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AG/12359
13 septembre 2021
Soixante-quinzième session, 104e séance plénière – matin

L’Assemblée adopte deux textes sur l’élimination du paludisme d’ici à 2030 et la promotion d’une paix et d’un développement durables en Afrique

L’Assemblée générale a adopté, ce matin, sans vote sa résolution annuelle sur la consolidation des acquis, l’intensification de la lutte contre le paludisme et son élimination dans les pays en développement, particulièrement en Afrique, d’ici à 2030*.  Elle a aussi adopté toujours sans vote son autre résolution annuelle sur l’application des recommandations du Secrétaire général relatives à la promotion d’une paix et d’un développement durables en Afrique**, après avoir approuvé les modalités de la réunion internationale « Stockholm+50: une planète saine pour la prospérité de toutes et de tous – notre responsabilité, notre chance »***. 

Dans sa résolution dotée d’un dispositif de 50 paragraphes de fond, l’Assemblée générale rappelle d’abord l’objectif de réduire de 90%, d’ici à 2030, le taux de mortalité due au paludisme.  Elle demande aux États Membres de garantir l’accès « universel » aux outils de prévention, de diagnostic et de traitement et ce faisant, prévient que le montant nécessaire par an est de 8,7 milliards de dollars d’ici à 2030.  L’Assemblée demande aussi à la communauté internationale d’aider les pays impaludés à renforcer leur système de santé, leur production de médicaments et leurs ressources humaines de manière à assurer une couverture sanitaire universelle.  Aux partenaires, il est demandé d’éliminer les obstacles financiers et les problèmes de logistique et d’approvisionnement qui sont responsables des ruptures de stocks de moustiquaires imprégnés, d’insecticides à effet rémanent pulvérisables, de tests de dépistage rapide et de polythérapies à base d’artémisinine. 

L’Assemblée invite instamment la communauté internationale à appuyer le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme pour lui permettre de faire face à ses obligations financières et appelle à l’accélération de la recherche sur des vaccins, des médicaments et des tests de dépistage abordables.  Elle constate, à cet égard, l’importance de l’innovation, y compris le rôle de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), en particulier sa plateforme Re:Search.  Elle réaffirme d’ailleurs le droit de se prévaloir pleinement des dispositions de l’Accord de l’Organisation mondiale du commerce sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC). 

L’Union européenne et le Royaume Uni se sont agacés du peu de temps qui a été laissé aux délégations pour négocier ce texte, demandant, en conséquence, à l’Assemblée d’examiner cette question non plus tous les ans mais tous les deux ans. 

Dans son autre texte annuel de 30 paragraphes de fond, sur l’application des recommandations du Secrétaire général pour la promotion d’une paix et d’un développement durables en Afrique, l’Assemblée générale demande instamment qu’un appui continue d’être apporté aux mesures contre la pauvreté, la faim, et pour l’emploi et le développement durable en Afrique, notamment, la mobilisation des ressources nationales, l’allègement de la dette, l’accès élargi aux marchés ou encore l’intégration régionale et le commerce intra-africain, y compris grâce à la Zone de libre-échange continentale africaine.  L’Assemblée insiste aussi sur les engagements pris en matière d’aide publique au développement (APD), d’investissements étrangers directs (IED) et de transfert de technologie. 

L’Assemblée souligne l’importance d’un appui aux efforts pour améliorer la résilience en Afrique, en particulier le Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine, la Grande Muraille verte pour le Sahara et le Sahel, l’Initiative sur les politiques foncières et le Plan d’action de l’Union africaine pour la relance verte.  Gravement préoccupée par la menace croissante du terrorisme et de l’extrémisme violent, elle demande au Bureau de lutte contre le terrorisme et aux membres du Pacte mondial de coordination contre le terrorisme d’intensifier les activités de renforcement des capacités en Afrique. 

L’Assemblée souligne également l’importance fondamentale d’envisager la prévention des conflits sous un angle régional et de s’attaquer à la criminalité transnationale organisée, au trafic de drogues et ressources naturelles et au commerce illicite d’armes légères et de petit calibre.  Le Groupe des États d’Afrique et le Groupe 77 et la Chine ont insisté sur le respect de l’appropriation nationale et du leadership africain.  Le Royaume-Uni, les États-Unis et l’Union européenne, « première partenaire commercial de l’Afrique », ont salué le consensus sur une résolution « plus ciblée et plus orientée vers l’action ».  L’Union européenne s’est dite prête à continuer d’appuyer des initiatives telles que la « Feuille de route pour faire taire les armes en Afrique ».  

Les États-Unis ont exprimé leur attachement à la lutte contre la corruption et pour la transparence, alors que la « Championne du multilatéralisme », la Chine, regrettait que certains continuent de politiser les questions de développement pour s’ingérer dans les affaires africaines.  Réclamant une meilleure préparation de la résolution, l’année prochaine, le Japon a émis l’espoir que la prochaine Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD), prévue en Tunisie en 2022, soit l’occasion d’appuyer le relèvement de l’Afrique après le la pandémie de COVID-19.  Il vaut mieux veiller à la prospérité du continent plutôt que d’encourager la migration, ont martelé la Hongrie et la République tchèque, en dissociant de toute référence au Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières.  Le Chili a en revanche a annoncé une législation de suivi du Pacte. 

Après l’adoption des modalités de la Conférence « Stockholm+50 », prévue les 2 et 3 juin 2022, l’Union européenne a souhaité que cette manifestation soit l’occasion de tirer les enseignements des rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE).  Le CANZ -Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, a insisté sur la participation de la société civile, une participation, a tranché la Chine, qui doit être en tout point conforme au Règlement intérieur de l’Assemblée générale.  Cofacilitatrice avec le Kenya des négociations sur la résolution, la Suède a milité pour des approches multilatérales propres à promouvoir une stratégie de relèvement durable après la pandémie de COVID-19, avant d’appeler, « par souci de cohérence », à confier la présidence de « Stockholm+50 » au Directeur exécutif du PNUE. 

À la veille de la clôture de sa soixante-quinzième session, l’Assemblée générale a supprimé plusieurs points de son ordre du jour.  Elle ouvrira sa soixante-seizième session demain à partir de 10 heures, avec une déclaration liminaire de son nouveau Président et Ministre des affaires étrangères des Maldives, M. Abdulla Shahid. 

*A/75/L.136

**A/75/L.112.Rev.1

***A/75/L.135

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