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SG/SM/20092
22 mai 2020

COVID-19 en Afrique: Le Secrétaire général plaide pour l’allègement de la dette, la protection des recettes d’exportation et l’accès aux vaccins et aux traitements à des prix abordables

On trouvera ci-après le message du Secrétaire général de l’ONU, M. António Guterres, à l’occasion de la Journée de l’Afrique, célébrée le 25 mai:

Cette année, le monde célèbre la Journée de l’Afrique dans des circonstances extrêmement difficiles, alors que nous sommes confrontés à la pandémie de COVID-19, qui menace de compromettre les progrès accomplis par les pays africains dans la réalisation des objectifs de développement durable et des buts fixés dans l’Agenda 2063 de l’Union africaine. 

Grâce à des mesures rapides et coordonnées, les pays africains ont fait preuve d’un grand leadership.  L’Union africaine a créé un groupe de travail chargé d’élaborer une stratégie à l’échelle du continent et nommé des envoyés spéciaux pour mobiliser le soutien de la communauté internationale.  Le Conseil de paix et de sécurité de l’organisation a également pris des mesures pour contrer les répercussions négatives du COVID-19 sur la mise en œuvre d’accords de paix et de mesures de réconciliation de très grande importance.  Les Centres africains de prévention et de contrôle des maladies ont créé un fonds destiné à la riposte, tandis que les États Membres africains ont pris des mesures fermes pour contenir la propagation du virus et en atténuer les conséquences socioéconomiques. 

Je me réjouis du soutien que l’Union africaine a apporté à mon appel en faveur d’un cessez-le-feu mondial pour lutter contre la pandémie de COVID-19, une requête qui fait pendant à son thème pour 2020 : « Faire taire les armes : créer les conditions propices au développement de l’Afrique. »  Des groupes armés au Cameroun, au Soudan et au Soudan du Sud ont répondu à l’appel et déclaré des cessez-le-feu unilatéraux.  J’implore les autres mouvements armés et les gouvernements concernés en Afrique de faire de même.  Je me réjouis également du soutien que les pays africains ont apporté à mon appel en faveur de la paix dans les foyers et de la fin de toutes les formes de violence, y compris à l’égard des femmes et des filles. 

Une vingtaine de pays africains devaient organiser des élections cette année, dont certaines seront reportées en raison de la pandémie, ce qui pourrait avoir des conséquences sur la stabilité et la paix.  J’exhorte les décideurs africains à établir un dialogue politique inclusif et soutenu afin d’apaiser les tensions suscitées à cet égard et de respecter les pratiques démocratiques. 

L’Organisation des Nations Unies vient de publier une note de synthèse décrivant les conséquences de la pandémie pour l’Afrique.  Nous demandons un allègement de la dette et que des mesures soient prises pour maintenir l’offre des produits alimentaires, protéger les emplois et prémunir le continent contre les pertes de revenus et de recettes d’exportation. 

Comme le reste du monde, les pays africains devraient avoir un accès rapide, équitable, et à un prix abordable, à tout vaccin ou traitement éventuel.  Les gouvernements africains, comme tous les autres gouvernements à travers le monde, peuvent également profiter de ce moment pour élaborer de nouvelles politiques qui renforcent les systèmes de santé, améliorent la protection sociale et poursuivent des voies respectueuses du climat.  Adopter des mesures en faveur des personnes employées dans le secteur informel, dont la grande majorité sont des femmes, sera une étape importante de la reconstruction, tout comme tirer parti de la pleine participation et de l’esprit d’initiative des femmes.  L’inclusion et le rôle mobilisateur des jeunes seront également essentiels à chaque étape.  

En cette Journée de l’Afrique, je réaffirme mon entière solidarité avec les populations et les gouvernements d’Afrique dans la lutte contre la pandémie de COVID-19 et en vue de la reprise, pour un avenir meilleur pour tous.

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