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ECOSOC/7059
14 Juillet 2021
Forum politique de haut niveau

Le forum politique de haut niveau entend les recommandations des régions axées sur l’après-COVID-19, la protection sociale et l’action climatique

Alors que se poursuivent les présentations d’examens nationaux volontaires, le forum politique de haut niveau pour le développement durable et l’ECOSOC, qui tiennent en commun leurs débats de haut niveau, ont entendu, ce matin, les recommandations des forums régionaux, portées par leurs présidents et par les secrétaires exécutifs des commissions économiques régionales.  De ces messages, il ressort une volonté partagée de réaliser les objectifs de développement durable (ODD) et d’évaluer leur évolution, en dépit du ralentissement occasionné par la pandémie de COVID-19.

Présidente du forum régional africain, la Ministre de l’environnement et du développement durable de la République du Congo a reconnu qu’avec la pandémie, la pauvreté est repartie à la hausse et la pression de la dette augmente, tandis que la réponse aux changements climatiques coûte à la région plus de 5% de son PIB en moyenne.  Elle a appelé les pays africains à accroître leurs capacités de production locale et la communauté internationale à appuyer les émissions supplémentaires de droits de tirage spéciaux (DTS) et les échanges de dette en faveur du développement durable.

Le Ministre de l’économie et de la planification de l’Arabie saoudite, qui préside le Forum arabe pour le développement durable, a plaidé pour une mobilisation des ressources en faveur de la stabilité et de la sécurité des pays de la région.  Mettant l’accent sur le relèvement durable et inclusif afin de réaliser les ODD, il a indiqué que les participants au forum se sont prononcés pour des changements structurels dans les systèmes de protection sociale et pour que les travailleurs du secteur informel y soient inclus.  

Le forum de la région de la Commission économique européenne a, lui, été l’occasion de plaider pour une reprise verte et durable, a relaté son Coprésident, le Secrétaire d’État aux affaires étrangères et à la coopération du Portugal.  Les messages des groupes thématiques du forum ont aussi porté sur la nécessité de renforcer la couverture santé et la protection sociale des plus vulnérables, de bâtir des infrastructures résilientes et d’intégrer la question des risques environnementaux dans les plans de relance, a complété l’autre Coprésident, Conseiller d’État auprès du Premier Ministre de la Roumanie.     

Même son de cloche du côté de la Ministre des femmes, des enfants et de la réduction de la pauvreté des Fidji, qui, en tant que Présidente de la huitième session du Forum Asie-Pacifique sur le développement durable, a fait état de délibérations centrées sur un relèvement résilient et durable.  Il a ainsi été question de stratégies de relance verte, mais aussi de protection sociale, de paiement de prêts à faible taux d’intérêt et de plans de numérisation. 

Le forum des pays d’Amérique latine et des Caraïbes a permis de mesurer le coût de la pandémie pour la région, notamment pour ceux qui dépendent du tourisme, a souligné le Président de sa quatrième session, le Ministre des affaires étrangères et du culte de Costa Rica.  Avouant que le risque est grand que la région ne puisse réaliser les ODD d’ici à 2030, il a noté que la crise sanitaire a été exacerbée par les inégalités préexistantes, qu’aggravent encore les limitations de distribution de vaccins.  Dans ce contexte, il a exhorté les institutions financières internationales à fournir à la région plus de liquidités et un meilleur accès à des financements concessionnels. 

À cette aune, la Secrétaire exécutive de la Commission économique pour l’Amérique latine (CEPAL) a relevé la contribution des entités des Nations Unies pour soutenir les efforts des pays de sa région dans l’accès aux vaccins, la sécurité alimentaire, les changements climatiques, la migration et le commerce.  L’un des plus grands défis pour la mise en œuvre du Programme 2030 au cours de la décennie d’action sera d’évaluer de manière continue les effets de ces mesures d’urgence dans la réalisation des ODD, a-t-elle dit en se félicitant à cet égard que 24 pays de la région aient déjà présenté leurs rapports nationaux. 

Sur la même ligne, la Secrétaire exécutive de la Commission économique et sociale pour l’Asie et le Pacifique (CESAP) a insisté sur le soutien à la connectivité, afin notamment de favoriser le commerce intrarégional.  Elle a aussi fait valoir l’importance des programmes d’adaptation aux changements climatiques et des mécanismes d’alerte précoce de catastrophes, avant d’inviter les pays de sa région à tabler sur la transition environnementale en se tournant vers les énergies vertes.    

La Secrétaire exécutive de la Commission économique pour l’Europe (CEE) a, pour sa part, fait observer que la pandémie a fait chuter la production régionale de 4,5% en 2020.  Si un redressement de 5% est prévu cette année, certaines parties de la région risquent d’être confrontées à une trajectoire de croissance durablement plus faible, a-t-elle averti en plaidant pour une reprise verte et résiliente, via une meilleure utilisation des ressources et la promotion de l’économie circulaire. 

Plus offensive, la Secrétaire exécutive de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) a regretté que l’Afrique ne soit pas compensée pour le rôle crucial joué par la forêt du bassin du Congo, laquelle séquestre plus d’un milliard de tonnes de carbone chaque année.  Selon elle, l’Afrique devrait être payée pour détenir ce stock de carbone comme un « bien mondial », ces fonds pouvant mobiliser d’énormes ressources pour la réponse climatique et le développement durable sur le continent.  

Enfin, avant un dialogue interactif associant des représentants d’institutions régionales, du secteur privé et de la société civile, la Secrétaire exécutive de la Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale (CESAO) a mis en avant les « outils politiques interactifs » que sa structure met en place pour aider les États à réduire la pauvreté et élargir leur espace fiscal.  Pour avancer ensemble, a-t-elle expliqué, la CESAO a développé une vision commune entre les pays arabes les moins avancés (PMA) et les donateurs, dont les mesures devraient être adoptées lors de la cinquième Conférence des Nations Unies sur les PMA au Qatar en janvier 2022. 

Dix pays ont présenté, aujourd’hui, leurs examens nationaux: Chine, Afghanistan, Danemark, Thaïlande, Tchad, Norvège, Bahamas, Tunisie, République dominicaine et Sierra Leone.  Les présentations se poursuivront demain, jeudi 15 juillet, avant l’adoption d’une déclaration ministérielle.  

SUITE DU DÉBAT DE HAUT NIVEAU

Mme ARLETTE SOUDAN-NONAULT, Ministre de l’environnement et du développement durable de la République du Congo, a présenté la contribution de l’Afrique au forum politique de haut niveau pour le développement durable, en indiquant qu’elle a été définie en mars dernier à Brazzaville lors de la septième session du Forum régional africain pour le développement durable.  De ces délibérations, il est ressorti tout d’abord que la légère progression de l’Afrique vers la réalisation du Programme 2030 et de l’Agenda 2063 de l’Union africaine a été entravée par la pandémie de COVID-19.  La pauvreté est repartie à la hausse, la pression de la dette augmente et la réponse aux effets dévastateurs des changements climatiques coûte à la région plus de 5% de son PIB en moyenne. 

Face à ces défis, a indiqué la Ministre, le forum régional africain exhorte les pays africains à investir dans la recherche et l’innovation pour accroître les capacités de production locales, notamment pour les vaccins et les équipements de protection individuelle, tout en stimulant la mobilisation des ressources domestiques.  Il invite d’autre part la communauté internationale à appuyer la réponse de l’Afrique par l’émission de droits de tirage spéciaux (DTS), des échanges de dette en faveur du développement durable et des systèmes internationaux d’échange de carbone. 

Le forum régional africain a par ailleurs mis l’accent sur le rôle crucial de l’Afrique centrale dans le maintien de l’équilibre climatique mondial, grâce à la forêt du bassin du Congo, qui constitue le deuxième plus grand puits de carbone.  Il demande d’une part aux partenaires au développement de mobiliser le financement nécessaire pour rendre opérationnel le « Fonds bleu du bassin du Congo » et d’autre part à la communauté internationale d’accompagner les initiatives de préservation des tourbières du bassin du Congo, qui séquestrent près de 30 milliards de tonnes de carbone.  

Troisième point évoqué par Mme Soudan-Nonault, les pays africains devraient exploiter la science, l’innovation et les technologies de pointe pour opérer un changement transformateur en vue de la réalisation des ODD.  Saluant à cet égard la signature d’un protocole d’entente pour l’établissement du Centre africain de recherche en intelligence artificielle à Brazzaville, elle a estimé que cette structure permettra aux pays du continent de capturer 10% de ce marché à l’horizon 2030.  S’agissant enfin de l’appui au développement, le forum régional africain appelle les Nations Unies à soutenir les États Membres dans la désagrégation locale des données et des statistiques pour la planification des investissements et à renforcer les approches inclusives associant la société civile et le secteur privé.

M. RODOLFO SOLANO QUIRÓS, Ministre des affaires étrangères et du culte de Costa Rica, a pris la parole en tant que Président de la quatrième session du Forum des pays d’Amérique latine et des Caraïbes sur le développement durable.  Il a rappelé que la session d’octobre 2020 a accouché d’une « Déclaration politique sur une reprise durable et inclusive et résiliente en Amérique latine et dans les Caraïbes ».  La quatrième réunion du Forum des pays d’Amérique latine et des Caraïbes sur le développement durable, tenue virtuellement du 15 au 18 mars 2021, a permis de relever que les pays de la région ont été très affectés par la COVID-19, notamment ceux qui dépendent du tourisme et les pays qui sont particulièrement vulnérables aux changements climatiques.  Les pays de la région ont souligné que la crise sanitaire a été exacerbée par la matrice d’inégalité antérieure dans la région, à laquelle s’ajoutent les limitations de distribution de vaccins.  Il est clair qu’il y a un risque que les objectifs du Programme 2030 ne soient pas atteints dans la région, a reconnu le Ministre, tout en plaidant pour un développement durable, vert et inclusif, avec une transformation technologique et numérique.  En outre, la région Amérique latine et Caraïbes a exhorté les États et les institutions financières internationales à leur fournir plus de liquidités et un meilleur accès à des financements concessionnels, notamment grâce aux droits de tirage spéciaux (DTS) et à la création de nouveaux mécanismes comme le Fonds de relance économique COVID-19.

Mme MERESEINI RAKUITA VUNIWAQA, Ministre des femmes, des enfants et de la réduction de la pauvreté des Fidji et Présidente de la huitième session du Forum Asie-Pacifique sur le développement durable, a indiqué que ce dernier avait pour thème cette année le relèvement résilient et durable suite à la pandémie de COVID-19.  À cette occasion, les participants ont présenté leurs efforts pour répondre à cette crise à la fois sanitaire et socioéconomique et pour assurer le redressement.  Leurs travaux ont permis de recenser des mesures de relance et des actions visant à l’amélioration du niveau de vie des peuples de la région Asie-Pacifique.  Il a ainsi été question de stratégies de relance verte, mais aussi de protection sociale, de paiement de prêts à faible intérêt et de plans de numérisation.  Le rôle des infrastructures et de la connectivité a également été souligné, de même que la nécessité d’augmenter les capacités statistiques des institutions.  Selon la Présidente de sa huitième session, le forum Asie-Pacifique a constaté qu’en dépit du choc de la pandémie, la réalisation des ODD continue de progresser dans la région, et ce, grâce au rôle essentiel joué par les communautés locales.  Le forum a également examiné les travaux menés par les Nations Unies pour soutenir la mise en œuvre du Programme 2030 dans la région, par le biais d’efforts de renforcement des capacité et d’élaboration de solutions.  Enfin, a encore précisé Mme Vuniwaqa, les délégations ont présenté les résultats des examens nationaux volontaires.  Les résultats de ce forum font apparaître une volonté commune de ne laisser personne pour compte et de reconstruire en mieux, via la promotion de la coopération régionale et sous-régionale, et une approche de transformation pour la mise en œuvre des ODD. 

M. FAISAL AL IBRAHIM, Ministre de l’économie et de la planification de l’Arabie saoudite et Président du Forum arabe 2021 pour le développement durable, a noté les niveaux variés de reprise économique dans la région.  Il a donné un aperçu des discussions du forum régional qui a notamment souligné l’importance de mobiliser et investir des efforts et des ressources pour parvenir à la prospérité, à la stabilité et à la sécurité des pays de la région.  Le forum a aussi mis l’accent sur le relèvement durable et inclusif afin de réaliser les ODD.  Les participants ont souligné la nécessité d’introduire des changements structurels dans les systèmes de protection sociale et d’étendre leur portée pour inclure tout le monde, y compris les travailleurs du secteur non sécurisé, en luttant contre les inégalités sociales et en introduisant des réformes qui soutiennent l’emploi décent.  Le forum a également insisté sur l’importance de travailler pour transformer le système éducatif qui doit tenir compte de tous, tout en veillant à améliorer la qualité des plateformes d’apprentissage numérique et à augmenter l’investissement dans la science et l’innovation.  

Le forum arabe 2021 a également souligné l’importance de renforcer l’engagement politique pour la mise en place de systèmes de soins de santé qui garantissent la sécurité de tous, tout en tenant compte des soins de santé primaires et de la santé mentale.  Le forum a également souligné la nécessité de partager les bonnes pratiques dans le domaine de la gouvernance et de la gestion des migrations.  La discussion a porté en outre sur la question de l’engagement politique pour atteindre l’égalité des sexes.  De plus, le forum arabe a mis l’accent sur l’importance du soutien au secteur privé, en particulier les petites entreprises et moyennes entreprises, ainsi que sur le nécessaire renforcement de la coopération régionale et des investissements conjoints dans l’agriculture pour atteindre la sécurité alimentaire.  L’accent a également été mis sur la création de plateformes nationales pour le suivi des données, sans oublier le renforcement de l’engagement politique à tous les niveaux pour mettre fin aux conflits, et l’importance de lier l’aide humanitaire et la réponse d’urgence pour un relèvement à long terme.

M. FRANCISCO ANDRÉ, Secrétaire d’État aux affaires étrangères et à la coopération du Portugal, a partagé les messages clefs de la région de la Commission économique pour l’Europe (CEE) qu’il préside avec M. LÁSZLO BORBÉLY, Conseiller d’État auprès du Premier Ministre de la Roumanie.  S’agissant du forum régional organisé en amont de cette présentation, il a noté que plusieurs questions transversales en ressortent, notamment le besoin d’une reprise verte et durable pour surmonter la crise de la COVID-19.  C’est pourquoi, a-t-il dit, un accord politique provisoire consacrant l’objectif d’une Union européenne climatiquement neutre d’ici à 2050 a été atteint pendant la présidence portugaise du Conseil de l’UE, au premier semestre de 2021.  Le forum régional a également souligné l’impact disproportionné de la pandémie sur les femmes et l’importance de la numérisation comme force de transformation.  Enfin, a-t-il ajouté, le forum régional a noté que la réforme du système des Nations Unies pour le développement a renforcé sa capacité à soutenir les États Membres dans les circonstances difficiles actuelles, y compris au niveau régional.

S’exprimant à son tour, M. Borbély a mis l’accent sur les messages clefs des trois groupes thématiques du forum régional.  Le premier de ces groupes traitait des personnes et de la nécessité de renforcer la couverture de santé et de protection sociale pour les plus vulnérables.  Les participants ont également convenu que les systèmes alimentaires doivent fournir à tous des aliments abordables et nutritifs.  Il a par ailleurs été souligné que la sécurité routière doit encore être améliorée dans la région, en utilisant une approche holistique.  Pour ce qui est de la prospérité, deuxième thème abordé, la réponse à la pandémie doit être complétée par un soutien à une croissance durable, impliquant un commerce et des infrastructures résilients et des investissements durables.  De plus, le forum a estimé que les jeunes, particulièrement touchés par la COVID-19, devraient être au centre des plans de redressement et que des engagements concrets doivent être pris en faveur d’un tourisme innovant et durable.  Le dernier thème était centré sur la planète et la nécessité de faire face aux changements climatiques et aux risques environnementaux.  Les participants ont jugé crucial d’intégrer ces questions dans des approches de réduction des risques des catastrophe et dans les politiques de relèvement.  

Mme ALICIA BÁRCENA, Secrétaire exécutive de la Commission économique pour l’Amérique latine (CEPAL), s’est félicitée de la tenue de cette plateforme de dialogues multipartites sur les efforts régionaux déployés notamment pour faire face aux impacts de la pandémie.  De ces discussions régionales émerge un engagement résolu en faveur du Programme 2030 comme feuille de route pour une reprise plus verte, plus égalitaire et basée sur les peuples, a-t-elle relevé, notant que cet espace régional permet également aux pays à revenu intermédiaire et aux petits États insulaires en développement (PEID) d’appeler la communauté internationale à redoubler d’efforts pour aider leur région à construire un avenir meilleur.  Ce même espace régional est l’occasion de dénoncer l’impact de la crise climatique dans les Caraïbes et en Amérique centrale.  Si les pays concernés émettent peu de CO2, ils paient un prix élevé compte tenu de leurs vulnérabilités endogènes et exogènes, a constaté Mme Bárcena, avant de souligner la contribution essentielle des entités des Nations Unies aux pays de sa région sur des questions qui nécessitent des réponses globales, telles que l’accès aux vaccins, la sécurité alimentaire, les changements climatiques, la migration et le commerce. 

Pour Mme Bárcena, l’un des plus grands défis pour la mise en œuvre du Programme 2030 dans la région au cours de cette décennie d’action sera d’évaluer de manière continue les effets de ces mesures d’urgence dans la réalisation des ODD à moyen et à long terme.  À cette fin, les 35 rapports nationaux volontaires que 24 pays de la région ont déjà présentés au forum politique de haut niveau pour le développement durable constituent des outils précieux, a-t-elle noté.  Ils permettent en effet de rendre compte des efforts qu’ils ont consentis entre 2016 et 2020 pour mettre en application le Programme 2030.  La Secrétaire exécutive de la CEPAL a notamment applaudi les 11 pays qui soumettent leurs rapports à ce forum politique de haut niveau, à savoir Antigua-et-Barbuda, les Bahamas, la Bolivie, Cuba, la Colombie, le Guatemala, le Mexique, le Nicaragua, le Paraguay, la République dominicaine et l’Uruguay, car ils le font « dans un contexte d’une complexité extrême ».  

La Secrétaire exécutive de la Commission économique et sociale pour l’Asie et le Pacifique (CESAP), Mme ARMIDA SALSIAH ALISJAHBANA, a expliqué que le forum régional a mis l’accent sur l’importance pour les gouvernements de mettre en place des mesures pour faciliter le relèvement inclusif des pays, tout en tenant compte des groupes vulnérables.  La Secrétaire exécutive a insisté sur le soutien à la connectivité, notamment afin de favoriser le commerce intrarégional par des politiques adéquates dans le domaine des transports.  Mme Alisjahbana a également mis l’accent sur les changements climatiques, en faisant valoir les programmes d’adaptation institués.  En droite ligne de cet engagement, il faut aussi tabler sur la transition énergétique en se tournant vers les énergies vertes, a-t-elle ajouté.  Enfin, elle a demandé de renforcer les mécanismes d’alerte précoce de catastrophes.  

Mme OLGA ALGAYEROVA, Secrétaire exécutive de la Commission économique pour l’Europe (CEE), a observé que la pandémie de COVID-19 et les mesures qui y sont liées ont entraîné un important ralentissement économique.  Dans l’ensemble de la région de la CEE, la production a chuté de 4,5% en 2020 et devrait se redresser d’environ 5% cette année.  Cependant, a-t-elle noté, ce chiffre global masque des différences significatives, et certaines parties de la région peuvent être confrontées à une trajectoire de croissance durablement plus faible, ce qui a des conséquences négatives immédiates pour plusieurs ODD.  Avant même la pandémie, les progrès en matière d’ODD dans la région étaient plutôt mitigés, a reconnu Mme Algayerova.  Selon le rapport d’étape annuel de la CEE, seules 23 cibles pourraient être atteintes d’ici à 2030.  Cela étant, les progrès dans 57 cibles devraient s’accélérer et les tendances pour 9 autres cibles doivent être inversés.  De plus, a-t-elle expliqué, pour 80 cibles, soit près de la moitié du total, il n’existe pas de données nationales suffisantes.  Il reste par conséquent beaucoup à faire, en particulier dans les domaines critiques liés aux changements climatiques et à l’environnement.

S’agissant de la crise engendrée par la COVID-19, la réponse de la CEE s’est appuyée sur plusieurs piliers, notamment l’amélioration de la connectivité dans le commerce et le transport.  La Commission s’est également employée à faire face aux risques transfrontaliers, grâce à l’utilisation de ses normes et cadres statistiques.  Elle a d’autre part soutenu le principe d’une reprise verte et résiliente, via une meilleure utilisation des ressources et la promotion de l’économie circulaire.  Affirmant à cet égard que le développement de la circularité dans la région sera l’une de ses priorités à l’avenir, la Secrétaire exécutive a indiqué que la CEE dispose déjà de plusieurs instruments en matière de traitement des déchets, de la traçabilité et de transparence, d’innovation et de préservation du capital naturel. 

La Secrétaire exécutive de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), Mme VERA SONGWE, a noté que la Déclaration de Brazzaville a attiré l’attention sur le point très important que l’Afrique n’est pas reconnue et compensée pour son rôle crucial dans les biens mondiaux, y compris le rôle de la forêt du bassin du Congo qui séquestre bien plus d’un milliard de tonnes de carbone chaque année, tandis que ses tourbières contiennent plus de 30 milliards de tonnes de carbone pour le monde.  De ce fait, l’Afrique devrait être payée pour détenir ce stock de carbone comme un bien mondial, et ces fonds pourraient mobiliser une énorme quantité de ressources pour la réponse climatique et le développement durable sur le continent.  La région a également lancé un appel au soutien pour le financement du Fonds bleu pour le bassin du Congo, d’autant plus qu’il s’est écoulé plus de 10 ans depuis la promesse de 100 milliards de dollars par an pour le Fonds vert pour le climat et que ce seuil n’a jamais été atteint.  Elle a salué le fait que le G20 a reconnu pour la première fois la tarification du carbone comme un outil potentiel pour lutter contre les changements climatiques.  Elle a évalué qu’avec un prix du carbone de 50 dollars la tonne, l’Afrique peut mobiliser 29,4 milliards de dollars par an.  Mme Songwe a également invité les Africains à innover et à proposer de nouvelles options percutantes pour mieux progresser, grâce à des approches vertes qui les aideraient à renforcer leur résilience. 

Mme ROLA DASHTI, Secrétaire exécutive de la Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale (CESAO), a expliqué que la CESAO développe des outils politiques interactifs pour aider les États Membres à réduire la pauvreté et les inégalités, à élargir leur espace fiscal et à atteindre la prospérité et la dignité pour tous.  Illustrant son propos, la Chef de la CESAO a donné trois exemples.  Premièrement, elle a expliqué que la CESAO, en coopération avec la CEA, a développé le « COVID-19 Stimulus Tracker », un outil modèle d’observation au niveau mondial des mesures de protection sociale et de politique économique adoptées par 194 pays en réponse à la pandémie.  « Lancé hier, l’outil offre une mine d’informations harmonisées pour renforcer la capacité d’élaboration des politiques et améliorer la capacité du gouvernement à formuler des réponses aux chocs futurs », a-t-elle précisé.  Comme deuxième exemple, elle a précisé que la CESAO a récemment lancé l’initiative Debt Swap/Donor Nexus, un mécanisme de financement innovant qui offre des résultats gagnant-gagnant pour les pays débiteurs et créanciers pour respecter les ODD et les engagements de l’Accord de Paris, et faire progresser la coopération Nord-Sud et triangulaire.  Elle a expliqué que cette initiative fait des détenteurs de dette et des donateurs des partenaires dans la réalisation des aspirations des pays arabes à atteindre les objectifs de développement nationaux.  

Enfin, elle a indiqué que la CESAO a développé, à la demande de ses États membres, un outil d’évaluation des écarts de politique de justice sociale pour permettre aux gouvernements d’autoévaluer leurs politiques sociales et identifier les déficits.  « Cet outil donne des orientations claires sur la manière d’intégrer davantage la justice sociale dans les processus d’élaboration des politiques », a précisé Mme Dashti avant de prévenir que la prospérité partagée ne peut être atteinte que si aucun pays arabe n’est laissé pour compte.  Pour avancer ensemble, la CESAO a développé une vision commune entre les pays arabes les moins avancés et les donateurs s’appuyant sur un programme ambitieux pour la prochaine décennie afin de relever les défis paralysants auxquels ces pays sont confrontés.  « Nous attendons avec impatience leur adoption lors de la cinquième Conférence des Nations Unies sur les PMA au Qatar en janvier 2022 », a-t-elle dit avant de préciser que la CESAO préconise, dès à présent, des politiques intégrées et des stratégies pour anticiper les graves implications économiques et sociales du vieillissent rapide des sociétés arabes.   

M. SERGEY GLAZYEV, Ministre de l’intégration et de la macroéconomie de la Fédération de Russie, a parlé des nouveaux développements dans la mise en œuvre des ODD qu’a connus la Commission économique eurasienne, l’organe supranational de l’Union économique eurasienne constituée de l’Arménie, du Bélarus, du Kazakhstan, du Kirghizistan et de la Fédération de Russie.  C’est la première des organisations économiques régionales à avoir présenté un rapport complet sur la réalisation des ODD au forum politique de haut niveau en 2017, a rappelé le Ministre.  Il a indiqué que les domaines dans lesquels l’intégration régionale se développe activement sont aussi ceux qui progressent le mieux vers la réalisation des ODD.  Actuellement, la Commission économique eurasienne travaille sur la méthodologie d’évaluation de la réalisation des ODD.  Mais déjà, elle met activement en œuvre la Stratégie pour le développement de l’intégration économique eurasienne jusqu’en 2025.  Celle-ci comprend des mesures et mécanismes qui aideront les États membres vers la mise en œuvre du Programme 2030, a assuré M. Glazyev.  La stratégie envisage également une coopération accrue dans les domaines tels que l’éducation, les sciences, les soins de santé, le tourisme et le sport.  Le partenariat entre États de la région a d’ailleurs permis de mieux juguler la COVID-19, s’est félicité le Ministre, avant de prôner le renforcement des partenariats mondiaux en vue d’atteindre les ODD.  La Commission économique eurasienne a déjà tissé un vaste réseau de partenariats avec plusieurs organismes d’intégration à travers le monde, a-t-il confié.

M. BENEDICT OKEY ORAMAH, Président du Conseil d’administration de l’Afreximbank, a souligné le travail effectué par son établissement avec différentes parties prenantes pour faciliter une croissance durable en Afrique.  Cette action s’est notamment centrée sur les moyens de faire face au défi immédiat de la pandémie et de jeter les bases du relèvement, a-t-il précisé.  C’est ainsi qu’en mars 2020, sa banque a lancé un mécanisme d’atténuation des répercussions de la COVID-19, ce qui a aidé plusieurs pays de la région dans leur gestion de la crise économique.  L’Afreximbank a également collaboré avec la Commission économique africaine (CEA) pour la mise en place d’une plateforme de gestion des traitements médicaux sur le continent.  Une équipe spéciale a été créée à cette fin et un mécanisme a été mis sur pied, ce qui a permis l’achat de 400 000 doses de vaccins et d’autres produits d’urgence.  Pour l’après-COVID-19, M. Oramah a dit soutenir la conclusion d’un accord de libre-échange en Afrique pour reconstruire en mieux.  Il a d’autre part indiqué que son établissement travaille au développement du secteur pharmaceutique en Afrique. 

Mme NADIA AL SAEED, Directrice générale de la banque Al Etihad en Jordanie, a expliqué que son entreprise promeut un environnement basé sur le mérite où règne la tolérance zéro pour la discrimination.  Des mesures telles que les garderies, les horaires de travail flexibles et un programme de retour font parties des normes mises en place afin de soutenir les femmes.  Ces mesures démontrent que c’est une banque de choix pour les femmes, a commenté Mme Al Saeed.  Elle a aussi indiqué que le siège d’Etihad en Jordanie est devenu un site de vaccination contre la COVID-19. 

M. CHRISTOPH STECK, Directeur des politiques publiques et Internet de la société Telefonica, a rappelé que la voie numérique constitue pour le secteur privé l’une des voies les plus directes pour atteindre les ODD.  Il a estimé que l’inclusion numérique est le meilleur moyen de mettre fin aux inégalités et aux divisions avant de mettre l’accent sur trois leviers pertinents pour favoriser cette inclusion numérique ou la connectivité: favoriser la connectivité, développer des compétences numériques, et promouvoir des technologies responsables et sûres.  La première condition pour passer au numérique est de disposer de réseaux haut débit avancés, a-t-il dit.  Rappelant que la pandémie a montré que la connectivité était la bouée de sauvetage permettant de continuer à travailler, de poursuivre des études et de maintenir la vie sociale, M. Steck a recommandé aux gouvernements de donner la priorité aux politiques favorisant un environnement favorable à l’investissement.  Il a aussi mis l’accent sur la nécessité de développer des compétences numériques, avant d’appeler à des politiques publiques à la hauteur des besoins.  Enfin, il a souligné la nécessité de promouvoir une utilisation responsable des technologies pour garantir la confiance dans l’environnement numérique pour que chacun se sente à l’aise lorsqu’il se connecte en ligne.  « L’adoption d’une approche de confidentialité, sécurisée et éthique dès la conception de nouvelles technologies et de nouveaux services est une nécessité pour favoriser l’adoption massive des technologies et de la numérisation. »  En conclusion, M. Steck a plaidé pour une forte collaboration entre les initiatives publiques et privées pour combler les fractures numériques.  Il s’est dit fier que sa société, Telefonica, ait été reconnue, aux États-Unis et en Europe, comme la première entreprise européenne en matière d’inclusion numérique.  

M. KOFI KANKAM, Président et Directeur général de « Elizka Relief Foundation » du Ghana, a parlé en tant que Coprésident du Mécanisme régional africain pour les grands groupes et d’autres parties prenantes.  Il a indiqué qu’en dépit du fait que la pandémie ait présenté d’énormes défis à tous les niveaux de la société, elle présente également d’énormes opportunités pour atteindre le Programme 2030 et l’Agenda 2063 de l’Union africaine.  Il a appelé à forger un partenariat mondial solide à tous les niveaux et dans tous les secteurs, et un fort soutien politique au plus haut niveau.  M. Kankam a également dit de veiller à ce que l’équité, l’inclusion et la non-discrimination sous-tendent tous les efforts pour se remettre de la pandémie de COVID-19.  Pour cela, il faut notamment donner la priorité aux actions de promotion socioéconomique holistiques, multisectorielles et transdisciplinaires et adopter des mécanismes de financement clairs pour le Programme 2030 et l’Agenda 2063.  Il a enfin demandé de résoudre les problèmes du rétrécissement de l’espace civique et de l’excès de règlementation applicables aux organisations de la société civile et aux syndicats, qui doivent être reconnus comme des acteurs légitimes du développement.

Mme WARDARINA, responsable des Mécanismes d’engagement de la coordination régionale Asie-Pacifique (APRCEM), a tout d’abord rappelé que sa région a été l’une des premières à reconnaître l’importance des processus régionaux pour le Programme 2030.  À ses yeux, le dialogue régional permet non seulement de s’attaquer aux problèmes systémiques mais donne aussi la possibilité aux titulaires de droits, y compris les communautés locales, de travailler en étroite collaboration avec leurs gouvernements.  Le rôle des forums régionaux pourrait toutefois être mieux défini dans le processus de suivi et d’examen, a-t-elle estimé, plaidant notamment pour que le forum politique de haut niveau comprenne plus de sessions axées sur les perspectives régionales et les avis des groupes sur le terrain, lesquels contribuent à la mise en œuvre des actions recommandées.  Elle a également souhaité que ces organisations locales puissent intervenir avant la présentation des examens nationaux volontaires au forum politique de haut niveau.  Enfin, a-t-elle affirmé en conclusion, la COVID-19 a renforcé notre conviction que le modèle de développement actuel, combiné avec la mondialisation capitaliste, l’autoritarisme patriarcal et le militarisme est intrinsèquement défectueux.  Avec la volonté politique requise, il est possible, selon elle, de réaliser un modèle de développement féministe et centré sur les droits de la personne, qui aborde les inégalités de richesse, de pouvoir et de ressources au sein et entre les pays, entre les riches et les pauvres et entre les sexes. 

M. SALAHEDDINE JOURCHI, Président du Forum group « Al-Jahez » de la Tunisie, a souligné l’importance de la participation de la société civile.

Le Liban a indiqué que son pays a accueilli de nombreux forums régionaux, depuis l’adoption du Programme 2030, qui ont servi de plateformes cruciales pour aider les pays de la région à mettre en œuvre les ODD et à se préparer aux examens du forum politique de haut niveau.  Face aux impacts multiformes de la pandémie, il a plaidé pour l’amélioration et le renforcement du rôle des commissions régionales en demandant que celles-ci soutiennent vigoureusement les pays en développement dans leur réponse à la pandémie.  Le Liban a d’ailleurs salué le soutien rapide que lui a accordé la CESAO au moment où le pays fait face à une crise socioéconomique sans précédent, exacerbée par l’énorme afflux de réfugiés, d’une part, et la conséquence de la pandémie de COVID-19, d’autre part.  

« En tant que pays hôte, le Liban valorise le rôle de la CESAO en tant qu’organisateur régional du Programme de développement durable à l’horizon 2030 », a ajouté le représentant du Liban avant de citer également l’organisation du Forum arabe pour le développement durable, une plateforme qui permet des échanges de meilleures pratiques pour la mise en œuvre des ODD.  Il a indiqué que la CESAO a fourni au Liban et aux autres États Membres un large éventail de soutien et conseils politiques sur la préparation d’examens nationaux volontaires, l’éradication de la pauvreté, l’éducation, le lien eau-énergie-alimentation et la promotion des technologies vertes.  Mettant l’accent sur les liens étroits entre développement et paix, le Liban a jugé urgent de s’attaquer aux causes profondes des conflits qui entravent la mise en œuvre des ODD.  Il a aussi appelé à soutenir les pays en développement très endettés par le biais de mesures supplémentaires d’allégement de la dette, notamment pour garantir des vaccins pour tous et étendre les systèmes de protection sociale.  

L’Iraq a jugé important de soutenir la dimension régionale du progrès dans la réalisation des ODD.  Les messages émis par le Forum arabe pour le développement durable en 2021 reflètent notre engagement envers le Programme 2030, a indiqué la délégation qui a plaidé pour la mise en place de plans de riposte et de relance post-COVID-19.  L’Iraq a également demandé de promouvoir des emplois décents qui tiennent compte de l’environnement, tout en renforçant la protection sociale et l’égalité des sexes.  Le pays a enfin plaidé pour un nouveau modèle de gouvernance et un système multilatéral inclusif, en commençant par l’accès de tous aux soins contre la COVID-19.

Le Maroc a estimé que ce dialogue régional, organisé dans le cadre du forum politique de haut niveau, est une incitation à agir davantage et mieux.  Ce processus met en avant la dimension régionale pour réaliser les ODD et le rôle central joué par les Nations Unies, notamment les commissions régionales, a relevé la délégation, saluant à cet égard les messages émanant de l’Afrique et des pays arabes.  Selon elle, ces informations et ces recommandations donnent la possibilité de mesurer l’état d’avancement du Programme 2030 au niveau régional et le chemin qu’il reste à parcourir pour parvenir à un relèvement durable.  Dans ce cadre, elle a assuré que le Maroc reste attaché à mettre en œuvre une coopération Sud-Sud efficace. 

Le Grand Groupe de parties prenantes sur l’Asie-Pacifique a insisté sur l’importance du travail décent.  Il a plaidé pour la protection des travailleurs et de leurs droits, demandant que la région soit plus attentive aux questions d’égalité des travailleurs, afin qu’à travail égal, femmes et hommes aient le même salaire.

Le Groupe des parties prenantes sur le vieillissement a souligné le tribut payé par les séniors à la pandémie de COVID-19.  Si la mortalité des hommes est plus élevée, un nombre croissant de femmes âgées se retrouvent veuves, souvent sans protection sociale, a-t-il constaté, alertant également sur la situation des personnes âgées face à l’isolement.  Pour répondre efficacement à ce défi qui nous concerne tous, il faut davantage de données ventilées par âge, a plaidé le Groupe, avertissant que les ODD ne pourront être réalisés sans un meilleur traitement de la question du vieillissement.  Dénonçant par ailleurs les discriminations auxquelles font face les personnes âgées, notamment le sexisme et le jeunisme en matière d’emploi, il a appelé les régions à mettre fin à leur négligence sur ce sujet.  En Amérique latine, a-t-il relevé, on assiste à l’augmentation de l’invisibilité et de la marginalisation de ces personnes; en Afrique, l’absence de données fait qu’on ne tient pas compte de leur situation; et en Europe, il n’y a pas suffisamment de politiques à long terme. 

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