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CS/14359
17 novembre 2020
8777e séance – matin

Le Conseil de sécurité entend un bref exposé du Président du Comité des sanctions créé par la résolution 2374 (2017) concernant le Mali  

Le Conseil de sécurité a entendu ce matin, un bref exposé du  Président du Comité établi par la résolution 2374 (2017) du Conseil de sécurité sur le Mali, M. José Singer Weinsinger, par ailleurs Représentant permanent de la République dominicaine auprès des Nations Unies.    Aucun membre du Conseil n’est intervenu à la suite de cet exposé. 

 M. Singer Weinsinger a indiqué que le Comité s’était réuni à trois reprises depuis le début de cette année.  Des consultations informelles ont été tenues le 12 février, pour la préparation du rapport à mi-parcours du Groupe d’experts sur le Mali, soumis au Conseil de sécurité en vertu du paragraphe 4 de la résolution 2484 (2019).   

Les membres du Comité se sont également réunis, le 2 mars, avec les représentants du Mali, et de pays de la région, notamment de l’Algérie, du Burkina  Faso, du Tchad, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, de la  Mauritanie, du Maroc et du Niger.   Sous ce même format, le 5 août le Comité a entendu la présentation du rapport final du Groupe d’experts sur le Mali

L’exposé annuel de ce jour intervient quatre mois après le coup d’état militaire du 18 août dernier, qui a renversé l’ancien Président, M. Ibrahim Boubacar Keïta, et 16 mois après une visite de terrain effectuée par des membres Comité au Mali.   Au cours de cette visite la délégation avait constaté un « bas niveau » de compréhension du régime de sanctions par les autorités maliennes, mettant en lumière la nécessité d’un accroissement de la sensibilisation quant aux buts visés par le régime.   

 Cette sensibilisation aux buts visés par les sanctions s’avère d’autant plus nécessaire que le rapport final du Groupe d’experts, montre qu’avant le coup d’État, les forces gouvernementales du Mali, du Niger et du Burkina Faso avaient développé « une tendance » à la violence contre les civils durant les opérations contre-insurrectionnelles.   À cela s’ajoutaient les exactions perpétrées par les milices ethniques au centre du Mali, notamment la milice dogon malienne, Dan Nan Ambassagou.  Alliée à̀ des groupes analogues au Burkina Faso, elle a commis des atrocités contre des civils de part et d’autre de la frontière.  Le 14 février 2020, pas moins de 35 civils peuls ont été massacrés à Ogossogou par la milice dogon.    

De plus, cinq ans après sa signature, observe encore le rapport, l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, n’est toujours pas mis en œuvre, en raison des discordes entre parties signataires et des conditions sécuritaires non propices.   Il existe même un décalage entre les déclarations officielles du Gouvernement et le soutien constant apporté par des acteurs étatiques maliens à des personnes désignées par le Comité comme sabotant le processus de paix.  Cette attitude a fini par créer la méfiance des parties signataires, notamment de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA).    

Dans ce contexte, le rapport estime que les principaux responsables gouvernementaux maliens chargés de faire appliquer l’Accord et les acteurs politiques qui soutiennent les saboteurs, doivent en être rendus responsables, conformément à la résolution 2374 (2017) du Conseil de sécurité.   

 À ce jour, le Comité a inscrit huit individus sur la Liste des sanctions 2374. 

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