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CS/14560
24 juin 2021
8804e séance – matin

Moyen-Orient: au Conseil de sécurité, le Coordonnateur spécial souligne le besoin urgent de rétablir un horizon politique

Le Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient a présenté, ce matin, le dix-huitième rapport sur la mise en œuvre de la résolution 2334 (2016) du Conseil de sécurité, en soulignant que le conflit meurtrier du mois dernier entre l’Armée israélienne et le Hamas avait mis en évidence le besoin urgent de rétablir un horizon politique et de redonner espoir aux Palestiniens et aux Israéliens.

M. Tor Wennesland a fait le récit des évènements qui ont eu lieu entre le 23 mars et le 11 juin 2021, avant de plaider, comme la plupart des orateurs de la séance, pour la reprise des pourparlers entre les parties, afin de parvenir à la solution des deux États qui reste la seule issue au conflit escomptée par la communauté internationale.  C’est pour y parvenir que certains membres du Conseil, la Chine notamment, ont exhorté Israël à respecter la résolution 2334 en cessant les démolitions de structures palestiniennes et à remédier au problème de la violence des colons.  Par ce texte, le Conseil avait « exigé de nouveau d’Israël qu’il arrête immédiatement et complètement toutes ses activités de peuplement dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et respecte pleinement toutes les obligations juridiques qui lui incombent à cet égard ».

Le Coordonnateur spécial a tout d’abord alerté le Conseil de l’augmentation alarmante du niveau de violence entre Israéliens et Palestiniens, y compris des hostilités entre Israël et les factions à Gaza à une échelle et une intensité inégalées depuis des années.  Il s’est particulièrement préoccupé de la tentative d’exploiter le statut sensible de Jérusalem et de l’utiliser pour justifier un conflit armé plus large.  Jérusalem doit être un exemple de tolérance et de coexistence, a rappelé le Mexique en condamnant toute action qui chercherait à altérer sa composition démographique et son statut.

M. Wennesland a en outre appelé les militants palestiniens à cesser de lancer des roquettes et de procéder à des tirs de mortiers vers des populations civiles israéliennes.  Et aux autorités israéliennes, il a demandé de respecter les règles du droit international humanitaire régissant les conflits armés et de prendre les précautions nécessaires pour épargner les civils et les biens civils lors d’opérations militaires.  Il a également invité toutes les factions palestiniennes à faire de sérieux efforts pour assurer la réunification de Gaza et de la Cisjordanie occupée sous un gouvernement national unique, légitime et démocratique.  Le report des élections palestiniennes a aggravé les frustrations des Palestiniens et sapé leur espoir de projet national, a-t-il regretté.  Au sujet du décès du candidat politique et militant Nizar Banat aux mains des forces de sécurité palestiniennes, il a souligné qu’il s’agit de la dernière d’une vague d’arrestations qui semblent être motivées par des considérations politiques ou fondées sur l’exercice de la liberté d’expression.

Le Coordonnateur spécial s’est par ailleurs dit troublé par la poursuite de l’expansion des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée, y compris Jérusalem-Est.  En particulier, il s’est inquiété de l’approbation d’un plan d’extension de la colonie de Har Homa, ce qui pourrait consolider davantage le continuum de colonies illégales séparant Jérusalem-Est de Bethléem et d’autres communautés palestiniennes dans le sud de la Cisjordanie.  Il a rappelé que la création récente d’Evyatar a déjà entraîné des protestations et des affrontements aux conséquences tragiques.  « Les colonies de peuplement israéliennes constituent une violation flagrante des résolutions onusiennes et du droit international et constituent un obstacle majeur à la réalisation de la solution des deux États et d’une paix juste, durable et globale. »

S’adressant également au Hamas, il l’a exhorté à publier immédiatement des informations complètes sur le statut de deux civils israéliens et des corps de deux soldats israéliens détenus par le Hamas, tout en se disant préoccupé par la pratique israélienne de détention des corps de Palestiniens.  La légitime défense doit être exercée de manière proportionnelle et conformément au droit international humanitaire, a rappelé l’Irlande en évoquant les mesures militaires d’Israël.

Le problème le plus urgent reste la fourniture d’une aide humanitaire à la population de Gaza, ainsi que la restauration des infrastructures détruites, a estimé la Fédération de Russie.  En effet, le Coordonnateur spécial a noté que la cessation des hostilités intervenue le mois dernier entre Israël et le Hamas reste très fragile.  L’ONU, a-t-il assuré, travaille en étroite collaboration avec les parties et partenaires concernés, y compris l’Égypte, pour consolider le cessez-le-feu, permettre l’entrée d’une aide humanitaire d’urgence et stabiliser la situation à Gaza.  L’ONU continue d’y coordonner la livraison d’urgence de l’aide humanitaire, en attendant que les États concrétisent leur promesse globale de lever 95 millions de dollars.

Dans ce contexte, le déficit budgétaire de 150 millions de dollars de l’UNRWA reste une préoccupation majeure, même si le Coordonnateur spécial a salué la reprise du financement apporté par les États-Unis en avril dernier.  Les États-Unis n’ont pas attendu la fin des hostilités pour améliorer les conditions de vie des Israéliens et des Palestiniens, a fait remarquer sa représentante, rappelant l’annonce par son pays, le 25 mai, d’une nouvelle aide humanitaire de 38 millions de dollars à la Cisjordanie et à Gaza.  Elle a aussi promis 75 millions de dollars au titre de l’aide au développement afin de soutenir le relèvement des territoires palestiniens.

Pour les intervenants de ce matin -qui ne comptaient pas l’Estonie, la France, la Norvège, ni le Royaume-Uni-, ces mesures temporaires ne doivent pas occulter l’objectif majeur qui est la reprise des pourparlers entre les parties, afin de parvenir à la solution des deux États.  C’est dans cette perspective que la Tunisie a demandé une réponse internationale unifiée en vue de relancer les négociations, tandis que la Fédération de Russie a invité « ses collègues » du Quatuor à considérer leurs initiatives bien connues, y compris la tenue d’une réunion dans un format élargi avec la participation des États régionaux.

LA SITUATION AU MOYEN-ORIENT, Y COMPRIS LA QUESTION PALESTINIENNE

Rapport du secrétaire général sur l’application de la résolution 2334 (2016) du Conseil de sécurité (S/2021/584)

Le Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, M. TOR WENNESLAND, a présenté le dix-huitième rapport sur la mise en œuvre de la résolution 2334 (2016) du Conseil de sécurité, qui couvre la période du 23 mars au 11 juin 2021.  Il a noté que la cessation des hostilités intervenue le mois dernier entre Israël et le Hamas reste très fragile.  L’ONU, a-t-il assuré, travaille en étroite collaboration avec les parties et partenaires concernés, y compris l’Égypte, pour consolider un cessez-le-feu, permettre l’entrée d’une aide humanitaire d’urgence et stabiliser la situation à Gaza.  Il a exhorté les parties à s’abstenir de toute mesure et provocation unilatérale, à prendre des mesures pour réduire les tensions et à permettre à ces efforts de réussir.  Il a salué le nouveau Gouvernement de coalition israélien qui a prêté serment le 13 juin sous la direction du Premier Ministre Naftali Bennett et du Premier Ministre suppléant et Ministre des affaires étrangères Yair Lapid.  

M. Wennesland a relevé que des incidents violents se sont malheureusement poursuivis quotidiennement dans tous les territoires palestiniens occupés ces derniers temps.  Il a évoqué certains incidents, notant que depuis le 3 mai, cinq Palestiniens ont été tués et une centaine de Palestiniens ont été blessés par balles réelles en Cisjordanie.  Le 15 juin, plusieurs milliers de militants israéliens de droite, dont des membres de la Knesset, ont défilé dans la vieille ville de Jérusalem, où de nombreux participants scandaient des slogans racistes sur les Arabes et les musulmans.  Lors de manifestations et d’affrontements survenus dans le cadre de la marche, à Jérusalem-Est ainsi que dans d’autres parties de la Cisjordanie, 66 Palestiniens, dont 12 enfants, ont été blessés par des balles en caoutchouc, des grenades assourdissantes et des agressions physiques.  Le même jour, des rassemblements ont été organisés à Gaza par les forces nationales et islamiques, suivis de lancés de ballons incendiaires vers Israël, qui ont déclenché des dizaines d’incendies.  En réaction à ces ballons lancés du 16 au 17 juin, les Forces de défense israéliennes ont ciblé ce qu’elles ont dit être cinq installations du Hamas dans la bande, causant des dégâts mais aucun blessé.  Entre le 19 et le 23 juin, les affrontements se sont poursuivis entre des civils israéliens et des résidents palestiniens à Cheikh Jarrah, a encore détaillé le Coordonnateur spécial.

Il s’est, par ailleurs, dit troublé par la poursuite de l’expansion des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée, y compris Jérusalem-Est.  En particulier, il s’est inquiété de l’approbation d’un plan d’extension de la colonie de Har Homa, ce qui pourrait consolider davantage le continuum de colonies illégales séparant Jérusalem-Est de Bethléem et d’autres communautés palestiniennes dans le sud de la Cisjordanie.  Il s’est aussi inquiété de la poursuite de l’établissement d’avant-postes de colonies, également illégales en vertu de la loi israélienne.  Il a rappelé que la création récente d’Evyatar a déjà entraîné des protestations et des affrontements aux conséquences tragiques.  Les colonies de peuplement israéliennes constituent une violation flagrante des résolutions onusiennes et du droit international et constituent un obstacle majeur à la réalisation de la solution des deux États et d’une paix juste, durable et globale, a-t-il encore rappelé. 

La démolition et la saisie continues de structures palestiniennes, y compris de projets humanitaires et d’écoles, sont également très préoccupantes, a dit M. Wennesland qui a appelé les autorités israéliennes à y mettre fin et à approuver des plans qui permettraient à ces communautés de construire légalement et de combler leurs besoins de développement.  Il a également marqué sa préoccupation au sujet des expulsions potentielles de familles palestiniennes des maisons dans lesquelles elles vivent depuis des décennies dans les quartiers de Cheikh Jarrah et Silwan à Jérusalem-Est.  

La période couverte par le rapport a été marquée par une augmentation alarmante du niveau de violence entre Israéliens et Palestiniens, y compris des hostilités entre Israël et les factions à Gaza à une échelle et une intensité sans précédent depuis des années, a dit le Coordonnateur spécial.  Il s’est particulièrement préoccupé de la tentative d’exploiter le statut sensible de Jérusalem et de l’utiliser pour justifier un conflit armé plus large.  Il a appelé les militants palestiniens à cesser de lancer des roquettes et de procéder à des tirs de mortiers vers des populations civiles israéliennes.  Et aux autorités israéliennes, il a demandé de respecter les règles du droit international humanitaire régissant les conflits armés et de prendre toutes les précautions nécessaires pour épargner les civils et les biens civils lors d’opérations militaires. 

Face à l’intensification de la violence liée aux colons et des violentes attaques entre civils israéliens et palestiniens en Cisjordanie occupée, il a exhorté Israël à assurer la sûreté et la sécurité de la population palestinienne, conformément à ses responsabilités en droit international.  Les auteurs de violences de tous bords doivent être tenus responsables et rapidement traduits en justice, a-t-il demandé.

À de trop nombreuses reprises au cours de la période considérée, les responsables ont exacerbé les tensions et la violence par des discours inacceptables ou des actes de provocation qui ont contribué à la dynamique dangereuse sur le terrain, a déploré le Coordonnateur spécial.  Il a appelé le Hamas à publier immédiatement des informations complètes sur le statut de deux civils israéliens et des corps de deux soldats israéliens détenus par le Hamas à Gaza, conformément au droit international humanitaire.  Il s’est dit également préoccupé par la pratique israélienne de détention des corps de Palestiniens, appelant Israël à restituer ces corps aux familles, également en vertu du droit international humanitaire.

Au sujet de Gaza, il a dit que l’ONU continue de coordonner la livraison d’urgence de l’aide humanitaire, en attendant que les États concrétisent leur promesse globale de lever 95 millions de dollars, faite le 27 mai.  Dans les prochains jours, l’ONU, la Banque mondiale et l’Union européenne publieront une évaluation rapide des besoins de reconstruction et de relèvement à plus long terme à Gaza.  Le déficit budgétaire de 150 millions de dollars de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) reste une préoccupation majeure, même si le Coordonnateur spécial a salué la reprise des financements des États-Unis en avril dernier et a appelé les États Membres à s’assurer que l’Organisation dispose des ressources nécessaires pour mener ses opérations.

Il est également essentiel que les efforts de réconciliation intrapalestinienne dirigés par l’Égypte se poursuivent.  M. Wennesland a invité toutes les factions palestiniennes à faire de sérieux efforts pour assurer la réunification de Gaza et de la Cisjordanie occupée sous un gouvernement national unique, légitime et démocratique.  Il a noté que le report des élections palestiniennes a aggravé les frustrations palestiniennes et sapé l’espoir de projet national palestinien.  Au sujet du décès du candidat politique et militant Nizar Banat, survenu lors d’une opération d’arrestation menée par les forces de sécurité palestiniennes au domicile de celui-ci, il a souligné qu’il s’agit de la dernière d’une vague d’arrestations qui semblent être motivées par des considérations politiques ou fondées sur l’exercice de la liberté d’expression.  Il a appelé à une enquête indépendante sur ce décès, afin que les responsables répondent de leurs actes.  Alors que les efforts internationaux immédiats se concentrent à juste titre sur la consolidation de la cessation des hostilités, la fourniture d’une assistance humanitaire et le démarrage du processus de reconstruction de Gaza, le Coordonnateur spécial a souligné que les événements récents ont mis en évidence le besoin urgent de rétablir un horizon politique et de redonner espoir aux Palestiniens et aux Israéliens.  Il a conclu en plaidant pour la reprise des pourparlers entre les parties, afin de parvenir à la solution des deux États.

Déclarations

Mme LINDA THOMAS-GREENFIELD (États-Unis) a commencé par se féliciter de la fin des hostilités à Gaza.  « Mettre fin à la violence était une première étape nécessaire, mais nous savons tous que ce ne sera pas la fin de l’histoire », a-t-elle souligné, avant de constater que la situation dans la région reste précaire.  Elle a donc appelé les parties à assurer le calme et à s’abstenir de toute provocation.  Les États-Unis n’ont pas attendu la fin des hostilités pour améliorer les conditions de vie des Israéliens et des Palestiniens, a fait remarquer la représentante, rappelant l’annonce par son pays, le 25 mai, d’une nouvelle aide humanitaire de 38 millions de dollars à la Cisjordanie et à Gaza.  Nous avons également annoncé notre intention de fournir une assistance de développement supplémentaire de 75 millions de dollars ainsi qu’une aide économique au cours de l’année prochaine afin de soutenir le relèvement des territoires palestiniens, a-t-elle ajouté, appelant les autres membres du Conseil et l’ensemble de la communauté internationale à appuyer ces efforts.  

Tout en saluant l’action menée par l’ONU pour soutenir la reconstruction et faciliter le flux de marchandises dans et hors de Gaza, Mme Thomas-Greenfield a jugé « absolument essentiel » que le Hamas ne puisse pas détourner les ressources et l’assistance dont a besoin le peuple palestinien.  « Nous devons donc tous travailler, en coordination avec les Nations Unies, les Israéliens, les Palestiniens et d’autres acteurs clefs, pour que les bénéficiaires désignés soient bien ceux qui reçoivent l’assistance internationale », a plaidé la représentante, non sans reconnaître qu’une solution durable nécessitera plus que l’aide d’urgence.  Il faut pour cela qu’Israël, l’Autorité palestinienne et nos partenaires internationaux travaillent ensemble pour « tracer une voie plus constructive », a-t-elle affirmé. 

La déléguée a ensuite félicité le nouveau Gouvernement israélien en formant le vœu qu’il pourra avancer sur ces questions.  Les Israéliens et les Palestiniens « méritent des mesures égales de sécurité, de démocratie, de dignité et de prospérité », a-t-elle assuré, estimant qu’atteindre cet objectif est essentiel pour assurer la paix et la stabilité et éviter la violence à long terme. 

M. TAREK LADEB (Tunisie) a dit que la situation sur le terrain continue d’être préoccupante, en dénonçant la poursuite des provocations de la part des groupes de colons et des forces d’occupation.  Il a accusé ces derniers d’avoir violé la sainteté d’Al-Aqsa, avant de fustiger la poursuite des activités de colonisation dans des zones vitales pour l’édification d’un État palestinien.  Le délégué a regretté la situation à Cheikh Jarrah et condamné l’emploi de munitions de la part de la Puissance occupante à l’encontre de civils palestiniens, dont des enfants.  Il a appelé le Conseil à assumer ses responsabilités et à mettre un terme aux violations de la Puissance occupante.  Le délégué a appelé à accroître la pression sur cette dernière afin qu’elle respecte le droit international et afin d’éviter toute escalade sur le terrain.  La Puissance occupante doit être tenue responsable de ses actes, a tranché le délégué.

Le représentant a par ailleurs demandé des efforts accrus pour répondre aux besoins humanitaires grandissants des Palestiniens et appuyer les efforts de reconstruction à Gaza.  La Palestine continue d’attendre la justice, la fin de l’occupation et l’instauration d’un État viable selon les frontières de 1967, a-t-il dit.  Le Conseil a le devoir de mettre fin aux souffrances des Palestiniens, a conclu le représentant tunisien, en demandant une réponse internationale unifiée en vue de relancer les négociations.

M. VIKAS SWARUP (Inde) a constaté qu’après une brève accalmie, la tension monte à nouveau à Gaza.  Exhortant toutes les parties à respecter l’accord de cessez-le-feu afin de garantir que la situation ne dégénère pas, il s’est également alarmé de la situation instable en Cisjordanie, notamment du processus juridique qui pourrait conduire à des expulsions dans les quartiers de Cheikh Jarrah et Silwan à Jérusalem-Est.  Il a par conséquent appelé toutes les parties à désamorcer la situation, à s’abstenir d’actes de provocation, d’intimidation et d’incitation qui exacerbent les tensions.  Selon lui, il faut éviter toute tentative visant à modifier unilatéralement le statu quo et à saper une solution négociée à deux États.

Le représentant a ensuite souhaité que l’attention de la communauté internationale ne soit pas détournée des besoins d’assistance humanitaire de la population civile palestinienne, en particulier à Gaza.  Appelant au renforcement de la coopération entre les autorités israéliennes et palestiniennes dans le domaine de l’acheminement de cette aide, il s’est félicité du rôle joué à cet égard par les agences de l’ONU, en particulier l’UNRWA.  Enfin, après s’être prononcé pour la poursuite des efforts facilités par l’Égypte en vue de parvenir à l’unité intrapalestinienne, il a observé que l’impasse actuelle ne fait qu’exacerber le déficit de confiance entre les parties et augmente les chances de nouvelle flambée de violence.  Il a donc appelé à la reprise immédiate du processus de paix et de négociations directes entre Israël et la Palestine, assurant que l’Inde appuie tous les efforts diplomatiques menés à cette fin, y compris ceux du Quatuor. 

M. DANG DINH QUY (Viet Nam) a noté que depuis l’annonce du cessez-le-feu le 21 mai, la situation à Gaza et aux alentours est relativement calme.  Cependant, sa délégation reste gravement préoccupée par la situation en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, où la violence continue de faire des victimes civiles.  L’usage excessif de la force et de balles réelles contre des civils est déplorable, a dit le représentant, ajoutant que si ces incidents continuent à un endroit, ce n’est qu’une question de temps avant qu’ils ne déclenchent le prochain cycle de violence dans d’autres lieux.  Par conséquent, le représentant a appelé les autorités israéliennes à faire preuve de la plus grande retenue et à s’abstenir de recourir à la force lorsque cela est évitable.  Il s’est dit également troublé par les informations faisant état d’une rhétorique incendiaire, en particulier de slogans racistes contre les Arabes.  Ni l’anti-arabisme ni l’antisémitisme ne sont acceptables car non seulement ils érodent la confiance, mais ils minent également toute chance de réconciliation, a souligné le représentant.

Il a en outre dit sa profonde préoccupation face à la poursuite des démolitions et des saisies de biens palestiniens, y compris des projets humanitaires financés par la communauté internationale, et par l’éventuelle expulsion forcée de Palestiniens de leurs maisons à Cheikh Jarrah et Silwan.  Il a appelé les autorités israéliennes à mettre fin à ces activités et à respecter leurs obligations découlant du droit international humanitaire.  Le représentant a appelé à tout mettre en œuvre pour ramener les parties à la table des négociations en vue de parvenir à la solution des deux États, avec notamment la création de l’État de Palestine avec Jérusalem-Est comme capitale, et qui coexiste pacifiquement avec l’État d’Israël, sur des frontières sûres et internationalement reconnues sur la base des lignes d’avant 1967.  Enfin, le délégué a évoqué la situation humanitaire désastreuse à Gaza à la suite des hostilités de mai.  À cet égard, il s’est félicité du récent lancement par l’ONU et l’UNRWA d’un appel humanitaire et de relèvement rapide, qui entend lever 164 millions de dollars supplémentaires.

M. ZHANG JUN (Chine) a exhorté les parties, en particulier Israël, à faire preuve de la plus grande retenue et à s’abstenir de toute action qui pourrait nourrir les tensions.  Israël doit respecter la sainteté de la ville de Jérusalem et les lieux saints des musulmans, a-t-il notamment précisé.  Il a estimé que les activités de colonisation, illicites au regard du droit, sont une entrave à la paix et à la solution des deux États.  Malgré les objections de la communauté internationale, Israël continue ses activités de colonisation, a-t-il déploré, en mentionnant la menace d’expulsion qui pèse sur les Palestiniens à Cheikh Jarrah.  Le délégué a exhorté Israël à respecter la résolution 2334 (2016), à cesser les démolitions de structures palestiniennes et à remédier au problème de la violence des colons. 

Le représentant a rappelé les très lourdes pertes civiles causées par le conflit en mai à Gaza et précisé que le Chine a fait une contribution d’un million de dollars pour la reconstruction de Gaza.  Israël doit rouvrir les points de passage vers Gaza pour faciliter les livraisons de l’aide humanitaire, sans condition préalables, a-t-il exigé.  Enfin, le représentant a demandé des « efforts sérieux » pour une relance du processus de paix et rappelé que le peuple chinois est un véritable ami des Palestiniens.

M. ABDOU ABARRY (Niger) a jugé regrettable que cinq ans après l’adoption de la résolution 2334 (2016), Israël continue de l’ignorer.  Il a déploré l’absence de mesures effectives pour l’application de ladite résolution et dénoncé la poursuite effrénée de l’expansion illégale des colonies de peuplement.  « Cette pratique d’expropriation et de colonisation des terres palestiniennes a franchi un nouveau cap avec les projets de déguerpissements des quartiers de Cheik Jarrah et de Silwan, qui malheureusement ont conduit au conflit meurtrier de 11 jours entre l’armée israélienne et le Hamas le mois dernier. »  L’intensification des activités de colonisation des territoires palestiniens occupés érode les possibilités pour l’établissement d’un futur État palestinien souverain contigu, indépendant et viable, a-t-il poursuivi.  Le délégué a aussi estimé qu’elle augmente les risques de confrontation.  « De ce fait, le Conseil de sécurité doit tout faire pour y mettre fin. »

Le délégué a jugé essentiel que l’UNRWA dispose des moyens lui permettant de poursuivre la fourniture de ses services vitaux aux milliers de familles palestiniennes dans le besoin, surtout après les bombardements israéliens en ce temps de pandémie de COVID-19.  « Il est temps d’agir pour la création d’un État palestinien souverain, indépendant et viable, car le maintien du statu quo consacrera la perpétuation de la haine, de la violence et de la souffrance humaine dans cette merveilleuse région, berceau des trois religions monothéistes », a-t-il conclu.

M. MARTIN KIMANI (Kenya), notant la fragilité du récent accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, a exhorté le nouveau Gouvernement israélien à rechercher des solutions concrètes aux expulsions forcées de familles palestiniennes dans les quartiers de Cheikh Jarrah et Silwan à Jérusalem-Est.  Le représentant a également appelé toutes les parties à s’abstenir de rhétorique incendiaire et d’actes de provocation, réaffirmant la condamnation par son pays de tous les actes de violence et de toute autre violation de la résolution 2334 (2016), qu’il s’agisse de destructions d’infrastructures civiles palestiniennes ou de tirs d’engins incendiaires depuis Gaza par le Hamas, le Jihad islamique et d’autres groupes.  « Aucune cause ne peut justifier le ciblage délibéré de civils et ces actes terroristes doivent cesser », a-t-il plaidé.

Le délégué a ensuite souligné que l’établissement par Israël de colonies de peuplement dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, en violation du droit international, demeure un obstacle majeur à la concrétisation d’une solution à deux États.  Il s’est d’autre part alarmé des conséquences socioéconomiques de certaines violations de la résolution 2334 (2016), notamment l’isolement par rapport à l’économie régionale et mondiale au sens large.  Dans ce contexte, il a salué les efforts en cours en vue d’un plan de redressement humanitaire intégré à Gaza, ajoutant que le renforcement du rôle et du financement de l’UNRWA contribuera à relever un ensemble plus large de défis socioéconomiques dans le territoire palestinien occupé.

Mme GERALDINE BYRNE NASON (Irlande) a relevé que les activités illégales de peuplement entraînent davantage d’occupation israélienne illégale, ce qui sape le droit du peuple palestinien à l’autodétermination, empiète sur ses terres et ses ressources naturelles, entrave la liberté de mouvement, augmente les risques de confrontation violente et sape les perspectives de la solution des deux États.  Elle a condamné la violence des colons israéliens contre les Palestiniens, citant notamment les dommages causés aux biens immobiliers et aux terres agricoles.  De même, elle a condamné les tirs de roquettes et les autres attaques du Hamas et d’autres groupes de la bande de Gaza vers Israël.  L’Irlande a appelé le Hamas à fournir des informations complètes sur le sort de deux civils israéliens et des restes de deux soldats israéliens, conformément au droit international humanitaire.

« Nous reconnaissons les préoccupations légitimes d’Israël en termes de sécurité, mais nous rappelons que la légitime défense doit être exercée de manière proportionnelle et conformément au droit international humanitaire », a plaidé Mme Byrne Nason`.  Elle a appelé Israël à travailler avec d’autres acteurs pour assurer la fourniture d’une assistance humanitaire sans entrave à la population de Gaza, afin d’éviter que les besoins de la population de Gaza continuent de croître.  Pour la représentante, un soutien humanitaire ou économique seul ne suffira pas à régler les défis de Gaza et des territoires occupés: seuls des progrès vers une solution politique durable le pourront.  La représentante s’est félicitée du nouveau Gouvernement israélien dont elle attend un engagement constructif, notamment par des mesures permettant de répondre aux causes profondes du conflit et par la fin de l’expansion des colonies, des démolitions et de la menace d’expulsions forcées.  Mme Nason a rappelé que la résolution 2334 (2016) précise que de telles étapes sont essentielles pour sauver la solution des deux États.

Mme INGA RHONDA KING (Saint-Vincent-et-les Grenadines) a plaidé pour la solution des deux États, afin de mettre fin à l’occupation israélienne.  « C’est la seule voie possible vers une paix durable », a-t-elle argué.  La déléguée s’est dite très préoccupée par la détérioration de la situation sur le terrain qui rend de plus en plus lointaine la réalisation de ladite solution.  Elle a condamné les frappes aériennes d’Israël contre Gaza, le 15 juin, en violation du cessez-le-feu du 21 mai.  Préoccupée par la menace d’expulsion qui pèse sur les Palestiniens à Cheikh Jarrah, elle a exhorté Israël à respecter le droit international et à se conformer à la résolution 2334 (2016).  Le Conseil doit assumer ses responsabilités et envoyer un signal fort et sans équivoque au Gouvernement israélien, selon lequel les violences contre les civils et les provocations ne peuvent mener à rien de bon, a tranché Mme King.  Enfin, la représentante a appelé à appuyer l’UNRWA et à mobiliser les 95 millions de dollars nécessaires pour répondre aux besoins de 1,1 million de Palestiniens.

M. ALEXANDER V. REPKIN (Fédération de Russie) a exprimé sa préoccupation face à la poursuite des activités illégales de colonisation, lesquelles sont selon lui l’un des principaux obstacles à la réalisation d’un règlement basé sur le principe des deux États.  Il a notamment déploré l’augmentation récente de la délivrance de permis de construire de nouveaux logements, ainsi que la saisie de biens palestiniens, conduisant à une escalade.  Malheureusement, les tensions à Jérusalem-Est, notamment dans le quartier Cheikh Jarrah et autour du complexe de la mosquée Al-Aqsa, ne se sont pas apaisées, a-t-il regretté.  Le représentant a rappelé que des affrontements entre Palestiniens et Israéliens ont lieu là-bas et ailleurs.  À tout moment, a-t-il craint, la situation peut devenir incontrôlable.  Il a appelé les deux parties à faire preuve de retenue et a demandé au nouveau Gouvernement d’Israël d’abandonner les mesures unilatérales visant à créer des réalités irréversibles sur le terrain.  

« Nous pensons qu’il est important, par la médiation de partenaires régionaux, principalement des amis égyptiens, de cimenter le régime encore fragile de la cessation des hostilités », a suggéré le délégué.  Il a insisté sur la nécessité de préserver le statu quo des sanctuaires de Jérusalem avec le rôle particulier de la monarchie jordanienne.  Le problème le plus urgent reste à son avis la fourniture d’une aide humanitaire à la population de Gaza, ainsi que la restauration des infrastructures détruites.  À cet égard, il a salué le travail de l’UNRWA dont le financement, a-t-il recommandé, doit être stable et prévisible.  « Nous appelons nos collègues du Quatuor à considérer nos initiatives bien connues, y compris la tenue d’une réunion dans un format élargi avec la participation des États régionaux », a conclu le délégué. 

M. ENRIQUE JAVIER OCHOA MARTÍNEZ (Mexique) a salué la formation du nouveau Gouvernement israélien en espérant qu’il continue à coopérer avec l’Autorité palestinienne.  Notant le taux de 30% de femmes au sein de ce gouvernement, il a plaidé pour une augmentation de la participation des femmes et des minorités.  Il a aussi salué les efforts en faveur de la réconciliation intrapalestinienne et, en même temps, exhorté l’Autorité palestinienne à convoquer des élections périodiques, transparentes et inclusives.  Le représentant a condamné les attaques menées depuis Gaza aussi bien que l’usage disproportionné de la force par les Israéliens.  Il faut rompre le cycle de violence dans la bande de Gaza, a plaidé le délégué, saluant les rencontres récentes entre fonctionnaires israéliens et égyptiens, de même que les efforts du Coordonnateur spécial.  M. Ochoa Martínez s’est élevé contre les restrictions à la liberté de mouvement terrestre et maritime et a plaidé pour la levée définitive du blocus imposé à Gaza ainsi que pour un solide appui à l’UNRAW.  

Jérusalem doit être un exemple de tolérance et de coexistence, a ensuite recommandé le représentant qui a condamné toute action qui chercherait à altérer la composition démographique, le caractère et le statut de la ville de Jérusalem.  Il a dénoncé l’expansion des colonies, la démolition de propriétés et le déplacement de la population palestinienne, appelant aussi les civils à s’abstenir d’attaques et de provocations.  Au Gouvernement israélien, il a encore demandé de suspendre définitivement les expulsions de familles palestiniennes qui résident à Jérusalem-Est.  Le représentant a conclu son intervention en appelant à respecter le droit international et à promouvoir la solution des deux États.

 

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