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AG/PK/240
15 février 2021
Session de 2021, 266e et 267e séances plénières – matin et après-midi

Opérations de maintien de la paix: le Comité spécial débat des moyens de rendre les missions de l’ONU plus responsables, efficaces et sûres

Le premier jour de débat général du Comité spécial des opérations de maintien de la paix, dit « Comité des 34 » (C34), a mis au jour le souci toujours plus grand de garantir l’efficacité et la sécurité des missions de l’ONU.  Une efficacité qui découle d’abord de mandats bien conçus dès le départ, ce qui oblige à y impliquer tous les acteurs concernés et à prévoir un financement et des capacités adaptés aux réalités du terrain.  Une efficacité résultant aussi de la responsabilité des missions et d’une implication incontournable des femmes dans les opérations comme gage de résultats et de paix durables. 

De plus, à l’heure de la COVID-19 et d’attaques meurtrières visant le personnel de l’ONU, les membres du Comité se sont montrés plus que jamais soucieux de la sécurité des Casques bleus et ont appelé à la renforcer. 

Les opérations de maintien de la paix, les « OMP », sont un exemple concret du lien entre les trois piliers de l’Organisation, a fait remarquer à l’ouverture de la session le Président de l’Assemblée générale, M. Volkan Bozkir: elles favorisent la promotion des droits de l’homme et permettent le développement par le biais du maintien de la paix. 

Le Secrétaire général adjoint aux opérations de paix, M. Jean-Pierre Lacroix, a illustré cette importance en rappelant que 154 États Membres ont signé la Déclaration d’engagement commun concernant les opérations de maintien de la paix des Nations Unies, dont le Département des opérations de paix met en œuvre les directives depuis son adoption il y a deux ans et demi.  Les Philippines ont d’ailleurs salué la détermination du Secrétaire général à mener les réformes nécessaires pour que ces opérations puissent s’acquitter de leur tâche conformément à leur mandat. 

Pour garantir leur succès, les intervenants ont recommandé de concevoir des mandats clairs et réalisables et de les financer en tenant compte de la réalité du terrain.  Les opérations doivent être capables de s’adapter à une situation spécifique, a expliqué la Thaïlande.  Le Pakistan a même suggéré au C34 d’établir des comités avec les membres du Conseil de sécurité et les pays contributeurs de troupes afin de discuter des mandats avant leur adoption par le Conseil de sécurité.  Il faut, a renchéri le Bangladesh, que les informations qui remontent du terrain soient intégrées dans les documents de politiques. 

De façon générale, le Pérou et la Fédération de Russie ont vanté les mérites de la coopération triangulaire entre le Conseil de sécurité, le Secrétariat de l’ONU et les pays contributeurs de troupes de maintien de la paix.  Le Mouvement des non-alignés, dont les 120 pays membres représentent 86% des troupes déployées dans les OMP, a saisi cette occasion pour demander de discuter du remboursement des pays fournisseurs de contingents afin de corriger des « déséquilibres flagrants ». 

Le NAM a par ailleurs mis l’accent sur l’importance du partenariat entre l’ONU et l’Union africaine dans le domaine du maintien de la paix, une idée entendue plusieurs fois au cours du débat pour l’UA mais aussi d’autres organisations régionales comme l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN). 

Cette dernière s’est félicitée du fait que le rapport 2020 du C34 ait encouragé une plus grande collaboration entre l’ONU et l’ASEAN dans les opérations de paix, y compris dans les domaines de la formation et du renforcement des capacités, du partage des meilleures pratiques et de l’augmentation de la participation des femmes au maintien de la paix. 

Augmenter la participation des femmes aux processus politiques a été un appel commun de toutes les délégations, pour des raisons d’efficacité.  Selon les États-Unis en effet, les femmes disposent de compétences uniques pour renforcer le maintien de la paix notamment lorsqu’il s’agit d’inspirer les femmes et filles des pays hôtes des missions.  Pour l’UE, leur participation est tout simplement « le meilleur garant d’une paix durable ».  La mise en œuvre du programme « femmes, paix et sécurité », mis en place par la résolution 1325 (2000), a bien évidemment été évoquée. 

Le groupe CANZ (Canada, Australie, Nouvelle-Zélande) n’a pas manqué de plaider pour la fourniture de services de santé sexuelle et reproductive pour les femmes Casques bleus, tout en saluant la nomination de conseillers en genre dans les missions. 

Les membres du Comité ont largement rendu hommage aux Casques bleus et aux pays contributeurs de contingents, en soulignant les difficultés supplémentaires rencontrées du fait de la COVID-19.  Saluant la création du groupe des amis de la vaccination au sein des missions, le Guatemala a plaidé pour que les pays contributeurs de contingents et de personnel de police y soient être intégrés. 

La question de la sécurité des personnels déployés a été au cœur des préoccupations, en particuliers pour les plus gros fournisseurs de contingent comme le Bangladesh.  Le Royaume-Uni a cité les récentes attaques contre les Casques bleus commises au Mali et en République centrafricaine.  L’UE a rappelé que de telles attaques peuvent constituer des crimes de guerre en droit international.  Le Pérou a appelé à faire des progrès en ce qui concerne les mécanismes d’alerte précoce et l’évacuation des blessés. 

Les orateurs ont également salué le nouveau format du rapport du C34, adopté pour la première fois en 2020 et qui constitue un outil efficace pour formuler des recommandations réalisables et mesurables et soutenir la mise en œuvre de l’Action du Secrétaire général pour le maintien de la paix. 

Le matin, le Comité a adopté son ordre du jour et son programme de travail provisoire, après avoir élu son Président, M. Tijjani Muhammad Bande (Nigéria), et reconduit les membres de son bureau de l’an passé.  Ont ainsi été élus MM. Fabián Oddone (Argentine), Richard Arbeiter (Canada), Hiroyuki Namazu (Japon) et Mariusz Lewicki (Pologne)comme Vice-Présidents, M. Abdullah Attelb (Égypte) étant élu Rapporteur. 

Le Comité poursuivra son débat général jeudi 18 février de 10 heures à midi.

M. VOLKAN BOZKIR, Président de l’Assemblée générale, a dit que les opérations de maintien de la paix (OMP) sont au cœur des activités de l’ONU et du multilatéralisme dans son ensemble.  « Les OMP sont un exemple concret du lien entre les trois piliers de l’Organisation en favorisant la promotion des droits de l’homme et permettant le développement par le biais du maintien de la paix », a précisé M. Bozkir.  Le Président de l’Assemblée générale a particulièrement remercié les États Membres qui détachent du personnel de maintien de la paix et qui apportent un appui aux différentes fonctions dans ce domaine pour parvenir à des résultats concrets. 

Après avoir rendu hommage aux Casques bleus et aux pays contributeurs de contingents, il a souligné que la COVID-19 a engendré de nouvelles difficultés pour des opérations de maintien de la paix déjà complexes.  Il a félicité les missions d’avoir mis en place des mesures d’atténuation visant à limiter les conséquences de la pandémie, saluant notamment les mesures prises par les missions pour appuyer les opérations nationales visant à prévenir la propagation de la pandémie de COVID-19. 

Le Président de l’Assemblée a plaidé en faveur de mandats clairs et réalisables pour les opérations de maintien de la paix, en demandant des financements adaptés aux besoins en se basant sur la réalité du terrain.  Il a mis l’accent sur l’amélioration de la participation des femmes aux processus politiques en rappelant que la mise en œuvre de la parité rend les missions de maintien de la paix plus efficaces.  En outre, il a souhaité que la prochaine réunion ministérielle sur le thème des opérations de maintien de la paix prévue à Séoul fin 2021 soit l’occasion pour les États Membres de réaffirmer leur engagement en faveur de cette activité clef des Nations Unies. 

Le Secrétaire général adjoint aux opérations de paix, M. JEAN-PIERRE LACROIX, a fait remarquer que la présence des membres du C34 au Siège des Nations Unies en pleine pandémie démontre l’engagement de ceux-ci en faveur du maintien de la paix et des collègues présents sur le terrain.  Le fait que 154 États Membres aient signé la Déclaration d’engagement commun concernant les opérations de maintien de la paix des Nations Unies est une autre preuve du soutien fourni à ces activités, a-t-il noté.  Il a indiqué que depuis deux ans et demi le Département des opérations de paix met en œuvre les directives de la Déclaration.  M. Lacroix a expliqué qu’il allait présenter les différentes mesures prises par son Département pour faire face à la COVID-19, aux côtés de ses collègues de l’Appui opérationnel et du Département des stratégies et politiques de gestion et de la conformité.  Il a terminé en saluant le fait que les rapports du C34 sont désormais structurés autour des thématiques de l’Action pour le maintien de la paix (« A4P » selon l’acronyme anglais). 

Le Maroc, s’exprimant au nom du Mouvement des pays non alignés (NAM), a apprécié que l’action rapide du Secrétaire général face à la pandémie ait sauvé de nombreuses vies, y compris des soldats de la paix.  « Le nouveau défi de la vaccination du personnel en uniforme est maintenant à portée de main », a estimé le Mouvement des pays non alignés avant d’appeler à ce qu’aucun effort ne soit épargné pour lutter contre la pandémie de COVID-19 dans les opérations de maintien de la paix.  Le Mouvement des pays non alignés a par ailleurs mis l’accent sur l’importance du partenariat entre l’ONU et l’Union africaine dans ce domaine.  Le groupe a appelé à relever avant tout les défis de la sécurité des Casques bleus, condamnant les récentes attaques contre des membres de ce personnel.  Le Mouvement des pays non alignés a appelé tous les États qui accueillent des opérations sur leur territoire à poursuivre en justice les responsables de ces attaques.  « La lutte contre l'impunité est une préoccupation commune », a-t-il déclaré, avant d’appeler le Conseil de sécurité à faire sa part et le Secrétariat de l’ONU à veiller à la mise en œuvre du processus d’Action pour le maintien de la paix. 

Notant la finalisation du cadre de responsabilisation du maintien de la paix, le Mouvement des pays non alignés a déclaré que tout le personnel devrait être mis sur un pied d’égalité.  Il a aussi souligné l’importance de la participation des femmes au maintien de la paix, déclarant que le Mouvement était actif dans des initiatives connexes.  Pour aller de l'avant, le Mouvement a demandé de discuter du remboursement des pays fournisseurs de contingents afin de corriger des déséquilibres flagrants.  Rappelant que les 120 pays du Mouvement des pays non alignés représentent 86% des troupes déployées, le Mouvement a souhaité que sa contribution soit prise en compte dans les discussions sur les opérations de maintien de la paix. 

Le Brésil, parlant également au nom de l’Argentine, de l’Uruguay et du Mexique, a salué le dernier rapport du C34 et a souhaité que celui de cette session suive la même méthodologie qui s’appuie sur les huit thématiques tirées d’Action pour le maintien de la paix.  Le Groupe de pays a plaidé pour la promotion du programme « femmes paix et sécurité » et a insisté sur la pleine participation des femmes à toutes les étapes du maintien de la paix.  Le Groupe a présenté ses condoléances aux proches des 34 Casques bleus décédés des suites de la COVID-19. 

À titre national, le Brésil a indiqué avoir déployé plus de 500 000 personnels dans les opérations de maintien de la paix sur une durée de plus de 75 ans.  Le Brésil a insisté sur l’importance des résultats de ces opérations et sur la nécessité de favoriser une plus grande implication des femmes.  Il a vanté les mérites des formations offertes par les centres brésiliens qui permettent de préparer le déploiement des Casques bleus de nombreux pays d’Amérique du Sud. 

L’Indonésie, s’exprimant au nom de l’Association des Nations d’Asie du Sud-est (ASEAN), a rappelé qu’environ 5 000 soldats de la paix des pays membres de l’ASEAN servent dans diverses missions de maintien de la paix dans le monde.  L’ASEAN a réaffirmé le rôle important et unique du Comité spécial des opérations de maintien de la paix (C34) en tant que seul forum des Nations Unies mandaté pour examiner globalement toute la question des opérations de maintien de la paix sous tous ses aspects.  Elle s’est félicitée du fait que le rapport 2020 du Comité ait encouragé une plus grande collaboration entre l’ONU et l’ASEAN dans les opérations de paix, y compris dans les domaines de la formation et du renforcement des capacités, du partage des meilleures pratiques et de l’augmentation de la participation des femmes au maintien de la paix.  L’ASEAN a dit soutenir un partenariat et une collaboration plus étroits entre l’ONU et les organisations régionales et sous-régionales.  Par le biais du Réseau des centres de maintien de la paix de l’ASEAN, de la réunion ministérielle de la défense de l’ASEAN et du Forum régional de l’ASEAN, l’Association des Nations d’Asie du Sud-Est continue de renforcer sa coopération en matière de maintien de la paix, notamment en matière de formation et de renforcement des capacités, d’exercices conjoints et de participation des femmes au maintien de la paix.  

La recherche de solutions politiques durables devrait guider la conception et le déploiement des opérations de maintien de la paix des Nations Unies, a plaidé l’ASEAN, avant de souligner l’importance de mandats clairs, ciblés, ordonnés, hiérarchisés et réalisables, établis par le Conseil de sécurité en étroite consultation avec les pays contributeurs de troupes et de police, les États hôtes, les organisations régionales et le Secrétariat.  Elle a également souhaité que les opérations de maintien de la paix des Nations Unies soient soutenues par un financement et des ressources adéquats, exhortant à ce propos tous les États Membres à s’acquitter de leurs obligations financières envers l’ONU dans leur intégralité, dans les délais et sans conditions.  Ce financement est essentiel pour que les missions s’acquittent de leurs tâches, pour que le Secrétariat puisse rembourser dans les délais les pays contributeurs de contingent, et pour que ces derniers maintiennent leur capacité opérationnelle et leur contribution à long terme au maintien de la paix.  L’ASEAN a insisté sur la sûreté et à la sécurité des soldats de la paix, exhortant les pays hôtes à enquêter rapidement et à traduire en justice les auteurs des attaques contre ce personnel.  En outre, l’ASEAN a appuyé la participation pleine, effective et significative des femmes au maintien de la paix, conformément à la résolution 2538 (2020) du Conseil de sécurité.  Une meilleure représentation des femmes à des postes de direction est souhaitée, en tenant compte d’un équilibre géographique équitable. 

La Nouvelle-Zélande, s’exprimant également au nom de l’Australie et du Canada (groupe CANZ), a noté que le paysage du maintien de la paix avait considérablement changé depuis la session de l’année dernière en raison de la pandémie de COVID-19.  La Nouvelle-Zélande a dit que pour garantir des travaux dynamiques et ciblés, le Comité devait plaider en faveur d’une participation significative des femmes dans le cadre du programme intersectoriel Femmes, paix et sécurité.  « Des obstacles existent toujours pour les femmes », a déclaré la Nouvelle-Zélande, avant d’appeler à la fourniture de services de santé sexuelle et reproductive pour les femmes soldats de la paix, tout en saluant la nomination de conseillers en genre. 

De l’avis du Groupe de CANZ, les opérations de maintien de la paix des Nations Unies doivent disposer de capacités appropriées, notamment la capacité de protéger les civils et les enfants, d’alerte rapide et de mesures tenant compte des sexospécificités.  Soulignant l’importance de la responsabilité, le Groupe de CANZ a salué le lancement récent du Cadre de politique de performance intégré ainsi que la politique de tolérance zéro pour les abus et l’exploitation sexuels. Notant que la sécurité est étroitement liée à la performance, il a appelé à prendre des mesures pour garantir la sécurité des soldats de la paix, notamment en exploitant les nouvelles technologies. 

L’Union européenne (UE) a condamné toutes les attaques commises contre des missions de maintien de la paix qui, a-t-elle rappelé, peuvent constituer des crimes de guerre en droit international.  Selon la délégation, le nouveau format du rapport du C34, adopté pour la première fois en 2020, s’est révélé être un outil efficace pour formuler des recommandations réalisables et mesurables et soutenir la mise en œuvre de l’Action du Secrétaire général pour le maintien de la paix (A4P).  Les efforts de l’ONU pour promouvoir et maintenir la paix doivent s’adapter à l’évolution de l’environnement sécuritaire, et les partenariats avec les organisations régionales et sous-régionales en sont un élément important, a souligné l’UE qui a pris l’exemple sur son soutien à la Force conjointe du G5 Sahel.  L’UE a reconnu que la contribution africaine au maintien de la paix prend de nombreuses formes et que la coopération entre l’ONU et l’UA a une importance unique sur le continent africain.  Elle a plaidé pour un financement prévisible et durable des opérations de paix africaines, avant de faire valoir que les missions de politique, de sécurité et de défense commune de l’UE complètent et soutiennent les missions de l’ONU au Mali, en République centrafricaine, en Somalie, en Libye, dans les Balkans ou en Iraq. 

L’UE a aussi recommandé de mettre l’accent sur l’amélioration des performances de toutes les parties prenantes du maintien de la paix, se félicitant du lancement récent du cadre de politique de performance intégrée et disant vouloir accompagner sa mise en œuvre.  Elle a affirmé que la composante droits de l’homme du mandat des missions de maintien de la paix et l’obligation de promouvoir la responsabilité sont des éléments essentiels de la prévention et de l’atténuation des conflits.  L’UE a aussi rappelé que la protection des civils est une tâche essentielle du maintien de la paix, avant de demander que la protection de l’enfance soit correctement intégrée dans tous les mandats et dotée de ressources suffisantes.  De même, l’accent mis par les missions de maintien de la paix sur la consolidation de la paix reste essentiel pour préparer les transitions et instaurer une paix durable et des sociétés stables.  De ce fait, les initiatives de consolidation de la paix doivent être soutenues par un financement coordonné, prévisible et durable. 

L’UE a aussi soutenu le programme « femmes, paix et sécurité » et cité des recherches selon lesquelles la participation pleine, égale et significative des femmes à tous les aspects de la consolidation de la paix et du maintien de la paix est le meilleur garant d’une paix durable.  L’UE a plaidé pour l’inclusion d’une analyse sexospécifique dans toutes les phases de la planification et de l’exécution des missions, avant de recommander aux pays fournisseurs de contingents et de policiers d’accroître, à tous les niveaux, la participation pleine, égale et significative des femmes aux efforts de maintien et de consolidation de la paix.  Enfin, le fait que des cas d’exploitation et d’abus sexuels continuent d’être signalés montre que les efforts du Secrétariat pour améliorer la responsabilité doivent être renforcés, a dit l’UE. 

Les Philippines ont salué la détermination du Secrétaire général à mener les réformes nécessaires pour que les opérations de maintien de la paix puissent s’acquitter de leur tâche conformément à leur mandat.  La délégation a dit être déterminée à mettre à disposition de ces opérations toutes les ressources dont elles ont besoin dans les délais prévus.  Les Philippines appuient la politique de tolérance zéro du Secrétaire général contre les abus sexuels au sein des opérations de maintien de la paix.  Elles sont en faveur d’une présélection du personnel avant le déploiement.  Le pays a encouragé le dialogue sur le maintien de la paix et la mise en place des partenariats pour les formations en vue du renforcement des capacités.  La délégation, favorable à l’augmentation de la participation des femmes dans le maintien de la paix, a aussi salué les résolutions sur l’examen de l’architecture de maintien de la paix qui donnent la priorité à la prévention.  S’agissant de la performance et de la responsabilité, elles doivent être évaluées à l’aune de la protection des civils.  Les Philippines ont dit que les formations avant le déploiement doivent être adaptées aux conditions des pays hôtes.  Les solutions aux conflits doivent être trouvées localement, a aussi indiqué la délégation. 

Le Pérou a mis l’accent sur l’importance de la parité entre les genres en insistant sur la participation des femmes aux opérations de maintien de la paix comme condition de l’efficacité des missions.  Elle a appelé à faire des progrès en ce qui concerne les mécanismes d’alerte précoce et les mécanismes d’évacuation des blessés.  Elle a souligné la nécessité de garantir le meilleur dialogue possible et coopération triangulaire entre le Conseil de sécurité, le Secrétariat de l’ONU et les pays contributeurs de troupes de maintien de la paix.  Le Pérou a aussi relevé l’importance de disposer de contingents suffisamment formés pour qu’ils soient en mesure de faire preuve du plus grand respect possible à l’égard des spécificités et des attentes des populations servies. 

Le Royaume-Uni a salué la finalisation du cadre des performances des OMP en appelant à l’appliquer pleinement.  Il a aussi invité à produire des rapports sur la façon dont il est mis en œuvre.  Pour la délégation, les attaques contre les Casques bleus au Mali et en République centrafricaine ces derniers mois prouvent qu’il faut s’inquiéter et dûment tenir compte de la sécurité de ce personnel.  Le Royaume-Uni a également insisté sur la mise en œuvre du programme « femmes, paix et sécurité », arguant que c’est une question de justice et d’efficacité. 

Les États-Unis ont souligné l’importance de cette vaste discussion sur les opérations de maintien de la paix avec toutes les parties qui sont cruciales pour leur succès, dont les pays fournisseurs de contingents.  Le but, ont-ils rappelé, est de parvenir à un rapport consensuel pour donner des orientations et recommandations au Secrétariat via le rapport annuel.  Les États-Unis ont assuré vouloir s’engager de manière constructive et transparente dans ce processus, en vue d’une adoption de rapport par consensus.  Ils ont appelé à garantir que les Casques bleus suivent les formations nécessaires et soient dotés des équipements nécessaires pour réussir leur mission.  Les États-Unis ont souligné l’importance de l’adoption de la résolution 2436 (2018) du Conseil de sécurité, d’inspiration américaine, qui envoie le message clair que de la reddition de comptes et la redevabilité sont une priorité des opérations de maintien de la paix.  À cet effet, les États-Unis ont dit attendre avec intérêt la finalisation et l’adoption du futur cadre intégré d’évaluation de la performance et de la responsabilisation de tout le personnel de maintien de la paix.  Enfin, les États-Unis ont dit que les femmes disposent de compétences uniques pour renforcer le maintien de la paix notamment lorsqu’il s’agit d’inspirer les femmes et filles des pays hôtes des missions. 

Pour le Pakistan, « tous nos Casques bleus sont des travailleurs essentiels » et les Nations Unies doivent veiller à ce qu’ils reçoivent tous le vaccin contre la COVID-19, et de manière équitable.  La délégation a relevé que les nouvelles menaces à la paix ainsi que les conflits relèvent du domaine politique, soulignant que le Conseil de sécurité doit donc pleinement jouer son rôle.  Or, la communauté internationale et le Conseil de sécurité n’ont pas toujours réussi à trouver des solutions à des conflits qui perdurent, comme celui du Cachemire, a rappelé le Pakistan. 

La délégation a plaidé pour l’élaboration de mandats des OMP qui soient réalistes.  À cet effet, elle a suggéré au C34 d’établir des comités avec les membres du Conseil de sécurité et les pays contributeurs de troupes afin de discuter des mandats avant leur adoption par le Conseil de sécurité.  De même, il faut correctement financer les OMP et veiller à la qualité des personnels.  Les Casques bleus doivent également être dotés des meilleurs équipements afin d’assurer leur sécurité, a encore demandé le Pakistan.  La délégation a déploré à cet égard que des observateurs onusiens aient été récemment attaqués par les forces de sécurité d’un pays membre de l’ONU qui co-accueille une mission de paix. 

Le Guatemala a dit être préoccupé par la poursuite des attaques contre les Casques bleus et les personnels civils dans les zones de conflit.  Les opérations de maintien de la paix ont souffert de la pandémie de COVID-19, a estimé la délégation qui a demandé qu’elles disposent des ressources nécessaires pour lutter contre la pandémie.  Saluant la création du groupe des amis de la vaccination au sein des missions, le Guatemala a plaidé pour que les pays contributeurs de contingents et de personnel de police y soient être intégrés.  Le pays a insisté pour que les personnels déployés soient immunisés.  L’OMS, les équipes de pays et les pays hôtes doivent être associés aux campagnes de vaccination des Casques bleus et des personnels civils, a-t-il ajouté.  Le Guatemala a ensuite insisté sur l’impact positif de la participation des femmes à la consolidation de la paix, demandant qu’elles soient impliquées dans les missions de paix.  Réitérant l’appel au cessez-le-feu du Secrétaire général, il a rappelé que cela voulait dire «  mettre fins aux conflits et aux attaques contre les Casques bleus et le personnel civil ».

La Chine a rendu hommage aux 90 000 casques bleus déployés dans le monde dans un contexte compliqué par la pandémie de COVID-19.  La Chine a rappelé que le rôle des opérations de maintien de la paix est de garantir le maintien de la paix en privilégiant les règlement politiques des différends.  « C’est aux pays hôtes qu’incombe la responsabilité principale de la protection des civils », a insisté la Chine avant de prévenir que les opérations de maintien de la paix  ne sauraient remplacer les efforts des pays hôtes en ce domaine ou se substituer aux autres agences des Nations Unies.  Alors que l’environnement dans lequel opèrent les OMP devient de plus en plus complexe et dangereux, la Chine a appelé à réduire au maximum les risques auxquels font face les Casques bleus. 

L’Égypte a salué l’appel du Secrétariat pour la vaccination du personnel civil et des Casques bleus.  Ils doivent être immunisés de manière équitable.  S’agissant de la sécurité et de la sûreté du personnel, l’Égypte a noté l’augmentation du nombre des Casques bleus victimes d’actes d’agression et demandé de redoubler d’effort pour assurer leur sécurité.  Cela nécessite le partage et la collecte de renseignement, la disponibilité des soins et la traduction des responsables devant la justice.  L’Égypte a aussi souligné l’importance du système d’alerte précoce en matière de sécurité.  Le Conseil de sécurité doit bénéficier du travail du Comité spécial des opérations de maintien de la paix, a estimé l’Égypte qui a demandé une évaluation de la performance des opérations de maintien de la paix notamment en évaluant l’aspect réaliste des mandats et des ressources financières et humaines à leur disposition.  L’Égypte a prié d’accorder une importance particulière à la participation des femmes dans les missions de maintien de la paix et aux partenariats entre l’ONU et l’Union africaine.  Le Caire organisera en mars prochain une réunion sur le partenariat ONU-UA sur le maintien de la paix en Afrique, a annoncé la délégation. 

Le Bangladesh a dit que la sécurité des contingents compte beaucoup pour son pays qui est un des principaux fournisseurs de contingents.  « Il convient de renforcer encore la coopération triangulaire entre le Conseil de sécurité, le Secrétariat et les pays fournisseurs de contingents dans le cadre de la planification des mandats qui doivent être clairs, réalistes et en phase avec la réalité de terrain » a dit le Bangladesh avant de souhaiter que les informations qui remontent du terrain soient intégrées dans les documents de politiques.  Le Bangladesh a également mis l’accent sur le respect de la parité des genres et sur la protection de l’environnement par les opérations de maintien de la paix. 

La Turquie a salué la présentation d’un rapport annuel qui s’appuie sur les huit grands domaines d’action auxquels ont souscrit 154 États Membres.  La Turquie a mis l’accent sur la protection des civils, la parité entre les genres et la reddition des comptes.  La Turquie a appelé au respect de la résolution 2436 (2018) du Conseil de sécurité et des recommandations du rapport Brahimi.  La Turquie a félicité le Secrétariat pour les mesures vigoureuses prises contre le harcèlement sexuel. 

Pour l’Inde, la performance des opérations de maintien de la paix doit être mesurée par rapport aux réalités politiques et opérationnelles, aux priorités du mandat et à l’adéquation des ressources.  L’utilisation appropriée de technologies doit tenir compte des réalités et besoins du terrain dans les opérations de maintien de la paix, a ajouté l’Inde avant de rappeler être défavorable aux réserves opérationnelles dans le maintien de la paix de l’ONU.  L’Inde estime en effet que les réserves opérationnelles des contingents nationaux, qu’elles soient déclarées ou non, imposent un fardeau supplémentaire à ceux qui n’ont aucune réserve, et que cela a un impact sur la performance des soldats de la paix dans l’exécution de leur mandat, ainsi que sur la sûreté et la sécurité.  De ce fait, une bonne évaluation de la performance de la mission doit couvrir toutes les parties prenantes et toutes les phases des opérations de maintien de la paix, et pas seulement celles sur le terrain.  Il faut par exemple relever si les réserves des contingents ont eu un impact sur les performances; si la mauvaise performance est due à un manque de ressources; ou si le mandat, y compris les lignes directrices, n’était pas clair, entraînant une mise en œuvre insatisfaisante; ou encore si les décisions administratives sont en décalage avec les réalités du terrain.  Enfin, l’Inde a soulevé le problème non résolu du non-paiement des services rendus par les pays contributeurs de contingents aux missions de maintien de la paix achevées: cela nécessite une résolution de la part du C34. 

La Thaïlande a invité le C34 à s’attaquer rapidement et efficacement à l’impact négatif de la COVID-19 sur les OMP.  Elle a souligné l’impact de la pandémie sur la sécurité sanitaire et le moral des personnes sur le terrain, sur le financement et les ressources des missions et opérations, et sur le rythme des rotations des troupes et du personnel.  De manière générale, une meilleure préparation reste la clef du succès des opérations de maintien de la paix, a estimé la délégation qui a aussi réaffirmé la nécessité de bien planifier et financer les missions de maintien de la paix des Nations Unies, en les dotant de mandats réalistes et capables de s’adapter à la situation sur le terrain.  Enfin, pour parvenir à une paix durable, elle a demandé d’œuvrer au continuum de la paix grâce à un partenariat multipartite: il faut s’assurer que « la trinité sécurité-développement-droits de l’homme » soit bien en place.  En conclusion, la Thaïlande a encouragé le Secrétariat à explorer plus avant les modalités possibles pour soutenir et renforcer le rôle des soldats de la paix en tant que premiers artisans de la paix. 

La Jamaïque a dit que la pandémie a aggravé les défis des opérations de maintien de la paix.  Les efforts pour réaliser le développement durable et garantir la sécurité mondiale doivent être renouvelés, surtout dans le contexte de la pandémie de COVID-19, a plaidé la délégation.  Notant que les opérations de maintien de la paix contribuent à lutter contre la COVID-19 et à atténuer leurs conséquences disproportionnées sur les groupes vulnérables, la Jamaïque a insisté sur l’importance de vacciner les Casques bleus.  Elle a salué la création du groupe d’amis de la vaccination et réitéré l’importance de la participation des femmes aux efforts de maintien de la paix.  La délégation a soutenu la stratégie du Secrétaire général pour parvenir à la parité dans l’ensemble du système de l’ONU et dans les opérations de maintien de la paix d’ici à 2028.  S’agissant des partenariats, la Jamaïque a dit appuyer le travail du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti, notamment son rôle dans la réduction de la violence communautaire.  Pour la Jamaïque, l’ONU doit croire que la paix est possible et la promouvoir. 

La République de Moldova a souligné l’importance de l’innovation et des solutions pratiques et modernes pour résoudre les conflits et relever les défis de la pandémie.  La délégation a insisté sur l’importance des actions concrètes en particulier sur la question de la performance.  Elle a plaidé pour la recherche de solutions politiques et pacifiques pour résoudre conflits et les différends.  Notant la poursuite de leurs activités par les opérations de maintien de la paix en pleine pandémie, la République de Moldova a réitéré son attachement à la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité.  Enfin, elle a plaidé pour la restructuration du rapport du Comité spécial des opérations de la paix.  

La Norvège a vu la pandémie de COVID-19 comme un rappel important de la nécessité de continuer à renforcer les opérations de l’ONU, dans le prolongement de l’initiative Action pour le maintien de la paix.  En tant que membre élu du Conseil de sécurité et en tant que membre de ce comité, la Norvège a énoncé ses six priorités en matière de maintien de la paix.  Comme dans le cadre de l’Action pour le maintien de la paix, elle a recommandé de continuer à mettre l’accent sur la recherche de solutions politiques.  Le règlement des conflits locaux et la médiation doivent être accompagnés d’une volonté politique au niveau national, a-t-elle ajouté.  S’appuyant sur les conclusions de l’examen indépendant de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS), la Norvège a jugé indispensable que toutes les activités menées par les différentes sections des missions soient alignées sur les facteurs politiques spécifiques du conflit et ciblées sur l’obtention de résultats concrets. 

La Norvège a appelé à renforcer la protection des civils en général et des enfants en particulier, mettant l’accent sur la lutte contre la violence sexuelle liée aux conflits et contre l’impunité.  La Norvège a dit contribuer à cette tâche importante, notamment en formant la police malienne aux enquêtes médico-légales. Elle a également appelé à renforcer la sûreté et la sécurité des Casques bleus, en soulignant l’importance du renseignement: les États Membres doivent former et déployer du personnel et des unités dotés des capacités de renseignement, tandis que le Secrétariat de l’ONU doit faciliter la formation des hauts responsables des missions dans ce domaine.  De plus, la Norvège a appuyé la stratégie uniforme pour la parité entre les sexes, précisant que la Norvège encourage activement les femmes à occuper des postes de direction dans les opérations de l’ONU.  La Norvège a appelé à renforcer le partenariat entre l’ONU et l’Union africaine (UA).  Enfin, la Norvège a encouragé l’ONU à accroître l’utilisation des énergies renouvelables dans ses missions sur le terrain, conformément au Plan d’action climatique décennal du Secrétariat des Nations Unies. 

La Suisse, se faisant l’écho de l’appel fait dans la résolution 75/201 de l'Assemblée générale, a encouragé les efforts visant à rendre plus cohérente l’action onusienne en matière de consolidation de la paix, notamment en dotant les missions de mandats appropriés, en approfondissant la coopération entre les missions et les équipes de pays, et en utilisant de façon cohérente les instruments et capacités du système onusien dans son ensemble.  Cela comprend les analyses conjointes et une planification stratégique tenant compte des causes sous-jacentes des conflits.  De plus, en se basant sur les expériences passées et actuelles, la Suisse a jugé essentiel de prendre en compte la protection de la population lors des transitions.  

Selon la Suisse, la conception et la gestion des transitions des opérations de paix à d'autres formes de présence onusienne devraient être guidées par plusieurs éléments: une analyse conjointe approfondie et prospective des vulnérabilités et des risques pour la population; une définition des résultats attendus en matière de protection basés sur les normes existantes; et un consensus sur les instruments à utiliser pour atteindre le niveau de protection escompté.  Enfin, la mise en œuvre du programme « Femmes, paix et sécurité » est essentielle pour pérenniser la paix, a plaidé la Suisse en appelant le Secrétariat, les missions et tous les États Membres à traduire ce programme en actions concrètes afin que les opérations de paix puissent contribuer à une réelle inclusion des femmes dans tous les aspects de la promotion de la paix et de la sécurité. 

L’Irlande a rappelé qu’elle est le plus grand contributeur de contingent d’Europe, en proportion de sa population.  Rendant hommage aux Casques bleus victimes des dernières attaques, l’Irlande a plaidé pour un système de maintien de la paix responsable, efficace et qui protège les civils en particulier durant la pandémie de COVID-19.  Le travail du Comité spécial doit cette année se focaliser sur l’amélioration de l’efficacité des opérations dans le cadre de l’approche « Action pour le maintien de la paix ».  Pour y parvenir, a suggéré l’Irlande, il faut bien comprendre le mandat de protection des civils et mettre le partenariat au cœur du maintien de la paix y compris la coopération avec les organisations régionales pour relever les enjeux complexes au niveau mondial.  Elle a ajouté que pour y arriver, il faut souligner le lien entre le maintien de la paix et la consolidation de la paix afin d’assurer un appui durable aux pays qui sortent de conflit.  La délégation a mis l’accent sur la lutte contre les exploitations sexuelles qui ternissent la crédibilité des Casques bleus et de l’ONU.  Elle a terminé en réitérant son appui au programme « femmes, paix et sécurité » et aux efforts en cours pour augmenter le nombre de femmes Casques bleus. 

L’Ukraine a réitéré son appui aux opérations de maintien de la paix de l’ONU en mentionnant les 300 Casques bleus ukrainiens déployés dans six opérations.  « Nous faisons cela, a fait remarquer la délégation, en dépit d’une agression étrangère sur notre territoire qui sape la paix et la sécurité régionales. »  La paix est un défi qui s’ajoute à la pandémie de COVID-19, a dit l’Ukraine constatant que l’appel au cessez-le-feu mondial du Secrétaire général n’a pas entrainé de changement positif.  L’Ukraine a estimé que les opérations de maintien de la paix doivent garantir la sécurité des civils en empêchant le flux illégal d’armes et de mercenaires.  Elles doivent être adaptées au conflit sur le terrain.  S’agissant de la génération de « force stratégique », tout opération de maintien de la paix devrait pouvoir compter sur sa capacité à générer cette force pour exécuter son mandat, a-t-elle estimé, recommandant pour cela une collecte et un partage de renseignements ainsi qu’une bonne formation du personnel.  L’Ukraine a demandé des mesures pour renforcer la sécurité des Casques bleus et salué les partenariats stratégiques de l’ONU avec l’UE, l’UA et l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).  Les opérations de maintien de la paix ne sont pas des substituts pour régler les causes des conflits, a-t-elle aussi fait remarquer avant de conclure sur la nécessité de suivre une approche spécifique adaptée à chaque cause de conflit.  

L’Afrique du Sud a souhaité que le rapport du C34 comporte une section spécifique sur la collaboration entre l’ONU et l’UA dans le cadre des OMP.  Elle a souhaité que les résultats des évaluations des OMP soient partagés avec les contributeurs de contingents, afin que ces derniers puissent prendre des mesures adaptatives.  La délégation a plaidé pour une plus grande présence des femmes dans les OMP, avant d’insister sur la mise en œuvre de l’initiative « Action pour le maintien de la paix ». 

La République de Corée a souhaité que le Comité spécial mette l’accent sur l’Action pour le maintien de la paix, souhaitant que la volonté politique à cette fin soit mobilisée au cours de la Conférence ministérielle sur le maintien de la paix prévue en décembre à Séoul.  La délégation a aussi insisté sur la sûreté et la sécurité des Casques bleus, ainsi que sur la performance des OMP.  Elle a plaidé pour une plus grande intégration de la technologie dans les OMP.  Ces opérations doivent s’inscrire dans un processus qui tienne compte de la pérennisation de la paix, a-t-elle ajouté avant de plaider pour le renforcement du partenariat ONU-UA.  La République de Corée entend continuer à y participer par le financement du « fonds de la paix » de l’UA. 

Israël a dit son intention de vacciner les membres du personnel onusien présent sur son sol.  Étant donné les dangers auxquels les Casques bleus sont confrontés, il faut assurer leur sécurité, et cela commence par veiller à ce que leur formation soit la même, a déclaré Israël, tout en rappelant son partenariat avec l’ONU qui lui a dépêché des formateurs qualifiés pour appuyer le renforcement des capacités des Casques bleus.  La délégation a également plaidé pour le renforcement de la place des femmes dans les OMP, ce qui passe selon Israël par un engagement de chaque État Membre. 

Cuba a salué l’importance des rapports du C34 pour aider les délégations à mieux comprendre la portée des décisions prises par les États Membres.  Cuba a souligné l’importance de l’Assemblée générale dans l’élaboration des « doctrines » des missions de maintien de la paix et de leur financement.  Cuba a rappelé que les mandats de protection des civils des missions de maintien de la paix visent à appuyer les efforts des autorités nationales et non pas à s’y substituer. 

La Fédération de Russie a salué la valeur ajoutée du C34 quant à sa représentativité puisqu’il rassemble un large éventail d’États Membres, dont les bailleurs de fonds et les fournisseurs de contingents.  La Fédération de Russie s’est félicitée que la structure du rapport du C34 ait été harmonisée l’année dernière avec l’initiative A4P.  Il est important selon elle que le maintien de la paix continue d’être réalisé dans le respect de la souveraineté des États, de la Charte des Nations Unies et des principes fondateurs du maintien de la paix, en particulier la neutralité et le non-emploi de la force.  La Fédération de Russie a jugé important de promouvoir la coopération triangulaire entre le Conseil de sécurité, le Secrétariat de l’ONU et les pays fournisseurs de contingents afin de renforcer l’esprit de coopération et de confiance. 

L’Argentine a insisté pour que le rapport du Comité tienne compte des mandats ciblés établis par le Conseil de sécurité.  En ce qui concerne la participation des femmes aux OMP, la délégation a souhaité que les pays contributeurs de contingents veillent à ne pas diminuer le quota des femmes dans le personnel qu’ils déploient.  La politique de tolérance zéro en matière d’atteintes sexuelles doit également être maintenue, a-t-elle exigé.  Quant à la protection des civils, elle doit rester l’un des mandats majeurs des OMP et les pays qui accueillent les missions doivent jouer un rôle important à cet effet, a recommandé l’Argentine. 

La Tunisie a invité à une profonde réflexion sur la réforme du maintien de la paix des Nations Unies.  Elle a jugé nécessaire de souligner le lien « organique » entre le maintien de la paix et la consolidation de la paix.  La délégation a insisté sur l’importance de la participation des femmes aux opérations de maintien de la paix.  Elle a noté la baisse des taux de contamination et d’infection à la COVID-19 au sein de ces opérations, tout en soutenant les efforts visant à vacciner les Casques bleus de l’ONU. 

Le Nigéria s’est inquiété de la dégradation d’ensemble de la sécurité dans le monde en raison notamment de la nature non conventionnelle des conflits.  Le Nigéria a invité le C34 de faire un bilan des anciennes OMP qui ont été témoins de guerres prolongées afin d’élaborer des solutions appropriées.  Il faut évaluer les capacités des institutions nationales afin de mieux pouvoir évaluer les appuis nécessaires et mesurer les stratégies à entreprendre, a-t-il recommandé. 

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