Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 19 février 2019

dbf190219
19 février 2019

Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 19 février 2019

(La version française du Point de presse quotidien n’est pas un document officiel des Nations Unies)

Ci-dessous les principaux points évoqués par M. Stéphane Dujarric, Porte-parole de M. António Guterres, Secrétaire général de l’ONU:

Voyages du Secrétaire général

Le Secrétaire général se rendra la semaine prochaine à Genève, où il fera un discours lundi à l’ouverture de la quarantième session du Conseil des droits de l’homme.  Il prendra également la parole lors d’une session extraordinaire de la Conférence du désarmement.

Dans l’après-midi, le Secrétaire général et le Président du Comité international de la Croix-Rouge, M. Peter Maurer, feront une déclaration commune sur la violence sexuelle et sexiste contre les personnes en situation de conflit.

Dans la soirée, le Secrétaire général s’adressera à l’Association des correspondants de l’ONU à Genève (ACANU) sur le thème « Liberté de la presse et journalistes agressés ».

Mardi, il convoquera une conférence de haut niveau sur la crise humanitaire au Yémen, organisée conjointement par la Suède et la Suisse, dont il a été beaucoup question aujourd’hui.  Cet événement est une occasion importante pour la communauté internationale de préciser son engagement soutenu à sauver la vie des personnes affamées et vulnérables au Yémen.

Yémen

L’envoyé spécial pour le Yémen, M. Martin Griffiths, a fait un exposé ce matin par visioconférence pour informer le Conseil de sécurité de ce qu’il a qualifié de progrès importants dans la mise en œuvre des accords conclus à Stockholm.  Il s’est félicité de l’accord sur le redéploiement des parties -d’abord de Saleef et Ras Issa, puis du port de Hodeïda- dans un premier temps.  M. Griffiths a déclaré que malgré le non-respect des délais, les parties ont constamment montré leur engagement en faveur de l’accord.

Il a ajouté qu’il continuait de travailler à la libération des prisonniers par les parties, affirmant que le mot d’ordre du processus était la libération de « tous pour tous ».  Il a exprimé l’espoir que la libération du premier groupe de prisonniers pourrait avoir lieu prochainement.

M. Mark Lowcock, le Coordonnateur des secours d’urgence, a pour sa part déclaré qu’environ 80% de la population yéménite -soit environ 24 millions de personnes- avaient besoin d’une assistance humanitaire et d’une protection.  Quelque 20 millions de personnes ont besoin d’aide pour se procurer de la nourriture, dont 10 millions qui sont à deux doigts de la famine.  En résumé, a-t-il dit, les choses vont très mal et, malheureusement, les agences d’aide sont à court d’argent.

M. Lowcock a déclaré que les ressources actuelles devraient être épuisées d’ici à la fin du mois de mars, dans six semaines seulement.  Il a évoqué la réunion prévue la semaine prochaine, à Genève, pour les annonces de contributions pour le Yémen, et a exhorté les États Membres à y participer à haut niveau et, bien entendu, à faire des promesses de dons généreuses.  Ensemble, a-t-il déclaré, nous pouvons sauver des millions de vies supplémentaires au Yémen, mais uniquement si nous disposons des ressources nécessaires.

Appel humanitaire pour le Yémen

L’ONU et ses partenaires humanitaires ont lancé aujourd’hui un appel pour lever 4,2 milliards de dollars en vue d’aider 19 millions de personnes qui se trouvent dans le besoin au Yémen.

Après quatre années de conflit, la crise humanitaire au Yémen est la pire du monde, avec 10 millions de personnes se trouvant à deux doigts de la famine.  Depuis 2015, près de 15% de la population du Yémen ont été forcés de fuir leur domicile, la grande majorité étant toujours déplacée.

Syrie

L’ONU a condamné l’attentat commis hier dans la ville d’Edleb, qui a fait des morts et des blessés parmi les civils, dont beaucoup de femmes et d’enfants.  Au moins 17 personnes auraient été tuées lors d’une double explosion dans le quartier d’Al-Qusour, à Edleb, et près de 100 personnes auraient été blessées, y compris des civils et des volontaires de l’aide humanitaire.

L’ONU est gravement préoccupée par les informations faisant état de ce qui semble être une incitation aux hostilités et d’un nombre croissant de victimes dans le nord-ouest de la Syrie.

De plus, 130 écoles de la province d’Edleb sont toujours fermées à cause des hostilités, ce qui affecte près de 50 000 enfants.

L’ONU réitère son appel à toutes les parties au conflit pour qu’elles respectent les obligations qui leur incombent en vertu du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme, et pour qu’elles assurent la protection des civils, en faisant cesser la destruction des hôpitaux et autres infrastructures civiles qui sont essentielles pour la population civile.

Conseil consultatif de la société civile

Le Secrétaire général a annoncé aujourd’hui la nomination de sept experts au sein du nouveau Conseil consultatif de la société civile sur la prévention de l’exploitation et des atteintes sexuelles.  La mission du Conseil est de favoriser une interaction plus étroite entre la société civile, les experts et organisations externes, dans le cadre des efforts de l’ONU pour lutter contre l’exploitation et les atteintes sexuelles.

République centrafricaine

En réponse aux questions sur le rôle de la mission de maintien de la paix de l’ONU lors des violences qui ont eu lieu à Batangafo, en République centrafricaine, à la fin du mois d’octobre dernier, le porte-parole a déclaré ce qui suit:

Lorsque les violences ont éclaté les 30 et 31 octobre 2018, notamment le feu mis au camp de personnes déplacées par les ex-Séléka, les Casques bleus sont intervenus en repoussant les combattants de l’ex-Séléka et en aidant à protéger des travailleurs humanitaires et des employés de l’administration locale ainsi que des centaines de personnes déplacées qui ont fui vers la base temporaire de la mission.

Alors que les tensions se poursuivaient début novembre, des Casques bleus ont patrouillé sur les axes Batangafo-Bouca et Batangafo-Kabo pour dissuader les groupes armés d’utiliser la violence et pour protéger les civils.  La mission a également déployé des troupes supplémentaires pour rétablir la sécurité dans la ville.

La mission de maintien de la paix a immédiatement lancé une enquête interne pour examiner les événements et la réponse apportée par la mission.  Ce rapport est en cours de finalisation et ses résultats seront publiés.  Si l’enquête sur les allégations concluait à l’insuffisance des actions des Casques bleus à Batangafo, des mesures seraient prises pour améliorer l’exécution du mandat de protection.

Groupe d’observateurs militaires des Nations Unies dans l’Inde et le Pakistan (UNMOGIP)

En réponse à des questions sur un incident récent impliquant le Groupe d’observateurs militaires des Nations Unies dans l’Inde et le Pakistan, connu sous le nom de UNMOGIP, le porte-parole a déclaré ce qui suit:

Le Groupe d’observateurs a rapporté qu’un véhicule des Nations Unies avait été encerclé à Jammu, le 16 février, par un groupe de manifestants qui avaient placé un drapeau pakistanais devant le véhicule.  Celui-ci a tenté de contourner le drapeau mais n’a pas pu le faire.

La mission a informé les autorités indiennes et pakistanaises de cet incident regrettable qui n’a pas pu être évité.  La mission a également demandé à l’Inde de fournir des escortes supplémentaires et elle a indiqué qu’elle mènerait une enquête.

Réfugiés

Les nouvelles données publiées aujourd’hui par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) montrent que, au moment où le monde connaît un nombre record de déplacements forcés, à peine 4,7% des besoins en matière de réinstallation des réfugiés ont été satisfaits l’année dernière.  Cela signifie que sur 1,2 million de réfugiés ayant besoin d’une réinstallation en 2018, seulement 55 692 ont été réinstallés.

La plupart des réfugiés pour qui une réinstallation a été demandée viennent de Syrie, de République démocratique du Congo, d’Érythrée et d’Afghanistan.  Parmi eux, 68% ont été victimes de violences et de torture, ont besoin de protection physique et juridique ou sont des femmes et des filles en danger.

À l’intention des organes d’information • Document non officiel.