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ECOSOC/7047
18 mai 2021

ECOSOC: le Secrétaire général présente sa vision pour la poursuite de la réforme du système des Nations Unies pour le développement

L’ouverture, aujourd’hui, du débat annuel du Conseil économique et social (ECOSOC) consacré aux activités opérationnelles du système des Nations Unies pour le développement, a été l’occasion pour le Secrétaire général de l’ONU de faire le point sur la réforme du système des Nations Unies pour le développement et de présenter sa vision pour la suite.

C’est en décembre 2017 que le Secrétaire général avait transmis des propositions destinées à transformer substantiellement le système des Nations Unies pour le développement.  À l’issue de consultations intensives, le 1er juin 2018, l’Assemblée générale, dans sa résolution 72/279, a adopté un ensemble de réformes sans précédent pour repositionner ce système de manière à le rendre plus efficace.  C’est le résultat de ces actions que M. António Guterres a présenté ce matin.

Il a relevé qu’avec la pandémie de COVID-19, des années de progrès en matière de développement, et dans certains cas des décennies, ont été inversées, ce qui rend à la fois plus difficile et plus urgent de tenir la promesse du Programme 2030.  Selon le Secrétaire général, la pandémie a également été une épreuve décisive pour le nouveau système des coordonnateurs résidents et le système des Nations Unies pour le développement repositionné.  Sur la base des données disponibles à ce jour, « c’est un test que nous avons réussi avec un score solide », s’est-t-il réjoui. 

En effet, guidées par un cadre élaboré par le Groupe des Nations Unies pour le développement durable, et sous la direction des coordonnateurs résidents, les équipes de pays de l’ONU ont déployé 121 plans de réponse socioéconomique immédiate couvrant 139 pays et territoires.  Plus de trois milliards de dollars américains ont été réaffectés et 2 milliards supplémentaires ont été mobilisés pour donner la priorité à un soutien efficace et immédiat aux personnes que l’ONU sert, en coordination avec les gouvernements.

Le Secrétaire général a indiqué que le système des coordonnateurs résidents fonctionne désormais à pleine capacité, tandis que les équipes de pays sont de plus en plus centrées sur des cadres de coopération plus ambitieux pour progresser vers les objectifs de développement durable (ODD). 

De son avis, l’ONU est mieux placée aujourd’hui pour garantir des réponses plus adaptées aux contextes nationaux spécifiques et aux pays en situation particulière, notamment les petits États insulaires en développement (PEID).  M. Guterres a également salué les progrès réalisés dans l’avancement de l’examen régional, ainsi que dans la réalisation des engagements en matière de transparence et de résultats.  Les rapports annuels des équipes de pays des Nations Unies aux gouvernements hôtes sont désormais plus opportuns et plus axés sur les résultats, conformément aux priorités des pays, a-t-il notamment indiqué. 

« Mais devant l’ampleur sans précédent des défis actuels du relèvement post-COVID-19 et du développement durable, il est clair que nous devons aller plus loin », a indiqué le Secrétaire général qui a appelé à consolider rapidement des responsabilités plus solides et une présence et une configuration appropriées au niveau des pays.  Il a estimé que l’ONU doit continuer d’investir dans sa capacité à fournir des conseils stratégiques intégrés et à élargir les partenariats, pour ensuite appeler à renforcer le financement du système des Nations Unies pour le développement dans son ensemble, et du système des coordonnateurs résidents en particulier. 

Le pacte de financement représente un élément crucial des réformes, mais la mise en œuvre a été mitigée, a constaté M. Guterres qui a annoncé qu’au début du mois prochain, il entend partager ses propositions visant à renforcer la durabilité et la prévisibilité du modèle de financement.  Il a aussi fait part de son intention de demander au Comité consultatif pour les questions administratives et budgétaires (CCQAB) d’approuver la création d’un poste de directeur pour diriger un bureau d’évaluation à l’échelle du système qui sera appuyé par une petite équipe.

« Nous devons mobiliser la volonté politique, l’inventivité, les ressources financières et les technologies comme jamais auparavant », afin de parvenir à une « reprise transformatrice post-COVID-19 », a déclaré pour sa part le Président du Conseil économique et social (ECOSOC).  M. Munir Akram a notamment relevé qu’alors que certains des pays les plus grands et les plus riches commencent à surmonter cette crise, les pays les plus pauvres sont freinés par le manque d’accès au vaccin et se voient paralysés par le fardeau de la dette, ainsi que par les faiblesses de leurs économies et de leurs systèmes sociaux.  « Nous devons raviver l’esprit de coopération et de solidarité internationales qui a guidé les auteurs de la Charte des Nations Unies et les négociateurs du Programme 2030 », a plaidé le Président de l’ECOSOC. 

L’intervention du Secrétaire général a été suivie d’une discussion interactive au cours de laquelle les États Membres ont salué les avancées qu’a connues le système des Nations Unies pour le développement, sans manquer de faire des propositions pour l’améliorer. 

Dans l’après-midi, le Conseil a tenu un débat interactif avec la Vice-Secrétaire générale, Mme Amina Mohammed, en sa qualité de Présidente du Groupe des Nations Unies pour le développement durable, ainsi qu’avec le Directeur du Bureau de la coordination des activités de développement (BCAD), M. Robert Piper.

L’ECOSOC poursuivra son examen des activités opérationnelles de développement de l’ONU demain, mercredi 19 mai, à partir de 11 heures.

Session 1 - Discours liminaires et dialogue interactif avec le Secrétaire général

Déclarations liminaires

M. MUNIR AKRAM, Président du Conseil économique et social (ECOSOC), a indiqué que cette réunion se tient alors que la pandémie de COVID-19 continue d’infliger des souffrances à l’échelle mondiale et d’inverser des décennies de progrès s’agissant des objectifs de développement durable (ODD).  Alors que certains des pays les plus grands et les plus riches commencent à surmonter cette crise, les pays les plus pauvres sont freinés par le manque d’accès au vaccin et se voient paralysés par le fardeau de la dette, ainsi que par les faiblesses de leurs économies et de leurs systèmes sociaux.  Nous devons raviver l’esprit de coopération et de solidarité internationales qui a guidé les auteurs de la Charte des Nations Unies et les négociateurs du Programme 2030, a plaidé le Président de l’ECOSOC.  « Nous devons mobiliser la volonté politique, l’inventivité, les ressources financières et les technologies comme jamais auparavant », afin de parvenir à une « reprise transformatrice post-COVID-19 ».

Saluant la position avant-gardiste du système de développement des Nations Unies dans la riposte à la pandémie, M. Akram y a vu le fruit des réformes lancées en 2008.  Il s’est félicité que le système revigoré des coordonnateurs résidents soit désormais fermement en place, avec une nouvelle indépendance et une direction plus forte.  De plus, a-t-il noté, la nouvelle génération d’équipes de pays de l’ONU prend forme et se révèle mieux adaptée aux besoins et aux priorités nationales.  Comme le montre le rapport du Secrétaire général, les pays ressentent l’impact positif de la réforme sur le soutien qu’ils reçoivent du système de développement des Nations Unies à la fois pour répondre à la COVID-19 et pour poursuivre leurs priorités de développement à long terme.

En décembre dernier, a poursuivi le Président de l’ECOSOC, l’Assemblée générale a reconnu les progrès accomplis pour rendre le système de développement des Nations Unies plus cohérent, plus efficace et plus efficace.  À cet égard, a-t-il relevé, la résolution sur l’examen quadriennal complet des activités opérationnelles a fourni une orientation stratégique pour guider le système de développement des Nations Unies dans ses travaux importants des quatre prochaines années.  À ses yeux, cette résolution est allée au-delà de l’orientation traditionnelle sur les modalités de travail et l’architecture du système de développement des Nations Unies en demandant à ce dernier de soutenir des politiques intégrées pour réaliser les ODD et aider les pays à ne laisser personne de côté.  Elle identifie en outre des domaines politiques spécifiques tels que la protection sociale, l’éducation ou les changements climatiques, dans lesquels le système de développement des Nations Unies doit renforcer son soutien.

M. Akram a rappelé que le segment des activités opérationnelles de l’ECOSOC sert de plateforme de responsabilisation et supervise la performance et les résultats du système de développement des Nations Unies en soutenant la mise en œuvre du Programme 2030 et de l’examen quadriennal 2020. Il a noté que, dans son rapport, le Secrétaire général décrit « sans complaisance » les réalisations mais aussi les défis et les faiblesses qui subsistent dans la réforme du système de développement des Nations Unies.  Il partage également sa « vision » pour répondre à l’examen quadriennal 2020, avec l’état d’esprit et la détermination qui ont caractérisé la riposte du système à la COVID-19, soulignant la nécessité de soutenir les pays en situation particulière et de remédier aux vulnérabilités de toutes sortes.  Le Secrétaire général parle aussi de partenariats et de la nécessité de coopérer avec les institutions financières internationales, s’est réjoui M. Akram.  Le rapport souligne ainsi les domaines dans lesquels des efforts supplémentaires sont nécessaires, a-t-il ajouté, avant de souhaiter que le dialogue de cette matinée avec le Secrétaire général sur son évaluation, ses plans et sa vision permettra de faire le point sur le déroulement des « réformes historiques » engagées.

Le Secrétaire général de l’ONU, M. ANTÓNIO GUTERRES, a présenté le rapport relatif à l’application, en temps de crise, de la résolution 75/233 de l’Assemblée générale sur l’examen quadriennal complet des activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies, ainsi que sa vision concernant la poursuite de la réforme du système des Nations Unies pour le développement.

Il a rappelé que la pandémie de COVID-19 a déjà coûté la vie à plus de trois millions de personnes.  Quelque 131 millions de personnes ont été poussées dans l’extrême pauvreté, le chômage a grimpé en flèche et des milliards de personnes ont vu leurs moyens de subsistance disparaître du jour au lendemain.  Et les plus vulnérables de nos sociétés, en particulier les femmes et les jeunes, ont été affectés de manière disproportionnée.  De ce fait, des années de progrès en matière de développement, et dans certains cas des décennies, ont été inversées, ce qui rend à la fois plus difficile et plus urgent de tenir la promesse du Programme de développement durable à l’horizon 2030.

À bien des égards, a poursuivi le Secrétaire général, la crise de COVID-19 a mis en lumière la coopération internationale.  Dans des domaines tels que la solidarité financière internationale ou l’équité en matière de vaccins, des lacunes massives ont été révélées.  Mais dans d’autres, comme la lutte contre les impacts socioéconomiques sur le terrain, nous avons vu la valeur et l’énorme potentiel de la coopération internationale pour le développement et le courage et la résilience des populations.

La pandémie de COVID-19 a également été une épreuve décisive pour le nouveau système des coordonnateurs résidents et le système des Nations Unies pour le développement repositionné.  Sur la base des données disponibles à ce jour, c’est un test que nous avons réussi avec un score solide, s’est-t-il réjoui.  En quelques mois, guidées par un cadre élaboré par le Groupe des Nations Unies pour le développement durable, et sous la direction des coordonnateurs résidents, les équipes de pays de l’ONU ont déployé 121 plans de réponse socioéconomique immédiate couvrant 139 pays et territoires.  Plus de trois milliards de dollars ont été réaffectés et deux milliards supplémentaires ont été mobilisés pour donner la priorité à un soutien efficace et immédiat aux personnes que nous servons, en coordination avec les gouvernements.

Les pays en développement ont fourni des commentaires positifs sur la réponse globale, a-t-il poursuivi.  Plus de 90% des capitales conviennent que les coordonnateurs résidents ont contribué à garantir une réponse cohérente des Nations Unies face à la pandémie, ainsi qu’une appropriation nationale.  Et plus de 80% ont confirmé que nous avions réussi à cibler les groupes à risque, les plus touchés par cette crise.  Les données suggèrent que les gouvernements s’accordent à une écrasante majorité sur le fait que les équipes de pays de l’ONU sont désormais plus adaptées à leurs besoins de développement; que les coordonnateurs résidents sont plus efficaces pour diriger les équipes de pays; et qu’elles servent de véritable point d’entrée pour accéder au système des Nations Unies au niveau des pays.

Le Secrétaire général a souligné, en premier lieu, que le système des coordonnateurs résidents fonctionne désormais à pleine capacité, et que les équipes de pays sont de plus en plus centrées sur des cadres de coopération plus ambitieux pour progresser vers les objectifs de développement durable.  On constate un meilleur engagement avec les commissions économiques régionales, « une véritable révolution dans le système des Nations Unies », ainsi qu’avec des entités des Nations Unies qui n’ont pas de présence physique sur le terrain et, dans un nombre croissant de cas, avec des institutions financières internationales. 

Deuxièmement, l’ONU est mieux placée aujourd’hui pour garantir des réponses plus adaptées aux contextes nationaux spécifiques et aux pays en situation particulière.  C’est notamment le cas pour le soutien aux petits États insulaires en développement (PEID) où on a constaté des progrès rapides dans le renforcement des capacités et de l’offre des bureaux multipays.  Ainsi, avec le nouveau système des coordonnateurs résidents au centre, les équipes de pays de l’ONU ont renforcé leur capacité à assurer une planification conjointe et tirer des ressources de tous les piliers pour servir le Programme 2030.

Troisièmement, des progrès ont aussi été réalisés dans l’avancement de l’examen régional.  Toutes les régions sont passées aux nouvelles plateformes régionales de collaboration et ont tenu leurs premières réunions en mars de cette année, parallèlement aux forums régionaux pour le développement durable.  Des pôles de connaissances sont en cours de déploiement pour aider à rendre l’expertise politique et les experts au niveau régional plus facilement accessibles aux équipes de pays de l’ONU et aux gouvernements. 

En quatrième lieu, le Secrétaire général a fait état de progrès dans la réalisation des engagements en matière de transparence et de résultats.  Les rapports annuels des équipes de pays de l’ONU aux gouvernements hôtes sont désormais plus opportuns et plus axés sur les résultats, conformément aux priorités des pays.  Plus de 70 évaluations conjointes ont été menées par les systèmes de développement des Nations Unies en 2020, et l’ONU a progressé régulièrement vers la création officielle du bureau d’évaluation à l’échelle du système.  M. Guterres a annoncé qu’il entend demander au Comité consultatif pour les questions administratives et budgétaires (CCQAB) d’approuver la création d’un poste de directeur pour diriger ce bureau qui sera appuyé par une petite équipe.  Le directeur relèvera directement du Secrétaire général et aura l’obligation de partager les rapports directement avec le Conseil économique et social. 

Cinquièmement, le système onusien a progressé dans la voie de garantir des opérations commerciales plus efficaces.  On estime que les gains d’efficacité ont augmenté de 57% entre 2019 et 2020, a relevé M. Guterres, notant que cela signifie que 100 millions de dollars supplémentaires ont été libérés pour les activités de développement plutôt que pour les coûts bureaucratiques.

Mais avec l’ampleur sans précédent des défis actuels du relèvement post-COVID-19 et du développement durable, il est clair que nous devons aller plus loin, a indiqué le Secrétaire général, en identifiant trois des domaines cruciaux dans lesquels il faut faire davantage.  Premièrement, il faut consolider rapidement des responsabilités plus solides ainsi qu’une présence et une configuration appropriées au niveau des pays.  En effet, 65% des entités de l’ONU indiquent qu’elles n’ont toujours aucune obligation formelle de tirer les résultats de leurs programmes de pays du Plan-cadre de coopération des Nations Unies pour le développement durable.  « Trois ans après la décision de l’Assemblée générale, cela est décevant », a déploré M. Guterres qui a appelé le Groupe des Nations Unies pour le développement durable à prendre les mesures nécessaires pour que les nouvelles responsabilités des équipes de pays de l’ONU soient pleinement ancrées.

Le deuxième domaine dans lequel nous devons continuer d’investir est notre capacité à fournir des conseils stratégiques intégrés et à élargir les partenariats, a enchaîné le Secrétaire général.  Pour ce faire, il a appelé à un changement important de mentalité.  Au-delà du soutien aux projets, il a dit attendre que le système des Nations Unies pour le développement apporte ses connaissances et ses conseils politiques sur certains des « changements sismiques » nécessaires pour atteindre les objectifs de développement durable, de l’économie verte et la numérisation à l’égalité des sexes et l’inclusion sociale.  Mais pour que cela se produise à grande échelle, il faut une plus grande ambition, a-t-il insisté. 

Ainsi, « l’Initiative pour le financement du développement à l’ère de la COVID-19, que j’ai entreprise avec les Chefs de gouvernement du Canada et de la Jamaïque, a montré ce qui peut être fait », a-t-il témoigné.  Il a noté que cette Initiative a également facilité le renforcement des relations entre l’ONU, le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale et d’autres institutions financières internationales.  Il a ensuite salué l’extension de l’initiative de suspension du service de la dette du G20 et du cadre commun pour les traitements de dette, souhaitant que l’éligibilité soit étendue aux pays vulnérables à revenu intermédiaire qui sont pris dans le cycle du surendettement.

Le troisième domaine nécessitant une action accrue est le financement du système des Nations Unies pour le développement dans son ensemble, et du système des coordonnateurs résidents en particulier.  Le pacte de financement représente un élément crucial des réformes, mais la mise en œuvre a été au mieux mitigée, a constaté M. Guterres.  Je suis particulièrement préoccupé par le fait que la part du financement volontaire pour les activités liées au développement reste faible, et le financement des fonds communs est bien en deçà des niveaux attendus, a-t-il confessé.  Il a aussi déploré le fait que le système de développement reste fortement dépendant d’un très petit nombre de contributeurs, avant d’appeler les gouvernements à investir pleinement dans les réformes.  De même, le manque de financement pour le système des coordonnateurs résidents sape également nos objectifs communs d’un système des Nations Unies pour le développement plus efficace, responsable et transparent, a-t-il assené, se désolant que le système des coordonnateurs résidents ait accusé un déficit de financement de plus de 70 millions de dollars en 2020, malgré le paiement intégral des contributions de partage des coûts du Groupe des Nations Unies pour le développement durable.  Ce qui manquait, c’était des contributions volontaires pour atteindre les objectifs.

Pourtant, si nous progressons, c’est parce que nous pouvons désormais compter sur une fonction de coordination renforcée, a expliqué le Secrétaire général.  Il a alerté que si cette dynamique n’est pas maintenue, la capacité à maximiser les résultats de ces réformes pourrait être compromise, faisant ainsi dérailler davantage le soutien au Programme 2030.  Il a annoncé qu’en début du mois prochain, il entend partager ses propositions visant à renforcer la durabilité et la prévisibilité du modèle de financement dans son rapport sur le fonctionnement du système renforcé des coordonnateurs résidents.  Ce système doit appartenir à tous les États Membres pour permettre aux coordonnateurs résidents d’être les catalyseurs impartiaux et compétents dont le nouveau programme a besoin, a souligné M. Guterres.  Pour lui, la coordination du développement est au cœur de la stratégie.  Plus que jamais, je suis absolument convaincu qu’une fonction de coordination plus robuste -à moins de 1% des contributions annuelles aux activités opérationnelles de développement- apporte une immense valeur, a-t-il conclu.

Discussion interactive des États Membres avec le Secrétaire général

Après que le Secrétaire général ait présenté son rapport, les États Membres ont réagi, saluant les avancées qu’a connu le système des Nations Unies pour le développement, sans manquer de faire des propositions pour l’améliorer, ou de demander des comptes à M. António Guterres qui a apporté des éclaircissements. 

C’est ainsi qu’au nom des délégations du Canada, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, l’Australie a souhaité que l’égalité entre les sexes et la question du handicap soient pleinement intégrées dans la réforme.  À ce sujet, le Secrétaire général a noté qu’en 2020, 90% des équipe de pays ont adopté une approche de fonctionnement tenant compte de l’égalité des sexes.  Pour lui, même si la situation n’est pas parfaite, « on avance tout de même ».  Il a ensuite dit partager les remarques du Guatemala qui s’exprimait au nom du Groupe de pays de même sensibilité pour la promotion des pays à revenu intermédiaire.  Cette délégation a attiré l’attention sur la situation de ce groupe de pays qui souffre notamment d’un endettement chronique et qui compte les trois quarts de la population mondiale et 62% des pauvres.  Justement, la Guinée, au nom du Groupe des 77 et la Chine (G77), a rappelé que l’éradication de la pauvreté est le défi majeur à relever.  En outre, en soutenant les États, le système des Nations Unies pour le développement doit tenir compte des priorités nationales et promouvoir l’appropriation nationale. 

Antigua-et-Barbuda, au nom de l’Alliance des petits États insulaires, a rappelé que ces pays font face à des chocs extérieurs et des catastrophes naturelles de manière régulière.  Ces pays espèrent donc que le système des Nations Unies pour le développement va veiller à ne point les laisser à la traine.  Il est particulièrement crucial qu’ils soient accompagnés dans la mise en œuvre des Orientations de Samoa, a insisté la délégation.  Dans ce contexte, l’établissement de bureaux multipays est particulièrement important pour ces États qui ont besoin de financements pour assurer leur relèvement post-COVID-19, notamment dans un contexte où la saison des ouragans commence de nouveau.  En la matière, le Secrétaire général a reconnu l’importance d’avoir une approche de développement spécifique et adaptée aux petits États insulaires en développement (PEID).

Les États-Unis ont annoncé que leur contribution au renforcement du système des coordonnateurs résidents sera le même que pour les années précédentes, soit 23 millions de dollars.  Le pays a demandé plus de responsabilité d’un système des Nations Unies pour le développement qui, a-t-il estimé, doit gagner en efficacité sur le terrain.  M. Guterres n’a pas dit le contraire, soulignant néanmoins que le système serait plus efficace si les États eux-mêmes soutenaient convenablement les financements par des fonds communs.  « Tout le monde demande de la coordination, mais personne ne veut financer les fonds de financement commun interinstitutions », a-t-il déploré.  Les financement préaffectés n’encouragent pas une stratégie commune, a-t-il expliqué.   

Le Bangladesh a aussi relevé que l’ONU a besoin de fonds adéquats pour être à la hauteur de sa tâche.  Il faut donc trouver des ressources additionnelles qui peuvent venir des transferts des technologies en faveur des pays les moins avancés (PMA).  La délégation a également insisté sur l’impératif de garantir un accès au vaccin contre la COVID-19 et de reconstruire en mieux.  Cela passe par le transfert des technologies vaccinales aux pays en développement dotés de capacités nécessaires pour produire les vaccins, a plaidé la délégation.  Le Mexique a aussi insisté sur l’accès équitable au vaccin contre la COVID-19, tout en exhortant à ne pas oublier l’action climatique.  Le Secrétaire général a remercié la Fédération de Russie qui a distribué le vaccin Sputnik à l’échelle internationale, rappelant également l’action similaire de la Chine en soutien aux Casques bleus.  À son tour, la Fédération de Russie a demandé que les Nations Unies fassent davantage pour évaluer l’impact des sanctions économiques imposées par certains pays dans les futurs rapports du Secrétaire général.

Le Royaume-Uni, comme bon nombre d’États, a salué la valeur ajoutée du nouveau système des coordonnateurs résidents, notamment dans le contexte de la lutte contre la pandémie.  Il est préoccupant de constater que 47% des entités onusiennes n’ont pas encore modifié leur structure de fonctionnement afin de veiller à ce que les bureaux sur le terrain rendent compte aux coordonnateurs de pays, s’est inquiétée la délégation.  De plus, comment veiller à ce que toutes les entités puissent mettre en œuvre le cadre de gestion et de responsabilité?  Cela viendra au fur et à mesure, car pour le moment, chaque agence a sa manière de procéder et il faudra un peu de temps pour qu’elles s’adaptent à la nouvelle donne, a constaté le Secrétaire général.

La République de Corée a prôné une meilleure coopération entre les acteurs du développement, de la paix et de la pérennisation de la paix, alors que la Norvège a insisté sur une meilleure coordination entre acteurs régionaux.  À ce propos, le Secrétaire général a évoqué la coordination des activités de terrain au Sahel, avec un accent pour les activités de consolidation de la paix.  Selon lui, « tout le monde aime bien le fonds de consolidation de la paix, mais il a des capacités de financement limitées ». 

L’Indonésie a pour sa part demandé une plus grande mobilisation des partenariats en faveur du système des Nations Unies pour le développement, tandis que le Maroc, le Japon et l’Union européenne ont plaidé pour l’amélioration du système des coordonnateurs résidents.

Session 2 - Rapport de la Présidente du Groupe des Nations Unies pour le développement durable sur le Bureau de la coordination des activités de développement (BCAD) et le nouveau système des coordonnateurs résidents: qu’est-ce qui a été accompli, quelles sont les prochaines étapes et comment renforcer les résultats à l’échelle de l’ONU en appui au Programme 2030?

Déclarations liminaires

M. SERGIY KYSLYTSYA, Vice-Président de l’ECOSOC et Président du segment des activités opérationnelles pour le développement, a noté que, trois ans après le lancement de la réforme du système de développement de l’ONU, le rapport de Mme Amina J. Mohammed, Vice-Secrétaire générale et Présidente du Groupe des Nations Unies pour le développement durable, donne une idée générale des défis rencontrés.  Il met notamment l’accent sur les résultats obtenus par le système dans sa réponse multidimensionnelle à la pandémie de COVID-19 et montre l’utilité d’un système plus coordonné.  Mais la réforme doit aller plus loin, a-t-il ajouté, précisant que le processus d’examen du système des coordonnateurs résidents se poursuivra le mois prochain.

Prenant à son tour la parole, Mme AMINA J. MOHAMMED, Vice-Secrétaire générale des Nations Unies et Présidente du Groupe des Nations Unies pour le développement durable, a tout d’abord observé qu’avec la crise mondiale provoquée par la COVID-19, les capacités revitalisées du système des coordonnateurs résidents se sont révélées essentielles, notamment en qui concerne l’avancement du Programme 2030.  

Pour renforcer ce système et permettre aux coordonnateurs résidents de mieux aider les pays, des efforts importants ont été réalisés, a souligné Mme Mohammed.  Elle a ainsi noté que 52% des coordonnateurs résidents sont désormais des femmes et que 48% viennent de pays de programmes.  De plus, le Centre d’évaluation des coordonnateurs résidents a été revu, tandis que le Bureau de la coordination des activités de développement a gagné en opérationnalité.  Selon les contextes, a-t-elle indiqué, les bureaux des coordonnateurs résidents peuvent compter sur des capacités supplémentaires et travailler en profondeur sur des questions comme l’autonomisation des femmes et des jeunes.  Par ailleurs, des plateformes consultatives régionales sont prêtes à l’emploi dans les cinq régions, ce qui permet de renforcer la culture de développement des Nations Unies, de procéder à une meilleure collecte de données et de gérer plus efficacement les dépenses des fonds d’affectation spéciale.     

Mme Mohammed s’est félicitée que la grande majorité des gouvernements aient reconnu la pertinence du système depuis le lancement de la réforme.  Notant que l’accent est systématiquement mis sur les groupes désavantagés, conformément à l’engagement de ne laisser personne de côté, elle a aussi salué le fait qu’en 2020, les fonds communs des objectifs de développement durable aient levé 500 millions de dollars et financé 105 programmes.  Grâce à l’appui au financement des ODD, 15 entités des Nations Unies sont directement présentes dans 69 pays en développement, a-t-elle précisé, espérant que ces chiffres évolueront à la hausse dans les prochaines années.  En 2021, alors que l’accent reste mis sur la réponse à la pandémie, des équipes sur le terrain couvrent 139 pays et territoires et fournissent des services sanitaires essentiels à quelque 240 millions de personnes, en particulier dans les pays les moins avancés (PMA), les pays en développement sans littoral et les petits États insulaires en développement (PIED).  La réforme a ainsi aidé à renforcer l’action vaccinale contre la COVID-19, rendue plus efficace par la coordination entre l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’UNICEF et le système des coordonnateurs résidents. 

Pour la Vice-Secrétaire générale, plusieurs domaines doivent néanmoins être traités en priorités pour assurer le succès de cette réforme.  Il convient notamment que le Groupe des Nations Unies pour le développement durable attire les talents et que le système des coordonnateurs résidents aligne ses modèles et politiques pour assurer une réponse plus coordonnée.  Il faut d’autre part que la composition des équipes soit revue en fonction des besoins et que les coordonnateurs résidents puissent passer de petits projets à des solutions politiques plus intégrées.  Il importe aussi de renforcer les partenariats avec les institutions financières internationales et augmenter les investissements dans des systèmes de données communs pour les ODD.  Enfin, Mme Mohammed a plaidé pour une plus grande prévisibilité du financement du développement.  L’objectif budgétaire de 280 millions de dollars n’a pu être réalisé en 2020 et on prévoit encore des lacunes en 2021, a-t-elle noté, avertissant que ce sous-financement risque d’entraîner une diminution du budget opérationnel et des investissements des partenaires de développement.   

Les résultats obtenus ces dernières années n’ont toutefois été possibles que grâce au travail acharné du système des coordonnateurs résidents, a-t-elle souligné en conclusion.  « Nous avons fait un long chemin », mais beaucoup reste à faire pour assurer une reprise robuste et durable, tout en contribuant aux objectifs de développement durable en cette décennie d’action. 

Discussion interactive

Le dialogue interactif qui a suivi ces interventions s’est centré sur les efforts du Bureau de la coordination des activités de développement (BCAD) pour mettre en œuvre la réforme du système de développement, avec pour pièce maîtresse le nouveau système des coordonnateurs résidents.  Tout en saluant cette avancée, les États-Unis ont jugé essentiel que l’ONU mette à présent en place un mécanisme de responsabilisation des coordonnateurs résidents afin de suivre, évaluer et rendre compte systématiquement de leurs performances et de leurs résultats. 

De l’avis de la Suisse, qui s’exprimait au nom d’un groupe de pays, le premier exercice du nouveau système a confirmé le besoin d’un bureau d’évaluation indépendant à l’échelle du système pour mesurer l’appui collectif aux ODD.  Pour réussir, a-t-elle estimé, ce bureau doit être fonctionnellement indépendant de la direction pour garantir sa crédibilité et doit rendre compte directement au Secrétaire général.  Il doit en outre compléter et non remplacer le travail d’évaluation des entités des Nations Unies et se concentrer sur la performance du système des coordonnateurs résidents. 

Après avoir souligné l’importance d’intégrer la dimension de genre dans les domaines d’action des coordonnateurs résidents, la Finlande s’est interrogée sur la contribution du secteur privé, des institutions financières et de la société civile dans l’action des coordonnateurs résidents, tandis que la Norvège s’intéressait à la qualité analytique des cadres de coopération pour le développement.  Elle a souhaité savoir si le BCAD effectue des évaluations de ces cadres pour s’assurer qu’ils sont à la hauteur des attentes.  

Le système de coordination revitalisé a démontré le leadership de l’ONU en matière de développement, a constaté le Mexique qui a jugé que l’efficacité du système sur le terrain a des marges de progression.  S’il faut atteindre les ODD, il importe en premier lieu de garantir le relèvement, a-t-il souligné, avant de rappeler que l’une des conditions à cette reprise est la distribution équitable des vaccins contre la COVID-19. 

En réponse à ces remarques et questions, la Vice-Secrétaire générale a qualifié d’essentiel le mécanisme d’évaluation, le but étant de faire en sorte que le système fonctionne et puisse garantir la mise en œuvre des ODD.  Le fait que le BCAD fasse rapport au Secrétaire général démontre en outre qu’il y a transparence et redevabilité.  Remerciant ensuite les États-Unis pour leur dotation de 23 millions de dollars au système des coordonnateurs résidents, elle a à nouveau souhaité que les financements soient plus prévisibles. 

S’agissant de l’égalité des sexes et de l’intégration des personnes handicapées, Mme Mohammed a assuré que ces questions ont été traitées dans le cadre de la réforme, l’action des équipes dans une dizaine de pays devant servir de fer de lance à cet égard.  Quant aux cadres de coopération, elle a convenu qu’ils ont été mis à mal par la pandémie.  À ses yeux, il faut davantage utiliser le poids des institutions financières au niveau des pays, notamment pour aider ceux qui sont confrontés au fardeau de la dette et aux restrictions fiscales.  Elle a toutefois signalé des partenariats réussis dans des domaines comme la protection sociale, l’éducation à distance et la protection contre les violences sexistes. 

Insistant en outre sur l’importance de disposer de cadres de coopération de qualité, la Vice-Secrétaire générale a déclaré avoir des discussions inclusives à ce sujet avec des donateurs mais aussi d’autres parties prenantes comme la société civile et le monde universitaire.  Si les problèmes de financement restent un motif de préoccupation, nous avons beaucoup appris quant à la manière dont les pays gèrent leurs contraintes financières, a-t-elle confié.  Selon elle, cela permet aux équipes de pays de mieux prêter assistance aux gouvernements et de contribuer ainsi aux ODD.  

Enfin, en réponse au Mexique, Mme Mohammed a confirmé l’importance de l’accès de tous aux vaccins, « faute de quoi nous ne parviendrons pas à surmonter cette crise ».  Nous devons trouver la volonté politique nécessaire, a-t-elle affirmé, avant de rendre hommage au système de l’ONU, et notamment à l’OMS et à l’UNICEF, dont le travail remarquable, en coordination avec le système des coordonnateurs résidents, permet de faire avancer la vaccination. 

Répondant à son tour aux délégations, M. ROBERT PIPER, Sous-Secrétaire général et Directeur du Bureau de la coordination des activités de développement (BCAD), a mis l’accent sur la présentation dans le rapport de résultats consolidés.  C’est première fois que nous établissons un rapport agrégé au niveau du système des Nations Unies, a-t-il expliqué, en soulignant l’importance de ce type de données pour des questions comme la pauvreté ou encore le développement urbain. 

Pour ce qui est du rôle du BCAD dans les partenariats, sa capacité reste assez modeste, a-t-il indiqué, une seule personne y travaillant avec les institutions financières et deux autres personnes étant chargées des questions financières.  Mais le système dispose de 131 bureaux de coordonnateurs résidents et ce sont eux qui font la différence, a relevé le Sous-Secrétaire général.  Évoquant ensuite la nouvelle génération des cadres de coopération, il a fait état d’efforts de sensibilisation auprès des groupes vulnérables menés par les équipes de pays et les bureaux des coordonnateurs résidents.  Il a estimé que leur travail a gagné en qualité, notamment en matière d’analyses économiques au plan régional. 

M. Piper a par ailleurs noté que de nombreuses équipes de pays ont enregistré une augmentation du nombre de leurs membres, en particulier grâce à la coopération avec des agences spécialisées.  Il a enfin indiqué que le Bureau s’emploie à intégrer d’anciens coordonnateurs résidents pour bénéficier de leur expérience, tout en constituant des « réserves de talents » pour l’avenir.  

Un deuxième dialogue interactif a ensuite vu Cuba s’alarmer sur la non-durabilité et la non-prévisibilité du budget du système des coordonnateurs résidents.  Convaincue que le système doit maintenir une approche axée sur le développement et l’élimination de la pauvreté, la délégation a demandé au Sous-Secrétaire général comment la mise en œuvre des mandats de repositionnement des actifs régionaux a contribué au travail des coordonnateurs résidents dans le contexte de la pandémie. 

Rappelant quant à lui que les coordonnateurs résidents sont responsables de la planification et de la réalisation des programmes, le Royaume-Uni a souhaité savoir comment faire mieux comprendre aux États Membres les cadres de coopération.  Il a d’autre part demandé des éclaircissements sur les financements et les points d’engagement avec les institutions financières.  Un aspect également évoqué par la République de Corée qui, tout en plaidant pour un renforcement des liens avec le secteur privé, a voulu savoir comment le Bureau compte éviter une diminution des fonds à sa disposition.  De son côté, l’Allemagne a appelé de ses vœux une structure de financement plus stable et plus viable. 

Dans ses réponses, le Directeur du BCAD a indiqué que des changements importants sont intervenus depuis mai 2020 en ce qui concerne la reconfiguration des biens régionaux en soutien au système des coordonnateurs résidents.  Le plus important réside, selon lui, dans les analyses que fournissent les cinq commissions économiques régionales aux équipes de pays, participant ainsi aux cadres de coopération.  Il a aussi fait état d’un grand effort en matière de gestion des connaissances et des ressources humaines.  Une plateforme commune a ainsi été créée pour cartographier les 8 000 personnes qui travaillent dans les pays, de sorte que le système puisse trouver les compétences nécessaires dans ses propres effectifs. 

M. Piper a ensuite souligné le travail de son Bureau avec les institutions spécialisées, dont un grand nombre collaborent désormais avec les coordonnateurs résidents.  Si les choses évoluent lentement, il y a néanmoins une « stimulation positive », a-t-il dit.  Il a également jugé que le mécanisme de fonds interinstitutions entraîne une forte coopération, des gains d’efficacité étant enregistrés grâce à ce regroupement des ressources au niveau mondial.  Il a d’autre part observé que la crise actuelle offre la possibilité de relancer et amplifier le programme de partenariat avec les institutions financières. 

S’agissant du recrutement des coordonnateurs résidents, M. Piper a précisé que la réflexion actuelle vise à déterminer si une carrière peut être proposée aux candidats.  Il faudrait pour cela un financement stable, a-t-il reconnu, se disant personnellement favorable à ce que les coordonnateurs résidents puissent assumer des fonctions de haut niveau pendant deux cycles avant de revenir à leur poste initial. 

Au commentaire de l’Allemagne sur la gestion des fonds, M. Piper a indiqué qu’il n’y a encore que 35 équipes de pays qui utilisent des fonds interinstitutions regroupés.  Or il en faudrait davantage, a-t-il convenu.  Encourageant les équipes qui n’ont pas encore mis en place ce type de financement à le faire, il a estimé que cela permettrait d’éviter les risques de doublons. 

Enfin, M. Piper a signalé une évolution significative des équipes sur l’égalité des sexes.  En 2020, a-t-il relevé, 94% des équipes ont soumis un rapport sur cette question contre 83% en 2018.  De plus, certaines équipes mettent en œuvre des actions conjointes sur ce thème, tandis que les évaluations à l’échelle du système sont plus nombreuses qu’il y a quatre ans.  Pour l’intégration des personnes handicapées, une nouvelle stratégie lancée l’an dernier introduit une carte de notation et 10 équipes de pays se sont portées volontaires pour la mettre en place, a-t-il expliqué, souhaitant que le système de l’ONU devienne « un employeur plus attrayant pour ces personnes ». 

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