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SC/14173
29 avril 2020

Syrie: l’Envoyé spécial voit la possibilité « d’efforts communs » pour préserver le calme, accroître la riposte à la pandémie et aboutir à des progrès politiques

L’Envoyé spécial pour la Syrie, M. Geir Pedersen, a indiqué, ce matin devant le Conseil de sécurité, qu’il existe la possibilité « d’efforts communs » de la part des acteurs clefs en Syrie afin de préserver le calme « significatif » qui règne depuis début mars, d’accroître la riposte à la pandémie de COVID-19 et d’aboutir in fine à des progrès politiques en vue d’un règlement du conflit. 

L’accalmie dans plusieurs parties de la Syrie contraste avec les sommets de violence atteints ces dernières années, a expliqué l’Envoyé spécial, à l’entame de son intervention.  « Nous n’avons constaté ni offensive massive ni déplacements accrus depuis début mars. »  Il a néanmoins pointé le risque « constant » d’escalade et réclamé un cessez-le-feu dans tout le pays.

M. Pedersen a indiqué que les arrangements turco-russes se maintiennent dans le nord-ouest, avec des conséquences positives sur le terrain.  « Le niveau d’incidents est faible. »  Il a aussi noté que les différents arrangements de cessez-le-feu entre la Fédération de Russie, la Turquie et les États-Unis dans le nord-est continuent également d’être respectés.

L’Envoyé spécial a salué les mesures prises face au virus par le Gouvernement et la coalition de l’opposition syrienne ainsi que les autorités de facto dans les zones hors du contrôle gouvernemental.  Le bilan est pour l’heure mesuré, puisque 42 cas ont été recensés dans les zones contrôlées par le Gouvernement, un cas dans le nord-est et aucun dans le nord-ouest. 

Enfin, l’Envoyé spécial a indiqué que ces efforts communs pour un calme durable et une réponse sanitaire accrue en Syrie constituent la « seule voie responsable ».  Cette voie pourrait en outre aboutir à des progrès s’agissant du processus politique en application de la résolution 2254 (2015), a conclu M. Pedersen, rappelant qu’il ne peut y avoir de solution militaire. 

Nous devons obtenir un véritable cessez-le-feu et non une simple pause tactique en Syrie, a réagi la France, en réclamant un « processus politique crédible ».  La délégation a relevé que le « régime » continue de bloquer le travail de la Commission constitutionnelle, alors que l’opposition fait montre de souplesse.  « L’Envoyé spécial peut-il nous dire clairement quand il sera possible de poursuivre les efforts au sein de la Commission? » s’est impatientée la France.

Dans son intervention, M. Pedersen s’est félicité de l’accord trouvé sur l’ordre du jour de la prochaine session de la Commission.  « Nous exhortons les parties à s’engager de manière constructive au sein de la Commission, qui fait partie d’un processus politique plus large », a déclaré l’Afrique du Sud.  La Commission doit être indépendante, sans ingérence étrangère, a appuyé la Chine.  Saint-Vincent-et-les Grenadines a exhorté le Conseil à respecter la souveraineté de la Syrie, à laquelle l’Indonésie s’est également dite attachée.

De leur côté, les États-Unis ont mentionné le rapport rendu public le 6 avril de la Commission d’enquête de l’ONU, dans lequel celle-ci juge « très probable » la destruction d’installations médicales par le « régime » d’Assad et ses alliés.  La mission américaine a salué l’intention du Secrétaire général de nommer un conseiller indépendant de haut niveau pour donner suite à ses recommandations. 

Dans ce droit fil, l’Allemagne a mentionné le procès pour crimes contre l’humanité de deux anciens responsables des services de sécurité syriens à Coblence.  « Cela envoie un message très clair: ceux qui ont commis des crimes ne seront en sûreté nulle part. »  Elle a appelé les autres États à lancer des poursuites similaires et demandé que la lumière soit faite sur les allégations de crimes de guerre commis par le groupe Wagner en Syrie. 

Enfin, contrastant avec l’intervention de l’Envoyé spécial, la délégation de la Syrie a affirmé que les groupes terroristes ont tiré profit de l’accalmie et des préoccupations mondiales face à la pandémie pour réorganiser leurs forces « avec l’appui des forces d’occupation américaines et turques ».  Trois nouvelles brigades terroristes ont été formées mi-avril en prévision d’affrontements à venir dans le nord-ouest de la Syrie, a-t-elle mis en garde. 

La Syrie s’en est prise en particulier à la Turquie qu’elle a accusée de soutenir des groupes terroristes et d’avoir « sans honte » renforcé sa présence militaire, pourtant illégitime, en Syrie.  « Ce Conseil doit exhorter les États à cesser de soutenir le terrorisme et leur demander d’appuyer les efforts de l’État syrien », a conclu la délégation syrienne.

La Section des communiqués de presse ne couvre que les déclarations faites en visioconférence dont les textes ont été transmis à temps par la Division des affaires du Conseil de sécurité. 

M. GEIR PEDERSEN, Envoyé spécial du Secrétaire général pour la Syrie, a rappelé que les membres du Conseil ont exhorté, le mois dernier, toutes les parties à instaurer une période de calme et souligné la nécessité d’une pleine application de la résolution 2254 (2015).  Il s’agissait d’un signal bienvenu envoyé par ce Conseil, a-t-il dit, en rappelant l’appel du Secrétaire général pour un cessez-le-feu mondial immédiat. 

L’Envoyé spécial a plaidé pour un arrangement de cessez-le-feu durable, à l’échelle du pays, afin de permettre l’accès aux ressources nécessaires pour combattre la pandémie de COVID-19.  Le mois dernier, il a dit avoir maintenu des contacts actifs avec les parties syriennes et parlé avec les ministres des affaires étrangères et des acteurs clefs, y compris la Fédération de Russie, la Turquie, le République islamique d’Iran, les États-Unis, l’Union européenne et la Ligue des États arabes.  Il a apprécié l’engagement de ces acteurs pour aboutir à des progrès sur le plan politique et à des arrangements pour un cessez-le-feu durable. 

M. Pedersen a salué le calme significatif qui règne dans plusieurs parties de la Syrie, qui contraste avec les sommets de violence atteints ces dernières années.  « Nous n’avons constaté ni offensive massive ni déplacements accrus depuis début mars. »  Il a indiqué que les arrangements turco-russes se maintiennent dans le nord-ouest et noté les conséquences positives sur le terrain, notamment en comparaison avec les arrangements antérieurs.  « Le niveau d’incidents est faible », a-t-il indiqué avant de signaler que six patrouilles communes turco-russes ont été mises en place.  Si elles ont dû faire face à des défis, des réponses y ont été apportées.  J’appelle toutes les parties pertinentes à répondre de manière coopérative et ciblée aux groupes terroristes internationalement désignés, afin de ne pas compromettre le calme existant et la riposte à la COVID-19 et afin d’assurer le plein respect du droit international humanitaire et la protection des civils. 

M. Pedersen a aussi noté que les différents arrangements de cessez-le-feu entre la Fédération de Russie, la Turquie et les États-Unis dans le nord-est continuent de tenir en général.  Mais le calme est fragile, à la fois dans le nord-ouest et dans le nord-est, a nuancé M. Pedersen, en pointant le risque constant d’escalade en Syrie.  Une bombe a explosé hier sur un marché à Afrin tuant plus de 40 personnes, a-t-il rappelé, se disant préoccupé par les conditions sécuritaires dans le sud et par l’alarmante résurgence de Daech dans les zones désertiques du centre et de l’est de la Syrie.  Il s’est également dit préoccupé par les informations faisant état de frappes israéliennes dans les zones rurales d’Homs et de Damas, la plus récente s’étant produite ce lundi. 

L’Envoyé spécial a noté les mesures significatives prises face au virus par le Gouvernement et la coalition de l’opposition syrienne, ainsi que les autorités de facto dans les zones hors du contrôle gouvernemental.  Le bilan est pour l’heure faible, puisque 42 cas ont été recensés dans les zones contrôlées par le Gouvernement, un cas dans le nord-est et aucun cas dans le nord-ouest.  M. Pedersen a noté les difficultés qui pourraient entraver la riposte à la pandémie en Syrie et plaidé pour un accès humanitaire sans entrave.  Il a souligné la réponse positive apportée par les pays pour que les exemptions humanitaires aux sanctions soient mises à profit pour combattre la pandémie.  L’Envoyé spécial a de plus exhorté le Gouvernement et les autres parties à libérer les prisonniers, y voyant un impératif humanitaire.  Le Comité consultatif des femmes syriennes a apporté son soutien à un cessez-le-feu durable et au bon acheminement de fournitures médicales et de denrées dans tout le pays, a-t-il aussi signalé. 

M. Pedersen a rappelé que l’ordre du jour de la prochaine session de la Commission constitutionnelle a été agréé par les coprésidents, en appelant à faire fond sur cet accord.  « Ils se sont montrés clairs avec moi qu’un accord à la prochaine session sur les fondations et principes nationaux n’est pas une précondition pour aborder d’autres points lors de sessions ultérieures. »  L’Envoyé spécial a indiqué qu’il reste en contact avec eux sur la manière de reprendre les réunions à Genève dès que la situation le permettra, ajoutant qu’il s’entretient avec les membres de la société civile de la Commission.  Nous continuons de réfléchir à la tenue de travaux préparatoires dans l’intervalle, a-t-il dit, en appelant tous les membres à se préparer sérieusement. 

Les États-Unis ont réaffirmé leur appui à l’appel du Secrétaire général à un cessez-le-feu mondial et dit souscrire à la demande de l’Envoyé spécial Pedersen pour qu’il soit complet et immédiat en Syrie, dans le contexte de la propagation de la maladie en particulier dans le nord-ouest et le nord-est de la Syrie.  Bien que les « soi-disant garants d’Astana » aient tenu une téléconférence la semaine dernière pour discuter du processus de paix en Syrie, les États-Unis ont plaidé pour que l’ONU soit au centre de tout effort visant à établir un cessez-le-feu général, durable et vérifiable à l’échelle nationale.  De même, l’Envoyé spécial Pedersen a le pouvoir de surveiller les lignes de contact existantes pour s’assurer que les accords de cessez-le-feu sont respectés, et il est de la responsabilité de l’ONU de faire progresser la stabilité en Syrie, dans le but de parvenir à une solution politique, conformément à la résolution 2254. 

Dans son rapport rendu public le 6 avril, la Commission d’enquête de l’ONU a conclu qu’il était « très probable » que le régime d’Assad et ses alliés aient lancé des attaques ayant détruit des installations médicales.  Une action tout à fait inexcusable, ont déploré les États-Unis qui ont salué l’intention déclarée du Secrétaire général de nommer un conseiller indépendant de haut niveau pour donner suite aux recommandations de la Commission d’enquête.  Le Conseil doit tenir responsables ceux qui menacent la paix et la stabilité de la Syrie, a déclaré la délégation, ajoutant qu’il est essentiel que les éléments de preuve de la Commission d’enquête sur la Syrie soient partagés avec la Commission d’enquête internationale indépendante sur la Syrie et le Mécanisme international, impartial et indépendant chargé de faciliter les enquêtes sur les violations les plus graves du droit international commises en République arabe syrienne depuis mars 2011 et d’aider à juger ceux qui en sont responsables.   «  Si la justice a un sens pour nous, alors chaque membre du Conseil devrait soutenir la poursuite de cette démarche du Secrétaire général. »

Pour conclure, les États-Unis ont réitéré leur appel au régime d’Assad afin qu’il protège le sort de milliers de civils détenus arbitrairement, soulignant que la surpopulation et les conditions inhumaines dans ces centres de détention sont propices à la propagation rapide de la COVID-19.  Les États-Unis ont aussi exigé la libération immédiate de tous les civils détenus arbitrairement.  En outre, le régime d’Assad doit immédiatement accorder aux entités impartiales et indépendantes, y compris les organisations médicales et sanitaires, l’accès aux centres de détention du régime, ont réclamé les États-Unis alors que la lutte est menée contre la propagation de la COVID-19. 

L’Afrique du Sud a salué la bonne tenue de l’accord de cessez-le-feu signé entre la Turquie et la Fédération de Russie, malgré des bombardements sporadiques.  Elle a appelé les parties à œuvrer à un cessez-le-feu permanent dans tout le pays, afin de créer un environnement propice à la tenue d’un dialogue inclusif dirigé par les Syriens eux-mêmes.  Afin de ramener la paix en Syrie, la délégation a jugé nécessaire la fin de toute ingérence extérieure et le retrait de toutes les forces étrangères non autorisées.  Si elle a reconnu le droit souverain de chaque pays de lutter contre le terrorisme, l’Afrique du Sud a rappelé que toute action antiterroriste doit respecter le droit international.  Le but ultime doit être une solution politique durable, reflétant la volonté du peuple syrien.

S’agissant de la Commission constitutionnelle, la délégation a salué l’accord survenu entre les coprésidents sur l’ordre du jour de la prochaine réunion.  Nous exhortons toutes les parties à s’engager de manière substantielle et constructive dans ce processus, qui fait partie du processus politique plus large appuyé par l’Envoyé spécial, a déclaré la délégation.  Elle a rappelé que la résolution 2254 (2015) demeure le cadre du processus politique en Syrie et a appelé à sa pleine application.

Dans ce contexte de pandémie, l’Afrique du Sud a appuyé l’appel du Secrétaire général pour un cessez-le-feu immédiat dans tout le pays afin de permettre une riposte efficace, les conditions étant réunies en Syrie pour une propagation rapide du virus.  Au regard des conséquences humanitaires de la pandémie, la délégation a souhaité un allégement des mesures prises contre la Syrie et plaidé pour la libération des détenus et prisonniers.  Enfin, l’Afrique du Sud a souligné la nécessité d’appuyer les progrès sur les plans humanitaire et politique en Syrie afin d’aboutir à un règlement durable du conflit.

Saint-Vincent-et-les Grenadines s’est fait l’écho de l’appel en faveur d’un cessez-le-feu national immédiat et complet dans toute la Syrie.  De même, la délégation s’est félicitée de l’accord du 5 mars relatif aux hostilités dans le nord-ouest qui est dans l’ensemble respecté.  Cependant, cet accord demeure fragile et un cessez-le-feu national est plus que jamais essentiel.  En effet, une cessation totale des hostilités est vitale pour la création d’un environnement sûr et stable, qui contribuera à faire avancer le processus politique, a affirmé Saint-Vincent-et-les Grenadines, ajoutant que c’est également le seul moyen de vraiment permettre à la Syrie de lutter efficacement contre la pandémie de COVID‑19. 

Saint-Vincent-et-les Grenadines a réitéré son soutien aux efforts inlassables de l’Envoyé spécial dans le processus politique au sens large.  La délégation a dit apprécier particulièrement les mesures prises pour consulter les organisations de femmes de la société civile afin d’assurer leur participation significative.  L’inclusion des femmes mènera sans aucun doute à des résultats plus constructifs et équitables pour tous, a-t-elle relevé. 

La délégation a dit attendre avec intérêt la convocation du troisième cycle de pourparlers de la Commission constitutionnelle, tout en saluant le fait que les parties soient parvenues à un accord sur l’ordre du jour.  Pour Saint-Vincent-et-les Grenadines, des mesures de confiance sont nécessaires pour rétablir la confiance, promouvoir une participation active et contribuer à la viabilité du processus politique au sens large, comme souligné dans la résolution 2254 du Conseil de sécurité.  Dans cette optique, la délégation a réaffirmé que la question des personnes détenues et disparues arbitrairement devrait être abordée.  Tout en soulignant le caractère essentiel du soutien du Conseil aux objectifs de la résolution 2254, la délégation a demandé que l’organe onusien garde à l’esprit que ses actions doivent respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Syrie, et que ce n’est que par un processus politique crédible, équilibré et inclusif, qui réponde aux aspirations légitimes du peuple syrien, qu’une paix et une stabilité durables pourront être atteintes.  

L’Indonésie a appuyé pleinement l’appel lancé par l’Envoyé spécial Pedersen en faveur d’un cessez-le-feu national complet et immédiat dans toute la Syrie, se disant heureuse d’apprendre que celui-ci est respecté dans le nord-ouest.  Elle a félicité la Fédération de Russie et la Turquie pour leurs efforts énergiques et dit apprécier leurs patrouilles conjointes pour maintenir le calme.  Elle a aussi exhorté les parties concernées à respecter scrupuleusement leurs engagements en faveur d’un processus politique inclusif dirigé et contrôlé par les Syriens, facilité par les Nations Unies.  « L’Indonésie réaffirme son attachement à la souveraineté, à l’indépendance, à l’unité et à l’intégrité territoriale de la République arabe syrienne, en tant que fondement nécessaire à l’avancement du processus politique, dans le cadre de la résolution 2254. »

En outre, l’Indonésie a appelé à renforcer les niveaux de coopération diplomatique.  Elle a appelé les parties à faire preuve du compromis et de la flexibilité nécessaires pour permettre la poursuite des travaux de la Commission constitutionnelle.  La délégation a aussi apprécié que l’Envoyé spécial continue de dialoguer avec des interlocuteurs et les parties, au milieu de la pandémie de COVID-19.  Estimant que l’impact de l’épidémie sera imprévisible et potentiellement catastrophique, elle a exhorté les parties à déposer leurs armes dans le cadre d’un cessez-le-feu national.  Enfin, l’Indonésie a salué les efforts entrepris par le Gouvernement syrien pour lutter contre la COVID-19 et exhorté la communauté internationale à continuer de fournir les capacités sanitaires et les fournitures médicales nécessaires.

Le Viet Nam a salué les récents développements en Syrie sur les plans politique et sécuritaire, comme l’accord entre les coprésidents de la Commission constitutionnelle sur l’ordre du jour de la prochaine session, ou la situation relativement calme sur le terrain ces dernières semaines.  Il a souhaité que les parties concernées poursuivent les progrès pour mettre enfin un terme, pacifiquement, aux troubles qui durent depuis une décennie.  Le Viet Nam s’est dit tout de même préoccupé par la fragilité de la situation en Syrie en général et dans le nord-ouest en particulier, évoquant la situation humanitaire toujours dramatique qui est maintenant aggravée par la pandémie de COVID-19, en particulier dans le nord-ouest qui a connu des mois d’intenses hostilités.

La délégation a en outre exhorté toutes les parties en Syrie à tenir compte de l’appel du Secrétaire général à un cessez-le-feu mondial, afin de créer un environnement propice au dialogue et aux négociations.  Pour le Viet Nam, la pandémie de COVID-19 est l’ennemi commun, qui non seulement cible les personnes, en particulier les plus vulnérables, mais également entrave les efforts de paix et le maintien des progrès accomplis.  L’assistance de la communauté internationale à cet égard est donc essentielle, tant pour l’objectif humanitaire que pour progresser sur le plan général.  Le Viet Nam a également appelé les membres de la Commission constitutionnelle à continuer de tout mettre en œuvre pour maintenir leur coopération de bonne foi en cette période difficile, par tous les canaux possibles.  La délégation s’est félicitée des propositions que l’Envoyé spécial a mentionnées dans son rapport et elle a prié instamment toutes les parties syriennes à y accorder une attention particulière.

La France a estimé que la priorité, dans le contexte de l’épidémie de COVID-19, est d’obtenir un cessez-le-feu immédiat, complet et durable à l’échelle du pays.  Elle s’est inquiétée de la situation dans le nord-ouest où les bombardements se poursuivent et dans le nord-est, où la menace importante de Daech « justifie notre attention ».  La détérioration de la situation sécuritaire dans le sud-ouest au cours des derniers mois est également préoccupante.  La France a appelé les parties à répondre aux appels du Secrétaire général et de son Envoyé spécial en faveur d’un cessez-le-feu national, conformément à la résolution 2254 du Conseil de sécurité. 

Elle a regretté que le « régime syrien » n’ait pas répondu à ces appels qui visent à riposter à la pandémie de COVID-19.  Elle a prévenu que la propagation de la pandémie aggravera encore la grave situation humanitaire, en particulier à Edleb et dans le nord-est.  Elle a estimé que l’ONU doit être à l’avant-garde des efforts visant à obtenir un véritable cessez-le-feu et non « une simple pause tactique ».  Ce qu’il faut, a martelé la France, c’est un pas vers un processus politique crédible.  Elle a pris note de l’accord conclu par les parties sur l’ordre du jour de la Commission constitutionnelle mais a regretté que le « régime » continue de bloquer le travail, en essayant de revenir sur l’accord et en refusant les réunions en visioconférence.  L’opposition ne cesse de montrer des signes de souplesse et d’ouverture et on ne peut pas laisser le « régime » saper ainsi la crédibilité de l’ONU et de ce Conseil.  M. Geir Pedersen peut-il nous dire clairement quand il sera possible de poursuivre les efforts au sein de la Commission? s’est impatientée la France.

Alors que les élections approchent, elle a insisté sur un scrutin transparent, libre et équitable, conformément à la résolution 2254.  Ces élections devront prendre place dans un pays sûr, sous la supervision de l’ONU et avec la participation de tous les Syriens, y compris ceux de la diaspora.  La France a réitéré son refus, partagé par l’Union européenne, de financer la reconstruction en Syrie tant qu’un processus politique crédible n’aura pas eu lieu.  Le temps passe certes, a-t-elle prévenu, mais les crimes du « régime syrien » ne seront ni oubliés ni impunis. 

Le Niger a dit appuyer pleinement les appels du Secrétaire général de l’ONU et de l’Envoyé spécial à un cessez-le-feu national complet et immédiat en Syrie et au-delà, afin de permettre un effort total contre la pandémie de la COVID-19.  La délégation a souligné l’importance du rapport de la Commission d’enquête des Nations Unies, qui attribue des responsabilités aux auteurs des attaques contre les hôpitaux qui figurent sur la liste de déconfliction des Nations Unies et d’autres installations civiles dans le nord-ouest de la Syrie.  Le Niger condamne ces attaques et appelle la communauté internationale à prendre les mesures appropriées pour que toute personne impliquée soit tenue responsable.

La délégation a appelé toutes les parties à travailler ensemble pour que l’aide parvienne à tous les Syriens dans le besoin.  Elle a félicité les garants d’Astana -la Fédération de Russie et la Turquie- pour leurs travaux diplomatiques et les a encouragés à continuer dans l’intérêt de millions de Syriens.  Le Niger a appelé les membres du Conseil et l’Envoyé spécial Pedersen à tirer parti de cet élan pour progresser sur le front politique, conformément à la résolution 2254.  Au sujet de la Commission constitutionnelle, la délégation a estimé que la discussion du processus des réunions ne devrait pas être le seul point à l’ordre du jour et que la Commission devrait également entamer des pourparlers sur différentes questions pour faciliter la mise en œuvre de la résolution 2254 et mener la Syrie à des élections libres et transparentes.  Par ailleurs, la délégation a appuyé l’appel de l’Envoyé spécial à une libération à grande échelle, pour des motifs humanitaires, de toutes les personnes détenues arbitrairement.  Elle a aussi soutenu l’appel du Secrétaire général pour la levée de sanctions qui peuvent miner la capacité de la Syrie à répondre à la pandémie.

La Chine a constaté que la situation en matière de sécurité dans le nord-ouest de la Syrie est restée globalement stable, puisque la Fédération de Russie et la Turquie ont convenu d’un cessez-le-feu le 5 mars.  Soulignant que la Syrie est exposée au risque d’épidémie, la délégation a dit soutenir les appels à un cessez-le-feu, avant d’inviter les parties à promouvoir activement un dialogue politique inclusif, à gagner du temps pour la prévention et la maîtrise de la COVID-19 et à créer les conditions permettant d’arriver à des solutions politiques.  La Chine a aussi jugé utiles les discussions à la réunion des ministres des affaires étrangères du processus d’Astana, la semaine dernière, pour faire face aux multiples défis en Syrie.

Dans le même temps, elle a appelé à traiter efficacement de la question de la lutte contre le terrorisme à Edleb.  Elle a jugé inacceptable le fait que les groupes terroristes continuent d’attaquer à Edleb et constituent ainsi une menace constante pour la paix et la stabilité du nord-ouest de la Syrie.  Nous ne pouvons pas laisser les terroristes profiter du cessez-le-feu et se renforcer, a déclaré la Chine qui a appelé les parties concernées à rechercher une solution globale et à long terme à la question d’Edleb, par le dialogue et les négociations.

La Chine a en outre rappelé qu’elle soutient la solution politique au conflit en Syrie et a encouragé les parties syriennes à maintenir le dialogue et à travailler ensemble au sein de la Commission constitutionnelle, dans l’intérêt du peuple et de l’avenir de la Syrie.  Elle a plaidé pour que cette commission soit indépendante, sans ingérence étrangère, rappelant que le processus politique doit être dirigé et contrôlé par les Syriens, conformément à la résolution 2254.

Enfin, la Chine a salué les mesures gouvernementales prises pour lutter contre la COVID-19 en Syrie, avant de faire part de sa préoccupation face à l’impact négatif des sanctions unilatérales sur la capacité des pays à réagir à la pandémie. 

Le Royaume-Uni s’est dit profondément préoccupé par les conséquences potentiellement dévastatrices d’une épidémie de COVID-19 en Syrie et a relayé l’appel de l’Envoyé spécial pour un cessez-le-feu à l’échelle du pays, ainsi que celui du Secrétaire général pour un cessez-le-feu mondial.  « Nous ne pourrons vaincre le virus que si nous le vainquons partout. »  La délégation a jugé vital que les parties adhèrent aux cessez-le-feu dans le nord-est et dans le nord-ouest de la Syrie et s’acquittent de leurs responsabilités en facilitant l’acheminement de l’aide humanitaire.  Le processus visant à trouver une solution politique en Syrie ne doit pas s’arrêter, a-t-elle dit, jugeant encourageant l’accord trouvé sur l’ordre du jour de la prochaine session de la Commission constitutionnelle.  Elle a souligné l’importance de se saisir de cette opportunité afin que l’élan ne retombe pas. 

Rappelant que le processus politique visé par la résolution 2254 (2015) va au-delà de cette Commission, le Royaume-Uni a affirmé que le régime syrien doit prendre des mesures visant à instaurer la confiance.  « Cela inclut la libération des prisonniers détenus de manière arbitraire et la garantie d’un accès humanitaire dans tout le pays. »  La délégation a précisé que les biens et articles médicaux à des fins humanitaires ne sont pas frappés par les sanctions de l’UE, sanctions que le Royaume-Uni continue d’appliquer.  Les défis que le secteur de la santé et l’économie de la Syrie connaissent ne résultent pas des sanctions mais bien des actions du régime syrien.  « Si le régime syrien et ses alliés veulent la levée des sanctions, ils savent ce qu’ils doivent faire: s’engager sérieusement avec l’Envoyé spécial et dans le processus politique mené par l’ONU afin d’apporter un règlement pacifique au conflit syrien. »  Enfin, la délégation a rappelé que la Commission d’enquête a identifié la Russie comme étant responsable des attaques contre des infrastructures civiles.  « Nous notons avec de profonds regrets que les hôpitaux bombardés par le régime et la Russie sont ceux-là mêmes qui auraient pu aider à combattre le virus. »

L’Allemagne a indiqué que la situation sécuritaire demeure très fragile en Syrie malgré une décrue de la violence, avant de souligner la nécessité d’un cessez-le-feu durable dans tout le pays.  « Une réponse nationale efficace à la COVID-19 n’est possible que si un tel cessez-le-feu est mis en place. »  Elle a plaidé pour un retour rapide au processus politique et appuyé les efforts de l’Envoyé spécial, y compris dans l’adaptation des méthodes de travail aux contraintes imposées par le virus, afin d’aboutir à des progrès.  Le régime syrien doit cesser son obstruction et collaborer sérieusement avec la Commission constitutionnelle, a-t-elle dit, en exhortant la Fédération de Russie à user de son influence auprès de Damas à cette fin.  Elle a aussi plaidé en faveur d’une libération à grande échelle de prisonniers et de personnes enlevées, pour raisons humanitaires. 

L’Allemagne continuera d’appuyer tous les efforts en cours pour que les atrocités commises ne restent pas impunies, y compris ceux de la Commission d’enquête et du Mécanisme international, impartial et indépendant chargé de faciliter les enquêtes sur les violations les plus graves du droit international commises en République arabe syrienne depuis mars 2011.  Elle a argué que la réconciliation nationale et la paix durable ne seront pas possibles sans paix et sans justice, soulignant dès lors l’importance des procès pour crimes contre l’humanité de deux anciens responsables des services de sécurité du régime syrien devant la haute cour régionale de Coblence.  Pour la première fois, des faits d’enlèvements, de tortures et de violations commises dans des prisons syriennes font l’objet de poursuites en Allemagne, ce qui envoie « un message très clair: ceux qui ont commis des crimes ne seront en sûreté nulle part ».  Déplorant que la situation en Syrie n’ait pas été renvoyée devant la Cour pénale internationale en raison du veto russe, la délégation a appelé les autres États à lancer des poursuites similaires à l’encontre de personnes suspectées de crimes graves, sur la base de la compétence universelle. 

La Fédération de Russie également doit combattre l’impunité, a ajouté l’Allemagne en mentionnant des allégations selon lesquelles le ressortissant syrien Hammadi Taha al-But aurait été torturé et tué par des mercenaires du groupe Wagner après avoir été capturé en juin 2017 près du champ de gaz d’al-Shaer au centre de la Syrie.  L’un des auteurs a été identifié comme étant Stanislv Dychko et des éléments de preuve ont été soumis à des enquêteurs russes.  L’Allemagne a demandé à en savoir plus sur les enquêtes pénales lancées par les autorités russes à l’encontre du groupe Wagner pour des allégations de crimes de guerre commis en Syrie. 

Elle a rappelé que son pays et l’UE ne participeront à la reconstruction de la Syrie que lorsqu’une transition politique véritable et inclusive sera assurément sur les rails.  « Tant que le régime syrien ne changera pas son comportement meurtrier et ne mettra pas un terme à ses violations graves du droit international, la levée des sanctions n’aura pas lieu », a mis en garde l’Allemagne, précisant que ces sanctions visent le régime syrien et n’affectent pas l’acheminement de l’aide humanitaire.  Enfin, la délégation a indiqué que les allégations selon lesquelles les sanctions de l’UE entraveraient l’acheminement d’équipements nécessaires au traitement de la COVID-19 en Syrie étaient infondées.

La Tunisie a appuyé l’appel du Secrétaire général et de son Envoyé spécial pour faire taire les armes dans toute la Syrie.  Préoccupée par les tensions persistantes, en particulier dans le nord de la Syrie, elle a exhorté les parties à faire preuve de retenue au moment où l’accent doit être mis sur la lutte contre l’épidémie de COVID-19.  Par ailleurs, elle a jugé préoccupante la résurgence des activités de l’État islamique en Syrie, où l’EIIL s’est rapidement adapté après ses pertes, relevant que pour Daech, l’épidémie de COVID-19 est un moment opportun pour intensifier les attaques terroristes meurtrières. 

La Tunisie a plaidé pour la mobilisation d’efforts collectifs pour éradiquer l’État islamique et d’autres groupes terroristes opérant en Syrie et au-delà, qui ont été désignés par le Conseil de sécurité.  De tels efforts sont à son avis essentiels pour parvenir à une solution politique à long terme dans le conflit syrien.  La Tunisie s’est félicitée de l’accord du 5 mars sur Edleb, qui fait référence spécifiquement aux terroristes désignés par le Conseil.  Elle a salué les progrès du processus politique syrien après que les parties syriennes sont parvenues à un accord sur l’ordre du jour des discussions de la Commission constitutionnelle.  Elle a espéré que la troisième série de discussions de celle-ci se tiendra dans les plus brefs délais. 

La délégation tunisienne a réaffirmé l’importance d’un processus politique qui s’accompagne de progrès dans la libération des détenus et des personnes enlevées.  « Compte tenu de la menace de propagation de la pandémie de COVID-19 parmi les détenus, leur libération devient plus qu’une mesure de confiance, c’est une nécessité humanitaire. »  Concluant, la Tunisie a dit que la seule voie à suivre passe par un règlement politique conformément à la résolution 2254 du Conseil de sécurité, dans le respect de la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’unité de la Syrie et des aspirations légitimes des Syriens.

La République arabe syrienne a rappelé que neuf années se sont écoulées depuis le début de la soi-disant « crise syrienne », qui n’est en réalité qu’une « guerre barbare et terroriste menée par des États bien connus aux ambitions hégémoniques ».  « Nous continuerons de défendre la souveraineté, l’unité et l’intégrité territoriale de la Syrie, peu importe l’intensité des pressions exercées.  Nous n’abandonnerons pas la libération de nos territoires occupés, qu’ils le soient par les États-Unis, la Turquie, Israël ou les organisations terroristes qui leur sont affiliées. »  La délégation a rappelé que la présence de forces militaires étrangères sans l’accord du Gouvernement constitue un acte d’agression.  Elle a accusé la Turquie d’avoir violé ses engagements en vertu des accords d’Astana, de Sotchi et de Moscou; de soutenir des groupes terroristes et d’avoir « sans honte » renforcé sa présence militaire, pourtant illégitime, en Syrie.  La présence de systèmes de défense aérienne dans la province d’Edleb montre les réels objectifs de la Turquie et la pérennisation de son occupation de territoires syriens.  La Syrie a mis en garde contre les graves conséquences qui surviendraient si ces systèmes de défense venaient à tomber entre les mains des groupes terroristes opérant à Edleb, tels que « Hay’at Tahrir el-Cham », « Hay’at Hourras el-Din » ou encore le « Parti islamique du Turkestan ».  La délégation syrienne a rappelé que la Turquie a recruté des dizaines de milliers de terroristes en Asie centrale et dans le Caucase, ainsi que des Ouighours et des Turkmènes, pour les envoyer en Syrie.  De nombreux « théoriciens au sein de ce Conseil et du Secrétariat n’y voient que du feu ».

La délégation a ensuite affirmé que les groupes terroristes ont tiré profit de l’accalmie ayant suivi l’accord de Moscou, ainsi que des préoccupations mondiales face à la pandémie, pour réorganiser leurs forces avec l’appui des forces d’occupation américaines et turques.  À la mi-avril, les chefs de Hay’at Tahrir el-Cham / Front el-Nosra ont formé trois nouvelles brigades en prévision d’affrontements à venir dans le nord-ouest de la Syrie.  Ce Conseil doit exhorter les États à cesser de soutenir le terrorisme et leur demander d’appuyer les efforts de l’État syrien, a conclu la délégation. 

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