Conseil de sécurité: optimisme prudent à deux mois de l’élection présidentielle en Guinée-Bissau

CS/13946
10 septembre 2019
8614e séance – après-midi

Conseil de sécurité: optimisme prudent à deux mois de l’élection présidentielle en Guinée-Bissau

Six mois après le succès des élections législatives en Guinée-Bissau, la Sous-Secrétaire générale des Nations Unies pour l’Afrique a prévenu les membres du Conseil de sécurité que l’organisation du futur scrutin présidentiel à l’automne demeure « semée d’embûches ».  La réunion a tout de même été dominée par une atmosphère d’optimisme prudent. 

Si Mme Bintou Keita a rappelé les tensions qui sont apparues dans le pays au lendemain des élections législatives du 10 mars, elle a aussi rappelé que grâce à l’engagement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), un nouveau gouvernement a vu le jour le 3 juillet et un compromis a été trouvé concernant le Président José Mário Vaz, qui restera en fonctions, quoiqu’avec des pouvoirs limités, jusqu’à l’élection présidentielle du 24 novembre 2019. 

Présentant le dernier rapport du Secrétaire général sur les progrès en matière de stabilisation et de retour à l’ordre constitutionnel en Guinée-Bissau (S/2019/696), la Sous-Secrétaire générale a toutefois prévenu que « le processus électoral est semé d’embûches ».  Les corrections apportées dernièrement à la liste des électeurs, afin de régulariser les 25 000 personnes écartées des élections législatives, ont fait surgir des risques de fraude.  Les préparatifs se déroulent donc dans un climat de méfiance, a-t-elle mis en garde, appelant les autorités à fournir davantage d’informations sur les corrections apportées.  La Sous-Secrétaire générale a également exhorté la communauté internationale à soutenir le pays pour financer une partie du budget électoral, estimé à 5,3 millions de dollars, et garantir un scrutin crédible et juste.

Nous sommes « résolument engagés » dans la conclusion du cycle électoral, a assuré la Guinée-Bissau, tout en admettant que le processus de correction des listes électorales « ne fait pas l’unanimité » entre les acteurs politiques et au sein de la société civile.  Elle a dit espérer « qu’avec le dialogue », les parties concernées finiront par se mettre d’accord.

Cette vision optimiste a été, dans l’ensemble, partagée par la plupart des membres du Conseil.  La Côte d’Ivoire a notamment salué le maintien « d’un dialogue constant et constructif » entre les parties après le scrutin législatif, dans le respect des Accords de Conakry de 2016 et de la feuille de route de la CEDEAO.  La France s’est félicitée de « l’attitude responsable » de l’ensemble des acteurs bissau-guinéens et la République dominicaine a voulu voir dans la stabilité relative que connaît actuellement le pays, un signe prometteur pour l’élection présidentielle en novembre, dont la Chine a qualifié les préparatifs de « louables ».

Les « difficultés considérables » rencontrées par la Guinée-Bissau après les élections législatives de mars, notamment pour la répartition des portefeuilles ministériels, sont bien naturelles, a renchéri la Fédération de Russie, jugeant que le pays est désormais prêt à tourner la page.  Il est temps, a-t-elle estimé, que le Conseil envisage la levée des sanctions qui frappent le pays depuis le coup d’État du 12 avril 2012, dont l’interdiction de voyager imposée aux membres de l’armée.  L’institution militaire a en effet eu un « comportement exemplaire », s’est félicité le Royaume-Uni, prêt également à réviser ce régime.  La France a toutefois insisté sur le fait que la bonne tenue du scrutin de novembre est une condition sine qua non à une telle révision. 

Pour ces mêmes raisons, la plupart des membres du Conseil ont jugé « crédible » le délai fixé pour le retrait du Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en Guinée-Bissau (BINUGBIS).  D’ici là, le Président de la formation Guinée-Bissau de la Commission de consolidation de la paix, M. Mauro Vieira, a précisé que les 10 projets en cours du BINUGBIS, d’une valeur de 10 998 327 dollars, appuieraient la mise en œuvre d’initiatives favorisant le dialogue, la réconciliation nationale et la consolidation des secteurs de la justice et des médias.  Attention, toutefois, à ne pas « laisser un vide » en Guinée-Bissau, a mis en garde l’Afrique du Sud, appelant à éviter tout retour en arrière dans le pays.

Dans cette perspective, plusieurs membres du Conseil ont exprimé leur inquiétude face à l’ampleur du trafic de drogue et de la criminalité transnationale organisée.  Ils se sont dits encouragés par la saisie récente de 2 tonnes de cocaïne par la police bissau-guinéenne.  Ce coup de filet « sans précédent » témoigne de notre détermination à combattre ce fléau qui vise à miner l’intégrité d’un État souverain, s’est enorgueillie la Guinée-Bissau.  Elle a souligné la nécessité de renforcer la coopération entre son gouvernement et l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), « sans préjudice » du mandat de la BINUGBIS. 

LA SITUATION EN GUINÉE-BISSAU (S/2019/664 ET S/2019/696)

Déclarations

Mme BINTOU KEITA, Sous-Secrétaire générale des Nations Unies pour l’Afrique, a rappelé que des tensions étaient apparues en Guinée-Bissau au lendemain des élections législatives du 10 mars dernier.  Ces tensions, qui s’étaient cristallisées autour de la constitution du bureau de l’Assemblée nationale, avaient retardé la nomination du Premier Ministre et la formation du nouveau Gouvernement, a souligné Mme Keita.  L’arrivée à son terme, le 23 juin 2019, du quinquennat du Président José Mário Vaz avait rendu la situation encore plus complexe, a-t-elle aussi rappelé, précisant que des « opinions divergentes » avaient alors vu le jour sur la façon d’assurer l’intérim jusqu’à la tenue de la prochaine élection présidentielle, le 24 novembre 2019.

Toutefois, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a contribué à résoudre ces différentes questions lors du sommet du 29 juin 2019, en permettant au nouveau Gouvernement de prêter serment, le 3 juillet, et en déterminant que M. José Mário Vaz resterait en fonctions, quoiqu’avec des pouvoirs limités, jusqu’à la tenue de l’élection présidentielle.  La Sous-Secrétaire générale a salué au passage la place « sans précédent » accordée aux femmes dans le nouveau Gouvernement, ainsi que la présence de jeunes hautement qualifiés.  Elle a toutefois noté que la nomination récente de plusieurs hauts responsables à des postes clefs, y compris le nouveau commandant de la Garde nationale, M. Agostino Sousa Cordeiro, sous le coup des sanctions de l’Union européenne (UE) depuis 2012, a suscité des réactions négatives aux niveaux national et international.

Depuis l’arrivée au pouvoir du nouveau Gouvernement, la scène politique nationale est accaparée par les préparatifs de la future élection présidentielle.  « Le processus électoral est semé d’embûches », a mis en garde Mme Keita.  La Sous-Secrétaire générale a notamment précisé que les corrections apportées dernièrement au registre des électeurs, afin de régulariser les 25 000 personnes qui avaient préalablement été rayées lors des élections législatives, fait surgir des risques de fraude.  Les préparatifs se déroulent donc dans un climat de méfiance.  Pour remédier à cette situation, Mme Keita a précisé que le groupe des cinq partenaires internationaux représentés en Guinée-Bissau (CEDEAO, Communauté des pays de langue portugaise, ONU, Union africaine et Union européenne) plaide pour des mesures de transparence et la diffusion des informations sur les corrections apportées au registre des électeurs.

Par ailleurs, Mme Keita a indiqué que l’ONU recommande la création d’une plateforme rassemblant les acteurs nationaux pour faciliter l’échange d’informations.  Des efforts concertés sont également en cours au niveau national pour préparer et mettre en œuvre un code de conduite électoral.  La Sous-Secrétaire générale a aussi précisé que le budget de l’élection présidentielle est estimé à 5,3 millions de dollars.  Le Gouvernement s’est engagé à y contribuer à hauteur de 730 000 dollars, a-t-elle précisé, en plus du paiement d’une dette de 1,6 million de dollars contractée durant les élections législatives.

Mme Keita a indiqué que plusieurs contributions financières sont attendues des partenaires internationaux au début du mois d’octobre.  À 75 jours du scrutin présidentiel, elle a appelé ces partenaires à faire preuve de générosité.  Par ailleurs, elle a déploré les restrictions à l’exercice des libertés civiles.  Parallèlement, a-t-elle ajouté, le trafic de drogue et la criminalité organisée continent de menacer la stabilité du pays. 

Abordant la question de la fermeture du Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en Guinée-Bissau (BINUGBIS), prévue le 31 décembre 2020, Mme Keita a indiqué qu’un plan de transition et de retrait progressif est en cours d’élaboration.  Ce plan, a-t-elle ajouté, prévoit le transfert des responsabilités du BINUGBIS au Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, à l’équipe de pays des Nations Unies et aux autorités nationales.

En conclusion, la Sous-Secrétaire générale a appelé les acteurs nationaux à « transcender les divergences et différends individuels » dans la perspective de l’élection de novembre, avec l’aide de la communauté internationale.  À plus long terme, Mme Keita a plaidé en faveur d’un processus de réformes structurelles pour accompagner le pays sur la voie de la stabilité pérenne. 

M. MAURO VIEIRA, Président de la formation Guinée-Bissau de la Commission de consolidation de la paix, a précisé que sa « formation» a suivi de près la situation politique en Guinée-Bissau depuis l’adoption le 28 février 2019 de la résolution 2458 du Conseil de sécurité, prévoyant la fermeture du BINUGBIS d’ici au 31 décembre 2020.  Après la réunion du 6 mai au cours de laquelle la formation a été mise au fait des derniers évènements par le Chef du BINUGBIS et le représentant de la CEDEAO, la Commission de consolidation de la paix a publié une déclaration appelant tous les responsables politiques de la Guinée-Bissau à respecter les Accords de Conakry.  Cette déclaration a souligné la nécessité urgente de nommer un premier ministre et d’organiser une élection présidentielle transparente, crédible et pacifique en novembre 2019.  Notant que le nouveau Gouvernement a été formé après un accord intervenu lors du Sommet des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO, le 29 juin, le Président a salué le rôle déterminant de la CEDEAO dans la stabilité politique et la consolidation de la démocratie en Guinée-Bissau.  La Commission de consolidation de la paix salue la nomination du nouveau Premier Ministre et se félicite de la nomination de 11 femmes au Gouvernement, a-t-il ajouté. 

M. Vieira a tout particulièrement salué le travail du BINUGBIS qui encourage une participation effective des femmes à la gestion publique.  Il a noté qu’en collaboration avec l’équipe de pays des Nations Unies et le Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix, le Bureau a contribué à accroître la participation active des femmes aux consultations tenues avec la société civile et aux efforts de facilitation.  Dans le cadre du portefeuille du Fonds, qui comprend 10 projets d’une valeur de 10 998 327 dollars, le BINUGBIS a appuyé la mise en œuvre d’initiatives qui se renforcent mutuellement et favorisent notamment le dialogue, la réconciliation nationale, ainsi que la consolidation des secteurs de la justice et des médias, s’est félicité M. Vieira.  Ces projets ont contribué à rendre les élections législatives du 10 mars plus inclusives, en offrant une formation aux candidates et aux jeunes candidats, en facilitant le suivi des élections par des observateurs nationaux en collaboration avec l’Union européenne, en donnant aux médias les outils pour diffuser des informations plus objectives et moins partisanes sur les élections et en finançant la diffusion radiophonique en direct de plusieurs rencontres entre le grand public et les candidats. 

Pour ce qui est de la reconfiguration du BINUGBIS, il a expliqué que certains membres de la Commission de consolidation de la paix souhaitent que la configuration actuelle soit maintenue jusqu’à la fin du processus électoral.  La Commission continuera d’aider le pays à mobiliser le soutien international après l’élection, notamment pour mettre en œuvre des programmes de développement identifiés dans le Plan stratégique et opérationnel du pays, « Terra Ranka », pour la période 2015-2025.  J’irai moi-même en Guinée-Bissau, a conclu le Président, pour rencontrer les responsables du nouveau Gouvernement et je rendrai compte de la teneur de ces échanges au Conseil de sécurité. 

M. GBOLIÉ DÉSIRÉ WULFRAN IPO (Côte d’Ivoire) s’est félicité des progrès accomplis par les autorités bissau-guinéennes dans la conduite du processus de sortie de crise, notamment l’organisation des élections législatives le 10 mars dernier, dans un environnement apaisé, puis la nomination d’un premier ministre, suivie d’un nouveau gouvernement le 3 juillet.  Il a également noté avec satisfaction la décision prise par le Président José Mário Vaz de fixer la date de l’élection présidentielle au 24 novembre.  Pour le représentant, ces évolutions positives sont la résultante d’un dialogue constant et constructif entre les parties prenantes bissau-guinéennes.  Elles ont toutefois été rendues possibles grâce au soutien de la communauté internationale en général et de la CEDEAO en particulier, a-t-il fait valoir, notant que l’organisation ouest-africaine est demeurée constante dans son accompagnement du processus politique en cours, tout en restant ferme dans son appel au respect des engagements librement souscrits dans les Accords de Conakry et la feuille de route de la CEDEAO pour la sortie de crise en Guinée-Bissau. 

Le représentant a néanmoins observé qu’en dépit des progrès encourageants enregistrés ces derniers mois, la situation sociopolitique et sécuritaire demeure fragile, comme en témoigne la résurgence des tensions à quelques semaines de l’élection présidentielle.  C’est pourquoi la Côte d’Ivoire exhorte tous les acteurs politiques bissau-guinéens à conjuguer leurs efforts pour l’organisation d’un scrutin « inclusif, crédible et apaisé », étape cruciale vers la conclusion du cycle électoral.  Elle appelle en outre la communauté internationale et les partenaires au développement à renforcer leur niveau de mobilisation autour de la Guinée-Bissau et à soutenir l’engagement des acteurs locaux à s’inscrire dans une logique de paix et de stabilité. 

Se félicitant du processus de planification de la transition en cours, le délégué a encouragé les autorités bissau-guinéennes à saisir cette opportunité pour renforcer leur coopération avec le BINUGBIS, dans la perspective de l’appropriation des activités qui seront transférées au pays et d’une meilleure prise en charge des réformes institutionnelles postélectorales.  Il a ensuite réaffirmé le plein soutien de son pays aux Nations Unies, à l’Union africaine, à la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP) et à la CEDEAO, dont il a salué la décision, prise le 29 juin, de proroger le mandat de sa mission en Guinée-Bissau jusqu’en avril 2020.  Avant de conclure, le représentant les a exhortées à renforcer leur synergie d’actions dans le cadre de leur appui à la mise en œuvre des Accords de Conakry et de la feuille de route de la CEDEAO. 

M. ARISTIDES TELA MEVIAN MIAGA (Guinée équatoriale) a estimé que 2019 est une année cruciale pour la Guinée-Bissau qui doit passer rapidement de la crise politique et institutionnelle actuelle à une phase d’opportunités qui lui permettent de lancer un processus de transformation politique et économique.  Il a salué l’organisation pacifique d’élections législatives en mars dernier et le civisme de la population, alors qu’il y avait 21 partis politiques et plus de 760 000 électeurs, dont 85% se sont rendus aux urnes.  Il a aussi félicité la Commission électorale nationale pour sa transparence pendant tout le processus.  Ces élections sont cruciales pour ouvrir le processus de démocratisation, de stabilisation de la paix et de redressement économique, a-t-il souligné.  Il a aussi apprécié la forte participation des femmes dans ce processus électoral, ainsi que l’importance que les autorités nationales ont donné aux femmes au sein du Gouvernement.

Le représentant a appelé le Gouvernement de la Guinée-Bissau à assumer ses responsabilités en préparant une élection présidentielle crédible, libre, juste et pacifique.  Il s’est préoccupé de l’augmentation des délits liés au trafic de drogue en Guinée-Bissau, qui entraîne des problèmes de sécurité et qui exige des efforts de lutte renforcés de la part du Gouvernement, notamment en révisant ses lois.  Il a salué à cet égard le travail du BINUGBIS, de la police et de la garde nationale, qui a conduit, il y a trois jours, à l’incinération de plus de 1,8 tonne de cocaïne.  En vue de la fermeture du Bureau, il a souhaité un transfert efficace des tâches et des responsabilités à l’équipe de pays des Nations Unies ainsi qu’au Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS).  Avant de conclure, il a souhaité que ne se répètent pas, lors des prochaines élections, la tendance à contester les résultats.

M. ANTOINE MICHON (France) s’est félicité de l’attitude responsable de l’ensemble des acteurs bissau-guinéens, que ce soit la classe politique ou l’armée, laquelle a permis le succès des élections législatives de mars 2019.  Il a estimé que les développements positifs de ces derniers mois sont aussi le signe de l’efficacité de l’action de la communauté internationale.  À cet égard, il a salué le rôle décisif du Groupe des Cinq.  « J’adresse un hommage appuyé aux pays de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest dont l’engagement sans faille a porté ses fruits », a dit M. Michon, avant de citer l’important moment qu’a constitué aussi, en février 2019, la mission sur place du Conseil de sécurité organisée par la présidence équato-guinéenne.  Le représentant a déclaré que ces évolutions montrent que les outils que nous avons collectivement déployés pour répondre à cette crise, notamment les sanctions, ont été efficaces.  Alors que le BINUGBIS entre dans sa dernière année de mandat, le représentant a réaffirmé son soutien à la nouvelle Représentante spéciale du Secrétaire général, Mme Rosine Sori-Coulibaly, qui devra accompagner le plan de transition. 

Malgré les avancées mentionnées, le représentant a estimé que le processus politique reste à consolider en Guinée-Bissau.  Il a jugé essentiel que l’élection présidentielle se tienne comme prévu les 24 novembre et 29 décembre 2019, parce que le respect du calendrier électoral est impératif pour éviter une nouvelle crise.  La bonne tenue de ce scrutin qui permettra de clore le processus électoral constituera un préalable nécessaire à une évolution sur le volet des sanctions.  Parce que le rétablissement d’une paix et d’une stabilité durables passe par des avancées dans d’autres domaines, M. Michon a rappelé l’importance que l’ensemble des réformes politiques prévues par les Accords de Conakry de 2016 soient mises en œuvre.  Il a mis l’accent sur la lutte contre la criminalité organisée et le réforme du secteur de la sécurité. 

M. JOSÉ SINGER WEISINGER (République dominicaine) s’est félicité du déroulement pacifique des élections législatives du 10 mars.  Il a également salué la stabilité relative que connaît l’environnement sécuritaire, y voyant un signe prometteur pour la tenue de l’élection présidentielle en novembre.  Il a toutefois relevé que l’instabilité socioéconomique du pays est liée aux tensions politiques et a exhorté le Gouvernement à ne pas entraver les efforts visant à établir un accord sur des questions électorales fondamentales.

Le représentant a ensuite salué les efforts du BINUGBIS pour renforcer le mécanisme national de lutte contre le trafic de stupéfiants, ainsi que les avancées réalisées pour traduire en justice les auteurs de violence sexiste et les responsables de tensions intercommunautaires liés aux conflits fonciers.  Il a souligné que la lutte contre l’impunité est essentielle pour bâtir une société pacifique et sûre en Guinée-Bissau.  Il a pris note des efforts déployés par le BINUGBIS pour inclure des femmes dans ses équipes de défenseurs des droits de l’homme.

Mme KAREN VAN VLIERBERGE (Belgique) a commencé par saluer la bonne tenue, en mars, des élections législatives en Guinée-Bissau, peu après la mission du Conseil dans ce pays, qui lui a permis de mieux appréhender les défis.  La représentante s’est notamment réjouie du taux de participation élevé et de la forte mobilisation des femmes.  Ce sont, selon elle, des signes de la vitalité démocratique de la société bissau-guinéenne.  Elle a ajouté que la nomination d’un premier ministre et d’un gouvernement, et surtout l’annonce de l’élection présidentielle le 24 novembre prochain sont de « bonnes nouvelles ».  Elle a souhaité que tout soit fait pour que ce scrutin soit « crédible, libre, équitable et pacifique ». 

La déléguée s’est toutefois déclarée préoccupée par les tensions et le climat de méfiance actuels.  Ne l’oublions pas, a-t-elle dit, la stabilité politique doit contribuer au redressement socioéconomique et à la lutte contre les trafics.  Elle a donc appelé les acteurs politiques nationaux à jouer un rôle « positif et constructif », estimant d’autre part que le régime de sanctions « demeure adéquat ». 

S’agissant de l’avenir de la BINUGBIS, la déléguée a rappelé l’importance du respect des Accords de Conakry par toutes les parties et dans toutes ses dispositions ainsi que du suivi de la feuille de route de la CEDEAO.  Il s’agit en effet d’assurer une « transition ordonnée » et la Belgique sera « attentive » à ne pas précipiter le processus si les conditions sur le terrain ne sont pas réunies, a-t-elle averti.  Par ailleurs, a poursuivi la représentante, la transition de la présence onusienne ne devra pas signifier un quelconque abandon de la Guinée-Bissau par la communauté internationale. 

Pour cette raison, la représentante a appelé à un engagement accru du Chef du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, ainsi qu’à un renforcement de l’équipe de pays des Nations Unies et des moyens de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC).  Dans l’immédiat, a-t-elle conclu, la Belgique appuie l’action coordonnée du BINUGBIS et du groupe des cinq partenaires internationaux sur le terrain. 

M. MARTHINUS VAN SHALKWYK (Afrique du Sud) a salué le Gouvernement de la Guinée-Bissau pour les progrès réalisés sur le plan politique, à savoir la formation d’un nouveau gouvernement et la nomination d’un premier ministre, dans la foulée des élections législatives de mars dernier.  Dans ce contexte, M. Van Shalkwyk s’est réjoui à l’avance de la tenue du futur scrutin présidentiel, prévu le 24 novembre prochain.  Il a qualifié cette élection d’évènement « crucial » pour ancrer le pays dans la stabilité.  Parallèlement, le représentant a exhorté les parties à s’attaquer aux réformes mentionnées dans les Accords de Conakry du 10 septembre 2016.

M. Van Shalkwyk a en outre appelé la CEDEAO et la communauté internationale à maintenir leur appui pour aider le pays à sortir définitivement de l’impasse politique.  C’est également une priorité du point de vue du maintien de la stabilité régionale, a-t-il insisté.  Alors que le BINUGBIS est engagé dans un processus de retrait, et à la lumière du futur scrutin présidentiel, le représentant a ainsi jugé important de ne pas « laisser un vide » en Guinée-Bissau, pour éviter un retour en arrière.

Par ailleurs, il s’est dit préoccupé par les conséquences régionales du trafic de drogue en Guinée-Bissau, dans la mesure où ce dernier alimente également le trafic d’armes et la traite des personnes.  Ce qui est encore plus préoccupant, a ajouté M. Van Shalkwyk, c’est que ce trafic pourrait être utilisé pour financer des activités terroristes dans une région déjà volatile. 

M. WU HAITAO (Chine) a estimé que l’année 2019 sera décisive pour la vie politique et sociale en Guinée-Bissau.  Prenant acte du fait que les élections législatives du 10 mars se sont déroulées sans heurt et qu’un nouveau gouvernement a été formé le 3 juillet, le représentant s’est félicité de l’organisation, le 24 novembre prochain, de l’élection présidentielle.  Il a souhaité un scrutin libre et transparent et un appui logistique et financier de la part de la communauté internationale.  Il a d’autre part qualifié de « louables » les efforts déployés par les différentes parties bissau-guinéennes dans le cadre de ce processus électoral.  Toutes les parties doivent agir en ayant en tête les intérêts à long terme du pays et de son peuple, a-t-il souligné, ajoutant qu’au bout du compte, le développement de la Guinée-Bissau doit en sortir gagnant. 

Il importe également de permettre à la Guinée-Bissau de trouver des solutions par elle-même, a poursuivi le délégué, avant d’appeler les organismes et l’équipe de pays des Nations Unies à intensifier leur coopération et à apporter une assistance ciblée « en respectant la souveraineté » du pays.  Affirmant en conclusion que « le développement est la clef de tous les problèmes », le représentant a assuré que la Chine, qui apporte déjà une contribution importante à la réduction de la pauvreté, au développement et à la sécurité alimentaire en Afrique, continuera à aider le peuple bissau-guinéen dans cette aspiration. 

M. DAVID CLAY (Royaume-Uni) a salué l’évolution récente de la situation politique en Guinée-Bissau.  Il a appelé le pays à « maintenir l’élan positif » des élections législatives de mars dernier pour le futur scrutin présidentiel.  Ce dernier doit se dérouler de manière « crédible, transparente et régulière », tout en garantissant un niveau suffisant de participation des femmes, a-t-il ajouté.  Depuis le coup d’État du 12 avril 2012, l’institution militaire a eu un « comportement exemplaire », s’est réjoui le représentant.  Si le scrutin présidentiel de novembre se déroule avec succès, le Royaume-Uni, a promis le représentant, sera prêt à réviser le régime de sanctions, dont l’interdiction de voyager imposée aux membres de l’armée.  Le représentant a par ailleurs jugé que la date de décembre 2020 reste un « délai réaliste » pour le retrait du BINUGBIS.  Il a toutefois souligné que son pays est prêt à revoir sa position s’il perçoit une menace grave pour la paix et la sécurité.  Pour éviter une telle situation, il a appelé les parties prenantes à continuer de mettre en œuvre les Accords de Conakry.

M. MUHSIN SYIHAB (Indonésie) a souligné l’importance de l’élection présidentielle en novembre, tout en notant qu’elle ne constitue qu’une étape, la volonté politique devant être maintenue pour assurer la mise en œuvre de réformes clefs, dont la révision de la Constitution, de loi électorale et de celle sur les partis politiques.  Passant au développement socioéconomique, il a espéré que le plan Terra Ranka donnera à la population bissau-guinéenne la chance d’un nouveau départ.  Le représentant a salué le travail accompli par le BINUGBIS et a appelé à un transfert sans heurt des compétences à l’équipe de pays de l’ONU en 2020.  Il a insisté sur l’importance de l’appropriation nationale pendant le processus de transition.

M. BADER A. ALMUNAYEKH (Koweït) a observé que deux mois seulement nous séparent du scrutin présidentiel en Guinée-Bissau et que cette période sera importante pour assurer la stabilité du pays à long terme.  Espérant que ce scrutin se déroule d’une manière régulière, transparente et crédible, il a noté que le succès des législatives de mars a confirmé la capacité des autorités bissau-guinéennes à organiser des élections avec l’appui de la communauté internationale.  Pour le représentant, ce qui figure dans les Accords de Conakry, auxquels ont adhéré les parties bissau-guinéennes, est la meilleure façon d’assurer la stabilité du pays.  Outre l’élection présidentielle de novembre, a-t-il noté, le pays est à la veille d’une autre échéance importante, à savoir le retrait programmé du BINUGBIS.  Alors qu’une équipe de transition est mise en place, il convient d’appuyer la Guinée-Bissau pour qu’elle soit prête à ce départ, a-t-il insisté, appelant à ce qu’une aide lui soit apportée après 2020, notamment par la CEDEAO et, si possible, par le Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix. 

Le délégué a par ailleurs évoqué les défis que représente pour ce pays la criminalité transfrontalière liée au trafic de drogue.  Rappelant que ce sujet a été débattu à plusieurs reprises par le Conseil, notamment en décembre dernier, il a salué l’action du Gouvernement bissau-guinéen, qui fait beaucoup pour lutter contre ce fléau avec l’appui du BINUGBIS.  Il a aussi souligné le rôle crucial joué par la CEDEAO dans les changements en cours en Guinée-Bissau, ainsi que les efforts consentis par l’Union africaine, l’Union européenne et la Communauté des pays de langue portugaise. 

M. GUSTAVO MEZA-CUADRA (Pérou) a souligné les progrès réalisés en Guinée-Bissau, comme les élections législatives de mars dernier, saluant l’active participation des organisations de la société civile et de femmes dans le processus.  Il a noté la date du 24 novembre prochain fixée pour l’élection présidentielle et invité les autorités du pays à organiser celle-ci en se basant sur les leçons tirées par le passé, en vue de favoriser le dialogue et la réconciliation nationale.  Il a jugé important que le BINUGBIS continue à aider le pays à organiser ces élections et que la communauté internationale soit mobilisée dans son ensemble pour régler les problèmes techniques, logistiques et financiers, ainsi que pour garantir une participation citoyenne importante, notamment des femmes et des jeunes.  Il faut une volonté politique ferme du Gouvernement pour avancer vers la paix, la stabilité et le développement socioéconomique, a-t-il ajouté.

Le représentant a ensuite mentionné le travail à poursuivre pour renforcer l’état de droit, notamment en créant des institutions démocratiques inclusives et en réformant le secteur de la sécurité, ainsi que pour lutter contre le trafic de drogue, la criminalité organisée et la corruption.  Il a prôné l’implication entière des autorités nationales et le renforcement de la coopération régionale, afin de garantir une cohérence au niveau des opérations.  Enfin, il a salué les projets lancés grâce au Fonds pour la consolidation de la paix, ainsi que le travail accompli par l’équipe de pays des Nations Unies. 

M. MARIUSZ LEWICKI (Pologne) a félicité le peuple de la Guinée-Bissau pour des élections justes, crédibles et inclusives auxquelles près de 84,7% des électeurs ont participé.  Toute en saluant la forte participation des femmes, il a déploré leur faible représentation au Parlement, encourageant dans la foulée une participation plus marquée à la gestion publique.  Le représentant a également rappelé aux parlementaires élus leurs obligations vis-à-vis de leur peuple.  Il leur a demandé de dépasser les intérêts personnels ou la ligne de leur parti pour l’intérêt collectif et la stabilité du pays. 

Il a engagé les autorités bissau-guinéennes à tenir une élection présidentielle « crédible » le 24 novembre prochain, avec le soutien du BINUGBIS.  Les autorités, a-t-il dit, doivent assumer le leadership du processus électoral, améliorer les préparatifs techniques et permettre aux organes chargés de la gestion électorale d’assurer un processus crédible et respectueux du calendrier.  Le représentant a exprimé sa préoccupation face à la faiblesse de la lutte contre le trafic de drogue et la criminalité transnationale organisée, ce qui fait peser une véritable menace à la paix et la sécurité nationales.  Il s’est aussi inquiété de la situation socioéconomique et du climat macroéconomique affectés par l’instabilité politique.  Il a dès lors encouragé les autorités à réfléchir à un plan de développement national et à renforcer l’Unité d’enquête financière et le cadre institutionnel de la lutte contre la corruption.  Le représentant n’a pas manqué de saluer les progrès dans les poursuites judiciaires pour les cas de violence sexiste et dans la réponse apportée aux violences intercommunautaires liées à l’accès à la terre.

Dans une courte déclaration, Mme ELAINE MARIE FRENCH (États-Unis) a salué la tenue, le 10 mars dernier, des élections législatives et souligné que toute notre attention se porte désormais sur l’élection présidentielle du 24 novembre.  Elle a espéré qu’elle se déroulera de manière « juste et crédible », afin de préserver la stabilité « encore fragile » du pays.  Pour ce faire, les pays voisins et la communauté internationale se doivent d’appuyer financièrement l’organisation du scrutin, a-t-elle ajouté.  La représentante s’est en outre déclarée inquiète face à l’ampleur du trafic de drogue en Guinée-Bissau.  Elle a toutefois salué la saisie récente de 2 tonnes de cocaïne par la police du pays.

M. MATHIAS LICHARZ (Allemagne) a noté que la Guinée-Bissau figure aujourd’hui au nombre des pays en transition.  Alors que le BINUGBIS prépare son retrait du pays, il est important que le Conseil de sécurité suive attentivement l’évolution de la situation dans ce pays pour lui fournir un appui circonstancié.  À cet égard, a relevé le représentant, la Commission de consolidation de la paix (CCP) constitue un outil important et son lien avec le Conseil de sécurité n’est pas pleinement exploité.  Il a, par conséquent, appelé à un renforcement des échanges entre les deux instances. 

Se ralliant à l’avis des autres délégations, le représentant a invité le Gouvernement bissau-guinéen à garantir la tenue d’une élection présidentielle juste et crédible en novembre.  Il s’est félicité du soutien apporté au processus électoral par l’Union africaine et la CEDAO et, plus largement, par le groupe des cinq partenaires internationaux.  Il a également salué la prise en compte de la problématique hommes-femmes dans le processus électoral et le renforcement des institutions.  Selon lui, les principaux défis auxquels est confronté le pays sont le trafic de drogue et la criminalité transfrontalière, ce qui justifie l’appui de l’ONUDC aux autorités bissau-guinéennes.  Avant de clore son propos, le représentant a dit attendre avec impatience les détails du processus de transition.  Saluant la nomination de la nouvelle Représentante spéciale du Secrétaire général, il a exhorté tous les acteurs à veiller à ce qu’il n’y ait « pas de vide ni de rechute », conformément aux dispositions de la résolution 2458. 

M. DMITRY A. POLYANSKIY (Fédération de Russie) a salué l’organisation des élections législatives au mois de mars, signe que les parties ont été capables de surmonter leurs divergences.  Toutefois, a-t-il noté, la période postélectorale a été marquée par « des difficultés considérables », s’agissant notamment de la répartition des portefeuilles ministériels.  Le représentant a cependant estimé que ces difficultés étaient inhérentes au processus électoral et n’avaient rien d’inquiétant, surtout qu’elles ont été surmontées.  Le représentant a estimé que le pays est désormais prêt à tourner la page de 2012.  Il a salué la décision de l’armée de prendre ses distances vis-à-vis de la vie politique nationale et s’est dit convaincu de la nécessité d’aborder la question de la levée des sanctions au Conseil.  Le maintien des sanctions a déjà des effets négatifs, a-t-il estimé, jugeant en outre crédible le retrait du BINUGBIS en 2020, « mais pas avant ».

Assurant que son pays est « résolument engagé » dans la conclusion du cycle électoral avec la tenue de l’élection présidentielle le 24 novembre prochain, M. FERNANDO DELFIM DA SILVA (Guinée-Bissau) a affirmé que cette échéance électorale sera l’occasion pour le peuple bissau-guinéen de « renouveler la légitimité des institutions de la République, déjà entamée avec la réalisation des élections législatives du 10 mars ».  À la suite de ce scrutin, a rappelé le représentant, le Président José Mário Vaz a reconduit M. Aristide Gomes au poste de premier ministre, le 22 juin, et un gouvernement a été mis en place le 3 juillet, comprenant 11 femmes sur un total de 31 membres.

Pour le délégué, il convient de saluer l’importance des décisions prises lors du dernier sommet de la CEDEAO, à Abuja, pour désamorcer la crise qui persiste entre les acteurs politiques nationaux.  Dans quelques jours, a-t-il dit, le Gouvernement soumettra ses instruments de gouvernance, notamment son programme et son budget, à l’approbation de l’Assemblée nationale.  En vue de la présidentielle de novembre, il a également procédé, le 16 août, au lancement d’un processus de correction des listes électorales, a ajouté le représentant, sans cacher que ce processus « ne fait pas l’unanimité » entre les acteurs politiques et au sein de la société civile.  Toutefois, a-t-il dit, « nous espérons qu’avec le dialogue, les parties concernées se mettront d’accord ». 

Le représentant a noté que le contexte politique actuel est marqué par la saisie, le 2 septembre, par la police judiciaire de Guinée-Bissau d’une « quantité de stupéfiants sans précédent », à savoir 2 tonnes de cocaïne.  Ce fait, a-t-il dit, vient illustrer l’attractivité du pays pour les réseaux de la criminalité transnationale organisée, compte tenu de sa vulnérabilité mais aussi de la fragilité de ses institutions.  Il constitue aussi la preuve de la détermination des autorités nationales à combattre ce fléau qui vise à miner l’intégrité d’un État souverain, a-t-il martelé, précisant que l’opération « Navarra », menée avec l’aide de partenaires, a conduit à l’arrestation d’une dizaine de suspects et porté un « coup dur » à ce réseau criminel. 

Dans la foulée de cette opération, le représentant a souhaité attirer l’attention du Conseil sur la nécessité de renforcer la coopération dans le domaine de la lutte contre le trafic des stupéfiants entre le Gouvernement bissau-guinéen et l’ONUDC, et ce, sans préjudice de l’exécution du mandat du BINUGBIS, contenu dans la résolution 2458 (2019).  Cela permettra, entre autres, de renforcer les capacités des institutions nationales qui opèrent dans des conditions d’extrême précarité, a-t-il relevé.  En conclusion, il a réitéré la gratitude de son pays pour l’accompagnement du Conseil de sécurité de l’ONU, mais aussi des organisations régionales et sous-régionales, notamment l’Union africaine et la CEDEAO. 

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