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CPSD/740
27 octobre 2021
Soixante-seizième session, 12e séance plénière – après-midi

Quatrième Commission: les États Membres débattent de la nécessité d’améliorer les opérations de maintien de la paix de l’ONU

La Commission des questions politiques spéciales et de la décolonisation (Quatrième Commission) a, cet après-midi, entendu 22 délégations dans le cadre de son débat général conjoint, dont nombre d’entre elles se sont interrogées sur la manière d’améliorer à la fois les capacités et l’efficacité des opérations de maintien de la paix de l’ONU.

Les efforts visant à revitaliser ces opérations, comme l’initiative Action pour le maintien de la paix, qui a pour but de renforcer la capacité des opérations de maintien de la paix et Action pour le maintien de la paix Plus, ont été salués, notamment par le Mali, la Norvège et la Thaïlande.  Ces réformes du Secrétaire général ont été rendues nécessaires devant un environnement sécuritaire de plus en plus complexe qui exige que les opérations soient constamment réadaptées aux réalités de terrain.

Ainsi, au Mali, les soldats de la paix sont déployés dans un environnement hostile caractérisé par des attaques asymétriques contre les populations civiles, les Forces de défense maliennes et les forces internationales, a rappelé le représentant de ce pays.  Si la Thaïlande a insisté sur la nécessité de garantir la sûreté et la sécurité des Casques bleus, la Norvège a de son côté souligné que les civils doivent être protégés, quelle que soit la situation, même une fois engagée la phase de retrait des missions onusiennes.

Alors qu’Haïti a rappelé avoir accueilli huit opérations de maintien de la paix de l’ONU depuis 1993, le Mali a déclaré être à la fois contributeur de contingents –personnels civils et de police–, et pays hôte de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation (MINUSMA) depuis juillet 2013.  Pour que les missions puissent réaliser leurs objectifs, une coordination adéquate des différents acteurs sur le terrain s’avère indispensable, a-t-il ajouté.

Rappelant que son pays a participé à plus de 13 missions de maintien de la paix et déployé environ 20 000 soldats, la Mongolie a souligné l’importance de la formation du personnel militaire, ainsi que de la fourniture d’équipements modernes de haute qualité.  Soulignant à son tour l’importance de la formation, le Soudan a plaidé pour un examen périodique afin de combler les lacunes et améliorer les performances.

La République Populaire démocratique de Corée (RPDC) a de son côté estimé qu’il faut fermer « courageusement » les missions qui ne contribuent pas à la paix et la sécurité.  Le Mali a insisté sur l’importance d’un financement prévisible, durable et adéquat des opérations africaines, tandis que la Thaïlande a souligné l’importance de prévoir des ressources financières, médicales et technologiques pour leur permettre de s’acquitter de leurs mandats.

La Mongolie a souligné la nécessité du remboursement en temps opportun des pays contributeurs de troupes et de police, tout en insistant sur la participation des femmes aux processus de paix et de sécurité, un sentiment qui a trouvé écho auprès de la Norvège.  La Mongolie a par ailleurs rappelé son initiative d’accueillir une conférence internationale sur la participation de celles-ci aux opérations de maintien de la paix des Nations Unies, l’an prochain, à Oulan-Bator.

Si la Norvège a estimé que la Commission de la consolidation de la paix (CCP) est un outil multilatéral de premier plan, la Thaïlande et l’Indonésie ont dit attendre les résultats de la Conférence ministérielle des Nations Unies sur le maintien de la paix de 2021 à Séoul, laquelle permettra d’identifier et de réunir des engagements concrets pour combler les lacunes en matière de capacités. 

La Quatrième Commission poursuivra son débat général conjoint le lundi 1er novembre, à partir de 15 heures.

SUITE DU DÉBAT GÉNÉRAL CONJOINT

M. KIM SONG (République populaire démocratique de Corée) a expliqué que depuis 1980, son pays poursuit activement le développement de son programme spatial pour capitaliser sur les sciences et technologies spatiales en vue de promouvoir son développement économique et améliorer les conditions de vie de son peuple.  Aujourd’hui, la RPDC fait partie des nations qui fabriquent et lancent des satellites, a affirmé le représentant.  En tant qu’État partie aux plus importants instruments internationaux régissant les activités spatiales, dont le Traité sur l’espace extra-atmosphérique, la Convention sur la responsabilité internationale pour les dommages causés par des objets spatiaux ou encore la Convention sur l’immatriculation des objets lancés dans l’espace extra-atmosphérique, notre pays respecte strictement ses obligations internationales, a assuré le représentant en soulignant que le droit d’utiliser l’espace extra-atmosphérique à des fins pacifiques est universel et légitime pour tout État souverain.  Il a donc reproché aux États-Unis de s’être opposés à ce droit de la RPDC en faisant adopter une résolution, au Conseil de sécurité, visant à imposer des sanctions à la RPDC à la suite du lancement de son satellite.  « Les États-Unis nous empêchent même de participer aux travaux du COPUOS », s’est indigné le représentant, pour qui ce comportement est injustifiable et viole de manière flagrante le droit international.  Le Gouvernement de la RPDC reste néanmoins déterminé à devenir une nation spatiale dans l’exercice de son droit à l’utilisation pacifique de l’espace extra-atmosphérique, a annoncé M. Song. 

Passant aux pratiques israéliennes dans les territoires palestiniens occupés, le représentant a commencé par saluer les travaux du Comité ad hoc chargé d’enquêter à ce sujet.  Il a dénoncé les activités expansionnistes d’Israël qui bafouent les droits légitimes des Palestiniens, alors que le massacre de Palestiniens aux mains des forces israéliennes à Jérusalem-Est et dans la bande Gaza constituent, selon lui, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.  À ses yeux, l’échec du règlement de la question palestinienne est imputable à une « politique biaisée et injuste » des États-Unis qui soutiennent inconditionnellement Israël et appliquent une approche de deux poids, deux mesures au Moyen-Orient.  La communauté internationale devrait s’élever pour défendre d’une même voix la justice, s’est impatienté le représentant.

S’agissant du maintien de la paix des Nations Unies, il a estimé qu’il devait être basé sur les principes de la souveraineté nationale et de la non-ingérence dans les affaires internes et que le déploiement des opérations de paix doit se faire avec le consentement du pays hôte.  Appelant aussi à une évaluation périodique des opérations de paix, la RPDC a estimé qu’il fallait fermer « courageusement » celles qui ne contribuent pas à la paix et la sécurité ou celles qui n’ont que trop duré.  La délégation a appelé à ne pas perdre de vue le fait que le nom des Nations Unies est parfois utilisé pour dissimuler des intérêts politiques et militaires au nom du maintien de la paix.  Il a cité le cas de « UN Command » qui a été illégalement mis en place en Corée du Sud par les États-Unis et qui n’a rien à voir avec les Nations Unies.  Cette mission légitime perpétue cependant depuis 1975 l’occupation de la Corée du Sud et va dans le sens des objectifs militaires et politiques américains dans la région de l’Asie-Pacifique, a dénoncé le représentant avant d’appeler au démantèlement du Commandement des Nations Unies en Corée (UN Command).

Mme ISATOU BADJIE (Gambie) a estimé que les opérations de maintien de la paix de l’ONU demeurent un instrument indispensable pour la paix et la sécurité dans de nombreux pays affectés dans le monde entier, dont la Gambie restera un partenaire fiable, d’autant qu’elle a des personnels en uniforme ou civils déployés depuis une trentaine d’années.  L’examen complet des opérations de maintien de la paix passe par le redoublement d’efforts, avec l’amélioration de la performance et avec des officiers bien formés qui comprennent les enjeux de la mission.  Elle s’est félicitée du programme Action pour le maintien de la paix Plus (A4P+) du Secrétaire général.  La représentante a ensuite estimé qu’il faut viser une plus grande place des femmes dans les opérations de maintien de la paix, du fait que leur présence améliore la confiance des femmes et des filles qui vivent dans des situations difficiles.  Soulignant la nécessité des partenariats régionaux, la délégation a salué le partenariat entre l’ONU et l’Union africaine.

La représentante a ensuite appuyé le Maroc pour ses efforts dans le règlement du différend au Sahara occidental et émis l’espoir que la nomination de l’Envoyé spécial du Secrétaire général, M. Staffan de Mistura, permettra d’avancer vers le règlement de ce différend régional.  Elle a réaffirmé en outre son plein soutien au droit légitime du Maroc de bénéficier de l’ensemble de son territoire, y compris le « Sahara marocain », soulignant que la Gambie a ouvert un consulat à Dakhla.  « Il existe des solutions viables pour trouver une sortie de ce différend régional », a-t-elle déclaré.  À cet égard, les efforts positifs du Maroc demeurent une perspective admirable, prouvant sa volonté de réunifier la population marocaine, a ajouté la délégation.

Mme NOORHAZEERAH HAJI ARIFFIN (Brunéi Darussalam) a déclaré être préoccupée par la situation en Palestine et dans les territoires arabes occupés, en particulier du fait que la situation humanitaire et des droits humains s’y est aggravée.  Elle a dénoncé les actes d’agression répétés de la Puissance occupante, cette dernière devant faciliter l’accès de l’aide et des vaccins aux Palestiniens.  La délégation a condamné les violations et agressions israéliennes à l’encontre des civils, dont des femmes et des enfants.  Elle s’est inquiétée également de la destruction des infrastructures civiles palestiniennes, y compris à Jérusalem-Est, avant d’appeler la communauté internationale à préserver la solution des deux États et à continuer de financer l’UNRWA.  Brunéi Darussalam appuie les efforts visant à octroyer à la Palestine le statut d’État Membre de l’ONU, a renchéri la représentante.

En tant que membre du Comité spécial des Vingt-Quatre, Mme VICTORIA M. SULIMANI (Sierra Leone) est revenue sur les recommandations concrètes de son dernier séminaire régional du Comité, avant de se dire fermement attachée à la mise en œuvre de la résolution 1514.  Pour la délégation, le colonialisme ne devrait pas avoir sa place au XXIe siècle et elle a encouragé de nouvelles approches pour promouvoir les processus de décolonisation.  Ainsi a-t-elle recommandé de mettre à jour le plan d’action existant, mais aussi d’adopter une approche au cas par cas, « comme le prescrivent les résolutions pertinentes ».  Elle a également souhaité une collaboration plus étroite avec les puissances administrantes, qu’il faut encourager à continuer à répondre aux besoins de santé, économiques, éducatifs et autres besoins de développement sur leurs territoires respectifs.  Il faut en particulier veiller à ce que le vaccin contre la COVID-19 soit disponible pour tous les habitants éligibles, a précisé Mme Sulimani.

Sur la question du Sahara occidental, la délégation a réitéré son soutien indéfectible au processus politique exclusif des Nations Unies en cours sous les auspices du Secrétaire général et de son Envoyé personnel pour le Sahara occidental, M. Staffan de Mistura, visant à parvenir à une solution mutuellement acceptable et durable au différend régional.  Elle a soutenu le plan marocain d’autonomie qui, selon elle, est « louable », car elle prône le réalisme et le compromis en vue de parvenir à une solution durable.  La Sierra Léone a aussi salué les efforts du Maroc pour répondre aux besoins de santé et de développement des habitants du Sahara occidental, en particulier en termes de disponibilité des vaccins contre la COVID-19.

Sur la question palestinienne, la délégation a soutenu la solution des deux États, soulignant que les secours et l’assistance humanitaire étaient d’une importance vitale pour maintenir un environnement stable et pacifique.  La représentante a mis en exergue le travail de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), qui continue d’opérer dans une région extrêmement instable, en l’attente d’une solution juste et durable au sort des réfugiés palestiniens.

M. MOHAMED IBRAHIM MOHAMED ELBAHI (Soudan) a commencé par appuyer les initiatives du Secrétaire général visant à renforcer le système du maintien de la paix comme Action pour le maintien de la paix et Action pour le maintien de la paix Plus.  Pour le Soudan, si les opérations de maintien de la paix sont toujours l’un des instruments les plus importants du maintien de la paix, un examen périodique pour chaque mission est nécessaire afin de combler les lacunes et améliorer leurs performances.  Dans le cadre de ces missions, le Soudan a appelé à veiller au respect de la souveraineté des États et de leur impartialité.  Il a également plaidé pour l’établissement des responsabilités au sein des missions, soulignant l’importance de la formation du personnel de maintien de la paix.  Il convient également de créer des relations entre les forces onusiennes en présence et les communautés du pays hôte, a poursuivi le représentant avant de rappeler que le Soudan a accueilli deux missions.  Estimant que la situation au Darfour a changé, « ce qui a justifié la fermeture de la MINUAD », il a appelé à la levée des sanctions qui visent toujours le Soudan.  Quant à la deuxième mission, la FISNUA, actuellement déployée, le Soudan a dit avoir transmis ses réserves au Secrétariat.

Passant aux missions politiques spéciales, le représentant a estimé qu’il s’agit d’un mécanisme fondamental des Nations Unies en matière de prévention des conflits et de consolidation de la paix.  Il a fait une série de propositions pour en améliorer la performance, notamment en promouvant les partenariats avec les organisations régionales ou encore le respect de la souveraineté nationale et du principe du consentement du pays hôte dans le cadre de l’appropriation nationale.  La transition au Soudan appelle à la coopération de l’ONU et de la communauté internationale afin de donner les moyens nécessaires à la MINUSS.  Pour sa part, le Soudan a l’intention de fournir des contingents de police aux opérations de maintien de la paix de l’ONU, et ainsi retrouver sa place au sein de la communauté internationale.

M. MDUDUZI KIETH KENNETH MBINGO (Eswatini) a réitéré son soutien indéfectible au Secrétaire général pour parvenir à une solution politique au différend sur le Sahara occidental.  Il a salué l’engagement du Maroc à relancer le processus politique sur la base des paramètres de la résolution 2548 du Conseil de sécurité, en date du 30 octobre 2020, et l’adhésion au cessez-le-feu qui continue de tenir.  M. Mbingo a fait part de son appréciation à propos de la pleine coopération du Maroc avec la Mission des Nations Unies pour le référendum au Sahara occidental (MINURSO).  Les deux tables rondes de Genève en 2018 et 2019, avec la participation du Maroc, de l’Algérie, de la Mauritanie et du Front POLISARIO, ont été une étape positive, a-t-il estimé.  « La recherche d’une solution politique à ce différend de longue date contribuera à la stabilité et à la sécurité dans la région du Sahel dans son ensemble », a ajouté le délégué.  Par ailleurs, il a salué la nomination de l’Envoyé personnel du Secrétaire général pour le Sahara occidental, M. Staffan de Mistura.

En outre, M. Mbingo a salué la tenue des élections législatives, régionales et communales dans les provinces du sud, considérant que la forte participation dans les deux régions est l’expression de l’engagement indéfectible de la population locale envers le processus démocratique et son identité marocaine.  Enfin, il a salué les efforts remarquables déployés par le Maroc dans le cadre du nouveau modèle de développement du Sahara marocain lancé en 2015, l’ouverture des consulats généraux dans les villes de Laayoune et Dakhla, ainsi que les réalisations du Maroc dans la lutte contre la pandémie de COVID-19 au « Sahara marocain ».

Pour M. MAJID TAKHT RAVANCHI (République islamique d’Iran), l’espace extra-atmosphérique ne doit pas faire l’objet d’« expropriation » par aucun État.  Il a ensuite salué l’avis du Comité scientifique des effets des rayonnements ionisants au sujet d’indicateurs et de critères pour l’adhésion des États, y compris les observateurs.  Le délégué a dénoncé les sanctions qui frappent son pays, l’empêchant ainsi de mener à bien les opérations de déminage.  Il a donc demandé la levée de ces mesures coercitives et exhorté l’ONU et le Service de la lutte antimines à faciliter l’accès de l’Iran aux biens et équipements.  M. RAVANCHI a apporté son appui aux mandats des organes chargés d’enquêter sur les violations israéliennes des droits fondamentaux du peuple palestinien.  Dénonçant la question la « plus pressante au monde depuis 70 ans », le représentant a accusé l’occupation israélienne qui ne cesse d’aggraver la détérioration de la situation des droits humains et humanitaires des réfugiés palestiniens.  M. RAVANCHI a réitéré son soutien à la création d’un État palestinien indépendant, se prononçant contre la présence des forces internationales et israéliennes en Syrie.  Après avoir réaffirmé le droit à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental, le délégué a terminé en félicitant le Département de la communication globale dont les mesures prises durant la pandémie ont aidé les États Membres à lutter efficacement contre la pandémie.  Il a toutefois suggéré que les informations soient publiées en langue perse « parlée par des millions de personnes à travers le monde ».  

M. SUPARK PRONGTHURA (Thaïlande) a encouragé un plus grand partage des connaissances dans le domaine des technologies spatiales.  Il a soutenu fermement la mise en œuvre du programme « Espace 2030 », se disant déterminé à partager les données du satellite thaïlandais d’observation de la Terre avec le Programme régional pour les applications des techniques spatiales au développement durable et le projet « Sentinel-Asia » pour améliorer la vitesse et la précision des réponses aux catastrophes en Asie-Pacifique.  Par ailleurs, le représentant a rappelé que depuis plus de 40 ans, la Thaïlande verse des contributions financières volontaires pour soutenir le travail de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA).  Ainsi, son pays a versé 80 000 dollars à l’appel éclair lancé par l’agence plus tôt dans le mois pour répondre aux besoins humanitaires urgents sur le terrain.

Garantir la sûreté et la sécurité des soldats de la paix est d’une importance vitale pour des opérations de maintien de la paix efficaces, a-t-il déclaré.  Il a souligné l’importance de prévoir des ressources financières, médicales et technologiques pour permettre aux opérations de maintien de la paix de s’acquitter de leurs mandats.  Sa délégation a réitéré son soutien à l’Initiative Action pour le maintien de la paix du Secrétaire général, y compris dans le cadre d’Action pour le maintien de la paix Plus, disant attendre avec impatience les résultats de la Conférence ministérielle des Nations Unies sur le maintien de la paix de 2021 à Séoul.  M. Prongthura a souligné que la compagnie thaïlandaise de génie militaire de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) a créé un centre d’apprentissage pour partager avec la communauté locale les meilleures pratiques en matière d’agriculture, de soins de santé, de gestion de l’eau et des terres, enracinées dans notre approche de l’économie de suffisance.  Le centre a également contribué à la réparation de plus de 400 kilomètres de routes au Soudan du Sud ainsi qu’à la construction d’installations de dépistage de la COVID-19.

M. ODD INGE KVALHEIM (Norvège) a estimé que l’initiative de réforme du Secrétaire général Action pour le maintien de la paix (A4P) a pour but de renforcer la capacité des opérations de maintien de la paix dans un environnement sécuritaire de plus en plus complexe.  Toutefois, les opérations de maintien de la paix doivent être adaptées de façon constante aux réalités du terrain, a-t-il noté et à cet égard, l’initiative suivante, Action pour le maintien de la paix Plus (A4P+), constitue un bon point de départ.  La Norvège en sera un partenaire actif, a-t-il dit, soulignant que l’A4P+ exige une cohérence collective encadrée par une stratégie politique.

Il a souligné que les civils doivent être protégés, quelle que soit la situation, même au moment du retrait des opérations de maintien de la paix.  Citant la situation au Darfour, la délégation a souligné la nécessité d’être vigilant face aux risques subis par les civils lorsque ferment des missions.  Ensuite, il faut mettre l’accent sur une participation des femmes aux opérations de maintien de la paix, a-t-elle dit, avant d’applaudir le nouveau partenariat au profit de l’énergie renouvelable dans les opérations de maintien de la paix.  Enfin, le représentant a estimé que la Commission de la consolidation de la paix (CCP) est un des grands outils multilatéraux de maintien de la paix, considérant que la diplomatie préventive doit être au cœur de nos efforts.

Passant à la question de l’UNRWA, il a rappelé que l’Office est aussi un employeur qui joue un rôle essentiel et un stabilisateur de la région.  Il s’est dit impressionné par la capacité de l’UNRWA de s’adapter aux changements en dépit des crises récentes.  Pourtant, son financement est une vraie problématique, a-t-il noté, avant de lancer un appel aux donateurs.  En ce qui concerne l’utilisation pacifique de l’espace extra-atmosphérique, le représentant a salué l’adoption du programme « Espace 2030 » qui permettra de mettre en conformité les activités spatiales et les objectifs de développement durable.  La Norvège fournit pour sa part un accès universel à une surveillance satellitaire à toutes les terres et les forêts tropicales situées entre 30 degrés Nord et 30 degrés Sud.  Si l’on comprend mieux ce qui se passe dans ces forêts vierges, on pourra lutter plus efficacement contre le réchauffement climatique, a-t-il déclaré.

Mme BERENICE LOW (Singapour) a noté que le monde est devenu de plus en plus tributaire des technologies spatiales, donnant lieu à de nouveaux défis tels que la congestion orbitale et les débris spatiaux.  Bien que Singapour soit un petit État, il a cherché à jouer un rôle constructif dans la promotion des utilisations pacifiques de l’espace extra-atmosphérique, a-t-elle noté.  Singapour se félicite du consensus atteint lors de la soixante-quatrième session sur le programme « Espace 2030 », « une étape importante qui fournit une stratégie ambitieuse pour la coopération spatiale ».  Elle s’est félicitée que son pays ait rejoint le spatial du climat cette année, car son travail en matière d’étude et d’adaptation aux changements climatiques est une priorité pour Singapour, petit État insulaire vulnérable aux effets des changements climatiques.

Par ailleurs, la représentante a estimé que la pandémie de COVID-19 et la montée des acteurs non étatiques ont apporté de nouveaux défis aux opérations de maintien de la paix.  Elle s’est dite encouragée par les sept domaines prioritaires d’Action pour le maintien de la paix Plus.  Au cours des 30 dernières années, Singapour a déployé plus de 2 000 militaires et policiers au sein de 17 missions de maintien de la paix et d’observation des Nations Unies.  Cela comprend la fourniture d’un soutien médical, de conseillers militaires à l’appui des processus de réconciliation nationale, ainsi que la sécurité et l’observation d’élections parrainées par l’ONU.  Les Singapouriens ont également occupé des postes militaires et civils supérieurs dans des opérations du maintien de la paix, a-t-elle souligné.  Mme Low a estimé impératif que les opérations de maintien de la paix reçoivent les ressources nécessaires pour s’acquitter de leurs mandats.  « Il y a un besoin d’efficacité et de responsabilité dans les opérations de maintien de la paix, qui doit aller de pair avec la sauvegarde de la capacité du personnel à s’acquitter des tâches qui lui ont été confiées en toute sécurité », a-t-elle déclaré.  Elle a demandé à tous les États Membres de s’acquitter de leurs obligations juridiques et financières en matière de maintien de la paix, intégralement, ponctuellement et sans conditions.  

M. SERHII DVORNYK (Ukraine) a dit être préoccupé par les activités des groupes armés et terroristes illégaux qui continuent de poser des engins explosifs dans les parties occupées des régions ukrainiennes de Donetsk et de Lougansk.  Aujourd’hui, l’Ukraine se classe au cinquième rang mondial pour le nombre de victimes civiles causées par les mines, a-t-il dit, avant de dire que son gouvernement avait pris une série de mesures de déminage.  Le représentant a demandé au Comité scientifique des Nations Unies pour l’étude des effets des rayonnements ionisants de respecter les noms géographiques des lieux appartenant à l’Ukraine, en particulier « Tchernobyl ».  Dénonçant l’agression russe, il a dit qu’elle avait provoqué la perte du contrôle des installations spatiales situées dans la péninsule de Crimée, y compris l’installation NIP-16, ce qui constitue une violation flagrante du droit international.  

Pour le représentant, les opérations de maintien de la paix de l’ONU devraient contribuer à assurer la sécurité des civils, mettre fin aux trafics d’armes et au recours aux mercenaires.  Il a salué l’action du Département de la communication globale dans la lutte contre la désinformation, en particulier l’adoption de la résolution de l’Assemblée générale de la Semaine mondiale de l’éducation aux médias et à l’information.  L’Ukraine reste profondément préoccupée par la détérioration de la situation en ce qui concerne la liberté d’expression et le travail des journalistes dans les territoires temporairement occupés de l’Ukraine, tant en Crimée qu’au Donbass, a conclu M. Dvornyk. 

M. NEVILLE GERTZE (Namibie) a souligné d’emblée le rôle que joue l’UNRWA en termes d’aide humanitaire et de développement au Moyen-Orient.  Il a réitéré son appel à un soutien supplémentaire adéquat aux agences des Nations Unies afin qu’elles fournissent des services de développement humain et humanitaires dans les territoires occupés, d’autant plus que la pandémie de COVID-19 représente un fardeau supplémentaire par rapport à une situation déjà désastreuse.  Pour la Namibie, l’UNRWA fait intégralement partie de la réalisation d’une solution juste, durable, globale et pacifique à la question de Palestine.  Pendant trop longtemps nous avons été indifférents aux souffrances du peuple palestinien, s’est-il indigné, en rappelant que ce peuple continue de subir les effets néfastes des pratiques israéliennes et des activités de colonisation dans les territoires occupés.  Nous serons jugés par la postérité pour notre incapacité à faire respecter le droit international et à donner un sens à la Charte des Nations Unies, a mis en garde la Namibie en demandant que des comptes soient rendus par ceux qui continuent d’ignorer les résolutions pertinentes.  La patience du peuple palestinien a été poussée à bout, a affirmé le représentant, ajoutant que les Palestiniens attendent des résultats tangibles et significatifs qui changeraient considérablement leurs conditions socioéconomiques et de vie.   

Passant à la décolonisation et « à la dernière colonie d’Afrique », à savoir le Sahara occidental, le représentant a rappelé que l’ONU a investi une quantité importante de ressources dans la MINURSO, une mission établie en 1991 conformément au plan de règlement mutuellement convenu dans le but principal de faciliter un référendum.  Le mandat actuel devant être renouvelé à la fin de cette semaine, une réflexion approfondie est nécessaire, selon lui, sur la façon dont ce mandat peut produire des résultats plus significatifs.  Saluant les nominations d’Alexander Ivanko en tant que nouveau Représentant spécial de la MINURSO et de Staffan de Mistura en tant que nouvel Envoyé personnel du Secrétaire général, le représentant a espéré qu’ils contribueront à faire avancer le processus en cours pour parvenir à une paix durable entre le Sahara occidental et le Maroc, conformément aux propositions de règlement de l’ONU et aux diverses résolutions de l’Union africaine.  La Namibie est d’avis qu’une mission de visite au Sahara occidental par le Comité spécial de la décolonisation serait opportune « pour pouvoir se faire une opinion éclairée et réaliste » de la situation sur place. 

M. JUSTIN FEPULEAI (Nouvelle-Zélande) s’est dit heureux de constater que les Tokélaou sont exempts de la COVID-19 et que 99% des personnes éligibles sont totalement vaccinées contre le virus.  Grâce à la livraison de vaccins par la Nouvelle-Zélande et d’une formation virtuelle fournie par le Ministère de la santé, les Tokélaou ont pu exécuter leur propre programme sur chacun des trois atolls, s’est-il félicité.  Cela témoigne du partenariat unique qui existe entre la Nouvelle-Zélande et les Tokélaou, grâce auquel l’archipel est en mesure de respecter ses priorités, avec le soutien de la Nouvelle-Zélande, a-t-il déclaré.  Malheureusement, l’histoire de la COVID-19 pour les Tokélaou risque bien de ne pas s’arrêter là, a-t-il regretté.  Alors que la géographie éloignée des Tokélaou lui offre une bonne protection, la petitesse de ses atolls signifie que les îles restent vulnérables à la propagation du coronavirus.  Les mesures frontalières appropriées et les vaccinations en cours sont donc susceptibles de rester encore en place, a-t-il souligné.

Par ailleurs, le représentant s’est félicité de travailler en étroite coopération avec les Tokélaou dans le soutien à la résilience côtière, la réforme du secteur de la justice, la préservation de la langue, le développement de l’énergie solaire et la livraison d’un nouveau câble sous-marin et d’une connexion inter-atoll.  Ainsi, le mois dernier, un nouveau câble a atterri à Nukunonu, et avec lui, la promesse d’un accès Internet haut débit fiable pour la première fois dans l’histoire des Tokélaou, a-t-il déclaré.

M. COLLEN V. KELAPILE (Bostwana) a encouragé d’emblée toutes les parties prenantes impliquées dans la question des territoires non autonomes à intensifier leurs efforts et à coopérer pleinement en vue de l’octroi de l’exercice du droit inaliénable à l’autodétermination aux peuples de ces 17 territoires.  Sur la question du Sahara occidental, « dernier cas de décolonisation en Afrique », il s’est dit préoccupé par le fait que le référendum que l’ONU a promis au peuple sahraoui n’ait toujours pas pu être organisé, imputant en grande partie ce retard aux actions délibérées d’obstruction et de déstabilisation de l’une des parties.  Le Botswana a appelé à la désescalade des tensions, souhaitant que le nouvel Envoyé personnel du Secrétaire général pour le Sahara occidental soit en mesure de relancer le processus de paix et les négociations pour permettre au peuple sahraoui d’exercer son droit à l’autodétermination.  Le représentant a souligné que les efforts de M. Staffan de Mistura seront renforcés par ceux de l’Union africaine, qui a décidé de se réengager sur la question du Sahara occidental.

Il a réitéré la solidarité du Botswana avec le peuple palestinien et son soutien à la solution des deux États.  Alarmé par la crise de liquidité de l’UNRWA, la délégation a salué ses donateurs actuels et a encouragé la communauté internationale à mobiliser les ressources adéquates et prévisibles nécessaires à la poursuite des services de l’Office.  Passant aux missions politiques spéciales, le représentant a estimé qu’elles jouent un rôle majeur dans la promotion de la paix et de la sécurité internationales à travers l’alerte précoce, la médiation, la diplomatie préventive, le soutien aux processus électoraux, les bons offices et les efforts de consolidation de la paix.  Il a insisté sur l’importance des partenariats avec les organisations régionales et sous-régionales dans ce contexte.

Avant de conclure, M. Kelapile a salué le travail du Département de la communication globale et de son réseau de centres d’information pour diffuser les messages des Nations Unies auprès d’une audience mondiale dans ses langues de prédilection.

M. MOHAMMAD KURNIADI KOBA (Indonésie) a déclaré que l’Envoyé spécial du Secrétaire général a dressé un tableau morose de la situation en Palestine.  Il a regretté les actions de la Puissance occupante, qui entraînent une détérioration de la vie des Palestiniens, éloignant les parties de tout dialogue, a-t-il déclaré.  Il a réitéré son appui en faveur d’un règlement inclusif par le biais d’une solution des deux États.  La COVID-19 a exacerbé une situation déjà difficile pour les réfugiés de Palestine, mais l’UNRWA manque de ressources et le représentant a estimé que la communauté internationale doit mettre en place un financement prévisible de l’Office.

Passant à la question de la décolonisation, le représentant a déclaré qu’il faut renforcer les efforts pour décoloniser les 17 territoires autonomes inscrits sur la liste des Nations Unies.  Il est nécessaire de s’assurer que les mesures prises par le Comité respectent la Charte. 

En ce qui concerne les opérations de maintien de la paix, il a estimé qu’elles ont été un instrument de paix, appuyant l’Initiative Action pour le maintien de la paix du Secrétaire général, ainsi que l’Action pour le maintien de la paix Plus et la réunion ministérielle à venir de Séoul.  Rappelant que les Casques bleus sont le visage de l’ONU sur le terrain, il a appelé les États Membres à payer leurs contributions sans attendre.  La sécurité des Casques bleus demeure notre priorité, a-t-il ajouté, soulignant qu’ils sont appelés à jouer un rôle fondamental, y compris pour la protection des civils.  Nous devons redoubler d’efforts pour garantir la place des femmes dans les opérations de maintien de la paix, a-t-il ajouté en conclusion.

M. SYED MOHAMAD HASRIN AIDID (Malaisie) a dit qu’il faut protéger l’espace atmosphérique de la course aux armements, avant d’indiquer que son gouvernement élabore actuellement un projet de loi sur les activités spatiales.  Le représentant a ajouté que son pays lancera un satellite de communication en 2022 et un autre pour observer la Terre en 2025.  Il œuvre en outre à la création d’un centre géospatial sur l’agriculture, la recherche et la sécurité.  Le Gouvernement soutient de nombreux projets de recherches notamment sur la microgravité, a ajouté le délégué.  Saluant le travail de l’UNRWA pour les 5,8 millions de réfugiés palestiniens, M. Aidid a réitéré la contribution à long terme de son gouvernement à l’Office, consacré par une enveloppe d’un million de dollars pour la période allant de 2021 à 2025.  Il a condamné les agressions et les constructions illégales israéliennes en Cisjordanie et à Gaza, et plaidé pour la création d’un État indépendant de Palestine.  Le représentant a aussi conspué les actions unilatérales, y compris l’annexion de Jérusalem-Est.  M. Aidid a insisté sur l’importance de doter les opérations de maintien de la paix des moyens financiers et techniques adéquats.

M. ENKHBOLD VORSHILOV (Mongolie) a estimé que les opérations de maintien de la paix sont déployées dans des circonstances difficiles avec des effectifs et des équipements limités, alors que les menaces et les attaques contre les soldats de la paix deviennent de plus en plus complexes et variées.  C’est pourquoi il a appuyé la politique de recours intensif aux technologies modernes et souligné le succès du Département de l’appui opérationnel à fournir des vaccinations prioritaires aux militaires et aux policiers sur le terrain.  M. Vorshilov a déclaré soutenir l’Initiative Action pour le maintien de la paix.  La Mongolie a contribué à la mise en œuvre de la réforme du maintien de la paix, en particulier pour la formation du personnel militaire.  À cet égard, il a estimé que la participation des femmes à tous les niveaux fera la différence dans la paix et la sécurité, rappelant à cet égard l’initiative d’accueillir une conférence internationale sur la participation de celles-ci aux opérations de maintien de la paix des Nations Unies l’an prochain à Oulan-Bator, en Mongolie.  La délégation a soutenu les efforts visant à accroître le rôle des soldats de la paix et l’évolution de leurs besoins.  « La performance du personnel militaire dans les opérations de maintien de la paix dépend de leur formation appropriée », a-t-il rappelé, « ainsi que de la fourniture d’équipements modernes de haute qualité ».

Le représentant a souligné que, depuis 2002, son pays a participé à plus de 13 missions de maintien de la paix et déployé environ 20 000 soldats.  Il a souligné la nécessité du remboursement en temps opportun des pays contributeurs militaires et de police.  Et de rappeler l’importance pour les États Membres de verser leur contribution au budget des opérations de maintien de la paix en temps opportun.  Profitant de cette occasion, il a souligné que les Forces armées mongoles organisent depuis 2006 une formation sur le terrain et un exercice de poste de commandement multinational au maintien de la paix sous le nom de code « Khaan Quest », dont la prochaine édition est prévue en Mongolie en juin 2022.  Il a encouragé le Département des opérations de paix et les États Membres à y dépêcher leurs observateurs.

M. MOHAMED TRAORE (Mali) a abordé le thème du maintien de la paix, en rappelant que son pays est à la fois contributeur de contingents, de personnel civil et de police et hôte de la MINUSMA depuis juillet 2013.  Il a estimé que le succès des opérations de maintien de la paix relève de la responsabilité collective mais différenciée de tous les intervenants que sont le Conseil de sécurité, le Secrétariat de l’ONU, les États Membres et le pays hôte.  Pour que les missions puissent réaliser leurs objectifs, une coordination adéquate des différents acteurs, sur le terrain, s’avère indispensable.  C’est dans cet esprit que le Mali a mis en place une structure de suivi et de coordination des activités de la Mission, a expliqué M. Traore, cette dynamique s’inscrivant dans le cadre de l’appropriation nationale du processus de stabilisation du pays.  Le Gouvernement s’attèle, dans ce contexte, à l’élaboration d’une stratégie de gestion intégrée de la crise au centre du Mali, a indiqué le représentant.  Il lui paraît essentiel de parvenir à une adaptation de la posture de la MINUSMA aux réalités du terrain, faites d’un environnement hostile caractérisé par des attaques asymétriques contre les populations civiles, les Forces de défense maliennes et les forces internationales.  Dans la même veine, la délégation a insisté sur l’impératif de doter la MINUSMA des ressources adéquates pour pouvoir accomplir son mandat, en particulier pour soutenir le Gouvernement malien dans sa « lutte acharnée » contre la criminalité transnationale organisée, « condition sine qua non de sa stabilisation » et gage de la réussite des actions politiques, humanitaires, de développement et de protection des droits humains.  À cet égard, le Mali a apporté son soutien à l’initiative A4P du Secrétaire général, et à A4P+.

Alors que le Gouvernement de transition au Mali, avec ses partenaires, travaille à la construction et au renforcement des capacités opérationnelles des Forces armées nationales en vue de permettre le rétablissement progressif de l’autorité de l’État sur tout le territoire, le représentant a expliqué que cela contribuera à assurer la stabilité du Mali et à écarter la menace terroriste.  Il a réaffirmé la détermination des autorités de transition à continuer la mise en œuvre de l’Accord de paix, avec les ajustements nécessaires, et à convenir d’accord parties, car il s’agit là du mécanisme privilégié de leurs efforts de sortie de crise.  Avant de conclure, le Mali a insisté sur l’importance du financement prévisible, durable et adéquat des opérations de maintien de la paix africaines, mais aussi de la Force conjointe du G5 Sahel à travers les Nations Unies.

M. CHRISTOPHER PIERRE (Haïti) a rappelé que son pays a accueilli huit opérations de maintien de la paix de l’ONU depuis 1993.  Il a pris acte des recommandations faites par le Comité spécial du maintien de la paix à l’Assemblée générale.  Sur la question palestinienne, il a appelé à prendre des mesures pour protéger les droits et les biens des Palestiniens, y compris des réfugiés palestiniens, demandant que l’UNRWA soit soutenu.  La délégation est favorable à la solution des deux États.  Haïti a également soutenu les droits des peuples à disposer d’eux-mêmes en dénonçant la « pratique préjudiciable de la colonisation ».  

Pour ce qui est des missions politiques spéciales, Haïti a reconnu la place prépondérante qu’elles occupent dans la prévention des conflits et la consolidation de la paix.  Le représentant a rappelé que le 15 octobre 2021, le Conseil de sécurité avait prolongé de neuf mois le mandat du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) pour qu’il contribue à renforcer la stabilité dans le pays qui traverse une crise pluridimensionnelle.  Il a affirmé que le Gouvernement haïtien compte sur le soutien de l’ONU.  Passant en revue les faits marquants qui ont frappé Haïti ces dernières années, il a expliqué que son pays avait besoin d’un pacte de gouvernance pour garantir la stabilité, lutter contre la violence de proximité, lutter contre la pauvreté et parvenir à une normalisation de la vie politique.  La délégation a interpellé la communauté internationale pour qu’elle s’engage auprès du peuple haïtien en vue de l’aider à instaurer un climat de stabilité pour finaliser la réforme constitutionnelle engagée par le défunt Président Moïse.  Avant de conclure, la délégation s’est dite favorable à une évaluation du mandat du BINUH. 

Mme MARÍA NOEL BERETTA (Uruguay) a tout d’abord soutenu les droits souverains légitimes de l’Argentine sur les îles Malvinas, les îles de Géorgie du Sud et Sandwich du Sud et les zones maritimes environnantes.  Cette position, selon l’oratrice, est fondée sur des principes « juridiques, historiques et légaux ».  La question spécifique des Malvinas est un cas « spécial et particulier », comme le reconnaissent maintes résolutions de l’Assemblée générale, avec l’Argentine et le Royaume-Uni pour seules parties concernées.  La délégation uruguayenne s’est dite confiante dans un rapprochement bilatéral, dans la possibilité de parvenir à un dialogue constructif, permettant de progresser vers une résolution pacifique, juste et définitive de la question de la souveraineté desdites îles.  

La formation du personnel uruguayen est un pilier fondamental de sa participation aux opérations de maintien de la paix, a-t-elle ajouté.  Dans le domaine de la protection de l’enfance, le Ministère de la défense uruguayen, en accord avec l’UNICEF, a récemment lancé une politique nationale de protection de l’enfance et chargé l’École nationale des opérations de paix (ENOP) de dispenser une formation à cet égard.  Concernant la mise en œuvre du programme femmes et la paix et la sécurité, la délégation uruguayenne a dit finaliser les détails qui permettront la publication de son premier plan d’action national pour les femmes et la paix et la sécurité.  Au niveau national, l’Uruguay a mis en œuvre des politiques d’État visant à promouvoir l’adhésion des femmes au sein des Forces armées et de la Police nationales, ainsi qu’à leur participation aux opérations de maintien de la paix des Nations Unies.  

Droits de réponse

Israël a répondu à l’Iran en rappelant que ce pays est le parrain du terrorisme à travers le monde.  Il ne cesse de propager son idéologie, finance et exécute des activités terroristes au Moyen-Orient, y compris au Liban et au Yémen.  La représentante a averti de la volonté iranienne d’accroître sa participation aux contingents des opérations de maintien de la paix.  Elle a exhorté l’Iran à ne plus parrainer le terrorisme, à cesser les violations des droits fondamentaux des Iraniens et à censurer la liberté d’expression.  Le régime iranien viole la sauvegarde l’AIEA et ses obligations nucléaires, a encore dénoncé Israël pour qui l’Iran est la principale source des trafics d’armes de petit calibre contrairement à Israël qui a insufflé une nouvelle paix au Moyen-Orient en tendant la main pour la paix.  Israël a ensuite répondu à la RPDC qui prive sa propre population d’aide humanitaire et de ses droits fondamentaux.  La RPDC devrait s’atteler à créer un environnement propice à l’épanouissement de sa population pour qu’elle puisse jouir de ses droits et non s’attaquer à un pays prospère qu’est Israël.  

Le Royaume-Uni, en réponse à l’Uruguay et la Namibie, a dit qu’il n’a pas de doute sur la souveraineté de son pays sur l’archipel des Chagos.  La souveraineté de Maurice lui sera rendue lorsque la question de défense ne se posera plus, a promis le délégué, qui a dit que son gouvernement a accepté la compétence de la Cour internationale de Justice (CIJ) sur la saisine par Maurice, tout en le regrettant.  Le verdict de la CIJ n’est pas contraignant, a par ailleurs estimé le Royaume-Uni.  Il a également indiqué qu’il n’a pas de doute sur la souveraineté de Londres sur les Îles Falkland, les Îles de Géorgie du Sud et Sandwich du Sud et les zones maritimes environnantes.  Le peuple de cet archipel a le droit à l’autodétermination et peut choisir le modèle économique qui lui convient.  En 2013, lors d’un référendum, 98% de la population souhaitait rester au sein du Royaume-Uni, a rappelé le délégué, pour qui le dialogue n’est donc plus nécessaire.  

L’Iran a répondu à l’intervention d’Israël l’accusant d’avoir formulé des accusations fallacieuses à son encontre, « une pratique bien établie d’Israël » pour dissimuler ses crimes contre les Palestiniens innocents.  Aucune désinformation ne saurait pourtant cacher les politiques expansionnistes et belliqueuses d’Israël, a estimé le représentant, en l’accusant de violer les droits fondamentaux des Palestiniens depuis plus de 60 ans.  Le droit à l’autodétermination du peuple palestinien ne peut toujours pas s’exercer et Israël poursuit sa stratégie d’annexion, maintient le blocus de Gaza et poursuit ses activités de colonisation illégales, a souligné l’Iran.  De plus, Israël continue de refuser d’adhérer au Traité sur la non-prolifération (TNP), sapant l’élaboration d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient.  Les armes nucléaires aux mains du régime israélien représentent la plus grande menace pour la région, a-t-il tranché, avant de mettre en garde contre la tentative hypocrite d’Israël d’obtenir la sympathie de la communauté internationale. 

Le représentant de l’Argentine, répondant au Royaume-Uni au sujet des îles Malvinas, des Îles de Géorgie du Sud et Sandwich du Sud et des zones maritimes environnantes, a souligné que celles-ci font toujours partie intégrante de l’Argentine.  Ajoutant que l’archipel fait l’objet d’un différend de souveraineté reconnu par l’ONU, il a indiqué que l’Assemblée générale avait adopté 10 résolutions en faveur de l’Argentine sur cette question.  L’Argentine et le Royaume-Uni doivent reprendre les négociations pour trouver une solution pacifique et durable à ce différend, a-t-il déclaré, ajoutant qu’un référendum, comme celui que le Royaume-Uni a organisé, n’a aucune valeur juridique, va à l’encontre du droit international et n’a aucun impact sur les droits légitimes de l’Argentine.

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