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SC/14453
26 février 2021

Conseil de sécurité: les prochaines élections palestiniennes sont une « occasion à saisir » pour restaurer l’espoir de la solution des deux États

Le Coordonnateur spécial pour le processus de paix au Moyen-Orient, M. Tor Wennesland, a estimé, ce matin, devant le Conseil de sécurité, que les prochaines élections palestiniennes constituent une occasion à saisir pour restaurer l’espoir parmi les Palestiniens et les Israéliens de voir se réaliser la solution des deux États, « une tâche immense mais pas insurmontable ».  Deux jeunes étudiants, une Palestinienne et un Israélien, invités à s’exprimer devant le Conseil, ont fait part de leur vécu, très différent sur certains points. 

M. Wennesland a, au début de son intervention, reconnu que les « mesures unilatérales prises sur le terrain sapent la perspective d’un État palestinien viable et contigu et éloignent les parties davantage encore d’un dialogue constructif. »  Il a notamment indiqué que, le mois dernier, les autorités israéliennes ont démoli 170 structures palestiniennes dans la zone C et 10 à Jérusalem-Est, déplaçant 314  Palestiniens.  Les colons et civils israéliens ont perpétré 25 attaques contre des Palestiniens, tandis que ces derniers ont mené 59 attaques contre les premiers. 

Le Coordonnateur spécial a détaillé les progrès accomplis en vue de la tenue des prochaines élections législatives, présidentielle et du Conseil national palestinien.  Les factions palestiniennes sont parvenues à un accord au Caire, au début du mois, sur plusieurs questions en suspens et ont insisté sur le fait que les élections doivent se tenir dans toute la Cisjordanie occupée, y compris Jérusalem-Est, et la bande de Gaza, « sans exception », a-t-il expliqué. 

M. Wennesland a indiqué que le nombre total des électeurs inscrits sur les listes électorales s’élève à plus de 2,6  millions, soit 93% de toutes les personnes éligibles pour voter.  Ce taux « extraordinaire » est une réponse positive très claire du peuple palestinien à l’appel du Président Abbas pour l’organisation des élections, a affirmé le Coordonnateur spécial, en se disant « encouragé » par une aussi forte participation.   

« La tenue d’élections libres et transparentes dans tout le Territoire occupé palestinien est un pas crucial en vue de la restauration de l’unité nationale palestinienne, qui est susceptible de renouveler la légitimité des institutions nationales », a affirmé M. Wennesland.  Le Coordonnateur spécial a enfin assuré que l’ONU et la communauté internationale continueront de jouer un rôle actif dans la tenue de ces élections, qui pourraient « aider à dégager la voie en vue de restaurer un horizon politique légitime pour réaliser la solution des deux États. »  

Dans son intervention, le jeune étudiant israélien, M. Oren Gian, a évoqué son grand-père qui a dû fuir l’Iran pour éviter d’être injustement condamné à mort.   « Cette histoire de mon grand-père m’a appris que l’amitié n’est pas une question de religion ou d’ethnie », a-t-il relevé, soulignant que celui qui a aidé son grand-père à fuir était musulman.   « L’amitié est une question de confiance. »  Selon lui, si plus d’étudiants avaient la possibilité de rencontrer les gens « de l’autre côté » dès leur plus jeune âge, comme il a pu le faire lui-même, « nous serions en mesure de construire un avenir meilleur pour tous ». 

Un optimisme quelque peu tempéré par Mme Malak AbuSoud, une étudiante palestinienne de l’université américaine de Georgetown, qui a raconté ne s’être jamais sentie à l’aise à Jérusalem.  «  Quand les soldats israéliens au point de contrôle pointaient leurs armes sur moi, je parlais en anglais avec un fort accent américain pour protéger ma vie. »  Comment la communauté internationale peut-elle espérer que la jeunesse palestinienne veuille la paix alors qu’Israël nous réprime chaque jour, a-t-elle demandé.  Elle a estimé que « rassembler les Palestiniens et les Israéliens ne réussira que s’ils sont traités de manière égale. » 

Les membres du Conseil ont centré leurs interventions sur les élections palestiniennes, l’Irlande encourageant ainsi Israël à faciliter le vote, en particulier à Jérusalem-Est.  Ces élections doivent être l’occasion de redonner voix à la société civile palestinienne et de renouveler la légitimité démocratique des institutions, a appuyé la France.  Même son de cloche du côté du Mexique qui a déclaré que l’établissement d’un gouvernement palestinien « uni, démocratique et engagé pour la paix » représenterait une étape importante dans le règlement du conflit. 

« Ces élections sont un pas dans la bonne direction », a confirmé l’Inde.  Ce pays, à l’instar d’autres délégations dont l’Estonie, s’est également félicité des récents efforts diplomatiques visant à relancer les pourparlers de paix.  La Tunisie et la Chine ont ainsi appuyé la proposition du Président Abbas de convoquer une conférence de paix internationale, tandis que la revivification du Quatuor, marquée par la tenue d’une réunion en virtuel le 15 février, a été salué par de nombreuses délégations. 

Estimant que ses partenaires du Quatuor ont montré qu’ils étaient prêts à travailler de manière constructive, la Fédération de Russie a ainsi proposé la tenue d’une réunion, au printemps ou en été, du Quatuor avec l’Égypte, le Bahreïn, les Émirats arabes unis et la Palestine, et probablement l’Arabie saoudite, pour tirer le bilan de la situation et pour voir ce qui peut aider à aller de l’avant. À cet égard, la Tunisie a insisté sur la nécessité de faire participer la partie palestinienne à tout effort concernant la paix et la sécurité dans la région. 

Enfin, les États-Unis ont indiqué que leur engagement avec les hauts responsables de l’Autorité palestinienne a repris depuis que l’Administration Biden est entrée en fonction le mois dernier.  « Dans le même temps, nous poursuivons nos consultations très étroites avec le Gouvernement israélien, notamment par l’appel téléphonique de la semaine dernière entre le Président Biden et le Premier Ministre Netanyahu », a ajouté la délégation qui a assuré de la volonté américaine de répondre aux besoins cruciaux des Israéliens, comme des Palestiniens. 

Et comme les vaccins contre la COVID-19 font partie des besoins vitaux, les États-Unis ont dit avoir encouragé Israël et l’Autorité palestinienne à travailler ensemble à leur fourniture à toute la population.  L’Inde et la Chine ont indiqué vouloir approvisionner la Palestine en vaccins et le Niger a salué la décision d’Israël de livrer près de 5 000 doses à l’Autorité palestinienne, tout en jugeant cela insuffisant au regard de la taille de la population palestinienne sous contrôle israélien. 

Dans la même veine, Saint-Vincent-et les Grenadines a exhorté Israël à livrer de nombreux vaccins en Cisjordanie et à Gaza.  Au sujet de la situation à Gaza, M. Wennesland a salué la réouverture par l’Égypte du point de passage de Rafah le 9 février et l’augmentation de l’aide donnée par le Qatar.   Quant à l’aide apportée par l’UNRWA, elle a été saluée par l’ensemble des délégations qui ont appelé à renforcer le soutien à cette agence dont les services sont vitaux pour les Palestiniens. 

M. TOR WENNESLAND, Coordonnateur spécial pour le processus de paix au Moyen-Orient, a détaillé les développements qui devraient influencer la dynamique et les perspectives de promotion de la paix dans les prochains mois, dans un contexte où Palestiniens et Israéliens préparent leur processus électoral, tandis que la crise liée à la COVID-19 demeure.  « Pendant ce temps, des mesures unilatérales prises sur le terrain sapent la perspective d’un État palestinien viable et contigu et éloignent les parties davantage encore d’un dialogue constructif et du compromis. »  M. Wennesland a assuré de l’engagement de l’ONU pour relever ces défis et parvenir à la fin de l’occupation et à la réalisation de la solution des deux États. 

Le Coordonnateur spécial a détaillé les progrès accomplis par les factions palestiniennes en vue de la tenue des prochaines élections législatives, présidentielle et du Conseil national palestinien: ces factions se sont rencontrées au Caire plus tôt dans le mois et sont parvenues à un accord sur plusieurs questions qui étaient en suspens.  « Elles ont insisté sur le fait que les élections doivent se tenir dans toute la Cisjordanie occupée, y compris Jérusalem-Est, et la bande de Gaza, sans exception. »  Il a précisé que le nombre total des électeurs inscrits sur les listes électorales s’élèvent à plus de 2,6 millions, soit 93% de toutes les personnes éligibles pour voter.  Environ 40% des électeurs inscrits ont moins de 30 ans, a-t-il précisé en se disant encouragé par cette forte participation. 

La communauté internationale a montré qu’elle est déterminée à aider les parties à retourner à la table des négociations, a poursuivi M. Wennesland.  Le 8 février, la Ligue des États arabes a réitéré son appui à la création d’un État palestinien et souverain sur la base des lignes de 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale.  Le 15 février les Envoyés de la Fédération de Russie, des États-Unis, de l’ONU et de l’Union européenne et du Quatuor se sont réunis et ont convenu de se réunir régulièrement et de poursuivre leur engagement.  La communauté des donateurs a également promis d’augmenter son assistance aux Palestiniens dans plusieurs domaines, y compris la campagne de vaccination du Gouvernement.  Il a salué cette campagne, ainsi que l’allocation d’au moins 37 440 doses de vaccin par le biais du mécanisme COVAX.  Il a signalé que 30 000 doses supplémentaires ont été fournies en février aux Palestiniens, y compris à Gaza, par la Fédération de Russie et les Émirats arabes unis, lesquelles viennent s’ajouter aux 5 200 doses données par Israël à l’Autorité palestinienne.  Le Coordonnateur spécial a dit son appréciation des efforts d’appui du Gouvernement israélien à la riposte palestinienne au virus.  S’agissant de la situation à Gaza, M. Wennesland a salué la réouverture par l’Égypte du point de passage de Rafah le 9 février dans les deux directions et l’augmentation de l’aide donnée par le Qatar. 

Sur la période, les autorités israéliennes ont démoli 170 structures palestiniennes dans la zone C et 10 à Jérusalem-Est, déplaçant 314 Palestiniens, en raison d’un manque de permis de construire qu’il est pourtant presque impossible d’obtenir pour les Palestiniens.  « J’exhorte Israël à cesser les démolitions et saisies de propriétés palestiniennes », a lancé le Coordonnateur spécial.  Il a par ailleurs déploré, pendant la période considérée, que deux Palestiniens aient trouvé la mort et que 34 autres aient été blessés dans des incidents sécuritaires, tandis que 10 Israéliens ont été blessés.  Les colons et civils israéliens ont perpétré 25 attaques contre des Palestiniens, tandis que ces derniers ont mené 59 attaques contre les premiers en Cisjordanie, a-t-il recensé. 

S’agissant de la situation dans la région du Golan, M. Wennesland a indiqué que le cessez-le-feu entre Israël et la Syrie a été globalement respecté, bien que la situation sécuritaire demeure volatile.  Quant à la situation au Liban, il a indiqué que la population fait face à une détérioration rapide de la situation économique et aux conséquences de la pandémie. 

« Il est crucial d’entamer le processus visant à restaurer l’espoir parmi les Palestiniens et les Israéliens en la réalisation de la solution des deux États. »  Au regard des développements sur le terrain, le Coordonnateur spécial a indiqué que cette tâche est immense, mais pas insurmontable.  « Nous devons saisir les occasions qui se présentent », a-t-il dit, estimant que les élections palestiniennes sont l’une d’entre elles.  Il a affirmé que le taux « extraordinaire » d’inscription sur les listes électorales est une réponse positive très claire du peuple palestinien à l’appel du Président Abbas pour l’organisation des élections.  La tenue d’élections libres et transparentes dans tout le Territoire occupé palestinien est un pas crucial en vue de la restauration de l’unité nationale palestinienne, qui est susceptible de renouveler la légitimité des institutions nationales, a-t-il affirmé.  Le Coordonnateur spécial a enfin assuré que l’ONU et la communauté internationale continueront de jouer un rôle actif dans la tenue de ces élections, qui pourraient selon lui « aider à dégager la voie en vue de restaurer un horizon politique légitime pour réaliser la solution des deux États. » 

M. OREN GIAN, étudiant israélien, s’est exprimé depuis l’ambassade britannique en Israël.  Il a évoqué l’histoire de sa famille, notamment son grand-père qui a dû fuir l’Iran pour éviter d’être injustement condamné à mort.  « Cette histoire de mon grand-père m’a appris que l’amitié n’est pas une question de religion ou d’ethnie », a-t-il relevé, soulignant que celui qui a aidé son grand-père à fuir était musulman.  Selon lui, l’amitié est une question de confiance et elle peut être donnée à n’importe qui, quel que soit son parcours, mais la confiance doit être construite progressivement et elle doit être gagnée également. 

Il a parlé de son expérience personnelle et des appréhensions qui l’animaient au cours de ses premiers rapports avec les jeunes arabes palestiniens quand il devait prendre part aux conférence « Model UN ».  Mais, de conférence en conférence, d’interaction en interaction, « je me sentais de plus en plus à l’aise en présence de gens de la communauté arabe ou palestinienne, et même de parler et communiquer avec eux », a-t-il témoigné.  Et même s’il a dit qu’il n’était pas d’accord avec la plupart des opinions politiques des étudiants palestiniens, avec le temps, il a réalisé qu’ils sont tous des humains. 

M. Gian a dit s’être lié d’amitié avec un jeune palestinien avec qui il discute souvent de politique et les deux partagent leurs connaissances et leurs différentes perspectives.  Malheureusement, la plupart des étudiants israéliens et palestiniens n’ont pas ces expériences, a-t-il déploré, expliquant qu’ils vivent dans différentes villes et fréquentent différentes écoles.  Selon lui, les étudiants israéliens et palestiniens ont besoin d’occasions de se rencontrer afin de pouvoir connaître les gens de « l’autre côté ».  « Au lieu de grandir en se détestant, nous devons apprendre comment nous pouvons partager sur nos différents points de vue en tant qu’amis », a-t-il argué, ajoutant que « la seule façon dont cela se produira est de nous rencontrer et d’interagir ». 

Son expérience personnelle lui a fait comprendre que ce n’est qu’après avoir fait preuve d’empathie et compris les individus, les êtres humains qui sont de l’autre côté du conflit, que « nous pouvons commencer à négocier correctement ».  Ainsi, il est beaucoup plus facile de commencer à négocier la paix avec des gens que vous avez déjà appris à respecter, avec des gens que vous avez déjà appris à connaître, avec des gens qui ne sont plus l’ennemi, mais qui sont des êtres humains que vous voyez maintenant comme des voisins et des personnes qui vous tiennent à cœur, a-t-il expliqué.  Selon ce jeune étudiant israélien, « si plus d’étudiants avaient la possibilité de rencontrer les gens de l’autre côté dès leur plus jeune âge, nous serions en mesure de construire un avenir meilleur pour tous ». 

Mme MALAK ABUSOUD, étudiante palestinienne, actuellement en troisième année à l’école des services étrangers de l’Université de Georgetown à Washington, a déclarée être née et avoir grandi à Jérusalem.  Consciente du privilège que représentent son appartenance à la classe moyenne et sa maîtrise de l’anglais, elle a reconnu que sa situation ne reflète pas celle de toute la jeunesse palestinienne.  Elle a toutefois fait part de son expérience, expliquant ne s’être jamais sentie à l’aise à Jérusalem et avoir vécu là-bas dans la peur constante d’être blessée physiquement et émotionnellement du fait de l’occupation militaire. Inquiète d’être agressée verbalement parce que palestinienne, elle a dit avoir arrêté de parler en arabe.  « Quand les soldats israéliens au point de contrôle pointaient leurs armes sur moi, je parlais en anglais avec un fort accent américain pour protéger ma vie », a-t-elle confié, avant d’évoquer le sort de son cousin Mohammad.  Celui-ci vivait dans le camp de réfugiés d’Al-Azzeh et, à l’âge de 11 ans, il a été placé en détention par les autorités israéliennes après avoir lancé une pierre sur un soldat.  À peine sorti de prison, il a été détenu à nouveau et ce cycle risque de se poursuivre tout au long de sa vie, a averti la jeune Palestinienne.  

Malak AbuSoud a ensuite parlé d’Ahmad Erekat, pris pour un terroriste après avoir heurté un point de contrôle le jour du mariage de sa sœur.  Selon l’organisme de recherche britannique « Forensic Architecture », tout porte à croire qu’il s’agissait d’un accident, a-t-elle souligné.  Mais Ahmad Erekat a été exécuté de six balles.  « Comment la communauté internationale peut-elle espérer que la jeunesse palestinienne veuille la paix alors qu’Israël nous réprime chaque jour? »  L’étudiante a également pointé le peu d’investissement dans les moyens de subsistance des jeunes Palestiniens.  En raison du manque de financement pour les organisations de jeunesse palestiniennes, tout ce que je pouvais faire à 14 ans était de rejoindre les programmes de paix destinés à réunir Palestiniens et Israéliens pour parler du conflit, a-t-elle témoigné.  Pour les jeunes Palestiniens, ces programmes sont souvent le seul moyen d’obtenir un diplôme, de pratiquer leur anglais et d’acquérir une compétence.  Or, ces camps de paix m’ont causé « une détresse émotionnelle et mentale », a témoigné la jeune femme, constatant que « le succès ou la justice sont très différents selon que l’on est israélien ou palestinien ».  De nombreux Israéliens viennent dans ces camps après des années de propagande leur faisant croire qu’Israël est un acteur pacifique et non un occupant de la terre de peuples autochtones, a-t-elle dit.  « Ils sont persuadés que tous les Palestiniens portent le hijab, ne sont pas éduqués et sont des terroristes recherchant le conflit. » 

Pour Malak AbuSoud, les programmes de paix ne peuvent fondamentalement pas parvenir à la paix par eux-mêmes.  Le problème, selon elle, n’est pas le manque de conversation mais « le manque de justice pour les Palestiniens ».  Elle a expliqué avoir été choquée de constater que la vie des Israéliens, de l’autre côté, ne ressemblait en rien à la sienne.  « Alors que j’avais à peine accès à l’eau ou à l’électricité dans la maison de ma grand-mère dans le camp de réfugiés, eux jouissaient d’une vie normale sur la plage avec leurs amis. » Ce qui a rendu les choses pires encore, a-t-elle ajouté, c’est qu’après avoir été diplômés des programmes de paix, mes amis israéliens ont commencé à s’engager dans le service militaire obligatoire.  « Ceux que j’appelais mes amis participent maintenant à mon oppression. »  

Autrefois acteurs actifs de leur destin, les Palestiniens sont désormais des observateurs passifs, car leur terre et leurs droits sont usurpés chaque jour, a martelé la jeune femme.  À ses yeux, la communauté internationale doit donner aux jeunes Palestiniens les moyens de décider de leur vie en investissant dans leur sécurité, leur éducation, leurs opportunités et leur emploi.  Pour que les programmes de paix réussissent, il faut qu’ils veillent à rapprocher Israéliens et Palestiniens, mais aussi à corriger les différences structurelles qui existent entre eux.  Ils devraient en outre fournir des ressources telles que l’accès aux soins de santé mentale et aux subventions, et proposer des politiques qui améliorent les conditions de vie des jeunes Palestiniens.  Rassembler les Palestiniens et les Israéliens ne réussira que s’ils sont traités de manière égale, a-t-elle conclu, notant qu’à Jérusalem, malgré la violence et l’injustice, « l’expérience semble parfois réussie ».  

Les États-Unis ont indiqué que leur engagement avec les hauts responsables de l’Autorité palestinienne a repris depuis que l’Administration Biden est entrée en fonction le mois dernier.  « Dans le même temps, nous poursuivons nos consultations très étroites avec le Gouvernement israélien, notamment par l’appel téléphonique de la semaine dernière entre le Président Biden et le Premier Ministre Netanyahu », a ajouté la délégation qui a assuré de la volonté américaine de répondre aux besoins cruciaux des Israéliens et des Palestiniens.  Les États-Unis ont encouragé Israël et l’Autorité palestinienne à travailler ensemble à la facilitation des vaccins contre la COVID-19 dont la gravité exige que les gens soient vaccinés, peu importe où ils vivent. 

Les États-Unis ont dénoncé la disparité insoutenable qui existe en matière de développement économique entre deux groupes de personnes inextricablement liés et vivant à proximité.  La délégation a noté qu’Israël se classe parmi les meilleures économies du monde avec un produit intérieur brut par habitant comparable à celui de la France et du Japon, tandis que la Cisjordanie et Gaza connaissent une grave instabilité économique et la pauvreté, la population de Gaza faisant face à l’un des plus élevés taux de chômage sur Terre.  « C’est un problème structurel qui doit être diagnostiqué et résolu et nous n’avons pas d’autre choix que de le faire si nous voulons préserver et faire progresser la solution des deux États. »  Les États-Unis ont d’ailleurs indiqué vouloir reprendre leurs programmes d’assistance qui soutiennent le développement économique et l’aide humanitaire au peuple palestinien, afin d’aider les Palestiniens qui en ont vraiment besoin et apporter stabilité et sécurité aux Israéliens et aux Palestiniens.  Pour ce faire, les États-Unis ont jugé urgent que cessent les attaques terroristes répétées contre Israël depuis Gaza et l’incitation à la violence par toutes les parties. 

« Nos efforts pour réengager le peuple et les dirigeants palestiniens ne nuisent en rien à notre engagement envers Israël », ont assuré les États-Unis avant de se dire consternés par le grand nombre de résolutions unilatérales de l’ONU qui stigmatisent Israël tandis que les Nations Unies et d’autres organisations internationales ignorent les actions déstabilisatrices d’autres pays de la région et du monde.  C’est pourquoi, les États-Unis se sont dit attachés au statut et à la participation d’Israël -sans préjugés ni attaques injustes- dans les organes des Nations Unies et d’autres organisations internationales.  « Le Conseil des droits de l’homme est un exemple d’organe international qui accorde une attention disproportionnée à Israël », ont dit les États-Unis avant de noter aussi que la Cour pénale internationale (CPI) a rendu récemment une décision revendiquant la compétence territoriale en Cisjordanie, à Jérusalem-Est et à Gaza, tout en reconnaissant expressément les graves questions juridiques et factuelles qui entourent sa capacité à le faire.  « De telles actions contre Israël à la CPI augmentent les tensions et sapent les efforts pour faire avancer une solution négociée à deux États », ont dit les États-Unis avant d’exhorter les autres pays à unir leurs efforts pour soutenir un engagement significatif entre les deux parties. 

Saint-Vincent-et-les Grenadines a pris note de la décision de la Cour internationale de Justice (CIJ) sur sa compétence pour les crimes de guerre commis dans les territoires palestiniens occupés.  Tous les États doivent respecter leurs obligations conformément au Statut de Rome et aux résolutions du Conseil de sécurité de coopérer avec la CIJ, a demandé la délégation.  Elle a par ailleurs exhorté Israël à donner de nombreux vaccins aux Palestiniens en Cisjordanie et à Gaza.  Préoccupée par la destruction des maisons et par les déplacements des Palestiniens par les autorités israéliennes, elle a appelé Israël à cesser immédiatement et complètement l’occupation, arguant que les colonisations sont illégales et qu’elles doivent être démantelées. 

Saint-Vincent-et-les Grenadines s’est aussi dite préoccupée par la gravité de la situation humanitaire accentuée par la pandémie de COVID-19.  La délégation a appelé la communauté internationale à régler le problème financier de l’UNRWA.  Enfin, elle a estimé que la solution durable au conflit israélo-palestinien passe uniquement par des moyens pacifiques, conformément au droit international et aux résolutions du Conseil de sécurité, et par des négociations directes et crédibles.  La délégation a appelé l’ONU à convoquer une conférence de paix et encouragé le Quatuor à aider à résoudre le conflit sur la base des frontières d’avant 1967.  

La France a souligné la constance de son soutien à une solution des deux États conforme aux paramètres agréés, au droit international et aux résolutions de ce Conseil.  Les paramètres agréés constituent la seule base qui permette à ce jour d’apporter une paix juste et durable et contribuer ainsi à la stabilité de la région, selon la France: c’est à cela qu’aspire la jeunesse israélienne et palestinienne, comme l’ont rappelé les deux intervenants.  « Cette solution est aussi la seule susceptible d’assurer la sécurité d’Israël, sur laquelle la France ne transigera jamais, et de respecter le droit des Palestiniens à l’autodétermination auquel nous sommes profondément attachés. » 

Dans ce contexte, la France a regretté la multiplication de faits accomplis, qui menacent la viabilité de la solution des deux États.  « Nous sommes très préoccupés par le niveau record des démolitions de structures palestiniennes alors que les chiffres pour 2021 dépassent déjà ceux de 2020. »  La France a appelé les autorités israéliennes à y mettre un terme au plus vite, à y faciliter l’accès humanitaire et à respecter leurs obligations au titre du droit international humanitaire. 

La France a jugé par ailleurs important d’avancer dans la concrétisation du processus électoral palestinien, qui est un des éléments essentiels à la paix.  « Ces élections doivent être l’occasion de redonner voix à la société civile palestinienne et de renouveler la légitimité démocratique des institutions. » La France s’est dite prêter à accompagner la préparation et l’organisation d’élections transparentes, libres et impartiales.  Elle a aussi souhaité que ces élections puissent être organisées sur l’ensemble des territoires palestiniens, y compris à Jérusalem-Est. 

La France a assuré qu’elle restera mobilisée pour contribuer à recréer progressivement la confiance entre les parties, en vue d’une reprise de négociations, et qu’elle continuera d’y œuvrer avec ses partenaires allemand, égyptien et jordanien.  La France a enfin appelé tous les États à apporter à l’UNRWA un soutien à hauteur de leurs moyens.  « C’est autour de cet agenda pragmatique, centré sur l’obtention de résultats, que la France appelle le Conseil à s’unir en vue de relancer le processus de paix », a conclu la mission. 

La Chine a mis l’accent sur la souffrance des jeunes palestiniens depuis des décennies et a exhorté la communauté internationale à faire respecter les engagements contractés pour parvenir à une solution juste et durable au conflit israélo-palestinien, dans les plus brefs délais, et redonner espoir aux jeunes.  Elle a réaffirmé son attachement à la solution des deux États et a regretté que depuis un certain temps, la question de la colonisation sape gravement les perspectives de la mise en œuvre de cette solution.  C’est la raison pour laquelle la Chine a demandé à Israël d’y mettre un terme immédiatement et de prendre des mesures pour empêcher la violence visant les civils palestiniens.  Parallèlement, elle a demandé que le droit légitime à la sécurité d’Israël soit respecté. 

La Chine appuiera activement tout nouveau tour de pourparlers diplomatiques pour faire avancer le processus de paix au Moyen-Orient, a indiqué la délégation qui a appelé les parties influentes à faciliter la reprise d’un dialogue israélo-palestinien.  La Chine est d’ailleurs favorable à la tenue de la Conférence internationale de paix que le Président Abbas a demandée.  Elle a plaidé en faveur d’un appui plus rigoureux aux Palestiniens, pour, entre autres, faciliter la tenue des élections palestiniennes.  Notant que la COVID-19 a gravement affecté le développement de la Palestine, la Chine a exigé un appui concret à l’UNRWA à cet égard.  Pour sa part, elle a envoyé ce mois-ci, au travers de cette agence, du matériel et des fournitures sanitaires et elle va livrer des vaccins anti-COVID-19 dans les plus brefs délais.  

L’Estonie s’est déclarée encouragée par plusieurs « développements positifs », susceptibles de relancer le processus de paix au Moyen-Orient.  Outre la normalisation des relations entre Israël et certains États arabes, elle a noté une impulsion dans les travaux du Quatuor pour le Moyen-Orient, qui a tenu une réunion virtuelle la semaine dernière.  Saluant le décret du Président Abbas sur la tenue d’élections législatives, présidentielle et au Conseil national palestinien, elle a vu dans l’accord électoral conclu au Caire entre les factions palestiniennes une autre étape positive vers la tenue de scrutins libres, équitables et inclusifs dans l’ensemble des territoires palestiniens occupés.  La délégation s’est aussi félicitée de la reprise de la coordination civile et sécuritaire entre Israël et l’Autorité palestinienne, avant d’appeler les parties à tirer parti de ces développements pour avancer vers la reprise de négociations directes et parvenir à une solution à deux États. 

Ces étapes devraient inclure des efforts coordonnés supplémentaires pour lutter contre la pandémie de COVID-19 ainsi qu’une coopération économique accrue, a-t-elle plaidé.  Dans ce contexte, l’Estonie a exhorté les parties à s’abstenir de toute mesure unilatérale qui accroîtrait les tensions et compromettrait la viabilité de la solution des deux États.  Réitérant son appel à Israël pour qu’il mette fin à l’expansion des colonies et aux démolitions dans les territoires palestiniens occupés, elle a également jugé essentiel de prévenir tout acte de violence contre les civils, y compris les actes de terreur et les actes de provocation, d’incitation et de destruction. 

La Norvège a estimé que les voix de la société civile et des jeunes offrent de nouvelles perspectives et continuent à apporter une contribution vitale aux travaux du Conseil.  «  Vos contributions d’aujourd’hui soulignent exactement pourquoi la Norvège encourage l’inclusion, à un stade précoce, des jeunes femmes et hommes dans les négociations de paix et le règlement des conflits. »  Il y a trois jours, a-t-elle poursuivi, le Ministre norvégien des affaires étrangères, avec le Haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, M. Josep Borrell, ont organisé une réunion virtuelle du Comité spécial de liaison pour la coordination de l’assistance internationale aux Palestiniens.  Le Comité s’est félicité de la reprise de la coopération entre Israël et l’Autorité palestinienne en novembre dernier, ce qui a contribué à une dynamique positive entre les parties.  Dans ce comité, plusieurs délégations ont salué les accords de normalisation entre Israël et certains de ses voisins, et ont vivement recommandé aux parties, et à leurs partenaires internationaux, de relancer sans tarder un processus politique.  Mais, la priorité immédiate est bien entendu de lutter contre la pandémie de COVID-19, a reconnu la Norvège qui a appelé la communauté des donateurs à renforcer le système de santé publique palestinien, notamment en aidant à fournir des vaccins.  Elle a également appelé les donateurs à intensifier leurs efforts et à anticiper leurs contributions à l’Autorité palestinienne et à l’UNRWA. 

La Norvège a ensuite rappelé que les colonies sont illégales au regard du droit international et qu’elles sapent les perspectives de la solution des deux États.  Elle a marqué sa préoccupation face aux décisions d’Israël de faire progresser les plans de milliers de logements dans des zones sensibles telles que Givaat HaMatos et Har Homa.  Ces activités érodent gravement les perspectives d’établissement d’un État palestinien contigu, a-t-elle noté, avant d’exhorter Israël à revenir sur ces décisions.  La Norvège a en outre encouragé tous les acteurs palestiniens et israéliens à contribuer de manière constructive au processus électoral palestinien.  Une revitalisation des activités du Quatuor est une étape positive, a jugé la délégation, avant de rappeler que la Norvège est un partisan ferme et constant de la solution des deux États.  Le changement de dynamique dans la région -y compris les accords de normalisation entre Israël et plusieurs pays arabes- peut et doit être utilisé pour revitaliser le processus de paix.  « Et l’ONU doit jouer un rôle clef. » 

La Fédération de Russie a dit que le fondement de la stabilité au Moyen-Orient et dans le nord de l’Afrique est le règlement de la question palestinienne.  Elle a salué le rétablissement des contacts entre Israël et les Palestiniens notamment sur les questions de l’impôt et de la lutte contre la pandémie.  Mettant l’accent sur les efforts de sa délégation dans la lutte contre le coronavirus, la Russie s’est dite préoccupée par la poursuite des constructions de colonies et les démolitions de maisons  palestiniennes.  La communauté internationale doit jouer un rôle pour atténuer la crise économique dans les territoires occupés, en particulier à Gaza, a plaidé la délégation qui a souligné l’importance de soutenir l’UNRWA et son travail dans la région.  Estimant que le processus de normalisation lancé en 2020 devrait permettre la stabilisation générale de la région, elle a toutefois souhaité que cela ne fasse pas oublier la question palestinienne. 

La Fédération de Russie a réitéré son appui à la création d’un État palestinien conformément au droit international.  « Il n’y a pas d’autres solutions à cette question que les négociations directes. »  Les élections à venir en Palestine et en Israël permettront la coordination et le renforcement des deux États, a-t-elle estimé.  Elle a espéré voir la réalisation de l’unité palestinienne sur la base de la plateforme de l’OLP.  Elle a aussi mis l’accent sur la nécessité de relancer les travaux du Quatuor qui doit se réunir de manière régulière afin de prendre constamment le pouls de la région.  Estimant que ses partenaires du Quatuor ont montré qu’ils étaient prêts à travailler de manière constructive, la Russie a proposé la tenue d’une réunion, au printemps ou en été, du Quatuor avec l’Égypte, le Bahreïn, les Émirats arabes unis et la Palestine, et probablement l’Arabie saoudite, pour tirer le bilan de la situation et pour voir ce qui peut aider à aller de l’avant. 

Le Mexique a réaffirmé sa conviction que la création de deux États indépendants coexistant en paix et à l’intérieur de frontières sûres et internationalement reconnues, sur la base des résolutions du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale, est la seule solution pour assurer la paix et la prospérité aux Israéliens et aux Palestiniens.  Au sujet des élections palestiniennes, le Mexique s’est félicité des rapprochements de diverses factions avant de saluer la médiation des pays arabes, principalement l’Égypte. L’établissement d’un gouvernement palestinien uni, démocratique et engagé pour la paix représenterait une étape importante dans la négociation du règlement du conflit, a dit le Mexique avant de souligner que l’assistance internationale sera essentielle pour renforcer l’intégration entre la Cisjordanie et la bande de Gaza, et ainsi faire progresser la construction d’un État démocratique. 

Concernant les démolitions, le Mexique a noté la destruction de 199 logements cette année ayant provoqué le déplacement de 285 personnes, dont 150 mineurs.  Face à ce constat, le Mexique a condamné une fois de plus toutes les mesures qui visent à modifier la démographie, le caractère et le statut des territoires palestiniens occupés, comme la confiscation des terres, la démolition de maisons, le déplacement de civils et l’expansion des colonies israéliennes.  « Ces mesures constituent une violation du droit international et des résolutions des Nations Unies, ils représentent également un obstacle à la solution des deux États », a dit le Mexique avant de demander un arrêt immédiat de la construction et de l'expansion des colonies israéliennes dans les territoires palestiniens occupés.  En ce qui concerne la pandémie COVID-19, le Mexique a jugé que la distribution de vaccins a été exécutée de manière inégale tout en saluant la stratégie israélienne visant à vacciner une forte proportion de sa population en temps record.  Le Mexique a appelé Israël à accroître la coopération avec l’Autorité palestinienne pour soutenir la lutte contre la COVID-19 en Cisjordanie et à Gaza.  En conclusion, le Mexique a estimé que l’établissement des relations diplomatiques de certains pays arabes avec Israël semblent indiquer que nous sommes à un moment propice pour un dialogue renouvelé. 

L’Irlande a déclaré que l’instauration et la pérennisation de la paix est un processus intergénérationnel.  Dès lors, elle a vu comme un élément crucial l’engagement des jeunes dans les élections à venir.  « Nous savons que les jeunes Palestiniens sont particulièrement touchés par l’occupation », a déclaré la mission, ajoutant que la moitié de la population palestinienne a moins de 29 ans. L’Irlande a ensuite rappelé qu’elle soutient l’UNRWA et exhorté les autres États Membres à en faire de même.  Elle a redit son opposition aux colonies de peuplement israéliennes qui sapent la solution des deux États et a exhorté Israël à cesser les démolitions de propriétés palestiniennes.  

L’Irlande a estimé que la persistance des actes de violence, des restrictions et des violations du droit sape la confiance entre Palestiniens et Israéliens rendant plus difficile encore un règlement.  Quand il n’y a pas d’établissement des responsabilités, cela instaure un climat propice aux violations des droits humains, a déclaré la mission.  « Briser ce cycle doit faire partie intégrante de tout règlement pacifique. »  La mission a apporté son plein appui à la tenue d’élections en Palestine et encouragé les efforts des factions palestiniennes en vue de la tenue d’un processus électoral libre et inclusif.  « Nous appelons Israël à faciliter le vote, en particulier à Jérusalem-Est. » Enfin, l’Irlande a estimé que mettre fin au conflit exige un engagement sincère et cohérent de ce Conseil. 

La Tunisie a salué le consensus international qui s’est dégagé lors du débat de haut niveau du 26 janvier sur la question israélo-palestinienne, lors de la présidence tunisienne au Conseil, en vue de conjuguer les efforts internationaux pour surmonter la paralysie actuelle du processus de paix au Moyen-Orient.  Elle a espéré des négociations sérieuses et crédibles pour apporter une paix juste et durable, ancrée dans le droit international et des paramètres internationaux.  La Tunisie a ensuite appuyé la proposition du Président Abbas de convoquer une conférence de paix internationale ainsi que celle d’une réunion du Quatuor au niveau ministériel dans les mois à venir, en insistant sur la nécessité de faire participer la partie palestinienne à tout effort concernant la paix et la sécurité dans la région.  La Tunisie a espéré voir sans plus tarder des mesures concrètes en ce sens.  Elle a dénoncé la poursuite des activités de colonisation illégales, des démolitions de maisons et biens palestiniens et des violations des droits fondamentaux des Palestinien par Israël.  Il s’agit là d’obstacles graves à la réalisation de la solution des deux États, s’est-elle indignée en exigeant que la communauté international veille au respect du droit international et qu’Israël se retire de tous les territoires arabes occupés et abandonne ses plans d’annexion.  

La Tunisie a appelé tous les acteurs régionaux et internationaux à accroître l’aide humanitaire au regard de l’impact de la pandémie de COVID-19 et des contraintes économiques imposées par l’occupant dans les territoires occupés palestiniens.  Elle a également encouragé la communauté internationale à renforcer son soutien à l’UNRWA dans ces circonstances difficiles.  En conclusion, la délégation a réaffirmé sa position inchangée de soutien au droit à l’autodétermination du peuple palestinien et à la création d’un État palestinien, dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale.  Les espoirs de millions de Palestiniens, des peuples de la région et de toute personne éprise de paix dépendent de nos efforts collectifs, pour apporter la justice, la dignité et la paix tant attendue, a martelé la Tunisie selon laquelle la crédibilité du Conseil de sécurité en dépend.  

L’Inde a réaffirmé son soutien à la création d’un État de Palestine souverain, viable et indépendant vivant côte à côte dans la paix et la sécurité avec Israël.  Convaincue que seule une solution des deux États apportera une paix durable, elle a estimé que cet objectif devrait être atteint grâce à des négociations directes entre les deux parties sur la question du statut final.  À cet égard, la délégation s’est félicitée des récents efforts diplomatiques visant à relancer les pourparlers de paix.  Exhortant le Quatuor à engager un dialogue avec les dirigeants israéliens et palestiniens, elle a salué les efforts internationaux destinés à faciliter le processus de paix.  Elle s’est par ailleurs réjouie de l’avancée des préparatifs des élections palestiniennes.  L’accord du Caire entre les parties palestiniennes sur la conduite des élections législatives et présidentielle est un pas dans la bonne direction, a-t-elle estimé, avant d’applaudir les engagements en faveur de la libération de détenus politiques et l’ouverture du poste-frontière de Rafah, qui devrait permettre d’améliorer la situation humanitaire et sanitaire à Gaza. 

S’agissant de l’impact de la COVID-19, particulièrement inquiétant à Gaza, l’Inde a rappelé avoir fourni des médicaments et du matériel médical essentiels à la Palestine dans le cadre de la riposte à la pandémie.  Un autre lot de médicaments sera envoyé dans les semaines à venir, a-t-elle annoncé en se félicitant que les vaccins contre la COVID-19 soient mis à la disposition du peuple palestinien, y compris à Gaza.  Soulignant l’importance de l’égalité d’accès aux vaccins, l’Inde a rappelé qu’elle fournit des vaccins de fabrication indienne à plus de 30 pays dans le monde.  Quarante-cinq autres pays seront approvisionnés dans les jours à venir, a ajouté la délégation, notant que l’Inde a également commencé à fournir ces vaccins au mécanisme COVAX et facilitera l’approvisionnement rapide de la Palestine en vaccins indiens.  Avant de conclure, la délégation a réaffirmé son soutien aux activités humanitaires et de développement de l’UNRWA, auquel l’Inde versera une contribution financière annuelle de 5 millions de dollars ces deux prochaines années.

Le Viet Nam a salué les développements récents concernant l’organisation des élections en Palestine, les premières depuis plus d’une décennie.  L’accord passé entre les factions palestiniennes au début du mois au Caire ont été une étape cruciale pour l’unité et la réconciliation a estimé la délégation qui a encouragé tous les acteurs politiques en Palestine à poursuivre leur dialogue de manière constructive pour aborder les questions en suspens.  Ces élections doivent être libres, équitables et inclusives, a plaidé le Viet Nam, en appelant aussi à garantir la participation des femmes tout au long du processus électoral.  Il a exhorté les autorités israéliennes à faciliter la tenue d’élections dans les territoires palestiniens, y compris Jérusalem-Est, en souhaitant l’élection d’un gouvernement unifié. 

Passant au processus de paix, le Viet Nam a salué le nouvel élan créé par un engagement plus fort des parties concernées et a dit attendre avec intérêt de travailler avec les membres du Conseil sur proposition du Président Abbas de tenir conférence internationale, ainsi que sur d’autres propositions susceptibles de susciter de nouveaux espoirs pour les deux États.  Le Quatuor devrait jouer un rôle plus fort et plus actif dans cette dynamique, a souhaité la délégation qui a aussi encouragé tous les acteurs régionaux, y compris la Ligue des États arabes, à prendre des mesures concrètes pour donner une impulsion aux tendances prometteuses actuelles.  Le Viet Nam a insisté sur l’importance des mesures de confiance à ce stade crucial, appelant d’une part les autorités israéliennes à mettre fin à toutes les activités de colonisation en Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, et aux démolitions et confiscations de biens appartenant à des Palestiniens. 

Le Viet Nam s’est félicité par ailleurs de l’étroite collaboration avec l’ONU et ses partenaires pour s’assurer que les fournitures, et plus récemment les vaccins, puissent être livrés dans les territoires palestiniens occupés.  Le Viet Nam a également salué la récente décision de l’Égypte de lever le blocus de la bande de Gaza et a encouragé les autorités israéliennes à en faire de même.  Avant de conclure, la délégation a réitéré son soutien aux agences des Nations Unies, notamment l’UNRWA, dans leurs efforts pour alléger le sort du peuple palestinien face à la COVID-19. 

Le Kenya a condamné toutes les violations du droit international et des résolutions du Conseil de sécurité par toutes les parties qui menacent la paix et la prospérité du peuple du Moyen-Orient.  « Nous attendons le jour où les actes de violence et les affrontements entre les Palestiniens et les forces israéliennes seront l’exception. »  Pour y parvenir, il faut un réel engagement des deux côtés, a rappelé la délégation.  Saluant les efforts en cours pour relancer le processus de paix, y compris des négociations pour parvenir à la paix globale fondée sur la solution des deux États et des frontières d’avant 1967, et la normalisation des relations entre Israël et des pays arabes, le Kenya a rappelé que la normalisation entre les autorités israéliennes et les Palestiniens devrait être la priorité.  La délégation a aussi appelé les deux parties à renforcer leur coopération sur la question de la pandémie, notamment pour l’approvisionnement de denrées alimentaires, de médicaments et pour le déplacement des travailleurs de santé en Cisjordanie, à Gaza et dans Jérusalem-Est.  Il faut assurer un accès équitable aux vaccins, a insisté la délégation. 

Le Niger a condamné la poursuite des démolitions des structures palestiniennes, une pratique inquiétante qui avait, au cours de l’année 2020, entrainé la destruction ou la saisie d’environ 849 propriétés palestiniennes, dont 175 à Jérusalem-Est.  La délégation a rappelé que ces démolitions et les destructions de propriétés privées en territoire occupé, sont interdites par la quatrième Convention de Genève.  De même, elles violent les résolutions des Nations-Unies, y compris la résolution 2334 (2016), et sapent les efforts déployés, depuis plus de 70 ans, par la communauté internationale pour le dénouement heureux du différend entre Israël et la Palestine.  En plus, cette pratique reste contre-productive dans la perspective de la solution des deux États, seule solution qui pourra permettre aux deux peuples de coexister pacifiquement, au sein de frontières sûres et reconnues, a estimé le Niger.  « C’est aussi la seule formule qui permettra à Israël de garantir à son peuple la sécurité dont il a tant besoin. »  Si les évolutions positives enregistrées ces deniers mois, avec la normalisation des relations entre Israël et certains pays arabes, nous ont poussé à espérer un infléchissement de la politique israélienne dans les territoires palestiniens occupés, force est de constater que cela n’a pas été le cas, a souligné le Niger.  Selon ce dernier, il n’est dès lors plus possible de continuer à fermer les yeux sur les abus continus perpétrés par la Puissance occupante. 

Au moment où le peuple palestinien s’atèle à organiser des élections qui pourraient paver le chemin de la paix, le Niger a appelé Israël à mettre à profit cette dynamique positive, en s’abstenant de poser tout acte qui pourrait attiser les tensions et éloigner les perspectives d’une reprise des pourparlers de paix, y compris dans le cadre du Quatuor, en vue d’une solution négociée des deux États, telle que soutenue par la communauté internationale.  

S’agissant de la crise de COVID-19 dans la région, le Niger a salué la décision d’Israël de livrer près de 5 000 doses de vaccins à l’Autorité palestinienne, tout en soulignant que cela demeure insuffisant au regard de la taille de la population palestinienne vivant sous le contrôle d’Israël.  Le Niger a donc appelé Israël, en tant que Puissance occupante, à s’acquitter de ses obligations en droit international, en poursuivant le soutien aux populations palestiniennes, notamment celles de la Cisjordanie occupée et de Gaza sous blocus, en leur assurant un accès à des vaccins comparables à celui qu’il offre à ses propres citoyens.  En effet, Israël, qui a actuellement le taux de vaccination à la COVID-19 par personne le plus élevé au monde, devrait mesurer les dangers d’une propagation continue du virus sur son territoire si la vaccination n’était pas étendue aux palestiniens, a indiqué le Niger, ajoutant qu’il est bien démontré que ce virus se moque des frontières.  La délégation a en outre appelé la communauté internationale à soutenir les efforts de l’Autorité palestinienne en vue d’immuniser sa population contre la pandémie de COVID-19.  Dans ce contexte, il est tout aussi crucial de continuer à appuyer financièrement l’UNRWA pour qu’elle puisse poursuivre la fourniture de services vitaux aux milliers de familles palestiniennes dans le besoin. 

Le Royaume-Uni a estimé que, pour instaurer la confiance entre les parties et les populations, les actes unilatéraux doivent cesser.  Il a par conséquent appelé le Gouvernement israélien à mettre fin à la démolition des maisons et structures palestiniennes dans les territoires palestiniens occupés, dénonçant les dernières démolitions à Humsa Al Baqai’a.  La délégation a également exhorté Israël à autoriser l’acheminement sans entrave de l’aide humanitaire et de s’abstenir de détruire ou confisquer cette aide une fois livrée.   Elle a par ailleurs demandé l’annulation complète des récents changements apportés par le Hamas aux arrangements de voyage depuis Gaza, qui limitent l’indépendance et la liberté des femmes de ce territoire occupé.  

Saluant à son tour les discussions israélo-palestiniennes constructives qui ont eu lieu cette semaine au Comité de liaison ad hoc, le Royaume-Uni a souhaité que soient maintenant traitées les mesures qui peuvent atténuer les problèmes sanitaires et économiques dans les territoires palestiniens occupés.  Tout en se félicitant de la coopération en matière d’accès aux vaccins, la délégation a encouragé le Gouvernement israélien à faciliter leur transfert à l’Autorité palestinienne en cas de besoin.  Elle a d’autre part appelé à des engagements tangibles de part et d’autre pour éliminer les obstacles au développement de l’économie palestinienne.  Les progrès sur ces questions contribueront à créer un environnement propice aux futures négociations de paix, a-t-elle assuré, avant de saluer les progrès dans l’organisation d’élections législatives et présidentielle dans les territoires palestiniens occupés.  Enfin, le Royaume-Uni a redit son attachement à une solution des deux États, s’engageant à travailler avec les parties au conflit pour créer les conditions d’un accord permanent. 

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