Soixante-seizième session,
21e séance plénière – matin
AG/12375

L’Assemblée générale adopte le programme « Espace 2030 », une stratégie pour renforcer la contribution des activités et outils spatiaux au développement durable

L’Assemblée générale a adopté, aujourd’hui, sans vote une résolution sur le programme « Espace 2030 »: l’espace comme moteur du développement durable*, recommandé par le Comité des utilisations pacifiques de l’espace extra-atmosphérique et commentée par Singapour et la Suisse.  « Espace 2030 » et son plan de mise en œuvre sont présentés comme une stratégie « ambitieuse » visant à renforcer la contribution des activités et outils spatiaux à la réalisation des programmes mondiaux, dont le Programme de développement durable à l’horizon 2030, soit directement, en jouant le rôle de catalyseurs, soit indirectement, en fournissant des données essentielles pour les indicateurs liés audit Programme mais aussi au Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe (2015-2030) et à l’Accord de Paris sur le climat.

Présentée par la Roumanie, la résolution présente d’abord la « vision stratégique » d’« Espace 2030 », avant d’expliciter les quatre objectifs structurés autour des quatre piliers que sont l’économie spatiale, la société spatiale, l’accessibilité à l’espace et la diplomatie spatiale.  Les objectifs visent l’accroissement des avantages économiques tirés de l’espace et le renforcement du rôle moteur du secteur spatial dans le développement durable; la mise à profit des innovations du secteur spatial pour améliorer la qualité de la vie; l’amélioration de l’accès de tous aux avantages socioéconomiques des applications, données, informations et produits spaciaux; et le renforcement de la coopération internationale en matière d’utilisations pacifiques de l’espace et de gouvernance mondiale des activités spatiales.

Soulignant que chaque État Membre mettra en œuvre « Espace 2030 » à titre volontaire, la résolution consacre ensuite des chapitres aux partenariats et à une liste longue mais non exhaustive d’outils en cours d’élaboration ou existants dont le Programme des Nations Unies pour l’exploitation de l’information d’origine spatiale aux fins de la gestion des catastrophes et des interventions d’urgence (UN-SPIDER), les centres régionaux de formation aux sciences et techniques spatiales, affiliés à l’ONU, le projet « Recovery Observatory » du Comité mondial d’observation de la Terre par satellite ou encore le Système mondial d’observation de l’Organisation météorologique mondiale (OMM).

Après le chapitre consacré aux ressources, la résolution se termine par un dernier sur l’examen des progrès accomplis, dans lequel elle prévoit l’organisation en 2025, par le Comité des utilisations pacifiques de l’espace extra-atmosphérique, d’une évaluation à mi-parcours de la mise en œuvre d’« Espace 2030 » et en 2030, une évaluation finale.

Les États-Unis ont salué les efforts acharnés et l’esprit de compromis et de coopération qui ont permis l’adoption d’« Espace 2030 », un document « ambitieux » pour une exploitation « sûre et durable » de l’espace.  Les technologies spatiales, a renchéri la Suisse, offrent des services « uniques » qui vont de la météorologie aux changements climatiques, en passant par la télémédecine, la télé-éducation, les secours d’urgence ou encore la planification urbaine et agricole.  Elle s’est dite « impressionnée » par la liste des initiatives et des actions proposées dans le plan de mise en œuvre, convaincue qu’elles permettront à chacun de faire en sorte que les activités spatiales bénéficient au plus grand nombre.

Nous sommes en train, a expliqué Singapour, de mettre sur pied un secteur spatial « robuste » dans lequel instituts de recherche et entreprises développeront des solutions innovantes pour le développement durable dans la région et au-delà.  Par exemple, « ST Geo-Insights » exploite les données d’imagerie géospatiale pour aider les agriculteurs à surveiller la santé et la taille des cultures, ainsi qu’à optimiser les engrais et l’eau.  De même, l’Observatoire de la Terre du Laboratoire de télédétection utilise des outils tels que le radar à synthèse pour cartographier et comprendre les catastrophes naturelles, s’y préparer au mieux et améliorer les interventions.

Singapour a aussi dit avoir rejoint l’Observatoire spatial du climat (SCO) et s’est félicité des efforts déployés par des sociétés basées sur son territoire, telles que Kacific et Transcelestial qui fournissent une large bande passante via des satellites, à faible coût, en faveur de zones mal desservies en informatique.  Ces services ont permis aux habitants des zones reculées d’accéder à des services essentiels comme la télémédecine et l’éducation en ligne.  Singapour a tout de même attiré l’attention sur le fait que la prolifération des activités spatiales menées par différents acteurs a entraîné de nouveaux défis tels que les débris spatiaux et la congestion orbitale.  Il est donc impératif que la communauté internationale poursuive ses efforts en faveur d’une utilisation responsable et durable de l’espace extra-atmosphérique afin de garantir que les générations futures continueront de profiter des avantages économiques de l’espace.

Nous aussi, s’est enorgueilli le Bangladesh, avons lancé notre premier satellite en 2018 qui nous aide à avancer dans la réalisation des objectifs de développement durable.  Le second satellite devrait être lancé dans un avenir proche, s’est-il réjoui, conscient de l’importance des technologies spatiales pour la lutte contre les pandémies, dont celle de la COVID-19.  La médecine, l’information, la communication, les services bancaires ou encore la navigation dépendent plus que jamais de ces technologies, a confirmé le Nigéria, fier de représenter l’Afrique au Comité des utilisations pacifiques de l’espace extra-atmosphérique.  Il a donc salué « Espace 2030 », comme un pas en avant important, étant donné que les technologies spatiales ont un immense potentiel pour les pays développés comme pour les pays en développement.  L’ONU, a-t-il insisté, doit continuer de promouvoir un accès égal à l’espace extra-atmosphérique, sans discrimination.

L’espace est en train de devenir un élément permanent de la vie courante et des programmes des gouvernements et des organisations internationales, a souligné, à son tour, la Roumanie en présentant la résolution.  Coauteur du texte, le Royaume-Uni a attiré l’attention sur le « Programme de partenariat international », qui utilise les capacités de l’Agence spatiale britannique pour développer des projets en partenariat avec des pays en développement.  Ce Programme, s’est-il réjoui, apporte des avantages réels: 47 pays d’Afrique, d’Asie-Pacifique et d’Amérique latine ont bénéficié du Programme pour des domaines tels que le climat, la sécurité alimentaire, la sécurité maritime, la santé, l’éducation et la gestion des catastrophes.  Nous sommes prêts, a promis le Royaume-Uni, à engager des discussions sur la sûreté, sécurité et la durabilité de l’espace et à demander aux autres pays de rendre compte de leurs activités spatiales.

*A/76/L.3

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