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CONF210201-CS
1 février 2021

La Présidente britannique du Conseil de sécurité place les travaux du mois de février sous le signe des « 3 C »: climat, COVID-19, conflits

La Présidente du Conseil de sécurité pour le mois de février et Représentante permanente du Royaume-Uni auprès des Nations Unies, Mme  Barbara Woodward, a présenté, cet après-midi, lors d’une conférence de presse virtuelle, le programme de travail mensuel du Conseil, qu’elle a placé sous le signe des trois défis les plus pressants, les « 3 C »: le climat, la COVID-19 et les conflits.  Mme Woodward, qui a assuré de la transparence de sa présidence, a indiqué qu’avec ses cinq nouveaux membres, dont l’Inde, le Conseil représente près de 3,5 milliards de personnes. 

S’agissant du premier défi, les changements climatiques, l’Ambassadrice a souligné, à l’instar du Secrétaire général, l’urgence d’une « réconciliation avec la nature ».  Elle a indiqué que le débat public du 23 février sera consacré à la dimension sécuritaire des changements climatiques.  La sécheresse peut mener à la famine qui peut conduire à un conflit, a indiqué Mme  Woodward, en précisant que la réunion sera présidée par le Premier Ministre britannique, M. Boris Johnson. 

Le défi que pose la COVID-19 pour la paix et la sécurité sera examiné lors de la séance du 18 février portant sur la mise en œuvre de la résolution 2532 (2020).  Par ce texte, le Conseil avait notamment exigé une cessation immédiate et générale de toutes les hostilités, du fait de l’ampleur sans précédent de la pandémie.  Faisant valoir « que personne ne sera protégée tant que nous ne le serons pas tous », l’Ambassadrice a indiqué que la question du bon acheminement des vaccins, notamment vers le « Sud global », sera au cœur des débats de cette séance qui sera présidée par le Chef de la diplomatie britannique, M. Dominic Raab. 

S’agissant du troisième défi, l’Ambassadrice a précisé que la situation en Syrie fera l’objet de trois séances publiques.  Les armes chimiques seront au menu de la séance du 3 février, tandis que les volets politique et humanitaire seront discutés le 9 et le 25 février, respectivement.  Mme  Woodward a évoqué la « pression exercée par un État membre » afin que la réunion sur les armes chimiques se déroule selon un autre format que celui qui a finalement été retenu. 

Mme  Woodard a mentionné le débat, le 10 février, sur les menaces à la paix et à la sécurité internationales découlant d’actes terroristes, au cours duquel la question des combattants terroristes étrangers devrait être abondamment discutée.  La Représentante permanente a rappelé la position de son pays, selon laquelle ces combattants doivent être jugés sur le lieu le plus proche de celui de la commission des faits qui leur sont reprochés. 

Les situations en Iraq et en Haïti seront débattues le 17 février et le 22 février, respectivement, tandis que la séance mensuelle sur le processus de paix au Moyen-Orient aura lieu le 26 février.  L’Ukraine et le processus de Minsk seront discutés le 11 février.  Répondant à la question d’un correspondant de presse sur M. Alexeï Navalny et la situation en Russie, Mme  Woodward a précisé qu’aucune réunion n’est prévue sur le sujet, avant de condamner les arrestations arbitraires qui ont eu lieu dans ce pays lors des dernières manifestations. 

Plusieurs adoptions sont prévues au cours de ce mois, la première, le 10, sur le régime de sanctions au Soudan, deux autres, le 25 février, sur le Comité 2140 pour le Yémen et sur la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM).  Mais c’est bien la situation au Myanmar qui s’est invitée lors de la conférence de presse de Mme  Woodward, suite à la déclaration du transfert de tous les pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires aux militaires dans ce pays.  Mme  Woodward, qui a dénoncé le véritable « coup d’État » qui s’est produit au Myanmar, a indiqué qu’une séance de consultations est prévue demain. 

« Cette séance du Conseil était prévue plus tard dans le mois mais a été avancée, compte tenu des événements », a précisé Mme  Woodward.  C’est en septembre, avant les élections générales de novembre 2020 qui ont eu lieu dans le pays, que le Conseil a parlé pour la dernière fois de la situation au Myanmar.  L’Ambassadrice a indiqué que ce format de réunion est pour l’heure privilégié afin de permettre « des discussions franches » entre les membres du Conseil. 

Mme  Woodward a indiqué que la prise de mesures pourrait être discutée afin de ramener le Myanmar sur la voie de la démocratie.  Elle a par ailleurs réclamé la libération des personnalités emprisonnées, y compris celle de Mme  Aung San Suu Kyi.  L’Ambassadrice s’est aussi dite vivement préoccupée par la situation des Rohingya, notant que leur retour dans l’État rakhine n’est toujours pas possible.  La situation s’est détériorée, a-t-elle regretté. 

Enfin, l’Ambassadrice a pris note du changement d’administration aux États-Unis et souligné l’importance de la promotion du multilatéralisme.  Le Royaume-Uni, a-t-elle aussi promis, veillera lors de sa présidence à ce que la voix des jeunes soit entendue au Conseil.  Enfin, un mois après la sortie effective du Royaume-Uni de l’Union européenne, Mme  Woodward a souligné les échanges étroits qu’elle a avec ses « amis et partenaires européens ».

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