Conseil de sécurité: le Représentant spécial pour l’Afghanistan souligne l’importance de l’élection présidentielle du 28 septembre pour le processus de paix

CS/13945
10 septembre 2019
8613e séance – matin 

Conseil de sécurité: le Représentant spécial pour l’Afghanistan souligne l’importance de l’élection présidentielle du 28 septembre pour le processus de paix

Quelques jours après « l’interruption » des pourparlers entre les États-Unis et les Taliban, le Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Afghanistan a prévenu, ce matin, devant le Conseil de sécurité, que les étapes ultimes menant au démarrage des discussions intra-afghanes seront de plus en plus difficiles et nécessiteront un maniement « très délicat ».  Il a également insisté sur l’importance que revêt, pour les perspectives de paix, le bon déroulement du scrutin présidentiel prévu le 28 septembre.

« Les évènements des derniers jours et dernières semaines viennent démontrer la nécessité urgente de trouver une résolution politique au long conflit afghan », a déclaré M. Tadamichi Yamamoto qui, tout en indiquant que le conflit ne pourra être résolu que par des pourparlers directs et inclusifs entre les Afghans, a souligné que la période précédant un accord est souvent l’étape la plus difficile à franchir.

Le Représentant spécial a également estimé que la tenue prochaine d’une élection présidentielle crédible permettrait d’établir un socle politique important pour l’avenir du pays ainsi que pour la légitimé et l’autorité du président élu, « ce qui est particulièrement important dans la perspective du processus de paix qu’on attend ».

M. Yamamoto s’est toutefois préoccupé de voir que l’intérêt de la population pour ces élections n’est pas aussi élevé qu’il pourrait l’être, attribuant cela à l’intérêt plus important pour le processus de paix et à la campagne électorale qui ne bat pas encore son plein.  S’il a exhorté les 9,6 millions d’électeurs à se présenter aux urnes, il a reconnu leur « anxiété » suite aux menaces de troubler le processus électoral proférées par les Taliban.

De son côté, la représentante de l’Afghanistan a fait le point sur l’avancée des préparatifs du scrutin, précisant que pour la première fois, le Gouvernement s’était engagé à assumer la totalité des coûts de cette élection qui se montent à 90 millions d’euros.

La déléguée a aussi fait état des progrès accomplis dans un processus de paix « responsable », tout en soulignant que tout accord devra être entériné et garantir un cessez-le-feu ainsi que la consolidation des acquis des 18 dernières années, dont les droits de femmes.  « Nos femmes sont de véritables agents du changement et agents de résilience qui jouent un rôle crucial dans le développement économique et social de notre pays », a-t-elle souligné, un appel partagé par de nombreuses délégations, dont l’Union européenne. 

M. Yamamoto a jugé impératif que les pourparlers directs entre l’Afghanistan et les Taliban démarrent dès que possible.  Il a également espéré que les pourparlers informels qui se sont déroulés à Moscou et à Doha entre des représentants de la société afghane et des Taliban puissent être renforcés, insistant sur l’importance de l’appui des pays voisins.

Si les membres du Conseil ont dans l’ensemble apprécié les efforts menés sur plusieurs fronts pour arriver à des discussions fructueuses, la « suspension » des pourparlers entre les États-Unis et les Taliban a été regrettée par plusieurs qui ont réclamé leur reprise.  Le Pakistan, qui a rappelé son rôle de facilitateur, a notamment déploré qu’« avant ce week-end », un cadre pour l’établissement d’un éventuel accord de paix semblait à portée de main. 

« Neuf cycles de pourparlers directs entre les États-Unis et les Taliban avaient amélioré les perspectives d’établir le premier socle significatif pour un règlement permettant de déboucher sur la tenue de négociations intra-afghanes et la fin négociée d’un long conflit », a rappelé la délégation pakistanaise en disant espérer que les pourparlers de paix reprennent au plus vite, faute de quoi elle a prédit une recrudescence de violence qui poussera l’Afghanistan dans une étape encore plus turbulente et incertaine.

Appelant elle aussi, à l’instar de la Chine, à renouer les « fils du dialogue politique », l’Allemagne a toutefois jugé nécessaire de comparer la situation actuelle à celle d’il y a un an, lorsqu’il n’y avait aucune perspective de processus de paix authentique.  Pour sa part, le représentant des États-Unis s’est contenté de dire que « les propos tenus par le Président Trump et le Secrétaire d’État Pompeo ce week-end et hier parlent d’eux-mêmes », et qu’il n’avait rien à y ajouter pour le moment.

Les membres du Conseil ont par ailleurs été nombreux à décrier la recrudescence de la violence et des attentats terroristes dans le pays.  Ils ont également abordé la question humanitaire et le problème du trafic de drogues, après avoir entendu des exposés du Directeur exécutif de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) et du Président du Comité du Conseil de sécurité créé par la résolution 1988 (2011).

Certains ont indiqué leur position sur le renouvellement du mandat de la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA), qui arrive à échéance le 17 septembre, le Royaume-Uni se prononçant en faveur d’« un mandat robuste ».  Pour les États-Unis, « ce mandat est trop important pour le moment pour qu’un membre du Conseil de sécurité refuse le consensus pour des raisons qui n’ont rien à voir avec la MANUA ».  La délégation américaine a donc appelé ses collègues à faire preuve de discipline et de volonté politique pour axer le nouveau mandat de la MANUA sur les principaux problèmes de l’Afghanistan.  La résolution devant être adoptée devra être formulée de manière claire et précise, a-t-elle ajouté.

LA SITUATION EN AFGHANISTAN

Rapport du Secrétaire général sur la situation en Afghanistan et ses conséquences pour la paix et la sécurité internationales (S/2019/703)

Déclarations

M. TADAMICHI YAMAMOTO, Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Afghanistan et Chef de la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA), a estimé que les évènements des derniers jours et dernières semaines venaient démontrer l’urgence de trouver une résolution politique du long conflit afghan.  Les efforts déployés pendant l’année écoulée ont créé des perspectives de paix et donné de l’espoir, a-t-il dit, mais aussi de la crainte pour nombre de personnes.  Mais un point demeure clair selon lui: le conflit ne pourra être résolu que par des pourparlers directs entre les Afghans.  Ces pourparlers, a-t-il insisté, doivent être inclusifs et représenter tout l’éventail de la société afghane.

M. Yamamoto a jugé impératif que les pourparlers directs entre l’Afghanistan et les Taliban démarrent dès que possible, notant que les efforts déployés à cette fin avaient créé une opportunité où les pourparlers semblaient être à portée de main.  Cependant, la période précédant un accord est souvent l’étape la plus difficile, a-t-il fait observer, pour ensuite exhorter tous ceux qui se préoccupent des pourparlers de paix, et avant tout les parties au conflit, à continuer d’œuvrer pour la tenue de ce dialogue direct.

M. Yamamoto a ensuite indiqué que de nombreux jeunes, principalement des jeunes femmes, s’inquiètent de restrictions à venir sur leur participation à la vie socioéconomique et politique de leur pays.  Il a aussi souligné que tout accord politique devra inclure la promesse de continuer à protéger et promouvoir les droits de l’homme et les libertés fondamentales, notamment ceux des femmes, des jeunes et des minorités, de même que la liberté d’expression et de la presse.  Les capacités institutionnelles de l’État devront également être maintenues, notamment dans les domaines de la sécurité et des services.  Il a ensuite espéré que les pourparlers informels qui se sont déroulé à Moscou et Doha entre des représentants de la société afghane et des Taliban pourront être renforcés, insistant sur l’importance de l’appui des pays de la région, notamment des États voisins.

Tournant ensuite son attention sur l’élection présidentielle qui doit se dérouler le 28 septembre, le Représentant spécial a souligné que la tenue d’une élection crédible permettrait d’établir un socle politique important pour l’avenir du pays ainsi que pour la légitimé et l’autorité du président élu, « ce qui est particulièrement important dans la perspective du processus de paix qu’on attend ».  Il a indiqué que les préparatifs techniques et opérationnels, qui sont dirigés par les institutions afghanes, suivent leur cours: les bulletins de vote ont été distribués aux provinces et districts, le recrutement et la formation du personnel se poursuit et la liste des électeurs a été mise à jour, plus de neuf millions de fiches ayant été affichées et soumises au processus de correction.

M. Yamamoto a toutefois indiqué que des préoccupations persistent, notamment sur le plan de la sécurité, de la participation et de la possibilité de fraude et d’irrégularités.  Il a fait part de l’« anxiété » exprimée par les citoyens suite à la menace de troubles dans le processus électoral proférée par des Taliban, qui pourraient notamment cibler les civils participant aux élections.  Il a exhorté les Taliban à retirer cette menace, demandant aussi au Gouvernement de fournir des dispositifs sécuritaires adéquats pour assurer la protection du processus.  C’est la sécurité de 9,6 millions d’électeurs qui est en jeu, a-t-il prévenu.  Le Représentant spécial s’est aussi préoccupé du fait que l’intérêt pour ces élections n’est pas aussi élevé qu’il pourrait l’être.  Cela peut être expliqué par l’intérêt plus important porté au processus de paix, mais aussi par le fait que la campagne, qui a commencé le 28 juillet, ne bat pas encore son plein, a-t-il indiqué, avant d’appeler les Afghans à se présenter aux urnes.

Pour ce qui est du problème de fraude et d’irrégularités, M. Yamamoto a souligné que même les meilleurs préparatifs techniques ne peuvent se substituer à la volonté politique d’honorer les règles et d’accepter le résultat des élections.  Il a notamment exhorté les acteurs à s’abstenir de toute action susceptible d’accorder à un candidat un avantage indu et de remettre en cause la légitimé et la crédibilité du processus.  Après une élection, le choix le plus difficile qui se présente aux candidats est d’accepter la défaite, mais c’est là l’acte suprême de l’art de gouverner dans un processus démocratique, a-t-il remarqué.

Poursuivant, le Représentant spécial s’est inquiété de l’intensification de la violence ces derniers jours, citant les attaques commises par des insurgés à Kondoz, Baghlan, Farah et « avant tout, à Kaboul ».  Chercher à maintenir une position de force dans les négociations ne peut servir d’excuse pour une escalade, a-t-il dénoncé, pour ensuite appeler les parties à réduire la violence et le nombre de victimes parmi les civils.  M. Yamamoto s’est notamment dit troublé par le nombre élevé de victimes civiles que ces attaques provoquent, et du fait que les civils soient délibérément pris pour cible, de même que par l’augmentation du nombre de civils tués lors de perquisitions et de bombardements aériens.  Aussi a-t-il appelé les parties à réviser la manière dont elles mènent leurs opérations.  Il a de plus exprimé ses vives préoccupations au sujet des agissements de l’État islamique d’Iraq et du Levant-province du Khorassan.

M. Yamamoto a ensuite estimé qu’il n’est jamais trop tôt pour réfléchir à la manière d’aider la population dans la période qui s’instaure après la paix, ainsi que pendant son processus de négociation.  Il a souligné que les engagements pris par la communauté internationale, notamment lors des réunions ministérielles qui se sont tenues à Tokyo en 2012 puis à Londres, Bruxelles et Genève, devront être revus afin de répondre aux nouvelles exigences.

Revenant aux négociations intra-afghanes, le représentant spécial a de nouveau souligné qu’alors que les perspectives de pourparlers substantiels se concrétisent, les défis augmentent.  Les étapes finales menant au démarrage des discussions intra-afghanes seront de plus en plus difficiles et nécessiteront un maniement très délicat, ainsi que la coopération entre nous tous, a-t-il mis en garde.

M. YURY FEDOTOV, Directeur exécutif de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), a constaté que la situation de l’Afghanistan, liée à la production et au trafic de stupéfiants mais aussi au crime organisé transnational, demeure complexe.  En effet, a-t-il dit, des insurgés et d’autres acteurs non étatiques contrôlent des zones de culture du pavot à opium, ce qui leur rapporte plusieurs centaines de millions de dollars.  De fait, les fléaux que représentent les drogues illicites, le crime économique et financier, la corruption, le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme continuent de saper la stabilité du pays.  Ces crimes, a-t-il souligné, ont notamment un impact « profondément négatif » sur les objectifs macroéconomiques du Gouvernement en matière d’inclusion financière, de création d’emplois, de croissance et de recettes intérieures. 

Le haut fonctionnaire a toutefois fait état de « bonnes nouvelles », indiquant ainsi que l’ONUDC travaille actuellement avec le Gouvernement afghan à la finalisation de l’enquête 2019 sur la production d’opium en Afghanistan, qui sera rendue publique en octobre.  Sans disposer encore des résultats, il a dit s’attendre à une réduction du territoire sous culture de pavot par rapport à ses niveaux record de 2017 et 2018.  Cela pourrait être dû à une combinaison de facteurs, notamment la saturation du marché, les conditions climatiques et les nouvelles tendances de consommation.  Il a également souligné les efforts déployés par les gouvernements de l’Afghanistan et des pays voisins, avec le soutien de la communauté internationale. 

L’ONUDC, a poursuivi M. Fedotov, fournit une assistance technique et un renforcement des capacités afin de permettre à l’Afghanistan de proposer une riposte équilibrée, centrée sur les droits et la santé, à l’offre et à la demande de drogues, conformément à la Déclaration ministérielle adoptée en mars dernier par les États Membres à la Commission sur les drogues narcotiques.  Les équipes mobiles de détection et les unités de contrôle des précurseurs, établies avec le soutien de l’ONUDC, ont saisi l’an dernier 800 kilogrammes d’héroïne, plus de 1,2 tonne d’opium et près de 9 tonnes de haschisch, a-t-il précisé, faisant également état de la saisie de plus de 7 500 litres d’anhydride acétique, un précurseur chimique, ce qui aurait permis de produire 3 tonnes d’héroïne. 

L’ONUDC s’emploie aussi à renforcer la coopération régionale, notamment en établissant des liens entre des initiatives et des plateformes traitant du trafic des stupéfiants et des précurseurs chimiques, a expliqué M. Fedotov.  Parmi les mécanismes opérationnels figurent l’Initiative triangulaire et sa cellule conjointe de planification, l’Initiative Afghanistan-Kirghizistan-Tadjikistan ainsi que le Centre de coordination et d’information régional d’Asie centrale, a-t-il précisé, ajoutant que son Office se coordonne également avec des mécanismes comme le processus « Au cœur de l’Asie », l’Initiative du Pacte de Paris et la Conférence sur la coopération économique régionale concernant l’Afghanistan.  De plus, le développement alternatif visant à permettre aux cultivateurs de s’affranchir de la culture du pavot ainsi que les actions de prévention et de traitement de l’usage des drogues restent des éléments cruciaux de l’assistance apportée par l’ONUDC, a souligné son Directeur exécutif. 

En plus de ces efforts, l’ONUDC renforce le soutien qu’il fournit au Gouvernement pour riposter à la traite des êtres humains et aux vulnérabilités résultant des conflits, conformément aux résolutions 2331 et 2388 du Conseil.  M. Fedotov a rappelé que son Office avait lancé la semaine dernière en Afghanistan l’initiative Action globale contre la traite des êtres humains et le trafic de migrants, financée par l’Union européenne et mise en œuvre en collaboration avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).  Il a conclu son exposé en assurant que la lutte contre le financement du terrorisme et ses liens avec le trafic de stupéfiants et le crime organisé demeure un élément prioritaire de l’action de l’ONUDC en Afghanistan.  Il a salué à cet égard l’engagement constant du Gouvernement dans cette lutte, au travers de réformes et d’efforts de mise en œuvre. 

M. DIAN TRIANSYAH DJANI, représentant de l’Indonésie, intervenant en sa qualité de Président du Comité du Conseil de sécurité créé par la résolution 1988 (2011), a rappelé que le principal objectif de son Comité était de dissuader les Taliban de continuer à soutenir Al-Qaida et d’attaquer le Gouvernement afghan, au moyen d’un certain nombre de mesures, telles que le gel des avoirs, l’interdiction de voyager et l’embargo sur les armes.  À travers ce régime de sanctions, a-t-il poursuivi, le Comité 1988 aide à instaurer les conditions d’une reprise du dialogue entre le Gouvernement afghan et les Taliban. 

De ce point de vue, le Président a estimé que les parties avaient réalisé des progrès, à l’image du dialogue intra-afghan lancé à Moscou en février 2019.  Afin de soutenir cette évolution, il a indiqué que le Comité 1988 avait décidé, le 6 avril dernier, de lever les interdictions de voyager concernant 11 Taliban censés prendre part au dialogue, pour une durée de neuf mois, soit jusqu’au 31 décembre 2019.  Cette décision s’est accompagnée d’une levée partielle du gel des avoirs des personnes concernées, afin de leur permettre de financer leur voyage, a-t-il précisé.  Dans ce cadre, le Président du Comité 1988 a rappelé aux États Membres susceptibles d’accueillir le processus de paix leur obligation, en vertu de la résolution 2255 (2015), d’informer le Comité 1988 des voyages effectués par les 11 Taliban, ainsi que du coût de leurs déplacements.

Par ailleurs, le Président du Comité 1988 s’est dit préoccupé par la persistance de l’alliance des Taliban avec le Réseau Haqqani et Al-Qaida.  Il a également déploré la participation continue des Taliban à des attaques terroristes, ainsi qu’à la production et au trafic de drogues en Afghanistan.  Dans ce contexte, le Président du Comité 1988 a encouragé les États Membres à échanger davantage d’informations avec le Comité 1988, pour lui permettre de mettre à jour la liste des sanctions et l’aider à améliorer l’efficacité du régime de sanctions. 

Le Président du Comité 1988 a enfin rappelé que le mandat de son Équipe d’appui analytique et de surveillance des sanctions arrivait à expiration en décembre de cette année.  Il a jugé impératif que le Conseil envisage de proroger le mandat de l’Équipe jusqu’en 2021, afin de l’aligner avec le mandat de l’Équipe d’appui analytique et de surveillance des sanctions du Comité 1267 (1999).

Mme ADELA RAZ (Afghanistan) a dit que le peuple afghan attendait avec impatience l’élection présidentielle prévue le 28 septembre pour avancer sur la voie de la stabilité et de la prospérité.  « Les préparatifs du scrutin avancent en suivant le calendrier imposé par la Commission électorale indépendante », s’est-elle félicitée en ajoutant que, pour la première fois, les listes électorales sont disponibles de manière électronique avec la mise en place d’une vérification biométrique des électeurs et électrices.  Elle a aussi précisé que 72 000 agents, dont 9 900 femmes, assureront la sécurité des élections.  « Pour la première fois, le Gouvernement s’est engagé à assumer la totalité des coûts de cette élection qui se montent à 90 millions d’euros », a-t-elle précisé, avant d’exhorter le Conseil de sécurité et ses partenaires internationaux à soutenir les aspirations du peuple afghan à la démocratie. 

Mme Raz a fait état d’avancées dans un processus de paix « responsable », avec des pourparlers de paix sans condition avec les Taliban, ainsi que la libération de prisonniers.  Elle s’est aussi félicitée de la tenue en avril d’une grande loya jirga pour la paix avec la participation de 3 000 représentants, qui ont adopté une déclaration établissant une feuille de route pour la paix.  « Tout accord potentiel doit être entériné et garantir un cessez-le-feu et la consolidation des acquis des 18 dernières années, dont les droits de femmes », a-t-elle insisté.  « Nos femmes sont de véritables agents du changement et agents de résilience qui jouent un rôle crucial dans le développement économique et social de notre pays », a encore souligné Mme Raz.  Elle s’est particulièrement inquiétée de la persistance d’attaques terroristes avant d’appeler les Taliban à « mettre fin à cette violence insensée » et à « cesser de s’attaquer à des civils ». 

« Nous travaillons aussi à limiter les capacités financières des groupes armés terroristes », a-t-elle dit avant de citer la lutte contre le trafic de stupéfiants qui est une source de financement du terrorisme.  Elle a souligné la nécessité d’examiner la question de la lutte contre les stupéfiants de manière générale, en abordant des questions allant de la chaîne d’approvisionnement à la spécificité de la demande.  Elle a par ailleurs appelé à l’avènement d’un Afghanistan autonome qui devienne un véritable centre régional et international de coopération économique, avant de mentionner la participation de son pays au Processus d’Istanbul « Au cœur de l’Asie ». 

Enfin, Mme Raz a souligné l’importance du développement du secteur privé et du secteur public, avant de saluer la valeur ajoutée des femmes dans la vie du pays.  Elle a appelé au renouvellement du mandat de la MANUA pour au moins un an, en espérant voir la Mission mettre l’accent sur les questions prioritaires de l’Afghanistan pour parvenir à une paix durable.  Elle a conclu en assurant que son pays a la volonté d’être un partenaire de la bonne gouvernance.

M. CHRISTOPH HEUSGEN (Allemagne) a parlé de l’« annulation » des pourparlers par les États-Unis, tout en jugeant nécessaire de comparer la situation actuelle à celle d’il y a un an où il n’y avait aucun processus de paix authentique en perspective.  Il a appelé à renouer les fils du dialogue politique et à tenir des négociations intra-afghanes.  Il a dénoncé les attaques odieuses commises par les Taliban ces derniers temps et a souligné que celles-ci doivent cesser pour que le dialogue puisse avancer.  La pleine participation des femmes aux processus décisionnels en faveur de la paix, à tous les niveaux, est selon lui un élément crucial du processus de paix.  Le représentant a aussi vu la création d’emplois pour les femmes comme un élément particulièrement important.

Pour être durable, il faut faire du processus de paix une réalité, a poursuivi le représentant en plaidant pour la stabilité des institutions et pour le respect de l’état doit, de même que pour les libertés fondamentales, à commencer par celles des femmes.  Il a ensuite appelé à la bonne tenue du scrutin du 28 septembre, se félicitant de la bonne avancée des préparatifs.  M. Heusgen a par ailleurs attiré l’attention sur les conséquences des changements climatiques en Afghanistan, pays frappé notamment par des inondations subites.  Tous ces impacts influent sur les conditions de sécurité, a relevé le délégué, qui a voulu savoir si la sécheresse avait eu une incidence sur la culture du pavot.  Revenant à « l’interruption »·des pourparlers de paix, il a jugé nécessaire d’envoyer un message d’appui au peuple afghan.

M. DIAN TRIANSYAH DJANI (Indonésie), abordant la question de la sécurité, a jugé insupportable le nombre de victimes civiles.  Il a appelé tous les acteurs du conflit afghan à faire en sorte que les civils ne souffrent plus.  Dans ce contexte, il a demandé un cessez-le-feu immédiat dans l’ensemble du pays.  L’attentat perpétré à Kaboul en août nous rappelle le danger que représente toujours l’EIIL, a-t-il relevé.

En ce qui concerne le processus de paix, il a appelé à déployer tous les efforts possibles pour qu’il soit crédible et inclusif, mené sous l’égide des afghans et incluant les femmes.  Il a pris acte de l’annonce du Gouvernement en ce qui concerne la formation d’une équipe de négociation composée de 15 membres chargés de représenter le pays dans les prochains pourparlers avec les Taliban.  Pour ce qui est de l’élection du 28 septembre, il a salué les préparatifs en cours, qui sont menés avec le soutien de la MANUA, et s’est félicité de l’inscription de près de 10 millions d’électeurs.  Il a espéré que le prochain mandat de la MANUA saura mettre l’accent sur le processus politique immédiat et répondre aux préoccupations en matière de sécurité. 

M. MARC PECSTEEN DE BUYTSWERVE (Belgique) s’est dit convaincu de la nécessité des pourparlers de paix avant de regretter la persistance d’attentats terroristes extrêmement meurtriers.  « La situation où les vies d’enfants, de femmes et d’hommes sont utilisées comme moyen de pression dans les négociations est inacceptable », a estimé le représentant de la Belgique avant d’ajouter qu’on ne pouvait tenir la plume d’accord dans une main et une bombe dans l’autre.  Il a appuyé le rôle central du Gouvernement afghan dans le processus de paix et appelé les Taliban à s’engager dans les pourparlers avec le Gouvernement et à contrôler leurs effectifs afin de mettre fin à toute attaque. 

Le représentant de la Belgique a appuyé la tenue d’une élection présidentielle crédible, libre et équitable qui, selon lui, ouvrira la voie au dialogue inter-afghan.  Pour lui, l’inscription de 10 millions d’électeurs, malgré des circonstances très difficiles, témoigne de la volonté démocratique du peuple afghan.  Dans ce contexte, il a condamné fermement les attaques annoncées par les Taliban et d’autres groupes contre le processus électoral.  Il s’est par ailleurs dit préoccupé par le nombre élevé des victimes civiles et par le nombre croissant de personnes déplacées, à la fois à cause du conflit et de la sècheresse.  Le représentant a aussi condamné toutes les violations et les abus commis à l’encontre des enfants avant de déplorer le nombre record de victimes mineures en 2018.  Enfin, il a dit la détermination de la Belgique à appliquer le régime des sanctions de la résolution 1988 afin de dissuader les Taliban de soutenir Al-Qaida et ses affiliés et de décourager les attaques contre le Gouvernement afghan. 

M. JONATHAN R. COHEN (États-Unis) a dénoncé les nombreux attentats qui ont frappé l’Afghanistan ces derniers temps, et les morts ainsi causées, notamment parmi les civils.  « Beaucoup trop d’Afghans, de membres des forces de sécurité internationales, de diplomates étrangers et d’autres personnes ont perdu la vie dans des violences aveugles », a-t-il déploré.  En ce qui concerne le processus de paix, il a dit que « les propos tenus par le Président Trump et le Secrétaire d’État Pompeo ce week-end et hier parlent d’eux-mêmes », précisant qu’il n’avait rien à y ajouter pour le moment. 

M. Cohen a poursuivi en faisant part de l’appui des États-Unis aux institutions politiques et électorales afghanes.  Il a salué l’inscription de 9,6 millions de personnes sur les listes électorales, comme l’indique le rapport du Secrétaire général.  Les États-Unis, a-t-il ajouté, se sont engagés à verser 29 millions de dollars sur les 59 millions de dollars alloués par les donateurs en vue de l’élection présidentielle, en soutenant aussi les travaux du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) visant à renforcer les capacités de la Commission électorale indépendante et de la Commission du contentieux électoral.  « Nous continuons d’appuyer fermement le rôle joué par les femmes afghanes dans les progrès économiques, politiques et sociaux du pays », a-t-il aussi assuré.  Le délégué s’est par ailleurs préoccupé de l’importance de la culture du pavot en Afghanistan et a appelé la communauté internationale à redoubler d’efforts pour faire face au problème de la drogue. 

En ce qui concerne la prorogation du mandat de la MANUA, il a plaidé pour que la résolution soit formulée de manière claire et précise pour permettre à la Mission de mener à bien son travail essentiel, en particulier au cours de cette période charnière de l’histoire de l’Afghanistan.  « Ce mandat est trop important pour le moment pour qu’un membre du Conseil de sécurité refuse le consensus pour des raisons qui n’ont rien à voir avec la MANUA », a-t-il dit en appelant ses collègues à faire preuve de discipline et de volonté politique pour axer le mandat sur les principaux problèmes qui permettront à la MANUA de soutenir le Gouvernement et le peuple de l’Afghanistan.

M. GUSTAVO MEZA-CUADRA (Pérou) a condamné les attaques de la semaine passée perpétrées par les Taliban dans diverses parties du pays, s’inquiétant de cette menace dans le contexte électoral actuel et appelant à poursuivre en justice les auteurs.  L’Afghanistan, a poursuivi le représentant, se trouve à un moment décisif avec l’élection présidentielle à venir, l’occasion de contribuer à la stabilité, la réconciliation, la paix durable et la lutte contre la corruption.  Il a plaidé pour que l’élection respecte le code de conduite, ce qui suppose que le processus soit perçu comme juste, transparent et équitable pour tous les candidats. 

S’agissant du processus de paix en cours, le représentant a jugé crucial qu’il se place dans le cadre du dialogue entre les Afghans, appuyant des négociations directes entre les Taliban et les représentants du Gouvernement.  Il a salué la visite de la Vice-Secrétaire générale de l’ONU en juillet et demandé de ne pas oublier que la majorité des victimes de la violence sont des femmes et des enfants.  Il a d’ailleurs apprécié les efforts menés par le Gouvernement pour mieux protéger les femmes et faciliter leur participation dans les principales institutions électorales et dans le processus de paix.  Enfin, M. Meza-Cuadra a souligné l’importance de poursuivre la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée dans la région, ainsi que les efforts de la MANUA pour alléger la situation humanitaire.

Mme KAREN PIERCE (Royaume Uni) a mis l’accent sur quatre points que sont la paix, les élections, la MANUA et le rôle des femmes.  Elle a regretté que les Taliban n’aient pas respecté l’engagement qu’ils ont pris à Doha, en juillet dernier, de réduire le nombre de victimes civiles à zéro.  En outre, elle les a exhorté à retirer leurs menaces contre le processus électoral. 

Elle a souhaité que le processus de négociation intra-afghan puisse aller de l’avant tout en reconnaissant que la paix est impossible sans cessez-le feu.

Pour ce qui de l’élection du 28 septembre, elle a jugé important le plein soutien du Conseil de sécurité afin que ce processus soit libre et transparent.  Concernant la MANUA, elle a salué les efforts de coordination des activités menées sur le plan international pour appuyer le processus électoral.  La représentante a espéré que tous les membres du Conseil de sécurité sauront s’entendre, le 17 septembre prochain, sur « un mandat robuste » pour la MANUA.  Elle a jugé important que les acquis enregistrés ces dernières années dans le domaine de la promotion des femmes soient préservés et que la participation des femmes afghanes soit davantage promue, pour qu’elles puissent participer non seulement au processus électoral, mais aussi à l’ensemble du processus de paix. 

M. PAWEL RADOMSKI (Pologne) a estimé que les prochains jours seront essentiels pour combler les lacunes et tirer les enseignements du processus électoral de 2018.  Il a appelé à des mesures « fortes et efficaces » pour préserver la sécurité, la transparence, la fiabilité et la crédibilité du scrutin.  Il a exhorté les éléments antigouvernementaux à s’abstenir d’attaquer les bureaux de vote et a réitéré l’appui de son pays aux Forces nationales de défense et de sécurité afghanes.  Comme l’élection précédente l’a montré, les efforts de renforcement des capacités appuyés par les forces internationales produisent des résultats très positifs et très encourageants, a souligné le représentant. 

Condamnant les violations du droit international humanitaire par toutes les parties, le représentant a, compte tenu des derniers développements, insisté sur le fait que tout processus de paix doit sauvegarder les intérêts de tous les Afghans, femmes, jeunes et minorités.  La paix ne peut être obtenue au détriment des progrès faits jusqu’ici.  Les sacrifices auxquels ont consenti tous les Afghans pour participer pleinement et substantiellement à tous les aspects de la vie sociale, politique et économique doivent être respectés.  Le conflit, a martelé le représentant, ne saurait être réglé au détriment des droits des femmes et des minorités. 

M. MA ZHAOXU (Chine) a constaté que l’Afghanistan se trouve dans une conjoncture critique et a engagé la communauté internationale à mettre en œuvre ses engagements pour lui fournir un appui « d’envergure ».  Il a appelé à la bonne tenue de l’élection présidentielle en demandant aux factions politiques du pays de régler leurs différends par le dialogue.  Le représentant a jugé nécessaire de promouvoir le processus de réconciliation afghan, appelant notamment les États-Unis et les Taliban à poursuivre le dialogue.  La priorité doit être accordée aux intérêts de la population, a-t-il dit, et il faut parvenir à établir un cadre politique acceptable pour toutes les parties.

Poursuivant, M. Ma a jugé nécessaire de renforcer les capacités sécuritaires de l’État qui restent faibles à ses yeux.  Il s’est notamment inquiété des agissements des terroristes et des trafiquants de stupéfiants.  La communauté internationale doit fournir un appui technique au Gouvernement à cette fin, ainsi que pour améliorer la situation socioéconomique du pays, a-t-il plaidé.  De plus, il faut aider l’Afghanistan à tirer parti de ses propres avantages pour lui permettre d’atteindre rapidement la paix et la prospérité, a-t-il estimé.  S’agissant de la situation humanitaire des réfugiés afghans dans les pays voisins, il a appelé à l’améliorer.  Il a aussi demandé de veiller à ce que tous les groupes ethniques participent à la vie politique et de lutter sans concession contre le terrorisme.  Le représentant a également appelé à mettre en œuvre une politique étrangère de paix et de fraternité avec les pays voisins.

M. Ma a ensuite parlé de la tenue, ce week-end, d’un dialogue ministériel entre l’Afghanistan, la Chine et le Pakistan qui a notamment débouché sur un accord trilatéral portant, entre autres, sur la lutte contre le terrorisme.  La Chine espère également voir lancer rapidement les négociations intra-afghanes de paix.  Le délégué a aussi cité la signature d’un mémorandum d’accord entre la Chine et l’Afghanistan sur l’établissement d’une nouvelle route de la soie.

À 18 jours de l’élection présidentielle en Afghanistan, M. KACOU HOUADJA LÉON ADOM (Côte d’Ivoire) a salué le travail « remarquable » effectué par la Commission électorale indépendante qui a permis l’inscription de 9,6 millions de personnes sur les listes électorales, y compris dans les régions où la situation sécuritaire reste précaire.  Il a ensuite appelé les acteurs politiques afghans à travailler à l’instauration d’un environnement pacifique, favorable à la tenue d’une élection libre, transparente et crédible.  M. Adom a estimé que les échéances électorales doivent être accompagnées d’un ensemble d’initiatives dans une approche inclusive du processus de sortie de crise.  Il a salué la création d’un ministère de la paix.  Il a par ailleurs estimé que les initiatives du Gouvernement en matière de paix et de sécurité pourraient être renforcées par la conclusion d’un accord entre les États-Unis et les Taliban, lequel ouvrirait la voie à de possibles pourparlers de paix entre ces derniers et les autorité afghanes.

Poursuivant, le délégué a souligné que l’appui de la communauté internationale doit s’aligner sur les priorités stratégiques du Gouvernement afghan et aider à la création d’environnements sociopolitique et sécuritaire attractifs pour les investissements étrangers.  Il a aussi dit que les efforts de consolidation de la paix doivent s’accompagner de mesures de relèvement économique.  Le représentant s’est par ailleurs soucié de la situation sécuritaire dans les régions du sud, de l’est et du sud-est de l’Afghanistan.  Il a appelé à poursuivre la mission Soutien résolu de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) pour le renforcement des capacités des Forces nationales de défense et de sécurité afghanes et l’amélioration des capacités des institutions judiciaires, notamment celles spécialisées dans la lutte contre la production et le trafic de stupéfiants.  Il a par ailleurs salué l’amélioration des relations bilatérales entre l’Afghanistan et le Pakistan, ainsi que les efforts déployés par l’Organisation de la coopération de Shanghai (OCS) dans la lutte contre le terrorisme et les stupéfiants.

M. MANSOUR AYYAD SH. A. ALOTAIBI (Koweït) a estimé que l’Afghanistan vivait un moment historique avec la préparation de l’élection présidentielle du 28 septembre.  Selon lui, le chiffre de 9,6 millions d’électeurs inscrits démontre la volonté des Afghans de choisir la voie de la démocratie en dépit des menaces sécuritaires.  Il a néanmoins regretté une situation critique sur le plan de la sécurité partout dans le pays.  Il a salué les efforts menés par le Gouvernement afghan pour lutter contre le terrorisme, la criminalité et le trafic de stupéfiants.  Estimant que la paix ne sera trouvée en Afghanistan que par le biais d’un règlement politique, le représentant du Koweït a demandé à toutes les parties de participer au dialogue intra-afghan. 

Après avoir adressé ses condoléances au peuple afghan à la suite des attentats des 2 et 5 septembre à Kaboul, Mme ANNE GUEGUEN (France) s’est déclarée préoccupée par le maintien de la violence à un niveau très élevé en Afghanistan.  La population civile continue d’être ciblée directement et régulièrement dans des attaques meurtrières, au mépris du droit international humanitaire, a-t-elle dénoncé, encourageant le Gouvernement afghan à œuvrer pour que cessent ces violations.  La représentante a aussi marqué son soutien à l’appel du Secrétaire général pour un accès humanitaire sûr et sans entrave sur l’ensemble du territoire.  Profitant de la présence du Directeur exécutif de l’ONUDC, elle a aussi souligné l’importance de la lutte contre le trafic de stupéfiants qui continue d’alimenter l’économie illicite, de financer les groupes terroristes et de menacer la santé des Afghans. 

Elle a ensuite souligné la nécessité de garantir le bon déroulement de l’élection présidentielle du 28 septembre.  À ses yeux, l’enregistrement de plus de 500 000 électeurs, dont 36% de femmes, est un « signe encourageant ».  Mais des efforts supplémentaires doivent être fournis par les autorités pour rétablir la confiance de la population dans la sécurité et la transparence du scrutin, a-t-elle argué, se félicitant du travail de sécurisation des bureaux de vote effectué par le Gouvernement afghan, avec l’aide de la mission de l’OTAN.  La France, a-t-elle ajouté, souhaite que cette élection renforce la légitimité du futur président en vue de sa participation aux négociations intra-afghanes. 

Mme Gueguen a également insisté sur la nécessité d’œuvrer à une paix « négociée et durable » en Afghanistan.  Selon elle, le concept de « processus de paix dirigé par les Afghans » demeure plus que jamais valable.  Il doit être inclusif et ne laisser aucune catégorie de population de côté, a-t-elle plaidé, appelant, pour y parvenir, à un engagement résolu des partenaires de l’Afghanistan.  La France prendra sa part et exhorte tous les pays de la région à soutenir activement et sans ambigüité la stabilisation de l’Afghanistan, a-t-elle conclu, saluant au passage le « travail remarquable » qu’effectue la MANUA au quotidien pour accompagner ce pays sur le chemin de la paix. 

Mme AMPARO MELE COLIFA (Guinée équatoriale) a estimé que l’élection du 28 septembre constituera un jalon pour le peuple afghan, l’occasion pour lui de décider de son avenir.  Elle a donc encouragé le Gouvernement afghan à renforcer les mesures de sécurité par le biais des Forces nationales de défense et de sécurité afghanes, pour que le peuple puisse exercer son droit de vote dans de bonnes conditions de sécurité.  Elle lui a aussi demandé d’assurer, avec la Commission électorale indépendante, la tenue d’un scrutin transparent, inclusif et crédible, faisant écho à l’appel de M. Yamamoto et des dirigeants et candidats pour qu’il puisse y avoir une participation responsable et pour que les Taliban et autres groupes armés retirent leurs menaces.

S’agissant des pourparlers de paix, la représentante a dit appuyer tous les efforts des États-Unis et des Taliban pour discuter, le dialogue de paix intra-afghan au Qatar ainsi que le renforcement de la coopération régionale par le biais de forums multilatéraux en vue d’instaurer un consensus régional sur la paix.  Ce processus de paix doit être inclusif et mené par les Afghans eux-mêmes, a dit la représentante, en appelant à associer toutes les forces politiques du pays et en particulier les femmes.  Reconnaissant les avancées dans ce domaine, elle a invité le Gouvernement afghan à encourager la participation des femmes dans le processus de paix.  Mme Mele Colifa s’est ensuite inquiétée de la situation humanitaire et des attaques aveugles qui frappent des civils.  Tous les défis que connaît l’Afghanistan méritent le soutien de la communauté internationale, a-t-elle conclu, en disant vouloir appuyer le renouvellement de la MANUA.  Elle a aussi mis en garde contre la présence de l’EIIL en Afghanistan et encouragé les États Membres à appuyer le travail du Comité 1988. 

M. JERRY MATTHEWS MATJILA (Afrique du sud) a déclaré que la seule manière d’atteindre une paix et une stabilité durables en Afghanistan est de mener un processus politique intra-afghan complet et inclusif, afin de parvenir à une solution négociée au conflit.  Il a insisté sur l’importance de veiller à la participation de tous les segments de la société aux discussions.  L’inclusion et la participation des femmes sont particulièrement importants si l’on veut préserver les acquis en ce qui concerne les droits de celles-ci, a-t-il observé, avant de saluer les efforts déployés par le Gouvernement afghan à cette fin.

M. Matjila s’est ensuite soucié de la situation sécuritaire dans le pays, notant que la poursuite de la violence érode les progrès réalisés ces dernières années, une violence qui se fait particulièrement ressentir chez les plus vulnérables, à commencer par les femmes, les enfants et les personnes handicapées.  Pour ce qui est de l’élection présidentielle du 28 septembre, il a appelé à veiller au bon déroulement du scrutin en espérant qu’il soit crédible, libre, juste, sûr et transparent.

M. JOSÉ SINGER WEISINGER (République dominicaine) a espéré que les enseignements tirés des élections parlementaires seront mis à profit dans les préparatifs de l’élection présidentielle, et que celle-ci se tiendra dans le cadre d’un processus crédible et légitime.  Il s’est félicité de la collaboration des acteurs internationaux et régionaux au sujet du dialogue intra-afghan, demandant la poursuite en parallèle des discussions qui se sont tenues à Doha, en soutien à un processus dirigé et défini par les Afghans.  Il a aussi salué les initiatives qui appuient ce dialogue, citant les consultations trilatérales de Beijing ainsi que les réunions tenues à Ankara.  Ces réunions constituent des pas dans la bonne direction, a-t-il estimé, en saluant les pays engagés dans ces discussions.  S’agissant des conditions de sécurité, le représentant s’est préoccupé du nombre élevé de victimes en priant le Gouvernement et les Taliban de mener à bien les initiatives issues du dialogue et des pourparlers. 

Après avoir condamné les attaques commises par les Taliban, il a reconnu les progrès accomplis en faveur des femmes, comme la création d’un secrétariat spécial pour les enquêtes sur le harcèlement des femmes.  Il a appelé à faire participer activement les femmes au processus de paix.  Préoccupé aussi par la situation économique et humanitaire, il s’est inquiété en particulier des groupes vulnérables et des risques encourus par le personnel humanitaire.  Pour mettre un terme à la guerre en Afghanistan, il faudra que toutes les parties prennent des engagements difficiles, mais à la fin, tout dépendra des Afghans eux-mêmes, a-t-il conclu.

M. VASSILY A. NEBENZIA (Fédération de Russie) s’est dit extrêmement préoccupé par la situation sécuritaire dans le pays qui est aggravée par la présence de l’État islamique.  Estimant que le problème des stupéfiants est lié à la présence terroriste, il a jugé important d’intensifier la coopération internationale pour lutter contre ce mal.  « Nous continuons à soutenir le peuple afghan qui a soif d’une paix durable », a insisté le représentant russe, qui s’est félicité du rétablissement des relations diplomatiques entre la Russie et l’Afghanistan.  Il a estimé que le dialogue intra-afghan lancé à Moscou les 5 et 6 février en y associant pour la première fois les Taliban avait confirmé la possibilité d’un large dialogue pour parvenir à la paix en Afghanistan.  Le représentant russe a par ailleurs regretté l’arrêt des négociations entre les Taliban et les États-Unis dont l’avènement aurait selon lui été de nature à promouvoir la paix.  Il a estimé que le succès de l’élection du 28 septembre permettra la consolidation de la paix. 

M. FERIDUN HADI SINIRLIOĞLU (Turquie) a expliqué que son pays continuait, dans le cadre de l’appui de l’OTAN, à soutenir le secteur de la défense et la sécurité en Afghanistan, y compris par le biais de la formation et de l’assistance des forces armées afghanes.  À trois semaines de l’élection présidentielle, il a exhorté toutes les parties à saisir cette occasion unique de mettre fin à 40 ans de guerre.  Il a dit que la paix en Afghanistan ne pourra être durable que si elle passe par une réconciliation entre tous les segments de la société. 

Mettant l’accent sur l’importance de la coopération régionale, le représentant a particulièrement salué les résultats du Processus d’Istanbul « Au cœur de l’Asie », qui a été l’occasion de souligner l’importance d’une approche régionale conjointe.  Il a rappelé que la conférence régionale conjointe sur la lutte contre le terrorisme et les stupéfiants organisée au titre du Processus a permis de rappeler l’importance d’une cohésion au niveau régional.  Enfin, le représentant a estimé que le renouvellement du mandat de la MANUA arrivait à point nommé. 

M. LUDOVICO SERRA (Italie) a fermement condamné les attentats qui ont frappé l’Afghanistan ces dernières semaines, se disant horrifié par la dernière attaque perpétrées par les Taliban à Kaboul.  Il a espéré que cette étape permette aux parties de réfléchir et d’arriver à une compréhension commune ce que signifient profondément les négociations de paix.  Il a jugé « cynique et inacceptable » que les Taliban commettent des actes de violence indiscriminée contre des civils pour se donner une marge de manœuvre.  Au lieu de cela, les négociations devraient rassurer le peuple afghan sur le fait que le cycle de violence, qui a prévalu ces dernières années, peut effectivement être inversé, a-t-il estimé.  Il a appelé à ne pas laisser s’éparpiller les efforts déployés pour faire avancer les pourparlers de paix et à relancer le dialogue entre les parties.

Le représentant a ensuite réitéré le plein appui de l’Italie aux initiatives diplomatiques pouvant faciliter le démarrage d’un processus de réconciliation, en accordant notamment un rôle important aux femmes afin de veiller à la préservation de leurs acquis.  Sur le plan sécuritaire, le représentant a fait part de son appui à la mission Soutien résolu qui vise à combattre le terrorisme et l’extrémisme violent.  En venant à l’élection du 28 septembre, qu’il a voulu crédible, transparente et inclusive, M. Serra a estimé qu’il serait crucial, pour améliorer les perspectives d’un dialogue intra-afghan, de parvenir à un large consensus pour la paix au travers du processus électoral.

M. KAIRAT UMAROV (Kazakhstan) a relevé que le résultat de l’élection du 28 septembre aura un impact profond sur les perspectives de développement de l’Afghanistan.  Il a salué les efforts déployés pour faire avancer le processus de paix et mener des négociations avec les Taliban.  Il a aussi espéré que la conférence de paix intra-afghane, qui s’est tenue à Doha, permette de franchir des étapes constructives, se disant convaincu que seul un dialogue direct entre le Gouvernement et les Taliban peut régler le conflit.  Il a ensuite constaté que la situation sécuritaire demeure « compliquée », se disant notamment préoccupé par les agissements de Daech et le regain d’activités terroristes dans le nord du pays, à proximité des frontières avec les États d’Asie centrale.  Il a jugé essentiel de veiller à la mise en œuvre effective de la troisième étape de la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies en Asie centrale.

M. Umarov a aussi insisté sur l’importance du rôle des femmes dans la résolution du conflit et parlé de la tenue, en septembre 2018, au Kazakhstan, d’une conférence régionale consacrée à l’autonomisation des femmes en Afghanistan.  Le Kazakhstan continue par ailleurs d’œuvrer à l’établissement, à Almaty, d’une plateforme régionale pour les objectifs de développement durable et espère que cette structure permettra de mieux coordonner l’appui à l’Afghanistan et aux autres pays de la région.

M. MARC-ANDRÉ BLANCHARD (Canada), qui a mis l’accent sur les discussions de paix, a dit avoir entendu la voix de femmes afghanes qui ne veulent pas d’un accord avec les Taliban qui sacrifie leurs droits durement acquis.  À cet égard, le représentant s’est félicité du fait que des Afghanes aient pu participer aux pourparlers de Doha.  Il a encouragé les dirigeants afghans à inclure formellement des femmes dans les prochaines discussions intra-afghanes.  Tout accord qui n’apporterait pas la paix à tous les membres de la société, quels que soient leur sexe, leur groupe ethnique et leur religion, ne serait pas durable, a-t-il mis en garde, invitant les hommes à se montrer solidaires des femmes pour parvenir à un règlement qui bénéficie à tous les Afghans.  Il a également rappelé qu’à cette fin, son pays œuvre concrètement au renforcement de la capacité des organisations de femmes en Afghanistan pour que celles-ci puissent prendre place à la table des négociations et participer de manière significative à la consolidation de la paix. 

Évoquant ensuite la prochaine élection présidentielle, le représentant a salué les efforts de la Commission électorale indépendante en faveur d’un scrutin équitable et transparent.  Il a souhaité que le dispositif de sécurité permette aux femmes de participer afin qu’elles puissent être représentées de façon permanente dans la vie politique de leur pays.  Maintenant que ces processus politiques sont en cours, a ajouté le délégué, il est plus important que jamais de redoubler d’efforts pour établir une sécurité économique en Afghanistan.  Si le Canada obtient un siège au Conseil de sécurité, il continuera à renforcer ces liens entre la paix, la sécurité et la croissance économique inclusive, a-t-il conclu. 

M. KORO BESSHO (Japon) a assuré que parvenir à une paix durable en Afghanistan est le souhait non seulement du peuple afghan mais aussi de l’ensemble de la communauté internationale.  À cet égard, il a jugé crucial que le processus de paix soit conduit par les Afghans eux-mêmes, indiquant que le Japon soutenait les efforts poursuivis à cette fin par le Gouvernement afghan.  Le représentant a aussi salué l’action menée par les partenaires internationaux de l’Afghanistan, notamment l’Allemagne et le Qatar pour leur soutien du dialogue intra-afghan, le Représentant spécial des États-Unis, M. Zalmay Khalilzad, pour ses négociations avec les Taliban, et les États-Unis, la Fédération de Russie, la Chine et le Pakistan pour la rencontre quadripartite sur le processus de paix organisée à Beijing les 10 et 11 juillet. 

Le délégué s’est par ailleurs félicité des préparatifs menés en vue de l’élection présidentielle de la fin septembre qui se poursuivent dans tout l’Afghanistan.  Il s’est notamment réjoui de l’enregistrement des électeurs dans la province de Ghazni, où des élections parlementaires n’avaient pu se tenir en 2018 en raison de tensions politiques.  Il a également souligné le rôle crucial joué par la MANUA dans ce processus électoral.  Saluant la récente visite de Mme Amina Mohammed, Vice-Secrétaire générale de l’ONU, et l’accent mis sur le programme femmes, paix et sécurité, M. Bessho a qualifié de « fondamentale » la participation des femmes afghanes, tant au processus de paix qu’au processus électoral.  Avant de conclure, il s’est dit préoccupé par la poursuite des attentats terroristes en Afghanistan et a réaffirmé que le dialogue est la seule issue possible au conflit afghan. 

Mme MALEEHA LODHI (Pakistan) a indiqué avoir partagé dans un premier temps l’optimisme du Secrétaire général au sujet des progrès réalisés dans le cadre des pourparlers de paix.  « Mais c’était bien évidemment avant ce week-end », a-t-elle ajouté, notant qu’après des décennies de conflit, un cadre pour un éventuel accord de paix semblait à portée de main.  Neuf cycles de pourparlers directs entre les États-Unis et les Taliban avaient amélioré les perspectives d’établir un premier socle significatif pour un règlement permettant de déboucher sur la tenue de négociations intra-afghanes et la fin négociée d’un long conflit.  Elle a estimé que le récent revers ne devait pas limiter les espoirs, ni la détermination à persister.  La représentante a espéré que la suspension des pourparlers de paix n’était qu’une pause et que ces discussions reprendraient au plus vite, faute de quoi, a-t-elle estimé, il y aurait une recrudescence de violence qui pousserait l’Afghanistan dans une étape encore plus turbulente et incertaine.  Le Pakistan, a-t-elle ajouté, négocie le processus de paix et de réconciliation de bonne foi et encourage les parties à demeurer engagées en faisant preuve de sincérité et de patience.

Mme Lodhi a fait observer qu’aucun pays au monde ne bénéficierait de la paix en Afghanistan autant que le sien.  Cependant le Pakistan peut seulement agir comme facilitateur, a-t-elle observé en expliquant que c’est aux parties de résoudre leurs différends: les décisions difficiles devront éventuellement être prises par les Afghans eux-mêmes.  La représentante a ensuite parlé de la visite, au Pakistan, en juin 2019, du Président Ashraf Ghani, au cours de laquelle les deux pays se sont engagés à adopter une approche tournée vers l’avenir et à se départir de la méfiance du passé.  L’ouverture au trafic commercial du point de passage de Torkham 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 ainsi que l’ouverture de l’espace aérien du Pakistan ont donné un coup d’élan à l’amélioration des relations bilatérales.  L’hôpital Jinnah, à Kaboul, cadeau du Pakistan, a récemment été transféré aux autorités afghanes et la construction d’un hôpital est sur le point d’être achevée à Logar, a ajouté Mme Lodhi.  De plus, la validité du séjour de millions de réfugiés afghans au Pakistan a été prorogée jusqu’au 30 juin 2020.  La représentante a aussi parlé de la conclusion, ce week-end à Islamabad, du troisième cycle du dialogue ministériel trilatéral entre la Chine, l’Afghanistan et le Pakistan.

M. BAKHTIYOR IBRAGIMOV (Ouzbékistan) a déclaré que son pays avait développé des relations bilatérales importantes avec l’Afghanistan au cours des trois dernières années.  Il a dit la volonté de son pays de tout mettre en œuvre pour permettre à la « nation sœur » de l’Afghanistan de trouver la paix durable et la stabilité.  Il a rappelé que la conférence internationale de Tachkent sur l’Afghanistan, organisée en mars 2018 à l’initiative des Présidents ouzbek et afghan, avait été une initiative novatrice pour remettre l’Afghanistan sur la voie du développement pacifique.  Il a rappelé que la Déclaration de Tachkent adoptée à l’issue de cette conférence souligne la nécessité d’une cohésion régionale et internationale pour lancer des pourparlers directs entre le Gouvernement afghan et le mouvement taliban.  Il a prévenu qu’un nouveau report du processus politique intra-afghan se traduirait par de nouvelles pertes parmi les civils. 

M. MOHAMED FATHI AHMED EDREES (Égypte) a appelé la communauté internationale à coopérer pour assurer l’avenir de l’Afghanistan et renforcer les capacités de ce pays qui a fait face à des défis colossaux.  Il a appelé à la reprise des pourparlers de paix entre les États-Unis et les Taliban et à créer les conditions idoines pour assurer le développement socioéconomique du pays.  Il a aussi souligné la nécessité de combattre le terrorisme, notamment l’État islamique d’Iraq et du Levant-province du Khorassan, ainsi que le trafic de stupéfiants, principale source de financement des groupes terroristes et armés.

Le représentant a aussi souligné l’importance des différentes conférences ministérielles qui concernent l’Afghanistan, notamment l’Initiative « Au cœur de l’Asie ».  Il a cité plusieurs exemples de l’appui matériel qu’offre l’Égypte à différents secteurs afghans avant d’appeler la communauté internationale à honorer ses engagements à l’égard de ce pays.  M. Edrees a notamment appelé à appuyer le Gouvernement afghan pour l’aider à achever les processus internes et veiller au bon déroulement de l’élection.  Sur le plan régional, le représentant a insisté sur le rôle des organisations régionales et a appelé à lier les efforts déployés à l’échelon régional aux conférences ministérielles sur l’Afghanistan.  Il a souhaité également l’établissement d’une feuille de route pour assurer l’avenir du pays.

M. DAVID GREGORY YARDLEY (Australie) a salué les efforts du Représentant spécial des États-Unis, M. Khalilzad, pour engager des négociations avec les Taliban.  Il a appelé ces derniers à mettre fin à la violence contre les civils et à accepter le principe d’un cessez-le-feu complet.  Il a ensuite souligné l’importance d’inclure les femmes dans le dialogue intra-afghan.  Le représentant s’est félicité des progrès réalisés en Afghanistan en expliquant qu’au cours des 18 dernières années, l’Afghanistan avait multiplié par 10 le nombre d’enfants inscrits à l’école, et par 5 le niveau du produit intérieur brut par habitant, tout en augmentant l’espérance de vie de 20 ans. 

Tout en prenant note de « l’optimisme prudent » exprimé par le Secrétaire général dans son rapport, M. SYED AKBARUDDIN (Inde) a salué les opportunités de paix et de réconciliation que portent les efforts déployés en Afghanistan.  Le représentant a également soutenu les appels lancés par le Secrétaire général en faveur de négociations directes entre Afghans, rappelant que c’est le peuple afghan et lui seul qui supportera les conséquences de tout accord.  Toutefois, a-t-il averti, la paix et la réconciliation ne peuvent progresser dans une atmosphère de terreur.  Évoquant la récente flambée de violences et les menaces portées au processus électoral, il a dit craindre que ces actes aient pour but de peser sur les négociations en cours.  Il a appelé la communauté internationale à maintenir les engagements pris à l’égard des Forces nationales de défense et de sécurité afghanes dans leur lutte contre le terrorisme.  Il est, selon lui, urgent d’examiner les soutiens dont bénéficient des groupes comme les Taliban, le Réseau Haqqani, Daech ainsi que Al-Qaida et ses affiliés au-delà des frontières afghanes. 

Dans ce climat d’incertitude, il convient aussi de ne pas oublier les gains précieux enregistrés par le peuple afghan ces 18 dernières années, a poursuivi le délégué.  Malgré le fléau du terrorisme, les Afghans ont renforcé leur démocratie, établi un ordre constitutionnel, promu le bien-être et les droits des minorités et des jeunes, bâti une force de sécurité de plus en plus performante et créé des liens régionaux profonds, a-t-il souligné, saluant la « fameuse résilience afghane » qui se manifeste dans tous les domaines, y compris le sport.  Il a ainsi félicité l’équipe afghane de cricket pour sa deuxième victoire en trois test-matches, enregistrée voilà moins de 48 heures.  Réaffirmant le soutien de l’Inde au développement de l’Afghanistan, il a souhaité en conclusion que la communauté internationale en général, et le Conseil de sécurité en particulier, continuent d’appuyer un processus de paix inclusif en Afghanistan. 

M. SILVIO GONZATO, de l’Union européenne (UE), a souligné le rôle crucial joué par la MANUA et toutes les agences de l’ONU pour soutenir le peuple afghan, encourager la paix et la réconciliation, contrôler et promouvoir les droits de l’homme et mettre en œuvre les engagements pris lors de la conférence ministérielle de novembre 2018 sur l’Afghanistan.  Saluant les efforts déployés pour parvenir à une paix durable, le représentant a jugé crucial que les réalisations politiques, économiques et sociales de ces 18 dernières années soient préservées, s’agissant notamment des droits de femmes, des enfants et des minorités.  Il a indiqué que cette approche avait clairement été exprimée par l’UE dans les conclusions de ses conseils de novembre 2018 et avril 2019.  Selon lui, un accord de paix ne pourra être durable que s’il n’est pas perçu comme imposé à la population et si toutes les composantes de la société se l’approprient.  Dans ce cadre, l’UE est prête à jouer un rôle actif pour faciliter des processus de consultation et de dialogue qui contribuent à l’inclusivité en impliquant l’ensemble de la société civile afghane, a poursuivi M. Gonzato, soulignant l’importance d’une pleine intégration des femmes, conformément à la résolution 1325 du Conseil de sécurité. 

Convaincue que la recherche de la paix ne doit pas se faire aux dépens du mouvement démocratique en Afghanistan, l’Union européenne soutient la tenue d’une élection présidentielle, équitable et transparente, pour renforcer la légitimité des institutions étatiques et la stabilité politique du pays.  À cette fin, a précisé le représentant, elle continuera de fournir un appui financier, de l’ordre de 18 millions d’euros, afin de tenir compte des difficultés rencontrées lors des élections parlementaires d’octobre 2018. 

Alors que le pays progresse vers un règlement politique, la coordination entre les acteurs du développement, de la sécurité et du monde politique est essentielle, a fait valoir le représentant, assurant que l’UE poursuit une étroite coopération avec des partenaires internationaux clefs.  Il a ainsi réitéré l’appui de son organisation à la mission Soutien résolu dirigée par l’OTAN, qui vise à fournir des formations, des conseils et une assistance aux forces et aux institutions de sécurité afghanes. 

Dans ce contexte, l’UE reste partisane d’un soutien budgétaire en faveur de l’Afghanistan, basé sur les progrès accomplis et l’impact de la mise en œuvre de ses politiques, a indiqué le représentant.  Elle commence actuellement à travailler au prochain cycle de programmation pour ce pays, qui couvrira la période allant de 2021 à 2027 et tiendra compte des priorités liées à un possible accord de paix, a-t-il précisé.  Tout en déplorant le nombre élevé de victimes civiles du conflit et l’augmentation du nombre de personnes déplacées, il a estimé que l’Afghanistan traversait un « moment important » de son histoire et a invité tous les États de la région à soutenir les efforts de paix engagés. 

M. MAJID TAKHT RAVANCHI (République islamique d’Iran) a exhorté les Nations Unies et la communauté internationale à soutenir l’élection du 28 septembre afin qu’elle puisse se traduire par un renforcement des institutions démocratiques du pays.  Il s’est particulièrement inquiété du nombre d’incidents violents et notamment de l’augmentation des attaques par Daech, qui a accru ses capacités offensives avec le transfert de combattants arrivant de Syrie et d’Iraq.  « Après presque deux décennies d’occupation américaine de l’Afghanistan, il semble clair aujourd’hui que les États-Unis n’ont d’autre choix que de quitter ce pays au plus vite », a dit le représentant.  Il a dit noter une forte demande de la part de la population afghane en faveur d’un retrait responsable de toutes les forces étrangères. 

Dans l’attente d’un accord de cessez-le-feu, le représentant iranien a exhorté toutes les parties à faire montre de la plus grande modération et à ne pas prendre de civils pour cible.  Par ailleurs, il a souhaité que tout processus de paix respecte les réalisations de la conférence internationale sur l’Afghanistan tenue à Bonn en 2001, y compris la Constitution afghane et les institutions qui en découlent.  « Aucun pays n’a le droit de décider de l’avenir de l’Afghanistan », a-t-il prévenu. 

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