La Quatrième Commission adopte deux projets de texte dont un met l’accent sur le multilinguisme dans les activités du Département de la communication globale

CPSD/700
21 octobre 2019
Soixante-quatorzième session, 11e séance – après-midi

La Quatrième Commission adopte deux projets de texte dont un met l’accent sur le multilinguisme dans les activités du Département de la communication globale

Clôturant, cet après-midi, son examen des questions relatives à l’information, la Quatrième Commission (questions politiques spéciales et de la décolonisation) a adopté par consensus deux projets de résolution relatifs à l’information, dont un qui accorde une large place à l’importance de promouvoir le multilinguisme dans les activités du Département de la communication globale (DCG), « valeur fondamentale de l’ONU » et « fondement du multilatéralisme, en ce qu’il est nécessaire à la reddition de comptes et à la transparence ».

Un premier projet de résolution, intitulé « L’information au service de l’humanité », proposé par le Comité de l’information, appelle les États à coopérer et à fournir une assistance accrue pour développer les infrastructures et les capacités de communication dans les pays en développement, « de manière à leur permettre d’élaborer librement et indépendamment leurs propres politiques d’information et de communication ».

Ce texte demande aussi de faire en sorte que les journalistes puissent travailler librement et efficacement, « toute attaque contre leur personne étant résolument condamnée ».

Également adopté sur recommandation de son Comité de l’information, le projet de résolution intitulé « Politiques et activités de l’Organisation des Nations Unies en matière d’information » porte plus particulièrement sur les activités du Département de l’information de l’ONU et accorde une large place à la question du multilinguisme.  Son dispositif, qui contient plus de 110 paragraphes, aborde des questions ayant trait à la communication stratégique, au sein des missions de maintien de la paix notamment, et aux moyens de communication traditionnels, entre autres.

Ce texte indique que, contrairement à la demande formulée dans ses résolutions antérieures et au principe de l’égalité des six langues officielles, les communiqués de presse quotidiens ne sont pas publiés dans toutes les langues officielles.  Le DCG se verrait donc prié d’élaborer « à titre prioritaire » une stratégie permettant de publier des communiqués de presse quotidiens dans les six langues officielles, « par des moyens innovants et sans que cela ait d’incidences financières ».

Il engage notamment le DCG et le Département de l’Assemblée générale et de la gestion des conférences du Secrétariat à mettre au point de nouveaux arrangements de collaboration permettant de promouvoir le multilinguisme dans d’autres produits, sans que cela ait d’incidences financières.

Le dispositif souligne aussi combien il importe au DCG d’utiliser et de traiter sur un pied d’égalité toutes les langues officielles de l’ONU dans toutes les activités de l’ensemble des divisions et bureaux du Département de la communication globale, en vue d’éliminer le décalage entre l’emploi de l’anglais et celui des cinq autres langues officielles.  Il encourage le Département à poursuivre l’action engagée de longue date pour promouvoir le multilinguisme par la diffusion à l’échelle mondiale d’informations dans d’autres langues que les langues officielles et mobiliser des ressources suffisantes, y compris en envisageant des modes de financement novateurs et en faisant appel à des contributions volontaires.

La représentante des États-Unis, qui a émis des réserves sur certains libellés de cette résolution, a rappelé que le Programme de développement durable à l’horizon 2030 n’est pas contraignant et ne saurait créer d’engagements financiers.  S’agissant du Pacte mondial pour des migrations sûres et ordonnées, elle a estimé qu’il contient des objectifs incompatibles avec les intérêts américains et, par conséquent, sa délégation s’est dissociée du paragraphe 9 du dispositif de la résolution ainsi que du paragraphe 69, dans la mesure où le droit au développement n’est pas reconnu par les conventions des Nations Unies.

Au cours du débat général qui a précédé ces adoptions, les intervenants ont une nouvelle fois longuement insisté sur l’importance du multilinguisme et du respect de la parité entre les six langues officielles de l’ONU dans toutes les activités et supports du DCG.

L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a ainsi regretté que « le multilinguisme ne soit pas pleinement reflété dans le fonctionnement des Nations Unies » et que « la représentation linguistique adéquate fait toujours défaut », un point de vue soulevé par la plupart des intervenants cet après-midi.  L’OIF y voit un risque fort de remise en cause du multilatéralisme, un risque d’autant plus fort au regard des réalités financières actuelles, alors même que « le plein respect du multilinguisme est une valeur fondamentale de l’ONU ».

Le Groupe des amis de l’espagnol, composé de 20 pays hispanophones, et le Groupe des ambassadeurs francophones, qui compte 88 États membres, associés et observateurs, ont également défendu l’importance du multilinguisme pour la communication des Nations Unies.  À l’instar du Groupe des Amis de la langue espagnole, d’autres intervenants ont fait part de leur préoccupation par rapport à la possibilité de voir les contraintes budgétaires actuelles conduire au monolinguisme, faute de moyens.

Pour sa part, le Maroc a annoncé vouloir prochainement créer le groupe des amis de la communication globale pour promouvoir, entre autres, de nouveaux partenariats publics et privés en appui aux travaux du DCG.

En fin de la séance, la Secrétaire générale adjointe à la communication globale, Mme Melissa Fleming, a remercié les États Membres de l’appui qu’ils ont témoigné à son Département tout au long de ce débat.  Elle s’est dite « fière d’être à la tête d’une équipe talentueuse », assurant que son Département tiendra compte des préoccupations soulevées par les délégations devant la Commission.

La Quatrième Commission se réunira à nouveau mercredi, 23 octobre, à partir de 15 heures, et entamera à cette occasion l’examen de l’assistance à la lutte antimines.

QUESTIONS RELATIVES À L’INFORMATION (A/74/21, A/74/283)

Suite et fin du débat général

M. SACHA SERGIO LLORENTTY SOLÍZ (Bolivie) s’est exprimé au nom du Groupe des Amis de la langue espagnole, dont l’objectif premier est la défense du multilinguisme, composé de 20 pays hispanophones venus de trois continents.  Le contenu de l’information publique et la communication des Nations Unies sont au cœur de son activité, a-t-il souligné, et il faut que la transparence soit défendue à tous les niveaux.  Le multilinguisme doit précisément permettre une communication cohérente et refléter la diversité linguistique et culturelle.  Le Groupe estime que la langue est et restera un élément vital de la culture.  Dès lors, le multilinguisme offre un potentiel énorme pour élargir la portée de la communication des Nations Unies et l’espagnol, étant l’une des langues les plus parlées au monde, représente aussi la deuxième langue en termes d’utilisateurs du site Internet et des réseaux sociaux de l’ONU, notamment de son compte Twitter et UNNews.  Si le Groupe s’est félicité du travail réalisé par le Département de la communication globale pour fournir des informations dans les six langues officielles, il reste préoccupé par la disparité entre l’anglais et les cinq autres langues officielles.  Il a, en outre, appelé à la rationalisation du réseau des centres d’information des Nations Unies au cas par cas pour pouvoir tenir compte d’une population mondiale dans toute sa diversité linguistique et culturelle.  Pour toutes les raisons qui précèdent, le Groupe est préoccupé par les contraintes budgétaires qui pourraient conduire au monolinguisme, faute de moyens.  Le multilinguisme relève de la responsabilité de tous, a conclu le représentant du Groupe.

« Nous soulignons à la fois les bénéfices du plein respect du multilinguisme pour le fonctionnement optimal de l’ONU et les coûts de l’unilinguisme », a affirmé M ION I. JINGA (Roumanie), au nom du Groupe des ambassadeurs francophones, en précisant que sa composition découle de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIT) qui compte 88 États membres, associés et observateurs.  « Chaque pays doit disposer des mêmes opportunités de prendre part aux débats et d’avoir accès à l’information dans les langues officielles de l’ONU ainsi que dans les autres langues dans lesquelles vous opérez », a-t-il estimé.

Le Groupe francophone a aussi affirmé ses attentes en ce qui concerne le maintien et la consolidation de la paix, notant que trois des plus importantes missions de maintien de la paix avaient eu lieu dans des pays francophones.  « Dans ce cadre, le plein respect du multilinguisme est une condition de la performance de l’action onusienne, comme de la sécurité des populations et des Casques bleus », a-t-il estimé.  Le Groupe en appelle à tous les départements du Secrétariat des Nations Unies pour « intégrer le multilinguisme dans l’ensemble de leurs activités d’information et de communication et assurer le respect de l’égalité entre les langues officielles ».  Félicitant le Département de la communication globale (DCG) pour ses récents résultats en termes de fréquentation sur les réseaux sociaux, le représentant lui a demandé « d’assurer un emploi équilibré des six langues officielles sur les sites Internet du Secrétariat en vue de résorber le décalage entre l’emploi de l’anglais et les cinq autres langues ».  Parallèlement au développement des nouveaux moyens de communication, il a aussi appelé à préserver les moyens de communication traditionnels, notamment la Radio des Nations Unies.

« Les contraintes financières ne doivent pas entraver les impératifs d’égalité et de parité entre les langues qui s’imposent à l’Organisation », a-t-il mis en garde, avant d’en appeler au Département pour préserver les budgets dédiés au multilinguisme.  « En travaillant de façon concertée, nous sommes confiants que nous pourrons trouver des solutions limitant l’impact des tensions pesant sur les ressources, comme cela a été le cas avec la préservation de l’archivage du Webcast dans les différentes langues », a-t-il espéré. 

M. SOFIANE MIMOUNI (Algérie), qui a salué la manière de diriger les travaux de la quarante et unième session du Comité de l’information de l’Ambassadeur du Maroc, M. Omar Hilale, a noté les efforts entrepris par le Département de la communication globale pour répondre aux appels collectifs d’États Membres ayant relevé des divergences dans les communiqués de presse des différentes réunions de l’ONU ainsi que des titres caractérisés par la partialité, la subjectivité et la mésinformation.  Il a, en outre, appelé le Département à poursuivre l’amélioration de ses travaux, conformément aux principes de la Charte et des résolutions et décisions pertinentes de l’ONU en matière d’information.  Par ailleurs, le représentant a souligné que son pays appuie les programmes de sensibilisation du Département en matière de désarmement, de promotion des droits de l’homme et de décolonisation.  Sur ce dernier point, il a considéré comme très important que le Département poursuive ses efforts pour améliorer ses programmes d’assistance utilisant Internet à destination des territoires non autonomes.  M. Mimouni a rappelé l’attachement de son pays au multilatéralisme, meilleur outil, selon lui, pour stabiliser les relations internationales, et réitéré les préoccupations de l’Algérie quant au risque toujours présent d’une politisation de l’information publique.  Un usage inapproprié des technologies de l’information et des communications peut interférer avec les affaires intérieures des États souverains, a-t-il noté.

M. ESHAGH AL HABIB (République islamique d’Iran) a fustigé l’attitude des États-Unis, qui, a-t-il lancé, sapent les accords internationaux en imposant unilatéralement et arbitrairement des mesures coercitives relevant du terrorisme économique.  Pour le représentant, cette attitude est un défi à l’état de droit et un frein au développement des nations, et le Département de la communication globale doit contribuer à sensibiliser la communauté internationale à l’impact profondément négatif que ces mesures coercitives ont sur le développement socioéconomique des pays visés.  Le délégué a par ailleurs salué toute activité d’information sensibilisant l’opinion internationale aux conséquences négatives de l’occupation des territoires palestiniens occupés.  Nous saluons à ce titre le programme spécial d’information du Département sur la question de Palestine, y compris son volet de formation des journalistes palestiniens, a souligné M. Alhabib. 

M. YEMDAOGO ERIC TIARE (Burkina Faso) a mis en garde contre les « fake news » et la cybercriminalité et souligné qu’en dépit de l’avancée que constituent les réseaux sociaux, les moyens traditionnels de communication comme la radio, la télévision et la presse écrite sont encore, pour de nombreuses populations des pays en développement, la principale source d’accès à l’information.  Le représentant a d’ailleurs noté que le DPI était devenu le Département de la communication globale et, qu’à ce titre, il doit adapter ses capacités et actions aux tendances actuelles de la communication dans le monde.  Estimant ensuite que l’on ne peut pas parler de multilatéralisme sans évoquer le multilinguisme, il a souligné l’importance de veiller à la diffusion exacte, impartiale et équilibrée d’une information onusienne promouvant diversité.  Le représentant a conclu en souhaitant que soient renforcées les capacités du Centre d’information de Ouagadougou, pour qu’il puisse jouer le rôle stratégique qui est le sien dans la région.

M. FRANCISCO JAVIER GUTIÉRREZ PLATA (Colombie) a apporté son soutien à la réforme des politiques et activités de communication globale de l’ONU ainsi que les efforts du Secrétaire général pour diffuser l’information relative à l’action de l’Organisation sur différentes plateformes.  Il faut donc renforcer les différents canaux de diffusion de l’information pour maximiser leurs retombées, a estimé le représentant.  Membre du Groupe des Amis de la langue, la Colombie a revendiqué, elle aussi, la nécessité de veiller à mieux diffuser l’information produite par l’ONU dans les six langues officielles, dont l’espagnol.  La délégation a assuré qu’elle continuerait d’appuyer les initiatives du Secrétaire général pour que les canaux de dialogue sur cette question restent efficaces dans le but d’offrir une information de qualité et opportune dans autant de langues que possible. Soulignant que le multilinguisme est un moteur de la diplomatie multilatérale, le représentant a rappelé la pertinence de la résolution sur le multilinguisme, adoptée en septembre dernier.  La délégation a, en outre, exhorté le DCG à recourir au plus grand nombre de langues en fonction du public auquel il s’adresse, de manière à toucher une cible aussi large que possible.

« Le multilinguisme est source d’enrichissement aux Nations Unies », a estimé M. ABDULLAH IBRAHIM ABDELHAMID ALSAYED ATTELB (Égypte), qui s’est félicité que le dernier rapport du Secrétaire général de l’ONU insiste sur la nécessité pour les centres d’information des Nations Unies de mettre l’accent sur les langues locales.  Il s’est inquiété de la multiplication des infox dans les médias et de la propagation des messages de haine.

« Le multilatéralisme vit des heures difficiles », a constaté M. HENRY JONATHAN VIERA SALAZAR (Équateur), ce qui exige plus que jamais que l’on communique clairement sur l’action de l’ONU.  Or, le multilinguisme est un vecteur de dialogue et un moyen pour l’ONU de communiquer avec les peuples dans leurs langues respectives, a souligné le représentant.  Il a mis en exergue la disparité persistante entre l’anglais, le français et les quatre autres langues officielles de l’ONU et réfuté l’idée que les contraintes budgétaires justifieraient des retombées quant à la mise en œuvre du mandat transversal du multilinguisme et au respect de la parité linguistique sur l’ensemble des supports du DCG.  La culture de communication permet à l’ONU de tisser des liens avec les peuples, de les informer des activités et des priorités de l’Organisation et de sensibiliser l’opinion publique, a noté le représentant.  Pour cette raison, sa délégation a encouragé l’utilisation des réseaux sociaux et de l’Internet, tout en affirmant qu’il ne faut pas perdre de vue la fracture numérique et discréditer le rôle des médias traditionnels dans la stratégie de communication du DCG.  L’Équateur a tenu à insister sur l’importance de l’espagnol, « deuxième langue la plus parlée au monde », et sur la hausse significative des utilisateurs hispanophones des sites et réseaux sociaux de l’ONU, demandant au DCG de tenir compte de cette donnée.

« Nous envisageons de demander que le swahili soit reconnu comme langue officielle des Nations Unies », a annoncé M. MODEST JONATHAN MERO (République-Unie de Tanzanie), qui a tenu à féliciter le Département de la communication globale (DCG) pour son travail, notamment les progrès réalisés dans l’utilisation des nouvelles technologies.  Il a aussi insisté sur « la nécessité de renforcer les centres d’information des Nations Unies », appelant à fournir les ressources financières, humaines et technologiques nécessaires.  Le délégué a enfin estimé que le DCG devait renforcer la participation du public.

M. YASSER HALFAOUI (Maroc) a salué les activités du Département qui se focalisent sur la lutte contre l’extrémisme et l’intolérance, le dialogue des civilisations et le devoir de mémoire.  Ces actions demeurent particulièrement nécessaires en ces temps d’instrumentalisation des religions, a-t-il ajouté.  Il a également salué la campagne Services et sacrifices mettant en avant le travail accompli par les Casques bleus, « souvent au péril de leur vie ».  « Cette campagne a répondu à un souhait exprimé par ma délégation depuis plusieurs années, le Maroc étant un des contributeurs de troupes majeurs aux opérations de maintien de la paix de l’ONU depuis les années 1960 », a-t-il expliqué.  Il a suggéré de dupliquer cette campagne en en consacrant une spécifique à la consolidation de la paix, ce volet du travail des Nations Unies demeurant selon lui « peu connu du grand public ».  Le représentant a également appelé le Département à poursuivre son action en faveur de la parité et de l’autonomisation des femmes.  S’agissant des moyens à consacrer à ces efforts, il a jugé que le recours aux réseaux sociaux était nécessaire et bienvenu, tout en soulignant l’importance, en raison de la persistance de la fracture numérique, de renforcer les outils traditionnels de communication.  La radio et la presse écrite restent le canal privilégié de diffusion de l’information dans nombre de pays en développement, a-t-il ainsi rappelé, demandant au Département d’adapter ses programmes en prenant en considération ces réalités.  Il a considéré le multilinguisme comme l’un des fondements du multilatéralisme, en ce qu’il est nécessaire à la reddition de comptes et à la transparence ainsi qu’à la promotion des valeurs communes guidant le actions de l’ONU. En conclusion, le Maroc a annoncé qu’il avait l’intention de créer prochainement un groupe des amis de la communication globale pour promouvoir, entre autres, de nouveaux partenariats publics et privés en appui aux travaux du DCG.  

M. MAGED ABDELFATTAH ABDELAZIZ, Observateur permanent de la Ligue des États arabes, a annoncé que son organisation s’est dotée d’un plan dédié aux questions d’information qui permettra la promotion du Programme de développement durable à l’horizon 2030.  La Ligue arabe coopère avec les Centres d’information des Nations Unies dans la région, notamment au Caire, a expliqué le représentant, en se félicitant de l’étroite collaboration existant déjà autour de l’Exposition universelle 2020, qui aura lieu pour la première fois dans un pays arabe, à Dubaï.  La délégation a aussi appelé « à un renforcement de la section arabe au sein de la radio des Nations Unies pour qu’elle devienne l’égal des sections en français et en anglais ».

L’OIF affirme, à son tour, toute la nécessité de la mobilisation du Secrétariat et des États membres en faveur de l’information et de la communication et, dans ce cadre, du plein respect du multilinguisme, valeur fondamentale de l’ONU, a déclaré Mme NARJESS SAIDANE, Observatrice permanente de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).  Rappelant que le 16 septembre 2019, la résolution sur le multilinguisme a été adoptée par consensus, elle a souligné que la mobilisation des délégations francophones a été essentielle au cours des consultations, permettant notamment de réitérer toute l’importance que la communauté francophone attache à la réalisation effective du multilinguisme.  Les États membres ont, dans ce cadre réitéré leur soutien aux initiatives prises sous la direction du Coordonnateur pour le multilinguisme et à l’élaboration d’un cadre d’orientation stratégique sur le multilinguisme à l’échelle du Secrétariat des Nations Unies et reconnu le rôle incontournable des réseaux sociaux en engageant le DCG à continuer à élargir son activité multilingue sur l’ensemble des médias sociaux.  « On ne rappellera jamais suffisamment, en dépit des efforts déployés par l'ONU, que le multilinguisme n’est pas pleinement reflété dans le fonctionnement de l’Organisation », a constaté la représentante, en notant que la représentation linguistique adéquate fait toujours défaut. L’OIF y voit un risque fort de remise en cause du multilatéralisme, un risque d’autant plus fort au regard des réalités financières actuelles.

Dans ce contexte, l’OIF a permis cette année, la mise à disposition d’un Volontaire international de la Francophonie auprès du Bureau de l’Envoyée du Secrétaire générale pour la jeunesse, renforçant ainsi la communication de ce Bureau également avec la jeunesse francophone.  Comme par le passé, l’OIF a rappelé qu’il est crucial que le Secrétariat ne se contente pas de traduire des contenus dans les langues officielles, mais qu’il soutienne également la production, par les différents services et départements, de contenus dans les différentes langues officielles. L’Organisation espère une prise de conscience quant à cet impératif car, dans le cas contraire et à un moment de fortes restrictions budgétaires qui amènent à repenser l’action internationale, l’ONU ne fera que continuer de se priver d’une multitude de solutions et la quasi entière responsabilité pour le multilinguisme aux Nations Unies continuera de peser sur les épaules et sur le budget du DCG plutôt que d’être mieux distribuée, a conclu Mme Saidane.

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