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SC/14294
3 septembre 2020

Afghanistan: devant le Conseil de sécurité, la Représentante spéciale souligne une violence encore inquiétante avant le début des négociations intra-afghanes

« Au fur et à mesure que le processus de paix avance, et en dépit d’un vent d’optimisme prudent, le niveau de violence sur le champ de bataille reste profondément inquiétant », a dit, ce matin au Conseil de sécurité, la Représentante spéciale du Secrétaire général pour l’Afghanistan, Mme Deborah Lyons.  Beaucoup de choses se sont pourtant améliorées depuis 2002, a témoigné M. Saad Mohseni, Président-Directeur général du groupe de presse « MOBY Group », également invité à la séance trimestrielle du Conseil sur ce pays. 

Alors que les négociations intra-afghanes devraient démarrer prochainement, Mme Lyons a prévenu qu’elles devront prendre en compte en particulier les doléances des victimes ainsi que les droits des femmes, des filles et des jeunes, sans oublier les droits de l’homme, la lutte contre la corruption et l’approfondissement de la coopération entre l’Afghanistan et les pays voisins.

Celle qui est aussi à la tête de la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) a souhaité auparavant l’instauration d’un environnement propice aux pourparlers.  Elle a salué à cet égard l’annonce de la formation du cabinet ainsi que les nominations au Haut Conseil pour la paix et la réconciliation nationale.  Une condition essentielle est la réduction du niveau de violence, a-t-elle dit, suivie par M. Mohseni pour qui cela est plus important qu’un cessez-le-feu total. 

Mme Lyons a tenu à rappeler le contexte difficile dans lequel se trouve le pays à l’issue de décennies de guerre: « L’Afghanistan reste l’un des pires endroits au monde pour être une femme ou un enfant. »  Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), a-t-elle ajouté, les Afghans constituent la plus grande population de réfugiés en Asie et la deuxième population de réfugiés au monde.  Et alors que le pays a bénéficié pendant 20 ans d’une aide financière, des millions d’Afghans continuent de vivre dans des conditions d’extrême pauvreté.  L’Afghanistan est aujourd’hui l’un des deux seuls pays au monde où la poliomyélite menace encore la santé de la population, a constaté la Chef de la MANUA.

À cela s’ajoutent la corruption, qui gangrène tous les niveaux, et la guerre meurtrière qui sévit dans le pays, a indiqué le Président-Directeur général du groupe de presse « MOBY Group » pour compléter le tableau.  L’Afghanistan reste en outre vulnérable à la politique régionale, a regretté M. Mohseni. 

Pour la Représentante spéciale, il est crucial que la réduction de la violence figure en priorité à l’ordre du jour des négociations intra-afghanes, de même que le cessez-le-feu humanitaire.  Il faut en effet créer un environnement propice aux pourparlers, a encouragé Mme Lyons soucieuse que la paix puisse s’épanouir une fois un accord conclu.

Mais la paix, a-t-elle ajouté, ne s’installera véritablement en Afghanistan que si elle apporte des avantages matériels au peuple afghan.  C’est la raison pour laquelle la MANUA, en lien avec le Gouvernement afghan et d’autres partenaires, s’efforce d’identifier les défis du développement et les dividendes économiques de la paix en Afghanistan.  Elle a aussi plaidé pour des institutions publiques robustes et dignes de confiance, ainsi que pour une coopération régionale qui permette au pays de tirer parti de son emplacement géographique au cœur de l’Asie.

Comme tous les membres du Conseil dans leurs commentaires, Mme Lyons a insisté sur l’inclusion essentielle des femmes dans le processus et sur le respect de leurs droits dans tout le pays.  La Belgique a d’ailleurs souhaité que la protection des droits des femmes et des filles reste au centre du mandat de la MANUA.

Au sujet du mandat de la Mission, dont le renouvellement doit se faire dans quelques jours, les États-Unis ont souhaité qu’il soit « particulièrement clair et solide » en ce moment charnière de l’histoire de l’Afghanistan, précisant qu’il doit se focaliser sur les questions fondamentales en vue d’aider le Gouvernement et le peuple afghans à parvenir à la paix.  Pour l’Allemagne, le Conseil doit mettre à profit les progrès réalisés lors des dernières négociations en septembre 2019 sur le mandat de la Mission.  La délégation allemande a cité la protection des droits de l’homme, des droits des femmes et des enfants, ainsi que la promotion du développement durable en Afghanistan, comme des tâches importantes pour l’ONU et la communauté internationale. 

L’invité de ce débat, M. Mohseni, a quant à lui mis l’accent sur « la tâche ardue » à mener, qui est de réintégrer les Taliban dans la République afghane.  Pour cela, il a recommandé à la communauté internationale « une ligne ferme et cohérente sur les questions clefs ».  Pour la France, il appartient aux Taliban de respecter les engagements qu’ils ont pris au titre de l’accord du 29 février 2020, notamment en rompant leurs liens avec les organisations terroristes internationales, en particulier Al-Qaida et Daech.  La Chine a averti que les parties doivent éviter de laisser un vide en matière de sécurité et qu’elles doivent empêcher les forces terroristes d’organiser leur retour en exploitant la situation et en mettant en danger la sécurité nationale et régionale.

La MANUA discute régulièrement avec les Taliban pour s’assurer qu’ils sont bien informés des obligations de l’Afghanistan en tant que membres de la communauté mondiale, notamment en ce qui concerne les questions de développement, de gouvernance et des droits de l’homme, a indiqué la Représentante spéciale avant de plaider pour que la Conférence ministérielle sur l’Afghanistan et les négociations intra-afghanes, qui se déroulent en parallèle, se renforcent mutuellement. 

« Nous ne savons pas ce que l’automne nous réserve », a-t-elle reconnu tout en se disant « convaincue qu’à la prochaine réunion sur l’Afghanistan, nous discuterons des progrès qui auront été réalisés dans les négociations intra-afghanes ».   

La Section des communiqués de presse ne couvre que les déclarations faites en visioconférence dont les textes ont été transmis à temps par la Division des affaires du Conseil de sécurité.

Mme DEBORAH LYONS, Représentante spéciale du Secrétaire général et Chef de la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA), a indiqué qu’actuellement, les représentants de l’Afghanistan se préparent à s’asseoir avec des représentants des Taliban pour discuter d’un règlement politique du conflit.  « C’est vraiment un moment historique et un processus long et difficile. »  Déjà, a ajouté Mme Lyons, la phase d’avant pourparlers a soulevé des questions difficiles liées à la libération des prisonniers.  Les négociations devront en tout cas s’attaquer à une série de questions profondes sur le type de pays que les Afghans veulent et les solutions ne pourront pas être trouvées sur le champ de bataille ou imposées de l’extérieur, a-t-elle prévenu.  Elle a en même temps fait valoir que les Afghans ont besoin et méritent notre soutien pour faire en sorte que la paix, lorsqu’elle arrive, puisse être maintenue durablement. 

Mme Lyons s’est inquiétée de voir qu’au fur et à mesure que le processus de paix avance, et en dépit d’un vent d’optimisme prudent, le niveau de violence sur le champ de bataille reste profondément inquiétant.  Ces dernières semaines ont vu un nombre record d’incidents de sécurité, y compris des attaques visant des civils.  Le conflit continue de tuer et de blesser des centaines d’Afghans chaque semaine, a informé la haute fonctionnaire qui s’est aussi souciée des millions de personnes déplacées, dont la plupart n’ont aucune perspective immédiate de retourner chez elles.  Le conflit entrave l’accès humanitaire, prive un grand nombre de personnes d’aides et entrave la réponse à la pandémie de COVID-19, a-t-elle noté en soulignant aussi le climat de méfiance qu’il crée, risquant ainsi de faire dérailler les négociations.

La Chef de la MANUA a rappelé qu’à l’issue de ces décennies de guerre, « l’Afghanistan reste l’un des pires endroits au monde pour être une femme et être un enfant ».  Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), les Afghans constituent la plus grande population de réfugiés en Asie et la deuxième population de réfugiés au monde.  Après deux décennies d’aide financière de la part des donateurs, des millions d’Afghans continuent de vivre dans des conditions d’extrême pauvreté.  L’Afghanistan est aujourd’hui l’un des deux seuls pays au monde où la poliomyélite menace encore la santé de la population. 

Mme Lyons a donc appelé toutes les parties à réduire le niveau de violence, en préconisant que l’un des premiers points à l’ordre du jour des négociations intra-afghanes soit le cessez-le-feu humanitaire.  Mais, a-t-elle averti, un processus de paix, ou même un accord de paix, ne fait pas la paix.  Il faut créer un environnement propice aux pourparlers de paix et veiller à ce que le terrain soit préparé pour que la paix s’épanouisse une fois qu’un accord aura été conclu.

En tant qu’ONU, l’une de nos priorités sera le rôle des droits de l’homme dans la réalisation d’une paix durable, a poursuivi la Représentante spéciale.  Les processus de paix sont plus robustes lorsqu’ils tiennent compte des préoccupations des victimes de la guerre.  C’est la raison pour laquelle un dialogue a été entamé avec les parties au conflit sur l’inclusion des voix des victimes dans les négociations de paix et sur les mécanismes d’intégration de la justice centrée sur les victimes.  « Ce n’est que lorsque les doléances des victimes seront reconnues et traitées qu’une véritable réconciliation sera possible. »

Mme Lyons a aussi demandé d’inclure les femmes dans le processus.  Cette question sera plus centrale dans le processus de paix afghan que dans toute autre négociation de paix de mémoire récente, a-t-elle averti.  Elle a avoué qu’elle ne savait pas si la délégation des Taliban comprenait des représentantes des femmes mais c’est la représentation des femmes à la table de la paix qui offre la meilleure occasion de s’assurer que leurs droits sont respectés et que leur vision d’un Afghanistan pacifique soit prise en compte. 

Pour Mme Lyons, des médias dynamiques ont également un rôle essentiel pour promouvoir une paix inclusive et durable.  La semaine prochaine débutera une série de réunions avec un consortium de médias nationaux pour discuter de la façon de travailler avec la société civile, pour stimuler un dialogue actif sur ce à quoi ressemble la paix pour eux. 

Elle a ajouté que la paix ne s’installera véritablement que si elle apporte des avantages matériels au peuple afghan.  Aux côtés du Gouvernement et d’autres partenaires, la Mission s’efforce d’identifier les défis du développement et les grands dividendes économiques de la paix en Afghanistan. 

La coopération régionale en sera également un élément essentiel, a dit la Représentante spéciale.  En approfondissant ses relations régionales dans les domaines du commerce et du transit, de la connectivité des infrastructures, de la lutte contre les stupéfiants, des mouvements de personnes et du transfert de connaissances, l’Afghanistan peut commencer à réaliser son énorme potentiel inexploité et tirer pleinement parti de son emplacement stratégique au cœur de l’Asie, a-t-elle pronostiqué. 

Dans le même temps, un Afghanistan stable apportera une sous-région plus prospère.  Dans l’esprit de la Conférence de Tachkent, la MANUA a mis sur pied un groupe de travail des ambassadeurs à Kaboul, réunissant les six pays voisins de l’Afghanistan, pour discuter de travaux concrets dans des domaines thématiques clefs, et au fur et à mesure que cet exercice se développera, il sera relié à d’autres formats régionaux, tels que le processus d’Istanbul « Au Cœur de l’Asie » sur la sécurité et la coopération régionales pour la paix et la stabilité en Afghanistan et l’Organisation de Shanghai pour la coopération.

Pour que la paix s’installe, a encore dit Mme Lyons, l’Afghanistan aura besoin d’institutions publiques fortes et dignes de confiance.  Elle a donc a salué l’annonce de la formation du cabinet, ainsi que des nominations au Haut Conseil pour la paix et la réconciliation nationale.  Toutefois, il y a encore beaucoup de travail à faire, notamment dans la lutte contre la corruption.  À l’approche de la Conférence des donateurs en novembre, cette lutte est essentielle pour renforcer la confiance des donateurs, a déclaré la Chef de la MANUA qui a aussi rappelé la complication supplémentaire de la crise budgétaire mondiale causée par la pandémie de COVID-19.  La MANUA demeure toutefois déterminée à aider l’Afghanistan à garder le soutien des donateurs.  Elle a en effet rappelé que le pays a plus de 38 000 cas de COVID-19 et que plus de 1 400 personnes en sont mortes.  Des millions d’Afghans ont perdu leurs revenus et leurs moyens de subsistance, tandis que les enfants ont manqué des mois cruciaux de scolarité.

Notant que la Conférence des donateurs se déroulera parallèlement aux négociations intra-afghanes, elle a plaidé pour que les deux processus se renforcent mutuellement.  C’est la raison pour laquelle la Mission discute régulièrement avec les Taliban pour assurer qu’ils sont bien informés des obligations de l’Afghanistan en tant que membres de la communauté mondiale, notamment en ce qui concerne les questions de développement, de gouvernance et des droits de l’homme. 

Si la situation en Afghanistan semble s’être stabilisée depuis son dernier exposé au Conseil, malgré la pandémie qui a considérablement affecté les opérations, nous ne savons pas ce que l’automne nous réserve, a mis en garde Mme Lyons.  « Je suis convaincue qu’à la prochaine réunion sur l’Afghanistan, nous discuterons des progrès qui auront été réalisés dans les négociations intra-afghanes. »

Le Président-Directeur général du groupe de presse « MOBY Group », M. SAAD MOHSENI, a estimé que les Taliban et leurs prédécesseurs ont tout fait pour éradiquer le charme, les possibilités et les progrès de l’Afghanistan.  Ainsi, le pays qui était jadis taxé d’être le « Paris » d’Asie centrale a vu, en 20 ans d’isolement, l’anéantissement d’un siècle d’État moderne et 1 500 ans d’histoire.  M. Mohseni a reconnu que beaucoup de choses se sont améliorées depuis 2002 et que 20 ans de renforcement de l’État et d’aide de la communauté internationale ont permis de réduire de moitié le taux de mortalité infantile et de faire passer l’alphabétisation à près de 50% de la population.  De ce fait, les étudiants représentent désormais un tiers de la population totale et le pays est mieux connecté que jamais.  « Nous sommes passés d’aucun média à plus de 100 chaînes de télévision et à des centaines de stations de radio, de journaux et de plateformes en ligne », s’est-il réjoui.  Et malgré un accès limité à l’électricité, 95% de la population regarde régulièrement la télévision - un média qui offre une exposition au-delà de l’Afghanistan.  Le nombre d’abonnés au téléphone mobile est passé de zéro en 2002 à 33 millions aujourd’hui, et un tiers de la population a accès à Internet.

M. Mohseni a affirmé que l’Afghanistan dispose des médias les plus libres, en passant de l’Inde à l’Afrique du Nord, ce qui garantit aux journalistes la liberté de faire des reportages avec intégrité.  Malheureusement, son agence de presse « Tolo » à elle seule a perdu 11 employés, tandis que la famille des médias a perdu 132 journalistes.  Au total, on dénombre dans le pays 1 600 incidents violents contre des journalistes et 30 attaques contre des organes de presse.  Les Taliban ont revendiqué la responsabilité de presque toutes ces attaques, a-t-il précisé.  Globalement, il a considéré que l’Afghanistan est en plein essor, avec une nette majorité du pays connectée et électrifiée, avec la moitié de la population résidant dans les grandes villes, et une économie qui grandit rapidement.

M. Mohseni a cependant identifié des aspects négatifs, comme la corruption à tous les niveaux et la guerre meurtrière que connaît le pays.  Et pourtant, l’Afghanistan, avec une population dont l’âge moyen est de 18 ans -le plus jeune pays en dehors de l’Afrique subsaharienne-, reste selon lui plein d’espoir.  Avec une population qui devrait atteindre 100 millions d’habitants d’ici à 2060, l’Afghanistan sera le seizième pays le plus peuplé au monde.  La tâche ardue de réintégrer pleinement les Taliban dans la République afghane exigera votre participation, a-t-il lancé à la communauté internationale. 

« Collectivement, vous continuerez à maintenir un effet de levier tant qu’il y aura une position internationale unifiée », a-t-il expliqué tout en recommandant « une ligne ferme et cohérente sur les questions clefs ».  À titre d’exemple, il a rappelé qu’un cessez-le-feu total avait été convenu avec les troupes internationales alors qu’une « réduction de la violence » était suffisante pour les Afghans.  Pour M. Mohseni, la position internationale n’est pas cohérente et cela encourage les Taliban à formuler d’autres demandes, ce qui complique encore davantage le processus de paix et entraîne des pertes en vies humaines.  Il a relevé que l’une des conditions de l’Accord de Doha avec les États-Unis est que les Taliban se distancient des autres organisations terroristes.  « L’ont-ils fait?  Et comment cela doit-il être surveillé et respecté à l’avenir? »  Le monde doit veiller à ne pas enhardir les Taliban par des déclarations et des arrangements contradictoires, a conseillé M. Mohseni. 

Il a répété que les positions de la communauté internationale doivent être claires et unanimes, ce qui est particulièrement important en ce qui concerne la Constitution de la République afghane que les Taliban veulent réécrire.  Il a rappelé que ce document avait été rédigé à la suite des violations des droits de l’homme commises par les Taliban, conçu précisément pour se prémunir contre de futures violations, avec une protection explicite des femmes et des minorités.  La protection de ces valeurs existantes doit être non négociable, a-t-il tranché.  Ce qui est certain, a-t-il poursuivi, c’est que les Afghans ne veulent pas revenir en arrière et vivre de nouveau 20 ans d’isolement et de misère. 

M. Mohseni a souligné que l’Afghanistan reste vulnérable à la politique régionale.  Faire en sorte que les voisins du pays jouent franc jeu devrait être une priorité pour l’ONU et ses Membres, a-t-il dit.  Il a ensuite évoqué un sondage qui a laissé voir qu’une grande majorité -69% de la population- est favorable à une république et que 42% des répondants sont favorables à une présence continue des troupes internationales, tandis que 65% sont favorables au désarmement des Taliban.  Enfin, M. Mohseni a dit souhaiter que la communauté internationale continue de rester impliquée, du moins « jusqu’à ce que cette nouvelle génération d’Afghans, dans laquelle elle a déjà tant investi, puisse trouver ses marques ».

L’Allemagne a fait remarquer que la nouvelle vague de violence en Afghanistan et les attaques des Taliban contre les forces de sécurité afghanes et les civils vont à l’encontre de la création d’un environnement propice aux négociations de paix.  « Les meurtres ciblés et les crimes odieux doivent cesser immédiatement. »  En ce qui concerne le processus de paix, un règlement politique négocié et inclusif, mené et dirigé par le peuple afghan, y compris les femmes afghanes, est vital, a indiqué l’Allemagne en recommandant que les négociations s’appuient sur ce qui a déjà été réalisé, en ce qui concerne les droits de l’homme, y compris ceux des femmes, des filles et des minorités.  « Nous assisterons peut-être au début des négociations intra-afghanes très bientôt. »  Aussi le Conseil de sécurité et la communauté internationale doivent-ils encourager les deux parties à prendre des mesures constructives et de confiance en vue de réussir les négociation de paix.  L’Allemagne continuera d’appuyer le processus, en étroite coopération avec ses partenaires, notamment l’Indonésie, co-porte-plume, la Norvège, l’Ouzbékistan, le Qatar et les États-Unis.  « Nous recommandons vivement un rôle actif de l’ONU dans ce processus. »

Concernant le renouvellement du mandat de la MANUA, l’Allemagne a estimé que le Conseil doit mettre à profit les progrès réalisés lors des dernières négociations en septembre 2019.  L’ONU doit continuer à jouer un rôle important en Afghanistan.  La protection des droits de l’homme, des droits des femmes et des enfants ainsi que la promotion du développement durable en Afghanistan resteront des tâches importantes pour l’ONU et la communauté internationale, a réitéré l’Allemagne.  S’agissant de la pandémie de COVID-19 et du rôle futur de l’aide internationale, la délégation a estimé qu’au-delà de la sécurité, l’Afghanistan a besoin d’une assistance internationale continue et fiable pour répondre aux besoins humanitaires immédiats et aux défis économiques et sociaux à long terme.  La Conférence ministérielle sur l’Afghanistan 2020, coorganisée par la Finlande et l’Afghanistan à Genève, sera une étape importante pour le futur soutien.  Le maintien du financement est vital si nous voulons minimiser le risque de compromettre les progrès réalisés au cours des 19 dernières années, a dit la délégation.  Un tel engagement doit être fondé sur la compréhension commune que l’Afghanistan continuera sur la voie des réformes et adhérera aux droits de l’homme internationaux, en particulier des femmes, des filles et des minorités.

L’Indonésie s’est réjouie que les négociations intra-afghanes, une étape historique, puissent enfin ouvrir la voie aux parties pour discuter de l’avenir d’un Afghanistan stable et prospère.   Il est très encourageant que toutes les principales parties afghanes aient exprimé leur volonté pour des négociations prometteuses.   Elles doivent rapidement commencer, a encouragé la délégation qui a rappelé la diversité de la société afghane et demandé qu’elle soit présente dans les pourparlers, notamment les femmes et les minorités.    À mesure que le processus de paix avancera, le rôle des médias, des défenseurs des droits de l’homme et de la société civile sera extrêmement important, a prédit la délégation qui a proposé que, pour réduire la violence et protéger les civils, toutes les parties fassent de la protection des civils leur priorité absolue.   

Il est également important de restaurer la confiance du peuple afghan dans ces négociations.   L’Indonésie a appelé les parties à respecter la résolution 2532 (2020) du Conseil de sécurité en vue d’un cessez-le-feu mondial.   Elle a réitéré son appui pour une coopération accrue entre toutes les entités concernées pour lutter contre le terrorisme et les stupéfiants, y compris par l’intermédiaire de l’ONUDC.  La délégation a en outre souligné le rôle des pays voisins de l’Afghanistan et de la communauté internationale, y compris la MANUA, pour la reconstruction et la reprise d’après conflit.   Cela nécessitera une croissance économique durable pour assurer une période stable et sûre après le conflit.   Pour sa part, l’Indonésie a promis d’appuyer des programmes de renforcement des capacités dans divers domaines, y compris l’autonomisation des femmes et le soutien au processus de paix.   En tant que co-porte-plume de l’Afghanistan avec l’Allemagne au Conseil, la délégation a souhaité réunir un soutien efficace pour le pays, notamment le renouvellement rapide du mandat de la MANUA.

Le Royaume-Uni a salué l’intervention de M. Saad Mohseni, estimant qu’elle clarifie les objectifs à atteindre dans le cadre du processus de paix en Afghanistan.  « Nous -Afghans et communauté internationale- ne travaillons pas seulement à mettre fin au conflit, aussi vital que cela soit », a expliqué la délégation.  « Nous travaillons pour que les Afghans de toutes ethnies, tribus, sexes et origines puissent vivre dans un pays en paix, où ils peuvent faire confiance à des institutions bien gouvernées et responsables, où ils peuvent jouir pleinement de leurs droits humains fondamentaux, et où ils peuvent construire leur propre avenir pour eux-mêmes, pour leurs familles et pour leurs communautés. »

Pour ces raisons, a-t-elle ajouté, il est essentiel que les négociations intra-afghanes à venir soient pleinement inclusives et débouchent sur une paix durable.  Cela signifie garantir une justice transitionnelle efficace et opportune pour les victimes des conflits, ainsi que la protection et la promotion de droits tels que la liberté d’expression.  Cela signifie aussi que les groupes qui ont tant souffert sous le régime des Taliban soient assurés que leurs droits seront protégés.  C’est pourquoi le Royaume-Uni, en tant que Coprésident du Groupe des Amis des femmes d’Afghanistan, a fait de la participation des femmes et des filles au processus de paix et de la protection de leurs droits une priorité de ses travaux. 

Tout en se réjouissant de l’annonce par Mme Deborah Lyons du lancement imminent des négociations intra-afghanes, le Royaume-Uni a félicité le Gouvernement afghan d’avoir permis à ce moment d’arriver.  Toutefois, a rappelé la délégation, les Taliban doivent eux aussi démontrer qu’ils sont un partenaire crédible pour la paix.  Cela signifie mettre fin à la violence maintenant, respecter l’engagement de lutter contre le terrorisme en rompant complétement avec tous les groupes terroristes, y compris Al-Qaida, et enfin s’engager de bonne foi dans les négociations à venir.  À cette fin, le Royaume-Uni se tient prêt à apporter son soutien à toutes les étapes du processus de paix et à appuyer le travail de la Représentante spéciale pour soutenir les pourparlers. 

À l’approche du lancement attendu de négociations intra-afghanes, la France a fait observer que le processus de paix ne pourra réussir durablement que si les acquis démocratiques et en matière de droits de l’homme des 20 dernières années sont préservés.  « Nous ne pourrons accepter de retour en arrière », a averti la délégation.  Elle a également souligné qu’il revient aux Taliban de respecter les engagements qu’ils ont pris au titre de l’accord du 29 février 2020, notamment en rompant leurs liens avec les organisations terroristes internationales, en particulier Al-Qaida et Daech. 

Pour la France, la réduction de la violence doit être une priorité pour créer les conditions propices au lancement de ces négociations, le conflit en Afghanistan continuant de coûter la vie à de trop nombreux civils, en particulier des femmes et des enfants.  De surcroît, la pandémie de COVID-19 aggrave fortement la situation humanitaire.  Dans ce contexte, tout doit être fait pour mettre en œuvre la résolution 2532, avec la mise en place immédiate d’une cessation des hostilités et d’une pause humanitaire, a plaidé la délégation. 

Par ailleurs, le développement économique et social de l’Afghanistan doit se poursuivre, avec l’aide de la communauté internationale, a soutenu la France dans la perspective de la conférence des donateurs programmée en fin d’année.  Toutefois, a-t-elle indiqué, le soutien de l’Union européenne sera conditionné au respect de principes clefs, notamment en matière de gouvernance démocratique et de respect de droits de l’Homme.  Le développement de l’Afghanistan ne sera soutenable qu’en poursuivant le combat contre le fléau que représente la drogue, dont la persistance alimente les groupes terroristes, a fait valoir la délégation. 

Le Viet Nam a réaffirmé son soutien au processus de paix inclusif mené et dirigé par les Afghans et à l’application de la résolution 2513 (2020) du Conseil de sécurité.  À la lumière des évolutions actuelles, la question la plus importante est, selon le Viet Nam, d’assurer la mise en œuvre de ladite résolution, en particulier le démarrage des négociations intra-afghanes le plus rapidement possible.  La délégation s’est réjouie de voir davantage de femmes renforcer et participer activement à ce processus.  Elle a également appelé les parties afghanes à mettre de côté leurs divergences et à respecter pleinement l’accord politique du 17 mai.  Le fonctionnement efficace du Gouvernement peut contribuer positivement aux négociations de paix à venir, a-t-elle estimé. 

Parallèlement au processus politique, le Viet Nam a plaidé pour que la situation en matière de sécurité s’améliore.  Il a ainsi exhorté les parties à tenir compte de l’appel du Secrétaire général pour mettre fin aux combats, cesser de cibler les civils et les infrastructures publiques, permettre un accès sans entrave aux services humanitaires et de santé et parvenir à un cessez-le-feu permanent.  La délégation a aussi souhaité voir améliorée la situation économique et humanitaire en Afghanistan, recommandant des efforts supplémentaires pour promouvoir le développement économique et la reconstruction, ainsi que pour résoudre des questions urgentes telles que la pauvreté, l’insécurité alimentaire, la pandémie de COVID-19 et les changements climatiques.  Elle a appelé la communauté internationale à renforcer son aide au pays à cet égard.  Elle a souligné l’importance de protéger les groupes vulnérables, en particulier les femmes et les enfants.  Enfin, le Viet Nam a salué les efforts menés en faveur de la coopération et du dialogue entre l’Afghanistan et les pays voisins, pour promouvoir la paix et le développement en Afghanistan.  La délégation a soutenu l’extension du mandat de la MANUA au cours de cette période importante.

La Belgique a insisté sur l’importance d’une participation pleine et significative des femmes de milieux divers aux pourparlers de paix intra-afghans, demandant également que tout accord futur garantisse les droits fondamentaux des femmes et des filles.  Nous nous associons à l’appel de la grande majorité des Afghans, hommes et femmes, qui n’accepteront pas de revenir en arrière vers des temps plus sombres, a souligné la délégation.  Elle a déploré le niveau alarmant de violence en Afghanistan, tout en se disant préoccupée par les informations faisant état d’une augmentation de la violence domestique et sexiste à la suite de la pandémie de COVID-19, et appelant à des ripostes et politiques davantage inclusives et sensibles au genre. 

Tout en relevant que le conflit en Afghanistan est le plus meurtrier du monde pour les enfants, la Belgique a exhorté toutes les parties à mettre en œuvre rapidement les recommandations approuvées par le Groupe de travail sur les enfants et les conflits armés.  Le pays a rappelé son soutien à la mise en œuvre du Plan d’action national pour la résolution 1325 (2000) avec ONU-Femmes, rappelant également son appartenance au Groupe des Amis des femmes en Afghanistan.  La délégation a indiqué que dans les dernières conclusions du Conseil de l’Union européenne (UE) sur l’Afghanistan, il a été mentionné que tout soutien futur de l’UE sera subordonné à l’engagement continu de ce pays à promouvoir et à protéger les droits des femmes et des filles.  La Belgique a souhaité que la question de la protection des droits des femmes et des filles reste au centre du mandat de la MANUA.

La Fédération de Russie a réaffirmé son soutien au mandat et aux activités de la MANUA, avant de réitérer son engagement en faveur d’un processus de paix inclusif en Afghanistan, avec la participation de tous les partis, des minorités ethniques et religieuses ainsi que des groupes socioéconomiques, y compris des femmes.  En tant qu’amie et partenaire de l’Afghanistan, la Russie entend aider les parties à trouver un accord « acceptable par tous » et parvenir à une paix durable, a indiqué la délégation, précisant que cet objectif est au cœur de ses activités au sein de la Troïka plus Pakistan et de ses interactions avec toutes les parties afghanes. 

La priorité est de lancer rapidement les négociations intra-afghanes, a-t-elle ajouté, saluant les progrès réalisés récemment sur la question des libérations de prisonniers, condition préalable aux discussions.  Pour la délégation, il importe que le Conseil de sécurité parle d’une seule voix quant à l’importance d’un enclenchement des pourparlers dans les meilleurs délais, compte tenu de l’instabilité de la situation sécuritaire. 

La Russie est en effet gravement préoccupée par la présence continue de l’EIIL en Afghanistan, notamment dans les parties nord et est du pays.  Son inquiétude concerne en particulier les cellules dormantes de l’EIIL dans le nord-est de l’Afghanistan et la diversification des méthodes et des canaux de recrutement des civils, notamment des jeunes. 

Pour la délégation russe, un autre défi est le problème de la drogue, la culture, la production, le commerce et le trafic de stupéfiants étant des sources de soutien financier importantes pour le terrorisme.  Préoccupée par les retards pris dans la présentation de l’enquête annuelle sur l’opium en Afghanistan par l’ONUDC, elle a plaidé pour que le problème lié à la drogue soit complétement éliminé.  La Russie est prête à remplir ses obligations en soutenant les efforts collectifs contre cette menace, notamment en participant activement à l’ONUDC, ainsi qu’à l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC) et à l’Organisation de Shanghai pour la coopération (OSC), a-t-elle assuré. 

En tant que voisin proche, la Chine a dit espérer que toutes les parties en Afghanistan pourront saisir cette rare occasion des pourparlers intra-afghans pour trouver une solution politique.   La Chine a dit soutenir fermement un processus de paix inclusif « mené et contrôlé » par les Afghans.   Ainsi, toutes les parties aux négociations intra-afghanes devraient s’efforcer de mettre en place un cadre politique large et inclusif qui permette une participation et un partage du pouvoir égaux.   La délégation a invité la communauté internationale à respecter la volonté du peuple afghan, à prêter attention aux préoccupations des pays de la région et à apporter autant que possible leur soutien tout en évitant d’imposer leur propre volonté au processus de paix.   Pour sa part, la Chine maintient une communication étroite avec les parties concernées, en particulier les pays de la région, pour promouvoir les pourparlers intra-afghans.   Le Ministre chinois des affaires étrangères, M. Wang Yi, a fait une proposition en cinq points relative aux négociations intra-afghanes le mois dernier et la Chine s’est dite prête à fournir une plateforme pour les pourparlers intra-afghans.

La Chine, qui appuie fermement les efforts pour améliorer la situation sécuritaire en Afghanistan, a appelé les parties concernées à répondre à l’appel du Secrétaire général en faveur d’un cessez-le-feu mondial.   Elle les a aussi exhortées à faire en sorte que le retrait des forces étrangères en Afghanistan se déroule de manière ordonnée et responsable, en vertu de la mise en œuvre de l’accord États-Unis-Taliban.   « Les parties doivent éviter de laisser un vide en matière de sécurité et empêcher les forces terroristes d’organiser leur retour en exploitant la situation et en mettant en danger la sécurité nationale et régionale. »  La délégation a encouragé le Secrétaire général à évaluer l’impact du retrait des troupes étrangères sur la situation sécuritaire de l’Afghanistan et à faire ses recommandations à cet égard.

En outre, la Chine a dit soutenir l’intégration de l’Afghanistan dans la coopération régionale.   L’Afghanistan est un pays sans littoral, a-t-elle rappelé en soulignant le lien entre l’Asie du Sud et l’Asie centrale.   Réaliser la connectivité et s’intégrer dans la coopération régionale sont les seuls moyens pour l’Afghanistan de parvenir au développement économique et d’améliorer les moyens de subsistance des populations, a suggéré la Chine qui a marqué sa volonté de soutenir le pays, dans le cadre notamment de l’initiative « Une ceinture, une route ».   La délégation a invité la communauté internationale à rester attachée à une solution qui s’attaque aux causes profondes du problème afghan, notamment la pauvreté, les réfugiés et les stupéfiants.   La Chine a également dit soutenir l’Afghanistan dans la lutte contre la COVID-19, ayant fourni plusieurs lots de fournitures médicales et envoyé des équipes d’experts médicaux en Afghanistan.   Enfin, la délégation a plaidé pour une MANUA plus solide, plus utile et plus constructive, et qui joue un rôle plus important dans le règlement du problème afghan.

L’Afrique du Sud a salué les mesures prises par le Gouvernement afghan et la MANUA pour limiter la propagation du coronavirus et y faire face, et a appelé la communauté internationale à continuer d’apporter au pays les équipements et fournitures médicales nécessaires.  Martelant que l’unique voie pour une paix à long terme en Afghanistan est un processus de paix dirigé et contrôlé par les Afghans et des négociations intra-afghanes inclusives, la délégation s’est félicitée de l’annonce récente par le Président Ghani concernant les membres du Haut Conseil pour la paix et la réconciliation nationale, dirigé par M. Abdullah Abdullah.  Elle a demandé aux dirigeants afghans de pleinement adhérer aux dispositions de l’accord politique signé en mai 2020 et de renforcer leur coopération pour sa mise en œuvre, y compris par la nomination des ministres et pour pourvoir d’autres postes gouvernementaux.  Il est essentiel, à cet égard, de prendre en compte les voix de tous les secteurs de la société, a fait remarquer l’Afrique du Sud qui a notamment insisté sur l’inclusion des femmes dans les négociations de paix.  Elle a recommandé de veiller à ce que les progrès réalisés au cours des deux dernières décennies dans le rétablissement des droits fondamentaux des femmes et des filles soient maintenus et à ce qu’elles aient plus d’opportunités à l’avenir.

Pour que ces pourparlers de paix intra-afghans soient efficaces, les hostilités doivent cesser afin de créer un environnement propice, a fait valoir la délégation avant d’appeler toutes les parties à cesser leurs actions violentes.  L’Afrique du Sud a dit être profondément préoccupée par l’ampleur, la gravité et la récurrence des violations et des abus subis par les enfants en Afghanistan.  Tous les responsables de ces actes visant des enfants doivent être traduits en justice et tenus de rendre des comptes, a-t-elle exigé, notamment au moyen d’enquêtes ponctuelles, systématiques, impartiales et indépendantes et, le cas échéant, de poursuites et de condamnations.  Avant de conclure, la délégation a exprimé sa reconnaissance aux responsables, aux troupes et au personnel de la MANUA « qui opèrent tous dans un environnement difficile ».

Les États-Unis ont demandé que cessent immédiatement les attaques comme celles survenues récemment à Kaboul, qui sont des menaces aux efforts de paix.  La délégation a regretté l’attaque qui a coûté la vie à Abdul Baqi Amin, un universitaire et un militant de la paix.  Elle a exhorté les parties à empêcher ceux qui sont contre la paix de faire douter ceux qui veulent la paix, au moment où l’Afghanistan est plus proche que jamais de faire avancer son processus de paix.  Elle a aussi salué le décret présidentiel ouvrant la voie à la libération des membres des Taliban après la décision de la Chambre du peuple, qui permet de décider des prochaines étapes du processus de paix et de commencer bientôt les négociations intra-afghanes.

Les États-Unis se sont dits encouragés par la récente décision de finaliser la composition du Haut Conseil pour la paix et la réconciliation nationale et de pourvoir la majorité des postes ministériels.  Cependant, les retards dans la mise en œuvre de l’accord politique de mai 2020 entre le Président Ghani et M. Abdullah menacent le progrès du processus de paix et les réformes de la gouvernance, ainsi que la riposte à la pandémie de COVID-19, a fait valoir la délégation qui a ensuite plaidé pour la participation significative des femmes au processus de paix. 

La délégation a prévenu: ni le Gouvernement afghan actuel ni le futur ne devront compter sur le soutien international des donateurs si les libertés et les droits fondamentaux des femmes et des filles sont muselés.  « Pourquoi les femmes afghanes ont-elles été si marginalisées? »  On pourrait soutenir que si elles avaient pleinement participé au développement de leur pays, l’Afghanistan n’aurait pas été freiné si longtemps et ne serait pas confronté à un chemin aussi difficile aujourd’hui, a estimé la délégation.  « Depuis quand les femmes doivent-elles justifier leur rôle au sein la société?  Les hommes négocient-ils leur place? »  Le leadership des femmes dans la région n’est pas nouveau, ont fait remarquer les États-Unis en citant Indira Gandhi et Benazir Bhutto.  Notant que quatre femmes figurent parmi les 21 membres de l’équipe de négociation de l’Afghanistan, la délégation a demandé qu’elles soient entendues.  Les Etats-Unis sont consternés par la récente tentative d’assassinat de la négociatrice, Mme Fawzia Koofi, ont-ils ajouté. 

La délégation a également rappelé que depuis le début de l’exercice fiscal 2020, l’Administration américaine a fourni près de 99 millions de dollars d’aide humanitaire à l’Afghanistan en plus des 24 millions de dollars en aide déjà offerts et des 35 millions de dollars en aide au développement pour soutenir l’intervention contre la pandémie de COVID-19. 

Enfin, relevant que le processus de négociation intra-afghan commence au moment où le Conseil négocie le renouvellement du mandat de la MANUA, les États-Unis ont demandé de veiller à ce que le mandat de la MANUA soit particulièrement clair et solide en ce moment charnière de l’histoire.  « Nous devons tous faire preuve de discipline et de volonté politique pour concentrer le mandat sur les questions fondamentales qui aideront le Gouvernement et le peuple afghans à parvenir à la paix. »

Saint-Vincent-et-les Grenadines a lancé un appel à la communauté internationale des donateurs pour qu’elle renouvelle son appui à l’Afghanistan et qu’elle coopère étroitement avec l’ONU pour faire en sorte que les besoins humanitaires urgents soient satisfaits.  La délégation a insisté sur l’importance du consensus régional, qui lui semble indispensable au succès de la paix et de la réconciliation intra-afghanes.  Alors que nous envisageons les prochaines négociations intra-afghanes, les partenaires régionaux de l’Afghanistan doivent s’engager de manière constructive à appuyer un processus de paix dirigé et contrôlé par les Afghans, a-t-elle demandé. 

Sur le plan de la sécurité, la délégation a constaté que la situation en Afghanistan reste imprévisible et extrêmement instable.  Elle a condamné tous les actes de violence et d’intimidation dirigés contre des civils, les forces de sécurité nationales afghanes, l’ONU et d’autres membres du personnel humanitaire, ainsi que d’autres cibles collatérales.  Les droits de tous les Afghans doivent être respectés, a-t-elle exigé, conformément à la Constitution afghane et au droit international.  Saint-Vincent-et-les Grenadines a également fait écho aux appels du Secrétaire général en faveur d’un cessez-le-feu mondial, qui est un impératif pour le succès des négociations intra-afghanes.  Enfin, la délégation a réaffirmé son ferme attachement à la MANUA et à la souveraineté, l’indépendance, l’intégrité territoriale et l’unité nationale de l’Afghanistan.  Une solution politique durable au conflit ne peut être trouvée que grâce à un processus de paix dirigé et contrôlé par les Afghans, qui garantit la participation pleine, égale et effective des femmes aux processus décisionnels à tous les niveaux, a conclu la délégation.

Alors que débutent les négociations sur le renouvellement du mandat de la MANUA, l’Estonie a réaffirmé son soutien à la Mission ainsi qu’au peuple et au Gouvernement de l’Afghanistan.  Favorable à un lancement immédiat de négociations directes entre le Gouvernement et les Taliban, elle s’est félicitée des mesures gouvernementales prises à cette fin, à savoir la libération de prisonniers et l’annonce de deux cessez-le-feu.  Elle a toutefois souhaité que le Gouvernement veille à ce que l’équipe de négociation soit diversifiée et inclusive. 

Saluant à cet égard la présence de femmes parmi les nouveaux membres du Haut Conseil pour la paix et la réconciliation nationale, la délégation a souhaité savoir ce qu’il faut attendre de la première série de discussions intra-afghanes.  Elle a également demandé à Mme Lyons ce qu’elle sait des revendications des Taliban et de leur volonté de compromis.

Après avoir exhorté le Gouvernement et tous les autres acteurs afghans, y compris les groupes armés, à saisir cette « opportunité historique » en faveur de la paix et de la réconciliation, l’Estonie a rappelé que la situation sur le terrain demeure très instable.  Condamnant dans les termes les plus forts les attaques contre des enfants, elle a souhaité que la MANUA ait la capacité de contrôler ces violations et de renforcer la protection des enfants affectés par le conflit armé.  Il importe, selon elle, que les parties intègrent une justice centrée sur les victimes dans le processus de paix.  La délégation a conclu son intervention en jugeant essentiel, en cette période de pandémie de COVID-19, de soutenir les efforts déployés par la MANUA pour améliorer l’accès de l’aide humanitaire aux personnes dans le besoin. 

Le Niger a salué travail de la MANUA dans la promotion de la paix, de la gouvernance et du développement au profit de tous les Afghans, tout en soulignant l’importance de la coordination entre toutes les entités des Nations Unies et les autres acteurs humanitaires sur le terrain afin de maximiser l’efficacité des actions, en particulier en ces temps de pandémie de COVID-19.  La paix en Afghanistan ne peut se faire qu’à travers une solution politique négociée, a estimé la délégation qui s’est félicitée des dernières mesures prises par le Gouvernement afghan, notamment la libération de 4 600 prisonniers.  Le Niger a espéré que les obstacles restants seront levés pour ouvrir enfin la voie au dialogue intra-afghan.  Comme dans toute bonne solution négociée, a noté le Niger, la protection des droits constitutionnels des femmes afghanes dans le processus de paix et la préservation des acquis des deux dernières décennies, y compris les droits de l’homme et des minorités inscrits dans la Constitution, doivent être renforcés.

Le Niger a aussi souligné l’importance du soutien de la communauté internationale au peuple afghan, notamment dans les domaines du développement, de l’action humanitaire ainsi que dans la lutte contre le terrorisme et la pandémie actuelle de COVID-19. 

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