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24 mai 2021

Point de presse quotidien du Bureau du Porte-parole du Secrétaire général de l’ONU: 24 mai 2021

(La version française du Point de presse quotidien n’est pas un document officiel des Nations Unies)

Ci-dessous les principaux points évoqués par M. Stéphane Dujarric, Porte-parole de M. António Guterres, Secrétaire général de l’ONU:

Bélarus

Dans une déclaration publiée aujourd’hui, le Secrétaire général se déclare profondément préoccupé par l’apparent détournement d’un avion de ligne le 23 mai lequel a permis l’arrestation de M. Roman Protasevich, un ressortissant du pays à bord.  

République démocratique du Congo (RDC)

Le Secrétaire général est naturellement attristé par les pertes en vies humaines et les dégâts causés par l’éruption du Nyiragongo près de Goma en RDC.  Il exprime sa plus profonde sympathie aux familles affectées ainsi qu’au Gouvernement et au peuple de la RDC.

L’ONU est en effet préoccupé par le fait que la catastrophe coïncide avec des besoins humanitaires accrus dans la région, lesquels sont alimentés par l’insécurité et le ralentissement économique.

Les agences de l’ONN sur le terrain parlent de 13 morts dues à l’éruption et de 5 000 personnes qui ont perdu leur habitation.

Il est évident que ces nombres seront probablement revus à la hausse, au fur et à mesure que les informations nous parviendront.

Après l’éruption, la plupart des gens ont fui soit vers Sake dans le Nord-Kivu ou au Rwanda.

Le route entre Rutshuru et Goma est bloqué et il est important de noter qu’il s’agit de la principale route de desserte agricole vers Goma.  Les lignes électriques et les conduites d’eau ont aussi été endommagées; les coupures de courant et d’eau affectant environ 500 000 personnes.

La Mission des Nations Unies (MONUSCO) reste à un niveau d’alerte élevé.  Pendant l’éruption, plusieurs vols d’hélicoptère ont été organisés par la Mission, y compris avec des volcanologues à bord pour évaluer la trajectoire de la larve.  La Mission a donné les informations recueillies aux autorités locales pour les aider dans leurs efforts de secours.

La trajectoire de la lave s’est arrêtée près de Munigi, à cinq kilomètres environ du nord-est de Goma, soit très près de l’aéroport qui est toujours fermé.  La situation compromet évidemment le mouvement du personnel humanitaire et du maintien de la paix des Nations Unies ainsi que celui des travailleurs gouvernementaux.  Elle affecte aussi de toute évidence les évacuations.

Les gens qui ont fui commencent à rentrer progressivement chez eux mais des activités sismiques continuent d’être signalées.

Depuis le lancement de l’alerte, les équipes de l’ONU sur le terrain ont maintenu un contact constant avec les autorités provinciales, y compris le Bureau provincial de la protection des civils et l’Observatoire volcanique de Goma pour offrir conseils et appui.

Une évaluation rapide des besoins est en cours. Les agences humanitaires ont créé une cellule de crise à Goma pour coordonner les évaluations et les secours.

Avec le reste de la communauté humanitaire sur place, les équipes de l’ONU contribuent aux efforts du Gouvernement pour assurer eau, abris, soins de santé ou encore réunification familiale.  L’ONU mobilise d’autres matériels et appui.  Sa Mission est prête à déblayer les routes principales vers Goma, aussi tôt que les conditions le permettront.

L’éruption se produit au moment où les besoins humanitaires sont déjà élevés et augmentent dans la province du Nord-Kivu.  Quelque 44% des cinq millions de déplacés sont au Nord-Kivu où 33% des 3,2 millions d’habitants sont déjà dans une grave insécurité alimentaire.

Samoa

Dans une autre déclaration publiée aujourd’hui, le Secrétaire général dit suivre les développements à Samoa depuis les élections générales du 9 avril dernier. 

Assemblée mondiale de la Santé

Dans un message préenregistré à l’Assemblée mondiale de la Santé, le Secrétaire général note combien la COVID-19 a apporté un tsunami de souffrances, avec plus 3,4 millions de morts, 500 millions d’emplois perdus et des milliers de milliards de dollars effacés des comptes publics dans le monde entier.

Le Secrétaire général a ajouté que ce sont les plus vulnérables qui ont le plus souffert et a dit craindre que l’on ne soit encore loin de la fin.

Le Secrétaire général a appelé à une action mondiale coordonnée dans trois domaines.  Il a d’abord souligné que le monde doit agir avec détermination et solidarité pour stopper le virus, appelant à un plan d’urgence pour un accès équitable aux vaccins, aux dépistages et aux traitements.  Deuxièmement, il a souligné la nécessité de renforcer les systèmes de soins de santé primaire et de réaliser la couverture sanitaire universelle.  Enfin, il a prévenu qu’il faut se préparer à la prochaine urgence sanitaire.

Industrie extractive

Demain matin à 9 heures, le Secrétaire général a l’intention de convoquer une table ronde avec 14 chefs d’État et de gouvernement, et ministres, ainsi que des patrons de l’industrie extractive et des représentants de la société civile.  Il s’agit d’identifier des mesures concrètes pour transformer l’industrie extractive et optimiser sa contribution au développement durable.

Cette industrie est au centre de certaines des questions mondiales les plus pressantes, dont l’action climatique, la dette et l’espace fiscal, l’impôt et les flux financiers illicites mais aussi la réduction de la pauvreté, l’intégration sociale, les droits des femmes et ceux des autochtones, pour n’en citer quelques-unes.

La table ronde se diffusée en direct sur UN Webtv.  Seront publiés aujourd’hui, sous embargo, un communiqué de presse et un document d’orientation.

Réseau des femmes d’influence en Afrique

Dimanche dernier, la Vice-Secrétaire générale de l’ONU, Mme Amina Mohammed, a rejoint des Cheffes d’État africaines, anciennes et présentes, à une réunion du Réseau des femmes d’influence en Afrique convoquée par l’ancienne Présidente du Libéria, Mme Ellen Johnson Sirleaf, en appui à la Présidente de la Tanzanie.

La Vice-Secrétaire générale a promis le plein appui du système des Nations Unies à la Tanzanie et au continent.

Ce jeudi, elle devrait participer à une mission virtuelle de solidarité du Réseau des femmes d’influence en Afrique au Mozambique.  Y participeront aussi la militante des objectifs de développement durable et ancienne Première Dame du Mozambique, Mme Graça Machel, l’Envoyée spéciale de la Commission de l’Union africaine pour les femmes, la paix et la sécurité, Mme Bineta Diop, et la Cheffe d’ONU-Femmes, Mme Phumzile Mlambo-Ngcuka.

La mission sera composée de femmes leaders africaines de haut rang et discutera avec un large éventail de femmes leaders et de parties prenantes du Mozambique.

Conseil de sécurité

Ce matin, à la séance publique du Conseil de sécurité sur la sûreté et la sécurité des Casques bleus, M. Jean-Pierre Lacroix, Secrétaire général adjoint aux opérations de paix, a rappelé aux membres du Conseil que les soldats de la paix continuent d’opérer dans des environnements complexes où ils font face à un nombre croissant d’attaques perpétrées par des acteurs hostiles.

Il a souligné les mesures prises qui ont contribué aux progrès mais a ajouté, qu’avec 15 morts jusqu’ici parmi les Casques bleus, le Secrétariat a l’intention d’intensifier ses efforts.

Il a appelé les États Membres à assurer aux Casques bleus les équipements nécessaires et à déployer du personnel militaire de renseignement et d’information publique.  Il a sollicité un appui pour empêcher la fabrication d’engins explosifs improvisés, en particulier dans la région du Sahel.

M. Lacroix a aussi appelé au déploiement de femmes Casques bleus et à la fourniture d’un appui technique et politique à l’établissement des responsabilités pour les crimes commis contre les soldats de la paix.

Le Chef du Département des opérations, M. Atul Khare, et celui du Département de la sûreté et de la sécurité, M. Gilles Michaud, ont également pris la parole.

Territoire palestinien occupé

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) signale qu’à Gaza, le cessez-le-feu tient depuis vendredi dernier.  Il est important que toutes les parties aux hostilités travaillent à son maintien.

La vie quotidienne reprend dans tout Gaza.  Certaines des routes sont redevenues praticables et les autorités réparent les lignes électriques, les conduites d’eau et les réseaux des eaux usées.

Aujourd’hui, le point de passage d’Erez était ouvert au personnel humanitaire international.  Quant à celui de Kerem Shalom, aucun camion de biens humanitaires ou de marchandises n’y est passé aujourd’hui.  Les autorités israéliennes ont donné le feu vert à l’ONU pour faire passer les biens humanitaires mais il semble qu’il y ait une certaine confusion sur le type de biens qui peuvent emprunter ce point de passage.  L’ONU est en contact permanent avec les autorités israéliennes pertinentes pour obtenir des éclaircissements.

Mme Lynn Hastings, Coordonnatrice humanitaire pour le Territoire palestinien occupé, a passé le week-end à Gaza où elle a parlé à des gens qui ont subi des souffrances inimaginables pendant les 11 jours d’hostilités.

Dans une déclaration, elle dit que plusieurs familles ont été considérablement affectées par ce dernier cycle de combats.  Les gens n’ont cessé de lui dire que la population de Gaza est plus que jamais traumatisée.  Des bombardements intenses ont été menés sans pause aucune, de nombreuses habitations ont été détruites et beaucoup d’êtres chers sont morts.  Beaucoup de gens lui ont dit qu’ils se sentent démunis et sans espoir.

Mercredi ou jeudi, un appel humanitaire conjoint devrait être lancé.

Yémen

L’Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Yémen, M. Martin Griffiths, est arrivé aujourd’hui à Riyad pour des consultations.  Dans les jours à venir, il devrait s’entretenir avec des hauts responsables yéménites, des responsables saoudiens et des diplomates.  Sa visite s’inscrit dans ses efforts pour élaborer un plan visant la réduction des restrictions au mouvement des biens et des personnes, de et à partir du Yémen, un cessez-le-feu à l’échelle du pays et l’engagement des parties à reprendre le processus politique.

Pour empêcher une famine dévastatrice, le Programme alimentaire mondial (PAM) accroît son niveau d’aide alimentaire dans les coins les plus touchés du pays mais sa faculté à maintenir ses efforts jusqu’à la fin de l’année demeure incertaine.

Le PAM a besoin de 1,9 milliard de dollars cette année et à ce jour il n’en a reçu qu’1,24 milliard, ce qui rend les opérations possibles jusqu’au mois d’août seulement.  Au Yémen, près de 50 000 personnes vivent déjà dans des conditions similaires à la famine et cinq millions de personne sont en danger immédiat, souligne le PAM.  Un enfant meurt toutes les 10 minutes de diarrhée, de malnutrition ou d’une maladie respiratoire.

Le PAM a repris ses distributions mensuelles auprès de 350 000 personnes dans 11 districts, depuis le mois de février.

Afghanistan

Les ONG nationales et internationales ont confirmé leur engagement à continuer de travailler dans le pays et à aider des millions de personnes dans le besoin.

Entre 2020 et 2021, l’insécurité alimentaire et les impacts de la pandémie de COVID-19 ont presque doublé le nombre de gens qui ont besoin d’une assistance humanitaire, passant de 9,4 millions en janvier 2020 à 18,4 millions en janvier de cette année.  La violence se poursuit dans tout le pays, caractérisée par un nombre important de victimes parmi les civils et le déplacement de près de 100 000, cette année.

Malgré les problèmes, 3,7 millions de personnes ont reçu de l’aide au premier trimestre de cette année.  Avec ses partenaires humanitaires, l’ONU demande aux parties au conflit de protéger les civils, les agents humanitaires et les infrastructures civiles dont les écoles et les hôpitaux, conformément au droit humanitaire international.  L’ONU exhorte les parties à lui ouvrir un accès sans entrave et à faire en sorte que les agents humanitaires et les fournisseurs de services puissent travailler sans interférence.  L’ONU appelle aussi les donateurs et la communauté internationale à financer de toute urgence le Plan de réponse humanitaire pour l’Afghanistan qui cherche à collecter une somme de 1,3 milliard de dollars pour aider 15,7 millions de personnes.  N’a été reçue à ce jour que la somme de 167 millions de dollars, soit 13% des fonds nécessaires.

Soudan du Sud

Les agences humanitaires et leurs partenaires ont fermement condamné aujourd’hui ce qu’ils décrivent comme d’autres actes insensés de violence contre les agents humanitaires, en parlant des deux attaques distinctes du 21 mai.

Lors du premier incident, un médecin sud-soudanais qui travaillait pour le Comité international de secours a été brutalement assassiné dans un centre de santé de l’État de l’Unité.

Le même jour dans le même État, un convoi humanitaire qui transportait des agents du Comité international de secours a essuyé les tirs d’hommes armés aux alentours du village de Guol.  Heureusement, personne n’a été blessé.

Ces deux attaques sont intervenues seulement 10 jours après le meurtre d’un autre agent humanitaire à Budi dans l’Équatoria oriental, le 12 mai.

Les agents humanitaires au Soudan du Sud sont extrêmement alarmés par ces attaques croissantes, par le pillage des biens humanitaires et par les actes de destruction et de vandalisme contre les infrastructures.  Ces incidents se produisent surtout à Pibor dans l’État de Jongleï où plus de 108 000 personnes dans des zones isolées font face à des niveaux catastrophiques d’insécurité alimentaire.

Dans tout le Soudan de Sud, plus de 7,2 millions de personnes soit près de 60% de la population font face à une grave famine.

Avec les organisations humanitaires, l’ONU recherche la somme de 1,7 milliard de dollars pour aider 6,6 millions de personnes cette année, alors qu’à ce jour seuls 33% de cette somme a été reçue.

République centrafricaine

La Mission de l’ONU (MINUSCA) indique que 50 circonscriptions électorales ont organisé ce week-end l’élection de leurs représentants à l’Assemblée nationale.  De manière générale, les élections se déroulent sans heurt, des incidents très limités étant signalés et imputés à des éléments armés de la Coalition des patriotes pour le changement (CPIC).

Dans les circonscriptions de Bakouma et de Gadzi, les électeurs ont pu voter pour la première fois depuis 2020, grâce à la forte présence des Forces nationales de défense et de sécurité.  Avec l’appui des Casques bleus, ils ont sécurisé les bureaux de vote et les civils, conformément au Plan intégré de sécurité des élections.  En plus de l’appui multidimensionnel de l’ONU et des parties prenantes internationales, le processus a été supervisé par des observateurs centrafricains.  Les résultats provisoires sont attendus entre aujourd’hui et le 31 mai, la proclamation des résultats définitifs par la Cour constitutionnelle étant prévue vers le 28 juin.

Mécanisme COVAX

En Libye, les autorités accélèrent le programme national de vaccination après un seconde livraison de près 120 000 doses de vaccin contre la COVID-19.  Cette deuxième livraison ira aux groupes prioritaires mais aussi aux gens qui ont déjà reçu la première dose.

Selon le plan national, les migrants éligibles seront aussi vaccinés, ce qui est une bonne nouvelle.

L’équipe de pays des Nations Unies travaillent étroitement avec les autorités nationales pour préparer, recevoir et distribuer tous les vaccins contre la COVID-19.  Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a donné plus de 70 réfrigérateurs pour booster la chaîne du froid.  Il fournit aussi des centres d’isolement et de triage.

Pour sa part, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) fournit des conseils techniques aux autorités de la santé ainsi que des médicaments, des équipements et du matériel de laboratoire.

Au Chili, l’équipe de pays des Nations Unies signale que la pays a reçu, la semaine dernière, sa seconde livraison de plus 600 000 doses de vaccin grâce au Mécanisme COVAX.  L’équipe aide toujours les autorités à atténuer les impacts sanitaire, social et économique de la pandémie.

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