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CS/14619
30 août 2021
8847e réunion - matin

Moyen-Orient: le Coordonnateur spécial rapporte au Conseil une situation toujours tendue sur le terrain et un timide rapprochement politique

La question de la Palestine a entièrement monopolisé la séance du Conseil de sécurité de ce lundi consacrée à la situation au Moyen-Orient.  De retour du terrain, Tor Wennesland, le Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient et Représentant personnel du Secrétaire général auprès de l’Organisation de libération de la Palestine et de l’Autorité palestinienne, a décrit point par point une situation restée tendue depuis le mois de mai, date de la dernière escalade meurtrière entre Israël et les militants palestiniens: affrontements meurtriers autour de la frontière gazaouïe, envoi de roquettes et  »d’engins incendiaires » en direction d’Israël; en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, poursuite d’une politique israélienne d’annexion caractérisée par l’expulsion de familles palestiniennes et la destruction de maisons.  D’une seule voix, les membres du Conseil ont condamné les bombardements sur la bande de Gaza, les tirs de roquettes et d’engins incendiaires sur Israël, en appelant les parties « à la plus grande retenue ». 

Concernant la Cisjordanie, le Mexique s’est inquiété de la fréquence des affrontements entre les forces de sécurité israéliennes et les civils palestiniens, au cours desquels plusieurs Palestiniens, dont 12 mineurs, ont perdu la vie, victimes de munitions tirées par les forces de l’ordre israéliennes.  L’Irlande a sommé les parties de respecter les règles du droit international humanitaire applicables aux enfants dans les conflits armés, tandis que de nombreuses délégations (Chine, Kenya, Saint-Vincent-et-les Grenadines) ont insisté sur l’importance d’un « accès sans entrave à l’aide humanitaire dans les territoires occupés », ainsi qu’à des matériaux pour la reconstruction de Gaza.

Durant l’été, les organisations de la société civile et les défenseurs des droits de l’homme palestiniens ont continué à subir des restrictions de leurs libertés, a aussi rapporté M. Wennesland.  À la fois par les forces israéliennes et par les forces de sécurité palestiniennes, qui ont arrêté 23 personnes à Ramallah pour leur participation à une manifestation, pourtant déclarée.  Cela a conduit le Royaume-Uni à appeler l’Autorité palestinienne à « respecter les normes internationales de liberté d’expression, d’association et d’assemblée ».

Quelques points positifs ont cependant été remarqués par le Coordonnateur spécial, tels qu’« un assouplissement progressif et partiel des restrictions d’accès par les autorités israéliennes » à Gaza: la rencontre, le 29 juillet, entre les Ministres de la santé des deux Gouvernements, « une première depuis de nombreuses années »; et celle, un mois plus tard, entre le Ministre israélien de la défense, Benny Gantz, et le Président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, à Ramallah, pour entre autres discuter de sécurité et d’économie.  L’Inde a aussi salué la décision par Israël d’augmenter le nombre de permis de travail délivrés aux Palestiniens qui devrait contribuer, selon elle, à renforcer les économies palestinienne et israélienne.

Alors que les États-Unis ont rappelé leur octroi l’an dernier de 136 millions de dollars d’aide supplémentaire à l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), de nombreux intervenants tels que la France, l’Estonie et Saint-Vincent-et-les Grenadines ont salué un accord conclu le 19 août entre le Qatar et les Nations Unies pour la distribution des aides qatariennes aux familles démunies de Gaza.  Cette aide, d’un montant de 40 millions de dollars sur quatre mois aux Nations Unies, fournira une assistance en espèces à quelque 100 000 familles nécessiteuses. 

Sur le front sanitaire, le Kenya et le Mexique se sont réjouis du récent don des États-Unis de 500 000 doses de vaccin contre la COVID-19 pour la Palestine, dont 200 000 destinées à Gaza; la Chine a aussi annoncé l’envoi de 500 000 doses de vaccin aux Palestiniens, et 200 000 doses supplémentaires à l’UNWRA.  Le Royaume-Uni s’est même dit heureux de voir que pompiers israéliens et palestiniens travaillent ensemble pour lutter contre les incendies.

La Chine, pour qui le processus de paix a « déraillé », a rappelé que seule la solution des deux États permettrait de sortir de l’impasse actuelle, et incité à mettre l’accent sur trois aspects: « le renforcement de l’Autorité palestinienne », « la réconciliation intra-palestinienne » et « la reprise des négociations de paix directes ».  Sur ce dernier point, la Tunisie, le Niger, l’Irlande ont appelé à surmonter l’impasse actuelle dans le processus de paix israélo-palestinien à travers un engagement plus soutenu du Quatuor diplomatique pour le Moyen-Orient, tout comme l’Inde, qui souhaite une reprise rapide des négociations directes.  La Russie, membre du Quatuor, a appelé à tenir en septembre prochain, en marge des travaux de l’Assemblée générale, une réunion du Quatuor, ainsi que des consultations élargies aux autres pays de la région. 

L’Irlande a quant à elle souligné l’importance d’organiser des élections palestiniennes dans tous les Territoires occupés, et de redoubler d’efforts pour « parvenir à une réconciliation intra-palestinienne » et « renouveler la légitimité des institutions nationales ».  Mais l’état des finances de l’Autorité palestinienne reste précaire, a rapporté M. Wennesland.  Israël continue de déduire du transfert mensuel des recettes de dédouanement versé à l’Autorité palestinienne un montant équivalent à ce qu’il estime être versé par l’Autorité aux familles de prisonniers et de « martyrs ».  Ces déductions, et « d’autres fuites fiscales », empêchent l’Autorité de payer ses fonctionnaires et de distribuer des aides sociales. 

LA SITUATION AU MOYEN-ORIENT Y COMPRIS LA QUESTION DE PALESTINE

M. TOR WENNESLAND, Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient et Représentant personnel du Secrétaire général auprès de l’Organisation de libération de la Palestine et de l’Autorité palestinienne, a rappelé que plus de trois mois se sont écoulés depuis l’escalade meurtrière entre Israël et les militants palestiniens de Gaza, et que la situation reste tendue.  En réponse, les Nations Unies continuent d’inciter toutes les parties à maintenir le calme et à fournir une aide urgente aux habitants de Gaza.

Le 19 août, le Qatar a annoncé une contribution de 40 millions de dollars sur quatre mois aux Nations Unies afin de fournir une assistance en espèces à quelque 100 000 familles nécessiteuses de Gaza.  Elle s’ajoute aux 10 millions de dollars mensuels alloués pour fournir du carburant à la centrale électrique de Gaza.  Ce soutien fait suite à l’appel humanitaire lancé par les Nations Unies en mai et à l’appel lancé à la communauté internationale en juillet, afin qu’elle travaille avec l’Autorité palestinienne et les Nations Unies à la mise en œuvre d’un solide programme d’aide humanitaire et de redressement pour la bande de Gaza, élaboré en plein contact avec l’Autorité palestinienne.  Alors que l’ONU est sur le point de mettre en œuvre ce programme d’aide en espèces aux familles nécessiteuses, M. Wennesland a remercié le Qatar pour son soutien.

Des niveaux de violence préoccupants ont été cependant relevés dans l’ensemble des territoires au cours de la période, a dit M. Wennesland en dressant une longue liste d’affrontements mortels le long du périmètre de Gaza, notamment le 21 août, lorsque des centaines de Palestiniens ont assisté à un rassemblement organisé par des factions palestiniennes.  « Les forces israéliennes ont tiré sur les manifestants palestiniens, blessant 51 Palestiniens, dont 25 enfants, la grande majorité par des tirs à balles réelles. »  Un homme palestinien et un garçon palestinien de 12 ans ont ensuite succombé à leurs blessures. 

En plus de 100 jours de protestations, 7 Palestiniens ont été tués et 972 blessés par les Forces de défense israéliennes.  Dans un incident préoccupant, le 14 août, lors des manifestations à Beita, des Palestiniens ont mis le feu à une étoile de David contenant l’image d’une croix gammée.  « De telles manifestations d’antisémitisme sont inacceptables », a déclaré le Coordonnateur, demandant instamment à toutes les parties de s’abstenir de toute incitation et de toute action provocatrice.

Au cours de la période considérée, les organisations de la société civile et les défenseurs des droits de l’homme palestiniens ont continué à subir des restrictions de leurs libertés d’expression, de réunion et d’association, a enchaîné M. Wennesland.  Le 29 juillet, l’armée israélienne aurait notamment effectué des perquisitions à Ramallah et confisqué du matériel dans les bureaux d’une ONG palestinienne, tandis que le 21 août, les forces de sécurité palestiniennes ont arrêté 23 personnes à Ramallah pour leur participation à une manifestation déclarée. Plusieurs des personnes arrêtées étaient des défenseurs des droits humains, des avocats, des journalistes et des militants politiques bien connus.   

Le haut fonctionnaire a aussi condamné les démolitions et confiscations de maisons et autres structures palestiniennes par Israël qui se sont poursuivies tout au long de la période considérée en raison de l’absence de permis de construire délivrés par Israël, pratiquement impossible à obtenir pour des Palestiniens.  Ce problème concerne 81 structures appartenant à des Palestiniens dans la zone C et 22 dans Jérusalem-Est.

Revenant à Gaza, M. Wennesland a noté « un assouplissement progressif et partiel des restrictions d’accès par les autorités israéliennes ».  Ainsi, le 29 juillet, la zone de pêche a de nouveau été étendue à 12 miles nautiques, après avoir été restreinte pendant quatre jours en réponse au lancement de ballons incendiaires sur Israël depuis la bande de Gaza.  Les 13 et 26 août, les autorités israéliennes ont annoncé un nouvel assouplissement des restrictions à l’importation et à l’exportation.  « Pour la première fois en 18 mois, des permis seront accordés à 2 000 commerçants palestiniens et 350 hommes d’affaires pour passer de Gaza en Israël. » 

Cependant, si quelque 6 000 camions transportant notamment des matériaux de construction, des denrées alimentaires et des produits non alimentaires, ainsi que du carburant, sont entrés dans la bande de Gaza, le volume des échanges demeure inférieur à celui d’avant la montée des tensions, a-t-il déploré.

Gaza a besoin de solutions politiques qui verront la levée complète des bouclages israéliens, conformément à la résolution 1860 (2009) du Conseil de sécurité, le retour d’un gouvernement palestinien légitime à Gaza et la création d’un État palestinien indépendant et souverain, dont Gaza fait partie intégrante, a plaidé M. Wennesland.  Il faut également, selon lui, que le Hamas et les autres groupes armés cessent de lancer des engins incendiaires, des roquettes et des mortiers, et qu’ils mettent fin à l’accumulation de militants.

L’état des finances de l’Autorité palestinienne reste précaire, a-t-il ensuite signalé: alors que le transfert mensuel des recettes de dédouanement d’Israël à l’Autorité palestinienne a lieu régulièrement, Israël continue de déduire un montant équivalent à ce qu’il estime être versé par l’Autorité palestinienne aux familles de prisonniers et de « martyrs ».  Ces déductions, ainsi que de nombreuses autres fuites fiscales, font qu’il est de plus en plus difficile pour l’Autorité de couvrir ses dépenses élémentaires, notamment de payer ses fonctionnaires et de distribuer l’aide sociale aux ménages nécessiteux.  Sur ce point, M. Wennesland a demandé instamment aux Israéliens et aux Palestiniens de « sortir de l’impasse », et appelé les donateurs à continuer de soutenir financièrement l’Autorité palestinienne.

Sur une note positive, le 29 juillet, les ministres israéliens de la santé et de la protection de l’environnement ont rencontré leurs homologues palestiniens pour la première fois depuis de nombreuses années.  Le 29 août, le Ministre israélien de la défense, Benny Gantz, a rencontré le Président Abbas à Ramallah, pour discuter, entre autres, de sécurité et des questions économiques.  Il s’agissait de la rencontre au plus haut niveau entre les deux parties depuis la formation de l’actuel Gouvernement israélien. 

Le Coordonnateur s’est félicité de ce dialogue et a encouragé un rapprochement entre ministres, pour faire progresser la coopération financière et économique. 

Le Coordonnateur a aussi rappelé que le 27 août, le Premier Ministre israélien Bennett a rencontré le Président américain Biden.  Les deux parties ont échangé leurs points de vue sur les efforts visant à faire progresser la paix, la sécurité et la prospérité pour les Israéliens et les Palestiniens, et ont réaffirmé l’importance des partenariats historiques d’Israël avec l’Égypte et la Jordanie, ainsi que l’expansion des relations entre Israël et ses voisins arabes.

M. HARSH VARDHAN SHRINGLA, Secrétaire d’État aux affaires étrangères de l’Inde, a exprimé ses préoccupations face à la récente escalade dans la bande de Gaza, qui souligne une fois de plus la fragilité du cessez-le-feu et le besoin urgent de s’attaquer aux causes sous-jacentes qui ont déclenché cette escalade.  Il a appelé toutes les parties au conflit à respecter le cessez-le-feu et à s’abstenir d’actes qui pourraient exacerber les tensions et aggraver la situation sécuritaire.  L’Inde a appelé à nouveau à un transfert régulier et prévisible de cette aide et d’autres articles essentiels à Gaza afin d’atténuer la situation humanitaire et de faciliter une reconstruction dans les meilleurs délais, appelant aussi à une utilisation appropriée de cette aide.  Il importe également que la communauté internationale des donateurs appuie la reconstruction de la bande de Gaza par le biais de l’Autorité palestinienne, a estimé le représentant prenant note de l’assouplissement progressif des restrictions à l’entrée de produits de base dans la bande de Gaza.  Il a salué le travail d’agences comme l’OCHA, l’UNRWA et le PAM sur le terrain pour assurer la distribution de cette aide.  S’agissant de la Cisjordanie, qui continue d’être témoin d’incidents de violence et d’affrontements entre les Palestiniens et les forces de sécurité israéliennes, l’Inde a demandé aux deux parties de renoncer à toute action provocatrice dans l’intérêt de la paix et de la stabilité et à s’abstenir de prendre des mesures unilatérales qui mettraient à mal la viabilité de la solution des deux États.

Parmi toutes ces préoccupations, la décision d’Israël d’augmenter le nombre de permis de travail délivrés aux Palestiniens contribuera à renforcer les économies palestinienne et israélienne, a observé le Secrétaire d’État.  En outre, la reconnaissance des certificats de vaccination COVID délivrés par l’Autorité palestinienne et la facilitation du passage des patients de la bande de Gaza vers la Cisjordanie sont également des signaux positifs, a-t-il relevé.  L’Inde se félicite de toutes les mesures qui créent de plus grandes possibilités de développement socioéconomique du peuple palestinien, a déclaré M. Shringla expliquant que sa coopération avec la Palestine est orientée vers cet objectif.  « Nous avons contribué à la construction d’écoles, à la mise en place de centres de TIC et de formation professionnelle, d’un parc technologique et d’une imprimerie nationale; et soutenons plusieurs autres projets communautaires à impact rapide en Palestine. »  En conclusion, M. Shringla a appelé de ses vœux une reprise rapide des négociations directes de paix, en soulignant le rôle essentiel à jouer par la communauté internationale et le Quatuor pour le Moyen-Orient dans la relance de ces négociations.

M. RICHARD M. MILLS, JR. (États-Unis) s’est dit préoccupé par le risque d’escalade dans la région, notamment par l’utilisation d’engins incendiaires, rendant plus difficile encore la fourniture de matériel supplémentaire.  Appelant à éviter de prendre des mesures enflammant les tensions, y compris l’incitation à la violence, l’annexion de territoires, les activités de peuplement, la destruction et la démolition de biens, le représentant s’est dit déterminé à parvenir à une solution à deux États, convaincu que les habitants d’Israël et de Palestine méritent d’obtenir la paix et la sécurité.

Se félicitant de l’accord du 19 août redonnant une aide aux familles dans le besoin par le biais du Programme alimentaire mondial (PAM), il a remercié le Qatar pour sa générosité, et demandé aux Nations Unies, ainsi qu’aux contributeurs, de redoubler d’efforts pour éviter le détournement de cette aide.  De leur côté, les États-Unis ont octroyé 136 millions de dollars d’aide supplémentaire à l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) l’an dernier.  Le pays continuera à coopérer avec l’Office afin que les principes de respect et de tolérance soient respectés.  Enfin, encourageant Israël à resserrer les liens avec les pays de la région comme le Maroc, le représentant a souligné l’importance cruciale d’une paix durable pour les parties.

M. TAREK LADEB (Tunisie) a réitéré son rejet de la politique de colonisation d’Israël, de ses politiques d’expulsion et d’éviction de familles palestiniennes, ainsi que ses démolitions de biens palestiniens.  La Puissance occupante continue de faire fi du droit international en toute impunité, s’est-il indigné, avant de demander à la communauté internationale et au Conseil de sécurité de pleinement assumer leurs responsabilités en faisant pression sur Israël pour qu’il respecte « enfin » ses obligations en vertu du droit international et du droit international humanitaire.  Les actes israéliens sapent toute possibilité de parvenir à la paix, la sécurité et la stabilité dans la région, a affirmé M. Ladeb pour lequel il est également impératif de protéger les civils palestiniens dont les droits sont violés par les forces d’occupation et les colons israéliens.

S’agissant de la bande de Gaza, la Tunisie a demandé à la communauté internationale de forcer les autorités d’occupation à faciliter l’assistance humanitaire et à éviter de retarder la reconstruction de la bande.  En outre, il faut appuyer les efforts de l’ONU et, pour cela, il faut de toute urgence financer les interventions de l’UNRWA.

La paix et la stabilité au Moyen-Orient ne pourront être réalisées qu’à travers une solution d’ensemble au conflit au Moyen-Orient, a soutenu le représentant pour lequel on ne saurait faire fi des aspirations légitimes du peuple palestinien d’exercer son droit à l’autodétermination.  Il a appelé à surmonter l’impasse actuelle dans le processus de paix palestino-israélien à travers un engagement plus soutenu du Quatuor notamment. 

Mme BARBARA WOODWARD (Royaume-Uni) a condamné sans équivoque les attaques du Hamas contre Israël, y compris l’utilisation de ballons incendiaires, et a appelé le Hamas à cesser l’envoi de roquettes contre Israël.  Elle a aussi appelé Israël à fournir un accès régulier en direction de Gaza, notamment pour que soit acheminée l’aide internationale.  Inquiète des développements en Cisjordanie et des rapports d’enfants tués lors d’affrontements, elle a exhorté l’armée israélienne à mener des enquêtes transparentes et complètes pour identifier les responsables.  De son côté, l’Autorité palestinienne doit respecter les normes internationales de liberté d’expression, d’association et d’assemblée, a-t-elle plaidé. 

Concernant Jérusalem, la représentante s’est dite préoccupée par les évictions de familles palestiniennes et par l’augmentation de la cadence des expulsions, facteur de conflit.  Concernant le mont du Temple, il a appelé à maintenir le statu quo historique. Sur un point positif, Mme Woodward s’est dite heureuse de voir que pompiers israéliens et palestiniens travaillaient ensemble pour lutter contre les incendies.  Se félicitant de la reprise du dialogue entre les Gouvernements israélien et palestinien, elle a appelé à une solution à deux États basée sur l’instauration d’un État de Palestine indépendant, selon le tracé des frontières d’avant 1967 et avec Jérusalem-Est pour capitale. 

Mme TRINE SKARBOEVIK HEIMERBACK (Norvège) a salué la levée, par Israël, de certaines restrictions imposées à Gaza, tout en appelant à augmenter le nombre de permis de travail en Israël délivrés aux Gazaouis.  Elle a réitéré la préoccupation de la Norvège face aux activités de colonisation illégales d’Israël, notant que la proposition de construire 9 000 nouvelles unités de colonisation à Atarot isolerait davantage Ramallah de Jérusalem-Est, et contribuerait à saper les perspectives d’un État palestinien contigu et d’une solution viable à deux États.  La représentante s’est également préoccupée de l’augmentation de la violence à l’encontre des Palestiniens et a exhorté Israël à éviter tout recours excessif à la force et à protéger les Palestiniens des attaques perpétrées par des colons.  Elle a souligné d’autre part qu’une Autorité palestinienne forte est essentielle pour assurer la fourniture de services au peuple palestinien et le développement, à la fois en Cisjordanie et à Gaza.  Préoccupée par le traitement des militants politique et des manifestants par les forces de sécurité palestiniennes, elle a exhorté l’Autorité palestinienne à respecter les libertés d’expression et de réunion.

Mme Heimerback a ensuite félicité le nouveau Gouvernement israélien d’avoir repris un vaste dialogue avec ses homologues palestiniens et a exhorté les parties à utiliser ce nouvel élan de manière constructive pour réaliser des progrès sur tout un éventail de questions en suspens.  Notant que la situation financière de l’Autorité palestinienne reste précaire, la représentante a estimé qu’il faut augmenter significativement ses recettes fiscales.  Il existe également un énorme potentiel de coopération dans des domaines tels que le commerce, les infrastructures, l’eau, l’énergie et les télécommunications.  Ces mesures et d’autres visant à offrir des avantages tangibles aux personnes sur le terrain seront discutées lors de la prochaine réunion ministérielle du Comité spécial de liaison pour la coordination de l’assistance internationale aux Palestiniens (AHLC), que la Norvège convoquera, le 23 septembre à New York.  Elle a aussi insisté sur l’impératif de garantir la capacité continue de l’UNRWA à fournir des services essentiels aux réfugiés palestiniens.

Mme TRA PHUONG NGUYEN (Viet Nam) s’est dite préoccupée par la récente augmentation de la violence dans le territoire palestinien occupé et de la hausse du nombre de victimes, notant un usage excessif et alarmant de la force contre les civils.  Elle a appelé toutes les parties concernées à faire preuve de la plus grande retenue et demandé instamment à Israël de cesser de faire un usage excessif de la force.  « Le dialogue et les négociations doivent être la voie principale vers un règlement durable. »  Appelant à s’attaquer aux causes profondes du conflit, la représentante s’est inquiétée du récent rapport concernant une nouvelle proposition d’extension des colonies en Cisjordanie.  Ces activités de colonisation vont à l’encontre du droit international et des résolutions des Nations Unies, notamment la résolution 2334 (2016), a-t-il fait remarquer.  « Nous demandons une fois de plus la fin de ces activités et de toutes les autres actions unilatérales qui font monter la tension, y compris les démolitions de maisons et de biens palestiniens en Cisjordanie. »  Les Palestiniens ont le droit de construire leurs propres maisons et de vivre en sécurité dans leurs communautés, selon Mme Nguyen.

Pour le Viet Nam, il n’existe pas d’alternative à la solution des deux États qui comprend la création d’un État de Palestine indépendant et souverain, vivant côte-à-côte avec l’État d’Israël, avec des frontières sûres et internationalement reconnues sur la base des lignes d’avant 1967 et d’un règlement négocié.  Au sujet de la situation humanitaire à Gaza, alors que la nouvelle année scolaire a commencé, le Viet Nam soutient fermement les efforts de l’UNRWA pour ramener les enfants à l’école, tout en demeurant troublé par les violations signalées des écoles gérées par l’UNRWA.  Mme Nguyen s’est enfin félicitée du protocole d’accord signé entre l’ONU et le Qatar le 19 août pour l’acheminement de l’aide à Gaza.

Mme SHERAZ GASRI (France) a exprimé ses grandes préoccupations à cause des fortes tensions qui perdurent à Gaza, appelant toutes les parties à la retenue afin de prévenir toute nouvelle spirale de violence.  Elle a exigé que les tirs de ballons incendiaires et de roquettes contre le territoire israélien cessent tout en appelant Israël à continuer d’assouplir les conditions d’entrée et de sortie de biens et de personnes depuis Gaza.  Elle a salué l’accord entre le Qatar et les Nations Unies pour la distribution des aides qatariennes aux familles démunies de l’enclave.  « L’Autorité palestinienne a également tout son rôle à jouer à ce titre pour que plus d’aide parvienne à l’enclave. »   Encouragée par la dynamique de dialogue et les premières mesures de coopération prises entre le Gouvernement israélien et l’Autorité palestinienne, elle a appelé à un renforcement de cette coopération.  La France, aux côtés notamment de ses partenaires allemand, égyptien et jordanien dans le cadre du groupe d’Amman, reste déterminée à soutenir toutes les mesures concrètes et réciproques visant à restaurer la confiance entre les parties en vue d’une reprise des négociations, a assuré la Mme Gasri.  Tout en étant préoccupée par la progression de la politique de colonisation, et notamment l’annonce de la délivrance de permis de construction à des Palestiniens en zone C, elle y a vu un premier pas encourageant, qui doit encore se concrétiser.

La représentante a toutefois souligné que cette progression ne peut en aucun cas justifier les avancées de la colonisation, qui est contraire au droit international et met en péril la solution des deux États.  Elle a dès lors demandé aux autorités israéliennes de s’abstenir de toute nouvelle action en matière de colonisation, de geler les démolitions, et de suspendre définitivement les procédures d’expulsion qui visent les familles palestiniennes de Silwan et Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est.  Toutes les parties doivent s’abstenir de mesures unilatérales et s’engager à respecter le statu quo sur les Lieux saints pour éviter un nouvel embrasement, a tranché Mme Gasri qui a également appelé à des progrès tangibles pour améliorer et renforcer la gouvernance palestinienne.  Des institutions démocratiques fortes, fondées sur le respect de l’état de droit, demeurent indispensables pour la construction d’un État palestinien viable.  Elle a déploré à ce titre les récentes arrestations de membres de la société civile palestinienne, demandant que l’Autorité palestinienne fasse toute la lumière, de manière transparente, sur les circonstances du décès de Nizar Banat et veille au respect de la liberté d’expression et au respect des droits de l’homme dans les Territoires palestiniens.  En conclusion, la France a dit que seule la solution des deux États est susceptible de répondre aux aspirations des peuples israélien et palestinien et d’assurer la sécurité de tous ainsi que la stabilité de la région.

Mme ALICIA GUADALUPE BUENROSTRO MASSIEU (Mexique) a condamné les bombardements de la bande de Gaza ainsi que les tirs de roquettes et d’engins incendiaires sur Israël.  Elle a appelé les parties à faire preuve de la plus grande retenue et à éviter les provocations.  Déplorant la persistance des restrictions à la circulation des personnes et des biens à l’entrée et à la sortie de la bande de Gaza, la représentante a demandé à Israël de lever dès que possible le blocus, se déclarant particulièrement préoccupée par les retards dans l’aide humanitaire et les obstacles à l’importation de matériaux pour la reconstruction de Gaza.  La représentante s’est ensuite félicitée de l’accord entre le Qatar et les Nations Unies qui facilitera le transfert de ressources financières à Gaza, et du récent don états-unien de 500 000 doses de vaccin contre la COVID-19 pour la Palestine, dont 200 000 destinées à Gaza. 

Concernant la situation en Cisjordanie, elle s’est inquiétée de la fréquence des affrontements entre les forces de sécurité israéliennes et les civils palestiniens, au cours desquels plusieurs Palestiniens, dont 12 mineurs, ont perdu la vie à cause de munitions tirées par les forces de l’ordre israéliennes.  Elle a exhorté Israël à redoubler d’efforts pour protéger la vie des civils, en particulier des enfants.  Tout aussi inquiétants sont les actes récurrents de répression des manifestations populaires, les arrestations arbitraires et le harcèlement des militants sociaux et des journalistes par les forces de sécurité palestiniennes.  Elle a appelé l’Autorité palestinienne à faire respecter les droits à la liberté d’expression et d’association: le respect des droits de l’homme et la responsabilité sont les pierres angulaires de la construction d’un État démocratique, a-t-elle rappelé. 

Saluant l’activisme diplomatique israélien manifesté lors des récentes réunions de haut niveau avec des responsables marocains et égyptiens, la représentante a aussi loué la coopération croissante avec l’Autorité palestinienne en matière d’économie et de santé publique.  Espérant que ce rapprochement sera approfondi, et que le différend concernant le transfert des recettes fiscales qu’Israël perçoit pour le compte de l’Autorité palestinienne sera résolu, la déléguée a rappelé que la situation budgétaire précaire de l’Autorité palestinienne entraînait des retards dans le paiement des salaires de ses fonctionnaires, qui constituent pourtant la principale source de revenus de milliers de familles palestiniennes.

Mme ANNA M. EVSTIGNEEVA (Fédération de Russie) s’est inquiétée des tensions à Jérusalem-Est et dans la bande de Gaza.  La menace d’expulsions de plusieurs familles arabes perdure à Jérusalem-Est, alors que le 2 août la Cour Suprême israélienne a reporté l’examen de cette question sine die, s’est inquiétée la représentante pour qui les expulsions sont un frein à la progression des négociations.  Saluant les efforts de médiation de l’Égypte pour sortir de l’impasse, la Russie a dénoncé les obstacles au processus de paix, ainsi que les positions de principe, et jugé important de renforcer le consensus de la communauté internationale conformément au principe d’une solution à deux États basée sur l’instauration d’un État de Palestine indépendant, selon le tracé des frontières d’avant 1967 et avec Jérusalem-Est pour capitale.  La dernière escalade grave, en mai de cette année, a rappelé les risques et les menaces pesant sur la région si la question n’est pas réglée, a-t-elle rappelé.

La représentante de la Russie a prôné la relance des pourparlers, à la fois pour satisfaire les aspirations légitimes du peuple palestinien à un État indépendant, et pour répondre aux inquiétudes compréhensibles des Israéliens pour leur sécurité.  Elle a réitéré le bien fondé des initiatives des quatre membres du Quatuor diplomatique pour le Moyen-Orient et appelé à tenir en septembre prochain, en marge des travaux de l’Assemblée générale, une réunion du Quatuor, ainsi que des consultations élargies aux autres pays de la région.  

M. ANDRE LIPAND (Estonie) a souligné qu’une solution durable au conflit israélo-palestinien passe par des négociations directes visant une solution à deux États basée sur le droit international et les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.  Il a exhorté le Gouvernement israélien et l’Autorité palestinienne à prendre des mesures concrètes pour rétablir la confiance, notamment en déployant des efforts coordonnés supplémentaires pour renforcer la coopération économique.  En attendant, il est essentiel que tous s’abstiennent de toute mesure unilatérale capable de compromettre la viabilité de la solution des deux États.

Préoccupé par les tensions persistantes autour de Gaza, l’Estonie a réitéré son appel aux parties pour qu’elles continuent de respecter le cessez-le-feu et fassent tout leur possible pour éviter de nouvelles violences.  Elle a ensuite salué l’accord conclu entre l’ONU et le Qatar sur la distribution de l’aide à Gaza et appelé toutes les parties à faciliter un accès humanitaire sans entrave.  Elle s’est dite préoccupée, par ailleurs, par les récentes arrestations de militants palestiniens appelant à la transparence dans l’enquête liée au meurtre du militant politique Nizar Banat.  Également préoccupée par les activités de colonisation d’Israël, l’Estonie a appelé le Gouvernement israélien à y mettre un terme.  Le représentant a ensuite souligné l’importance des efforts internationaux et régionaux pour aider les parties à prendre des mesures concrètes pour restaurer la confiance, aider à la reconstruction et à la stabilisation à Gaza et créer un horizon pour la tenue de négociations significatives.  Il a également jugé essentiel de reprendre le processus de réconciliation intra-palestinienne.

Mme NEDRA P. MIGUEL (Saint-Vincent-et-les Grenadines) a estimé qu’au cours du mois d’août, Israël, Puissance occupante, avait poursuivi ses pratiques « illégales et inhumaines » dans tout le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, blessant et tuant des civils palestiniens, y compris des enfants, et effectuant des frappes aériennes militaires sur des zones de Gaza les 22 et 23 août, en violation du droit international et du cessez-le-feu du 21 mai.  Profondément préoccupée également par la poursuite des démolitions et des saisies de structures palestiniennes dans le Territoire palestinien occupé, la représentante a demandé aux autorités israéliennes de mettre fin aux démolitions de maisons et de biens palestiniens, conformément à ses obligations en tant que Puissance occupante, en vertu du droit humanitaire international, et de cesser sa politique de construction et d’expansion des colonies. 

Concernant la situation humanitaire désastreuse à Gaza, où les opérations humanitaires continuent d’être gravement affectées par le blocus israélien, qui dure depuis 14 ans, la représentante a demandé au Conseil d’exiger que l’aide humanitaire soit autorisée à entrer à Gaza « sans restrictions ».  Sur une note plus positive, elle a salué le récent accord entre les Nations Unies et le Qatar pour le retour de certaines subventions qataries à Gaza et encouragé la communauté internationale à contribuer aux efforts pour soulager la crise humanitaire imminente. 

M. NIANDOU AOUGI (Niger) a regretté que les incidents observés au cours de ce mois, tout comme ceux des deux mois précédents, continuent de faire planer le spectre de la violence et de l’instabilité avant de souligner que la source de toutes les souffrances qu’endurent ces deux peuples réside essentiellement dans la poursuite de la politique de colonisation effrénée menée par Israël, depuis plusieurs décennies, dans les territoires palestiniens au mépris du droit international et des résolutions pertinentes des Nations-Unies.  C’est selon lui la poursuite de la colonisation, de l’injustice et de la discrimination à l’égard du peuple palestinien qui engendre le mécontentement, la révolte et la violence.  Les tragiques évènements de mai dernier, tout comme la recrudescence des mouvements de protestation dans les territoires occupés témoignent de cette réalité et devraient inciter le Conseil de sécurité, de par ses obligations, à tout faire pour y mettre fin, a lancé le représentant.  Il a jugé tout aussi important que la communauté internationale, le Quatuor, les membres du Conseil et les acteurs régionaux ayant une influence sur les parties continuent d’exercer la pression nécessaire pour le maintien d’un cessez-le-feu durable et la reprise du processus de paix afin de faciliter un dénouement heureux de ce conflit.   

Sur le plan humanitaire, M. Aougi s’est félicité de la réouverture par les autorités égyptiennes du point de passage de Rafah, de l’allègement du blocus par Israël pour l’importation des biens dans Gaza, ainsi que de l’annonce de la reprise prochaine du paiement de l’aide financière octroyée par le Qatar aux milliers de familles nécessiteuses de l’enclave.  Le Niger a appelé la communauté internationale à une plus grande générosité à l’endroit de la population « tant éprouvée » de Gaza et a insisté sur l’impératif de donner les moyens à l’UNRWA pour lui permettre de poursuivre la fourniture de ses services vitaux aux milliers de familles palestiniennes dans le besoin, surtout après les bombardements israéliens en ce temps de COVID-19.  Il est tout aussi crucial qu’Israël, en tant que Puissance occupante, s’acquitte entièrement des responsabilités que lui impose le droit international humanitaire, en veillant au bien-être et à la survie de la population sous son contrôle.  Seuls le retour aux paramètres internationaux et la reprise du processus de paix devant conduire à la réalisation de la solution à deux États viables, souverains et indépendants, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité, pourraient conduire à une solution durable de la crise, a conclu M. Aougi.

M. MICHAEL KAPKIAI KIBOINO (Kenya) a fermement condamné la poursuite des tirs de roquettes depuis Gaza par le Hamas et par tout groupe militant contre des civils et des cibles civiles en Israël.  Il a demandé instamment à toutes les parties de faire preuve de la plus grande retenue, et de s’abstenir de toute hostilité, dans l’intérêt de la sécurité des Israéliens comme des Palestiniens.  La recrudescence de la pandémie de COVID-19, y compris les rapports sur le virus Delta hautement infectieux dans la bande de Gaza, est une préoccupation urgente étant donné l’état déjà fragile de ses infrastructures sanitaires, sollicitées au-delà de leurs capacités, a noté le représentant.  Il a salué tous les efforts déployés pour contenir la propagation de la pandémie, y compris pour s’attaquer à la désinformation rampante.

Également très préoccupé par la situation humanitaire dans la bande de Gaza, le représentant a de nouveau réclamé un accès sans entrave à l’aide humanitaire, conformément au droit international humanitaire, et a appelé à se prémunir contre le détournement des ressources humanitaires par des groupes militants.  Saluant les efforts en cours pour un ensemble humanitaire intégré à Gaza, il a loué l’accord récent de 40 millions de dollars entre l’ONU et le Qatar pour financer les besoins des familles de Gaza.  Dans l’attente des recommandations de la prochaine réunion du Comité de liaison ad hoc en septembre de cette année, il a continué d’appeler à un renforcement du rôle et du financement de l’UNWRA afin de répondre à l’ensemble des défis socioéconomiques de l’Autorité palestinienne.

M. GENG SHUANG (Chine) a constaté que la recrudescence des tensions dans les territoires occupés, « a jeté une ombre sur le récent accord de cessez-le-feu ».  Il a engagé toutes les parties à faire montre de la plus grande retenue et a demandé à Israël de mettre fin à ses activités de colonisation et à la démolition de biens palestiniens ainsi qu’à l’expulsion de familles palestiniennes.  Dans le contexte de la pandémie de COVID-19 et des récents affrontements, la communauté internationale doit apporter une assistance immédiate à la Palestine et continuer d’appuyer les travaux de l’UNRWA, a-t-il estimé.  À cet égard, la Chine a salué l’accord conclu entre la Qatar et l’ONU pour venir en aide aux familles palestiniennes dans le besoin et a insisté sur l’importance d’un accès sans entrave à l’aide humanitaire dans les territoires occupés.  Le représentant a ensuite annoncé que la Chine va envoyer 500 000 doses de vaccin contre la COVID-19 aux Palestiniens et 200 000 doses à l’UNRWA.

Le processus de paix a déraillé, a par ailleurs constaté le représentant pour qui seule la solution des deux États permettrait de sortir de l’impasse actuelle.  Il a appelé à mettre l’accent sur trois aspects à savoir le renforcement de l’Autorité palestinienne, la réconciliation intra-palestinienne et la reprise des négociations de paix directes.  

Nous devrions tous être préoccupés par la montée des tensions entre Israël et la bande de Gaza ces dernières semaines, a déclaré Mme GERALDINE BYRNE NASON (Irlande) soulignant la fragilité du cessez-le-feu et le besoin urgent de s’attaquer aux causes profondes de ce conflit.  Elle a condamné le nombre élevé de victimes, dont des enfants, dues aux récentes violences lors des manifestations le long de la frontière de Gaza ainsi que le lâcher de ballons incendiaires depuis la bande.  Face au risque « évident » d’escalade encore plus grave, elle a exhorté toutes les parties à faire preuve de retenue et à respecter les règles du droit international humanitaire applicables aux enfants dans les conflits armés.  Elle a salué l’accord de distribution des paiements d’aide qataris aux familles vulnérables à Gaza par le biais de l’ONU, et appelé à ce que la reconstruction et le relèvement avancent sans délai.  Dès lors, l’Irlande a réitéré son appel aux donateurs internationaux pour qu’ils intensifient leur soutien, notamment par l’intermédiaire de l’UNRWA.  Elle a également insisté sur la nécessité d’un accès humanitaire complet, sûr et sans entrave à Gaza.

Appelant à « sauver » la viabilité de la solution des deux États, Mme Byrne Nason a appelé Israël à mettre fin à toute expansion des colonies, ainsi qu’à la cessation des attaques contre les civils dans le territoire palestinien occupé.  Les démolitions, notamment à Humsa al-Baqai’a et à Ras al Tin le mois dernier, ainsi que les menaces d’expulsion de familles palestiniennes, notamment à Sheikh Jarrah, Silwan, Al Walaja et ailleurs en Cisjordanie, font partie d’une situation profondément préoccupante qui doit cesser.  La représentante a ensuite encouragé le Quatuor à renouveler ses efforts pour relancer le processus de paix au Moyen-Orient.  Elle a également souligné l’importance d’organiser des élections palestiniennes dans tout le territoire occupé, de redoubler d’efforts pour parvenir à une réconciliation intra-palestinienne et de renouveler la légitimité des institutions nationales.

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