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ECOSOC/7025
23 Juillet 2020

ECOSOC: M. Munir Akram, du Pakistan, élu à la tête du Conseil économique et social pour la session de 2021 qui sera marquée par le défi de la sortie de COVID-19

« Le Pakistan mènera les travaux du Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC) avec objectivité et impartialité mais non sans ambition: l’ambition de promouvoir les objectifs vitaux de la sortie de crise de la COVID-19, de la réalisation des objectifs de développement durable (ODD) au cours de la décennie d’action (2019-2030) et de la mise en œuvre de l’Accord de Paris sur les changements climatiques », a déclaré ce matin M. Munir Akram, du Pakistan, après son élection à la présidence de l’ECOSOC pour la session de 2021. 

Celui qui a déjà présidé la session de 2005 de l’ECOSOC a martelé que les États Membres sont confrontés à trois défis mondiaux simultanés: la pandémie de COVID-19 et ses conséquences, la réalisation des ODD d’ici à 2030 et la menace existentielle liée à la catastrophe climatique. 

À l’instar de la Vice-Secrétaire générale des Nations Unies, Mme Amina J. Mohammed, et du Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales, M. Liu Zhenmin, le nouveau Président de l’ECOSOC a rappelé que tous ces défis sont au cœur du mandat de l’ECOCOC.  « Les décisions politiques générales visant à relever chacun de ces trois défis simultanés ont été prises, des engagements ont été pris.  Ce qu’il faut maintenant, c’est la mise en œuvre », a déclaré Munir Akram avant d’appeler à soutenir les pays le plus démunis qui ont consacré entre 10 et 20% de leur produit intérieur brut (PIB) pour faire face aux conséquences de la pandémie.

De concert, les trois hauts représentants de l’ONU ont rappelé que l’épidémie de COVID-19 infligée à une économie mondiale déjà au ralenti allait rendre la réalisation des ODD encore plus difficile, avec plus de 100 millions de personnes qui risquent de sombrer dans l’extrême pauvreté dans les pays en développement, érodant les bénéfices de 10 ans de lutte pour la croissance et le développement.

« Pendant ce temps, le réchauffement climatique s’accélère, générant des événements climatiques extrêmes de plus en plus fréquents.  À moins que nous ne puissions mettre en œuvre les objectifs convenus de l’Accord de Paris, dans les délais prévus, nous sommes confrontés à la réelle perspective de rendre notre planète inhabitable pour l’humanité et pour tous les êtres vivants », a mis en garde M. Akram. 

Pour corriger les inégalités, le nouveau Président de l’ECOSOC a jugé déterminante l’application du principe des responsabilités communes mais différenciées, non seulement dans la lutte contre les changements climatiques, mais aussi dans la promotion des ODD et dans la restructuration de l’architecture financière et commerciale internationale et du système de gouvernance mondiale.

Parmi ses priorités, M. Akram a indiqué qu’il nommera un nouveau groupe d’amis pour préparer de manière proactive l’interaction entre les examens nationaux volontaires lors du prochain forum politique de haut niveau pour le développement durable.  Il souhaite également utiliser le Forum de coopération au développement 2021 pour favoriser un système de coopération au développement « cohérent et axé sur les ODD ».

De son côté, la Vice-Secrétaire générale de l’ONU a fait remarquer que la réponse à la pandémie de COVID-19 a été perçue comme un témoignage des progrès accomplis grâce au repositionnement du système des Nations Unies pour le développement et comme un accélérateur de changement à tous les niveaux.  Elle s’est dite « fière des réalisations de l’ECOSOC au cours de sa session de 2020 », malgré les limites induites par la COVID-19, en expliquant que, de la tenue du forum politique de haut niveau pour le développement durable au briefing de haut niveau avec les chefs du système des Nations Unies sur la réponse au COVID 19, l’ECOSOC se montrait à l’avant-garde de la réponse de l’ONU aux défis liés à la pandémie.  Parmi les autres accomplissements de l’ECOSOC cette année, Mme Mohammed a noté que le Forum sur le financement du développement a abouti au premier document universellement accepté sur le financement de la réponse à la COVID-19, ce qui a mis en évidence le besoin crucial de repenser le financement mondial. 

Sur le même ton, le Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales de l’ONU a souligné que le forum politique de haut niveau pour le développement durable de cette année avait donné une première occasion de prendre la pleine mesure de l’impact dramatique de la pandémie de COVID-19 sur les ODD, alors que le monde est déjà en retard pour atteindre les objectifs d’ici à 2030.  Après avoir souligné la nécessité d’une réponse multilatérale à la COVID-19 et d’une solidarité internationale avec les pays et les populations les plus vulnérables, le Chef du Département des affaires économiques et sociales (DESA) a estimé que la riposte à la COVID-19 est une opportunité pour construire le type de systèmes socio-économiques et de sociétés qui mèneront aux ODD en 2030.

Par ailleurs, M. Liu s’est félicité de l’adoption, hier soir, de la résolution de l’ECOSOC sur les activités opérationnelles pour le développement qui fournit des orientations importantes au système des Nations Unies pour le développement sur les prochaines étapes de la réforme au niveau régional et dans les bureaux multipays. 

La Présidente sortante, Mme Mona Juul (Norvège), qui a été la cinquième femme à la tête de l’ECOSOC en 75 ans d’histoire des Nations Unies, a estimé que l’ECOSOC avait démontré la pertinence de son mandat qui est « plus convaincant que jamais », au milieu des bouleversements et des risques mondiaux de la COVID-19, de la crise climatique, de l’injustice raciale et des inégalités croissantes.  Elle a rappelé la contribution de l’ECOSOC à la coopération internationale sur les questions économiques, sociales et culturelles, ainsi que son travail pour promouvoir le respect universel des droits de l’homme et des libertés fondamentales pour tous et sans distinction de race, de sexe, de langue ou de religion.

« Si la pandémie a changé le monde dans lequel nous vivons, notre engagement à réaliser l’avenir que nous voulons n’a pas changé », a indiqué Mona Juul avant de préciser que cette crise de la COVID-19 donne aujourd’hui la possibilité de corriger les fragilités du monde en investissant de manière adéquate dans la résilience, la couverture sanitaire universelle, une éducation de qualité et une protection sociale suffisante, en faveur d’un avenir « plus vert, plus juste, plus inclusif et plus résilient ».  C’est, selon elle, une occasion unique de régler plusieurs problèmes: éviter les effets dévastateurs des changements climatiques et inverser la dégradation de l’environnement et la perte de biodiversité; redresser les déséquilibres de pouvoir qui laissent les femmes et les filles constamment supporter le poids de toute crise; lutter contre les injustices sociales et raciales qui affligent nos sociétés et exacerbent ses inégalités; et finalement, transformer notre monde en ne laissant personne de côté.

« Lorsque cette pandémie sera derrière nous, notre force collective et notre potentiel futur seront définis par les choix que nous avons faits pour protéger les plus vulnérables », a conclu l’ambassadrice de la Norvège.

Par ailleurs, après l’élection de M. Akram à la présidence, l’ECOSOC a élu trois vice-présidents: M. Collen Vixen Kelapile (Botswana) en tant que représentant du Groupe des États d’Afrique; M. Sergiy Kyslytsya (Ukraine) représentant le Groupe des États d’Europe de l’Est; et Mme Pascale Baeriswyl (Suisse) représentante du Groupe des États d’Europe de l’Ouest.  Le vice-président issu du Groupe des États d’Amérique latine et des Caraïbes sera élu ultérieurement.

Le Président de l’ECOSOC a aussi indiqué que celui-ci avait adopté, à l’issue d’une procédure d’approbation tacite, l’ordre du jour provisoire de sa session de 2021 (E/2021/1), avant d’adopter une résolution (E/2021/L.1) sur l’« organisation des travaux de la session de 2021 du Conseil économique et social ».

Parmi les interventions, ont figuré celles des nouveaux vice-présidents.  Alors que les gains du développement sont menacés par l’épidémie de COVID-19, M. Kyslytsya a jugé déterminante la réforme du système de coordonnateur résident qui permet de mieux poursuivre les ambitions de l’ONU en matière de développement économique et social à travers le monde.  De son côté, M. Kelapile a souligné le rôle déterminant de l’ECOSOC en cette période de crise pour coordonner tous les travaux économiques et sociaux des Nations Unies avec ceux de ses fonds et programmes et de ses agences spécialisées.  De son côté, Mme Baeriswyl n’a pu prendre la parole en raison de problèmes techniques.

Ont également pris la parole les vice-présidents sortants de l’ECOSOC, MM. Omar Hilale (Maroc), Mher Margaryan (Arménie) et Juan Sandoval Mendiolea (Mexique).  Sont également intervenus au cours de cette séance tenue en visioconférence, les représentants des États-Unis, de l’Arabie saoudite, de l’Indonésie et de la Chine, qui ont tous salué la capacité de l’ECOSOC à faire face à ses missions économiques et sociales dans le contexte difficile de la pandémie de COVID-19.  Celui du Bangladesh n’a pu intervenir en raison de problèmes techniques liés à la visioconférence.

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