielle utilisation d’armes nucléaires.  Il a mis l’humanité en garde contre sa propre responsabilité d’orienter « les forces issues de sa propre ingénuité », et de protéger la terre, « notre maison commune », des dangers des armes nucléaires.  Les États Membres ne doivent ménager aucun effort pour inverser la tendance actuelle à la baisse du contrôle des armes et des politiques de désarmement et s’engager à créer des mécanismes nouveaux pour la réduction des armes, et à termes, l’élimination des armes nucléaires, pour que la « famille humaine puisse enfin savourer les fruits de la paix », a poursuivi l’Observateur permanent.

Rappelant que le Saint-Siège avait ratifié le Traité sur la non-prolifration des armes nucléaires, le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires et, plus récemment, le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, Mgr Auza a affirmé que ces traités étaient des pièces essentielles de l’architecture du désarmement nucléaire et qu’ils étaient complémentaires.  En vue de réaliser le plein potentiel de ces traités, il a appelé à reprendre le dialogue et à combattre le manque de confiance mutuelle qui, « malheureusement », caractérise l’état actuel du désarmement.  La dixième Conférence d’examen du TNP, en 2020, sera un rendez-vous important à cet égard, a-t-il conclu.

Droits de réponse

Le représentant de la Fédération de Russie a qualifié d’absurdes les accusations des États-Unis à l’encontre de son pays, lequel a, a-t-il répété, mis pleinement en œuvre toutes les obligations contractées au titre du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire.  Les États-Unis ont fait échouer ce traité historique pour pouvoir reprendre leurs programmes d’armement, a-t-il accusé.  Les États qui nous accusent essaient de nous rendre responsable de leur propre surdité politique, a encore déclaré le représentant, qui a traité de « froussards » ceux qui se cachent derrière des détails techniques pour maintenir une vaine solidarité transatlantique. 

Le représentant de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) a assuré que, pour résoudre la situation dans la péninsule coréenne, les États-Unis devaient proposer une autre option « qui ne nous laisserait pas de côté ».  « Les États-Unis doivent mettre fin à la politique hostile qui va à l’encontre du droit à l’existence et au développement de notre pays », a-t-il affirmé.  « Pourquoi nombre de pays occidentaux sont-ils contre le Traité d’interdiction des armes nucléaires? Qui a vraiment la volonté de dénucléariser le monde? », a-t-il encore demandé. 

Le représentant de la Chine, réagissant à la déclaration des États-Unis, a dénoncé les « déclarations anachroniques » de ce pays qu’il a accusé de posséder une doctrine nucléaire agressive.  « Il faut que les États-Unis se rappellent qu’une guerre nucléaire ne peut être gagnée », a-t-il dit, avant d’estimer que les propos des États-Unis resteraient hypocrites tant qu’ils conserveront un tel stock d’armes nucléaires. 

Le représentant de la République islamique d’Iran, réagissant à la déclaration de l’Arabie saoudite, a proposé à ce dernier de ne pas dépenser son énergie pour rien lorsqu’il précise qu’il faut tout mettre en œuvre pour que l’Iran n’acquière pas d’armes nucléaires.  Il a cité une résolution invitant l’Arabie saoudite à s’abstenir de toute action menaçant la Plan d’action global commun et a répété que tous les responsables politiques iraniens avaient rejeté toute idée d’acquérir des armes nucléaires. 

Le représentant des États-Unis a déclaré que son pays avait fait tous les efforts nécessaires pour coopérer avec la République populaire démocratique de Corée.  Il a rappelé que le Président Trump avait proposé à la République populaire démocratique de Corée un avenir meilleur si elle acceptait de prendre la décision stratégique de renoncer aux armes nucléaires.  Répondant ensuite à la Chine, il a indiqué que c’était les initiatives chinoises qui étaient sources de tensions.  Dans ce contexte, il a invité la Chine à rejoindre les négociations trilatérales avec les États-Unis et la Fédération de Russie.  En outre, il a déclaré que la Russie avait déployé en Europe des missiles SSC-8 –le nom « occidental » du missile russe 9M729 dont la portée est contestée- alors que les États-Unis ne disposent d’aucune arme de ce type en Europe.  Au représentant de la République arabe syrienne, il a rappelé que son pays avait entrepris la construction d’un réacteur à plutonium clandestin et illégal. 

Le représentant de l’Arabie saoudite s’est dit accusé à tort par l’Iran, son pays ayant appuyé l’Accord de Vienne sur le nucléaire iranien au moment de sa signature parce qu’il pensait qu’il pourrait contribuer à la sécurité régionale et internationale.  Or, l’Iran a violé l’Accord en profitant économiquement pour mettre au point des missiles et les exporter vers des groupes terroristes, dont les milices houtistes qui ont attaqué l’Arabie saoudite, a-t-il déclaré.

La représentante de Cuba a rejeté les déclarations des États-Unis, qui, « de manière consternante, renient leurs doctrines quand ils s’expriment dans cette enceinte ».  La représentante a également déploré l’annonce par les États-Unis qu’ils ne ratifieraient pas le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICEN) et les a accusés de violer le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires. 

Le représentant de la République arabe syrienne a accusé la représentante d’Israël de déformer les faits en rappelant que ce pays était le seul à être doté d’un arsenal nucléaire et d’un arsenal chimique au Moyen-Orient.  Au représentant des États-Unis, il a suggéré de bien lire le TNP et de se demander si les États-Unis étaient autorisés à placer des armes nucléaires dans des pays non dotés de ces armes. 

Reprenant la parole, le représentant de la République populaire démocratique de Corée a affirmé que son pays avait répondu aux demandes insistantes de dialogue des États-Unis.  Il a estimé que leur volonté de dialogue n’était pas réelle et a ajouté que son pays attendait des propositions plus concrètes de la part des États-Unis. 

Le représentant de la Chine a répondu aux États-Unis que leurs déclarations étaient motivées par leur volonté de se libérer des traités multilatéraux pour renforcer leurs arsenaux.  En mer de Chine du Sud, la Chine ne représente aucune menace à la sécurité, puisqu’avec d’autres pays de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est nous mettons au point collectivement des initiatives de paix et de sécurité dans cette partie de notre territoire, a-t-il ajouté.  Les États-Unis déploient des armes en mer de Chine, où ils nous harcèlent au lieu de donner l’exemple en matière de désarmement, a encore déclaré le représentant. 

Le représentant de la République islamique d’Iran a répondu à son homologue d’Arabie saoudite que ses propos étaient partiaux.  Faut-il croire les déclarations ou les actes de ce pays, a-t-il demandé, déplorant que l’Arabie saoudite fasse porter à son pays la responsabilité de tous les malheurs de la région, « alors qu’elle agresse et provoque des crises humanitaires catastrophiques ».  Que ce pays s’engage sans équivoque à abandonner toute ambition nucléaire, a-t-il déclaré. 

Le représentant des États-Unis a dénoncé les allégations sans fondements du représentant syrien.  Au représentant chinois, il a affirmé que les États-Unis ne permettront plus à la Chine se présenter comme une nation pacifique dans les forums internationaux alors qu’elle a comme objectif de doubler son arsenal nucléaire. 

Le représentant de l’Arabie saoudite a jugé inacceptable les leçons données par l’Iran alors que ce pays attise toutes les tensions dans la région en s’immisçant dans les affaires intérieures de pays arabes. 

Le représentant de la République arabe syrienne a cité « les mensonges et accusations fallacieuses des représentants de l’administration américaine » en rappelant notamment les mensonges proférés en 2003 sur la présence d’armes de destruction massive en Iraq.  Pour le représentant, les États-Unis violent toutes les dispositions du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) et protègent Israël. 

DÉBAT THÉMATIQUE SUR LES AUTRES ARMES DE DESTRUCTION MASSIVE

Déclarations

M. DIAN TRIANSYAH DJANI (Indonésie), au nom du Mouvement des pays non alignés, a exhorté les États-Unis à prendre les mesures nécessaires à la destruction de leurs stocks d’armes chimiques, conformément aux engagements pris par eux au titre de la Convention sur l’interdiction des armes chimiques.  Il a ajouté que l’emploi d’armes chimiques était contraire au droit international, les auteurs d’attaques chimiques devant répondre de leurs actes devant la justice. 

Le Mouvement des pays non alignés condamne les agressions militaires israéliennes commises contre la bande de Gaza de 2009 et 2014, au cours desquelles des munitions au phosphore blanc auraient été utilisées contre des civils.  « Nous appelons au lancement d’enquêtes approfondies par les organes compétents et dans le cadre des conventions et accords internationaux appropriés », a déclaré le représentant. 

S’agissant de la mise en œuvre de la résolution 1540 du Conseil de sécurité visant la prolifération d’armes de destruction massive, le Mouvement des pays non alignés demande au Conseil de se garder de définir, « à leur place », la législation en matière de sécurité des États Membres.  Pour le Mouvement, il est très important que la question « délicate » de l’acquisition d’armes de destruction massive par des acteurs non étatiques soit appréhendée de manière inclusive et non discriminatoire par l’Assemblée générale, cela en prenant en compte les positions de tous les États Membres. 

Au nom des pays nordiques, Mme MONA JUUL (Norvège) a constaté que les risques associés aux armes biologiques et chimiques représentaient toujours une grave menace pour la paix et la sécurité mondiales.  La représentante a dénoncé l’utilisation d’armes chimiques comme une violation flagrante de l’interdiction sans équivoque qui les frappe, qui risque de saper les normes existantes en termes de recours aux armes de destruction massive.  Les pays nordiques sont alarmés par la possession continue d’armes chimiques par le régime syrien et rappellent que toutes ces armes auraient dû être déclarées et détruites.  Pour avoir contribué à la mission internationale qui a évacué les armes chimiques déclarées du régime syrien en 2014, ces pays exhortent aujourd’hui la Syrie à faire immédiatement la lumière et transmettre les informations pertinentes au sujet de son programme d’armes chimiques et de pleinement respecter ses obligations au titre de la déclaration de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).  « C’est la seule façon pour l’équipe d’établissement des faits et d’identification de l’OIAC de vérifier la véracité et l’intégralité des déclarations faites par le régime syrien et d’assurer la destruction irréversible de ces armes », a poursuivi Mme Juul. 

Dans ce contexte, la représentante a évoqué à la fois les attaques chimiques de Douma en Syrie, et celle aux agents chimiques de Salisbury au Royaume-Uni l’an dernier.  Elle n’a pas hésité à dire que tout porte à croire que la Russie était responsable de l’attaque de Salisbury et qu’il n’existait pas d’autre explication plausible.  Les pays nordiques demandent que la Conférence des États parties adopte la déclaration conjointe des États-Unis, du Canada et des Pays-Bas et ajoute un nouveau groupe de substances connues sous le nom de « Novichocks » à la liste de substances interdite par la Convention sur l’interdiction des armes chimiques. 

Pour les pays nordiques, l’utilisation de ce type d’armes est à la fois une violation du droit international et peut représenter un crime de guerre ou contre l’humanité.  Dès lors, les responsables de ces attaques « barbares et inhumaines » doivent être traduits en justice.  C’est dans cet esprit que les pays nordiques participent activement aux travaux du Partenariat international contre l’impunité en cas d’utilisation d’armes chimiques, a précisé la représentante, qui a également assuré l’OIAC de leur soutien continu à la fois politique, financier et technique. 

Les pays nordiques appellent en outre à l’adhésion universelle et à la pleine mise en œuvre de la Convention sur l’interdiction de la mise au point, de la fabrication et du stockage des armes bactériologiques (biologiques) ou à toxines et sur leur destruction.  Ils soutiennent le programme de travail intersession qui a permis d’avoir des échanges plus en profondeur sur des questions clefs relatives à cette Convention.  La représentante a exhorté les États Membres à pleinement tirer parti de ce processus avant la Conférence d’examen de 2021, tout en appelant à ne pas laisser « le mieux devenir l’ennemi du bien » et à se concentrer sur des avancées progressives sur les questions pour lesquelles un consensus semble possible d’ici à 2021.  Préoccupée par la situation financière de la Convention sur l’interdiction des armes biologiques, la représentante a exhorté tous les États parties à payer leurs quotes-parts en entier et dans les délais et à s’acquitter de leurs arriérés de paiement. 

Pour leur part, les pays nordiques continuent à œuvrer pour la réduction des armes chimique dans le cadre du mécanisme d’enquête du Secrétaire général, du Partenariat mondial contre la prolifération des armes de destruction massive, de la résolution 1540 du Conseil de sécurité et de l’ordre du jour de la sécurité sanitaire, a précisé la représentante, qui a également apporté son soutien au programme d’interface de sécurité sanitaire de l’Organisation mondiale de la Santé.

Abordant ensuite la question des missiles balistiques, la représentante a appelé à la retenue.  Les pays nordiques appuient le Code de conduite de la Haye et appellent tous les États à y souscrire le plus rapidement possible.

S’exprimant au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), M. DAOVY VONGXAY (République démocratique populaire lao) a rappelé que ce groupe régional d’États Membres, qui sont tous parties à la Convention sur l’interdiction des armes biologiques, reconnaissait que cet instrument juridique jouait un rôle crucial au niveau international.  Après avoir reconnu les dangers posés par l’existence des armes biologiques, chimiques et radiologiques, le représentant a souligné l’importance d’une mise en œuvre pleine et efficace de la résolution 1540 (2004) du Conseil de sécurité et des traités pertinents. 

En termes de coopération régionale, l’ASEAN est disposée à améliorer sa capacité régionale à répondre aux menaces posées par les armes de destruction massive.  Lors de leur douzième réunion à Singapour l’an dernier, les Ministres de la Défense de l’ASEAN avaient annoncé la mise en place d’un réseau d’experts chargé de disséminer les pratiques optimales et de prendre rapidement contact en cas de crise, a ainsi précisé M. Vongxay.  De plus, a-t-il fait valoir, lors de la réunion suivante qui s’est tenue en Thaïlande, les ministres avaient adopté et signé une déclaration conjointe relative à la sécurité durable. 

Au nom du Groupe des États arabes, M. BASSEM HASSAN (Égypte) a dit vouloir jouer un rôle de chef de file pour débarrasser le monde toutes les armes de destruction massive.  Il a regretté les impasses et les difficultés rencontrées pour mettre ne place une zone exempte d’armes de destruction massive au Moyen-Orient.  Le Groupe appelle à renforcer les efforts de la communauté internationale pour parvenir à la mise en place d’une telle zone.  Il a exhorté tous les États à permettre le succès de la conférence de novembre, conformément à la décision 73/546 de l’Assemblée générale

Au nom du Partenariat international contre l’impunité pour l’emploi d’armes chimiques, M. YANN HWANG (France) a expliqué que ce partenariat s’était uni pour préserver les règles et normes internationales contre l’emploi d’armes chimiques par quiconque, où que ce soit et quelles que soient les circonstances.  Il a dit sa confiance dans l’impartialité et le professionnalisme du Secrétariat de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).  Il a précisé que ce Partenariat fondé le 23 janvier 2018 comptait désormais 40 États de toutes les régions géographiques ainsi que l’Union européenne, et a expliqué qu’il visait à renforcer la coopération en vue de protéger la Convention sur l’interdiction des armes chimiques.  Il a salué le contenu des rapports de juillet et octobre 2019 sur les méthodes de travail et les outils utilisés. 

Le représentant s’est dit préoccupé des conclusions de la Mission d’établissements des faits sur l’utilisation des armes chimiques à Latamenah en mars 2017 et Saraqib en février 2018 ainsi qu’à Douma en avril 2018.  « Nous estimons qu’il est fort probable que les forces armées syriennes soient responsables de cette attaque, compte tenu notamment de l’utilisation antérieure d’armes chimiques par les forces armés syriennes, a déclaré M. Hwang. 

Le représentant a appelé à l’élargissement du Partenariat international contre l’impunité pour l’utilisation des armes chimiques et invité tous les membres des Nations Unies à s’y joindre pour « envoyer un message clair sur notre refus commun d’accepter l’impunité pour quiconque, où qu’il soit », responsable de l’utilisation des armes chimiques et sur « notre engagement à mettre un terme à leur utilisation ». 

Mme ANNE KEMPPAINEN, de l’Union européenne, a déclaré que la lutte contre l’impunité et la réémergence des armes chimiques devrait être au cœur de l’action de la Première Commission et assuré de son soutien du Programme du Secrétaire général sur le désarmement.  Affirmant que tout État ou acteur non étatique qui utiliserait ces armes aurait à rendre des comptes, la représentante a exhorté la Syrie à honorer ses obligations d’État partie à la Convention sur l’interdiction des armes chimiques, à accorder une entière coopération avec l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), à déclarer ses armes chimiques et à les détruire de manière complète et irréversible. 

Mme Kemppainen a, par ailleurs, réitéré sa confiance envers le travail de l’OIAC, à laquelle l’Union européenne a fourni 57 millions de dollars depuis 2004, et à la Convention sur l’interdiction des armes biologiques ou à toxines, dont elle a néanmoins déploré la situation financière précaire, priant les États Membres à remplir leurs obligations financières à son égard.

Après avoir appelé la République populaire démocratique de Corée, l’Égypte, Israël et le Soudan du Sud à rejoindre la Convention sur l’interdiction des armes chimiques, la représentante a réaffirmé son soutien à l’établissement de zones exemptes d’armes nucléaires ou de destruction massive au Moyen-Orient et rappelé à l’importance du respect par l’Iran de la résolution 2231 (2015) du Conseil de sécurité qui proscrit l’usage de missiles capables d’emporter des armes nucléaires.  Elle a aussi décrit les lancements répétés de missiles par la RPDC comme « un grave danger pour la paix et la sécurité de la région » et rappelé l’obligation des États Membres de mettre en œuvre les sanctions imposées par le Conseil de sécurité à la RPDC, ainsi que d’endiguer la prolifération de produits et de technologies qui pourraient contribuer aux programmes militaires et balistiques de ce pays.  En conclusion, elle a appelé tous les États, à commencer par ceux qui disposent de missiles ou de lanceurs spatiaux, de rejoindre le Code de conduite de La Haye. 

M. JÜRG LAUBER (Suisse) a notamment salué les progrès réalisés dans la mise en place de l’équipe d’enquête d’identification de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), son pays défendant pleinement son mandat et n’ayant aucun doute quant à sa légitimité et sa légalité.  Il a ajouté que la Convention sur l’interdiction des armes chimiques devait rester pertinente dans un contexte évolutif et à la lumière des progrès technologiques.  La Suisse est ainsi convaincue qu’il est nécessaire d’aborder la question de l’utilisation par aérosol de produits chimiques agissant sur le système nerveux central à des fins de maintien de l’ordre.  Parce qu’il est temps que les organes décisionnels de l’OIAC agissent, l’Australie, la Suisse et les États-Unis ont entamé un processus visant à aboutir à une décision reflétant nos préoccupations, a-t-il expliqué.  

M. MARCIN CZEPELAK (Pologne) a estimé que le recours aux armes chimiques dans plusieurs endroits du monde remettait en cause la crédibilité et l’intégrité de la Convention sur l’interdiction de ces armes.  À ses yeux, l’incapacité des États parties à présenter un front uni, l’an dernier, lors de la Conférence d’examen de la Convention, concernant le rapport d’activité de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), illustre bien la fin du consensus international sur cette question.

« Mais cet environnement hostile ne doit pas servir d’excuse à l’inaction », a déclaré M. Czepelak.  À ses yeux, l’OIAC doit en effet être en mesure de remplir ses fonctions et de s’adapter à un environnement de sécurité changeant.  Aussi le représentant a-t-il soutenu les efforts de l’organisation pour mettre en œuvre sa décision de juin 2018, qui donne à l’OIAC le pouvoir de désigner les utilisateurs d’armes chimiques en Syrie.  « Nous leur disons que leurs actes inacceptables ne seront pas tolérés et qu’ils devront répondre de leurs actes », a-t-il mis en garde.

Dans ce contexte, le représentant a indiqué que, comme chaque année, la Pologne était à l’initiative d’un projet de résolution visant à renouveler l’appui de la communauté internationale à la Convention sur l’interdiction des armes chimiques et à l’OIAC.  Il a indiqué que ce projet de texte reflétait les efforts de la Pologne pour parvenir à l’équilibre, en dépit des divergences fondamentales entre États Membres auxquelles s’est heurté le pays lors des négociations.

M. ROBERT WOOD (États-Unis), a affirmé que le dossier des armes chimiques était toujours « un défi, compte tenu des assassinats dont s’est rendu coupable le régime Assad ».  Le représentant a condamné de nouvelles attaques de ce type commises par « le régime » et ayant eu lieu selon lui le 19 mai dernier dans la province de Lattaquié. 

Le représentant s’est prononcé pour l’ajout du Novitchok et du Fentanyl sur la liste des agents toxiques prohibés lors de la Conférence des États parties à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques qui aura lieu en novembre prochain.  En outre, les États-Unis promeuvent des mesures concrètes pour renforcer la Convention sur l’interdiction des armes biologiques et demandent aux États parties qui ne s’en sont pas encore acquittés de régler leurs arriérés de paiement. 

M. AIDAN LIDDLE (Royaume-Uni) a déclaré que « l’utilisation et l’emploi des armes chimiques montre que certains sont prêts à faire fi du comportement civilisé ».  Il faut poursuivre les coupables de l’utilisation d’armes chimiques en Syrie, a-t-il affirmé, tout en déplorant qu’une action efficace du Conseil de sécurité en ce sens soit « bloquée par la Russie ». 

M. BASSEM HASSAN (Égypte) a salué l’adoption en 2017 du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, en rappelant que ces armes sont les plus dangereuses.  Il a appelé à des négociations de bonne foi en novembre pour parvenir à une Zone exempte d’armes nucléaires et d’autres armes de destruction massive au Moyen-Orient.  Il a jugé contradictoire l’appel de certains États à l’élimination de toutes les armes de destruction massive alors qu’ils ne demandent pas à Israël de se conformer au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP). 

M. USMAN JADOON (Pakistan) a déclaré que son pays demeurait engagé dans la mise en œuvre de la Convention sur l’interdiction des armes chimiques et continuait de participer activement aux travaux de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).  « Les distorsions dans le mandat de l’OIAC qui pourraient la rendre susceptible d’être instrumentalisée politiquement doivent être évitées, nous espérons que la pratique du processus décisionnel par consensus sur les questions relatives à la Convention sera rétablie, à la fois à l’Assemblée générale des Nations Unies et à l’OIAC elle-même », a-t-il toutefois fait observer.  Le Pakistan a condamné ensuite l’utilisation des armes chimiques par quiconque, quelles que soient les circonstances:« Les responsables de tels actes doivent être identifiés et tenus pour responsables.  Pour le représentant, le rôle de l’OIAC doit être en parfaite conformité avec la Convention, qui définit sans ambiguïté celui du Secrétariat technique.  C’est aux États parties de considérer les questions relatives à l’attribution à la lumière des conclusions techniques du Secrétariat, a-t-il estimé.

M. GIANFRANCO INCARNATO (Italie) a rappelé la difficulté à empêcher l’accès des réseaux terroristes à des matériaux sensibles et à exercer des contrôles d’exportations efficaces, deux défis qui à ses yeux nécessitent une mise en œuvre effective et universelle de la Convention sur l’interdiction des armes chimiques et de la Convention sur l’interdiction des armes biologiques et à toxines, et l’adhésion de tous les États, sans retard ni conditions, à ces deux conventions.

Rappelant le ferme soutien de l’Italie à la Convention sur l’interdiction des armes chimiques, le représentant a salué la décision de la session spéciale de la conférence des États parties à la Convention tenue en juin 2018 et marquée par le soutien apporté au Mécanisme d’enquête et d’identification de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), appelant la Syrie à honorer ses obligations de partie à la Convention.

Le représentant a enfin noté l’importance de la Convention sur l’interdiction des armes biologiques et à toxines, qui agit dans un environnement dynamique marqué par de rapides développements scientifiques et techniques, et requiert selon lui des moyens et des procédures, ainsi qu’un fort programme de travail intersessions lui permettant de répondre plus vite aux besoins éventuels.

Pour M. PETER BEERWERTH (Allemagne), la Convention sur l’interdiction de la mise au point, de la fabrication et du stockage des armes bactériologiques (biologiques) ou à toxines et sur leur destruction reste un pilier de l’architecture internationale du contrôle des armes de destruction massive et de la non-prolifération.  Face aux développements rapides dans la sphère des biotechnologies, il a appelé à rester vigilant aux potentiels doubles usages.  C’était l’une des conclusions de la conférence ministérielle qui s’est tenue à Berlin en mars 2019 sous le thème « Capturing technology.  Rethinking Arms Control », a expliqué le représentant.  À la suite de cette conférence, l’Allemagne a proposé la mise en place d’un « Forum de conseillers d’experts techniques et scientifiques » sous les auspices de la Convention.

Pour le représentant, la Convention sur l’interdiction des armes chimiques reste le plus grand succès en termes de désarmement mais elle est sous pression dans la mesure où l’interdiction mondiale de l’utilisation de ces armes a été ouvertement ignorée à plusieurs reprises par la Syrie, mais également lorsque ces armes ont été utilisées contre des civils au Royaume-Uni.  Ces actes ne sauraient rester sans conséquences, a affirmé M. Beerwerth, qui a appelé au respect des règles que la communauté internationale s’est elle-même fixées.  Cela signifie pour l’Allemagne qu’il faut identifier ceux qui ont violé la Convention sur les armes chimiques et les traduire en justice.  Aucun Gouvernement et aucun acteur non-étatique ne doit pouvoir compter sur l’impunité lorsqu’il est question d’armes chimiques, a-t-il poursuivi, en appelant à soutenir le Partenariat contre l’impunité.

À cet égard, l’Allemagne attend le premier rapport de l’équipe d’établissement des faits et d’identification de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) d’ici la fin de l’année.  Elle continuera de soutenir l’OIAC, en particulier pour ce qui est de sa mission en Syrie, et exhorte la Syrie à pleinement coopérer avec l’Organisation.  Pour le représentant, il est « plus que temps » que la Syrie déclare l’intégralité de son programme d’armes chimiques et le détruise sous vérification de l’OIAC.

M. PANKAJ SHARMA (Inde) a déclaré que le risque de voir des armes de destruction massive se retrouver entre les mains de groupes terroristes présentait une grave menace pour la communauté internationale.  L’Inde s’est pour sa part engagée à prévenir l’acquisition de ces armes et de leurs vecteurs par des groupes armés non étatiques.  Cet engagement est stipulé dans la loi de 2005 sur les armes de destruction massive, a assuré le représentant. 

M. Sharma a aussi expliqué que son pays partageait les préoccupations sur les allégations faisant état d’usage de ces armes, y compris par des acteurs non étatiques et des groupes terroristes dans différentes parties du monde.  Toute utilisation de ces armes est inhumaine, repréhensible et contraire à la Convention sur l’interdiction de la mise au point, de la fabrication, du stockage et de l’emploi des armes chimiques et sur leur destruction, a rappelé le représentant.  Les États doivent donc fermement s’engager à prendre les mesures appropriées pour combattre la menace et l’utilisation de ces armes par des acteurs non-étatiques, a-t-il insisté.

M. ARIEL R.  PEÑARANDA (Philippines) a soutenu les efforts visant à faciliter le succès de la Conférence d’examen 2021 de la Convention sur l’interdiction des armes biologiques.  Nous continuons à travailler à intégrer la Convention dans notre législation nationale, a-t-il déclaré.  Le Ministre a aussi apporté son soutien aux travaux de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).  Elle s’est dit préoccupée par la prolifération des armes chimiques et biologiques et a appelé à l’universalisation des deux conventions d’interdiction de ces armes. 

M. ZHANGELDY SYRYMBET (Kazakhstan) a soutenu l’universalisation de la Convention d’interdiction des armes biologiques.  C’est toutefois à la Convention d’interdiction des armes chimiques que le Kazakhstan accorde la priorité, et le représentant a appelé tous les pays à détruire leurs stocks d’armes chimiques le plus rapidement possible, insistant sur le caractère injustifiable de toute utilisation d’armes chimiques.

Mme ANA SILVIA RODRÍGUEZ ABASCAL (Cuba) a regretté l’absence de déclaration finale lors de la Quatrième Conférence d’examen de la Convention pour l’interdiction des armes chimiques, tenue en novembre 2018.  Elle condamné des « tentatives de manipulation » de la Convention par certains États et dénoncé les États-Unis comme le seul État possédant encore un arsenal complet de ce type. 

M. MARCELO PAZ SARAIVA CÂMARA (Brésil) a regretté l’absence de consensus au sein du Conseil de sécurité pour travailler sur les violations de la Convention pour l’interdiction des armes chimiques, qui ont été commises en Syrie.  Il a appelé à faire tout particulièrement attention aux questions liées aux armes biologiques qui sont, selon lui, « les moins réglementées des armes de destruction massive » et rappelé le soutien de son pays à la Convention d’interdiction de telles armes.

M. MICHAL MLYNÁR (Slovaquie) a salué la création d’une équipe d’enquête et d’identification qui renforce le rôle de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).  Il a appelé la Syrie à pleinement coopérer avec cette équipe.  Il a expliqué que la Slovaquie dispensait des formations à l’attention des inspecteurs de l’OIAC au centre de Zemianske Kostolany et avait accordé 30 000 euros au nouveau laboratoire de cette organisation.  Nous pensons aussi que la Convention d’interdiction des armes biologiques est un pilier de l’architecture du département.  Il s’est inquiété des arriérés de contributions de certains États au suivi de cette convention

M. FRANK GROOME (Irlande) a appelé à l’application stricte de la Convention d’interdiction des armes chimiques en précisant que l’Irlande est membre du Partenariat international pour lutter contre l’impunité créé à l’initiative de la France. 

 

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