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1 février 2021

Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 1er février 2021

Ci-dessous les principaux points évoqués par M. Stéphane Dujarric, Porte-parole de M. António Guterres, Secrétaire général de l’ONU:

Myanmar

Dans une déclaration publiée hier soir, le Secrétaire général a fermement condamné la détention de la Conseillère d’État, Mme Aung San Suu Kyi, du Président Win Myint et d’autres dirigeants politiques à la veille de la séance d’ouverture du nouveau Parlement du Myanmar.   Il exprime sa grave préoccupation concernant la déclaration du transfert de tous les pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires aux militaires.   Ces développements portent un coup dur aux réformes démocratiques au Myanmar.

Les élections générales du 8 novembre 2020 confèrent un mandat fort à la Ligue nationale pour la démocratie (LND), reflétant la volonté claire du peuple du Myanmar de continuer sur la voie durement acquise de la réforme démocratique.  Le Secrétaire général exhorte les dirigeants militaires à respecter la volonté du peuple du Myanmar et à adhérer aux normes démocratiques, tout différend devant être résolu par un dialogue pacifique.   Tous les dirigeants doivent agir dans le plus grand intérêt de la réforme démocratique du Myanmar, s’engager dans un dialogue constructif, s’abstenir de toute violence et respecter pleinement les droits de l’homme et les libertés fondamentales. 

L’Envoyée spéciale du Secrétaire général, Mme Christine Schraner Burgener, reste activement saisie de la question.  Elle s’est entretenue avec des interlocuteurs du Myanmar à l’extérieur du pays.  Elle essaie de prendre contact avec les dirigeants de Naypyidaw, mais les communications avec la capitale du Myanmar sont très difficiles en ce moment.

Pour sa part, la Haute-Commissaire aux droits de l’homme, Mme Michelle Bachelet, s’est dite gravement préoccupée par la situation dans le pays, faisant écho à l’appel lancé par le Secrétaire général qui engage les dirigeants militaires à respecter le résultat des élections.

Elle est également alarmée par les informations selon lesquelles au moins 45 personnes ont été détenues, y compris des parlementaires en confinement.  Elle a appelé à leur libération immédiate et a noté que des informations inquiétantes font également état de journalistes harcelés ou agressés. 

Le personnel de l’équipe de pays de l’ONU sur le terrain au Myanmar suit également de près la situation avec une profonde préoccupation, notamment en raison de la nécessité de prévenir et de répondre à la pandémie en cours. 

Il s’efforce de veiller à que les événements récents n’aient pas de répercussions négatives sur les personnes les plus vulnérables du Myanmar. L’équipe de l’ONU a soutenu la demande du Myanmar au Mécanisme COVAX, ainsi que les plans nationaux de riposte à la COVID-19 et de vaccination en évaluant l’état de préparation du pays et en cartographiant la capacité de la chaîne du froid. 

À ce jour, le Myanmar a reçu 1,5 million de doses de vaccin dans le cadre d’un programme qui a débuté la semaine dernière.  Quelque 70 000 travailleurs de la santé ont été vaccinés jusqu’à présent dans 14 États et régions.  L’équipe du pays a réaffecté près de 100 millions de dollars pour faire face à l’impact de la pandémie, notamment pour protéger les groupes les plus vulnérables. 

Libye

La Représentante spéciale par intérim pour la Libye, Mme Stephanie Williams, a ouvert aujourd’hui, en Suisse, la nouvelle session du Forum de dialogue politique libyen.  Elle a déclaré aux participants que la décision de tenir des élections nationales le 24 décembre est un engagement qui doit être honoré à tout prix. 

Elle a noté que samedi, la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL) avait publié une liste de candidats proposés aux postes de conseil de la présidence et de premier ministre. 

Elle a ajouté qu’elle était encouragée par le nombre élevé de candidatures proposées.  Elle se félicite de la diversité que représente le vivier de candidats issus de tous les partis politiques et composantes sociales de la société libyenne. 

Somalie

Le Secrétaire général condamne fermement l’attaque terroriste meurtrière perpétrée hier contre l’hôtel Afrik à Mogadiscio, qui a fait plusieurs victimes.  Il présente ses condoléances aux familles des victimes et souhaite un prompt rétablissement aux blessés.

Le Secrétaire général réitère l’appui et la solidarité de l’ONU envers le peuple et le Gouvernement fédéral de la Somalie dans leur quête d’un avenir pacifique et prospère.

Pour sa part, le Représentant spécial du Secrétaire général pour la Somalie, M. James Swan, s’est déclaré consterné par cette attaque répréhensible et insensée contre un lieu fréquenté par des civils innocents. 

Éthiopie

Des contraintes d’accès dues au conflit en cours et à la bureaucratie administrative continuent d’entraver l’intensification de l’aide humanitaire. 

L’accès aux services essentiels, aux moyens de subsistance et à l’argent liquide reste limité dans de vastes étendues du Tigré.  Deux camps de réfugiés demeurent inaccessibles depuis le mois de novembre, la faim augmente et le système de santé se serait effondré. 

L’accès est particulièrement limité dans les zones rurales, où 80% de la population du Tigré vivait avant le début du conflit. 

Bien que des dizaines de camions transportant des produits humanitaires sont en train d’être mobilisés pour le Tigré, la plupart du personnel nécessaire pour effectuer les distributions n’a pas pu se rendre dans la région.  Beaucoup d’entre eux attendent à Addis-Abeba, prêts à se rendre au Tigré.  L’équipe de coordination humanitaire de l’ONU et l’équipe de l’ONU sur le terrain continuent de travailler en étroite collaboration avec le Gouvernement pour s’assurer que les agences des Nations Unies et les ONG obtiennent l’autorisation pour se rendre dans la région. 

République centrafricaine/Humanitaire 

Le personnel de l’ONU en République centrafricaine est très préoccupé par la grave détérioration de la situation humanitaire dans ce pays.

Le niveau très élevé d’insécurité le long de la principale route d’approvisionnement entre le Cameroun et la République centrafricaine (RCA) a entraîné la suspension des importations.  Plus de 1 600 camions entrants, dont 500 avec des fournitures humanitaires à leur bord, sont bloqués à la frontière depuis la mi-décembre.  Les organisations humanitaires commencent à signaler des ruptures de stock critiques, notamment de vivres et des trousses de traumatologie.  La fermeture de la route d’approvisionnement a également provoqué une augmentation inquiétante des prix des denrées alimentaires de base, à savoir le manioc, l’huile, la viande et le riz.  Cette augmentation se situe entre 75% et 220% et affecte plusieurs marchés dans le pays, dont celui de la capitale Bangui.  Plusieurs marchés ont été obligés de fermer en raison de l’impossibilité pour les commerçants de se réapprovisionner. 

Cette situation survient dans un contexte d’insécurité alimentaire déjà sévère, où 2,3 millions de personnes seraient déjà en situation d’insécurité alimentaire.  Des évaluations rapides font état de chiffres alarmants en ce qui concerne la malnutrition sévère parmi les nouveaux déplacés. 

Vendredi, l’ONU avait signalé que plus de 200 000 personnes avaient été déplacées à l’intérieur et à l’extérieur du pays.  Selon les autorités locales, 92 000 réfugiés sont arrivés en République démocratique du Congo (RDC).  Quelque 13 240 personnes sont entrées au Cameroun, au Tchad et en République du Congo.  Les réfugiés continuent d’affluer. 

Malgré un environnement opérationnel de plus en plus difficile en raison de l’insécurité et des contraintes d’accès, la réponse humanitaire se poursuit dans plusieurs régions de la RCA. 

République centrafricaine/Maintien de la paix

La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricain (MINUSCA) a indiqué que vendredi, lors du mini-sommet de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) sur la situation en République centrafricaine (RCA), les dirigeants régionaux d’État et de gouvernement ont reconnu la validité des élections de décembre.  Ils ont également appelé à un cessez-le-feu unilatéral et immédiat et demandé à autoriser promptement la libre circulation des personnes et des biens le long du couloir Douala-Bangui, tout en encourageant le Président Touadéra à poursuivre le dialogue. 

Aujourd’hui, la Cour constitutionnelle a annoncé les résultats définitifs du premier tour des élections législatives, qui se sont déroulées le mois dernier. Vingt-deux candidats ont été élus au premier tour.  La Cour constitutionnelle a ordonné à l’Autorité nationale des élections d’établir un nouveau calendrier pour l’achèvement des élections législatives dans les 118 circonscriptions restantes où les votes n’ont pas pu avoir lieu ou ont été annulés. 

Pendant ce temps, l’un des chefs des ex-Séléka, M. Mahamat Said Abdel Kani, a fait sa première comparution, vendredi, devant la Cour pénale internationale de La Haye où il doit répondre à des accusations de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre. 

La MINUSCA indique par ailleurs qu’un de ses convois a essuyé des tirs provenant de combattants armés non identifiés près de Bangassou, samedi.  Aucune victime n’a été signalée. 

Tableau d’honneur

L’Inde et Kiribati ont versé la totalité de leurs contributions au budget ordinaire de l’ONU, amenant à 25 le nombre d’États Membres à en avoir fait de même.

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