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SC/14245
9 Juillet 2020

Le Chef du Bureau pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel voit dans les élections présidentielles « à fort enjeu » prévues dans cinq pays d’ici à la fin 2020 l’occasion de consolider la démocratie

Le Représentant spécial du Secrétaire général et Chef du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS), M. Mohamed Ibn Chambas, a indiqué ce matin, devant le Conseil de sécurité, que cinq élections présidentielles « à fort enjeu » qui doivent se tenir d’ici à la fin de l’année au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Ghana, en Guinée et au Niger seront l’occasion de consolider la démocratie dans la région.  Il a néanmoins averti que ces scrutins pourraient être des « foyers majeurs de crise » et plaidé pour des élections inclusives, transparentes et crédibles. 

À l’entame de son propos, le Représentant spécial a dressé un tableau très sombre de la situation sécuritaire dans la région, en particulier dans le Sahel et dans le bassin du lac Tchad, avec la poursuite de la violence terroriste et communautaire et une augmentation des personnes déplacées.  Au Burkina Faso, le nombre de personnes déplacées s’élevait ainsi en juin à 921 000, soit une augmentation de 92% par rapport à la fin 2019.  « Au Nigéria, environ 7,7 millions de personnes auraient besoin d’une aide d’urgence en 2020. » 

Le Chef de l’UNOWAS a insisté sur les liens de plus en plus étroits entre terrorisme, criminalité organisée et violence intercommunautaire.  Les terroristes ont continué de tirer profit des tensions ethniques latentes, de l’absence d’État dans les zones périphériques mais aussi de la pandémie pour promouvoir leurs objectifs et poursuivre leurs attaques.  M. Chambas a appelé l’ONU à appuyer la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dans la mise en œuvre de son plan d’action 2020-2024 pour l’éradication du terrorisme dans la sous-région. 

Malgré la pandémie, le Représentant spécial a noté certains développements positifs, tels que la conduite relativement pacifique de l’élection présidentielle au Togo et la tenue d’élections locales au Bénin.  La COVID-19 a conduit à la suspension et au report des préparatifs électoraux, mais ceux-ci ont repris et la majorité des pays sont déterminés à ce que les élections se tiennent selon le calendrier prévu.  Enfin, en prévision des élections, le Chef de l’UNOWAS a souligné la nécessité du consensus pour faire face aux défis sous-jacents, y compris ceux découlant de la pandémie.   

Sur le plan sécuritaire, la France a affirmé que les opérations militaires menées depuis mars par elle-même et les pays du G5 Sahel ont produit des résultats, en affaiblissant les groupes terroristes, qu’il s’agisse de l’État islamique du Grand Sahara ou des groupes armés affiliés à Al Qaida.  Les troupes tchadiennes ont aussi remporté des succès contre les groupes terroristes.  De son côté, l’Allemagne a noté les conséquences « considérables » des changements climatiques pour la sécurité régionale.  « Nous ne pouvons plus fermer les yeux devant la réalité. »  L’Estonie a également identifié les changements climatiques comme cause profonde des conflits. 

Sur le plan politique, la France a estimé, à l’instar du Représentant spécial, que l’année en cours est décisive pour la consolidation des processus démocratiques.  Elle a mentionné en particulier la Guinée où les élections législatives et le référendum du 22 mars ont été tendus en prévenant que l’élection présidentielle d’octobre sera cruciale pour la poursuite du processus politique.  Au sujet du Burkina Faso, la France s’est dit préoccupée par l’insécurité qui règne au nord et à l’est, laquelle pourrait entraver le bon déroulement des élections du 22 novembre.  

Même son de cloche du côté de la délégation allemande qui s’est dit préoccupée par les violences en Guinée et en Guinée-Bissau, tandis que le Royaume-Uni a exprimé sa crainte que la violence en Guinée de ces derniers mois ne s’aggrave à l’approche de la période électorale.  « Nous avons constaté des tensions dans certains pays », a appuyé la Chine, en prônant le dialogue.  La Fédération de Russie a espéré que les élections prévues se tiennent dans le strict respect de la souveraineté nationale.  « L’interférence dans ces processus par des acteurs externes doit être exclue », a insisté la délégation. 

Les États-Unis ont, eux, détaillé la situation au Mali, qui a vu des manifestants demander la démission du Président Keita.  Ils ont demandé une solution pérenne aux préoccupations s’agissant des sièges de l’Assemblée nationale où le résultat initial a été invalidé par la Cour constitutionnelle.  « Nous rejetons tout changement de gouvernement hors du cadre de la Constitution malienne. »  Préoccupés par l’instabilité grandissante, ils ont rappelé que les États sapent leur crédibilité quand les autorités, en particulier les forces de sécurité, violent les droits de l’homme. 

Enfin, s’agissant de la pandémie, le Représentant spécial a indiqué que les restrictions mises en place ont fait l’objet d’un consensus au sein des pays de la région, malgré quelques vives critiques.  La Chine a indiqué qu’elle va commencer la construction du siège du centre de contrôle et de prévention des maladies pour l’Afrique, tandis que la délégation américaine a rappelé que l’Administration Trump a alloué plus de 12 milliards de dollars pour financer la riposte mondiale à la COVID-19. 

De son côté, le Royaume-Uni a indiqué qu’il a, le mois dernier, accueilli le Sommet mondial sur les vaccins, mobilisant une somme de 8,8 milliards de dollars pour 300 millions d’enfants.  « Nous avons annoncé un total de près d’un milliard de dollars pour la riposte COVID-19, dont 20 millions pour le Fonds de réponse de l’Union africaine. »  Le Royaume-Uni a tenu à préciser que la réponse internationale à la COVID-19 ne doit pas aboutir à détourner des ressources vitales des autres efforts essentiels destinés à lutter contre la pauvreté et l’instabilité. 

La Section des communiqués de presse ne couvre que les déclarations faites en visioconférence dont les textes ont été transmis à temps par la Division des affaires du Conseil de sécurité. 

M. MOHAMED IBN CHAMBAS, Représentant spécial du Secrétaire général et Chef du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS), a indiqué que les attaques extrémistes et la violence intercommunautaire ont continué de saper la sécurité de la région, en particulier dans le Sahel et dans le bassin du lac Tchad.  Les attaques terroristes se sont accompagnées du recrutement d’enfants et d’enlèvements au Burkina Faso, au Mali, au Niger et au Nigéria, tandis que la fragilité sécuritaire a fait augmenter le nombre des déplacés.  Au Burkina Faso, pour ce qui est de juin, 921 000 personnes ont dû fuir leurs foyers, soit une augmentation de 92% par rapport à la fin de 2019, a noté M. Chambas.  Au Mali, près de 240 000 personnes sont déplacées, dont 54% de femmes, tandis qu’au Niger, en juin, 489 000 personnes ont dû fuir leurs maisons. « Au Nigéria, environ 7,7 millions de personnes auraient besoin d’une aide d’urgence. » 

Le Représentant spécial a insisté sur les liens de plus en plus étroits entre terrorisme, criminalité organisée et violence intercommunautaire.  Les terroristes ont continué de tirer profit des tensions ethniques latentes et de l’absence d’État dans les zones périphériques pour promouvoir leurs objectifs. Face à ces difficultés, il a prôné une approche holistique en vue de renforcer les capacités nationales, d’améliorer la résilience des communautés et de promouvoir la bonne gouvernance, l’inclusion politique, le respect des droits de l’homme et l’adhésion à l’état de droit. 

« À cet égard, l’ONU devrait appuyer la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dans la mise en œuvre de son plan d’action 2020-2024 pour l’éradication du terrorisme dans la sous-région. »  Le Représentant spécial a appelé la communauté internationale à accroître son soutien pour la pleine opérationnalisation de la Stratégie régionale de stabilisation de la Commission du bassin du lac Tchad et pour la mise en œuvre de la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel. 

Il a insisté sur l’importance d’une bonne coordination, ce qui a été le sens de l’appel lancé par le Sommet du G5 Sahel le 30 juin.  Les Nations Unies doivent continuer d’adopter une approche transversale insistant sur l’importance de l’appropriation nationale tout en créant des synergies avec les autres initiatives.  Le Représentant spécial a déclaré que les changements climatiques accroissent les risques sécuritaires dans la région en aggravant les conflits entre fermiers et bergers -préoccupation sécuritaire majeure-, et en exacerbant les tensions sociales, la violence et l’insécurité alimentaire.  Dans le cadre de son nouveau mandat, l’UNOWAS conduit des recherches en vue de mieux comprendre les options de migration dans un contexte adverse des changements climatiques et d’insécurité. 

M. Chambas a indiqué que la pandémie a aggravé les facteurs de conflit avec des répercussions graves pour la paix et la sécurité en Afrique de l’Ouest et au Sahel.  La pandémie a des effets négatifs pour les droits de l’homme et touche davantage les femmes et les filles, la violence sexospécifique ayant augmenté.  Les réponses excessives de certains services de sécurité pour faire respecter les restrictions mises en place ont été signalées, y compris au sein de pays considérés comme respectant davantage les droits de l’homme.  Le Chef de l’UNOWAS a également indiqué que les groupes terroristes et extrémistes violents tirent profit de la situation pour conduire davantage d’attaques dans la région, bafouant l’appel du Secrétaire général à un cessez-le-feu mondial.  Il a détaillé les plans de riposte mis en œuvre pour faire face à la pandémie, mentionnant le sommet extraordinaire de la CEDEAO du 23 avril au cours duquel le Président du Nigéria, M. Muhammadu Buhari, a été désigné pour mener les efforts régionaux contre le virus.  Il a noté que les réponses à la COVID-19 ont fait l’objet d’un consensus dans la plupart des pays, même si elles ont pu être vigoureusement critiquées par certains acteurs nationaux. 

Malgré la pandémie, la région a été le théâtre d’un certain nombre de développements positifs, y compris la conduite relativement pacifique de l’élection présidentielle au Togo, la tenue d’élections locales au Bénin et l’achèvement du travail de la Commission de révision constitutionnelle en Zambie, a noté M. Chambas.  Le Chef de l’UNOWAS a indiqué que cinq élections présidentielles à fort enjeu doivent se tenir d’ici à la fin de l’année au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Ghana, en Guinée et au Niger.  Ces élections sont l’occasion de consolider la démocratie dans ces pays, a poursuivi M. Chambas.  Afin d’assurer le déroulement de processus électoraux crédibles, transparents, inclusifs et pacifiques, il a souligné la nécessité d’un consensus s’agissant des défis sous-jacents, y compris ceux découlant de la pandémie.  Il a rappelé que le virus a conduit à la suspension et au report des préparatifs électoraux, mais signalé que ceux-ci ont repris, la majorité des pays étant déterminés à ce que les élections se tiennent selon le calendrier prévu.  « En prévision de ces élections, qui pourraient être des foyers majeurs de crise, l’UNOWAS continuera d’œuvrer avec ses partenaires pour appuyer les efforts de ces cinq pays en vue de la tenue d’élections inclusives, transparentes et crédibles qui sont cruciales pour la stabilité et le développement de la région. »

Le Niger, au nom des A3 (Afrique du Sud, Niger, Tunisie) et de Saint-Vincent-et-les Grenadines, a indiqué que plusieurs élections se sont déroulées en 2020 dans des conditions normales, malgré le contexte de la pandémie de COVID-19 et s’est félicité de cette évolution qui consolide les bases de la démocratie et de l’état de droit et jettent les bases d’une gestion plus consensuelle et pacifique du pouvoir.  Il a encouragé l’UNOWAS à poursuivre ses efforts de renforcement des institutions démocratiques, d’autant plus que la sous-région se prépare aux élections générales dans cinq pays, dont certains dans un environnement tendu.  

La délégation a aussi engagé l’UNOWAS à consacrer plus d’efforts à aider les pays dans la lutte contre les groupes terroristes armés.  Elle s’est attardée sur la situation au Sahel et a estimé que seule une approche globale, qui s’attaque aux causes profondes du terrorisme et de la violence intercommunautaire par la réduction de la pauvreté et l’investissement dans le développement humain, est la stratégie la plus appropriée pour inverser cette tendance.  Elle a également jugé essentiel de mettre l’accent sur des interventions au niveau communautaire, telles que les dialogues intercommunautaires, pour lutter contre la violence. 

Poursuivant, la délégation a estimé que l’UNOWAS devrait aider les pays de la sous-région à faire face aux effets cumulés de l’insécurité, des changements climatiques et de la détérioration socioéconomique due à la pandémie COVID-19. Elle a aussi appelé à redoubler d’efforts pour lutter contre l’insécurité et stabiliser la sous-région, au niveau militaire par la MINUSMA, des Forces du G5 Sahel, de la MNTJF et les forces des États partenaires.  Le Niger a espéré un financement substantiel qui pourrait permettre la mise en œuvre d’actions de développement au profit des populations de la sous-région.  Les multiples stratégies pour le Sahel et autres plans de développement devraient cesser d’être de simples slogans et devenir de véritables leviers pour la mobilisation des ressources financières dont l’Afrique de l’Ouest et ses États membres ont tant besoin, a insisté le représentant.  

La Belgique a indiqué que la situation régionale est instable, en rappelant que de grandes parties du Burkina Faso sont désormais en proie à la violence, avant de condamner l’attaque du 11 juin à la frontière ivoirienne.  Elle a salué le courage des forces de défense et de sécurité dans la lutte contre le terrorisme, afin de rappeler l’obligation qui est la leur de respecter les droits de l’homme.  Ce n’est pas affaiblir les forces de sécurité qu’enquêter sur des allégations et d’entamer le cas échéant une procédure pénale ou disciplinaire, a dit la délégation.  Elle a plaidé pour une approche holistique face à l’extrémisme violent, conjuguant bonne gouvernance, lutte contre l’impunité, renforcement des institutions démocratiques, développement durable et règlement des revendications de groupes marginalisés. 

La Belgique a appuyé les efforts de l’UNOWAS afin que les élections qui doivent se tenir d’ici à la fin de l’année se tiennent de façon transparente et pacifique et consolident la démocratie.  Elle s’est dit préoccupée par les tensions en Guinée et souligné la nécessité de remédier rapidement aux tensions post-électorales au Mali.  Enfin, la Belgique a qualifié de « vital » le travail de l’UNOWAS sur les conséquences sécuritaires des changements climatiques. 

Le Viet Nam s’est dit encouragé par la tenue pacifique des élections au Mali et au Togo, tout en notant que dans certains pays la discorde politique continue d’entraver le dialogue national et la réconciliation.  Il a déploré la récurrence des attaques terroristes et la détérioration de la situation humanitaire et des droits de l’homme dans la région, avant d’insister sur les risques que fait peser la pandémie.  La délégation a également exprimé sa vive préoccupation devant le trafic de stupéfiants en Afrique de l’Ouest et mentionné les récentes saisies de 120 kilogrammes de cocaïne au Sénégal et de 405 kilogrammes de cocaïne en Côte d’Ivoire.  Une attention accrue devrait être portée à ce problème, a-t-il estimé. 

Le Viet Nam a appelé les différents acteurs au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Ghana et en Guinée à œuvrer à un consensus afin que les prochaines élections se tiennent de manière transparente, crédible et pacifique.  Il a plaidé pour une coopération accrue entre les parties concernées dans la lutte contre le terrorisme et appuyé l’appel lancé par le Secrétaire général pour un cessez-le-feu mondial en vue de lutter contre la COVID-19.  Enfin, le Viet Nam a appuyé toute initiative visant à renforcer la coopération internationale pour promouvoir le développement socioéconomique. 

La République dominicaine a salué les tendances positives et la tenue relativement pacifique des élections dans la région.  Elle a espéré que les activités interrompues par la pandémie pourront reprendre bientôt, y compris la Commission mixte Cameroun-Nigeria, avant d’appeler à des élections présidentielles inclusives et pacifiques au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Ghana, en Guinée et au Niger.  La délégation a dit craindre une aggravation de la crise sécuritaire actuelle en raison de la pandémie.  Elle a rappelé la situation humanitaire sans précédent que connaît la région, puisque 24 millions de personnes dans le Sahel ont besoin de protection et d’une assistance humanitaire.  Elle a plaidé pour une réponse globale unie et coordonnée pour faire face aux défis de la COVID-19 et pour une coopération internationale pour appuyer l’Afrique de l’Ouest et le Sahel.  

La République dominicaine s’est ensuite dite préoccupée par la violence communautaire et extrémiste.  Elle a dès lors appuyé les efforts menés par l’UNOWAS en vue d’un renforcement des secteurs de sécurité nationaux.  Enfin, la République dominicaine a indiqué que le règlement des causes profondes de l’instabilité exige une volonté politique de la part des dirigeants régionaux ainsi qu’une harmonisation et une mise en œuvre des stratégies régionales existantes. 

L’Estonie s’est dit vivement préoccupée par la détérioration globale de la situation sécuritaire dans la région et salué les efforts multinationaux, tels que ceux menés par la Force conjointe du G5 Sahel, pour y remédier.  Cette Force, avec l’appui de l’opération Barkhane emmenée par la France, a conduit des opérations antiterroristes couronnées de succès, a dit l’Estonie, qui participe activement à ces efforts.  Elle a souligné l’importance d’un État efficace, par ses institutions et ses forces armées, pour la stabilité de long terme et pour la lutte contre l’impunité.  Tous les auteurs de violations graves des droits de l’homme doivent être traduits en justice.  L’Estonie a noté la situation humanitaire critique dans certaines zones de la région, que la pandémie est venue aggraver.  Elle a demandé un plein accès humanitaire et souligné l’importance de remédier aux causes profondes des conflits, en saluant les efforts de l’UNOWAS et de la CEDEAO contre les conséquences des changements climatiques.  Enfin, l’Estonie a encouragé toutes les parties à faire en sorte que les élections prévues d’ici à la fin de l’année soient inclusives, transparentes et crédibles. 

La Fédération de Russie a partagé les préoccupations exprimées par M. Chambas concernant une nouvelle dégradation de la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest et en particulier au Sahel.  « La géographie de l’activité terroriste, des conflits interethniques et intercommunautaires, du trafic de drogue et du crime organisé s’étend dans la région », a estimé la délégation russe qui s’est inquiétée que chaque semaine, nous recevons des informations faisant état de pertes tragiques en vies humaines causées par des activités terroristes odieuses.  La Fédération de Russie s’est inquiétée de la situation au Mali, au Burkina Faso et au Niger alors que le groupe terroriste Boko Haram est devenu plus actif dans le bassin du lac Tchad.  « Nous réaffirmons notre plein appui à tous ceux qui sont engagés dans une lutte difficile contre le terrorisme dans la région », a insisté la délégation russe.  Elle s’est aussi inquiétée du nouveau facteur extrêmement dangereux pour la sécurité et la stabilité de l’Afrique de l’Ouest que constitue la pandémie de coronavirus en jugeant évident que de plus en plus de personnes vont avoir besoin d’une aide humanitaire et d’autres formes de soutien pour faire face au coronavirus dans la région.  Dans ce contexte difficile, la Fédération de Russie a espéré que les élections législatives et présidentielle prévues pour le deuxième semestre 2020 dans de nombreux pays de la région se tiendront de manière démocratique, transparente et légitime et dans le strict respect de la souveraineté nationale, comme cela s’est produit pendant la période couverte par le rapport.  « L’interférence dans ces processus par des acteurs externes doit également être exclue », a insisté la délégation. 

La Fédération de Russie a mis l’accent sur les difficiles missions que doit mener le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS) en citant la résolution des crises régionales, la participation à la médiation politique, le renforcement des institutions de l’État, la mise en œuvre de la stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel et la coordination d’autres présences des Nations Unies sur le terrain.  Elle a estimé que l’efficacité du fonctionnement de ce Bureau dépend directement de la qualité de sa coordination avec les organisations régionales telles que l’Union africaine, la CEDEAO, le G5 Sahel et la Commission du bassin du lac Tchad.  La Fédération de Russie a estimé que la lutte contre la piraterie et la démarcation de la frontière camerouno-nigériane nécessitent une coopération étroite entre l’UNOWAS et son « voisin du sud », le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique centrale. 

Les États-Unis ont indiqué que 2020 est et sera une année critique pour la région, avec la tenue de cinq élections présidentielles au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Ghana, en Guinée et au Niger.  Ils ont encouragé l’UNOWAS à jouer un rôle constructif en vue d’élections libres, transparentes et crédibles.  La délégation a mentionné les menaces significatives pesant sur la région, telles que les tensions politiques, la pandémie, la violence des groupes armés et l’aggravation de l’insécurité alimentaire et de la situation humanitaire.  Elle a indiqué que l’Administration Trump a alloué plus de 12 milliards de dollars pour financer la riposte mondiale à la COVID-19, somme qui s’ajoute aux plus de 170 milliards de dollars d’investissements américains pour la santé mondiale et l’aide humanitaire consentis au cours de la dernière décennie.  

« Nous sommes extrêmement préoccupés par l’instabilité grandissante dans le Sahel et plus particulièrement certaines parties du Nigéria », a avoué la délégation qui a appuyé les efforts des pays contre les groupes extrémistes violents et souligné la nécessité de protéger les civils et d’instaurer la confiance envers les gouvernements.  Les États sapent leur crédibilité quand les autorités, en particulier les forces de sécurité, violent les droits humains, a-t-elle prévenu.  Elle a assuré que les États-Unis prennent des « mesures programmatiques » pour remédier à la violence dans la région, en particulier depuis l’attaque du 10 juin perpétrée dans le nord de la Côte d’Ivoire et l’enlèvement contre rançon dans le nord du Bénin en 2019.  

Les États-Unis ont dit surveiller de près la situation au Mali, qui a vu des manifestants demander la démission du Président Keita et appeler les acteurs à s’engager en faveur du dialogue.  Les États-Unis ont dit soutenir la délégation de haut niveau dépêchée par la CEDEAO en vue d’une solution pérenne aux troubles, y compris aux préoccupations s’agissant des sièges de l’Assemblée nationale où le résultat initial a été invalidé par la Cour constitutionnelle.  Ils ont rejeté tout effort en vue d’un changement de gouvernement hors du cadre de la Constitution malienne et exhorté les signataires de l’Accord d’Alger à remplir les critères de mise en œuvre contenus dans le mandat récemment renouvelé de la MINUSMA. 

Le Royaume-Uni s’est inquiété de la détérioration de la situation humanitaire avec plus de 15 millions de personnes ayant besoin d’une aide humanitaire et plus de 3 millions de personnes déplacées rien qu’au Sahel.  Dans ce contexte, la délégation a exhorté toutes les parties à garantir un accès humanitaire sans entrave.  Le Royaume-Uni s’est inquiété de la détérioration de la situation sécuritaire au Mali et au Burkina Faso et du développement de la violence extrémiste et terroriste dans le bassin du lac Tchad, en citant le fait qu’une installation humanitaire des Nations Unies vienne d’être prise pour cible.  Alors que les élections présidentielles approchent à grands pas dans un certain nombre de pays, il n’a jamais été aussi important d’accorder la priorité à la prévention et de préserver la stabilité, a estimé le Royaume-Uni avant de se dire particulièrement alarmé par la violence en Guinée ces derniers mois et la perspective qu’elle ne s’aggrave à l’approche de la période électorale.  Dans ce contexte, le Royaume-Uni a jugé essentiel de prévenir le recul de la gouvernance, de la responsabilité, de l’accès à la justice et des droits de l’homme pour garantir un environnement propice à des élections libres, équitables, opportunes et crédibles.  La délégation a espéré que 2020 sera, comme l’a dit M. Chambas, défini par la consolidation démocratique et par un transfert sans heurt du pouvoir. 

Mettant l’accent sur les problèmes auxquels sont confrontés les pays vulnérables d’Afrique de l’Ouest et du Sahel dans le contexte de l’épidémie de COVID-19, le Royaume-Uni a indiqué qu’il a le mois dernier, accueilli le Sommet mondial sur les vaccins, mobilisant une somme de 8,8 milliards de dollars pour 300 millions d'enfants.  Nous avons annoncé un total de près d’un milliard de dollars pour la réponse COVID-19, dont 20 millions pour le Fonds de réponse de l’Union africaine, a aussi rappelé le Royaume-Uni avant de préciser que la réponse internationale à la COVID-19 ne doit pas détourner des ressources vitales des autres efforts essentiels contre la pauvreté et l’instabilité.  Le Royaume-Uni a aussi salué l’amélioration de la coordination à l’échelle des Nations Unies, s’agissant de la Stratégie intégrée pour le Sahel.  La délégation a jugé essentiel que l’ensemble du système des Nations Unies, y compris les entités de développement comme le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), se mobilise pour soutenir les efforts de consolidation de la paix dans la région. 

La Chine a indiqué que la situation en Afrique de l’Ouest et dans le Sahel est demeurée stable et a salué la bonne tenue des élections au Togo et au Mali. Elle a encouragé les pays de la région à régler leurs différends par la voie du dialogue en évoquant les importantes élections qui doivent se dérouler au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Ghana, en Guinée et au Niger.  « Nous avons constaté des tensions dans certains pays. »  Afin d’instaurer un environnement favorable, la communauté internationale doit encourager les parties concernées à instaurer une confiance mutuelle et à choisir la voie du dialogue.  

La délégation a ensuite souligné la nécessité d’aider les pays de la région à éliminer les causes profondes de l’instabilité par le biais du développement.  La communauté internationale doit davantage appuyer le développement socioéconomique de la région en augmentant ses investissements dans l’agriculture, la santé, l’éducation, l’emploi et les infrastructures.  La Chine a encouragé l’UNOWAS à renforcer sa coordination avec les autres agences onusiennes et les organisations régionales et sous-régionales afin d’aligner les initiatives de développement internationales et régionales avec les stratégies nationales et accroître les synergies.  

Un appui accru doit être apporté afin de remédier aux défis sécuritaires, a poursuivi la Chine, en saluant la Force multinationale mixte et la Force conjointe du G5 Sahel.  Elle a indiqué avoir fourni 300 millions de yuans en appui d’opérations antiterroristes dans le Sahel et au bénéfice de ladite Force conjointe.  Enfin, la délégation a détaillé l’aide fournie par la Chine à l’Afrique face à la pandémie, en indiquant que les engagements pris par le Président chinois lors du Sommet extraordinaire Chine-Afrique sur la COVID-19 le mois dernier seront tenus.  « Nous allons commencer, avec de l’avance sur le calendrier, la construction du siège du Centre de contrôle et de prévention des maladies pour l’Afrique. » 

L’Indonésie a salué les progrès réalisés dans la région, tels que la tenue des élections dans plusieurs pays et la participation politique accrue des femmes. La situation sécuritaire demeure préoccupante, avec le nombre élevé d’attaques complexes contre les civils et les forces sécuritaires, a noté la délégation en évoquant aussi la recrudescence de la violence intercommunautaire.  Elle a jugé nécessaire d’appuyer les pays dans leur lutte contre le terrorisme, l’extrémisme violent et la criminalité. 

La délégation a appelé à œuvrer pour améliorer la situation humanitaire critique, affirmant que l’instabilité grandissante et la pandémie ne feront qu’accroître le nombre de personnes ayant besoin d’une aide.  Elle a plaidé pour un soutien humanitaire accru et un accès humanitaire sans entraves, y compris dans les zones les plus reculées.  Les multiples problèmes auxquels sont confrontés les pays de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel exigent des efforts concertés et approfondis dans les domaines de la sécurité, humanitaire, des droits de l’homme et du développement, a conclu l’Indonésie.

La France a reconnu que la situation sécuritaire reste fragile dans la région principalement au Sahel.  Elle a estimé que le Sommet de Nouakchott du 30 juin dernier a permis de faire le point sur la situation et les engagements communs pris à Pau.  Tous les pays de la région et leurs partenaires ont réaffirmé leur détermination à lutter contre le terrorisme et à intensifier leurs efforts pour parvenir à une stabilisation durable de la région, s’est félicitée la France avant de noter que des groupes terroristes poursuivent leurs activités, forçant des milliers de personnes à fuir la violence dans la Zone aux trois frontières entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger.  La France a affirmé que les opérations militaires menées depuis mars par elle-même et les pays du G5 Sahel ont produit des résultats, en affaiblissant et désorganisant les groupes terroristes, qu’il s’agisse de l’État islamique du Grand Sahara ou des groupes armés affiliés à Al-Qaïda.  

Nous constatons également des progrès dans le développement et le redéploiement de l’État, dans un effort que nous accompagnons avec nos partenaires, notamment ceux de l’Union européenne, a dit la France.  Elle a salué les annonces des autorités sahéliennes concernant l’ouverture des enquêtes sur les allégations de violations des droits de l’homme, notamment celles concernant certains membres de leurs armées. 

Sur le plan politique, la France a estimé que l’année en cours est décisive pour la consolidation des processus démocratiques.  Elle a mentionné en particulier la Guinée où les élections législatives et le référendum du 22 mars ont été tendus alors que l’élection présidentielle d’octobre sera cruciale pour la poursuite du processus politique.  Au Burkina Faso, la France s’est dit préoccupée par l’insécurité qui règne au nord et à l’est, laquelle pourrait entraver le bon déroulement des élections du 22 novembre.  Elle a encouragé les autorités à renforcer la présence de l’État dans ces zones périphériques, en vue de rétablir les services de base et d’apaiser les tensions.  Elle a jugé important de consolider les acquis d’une transition démocratique réussie, il y a cinq ans.  La France a réitéré son soutien au rôle de la CEDEAO et de la Francophonie dans l’accompagnement des processus politiques dans la région.  Elle a aussi estimé que la situation dans le bassin du lac Tchad doit être étroitement surveillée et salué les succès remportés par les troupes tchadiennes contre les groupes terroristes. La France a aussi encouragé le Nigéria, dont le rôle est essentiel, à tirer parti de ces succès pour renforcer ses efforts militaires contre Boko Haram. 

L’Allemagne a qualifié de « considérables » les conséquences des changements climatiques pour la sécurité et la stabilité en Afrique de l’Ouest et au Sahel, car elles causent de nouveaux conflits, aggravent les conflits actuels et exacerbent l’insécurité alimentaire.  Tous ces éléments créent un terreau pour l’extrémisme violent et le terrorisme et expliquent souvent la décision de migrer vers d’autres régions.  C’est pourquoi il était vital d’inclure ce lien entre sécurité et climat dans le mandat du Bureau au début de cette année, a déclaré la délégation.  « Nous ne pouvons plus fermer les yeux devant la réalité. » 

L’Allemagne a indiqué que les femmes et les filles continuent d’être la cible de violence sexuelle et sexo-spécifique et s’est félicitée de l’intégration de la dimension du genre dans le travail de l’UNOWAS.  Elle a aussi salué les efforts visant à une participation accrue des femmes aux processus politiques et sécuritaires, même « si beaucoup reste encore à faire ».  La délégation a estimé que les défis de la région ne pourront être surmontés que grâce à la coopération régionale, avant de saluer l’engagement du G5 Sahel et le travail du Bureau.  Dans le même temps, tout engagement international doit aller de pair avec les principes d’appropriation nationale, a ajouté l’Allemagne. 

La délégation s’est dit préoccupée par les violences dans le contexte des processus électoraux, comme en Guinée ou en Guinée-Bissau.  « Nous demeurons extrêmement préoccupés par la détérioration de la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest et au Sahel, en particulier au Burkina Faso, au Mali et dans le bassin du lac Tchad. »  Enfin, l’Allemagne a indiqué que l’appel du Secrétaire général pour un cessez-le-feu mondial dans ce contexte de pandémie, récemment entériné par le Conseil, est d’une importance « proprement vitale » pour la région. 

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