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AG/COL/3343
18 février 2021
Session de 2021, Séance d’organisation – matin

Le Comité spécial de la décolonisation lance sa session 2021 en s’engageant à revitaliser ses travaux ralentis l’an dernier par la pandémie de COVID-19

Ses travaux de l’an dernier ayant été considérablement perturbés par la pandémie de COVID-19, le Comité spécial de la décolonisation a ouvert aujourd’hui sa session 2021 sur un engagement appuyé par sa présidence et ses membres, celui d’accélérer la mise en œuvre de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux, alors que vient de débuter la quatrième Décennie internationale de l’élimination du colonialisme. 

« Accélérer le processus de décolonisation doit être considéré comme un impératif », a souligné, dans des propos liminaires, la Secrétaire générale adjointe aux affaires politiques et à la consolidation de la paix.  À cette aune, et en dépit de la persistance de la pandémie, le Comité spécial doit s’engager à insuffler à ses travaux de « nouvelles dynamiques », conformément à la Charte de l’ONU et aux résolutions pertinentes, a ajouté Mme Rosemary DiCarlo. 

Un appel repris par la Présidente du Comité spécial, Mme Keisha McGuire, de la Grenade, qui, après sa réélection par acclamation à la tête de l’instance, a exhorté les États Membres à redoubler d’efforts pour « faire de cette Décennie la dernière à observer le processus d’élimination du colonialisme ».  Pour cela, a-t-elle soutenu, il est crucial de renforcer le dialogue entre le Comité, les populations des territoires non autonomes et les puissances administrantes afin de parvenir à des solutions « créatives et concrètes » pour la mise en œuvre « pleine et rapide » de la Déclaration de 1960. 

Malgré les difficultés rencontrées au cours de l’année écoulée, Mme  McGuire a fait état d’une « évolution positive » en Nouvelle-Calédonie, où un référendum sur l’indépendance a pu être organisé en octobre dernier.  Appelant les différentes parties, dont la France, en tant que Puissance administrante, à poursuivre leur dialogue inclusif, elle a assuré que le Comité spécial continuera d’appuyer ce processus, un troisième et dernier référendum devant se tenir dans ce territoire en 2022. 

Par ailleurs, si le Comité spécial n’a pu organiser en juin dernier son séminaire régional pour le Pacifique en raison des contraintes liées à la pandémie, il a confirmé la tenue au printemps d’un séminaire régional pour les Caraïbes, à l’invitation de la Dominique.  Accueilli du 19 au 21 mai par la paroisse de Saint John, ce séminaire aura pour thème « Définir, à l’aube de la quatrième Décennie internationale et dans le contexte de la pandémie de COVID-19, un processus de décolonisation dynamique en faisant fond sur le mandat, la collaboration, le pragmatisme et l’adaptabilité ».  

En sa qualité de pays hôte, la Dominique a formé l’espoir que ce séminaire permette des « discussions concrètes » sur la situation des territoires non autonomes et « davantage de coopération entre les parties concernées ».  

Tout en remerciant la Dominique de « son offre généreuse en cette année difficile », les Fidji se sont déclarées impatientes de contribuer aux travaux du Comité spécial après le « ralentissement » de 2020.  «  Il nous faut refaire notre retard et accélérer les efforts entrepris », a-t-elle lancé.  Satisfaite des progrès enregistrés en Nouvelle-Calédonie, elle a cependant noté que « la quatrième Décennie a été initiée l’an dernier parce que nous n’avons pas atteint nos objectifs au cours des trois décennies précédentes ».  Un constat partagé par la Papouasie-Nouvelle-Guinée, qui a souhaité que « les expériences tirées de l’an dernier permettront d’orienter le Comité dans la bonne direction ».  

Cuba a, pour sa part, déclaré attendre un « nouvel élan » de cette session, estimant que la promesse de ne laisser personne de côté « concerne également les territoires non autonomes », tandis que l’Indonésie saluait la décision du Comité spécial de maintenir son programme de travail malgré le contexte pandémique. 

« Il est temps que la communauté internationale participe activement à l’éradication du colonialisme, quelle qu’en soit la forme », a quant à elle tonné la République islamique d’Iran, selon laquelle il importe que l’ONU et les organisations internationales pertinentes « remplissent leur responsabilité de mener à bien les processus d’autodétermination, conformément à la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux ».  Un texte né de la résolution 1514 de l’Assemblée générale, dont on a célébré le soixantième anniversaire en décembre 2020, a rappelé la Fédération de Russie, évoquant pour cette raison une « année importante », en dépit de la COVID-19. 

La pandémie restant dans tous les esprits, Mme DiCarlo a profité de cette tribune pour en appeler à une « coopération améliorée » en vue de maîtriser cette crise sanitaire mondiale.  « Il faut plus d’équité dans la distribution des vaccins et faire en sorte qu’ils soient abordables et accessibles à tous », a-t-elle plaidé, considérant que « le nationalisme vaccinal est voué à l’échec et ne fera que retarder l’action menée contre la pandémie ».  

Cette réunion d’ouverture a également permis au Comité spécial de reconduire à ses vice-présidences M. Pedro Luis Pedroso Cuesta, de Cuba, M.  Alie Kabba, de la Sierra Leone, et M. Mohammad K. Koba, de l’Indonésie, la désignation du rapporteur étant reportée au mois de juin.  Ce report a été salué par la République arabe syrienne, dont le Représentant permanent assurait les fonctions de rapporteur lors de la précédente session.  La délégation a indiqué à cet égard que son ambassadeur était absent « pour des raisons qui échappent à notre contrôle ».   

Le Comité a également adopté son Projet de programme de travail pour cette session. 

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