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CONF210802-CS
2 août 2021

La sécurité maritime, la protection des Casques bleus et la lutte antiterroriste au menu de la présidence indienne du Conseil de sécurité au mois d’août

La sécurité maritime, l’apport de la technologie pour une meilleure « protection des protecteurs » que sont les Casques bleus et la lutte contre le terrorisme domineront le programme de travail mensuel du Conseil de sécurité, a annoncé le Représentant permanent de l’Inde et Président du Conseil pour le mois d’août, M. T. S. Tirumurti, lors d’une conférence de presse au Siège des Nations Unies à New York.  « Ce mois d’août est particulièrement important pour nous puisque, comme vous le savez, l’Inde célèbre le 15 août le soixante-quatorzième anniversaire de son indépendance », a-t-il déclaré. 

Le premier temps fort de la présidence sera donc la tenue, le 9 août, en distanciel, du débat sur la sécurité maritime qui sera l’occasion, a poursuivi le Représentant permanent, d’examiner cette question sous tous ces aspects, qu’il s’agisse de la piraterie, du trafic illicite de stupéfiants, de la pêche ou bien encore du bien-être des gens de mer et des communautés côtières.  Signe de l’importance de ce débat pour l’Inde, « dont l’histoire a été façonnée par les océans », M. T. S. Tirumurti a précisé qu’il sera présidé par son Premier Ministre.  Le Président de la République démocratique du Congo, en sa qualité de Président de l’Union africaine, sera un autre participant de marque. 

Le second temps fort de la présidence indienne sera la tenue le 18 août d’un débat sur les moyens d’une meilleure protection des Casques bleus.  « C’est une question qui nous tient à cœur », a déclaré le Représentant permanent, en rappelant que 175 Casques bleus indiens ont perdu la vie au service de l’ONU. Cette réunion, qui sera présidée par le Ministre indien des affaires étrangères, veillera tout d’abord à assurer un meilleur établissement des responsabilités pour les auteurs de violations commises contre les Casques bleus.  Le taux de condamnation des responsables est en effet très bas, s’est alarmé M. T. S. Tirumurti. 

Une autre piste de réflexion tournera autour du renforcement des moyens technologiques dont disposent les Casques bleus, ceux-ci étant bien souvent confrontés à des éléments dotés de moyens et d’équipements technologiques bien supérieurs.  Le Représentant permanent a précisé qu’un texte devrait être adopté sur ce sujet.  Avant le début de la réunion, un hommage devrait être rendu devant le Mémorial des Casques bleus au Siège de l’ONU à New York, en présence du Secrétaire général. 

Le lendemain, le Conseil se penchera sur les menaces à la paix et à la sécurité causées par les actes terroristes.  Ce débat, qui sera également présidé par le Ministre indien des affaires étrangères, est le signe de la détermination de l’Inde de continuer de « braquer les projecteurs » sur la lutte antiterroriste, a déclaré le Représentant permanent.  Il a pointé les moyens inédits dont disposent les groupes terroristes pour mener leurs attaques, avant de souligner l’importance qu’il y a à tarir leurs ressources financières.  « La lutte antiterroriste est une priorité de l’Inde. »

Le Moyen-Orient sera, ce mois-ci encore, au cœur des travaux du Conseil avec une réunion sur le Yémen, le 23 août, sur la question de Palestine le lendemain et sur la situation en Iraq, le 25 août.  Le Conseil se penchera sur le dossier des armes chimiques syriennes, le 4 août et sur la situation politique et humanitaire en Syrie, le 24.  Outre l’adoption de la résolution sur la protection des Casques bleus, le Conseil a prévu de se prononcer sur trois résolutions le matin du 30 août sur la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL), la Mission d’assistance des Nations Unies en Somalie (MANUSOM) et le régime de sanctions au Mali. 

Interrogé sur la situation en Afghanistan, qu’il a qualifiée de « très préoccupante », le Représentant permanent a indiqué que le Conseil devra l’examiner « tôt ou tard ».  Il a appelé de ses vœux un processus politique dirigé et contrôlé par les Afghans à même de garantir la légitimité de ceux qui auront le pouvoir dans le pays, « quels qu’ils soient », dans le respect des droits des minorités et des femmes.  M. T. S. Tirumurti a mis en garde contre « l’imposition unilatérale d’une volonté » et appelé à la poursuite d’un dialogue pour aboutir à une double paix: « la paix en Afghanistan et la paix dans ses environs ». 

Quant à la situation au Jammu-et-Cachemire, le Représentant permanent a asséné que le territoire étant une partie « intégrale et inaliénable » de l’Inde, toute question qui s’y rapporte relève des affaires intérieures indiennes.  « Presque tous les membres du Conseil sont d’accord pour dire qu’il ne s’agit pas d’une question dont le Conseil doit se saisir », a-t-il affirmé.  Le Représentant permanent a précisé que le dernier accord signé entre l’Inde et le Pakistan remonte à 1972 et qu’il stipule que toute divergence doit être réglée au moyen du dialogue. 

Les récents changements constitutionnels concernant le Jammu-et-Cachemire sont le fruit des débats au Parlement indien qui est la seule autorité compétente en la matière, a ajouté le Représentant permanent.  L’Inde, a-t-il aussi affirmé, veut normaliser ses relations avec le Pakistan et régler toute question en suspens par le dialogue et dans un environnement dénué de violence et d’hostilité.  En conséquence, il revient au Pakistan de joindre le geste à la parole, a poursuivi M. T. S. Tirumurti. 

Le Représentant permanent s’est ensuite dit vivement préoccupé par la situation au Myanmar et a appelé à la retenue, ainsi qu’à la libération des responsables détenus.  Il a démenti toutes les informations selon lesquelles son pays aurait refoulé des réfugiés du Myanmar.  Enfin, le Représentant permanent a parlé du format de la semaine de haut niveau de l’Assemblée générale, au mois de septembre.  Si les contours sont encore en train d’être précisés et qu’une formule hybride devrait être retenue, il a toutefois souligné la nécessité de placer tous les pays sur un pied d’égalité, « que leurs dirigeants puissent ou ne puissent pas venir à New York, en raison de la pandémie ».

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