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AG/PK/241
18 février 2021
Session de 2021, 268e séance plénière – matin

Comité spécial du maintien de la paix (C34): mesures sanitaires, protection des civils, parité, formation et coopération régionale au cœur du débat

Les mesures de confiance face à la crise sanitaire, la protection des civils et des Casques bleus, la parité entre les genres, la formation et le renforcement des capacités du personnel, la coopération entre l’ONU et les organisations régionales, notamment l’Union africaine, et la disponibilité des moyens financiers et matériels ont été au cœur de cette deuxième et dernière journée de débat général du Comité spécial des opérations de maintien de la paix, dit « Comité des 34 » (C34). 

Pour faire face à ces défis, les membres du Comité qui se sont exprimés aujourd’hui ont réaffirmé la pertinence de l’initiative « Action pour le maintien de la paix » lancée en 2018 par le Secrétaire général en vue de recentrer ce domaine d’action de l’ONU avec des mandats plus ciblés, des opérations plus fortes et plus sûres, un appui en faveur de solutions politiques et de meilleurs équipements et formations pour les forces.  Les membres ont aussi salué les efforts déployés par le Secrétaire général et le personnel pour permettre la continuité des missions dans le contexte de la COVID-19, en écho à la résolution 2532 (2020) du Conseil de sécurité exigeant la cessation des hostilités pour faire face à la pandémie. 

Alors que le mois prochain marquera le troisième anniversaire de l’initiative Action pour le maintien de la paix, le Japon a espéré que la prochaine conférence ministérielle du maintien de la paix, qui se tiendra en République de Corée, permettra de transformer les recommandations du C34 en résultats tangibles et concrets.  Le Japon a indiqué contribuer à l’événement en accueillant, conjointement avec l’Éthiopie et l’Indonésie, la réunion préparatoire sur la formation et le renforcement des capacités. 

Les membres du Comité se sont précisément attardés sur les sujets de la formation des Casques bleus et du renforcement de leurs capacités, des éléments essentiels au succès des missions selon eux.  La formation doit permettre à ce personnel de mieux protéger les civils et de respecter les coutumes des populations locales, y compris les pratiques religieuses.  Si l’Uruguay a souhaité que les supports de formation soient disponibles en espagnol, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a demandé qu’ils le soient dans toutes les langues des publics visés, dont le français puisque la plus grande partie des déploiements a lieu dans des pays francophones. 

L’Indonésie, qui a déployé 45 000 soldats de la paix en 50 ans, a appelé à améliorer la sécurité des Casques bleus qui sont trop souvent la cible d’attaques malveillantes.  La Côte d’Ivoire s’est dite choquée que les missions continuent d’être victimes d’attaques multiformes qui mettent gravement en péril aussi bien la sécurité du personnel que les installations militaires et civiles.  « Les attaques terroristes meurtrières dont sont régulièrement victimes les personnels en uniforme, comme celle du 13 janvier 2021 qui a coûté la vie à quatre Casques bleus ivoiriens au sein de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), nous rappellent l’urgence à agir » , a conclu la délégation ivoirienne.  Face à ce constat, plusieurs délégations ont mis l’accent sur le problème de l’impunité en demandant aux pays hôtes de mener les enquêtes nécessaires et de traduire en justice les auteurs de telles attaques. 

Si de nombreuses délégations, dont la République unie de Tanzanie, le Sénégal et la Côté d’Ivoire, ont appelé à renforcer la coopération entre l’ONU et l’Union africaine (UA) en matière de maintien de la paix, le représentant de cette dernière s’est félicité de l’amélioration de cette coopération depuis 2017, avec la signature d’un accord-cadre pour renforcer leur coopération, et 2018, avec la signature de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.  Le Sénégal a insisté sur la place particulière que doit occuper l’Afrique dans les politiques et stratégies onusiennes de prévention et de règlement des crises ainsi que de reconstruction post-conflit.  Le Sénégal a réitéré à cet égard l’importance « stratégique » de mécanismes de financement plus prévisibles, durables et flexibles des opérations de paix de l’UA autorisées par le Conseil de sécurité, en vertu de la résolution 2320 (2016) sur la coopération entre l’ONU et l’UA. 

Par ailleurs, plusieurs pays, dont le Viet Nam, qui présidera bientôt le réseau de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) pour le maintien de la paix, ont réaffirmé la pertinence du programme femmes, paix et sécurité hérité de la résolution 1325 (2001) du Conseil de sécurité en rappelant que « les femmes contribuent à la crédibilité des missions ».  La participation des femmes à tous les niveaux du maintien de la paix a été jugée essentielle au succès des missions par l’ensemble des délégations.  Pour elles, le recrutement de femmes Casques bleus est un « impératif opérationnel » et les raisons en sont nombreuses: elles améliorent les résultats globalement du maintien de la paix; elles ont plus facilement accès aux communautés; elles contribuent à la promotion des droits humains et à la protection des civils; et elles encouragent les femmes à participer de manière significative aux processus de paix et politique. L’Indonésie en a conclu que « miser sur les femmes, c’est miser sur la paix ».   

L’Uruguay n’a pas oublié de demander l’application de la politique de tolérance zéro du Secrétaire général pour lutter contre les violences sexuelles commises par le personnel des OMP, tandis que le Bhoutan a, là encore, fait remarquer le rôle important que peut jouer le personnel féminin dans la lutte contre les atteintes sexuelles.  Le Bhoutan s’est aussi soucié de la protection des personnels contre la COVID-19 et a salué l’initiative visant à vacciner les Casques bleus, remerciant l’Inde qui a prévu de donner 200 000 doses de vaccins à cet effet. 

Le Comité spécial poursuivra sa session en groupe de travail plénier et en consultations informelles, avant de se réunir vendredi 12 mars à 14 heures pour adopter son rapport annuel et achever ses travaux. 

Le Népal a salué les opérations de maintien de la paix qui permettent de contribuer efficacement au règlement de conflits dans les régions troublées du monde.  Il leur faut des ressources correctes et prévisibles pour permettre aux missions de gagner en efficacité, a plaidé le Népal avant de mettre l’accent sur le règlement des causes profondes des conflits.  En tant que pays fournisseurs de contingents, le Népal estime que la sécurité du personnel doit être la toute première préoccupation.  Le décalage entre les moyens nécessaires à cet effet et ceux disponibles menace le succès des opérations de maintien de la paix, selon le Népal. 

Depuis 1950, le Népal a maintenu un engagement constant en faveur des OMP parce que la paix mondiale est un principe directeur de la politique étrangère du Népal, a expliqué la délégation.  Le Népal s’est dit déterminé à parvenir à la parité entre les sexes dans le déploiement de contingents.  Le Népal a appelé à améliorer les capacités des soldats de la paix avant de mettre l’accent sur le rôle crucial des missions en matière de protection des civils. 

Le Liban a vu les opérations de maintien de la paix (OMP) comme un outil efficace pour régler les crises régionales dans le monde.  Le Liban a rendu hommage aux Casques bleus qui remplissent leurs missions dans le contexte difficile de la pandémie de COVID-19.  La délégation a salué les initiatives du Secrétaire général pour réduire les conséquences de la pandémie sur le personnel et les opérations de maintien de la paix avant de condamner les attaques contre les Casques bleus.  Le Liban a aussi remercié le Groupe des amis du maintien de la paix qui veillent à ce que les Casques bleus aient accès aux vaccins.  Le Liban a salué l’adoption de la résolution 2524 (2020) du Conseil de sécurité avant d’appeler à garantir une meilleure participation des femmes dans les OMP. 

Le Liban a dit accueillir une opération de maintien de la paix exemplaire, la FINUL, qui s’est affirmée comme un acteur déterminant de la paix au Moyen-Orient.  Il a remercié l’ONU d’avoir déployé un détachement multinational pour aider les autorités dans les efforts de relèvement après l’explosion du 4 août 2020 qui a notamment blessés 23 Casques bleus népalais. 

Le Costa Rica a souligné que le maintien de la paix est un outil essentiel à la prévention de conflit et à la paix durable.  Les Casques bleus jouent un rôle préventif durable, a soutenu la délégation qui a réaffirmé son appui à l’initiative « Action pour le maintien de la paix » dont la réussite dépendra d’une coopération solide avec les organisations régionales.  Les opérations de maintien de la paix doivent avoir un mandat clair et fiable avec des ressources suffisantes qui correspondent à des priorités claires, a demandé le Costa Rica.  Le pays a encouragé les OMP à rechercher des synergies avec les organisations régionales. 

Soulignant la nécessité d’améliorer la protection des Casques bleus, le Costa Rica a rappelé l’accord qu’il a conclu avec l’ONU visant à faciliter notamment les évacuations sanitaires en Amérique latine.  Il a rappelé que la résolution 1325 (2020) demande aux pays fournisseurs de contingents de déployer davantage de femmes, car celles-ci contribuent à la réussite du maintien de la paix et aident à prévenir les atteintes sexuelles.  Enfin, le Costa Rica a souligné l’importance, au sein des OMP, de la formation, de la lutte contre l’impunité ainsi que du renforcement de l’état de droit et des systèmes judiciaires nationaux.  

L’Uruguay a appelé à mettre en œuvre les engagements pris dans l’initiative « Action pour le maintien de la paix ».  Il a condamné les atteintes et les violences sexuelles commises par des membres des opérations de maintien de la paix et a demandé d’appliquer la politique de tolérance zéro du Secrétaire général sur la question.  Il faut en outre former le personnel sur ce problème et sa prévention, a-t-il ajouté.  L’Uruguay a par ailleurs demandé une représentation équitable des pays contributeurs de troupes et de personnel de police au Siège et sur le terrain dans toutes les catégories de personnel. 

En ce qui concerne les pays hôtes, l’Uruguay a demandé d’éviter les restrictions nationales qui pourraient avoir des effets négatifs sur l’exécution des mandats des OMP.  La délégation a réaffirmé l’importance de la protection des civils par les OMP.  Elle a insisté sur l’importance de la formation des contingents à déployer sur tout ce qui a trait à la protection des civils, en précisant que les matériels de formation doivent être traduits en espagnol.  Enfin, l’Uruguay a appelé à appliquer les dispositions de la résolution 1325 (2020) sur les femmes, la paix et la sécurité avant de demander le renforcement de la place des femmes dans les opérations de maintien de la paix. 

Le Sénégal a dit que la pandémie de COVID-19, combinée aux théâtres d’opération déjà complexes, expose davantage le personnel déployé et les populations locales.  L’Afrique doit occuper une place particulière dans les politiques et stratégies de prévention et de règlement des crises ainsi que de reconstruction post-conflit de l’ONU, a estimé la délégation avant de réaffirmer l’importance du partenariat ONU-Union africaine (UA) centré sur le renforcement des capacités pour la recherche de solutions politiques aux différends en Afrique.  La délégation a salué les progrès tangibles réalisés dans ce cadre et réitéré l’importance stratégique de mécanismes de financements plus prévisibles, durables et flexibles des opérations de paix de l’UA autorisées par le Conseil de sécurité, en vertu de la résolution 2320 (2016) sur la coopération entre l’ONU et l’UA. 

Par ailleurs, le Sénégal a déclaré que les ressources doivent s’aligner sur les mandats et non l’inverse.  Il a conseillé, lors de l’élaboration de mandats réalistes, de mener une évaluation optimale des exigences, notamment en matière de ressources, sur la base d’informations objectives et complètes et en tenant compte des environnements opérationnels.  La délégation a aussi mis l’accent sur la promotion du principe d’appropriation nationale dans l’objectif du développement des capacités locales de police, mais aussi pour garantir la pleine participation des pays hôtes et contributeurs à la prise de décisions.  En tant que pays contributeur majeur de contingents militaires et premier contributeur de police qu’il vient d’ailleurs de consolider avec le déploiement d’une unité de police supplémentaire en République démocratique du Congo, le Sénégal s’est dit disposé à partager son expérience singulière en matière de maintien de la paix, y compris dans le cadre de la coopération Sud-Sud et triangulaire. 

La Côte d’Ivoire a dit que la pandémie de COVID-19 vient s’ajouter à la longue liste des défis majeurs auxquels se trouvent confrontées les opérations de maintien de la paix.  La Côté d’Ivoire a salué les initiatives majeures prises par le Secrétariat de l’ONU, dont les mesures de confiance prises face à la crise sanitaire; l’élaboration d’un guide de protection des civils; le lancement de l’appel en faveur des droits humains; l’adoption d’une approche intégrée et globale de la protection avec une attention accrue sur la performance et la responsabilité.  La Côté d’Ivoire a estimé que les prochaines négociations sur l’examen du nouveau rapport annuel du Comité spécial donneront l’occasion d’approfondir, à l’aune des défis actuels, les réflexions sur les axes prioritaires de l’initiative du Secrétaire général Action pour le maintien de la paix. 

La délégation a recommandé que les opérations de maintien de la paix destinées à appuyer le pays hôte, dans le cadre d’une stratégie de sortie de crise, soient fondées sur une coopération dynamique avec les autorités nationales et les différentes parties prenantes.  Les OMP doivent renforcer les capacités du personnel civil et militaire en matière de protection des civils, a aussi souhaité la Côte d’Ivoire qui s’est dite par ailleurs choquée que les OMP continuent d’être la cible d’attaques multiformes qui mettent gravement en péril aussi bien la sécurité du personnel que les installations et équipements militaires et civils. « Les attaques terroristes meurtrières dont sont régulièrement victimes les personnels en uniforme, comme celle du 13 janvier 2021, qui a coûté la vie à quatre Casques bleus ivoiriens au sein de la MINUSMA, nous rappellent l’urgence à agir », a conclu la délégation ivoirienne. 

Le Bhoutan a salué les mesures prises dans les missions pour barrer la route à la pandémie de COVID-19.  La délégation a salué l’initiative visant à vacciner les Casques bleus et remercié l’Inde qui a annoncé hier le don de 200 000 vaccins pour les Casques bleus.  Le Bhoutan a réaffirmé son soutien au déploiement de compagnies de protection des forces et souligné le rôle important des femmes dans les opérations de maintien de la paix, arguant que la réussite de celles-ci dépend de la participation des femmes et qu’elles contribuent à combattre les atteintes sexuelles.  Le Bhoutan continue de renforcer le vivier de femmes dans les contingents qu’il déploie en les formant pour qu’elles soient compétentes sur le terrain.  Venant au cadre de performance intégrée, le Bhoutan a trouvé qu’il aide bien à respecter les règles, à mener une gestion rationnelle ainsi qu’à lutter contre les atteintes sexuelles.  La délégation a souligné enfin l’importance des partenariats notamment le partenariat triangulaire.  Elle a remercié l’aide du Japon pour son aide à cet égard. 

Le Japon a salué les efforts des personnels des OMP pour permettre la continuité des missions de maintien de la paix dans le contexte de la pandémie de COVID-19.  Le Japon s’est inquiété des actes de violence auxquels font face les soldats de la paix en jugeant inacceptable que 10 Casques bleus aient été tués depuis le début de l’année.  « Des partenariats efficaces en matière de formation et renforcement des capacités doivent se poursuivre entre États Membres », a dit le Japon avant d’appeler à saisir toutes les opportunités qu’offrent les technologies de l’information et des communications.   

Alors que le mois prochain marquera le troisième anniversaire de l’initiative du Secrétaire général Action pour le maintien de la paix, le Japon a espéré que les débats du C34 fourniront des directives en faveur de la nouvelle phase « Action for Peacekeeping Plus ».  Le japon a espéré que la prochaine Conférence ministérielle du maintien de la paix sera une occasion importante de transformer les réalisations du C34 en résultats tangibles et concrets.  « Le Japon contribuera à l’événement, notamment en accueillant conjointement avec l’Éthiopie et l’Indonésie la réunion préparatoire sur la formation et le renforcement des capacités. »  Enfin, le Japon a remercié la République de Corée d’accueillir cette importante conférence. 

El Salvador a souligné que cette session est spéciale pour répondre aux défis à l’heure où il faut ajouter celui de la vaccination des Casques bleus.  La délégation a salué la création du groupe des amis de la vaccination et estimé qu’il est fondamental de vacciner rapidement le personnel déployé pour le protéger contre la COVID-19.  El Salvador, qui participe à six OMP, a demandé de rendre celles-ci plus efficaces en mettant en conformité les mandats et les ressources.  La formation à la protection et au renforcement des capacités est également essentielle, a plaidé la délégation en demandant au Secrétariat d’assumer son rôle à cet égard.  Enfin, El Salvador a suggéré des alliances pour assurer l’efficacité des OMP.  Il a également souligné la nécessité de renforcer et augmenter le nombre de femmes dans les OMP. 

L’Indonésie a indiqué avoir déployé 45 000 soldats de la paix depuis 50 ans pour servir la cause du maintien de la paix, qui est inscrite dans sa Constitution. L’Indonésie, qui compte actuellement 1 800 Casques bleus sur le terrain, a appelé à améliorer la sécurité de ce personnel qui est trop souvent la cible d’attaques malveillantes.  L’Indonésie a appelé à ouvrir rapidement des enquêtes afin que les responsables de ces attaques soient retrouvés et condamnés.

La délégation a plaidé pour un financement idoine prévisible et pérenne des OMP.  C’est pourquoi, la délégation a exhorté les États Membres à respecter intégralement leurs obligations financières à l’égard des Nations Unies, en procédant aux versements promis à temps et sans condition.  « Miser sur les femmes c’est miser sur la paix » a aussi remarqué la délégation indonésienne avant de souligner l’importance de la parité entre les sexes et la nécessité d’une meilleur formation et renforcement des capacités du personnel.  L’Indonésie a salué la pertinence des travaux du C34 en tant que seule enceinte chargée d’examiner l’ensemble des questions relatives aux opérations de maintien de la paix. 

Le Viet Nam a salué les efforts des personnels des OMP pour permettre la continuité des missions de maintien de la paix dans le contexte de la pandémie de COVID-19.  « La formation et le renforcement des capacités sont essentiels au succès des missions », a dit le Viet Nam avant de noter que la formation est un axe principal de l’initiative du Secrétaire général Action pour le maintien de la paix.  Le Viet Nam a appelé à promouvoir la coopération triangulaire entre, d’une part, les pays fournisseurs de contingent, le Secrétariat et le Conseil de sécurité et, d’autre part, entre l’ONU et les organisations régionales.  Le Viet Nam a indiqué qu’il présidera le réseau de l’ASEAN pour le maintien de la paix.  Le pays a appelé à mettre en œuvre le programme femmes, paix et sécurité héritée de la résolution 1325 (2001) du Conseil de sécurité en rappelant que les femmes contribuent à la crédibilité des missions. 

L’Éthiopie a noté le changement des rôles et des missions des OMP.  Ce qui, selon la délégation, justifie l’importance que l’on donne à la formation et à la sécurité des Casques bleus qui opèrent dans un environnement instable et qui subissent des attaques directes.  Cette situation appelle une coopération plus étroite entre l’ONU, les pays contributeurs de contingents et les pays hôtes afin d’éviter de faire d’autres victimes.  Saluant l’initiative de vacciner les Casques bleus, l’Éthiopie a souligné l’importance de la collaboration entre l’ONU et l’Union africaine pour garantir l’efficacité des OMP sur le continent.  Elle a aussi mis l’accent sur le rôle de la médiation, de la formation ainsi que sur l’importance d’une bonne évaluation en ce qui concerne le retrait des OMP.  Dénonçant les problèmes persistants en matière de ressources pour les OMP, l’Éthiopie a demandé de fournir les ressources nécessaires pour garantir la réussite des missions.  Elle a terminé en réitérant ses préoccupations quant aux baisses de ressources financières qui ne tiennent pas compte de la réalité sur le terrain. 

L’Équateur a dit que le multilatéralisme exige des Casques bleus bien formés.  Ils ne sont pas des garde-côtes mais des garants de trois piliers des Nations Unies assurant la paix et la sécurité internationales.  Préoccupée par les attaques contre les Casques bleus, la délégation a constaté que la COVID-19 constitue un défi supplémentaire pour les OMP en aggravant certains conflits.  Elle a souligné que les OMP ont pourtant aidé à empêcher la propagation de la maladie sur les populations locales.  C’est la raison pour laquelle, a insisté l’Équateur, il est important de vacciner tous les Casques bleus.  L’Équateur a aussi soutenu la participation des femmes aux OMP, en soulignant les effets positifs de cette participation.  « Elles doivent pouvoir travailler dans tous les processus de paix. »  La délégation a plaidé pour la mise en œuvre de l’appel au cessez-le-feu du Secrétaire général.  Cette session est, a-t-elle conclu, une occasion de clarifier les mandats et les objectifs des OMP grâce à des évaluations réalistes sur le terrain. 

La République unie de Tanzanie a salué les efforts déployés par les Nations Unies pour maintenir la paix face aux répercussions de la pandémie de COVID-19 notamment en ce qui concerne la protection des civils et des personnels des missions.  La Tanzanie a cependant estimé que la vaccination du personnel en uniforme est de la responsabilité des pays hôtes.  La Tanzanie a mis l’accent sur l’importance de la coopération triangulaire –pays fournisseur de contingents, Conseil de sécurité et Secrétariat- pour renforcer la cohérence stratégique du maintien de la paix.  Enfin, la Tanzanie s’est inquiétée des conséquences des coupes budgétaires dans certaines missions en appelant à doter toutes les opérations de maintien de la paix de moyens financiers à la hauteur des défis du terrain. 

L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a demandé une mutualisation des moyens et souligné l’importance de la complémentarité des acteurs dans les opérations de maintien de la paix.  Le concours des organisations internationales comme l’OIF doit être reconnu et encouragé, notamment en ce qui concerne l’apprentissage du français par les Casques bleus.  L’OIF, qui est un « champion du maintien de la paix », offre des formations sur le renforcement des capacités et sur l’interculturalité.  L’Organisation a réitéré que le Comité spécial doit encourager la coopération entre l’ONU et l’OIF dans le maintien de la paix dans la mesure où la plus grande partie des déploiements des OMP se fait dans des pays francophones.  D’où, selon l’OIF, l’importance de prendre en compte les compétences linguistiques dans le déploiement et la formation du personnel.  Elle a aussi prôné l’interculturalité qui contribue à l’efficacité des OMP sur la durée.  Le Comité spécial doit mieux faire connaître les pratiques religieuses et sociales des communautés locales, a insisté l’OIF. 

L’Union africaine (UA) a souligné l’envergure qu’a prise la coopération entre elle et l’ONU à partir de 2017 et 2018.  Elle a salué la prise de conscience selon laquelle aucune organisation ou aucun État ne peut seul faire face aux défis actuels.  L’Union africaine a appuyé le rôle de premier plan que joue le Comité spécial en cette période de pandémie.  Elle a fait valoir ses propres efforts sur cette question avec la création d’un centre d’opération et d’un système de gestion de la COVID-19 ainsi qu’avec un Fonds d’intervention et une commission pour la finance et la santé.  Pour l’UA, la présente session du Comité spécial est une occasion de parler de ses efforts pour aller de l’avant. 

La délégation a ensuite fait part du lancement du Fonds revitalisé de l’Union africaine pour la médiation et la diplomatie préventive, ainsi que d’un cadre pour le respect des droits de l’homme.  Elle a affirmé que les efforts de maintien de la paix sont importants pour que les pays ne basculent plus dans les conflits à court et moyen terme.  Elle a demandé à reconnaître le lien entre consolidation et maintien de la paix.  L’Union africaine a appelé à donner la priorité aux femmes dans la recherche de la paix et la sécurité.  Elle a affirmé « endosser ses responsabilités face aux conflits qui font rage sur le continent » tout en plaidant pour un partenariat robuste en faveur du programme pour la paix et la sécurité de l’Union africaine.

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