SC/14273

Conseil de  sécurité: l’action collective et la coopération internationale, identifiées comme la clef du succès pour  briser les liens entre terrorisme et criminalité transnationale organisée 

L’action collective et  la coopération internationale sont les moyens les plus sûrs de lever les obstacles auxquels se heurtent les États dans leurs efforts visant à briser les liens entre terrorisme et criminalité transnationale organisée, a affirmé aujourd’hui devant le Conseil de sécurité, le Chef du Bureau de lutte contre le terrorisme des Nations Unies (BLT).  M. Vladimir Voronkov  a parlé après la Directrice exécutive de  l’Office  des  Nations  Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), Mme Ghada Fathi Waly, qui a présenté les conclusions du  rapport du Secrétaire général sur les mesures prises par les États  et les entités du Pacte mondial de coordination de la lutte contre les liens entre terrorisme et criminalité organisée.*  

En raison de la pandémie de COVID-19, c’est chacun dans sa Mission  que les 15 membres  du  Conseil de sécurité  font leur déclaration et dialoguent avec leurs invités, grâce à un système de visioconférence spécialement conçu pour eux.   

Les liens entre terrorisme et criminalité transnationale organisée, a expliqué la Directrice exécutive de l’ONUDC, peuvent être opportunistes, se fonder sur un territoire partagé ou d’autres intérêts mutuels.  Pour se financer, les terroristes recourent à la criminalité, comme la traite des personnes et le trafic de migrants, de drogues, d’armes à feu, de biens culturels et autres; les enlèvements contre rançon; les vols et autres actes illicites.  Nulle part ailleurs qu’au Sahel, ces liens sont aussi flagrants, a fait observer le Niger, en parlant d’une région où les terroristes ont recours aux réseaux criminels pour financer leurs activités tandis que les trafiquants de stupéfiants paient les combattants d’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQIM) pour sécuriser leur marchandise.  L’évolution selon laquelle les organisations criminelles voient de moins en moins d’intérêt à coopérer avec les groupes terroristes, selon la Directrice exécutive de l’ONUDC, a été saluée par le Chef du BLT. 

L’adoption  le 19 juillet 2019 de la résolution  2482, a rappelé ce dernier, a  souligné  l’importance  pour les  États  de  travailler  ensemble pour  renforcer  la  riposte  mondiale  aux liens entre  terrorisme  et  criminalité  organisée.  Il faut faire plus pour évaluer  l’évolution  de  ces  liens et ne pas  oublier, malgré la  pandémie  de COVID-19, la menace  toujours  réelle  du  terrorisme, a-t-il mis en  garde.   Dans de nombreuses parties du monde, les  terroristes  exploitent  les frustrations  sociales  et la mauvaise gouvernance pour se  regrouper  et  affermir  leur  contrôle.  La pandémie, a  prévenu  le Chef du BLT, peut  agir  comme  un  catalyseur  de la propagation  du  terrorisme  et de  l’extrémisme  violent, en  exacerbant  les  inégalités, en  sapant  la  cohésion  sociale  et en alimentant les conflits.  

Ne laissons pas la pandémie créer des «  conditions propices » à l’expansion  du terrorisme, a renchéri la Ministre indonésienne des affaires étrangères, dont le pays préside le Conseil de sécurité ce mois-ci.  D’ailleurs, a-t-elle fait observer, la  résolution 2532 sur la COVID-19, adoptée le mois dernier, a anticipé les choses, en  appelant à la cessation immédiate des hostilités pendant la pandémie  à l’exception de la  lutte contre le terrorisme.  L’action  collective et la  coopération  internationale  sont  plus  que jamais  nécessaires, a  estimé le Chef du BLT, un impératif partagé par la Chine pour pouvoir, pendant et après la pandémie, relever les défis nouveaux et émergents du terrorisme, grâce à un meilleur partage d’informations, de renseignements, de technologies, permettant de renforcer la sécurité  aux  frontières terrestres, aériennes et maritimes et d’améliorer l’aide au renforcement des capacités des pays vulnérables.  

La  Directrice  exécutive  de l’ONUDC  a  salué  le fait qu’un  nombre  croissant de gouvernements aient  pris des  mesures  pour adapter  leur  législation  et aligner  leurs  réponses  politiques et opérationnelles sur la résolution 2482 (2019).    Elle a cependant relevé un certain nombre de domaines où des progrès restent à faire, citant  la mise à jour des cadres juridiques nationaux pour inclure des définitions précises du terrorisme et des délits de la criminalité organisée, ainsi que la criminalisation des actes de facilitation.  L’Indonésie, a par exemple expliqué sa Ministre, permet désormais de poursuivre les argentiers du terrorisme indépendamment de la commission d’un acte terroriste. 

La lutte contre le financement du terrorisme doit être « la priorité absolue », a acquiescé la France, en dénonçant des sources de revenus « malheureusement nombreux ».    Il faut prendre le mal par la racine et assécher ces sources, mais il ne s’agit pas d’une tâche facile, a reconnu la Secrétaire d’État tunisienne aux affaires étrangères, compte tenu de l’exploitation par les groupes terroristes et criminels  des nouvelles technologies dont les portefeuilles numériques et les cryptomonnaies.  

La Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée est l’instrument de choix, ont affirmé les États-Unis qui ont aussi attiré l’attention sur les instruments et protocoles internationaux de lutte contre le terrorisme, particulièrement utiles pour la répression.  Les États-Unis ont dit avoir utilisé la Convention comme base juridique plus de 650 fois depuis 2005 pour offrir ou demander une entraide judiciaire, une extradition et tout autre forme de coopération judiciaire avec au moins 99 pays.  Le moment est d’ailleurs venu, a estimé la Fédération de Russie, de moderniser et d’harmoniser les traités internationaux sur l’extradition et l’entraide judiciaire ainsi que les mécanismes de transfert des affaires pénales d’une juridiction à l’autre.  

La Fédération de Russie a aussi proposé la création de mécanismes pour l’échange d’informations entre les agences antiterroristes, sachant qu’il n’y a pas de bon et de mauvais terroristes, a ajouté la Chine qui s’est élevée contre les deux poids, deux mesures et la politisation.  L’action antiterroriste ne doit pas dépendre du côté de la frontière où les atrocités sont commises ou de la faculté de tel ou tel groupe à servir des objectifs politiques étroits, a asséné Saint-Vincent-et-les Grenadines. 

*S/2020/754 

La Section des communiqués de presse ne couvre que les déclarations faites en visioconférence dont les textes ont été transmis à temps par la Division des affaires du Conseil de sécurité.

La Directrice exécutive de l’Office desNations Unies contre la drogue et lecrime(ONUDC), Mme GHADA FATHI WALY, a présenté les conclusions du rapport du Secrétaire général sur les mesures prises par les États Membres et les entités du Pacte mondial de coordination de la lutte contre le terrorisme des Nations Unies pour lutter contre les liens entre le terrorisme et la criminalité organisée.  Ce rapport reflète les contributions de 50 États Membres et de 15 entités du Pacte mondial, a-t-elle précisé, et propose des recommandations sur les mesures à prendre.  Les liens entre terrorisme et criminalité organisée peuvent être opportunistes, se fonder sur un territoire partagé ou d’autres intérêts mutuels. Ces alliances peuvent également s’appuyer sur des relations personnelles développées souvent en prisons lorsque les terroristes ont des antécédents criminels. 

De nombreux États ont indiqué que les terroristes profitent de la criminalité organisée, notamment la traite des personnes et le trafic de migrants, de drogues, d’armes à feu, de biens culturels et autres biens; les enlèvements contre rançon; les vols et autres actes illicites.  Cependant, certains États Membres ont également observé que les organisations criminelles voient de moins en moins d’intérêt à coopérer avec des groupes terroristes.  Mme Waly a salué le fait que de nombreux gouvernements ont pris des mesures pour adopter leur législation, et les réponses politiques et opérationnelles identifiées dans la résolution 2482 (2019).  Ils ont notamment mis l’accent sur la ratification des instruments juridiques pertinents, y compris les instruments internationaux de lutte contre le terrorisme, dont la Convention contre la criminalité transnationale organisée et les Conventions sur le contrôle des drogues, la lutte contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et la corruption.  Ils ont renforcé les cellules de renseignement et les partenariats public-privé.  La sécurité frontalière et la coordination internationale ont également été renforcées, grâce à la collecte et l’analyse des données API/PNR sur les passagers.  De plus, des réponses globales au trafic de drogues ont été développées.  La gestion des prisons a été améliorée pour éviter la radicalisation et des stratégies intégrant des approches globales contre l’extrémisme violent ont été mises en œuvre.  

Pour les États, la coopération interinstitutions et internationale est un facteur clef du succès dans tous ces domaines, et l’établissement de liens entre les services de renseignement financier et les enquêteurs antiterroristes a été cité comme une priorité particulière.  Mme Waly a également souligné l’importance des équipes spéciales conjointes, des centres d’opérations et autres mécanismes de coordination entre les praticiens du renseignement, des frontières et de la justice pénale pour détecter et contrer les crimes de manière intégrée.  La coopération transfrontalière est également essentielle notamment par la mise en place de plateformes régionales et l’échange d’informations, des agents chargés du maintien de l’ordre, des bases de données et des outils d’INTERPOL et des organisations régionales. 

Mme Waly a ensuite passé en revue un certain nombre de domaines où des progrès restent à faire comme la mise à jour des cadres juridiques nationaux pour inclure des définitions précises du terrorisme et des délits de la criminalité organisée, ainsi que la criminalisation des actes de facilitation.  Elle a également recommandé de mettre l’accent sur un maintien de l’ordre fondé sur le renseignement, ainsi que sur la collecte et la préservation des preuves, y compris des preuves électroniques.  La Cheffe de l’ONUDC a aussi appelé au renforcement de la sécurité des frontières terrestres, aériennes et maritimes.  Le rapport souligne en outre l’importance des mesures visant les liens spécifiques entre le terrorisme et la criminalité organisée, par exemple entre trafic de drogue et financement du terrorisme, ou entre l’exploitation et le trafic illicites de ressources naturelles, d’armes légères, d’espèces sauvages et autres.  Elle a plaidé pour un soutien renouvelé à la lutte contre la traite des personnes, y compris lorsque ces crimes sont commis par des groupes terroristes. 

En conclusion, elle a réitéré le fait que l’ONUDC est idéalement placée pour aider les États Membres à traiter de ces liens, car il est « le gardien » des Conventions des Nations Unies sur la criminalité transnationale organisée et la corruption, et soutient la mise en œuvre des Conventions internationales sur le contrôle des drogues, des règles et normes des Nations Unies sur la prévention du crime et la justice pénale et des instruments internationaux contre le terrorisme. 

M. VLADIMIR VORONKOV, Secrétaire général adjoint du Bureau des Nations Unies contre le terrorisme, a indiqué que la Semaine virtuelle antiterroriste du mois dernier a permis de préserver l’élan impulsé en 2019 par le biais des huit conférences régionales de haut niveau sur des questions antiterroristes cruciales. Lors de cette semaine, la hausse de la cybercriminalité a été rappelée, le nombre de sites d’hameçonnage ayant augmenté de 350% au premier trimestre de cette année. Les intervenants ont aussi indiqué, pendant la Semaine, que la riposte aux liens entre terrorisme et criminalité organisée devait être proportionnelle à la menace et respecter les droits humains.  M. Voronkov a indiqué que les conséquences de la pandémie sur la criminalité organisée et le terrorisme ne sont pas encore pleinement comprises.  Nous savons que les terroristes tirent profit des difficultés économiques nées du virus pour répandre la peur, la haine, la division et gagner de nouvelles recrues.  Il a rappelé que l’Assemblée générale a donné mandat à son Bureau de diriger les efforts antiterroristes des Nations Unies en renforçant la cohérence et la coordination, y compris au moyen du Pacte mondial de coordination contre le terrorisme.  

Ce Pacte mondial tire profit de l’expertise de chaque entité afin d’appuyer les mesures opérationnelles, législatives et politiques contre la criminalité organisée et le financement du terrorisme.  Par exemple, l’ONUDC préside le Groupe de travail du Pacte mondial sur la justice pénale, les réponses juridiques et la riposte au financement du terrorisme, a dit le Secrétaire général adjoint.  Mon Bureau, a-t-il indiqué, travaille étroitement avec l’ONUDC, la Direction exécutive du Comité antiterroriste, INTERPOL et les autres entités afin d’appuyer les États Membres dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, la gestion des prisons ou bien encore la lutte contre les trafics illicites, a-t-il poursuivi.  M. Voronkov a précisé que son Bureau développe un projet pour renforcer les réponses pénales afin de lutter contre le trafic d’armes légères et empêcher qu’elles ne tombent entre les mains de groupes terroristes.  

Le Programme de l’ONU de lutte contre le terrorisme axé sur les déplacements appuie les États dans l’édification des capacités de détection par l’apport d’une assistance juridique, de la création d’unités d’informations sur les passagers et de l’installation des logiciels nécessaires.  Le Secrétaire général adjoint a précisé que 36 États membres participent à ce Programme.  Il a souligné l’importance de la question de la surveillance des détenus extrémistes violents et mentionné les efforts onusiens pour appuyer les États Membres à cette fin.  M. Voronkov a insisté sur l’apport de la résolution 2482 (2019) pour renforcer la riposte globale aux liens entre terrorisme et criminalité organisée.  « Du travail doit encore être abattu pour étudier la manière dont ces liens évoluent, sans confondre automatiquement ces deux menaces. »  

Si les États Membres sont à juste titre concentrés sur la lutte contre la pandémie de COVID-19, M. Voronkov a mis en garde contre toute idée de baisser la garde face à la menace toujours réelle du terrorisme.  La pandémie pourrait jouer le rôle de catalyseur dans la propagation du terrorisme et de l’extrémisme violent en creusant les inégalités, en sapant la cohésion sociale et en alimentant les conflits locaux, a-t-il conclu.  « Nous devons continuer notre lutte contre les groupes terroristes et les réseaux criminels afin de les priver de toute opportunité de tirer profit de la crise sanitaire. »  L’action collective et la coopération internationale sont plus que jamais nécessaires, a souligné M. Voronkov. 

Mme RETNO  LESTARI PRIANSARI  MARSUDI, Ministre des affaires étrangères de l’Indonésie, a souligné d’emblée que la lutte contre la pandémie ne doit pas faire oublier celle contre le terrorisme.  Il ne faut pas laisser la pandémie créer des « conditions propices » à l’expansion du terrorisme, a-t-elle déclaré, en soulignant que la résolution 2532 sur la COVID-19, adoptée le mois dernier, a anticipé cela en appelant à la cessation immédiate des hostilités pendant la pandémie à l’exception de la lutte contre le terrorisme.  Rappelant les cyberattaques terroristes contre des infrastructures publiques vitales, y compris les hôpitaux, la Ministre a prévenu que la situation risque toujours d’empirer quand terrorisme et criminalité organisée s’entremêlent, avec différentes variantes selon les régions.  

Rejetant les interventions en « vase clos », la Ministre a préconisé plus de synergies entre les autorités compétentes.  Des ajustements sont également nécessaires pour combattre les liens entre terrorisme et criminalité organisée dans les prisons.  L’Indonésie sépare d’ailleurs systématiquement les terroristes des autres prisonniers.  La Ministre a aussi insisté sur l’amélioration de l’infrastructure institutionnelle et juridique: les instruments internationaux doivent être traduits dans les législations nationales.  En Indonésie, les argentiers du terrorisme peuvent être punis indépendamment de la commission d’un acte terroriste. 

Enfin la Ministre est revenue sur l’importance qu’il y a à renforcer les mécanismes régionaux.  L’ASEAN, a-t-elle expliqué, tient désormais une réunion ministérielle sur les crimes transnationaux, la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée étant ainsi abordés sur une seule plateforme.  Elle a également plaidé pour plus de synergies entre organisations régionales, pour un meilleur échange d’informations et des pratiques exemplaires, et une meilleure compréhension des liens entre terrorisme et criminalité organisée, y compris des spécificités régionales.  La Ministre a aussi appelé à une synergie plus forte entre les organes et agences des Nations Unies.  L’ONU devrait élaborer des rapports et des analyses plus détaillés sur cette question somme toute nouvelle, a estimé la Ministre.  

Pour apporter une réponse à court et long terme aux liens entre terrorisme et criminalité organisée, le Viet Nam a rappelé que c’est aux États Membres que revient la responsabilité première de lutter contre ces fléaux, en s’appuyant sur le droit exclusif de recourir à la force dans leur juridiction.  Les mesures contre le terrorisme et la criminalité organisée doivent être prises en conformité avec la Charte des Nations Unies, le droit international, le respect de la souveraineté, de l’indépendance et de l’intégrité territoriale des pays concernés, a précisé la délégation, ajoutant qu’elles doivent aussi être conformes à la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies et aux résolutions pertinentes de l’Assemblée générale et du Conseil.  Il est temps, a poursuivi le Viet Nam, de développer, d’intégrer et d’investir substantiellement dans une approche globale pour s’attaquer aux causes profondes du terrorisme et de la criminalité organisée, y compris, mais sans s’y limiter, l’extrême pauvreté, les inégalités, le chômage et la marginalisation sociale.  Il faut parallèlement renforcer la coopération régionale et internationale dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée, en particulier pour prévenir le financement du terrorisme et les recrutements.  À cette fin, le Viet Nam a dit soutenir une coordination plus étroite entre les agences compétentes des Nations Unies, à savoir l’Office des Nations Unies contre le terrorisme (ONUCT), le Comité contre le terrorisme (CCT) et l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC).  

La communauté internationale peut continuer d’aider les pays, en particulier les pays en développement, à échanger des informations et à partager les expériences et les meilleures pratiques en matière de renforcement des capacités, a estimé la délégation en citant comme domaines prioritaires le contrôle et la gestion des frontières, la législation et l’entraide judiciaire. 

Mme SELMA  ENNAIFER, Secrétaire d’État aux affaires étrangères de la Tunisie a fait observer que le terrorisme peut bénéficier des informations et services fournis par les groupes criminels, comme la contrefaçon de documents de voyage et l’accès aux armes à feu.  Les terroristes eux-mêmes se livrent à des tactiques et activités criminelles pour se financer: trafic de drogue, traite des êtres humains, et commerce illicite des armes, des ressources naturelles et des objets culturels.  Ils partagent les mêmes routes pour le trafic, la contrebande et la relocalisation des combattants terroristes étrangers et surtout ils exploitent les revendications sociales.  Il est donc important, a souligné la Secrétaire d’État, que les États mettent en œuvre des mesures globales et intégrées qui passent par l’évaluation des liens potentiels entre ces groupes et des réponses apportées.  Pour ce faire, il importe de renforcer la coordination interinstitutions et développer des outils pour échanger rapidement les informations entre les autorités nationales pertinentes.  

La Secrétaire d’État a reconnu la complexité de la tâche, compte tenu de l’exploitation par les groupes terroristes et criminels des nouvelles technologies dont les portefeuilles numériques et les cryptomonnaies.  Il faut donc de solides programmes de renforcement des capacités et de partage d’expériences et de bonnes pratiques.  Une communication efficace avec le secteur privé et les organisations à but non lucratif peut conduire à des mécanismes plus précis de prévention et de gestion du financement du terrorisme.  Mme Ennaifer a également mis l’accent sur l’importance de la coopération régionale et internationale pour le partage d’informations, la sécurité des frontières et l’entraide judiciaire.  Elle a ajouté qu’il est essentiel de prévenir l’exploitation des prisons en tant qu’incubateurs des liens entre terrorisme et criminalité organisée, par la séparation des prisonniers et des programmes d’éducation et de réinsertion.  La Secrétaire d’État a conclu en soulignant que toute recherche de solutions pacifiques aux conflits armés doit s’attaquer à la présence de terroristes et de mercenaires.  La résolution 2532 (2020) du Conseil de sécurité, initiée par la Tunisie et la France, précise que les trêves humanitaires dans les conflits armés ne s’appliquent pas aux groupes terroristes désignés comme tels. 

La République dominicaine a appelé à renforcer la coopération bilatérale entre les États et le BLT, l’ONUDC et la DECT, ainsi qu’avec les organisations régionales et sous-régionales pertinentes.  Elle a insisté sur l’importance de la cyber sécurité, notant que nos vies quotidiennes se déroulent de plus en plus dans le cyberespace, et plus encore ces derniers mois en raison de la pandémie de COVID-19.  Tout indique clairement que certaines activités terroristes se déroulent en ligne, notamment la radicalisation et le financement, et il importe donc de maintenir une collaboration active avec l’ONUDC et les autres entités pertinentes de l’ONU pour renforcer et développer des stratégies nationales et internationales afin de contenir le rythme rapide auquel se développement la criminalité organisée et des activités liées au terrorisme dans le cyberespace.  La République dominicaine a rappelé qu’elle avait l’intention d’accueillir, au mois de mars dernier, une conférence sur le contrôle des frontières dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et l’endiguement des flux de combattants terroristes.  La pandémie de COVID-19 a réduit à néant ce projet, a-t-elle regretté. 

La Belgique a rappelé qu’en juillet de l’année dernière, sous l’impulsion du Pérou, le Conseil de sécurité a adopté une résolution sur le lien entre le terrorisme et le crime organisé.  Aujourd’hui, a-t-elle estimé, nous devons veiller à ce que cette résolution soit pleinement et correctement mise en œuvre. Elle a prévenu que certaines mesures prises peuvent avoir eu un impact négatif sur les droits fondamentaux et le travail des acteurs humanitaires.  Le respect du droit international humanitaire, des droits de l’homme et de l’état de droit doit rester une priorité absolue, partout et en toutes circonstances, a insisté la Belgique.  Une lutte efficace contre le terrorisme et le crime organisé exige une coopération et une coordination intenses aux niveaux international, régional et national, ainsi qu’une approche globale.  Le renforcement des capacités des États est d’une importance capitale, a-t-elle dit.  Nos efforts devraient bénéficier davantage de l’expertise de la société civile, des innovations du secteur privé et de la participation des communautés locales, y compris les jeunes, les femmes et les filles.  

Pour les États-Unis il est clair que dans certains cas et certaines régions, les groupes terroristes et ceux de la criminalité organisée exploitent la faiblesse des institutions démocratiques et des forces de l’ordre, sans oublier la porosité des frontières et l’existence de territoires « non gouvernés ou sous-gouvernés ».  Ces conditions offrent à ces groupes l’occasion de coexister, de développer des alliances fondées sur des intérêts mutuels et même de collaborer.  Les États-Unis ont prescrit comme remèdes une bonne sécurisation des frontières, la coopération régionale et le partage d’information entre les agences de renseignements.  Ils ont souligné l’importance de la résolution 2396, dans laquelle le Conseil de sécurité exige de tous les États Membres la collecte et l’analyse des informations sur les passagers et l’élaboration de listes de surveillance.  Les données API/PNR peuvent aider les enquêteurs à identifier les liens entre les individus associés à des groupes terroristes et criminels, ont estimé les États-Unis avant d’exhorter les États Membres qui ont besoin d’une assistance technique ou d’une aide au renforcement de leurs capacités à en faire la demande. 

Les traités existants, y compris la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée, et les instruments et protocoles internationaux de lutte contre le terrorisme fournissent également un cadre utile pour faciliter la coopération en matière de répression.  Les États-Unis ont d’ailleurs dit avoir utilisé la Convention comme base juridique plus de 650 fois depuis 2005 pour offrir ou demander une entraide judiciaire, une extradition et toute autre forme de coopération juridique à moins de 99 pays.  Depuis l’adoption de la résolution 2482 l’année dernière, l’ONU a fait de grands progrès pour mieux comprendre les liens entre les terroristes et les groupes criminels organisés, ont reconnu les États-Unis qui ont applaudi le programme de renforcement des capacités de l’ONUDC en la matière.  Ils ont recommandé à l’ONU de renforcer sa coopération avec les organisations régionales et sous-régionales, ainsi qu’avec les plateformes internationales comme le Forum mondial de lutte contre le terrorisme. 

La France a relevé que les organisations terroristes et celles de la criminalité organisée recrutent au sein des mêmes populations, notamment dans les prisons où la radicalisation est un fléau, et utilisent souvent les mêmes moyens de communication, notamment le « dark net ».  La France a rappelé le lancement, par elle-même et la Nouvelle Zélande de l’« Appel de Christchurch » qui, a-t-elle précisé, a déjà rassemblé 50 pays, organisations et grandes entreprises de l’Internet.  La France a indiqué que la priorité absolue, c’est la lutte contre le financement du terrorisme, dont les sources sont malheureusement nombreuses.  Il faut prendre le mal par la racine et assécher ces sources.  Il faut, a souligné la France, adapter les cadres juridiques pour améliorer la transparence des flux financiers, renforcer le partage d’informations et développer la coopération avec le secteur privé.  La coopération internationale entre les États et au sein de l’ONU est plus importante que jamais, a-t-elle dit avant d’appeler les États à utiliser davantage les bases de données d’INTERPOL. 

Saint-Vincent-et-les Grenadines a souligné la nécessité de s’attaquer aux causes profondes du terrorisme et au terrorisme lui-même de manière collective et raisonnable.  L’action antiterroriste ne doit pas dépendre du côté de la frontière où les atrocités sont commises ou de la faculté de tel ou tel groupe à servir des objectifs politiques étroits.  La délégation a condamné le terrorisme qu’il soit parrainé ou pas par un État.  Elle a rappelé qu’elle est un petit pays insulaire avec des ressources limitées, des frontières poreuses et un vaste espace maritime à surveiller.  Elle a donc jugé cruciale la coordination régionale et internationale.  Les groupes criminels transnationaux sont en évolution constante, ce qui rend leur élimination difficile.  Les États doivent être véritablement engagés dans la lutte contre ces menaces.  Elle a donc plaidé pour une coopération accrue entre l’ONU et les organisations régionales et sous-régionales, un appui robuste aux pays vulnérables et pour une formation adéquate à la collecte des renseignements.  La délégation a exhorté les pays à faciliter le partage d’informations et de renseignements entre tous les niveaux de la gouvernance, et ce, aux niveaux national, régional et international.  La riposte à la criminalité organisée doit viser à valoriser plutôt qu’à saper les activités socioéconomiques légitimes, a conclu Saint-Vincent-et-les Grenadines. 

Le Royaume-Uni a souligné que les menaces qui pèsent sur les intérêts internationaux nécessitent une réponse plus sophistiquée et nuancée de la part des gouvernements et a appelé à adopter une approche préventive globale afin de renforcer les capacités d’assurer des réponses juridiques et pénales efficaces.   La délégation a ajouté qu’il faut être très conscient de l’impact sur les moyens de subsistance que peuvent avoir les tentatives de perturber des activités économiques auparavant licites, voire illicites, en raison du potentiel bénéfice que cela peut avoir pour les terroristes.   Elle a ainsi encouragé les Nations Unies et les États Membres à s’attaquer à des facteurs communs tels que les difficultés économiques et les communautés vulnérables, tout en veillant à ce que toutes les mesures de lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée soient conformes au droit international humanitaire et au droit international des droits de l’homme. 

Le Royaume-Uni a jugé essentiel de prévenir l’utilisation terroriste d’Internet et de veiller à ce qu’il n’y ait pas d’espaces sûrs en ligne permettant aux terroristes de promouvoir ou de partager leurs opinions extrêmes, d’inciter à des attaques, de recruter des membres et même d’obtenir des ressources.  Dans le pays, a ajouté la délégation, la Counter-Terrorism Internet Referral Unit, créée en 2010, a répertorié plus de 310 000 contenus terroristes qui ont été par la suite supprimés.   En outre, le Royaume-Uni a dépensé, en 2019, plus de 54 millions de dollars pour appuyer des programmes de lutte contre le terrorisme axés sur des campagnes multilatérales et le soutien aux pays partenaires.   

Pour le Royaume-Uni, a enchaîné la délégation, il est important que les organisations multilatérales telles que les Nations Unies, l’ONUDC et Interpol travaillent en partenariat.   C’est vital à un moment où les ressources limitées sont parfois réorientées pour faire face à la pandémie de COVID-19.   Et la communauté internationale devrait également examiner la meilleure façon de soutenir les communautés vulnérables qui risquent d’être impliquées dans le crime organisé ou le terrorisme dans les États fragiles et touchés par les conflits.   

Près d’un an après l’adoption de la résolution 2482 (2019), le Royaume-Uni a souligné l’importance de veiller à ce que toutes les mesures de lutte contre le terrorisme tiennent compte du caractère impartial de l’aide humanitaire afin que les principaux acteurs puissent continuer à fournir un soutien critique dans des environnements complexes.   

La Chine a demandé d’emblée à la communauté internationale de renforcer la coopération à tous les niveaux, d’échanger des renseignements et des informations, de partager les meilleures pratiques et de prendre des mesures concertées, afin de lutter efficacement contre le terrorisme et le crime organisé et de maintenir conjointement la paix et la sécurité internationales.  Les États Membres doivent strictement adhérer à la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies et aux résolutions du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale à cet égard, a exigé la délégation, y compris la résolution 2482 (2019) du Conseil de sécurité. Elle a plaidé pour des mesures tangibles et globales dans des domaines tels que le trafic d’armes, de personnes, de drogues, d’objets et de biens culturels mais aussi contre, le commerce illicite des ressources naturelles et des espèces sauvages, la manipulation des entreprises commerciales légitimes, des organisations à but non lucratif, entre autres. 

La Chine a également mis l’accent sur l’impératif de renforcer les actions et les synergies aux niveaux international et régional.  Il est de la plus haute importance, a-t-elle insisté, de promouvoir davantage le multilatéralisme et la coopération internationale pour relever les défis nouveaux et émergents du terrorisme, pendant et après la pandémie de COVID-19.  La Chine a appelé la communauté internationale à aider activement les organisations régionales et sous-régionales à coopérer plus efficacement sur ces dossiers.  Elle a encouragé une coordination plus étroite entre les agences des Nations Unies et les organisations régionales, pour tirer parti de leurs forces et expertises respectives.  Elle a appelé à soutenir les efforts nationaux de renforcement des capacités, en particulier ceux des pays en développement et des pays africains.  Elle a cité des domaines tels que le contrôle des frontières, les douanes, la lutte contre la drogue et les questions judiciaires.  Le terrorisme est notre ennemi commun, et il n’y a pas de bons ou de mauvais terroristes.  La politique de deux poids, deux mesures et la politisation doivent être évitées, a conclu la Chine qui « sera toujours du côté du multilatéralisme et de la justice internationale  ». 

La Fédération de Russie  s’est dit préoccupée par la radicalisation de membres appartenant à des  groupes  criminels organisés qui rejoignent ultérieurement des  organisations terroristes et a demandé, en conséquence, qu’une attention accrue soit portée aux efforts visant à contrer l’idéologie du terrorisme.  La Russie a appelé à renforcer la coopération afin d’identifier et de poursuivre tous les individus et organisations parrainant des  terroristes.   Elle a insisté sur ces éléments terroristes qui tirent profit d’activités frauduleuses tout en étant dans les rangs de «  pseudo-travailleurs humanitaires  » qui leur sont affiliés.  

La délégation a notamment mentionné les informations faisant état des malversations financières commises par l’ancien chef de l’organisation des « Casques blancs », M. James Le  Mesurier.  Un certain nombre de pays donateurs sont au courant des malversations commises par cette organisation à la réputation extrêmement douteuse.  « Nous parlons ici de salaires surévalués, de détournements de fonds pendant l’évacuation de membres des Casques blancs en Syrie, ainsi que d’évasion fiscale, a dit la délégation russe selon laquelle le montant  total des donations faites aux Casques blancs s’élèverait à environ 100 millions de dollars. La délégation a aussi indiqué que l’éradication du terrorisme en Syrie et en Iraq aurait été beaucoup plus rapide si les terroristes n’avaient  pas  été en mesure d’établir un ravitaillement en biens militaires avec l’aide de parrains étrangers.  

Vivement préoccupée par les liens entre les terroristes et les importants trafiquants de drogue, elle a cité la lutte en cours entre Daech et les Taliban pour le contrôle de la route du nord  aux fins de trafic depuis l’Afghanistan vers les pays d’Asie centrale.  Elle a appelé à exhorter toutes les parties au dialogue intra-afghan à remédier au défi du trafic de drogue, soulignant que la neutralisation de ces liens devrait être un élément important du processus politique en Afghanistan.   Cette question, a-t-elle ajouté, doit être  prise  en compte s’agissant de la radiation de listes et entités de la Liste de sanctions du Comité 1988.   La Russie a demandé une modernisation et une harmonisation des traités internationaux sur l’extradition et l’entraide judiciaire dans les affaires pénales, ainsi que des mécanismes de transfert des affaires pénales d’une juridiction à une autre.  La délégation a aussi demandé la création de mécanismes pour l’échange d’informations entre les agences antiterroristes.  

Le Niger a indiqué qu’au Sahel, les preuves d’un partenariat entre le terrorisme et la criminalité organisée sont flagrantes.  Les terroristes ont recours aux réseaux criminels pour financer leurs activités tandis que des trafiquants de stupéfiants paient les combattants d’ Al-Qaida au Maghreb islamique (AQIM) pour sécuriser leur marchandise.  En raison de la faible présence de l’État, les terroristes remplacent les institutions légitimes, en fournissant des services de base aux populations qui se sentent marginalisées par le gouvernement central.  Les restrictions imposées par la pandémie de COVID-19 ont exacerbé cette situation déjà critique et permis aux groupes terroristes armés d’intensifier leurs attaques.  Après avoir passé en revue les initiatives mises sur pied par le Niger pour combattre ces menaces, la délégation a salué le travail du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA) de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), et de l’ONUDC.  Le Niger a insisté sur le fait que les États africains, qui affrontent le fléau du terrorisme et de la criminalité organisée, doivent être accompagnés dans leurs efforts pour sécuriser leurs frontières, mettre en œuvre leurs projets de développement et rétablir l’autorité de l’État sur tout leur territoire. 

L’Afrique du Sud a réitéré son engagement « inébranlable » dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée, qu’il soit transnational ou national.  Elle a dit s’efforcer d’intégrer les différents instruments internationaux dans sa législation nationale, en prenant appui sur des stratégies et mécanismes nationaux qui tentent de s’attaquer à la myriade de petits éléments composant les réseaux illicites.  La Stratégie nationale de lutte contre le terrorisme est alignée sur la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies.  La Stratégie nationale prévoit la mise en œuvre des conventions pertinentes et des résolutions du Conseil de sécurité.  L’Afrique du Sud a rappelé qu’elle est un membre actif du Groupe d’action financière (GAFI) et du Groupe antiblanchiment de l’Afrique orientale et australe (GABAOA ).  Elle a professé sa stricte adhésion aux processus d’examen pour améliorer ses systèmes nationaux. 

À son tour, l’Afrique du Sud a souligné l’importance de la coopération et de la coordination internationales pour le partage d’informations, des meilleures pratiques et des technologies.  Il est vital, a-t-elle insisté, de soutenir les États aux faibles capacités, confrontés à des problèmes uniques tels que la porosité des frontières.  Il faut aussi, a ajouté l’Afrique du Sud, s’attaquer aux causes profondes du terrorisme et de la criminalité organisée, la meilleure solution étant d’offrir aux populations les moyens de s’épanouir et de contribuer positivement à la société. 

L’Estonie a rappelé qu’il y a six ans, les hommes et les femmes yézidi étaient victimes des massacres de Daech en Iraq.  Ces atrocités montrent combien le terrorisme menace la paix et à la sécurité internationales mais affecte aussi la vie de millions d’individus ordinaires dans le monde.  L’Estonie a souligné la nécessité de mieux comprendre les liens complexes entre criminalité organisée et activités terroristes et reconnu le rôle important de la Direction exécutive du Comité antiterroriste à cette fin.  Sa contribution, a-t-elle estimé, nous permet de mieux coordonner nos efforts contre l’extrémisme violent aux niveaux national, régional et international.  L’Estonie a ainsi tiré profit des apports de l’ONU dans le développement d’un plan et des priorités en matière de lutte contre le terrorisme, pour la période 2020-2030.  Enfin, au plan régional, l’Estonie a insisté sur le rôle joué par les agences de l’Union européenne Eurojust et Europol.  Nous accueillons favorablement une coopération accrue entre ces agences et les Nations Unies, a-t-elle dit. 

L’Allemagne a fait trois remarques.  La première est la nécessité d’une approche fondée sur l’évaluation et des données fiables.  Nos politiques ne connaîtront le succès que si elles se fondent sur des faits et des preuves, a insisté la délégation qui a ajouté la nécessité d’avoir une vision complète et différenciée, en fonction des régions.  Il faut également mieux comprendre comment la pandémie de Covid-19 affecte le terrorisme, les mesures antiterroristes et la criminalité organisée.  D’une part, les restrictions de voyage empêchent partiellement les activités terroristes et les actes criminels et d’autre part, la pandémie offre un environnement propice et crée de nouveaux lieux de radicalisation.  La deuxième remarque a concerné la coopération et les principes fondamentaux.  Les mesures nationales, y compris celles de la sécurité aux frontières, sont indispensables, mais elles sont loin d’être suffisantes, a estimé la délégation.  Toute action doit respecter les principes du droit international, en particulier les droits de l’homme, le droit humanitaire et l’état de droit.  Ni la lutte contre le terrorisme ni la lutte contre la criminalité organisée ne peuvent servir de prétexte aux violations des droits de l’homme.  Le non-respect de ces droits n’est pas seulement une violation des obligations internationales les plus fondamentales, il est en même temps l’une des causes profondes de la radicalisation, de la méfiance à l’égard des institutions publiques et du recrutement par les groupes criminels et terroristes.  

Nous devons tarir les sources de financement du terrorisme mais il faut rester conscient de l’impact négatif des mesures prises sur l’acheminement de l’aide humanitaire, a prévenu l’Allemagne pour conclure, en disant non à la diminution de l’espace humanitaire, à l’aggravation des crises humanitaires et aux souffrances comme dommages collatéraux de la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée.  Elle a insisté sur la responsabilité collective de garantir l’accès humanitaire et de mettre en place des dérogations pour les activités humanitaires.  

Réagissant aux propos tenus par la Fédération de Russie, le Royaume-Uni a dit être fier de son soutien aux Casques blancs en Syrie, une organisation qui a sauvé la vie de milliers de personnes.  Il a accusé le régime syrien, et ses alliés russes d’essayer d’orchestrer une campagne concertée de désinformation.  Le Royaume-Uni a également regretté que la Fédération de Russie ait soulevé cette question au cours d’une réunion «  sérieuse  » sur les liens entre terrorisme et crime international organisé.  «  C’est honteux », s’est-il exclamé. 

Dans ses remarques de clôture, la Cheffe de l’ONUDC s’est dit «  rassurée  » par l’engagement collectif dans la lutte contre le terrorisme et ses liens avec la criminalité organisée.  L’ONUDC est déterminée à travailler avec toutes les entités des Nations Unies, ainsi qu’avec les États Membres, a assuré Mme Waly, en indiquant que son Bureau travaille actuellement sur une stratégie pour l’Afrique et sur une nouvelle stratégie d’entreprise.  Pour avoir vécu et travaillé au Moyen-Orient, une région qui souffre depuis des décennies des liens entre terrorisme et crime organisé, Mme Waly a plaidé pour plus de ressources. 

Remerciant son homologue d’ONUDC pour son soutien, le Chef du Bureau de lutte contre le terrorisme a souligné que le multilatéralisme est au cœur des discussions d’aujourd’hui et s’est dit encouragé par la nouvelle tendance qui montre que les groupes de la criminalité organisée se détournent des terroristes.  « C’est une bonne évolution », s’est-il félicité.  

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