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AG/12313
11 février 2021
Soixante-quinzième session, 53e séance – matin

L’Assemblée générale reporte de trois ans la sortie de l’Angola de la catégorie des pays les moins avancés

Alors que l’Angola devait passer de la catégorie des pays les moins avancés (PMA) au statut de pays à revenu intermédiaire en ce mois de février, l’Assemblée générale a adopté ce matin, par consensus, une résolution* par laquelle elle décide d’accorder à l’Angola, à titre exceptionnel, une période préparatoire supplémentaire de trois ans avant la date effective de son retrait de la catégorie des PMA.

Selon les termes de la résolution, l’Assemblée est « profondément préoccupée par la récession économique prolongée dans laquelle l’Angola est plongé et par les vulnérabilités socioéconomiques du pays, exacerbées par la crise mondiale déclenchée par la pandémie de COVID-19 ».

C’est la sixième année de récession, note l’Assemblée en soulignant que l’Angola est tributaire des produits de base et qu’il reste à cet égard très exposé aux fluctuations des cours.  Pour faire face à ce problème, le Gouvernement angolais est invité à accélérer la diversification économique afin notamment de préserver la réduction des vulnérabilités sociales.

Durant la période supplémentaire de trois ans qui s’écoulera entre l’adoption de la présente résolution et son retrait de la catégorie des PMA, l’Angola devra élaborer « une stratégie nationale de transition sans heurt, avec l’aide des organismes des Nations Unies et en collaboration avec ses partenaires commerciaux et ses partenaires de développement bilatéraux, régionaux et multilatéraux ».

En présentant le texte au nom du Groupe des 77 et la Chine (G77), la Guinée a expliqué que les conséquences de la pandémie de COVID-19 ont balayé des années de progrès chez les PMA, et que cela aura probablement des répercussions à long terme.  Pour le moment, 11 pays sont dans la phase de transition vers leur reclassement, en droite ligne des objectifs du Programme d’action d’Istanbul, a rappelé la Guinée.  Elle a précisé que si les pays doivent avoir la possibilité de se retirer de la liste des PMA, « leur démarche doit être réversible ». 

Les États-Unis ont dit comprendre l’impact de la COVID-19 et de la récession qui l’accompagne sur l’économie angolaise, avant de se réjouir du fait que la communauté internationale ait consenti de lui accorder ce sursis.  Même son de cloche du côté de l’Union européenne (UE) qui a dit soutenir la demande de prolongation de l’Angola dans la catégorie des PMA, en recommandant au pays de s’atteler à diversifier son économie et à réduire les inégalités.  Tout en promettant, en tant que partenaire commercial, d’accompagner l’Angola dans son reclassement, l’UE a appelé tout le système onusien à soutenir également le pays au cours du processus.

Depuis la création de la catégorie des PMA en 1971, seuls six pays ont réussi à quitter cette liste, à savoir le Botswana (1994), Cabo Verde (2007), les Maldives (2011), Samoa (2014), la Guinée équatoriale (2017) et Vanuatu en 2020.  Pour les 46 pays actuellement classés dans la catégorie par l’ONU, sortir de cette catégorie –être reclassé– peut avoir toute sorte de conséquences.  Les PMA bénéficient en effet d’un traitement préférentiel dans le cadre de leur participation au commerce mondial, tel que l’accès en franchise de droits.  Quand les pays sont reclassés, ils perdent ces avantages.

La liste des PMA est revue tous les trois ans par le Comité des politiques de développement (CDP), un organe subsidiaire du Conseil économique et social (ECOSOC) formé d’experts indépendants qui font des rapports à l’ECOSOC pour recommander que des pays soient ajoutés ou retirés de la liste des PMA.  La catégorie des PMA est en effet définie par trois critères: le développement humain (mesuré par des indicateurs de santé et d’éducation), la vulnérabilité économique, et le revenu brut par habitant.

Sur un autre point de l’ordre du jour, ce matin, l’Assemblée générale a pris note du fait que le Soudan du Sud a procédé au paiement des arriérés nécessaire pour reprendre l’exercice de son droit de vote, en vertu de l’Article 19 de la Charte des Nations Unies.  Cet article dispose qu’« un Membre des Nations Unies en retard dans le paiement de sa contribution aux dépenses de l’Organisation ne peut participer au vote à l’Assemblée générale si le montant de ses arriérés est égal ou supérieur à la contribution due par lui pour les deux années complètes écoulées.  L’Assemblée générale peut néanmoins autoriser ce Membre à participer au vote si elle constate que le manquement est dû à des circonstances indépendantes de sa volonté ». 

*A/75/L.57

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