SC/14208

Conseil de sécurité : le Soudan plaide pour la levée des sanctions

Le Soudan a appelé, ce matin, le Conseil de sécurité à établir, en vertu de la résolution 2508 (2020), des paramètres de référence dans l’objectif de lever le régime de sanctions imposé à son encontre, déplorant que 15 ans après la résolution 1591 (2005), l’embargo sur les armes, l’interdiction de voyager et le gel des avoirs demeurent« statiquement » en place, sans tenir compte de l’évolution positive sur le terrain.

« Cela est très préoccupant et envoie un signal décourageant au Gouvernement et au peuple soudanais selon lequel, quelle que soit la qualité des mesures prises, les sanctions resteront en place », a déploré le Soudan.

Rappelant la célébration, il y a deux semaines, du premier anniversaire du renversement du régime d’Omar el-Bashir, le Soudan a argué que la levée des sanctions serait une étape importante vers l’amélioration des conditions économiques, sociales et culturelles pendant la période de transition.  Notre situation a radicalement changé au cours de l’année écoulée et nous n’attendons rien de moins qu’une réaction positive du Conseil face à ces événements, s’est impatienté le Soudan.

Avant lui, le Représentant permanent de l’Estonie et Président du Comité du Conseil de sécurité créé en vertu de la résolution 1591 (2005) a souligné que le régime de sanctions avait été établi dans le seul but de contribuer au retour de la paix au Darfour.  Il ne s’agit aucunement de punir le Soudan, mais de soutenir la réalisation d’une paix durable, a-t-il affirmé.

Présentant le rapport trimestriel du Groupe d’experts rattaché à son Comité, M. Sven Jürgenson a dit vouloir attirer l’attention du Conseil sur certains domaines où des problèmes pourraient survenir.  Il a d’abord reconnu que malgré de nombreuses entraves, y compris la pandémie de COVID-19, les pourparlers de paix se sont poursuivis à Djouba; le 20 juin étant la date butoir des négociations.

Il a aussi signalé que dans le Djebel Marra, les accrochages entre l’Armée de libération du Soudan-faction Abdul Wahid (ALS-AW) et les forces du Gouvernement du Soudan se sont atténuées depuis la fin 2019, après le cessez-le-feu réciproque.  L’ALS-AW continue cependant de recruter et de former de nouveaux combattants grâce à l’exploitation de la mine d’or de Torroye dans le sud-est du Djebel Marra, a-t-il alerté.

D’autres facteurs de déstabilisation sont liés à Musa Hilal, qui est visé par des sanctions, et aux communautés arabes, a-t-il poursuivi, précisant que les partisans de ce dernier sont en train de se mobiliser pour obtenir sa libération de prison.  Le Groupe d’experts a également signalé la possibilité que des communautés ne forment un nouveau groupe armé par crainte de perdre les terres qu’elles ont acquises  pendant le conflit au Darfour.  Par ailleurs, pratiquement tous les groupes armés darfouriens maintiennent une présence en Libye qui demeure une source importante de financement.

S’agissant de la COVID-19, M. Jürgenson a indiqué que la présence de 1,8 million de personnes dans les camps de déplacés et la porosité des frontières risquent d’avoir un impact sérieux sur la propagation du virus.  Il a expliqué que les mesures de distanciation sociale sont difficiles à mettre en œuvre dans les camps de déplacés, en raison de la surpopulation et de la rareté de l’eau.  La pandémie a également empêché les membres du Groupe d’experts de se déplacer, les contraignant à recueillir et vérifier des informations à distance.

À l’intention des organes d’information. Document non officiel.