Print
dbf200508
8 mai 2020

Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 8 mai 2020

(La version française du Point de presse quotidien n’est pas un document officiel des Nations Unies)

Ci-dessous les principaux points évoqués par M. Stéphane Dujarric, Porte-parole de M. António Guterres, Secrétaire général de l’ONU:

Secrétaire général / Discours de haine

Le Secrétaire général a lancé, aujourd’hui, un appel mondial pour combattre et contrer les discours de haine liés à la COVID-19.

Le Secrétaire général a déclaré que la COVID-19 n’a que faire de qui nous sommes, du lieu où nous vivons, de nos croyances ou de nos différences, et pourtant, la pandémie continue de générer une avalanche de haine et de xénophobie; on désigne des boucs émissaires; on entretient la peur.

Il souligne que nous devons agir maintenant pour renforcer l’immunité de nos sociétés face au virus de la haine.  Il demande aux dirigeants politiques de montrer leur solidarité envers tous les membres de la société et de bâtir et de renforcer la cohésion sociale.

Le Secrétaire général demande également aux établissements d’enseignement de s’intéresser à la maîtrise des outils numériques et aux médias d’en faire davantage pour signaler et supprimer les contenus préjudiciables.

Il demande aussi à la société civile de se rapprocher des personnes vulnérables et aux responsables religieux de se faire les hérauts du respect mutuel.

Enfin, il demande à chacune et chacun, partout dans le monde, de s’élever contre la haine, de traiter autrui avec dignité et de répandre la bonté en toute occasion. 

Élimination de la variole

Aujourd’hui marque le quarantième anniversaire de l’élimination de la variole.  C’est la première et seule maladie humaine à avoir été éliminée à l’échelle mondiale grâce à la collaboration des pays du monde.  Avant d’être éradiquée, la variole avait tourmenté l’humanité pendant au moins 3 000 ans, tuant 300 millions personnes au cours du seul XXe siècle, ce qui représente quatre millions de personnes par an.

En début de journée, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a organisé une conférence de presse pour commémorer ce jalon.  Le Directeur exécutif de l’OMS, M. Tedros Adhanom Ghebreyesus, a indiqué que nombre des outils utilisés pour s’attaquer à la variole sont les mêmes qui ont été utilisés pour combattre Ebola et à présent la COVID-19.  Il a ajouté que l’OMS travaille avec des partenaires pour créer un vaccin, l’outil qui, au final, a permis d’éliminer la variole.

Tout comme la variole, a-t-il dit, la COVID-19 nous offre l’opportunité de modifier la trajectoire de la santé mondiale et de bâtir un monde plus sûr et plus sain pour tous.

L’Administration postale de l’Organisation des Nations Unies (APNU) a dévoilé, aujourd’hui, un timbre qui rend hommage aux millions de personnes qui ont travaillé ensemble, allant des dirigeants du monde et des organisations internationales, aux médecins ruraux et aux agents de santé communautaire, pour éliminer la variole.

Souvenir et réconciliation

Un message du Secrétaire général devait être publié cet après-midi, à 17 h 30, pour marquer les Journées du souvenir et de la réconciliation en hommage aux victimes de la Seconde Guerre mondiale.  Ce sera l’occasion de rendre hommage aux millions de personnes qui ont perdu la vie pendant la guerre et d’honorer leur sacrifice.  Cette année marque le soixante-quinzième anniversaire de la fin de la guerre.

Iraq

Dans une déclaration publiée hier, le Secrétaire général a salué la mise sur pied du nouveau Gouvernement iraquien conduit par le Premier Ministre, M. Mustafa Al-Kadhimi.

Le Secrétaire général a exprimé son appui au nouveau Gouvernement et appelé à la mise en œuvre des réformes importantes propres à améliorer la vie de la population et à renforcer les institutions démocratiques iraquiennes.  Le Secrétaire général a réitéré l’importance qu’il y a à agir dans l’intérêt de tous les Iraquiens, grâce à un processus politique auquel les femmes, les jeunes et toutes les différentes communautés du pays, y compris les minorités ethniques et religieuses, peuvent activement participer. 

COVID-19 / Secrétaire général / Coordonnateurs résidents de l’ONU

Hier après-midi, le Secrétaire général et la Vice-Secrétaire générale se sont entretenus avec les coordonnateurs résidents de l’ONU qui couvrent 162 pays et territoires.

Les coordonnateurs résidents dirigent les équipes de l’ONU qui travaillent nuit et jour avec les gouvernements pour aplanir la courbe et faire face à l’impact de la pandémie de COVID-19.

Le Secrétaire général a souligné l’étendue du défi et le rôle critique que représente le pilotage de la réponse de l’ONU sur le terrain alors que le virus se propage dans les pays du Sud.

Dans les propos qu’il leur a adressés, il a souligné que seuls la coopération, la solidarité et le multilatéralisme permettent de répondre aux défis mondiaux.

ECOSOC

Lundi, à 10 heures, la Présidente du Conseil économique et social (ECOSOC), Mme Mona Juul, Représentante permanente de la Norvège, convoquera une réunion virtuelle informelle sur le thème « Unir les forces: des solutions politiques efficaces pour la réponse à la COVID-19 ».  L’ECOSOC réunira l’expertise de l’ensemble du système de l’ONU pour discuter des solutions politiques que les pays pourraient utiliser pour combattre la pandémie, préserver les avancées réalisées et revenir sur la voie pour atteindre les objectifs du développement durable (ODD).  La réunion sera diffusée sur UN WebTV.

La Vice-Secrétaire générale, Mme Amina Mohammed, y participera, ainsi que la Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Mme Michelle Bachelet, et d’autres dirigeants d’agences de l’ONU.

Par ailleurs, le Groupe consultatif ad hoc sur Haïti de l’ECOSOC a publié, aujourd’hui, une déclaration dans laquelle il exprime sa solidarité avec Haïti durant la pandémie.  Le Groupe appelle l’ONU, les États Membres, les donateurs et les institutions financières internationales à agir ensemble et avec détermination et urgence pour prévenir et répondre à la propagation de la COVID-19 et en atténuer les conséquences humanitaires et socioéconomiques.

COVID-19 / Appel du Pacifique 

Dans le Pacifique, deux coordonnateurs résidents de l’ONU –M. Sanaka Samarasinha et Mme Simona Marinescu-, qui dirigent des équipes de l’ONU couvrant 14 pays et territoires, ont lancé hier un plan de réponse à la COVID-19 de 35,3 millions de dollars. 

Le plan répond aux besoins immédiats en matière d’éducation, de sécurité alimentaire, de moyens de subsistance, d’eau et d’assainissement, de nutrition, de protection, de logistique, ainsi que de télécommunications d’urgence.  Bien que les ressources existantes de l’ONU aient été réorientées vers la riposte à la pandémie, il reste un déficit de financement de 19 millions de dollars à combler.  Bien que certains pays du Pacifique n’aient pas de cas confirmés de virus, leurs économies sont déjà profondément affectées, avec un ralentissement important du tourisme, des importations, des exportations et des envois de fonds. 

Les gouvernements, l’ONU ainsi que tous ses partenaires, mettent l’accent sur une reprise rapide qui protège les plus vulnérables, en particulier les femmes et les enfants, ainsi que les emplois et les petites entreprises. 

Un plan sanitaire supplémentaire pour le Pacifique, dirigé par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), nécessite 42 millions de dollars pour les fournitures, la formation du personnel médical et la communication sur les risques.  Ces fonds compléteront les ressources du fonds d’affectation spéciale pluripartenaire pour l’action face à la COVID-19 et pour le relèvement qui avait été lancé par le Secrétaire général pour lutter contre les impacts dans les économies très fragiles, vulnérables au climat et tributaires du tourisme.  Certains pays du Pacifique se remettent encore des effets du récent cyclone Harold. 

Liban

Au Liban, le Coordonnateur résident et Coordonnateur de l’action humanitaire de l’ONU par intérim, M. Claudio Cordone, ainsi que les partenaires humanitaires de l’ONU, ont lancé hier un appel d’urgence en faveur du Liban, demandant 350 millions de dollars. 

L’appel portera sur les domaines critiques de l’intervention humanitaire auprès des personnes à risque en raison de l’épidémie de COVID-19 et de son impact socioéconomique immédiat.  Le début de la pandémie au Liban est survenu à un moment extrêmement difficile, aggravant les vulnérabilités préexistantes.  L’épidémie a accru la pression sur un système de santé national déjà surchargé et sous-financé. 

Syrie

La Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Mme Michelle Bachelet, a exprimé aujourd’hui ses vives inquiétudes quant à la poursuite des abus et des violations des droits de l’homme et à une forte augmentation des meurtres de civils en Syrie.  Elle dit que la détérioration de la situation est une bombe à retardement qui ne doit pas être ignorée. 

Elle a également déclaré que son bureau recevait chaque jour davantage de rapports sur des assassinats et des bombardements ciblés perpétrés d’un bout à l’autre du pays.  Beaucoup de ces attaques ont lieu dans des zones peuplées. 

Somalie

En Somalie, le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) a averti aujourd’hui que la sécurité et le bien-être de 2,6 millions de personnes déplacées sont menacés par de fortes inondations, des conflits, une économie paralysée, des essaims imminents de criquets pèlerins et la propagation de la COVID-19.  Le HCR appelle à une réponse forte et coordonnée de la communauté internationale, des autorités somaliennes nationales et locales ainsi que des acteurs humanitaires pour répondre aux besoins humanitaires massifs. 

En début de semaine, le HCR et le Gouvernement ont acheminé par avion des fournitures d’urgence -notamment du savon, des couvertures, des nattes de couchage, des batteries de cuisine et des bâches en plastique– afin d’aider plus de 8 000 personnes à Baidoa, Bardheere et Qardho.  Un deuxième pont aérien devrait avoir lieu dès aujourd’hui, et l’assistance du HCR devrait atteindre 37 000 personnes au total. 

De son côté, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a averti aujourd’hui que des centaines de migrants sont bloqués à Bossaso, au Puntland, en raison de la fermeture des frontières et des traversées de la mer en raison de la pandémie.  Chaque année, des dizaines de migrants, principalement originaires de l’Éthiopie enclavée, passent par Bossaso pour traverser le golfe d’Aden jusqu’au Yémen, dans l’espoir de continuer vers les pays du Golfe. 

Afrique de l’Est / Corne de l’Afrique

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a déclaré que le nombre de personnes déplacées dans la Corne de l’Afrique avait diminué au cours des six derniers mois.  Cela est largement dû au fait que 1,3 million d’Éthiopiens qui avaient été déracinés par la violence communautaire en 2019 sont rentrés chez eux. 

Méditerranée centrale / Droits de l’homme

Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme s’est déclaré aujourd’hui profondément préoccupé par les informations récentes faisant état de l’échec à venir en aide aux bateaux de migrants en Méditerranée centrale.  La Méditerranée centrale continue d’être l’une des voies de migration les plus meurtrières au monde. 

Contribution financière

Maurice a payé la totalité de sa contribution au budget ordinaire de l’ONU.  À ce jour, on compte 89 États Membres ayant payé intégralement leur contribution pour 2020 et les années précédentes. 

À l’intention des organes d’information • Document non officiel.