Imprimer
SC/14494
15 avril 2021

Yémen: Mark Lowcock et Martin Griffiths alertent le Conseil de sécurité sur l’urgence des mesures humanitaires et du règlement politique du conflit

Devant un Conseil de sécurité toujours aussi alarmé par la situation humanitaire désastreuse au Yémen, le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires de l’ONU, M. Mark Lowcock, a affirmé que « la guerre est le moteur central de la misère que nous voyons aujourd’hui » dans le pays, proposant ensuite cinq directions à prendre pour en finir avec « cette catastrophe ».  Alors que le début du mois du Ramadan a suscité l’espoir de divers intervenants, l’Envoyé spécial du secrétaire général a insisté pour sa part sur l’urgence du règlement politique: « tout ce dont nous avons besoin maintenant, c’est que les parties acceptent l’accord de paix ». 

M. Martin Griffiths a en effet dit placer ses espoirs dans le « plan équitable » qui privilégie l’humanitaire, qui tire les leçons des accords précédents, qui  prévoie  un  cessez-le-feu national et non partiel, qui soit bien préparé pour pouvoir  être immédiatement appliqué, et qui spécifie  un moment précis pour le lancement du  processus  politique.   Son collègue Coordonnateur des secours d’urgence, Mark Lowcock, a appelé à agir dans cinq domaines pour faire face à la crise humanitaire: la protection des civils, l’acheminement de l’aide humanitaire, le financement, le soutien à l’économie et le progrès  vers  la  paix.    Pour que la guerre cesse d’alimenter la misère au Yémen, il  a  appuyé  les efforts en  cours  pour  négocier  un cessez-le-feu à  l’échelle  nationale afin de reprendre le  processus  politique.  

Dans cette perspective, la majorité des orateurs a salué les contributions d’Oman et des États-Unis, sans oublier l’initiative lancée par l’Arabie saoudite le 22 mars dernier de mettre fin aux combats et  de  relancer le processus politique au Yémen.  Une initiative appréciée par le Yémen qui a souligné sa propre attitude positive, alors même qu’il « n’a pas en face de lui un partenaire favorable à la paix ».  Il a en effet accusé les houthistes de rejeter ouvertement les tentatives de mettre un terme à « leur guerre absurde ». 

M. Griffiths a affirmé que la ville de Mareb  reste le principal centre de gravité du conflit, s’inquiétant que les combats dans la région montrent à nouveau des signes dangereux d’escalade.   Il s’est dit également alarmé par les informations faisant état de multiples attaques de drones et de missiles balistiques menées par Ansar Allah contre le territoire saoudien au cours de la semaine dernière, y compris contre des installations civiles.    Des attaques qui ont été unanimement condamnées par les membres du Conseil.   

Après six ans de conflit, « on ne peut savoir quand cette tragédie prendra fin », s’est désolé l’Envoyé spécial.  Il a pourtant souligné que mettre fin à cette guerre est l’aspiration simple et sincère de tous les Yéménites interrogés, consultés ou inclus dans la conversation nationale sur la guerre.   Il a aussi observé  qu’écouter les femmes yéménites permet de mieux comprendre les histoires souvent inédites de ce conflit.    Son bureau vient justement de terminer une deuxième consultation numérique avec des femmes yéménites de plusieurs provinces qui subissent les pires conséquences de la guerre.   

Alors qu’il faut d’urgence soulager les souffrances des populations yéménites, le Coordonnateur des secours d’urgence a expliqué  qu’en raison des coupes budgétaires, les agences  de  l’ONU  ne  peuvent  aider que 9 millions de personnes  chaque  mois, contre  près  de 14  millions il y a un an.   Il a rappelé que le montant de 1,7 milliard de dollars d’aide humanitaire promise pour le Yémen le 1er mars dernier représente  moins  de la  moitié des besoins réels.  « Aujourd'hui, le plan  d’intervention  des Nations Unies n’est financé qu’à hauteur de 22% environ » a-t-il précisé avant de prévenir que, sans financements supplémentaires, des millions de  Yéménites  seront  condamnés à mort  cette  année.    C’est  pourquoi, il a appelé les donateurs à décaisser immédiatement  le  reste des contributions  promises  et à accroître leur soutien.   

Soucieux également d’éviter l’effondrement économique du pays, M. Lowcock a identifié deux étapes immédiates à franchir.  La première est le renforcement de la monnaie, le rial, afin que des millions de personnes  puissent  acheter de la nourriture ou d’autres produits essentiels, qui doivent presque tous être importés.   Il a donc recommandé que la Banque centrale réinjecte des devises, comme elle l’a déjà fait par le passé.   La deuxième  étape  sera de garantir un niveau suffisant d’importations commerciales dans tous les ports.  Il a aussi fait remarquer que le carburant est une denrée absolument essentielle, nécessaire par exemple  pour pomper l’eau potable, faire fonctionner les systèmes d’assainissement  et  les établissements de santé et conduire les malades à l’hôpital. 

Le Royaume-Uni, comme d’autres délégations, a d’ailleurs salué l’arrivée de quatre navires pétroliers à Hodeïda tout en relevant que leur cargaison ne représente que 30% des besoins de carburant.  La délégation s’est aussi inquiétée que les cas de COVID-19 aient doublé au Yémen, ce qui, de plus, « ne représente sans doute que la pointe de l’iceberg ». 

Sur un tout autre plan, le Yémen a invité une équipe d’experts internationaux à enquêter sur l’incendie des centres abritant des migrants africains dans le pays.  S’agissant du pétrolier SAFER dont la visite ne cesse d’être reportée faute d’accord entre les experts onusiens et les houthistes, le Yémen a appelé le Conseil de sécurité à prendre des mesures décisives pour empêcher une catastrophe environnementale de grande ampleur.  Les houthistes en seraient responsables s’ils ne permettent pas immédiatement à la mission d’évaluation de l’ONU d’accéder au pétrolier, a renchéri la France.  Les États-Unis ont également demandé que les houthistes cessent d’expulser les membres de la communauté juive yéménite. 

M. MARTIN GRIFFITHS, Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Yémen, s’exprimant par visioconférence depuis Amman en Jordanie, a attiré l’attention sur le fait qu’une génération d’enfants, dans de nombreuses régions du pays, souffre d’une scolarité sporadique ou inexistante, tandis que l’emploi est souvent partiel ou inexistant.  Les institutions de l’État, essentielles à la fourniture des services de base, ont été réduites au fil des ans, a-t-il aussi fait remarquer avant de parler aussi des problèmes liés à l’importation de carburant qui font grimper les prix des produits de base.  L’électricité dans certaines régions du Yémen est un combat quotidien et la COVID-19 fait à nouveau des ravages sur le peuple du Yémen.  «  Six années sont passées, et aussi grave que cela puisse être, on ne peut savoir quand cette tragédie prendra fin. »  Pourtant, a relevé M. Griffiths, mettre fin à cette guerre est l’aspiration simple et sincère de tous les Yéménites interrogés, consultés ou inclus dans la conversation nationale sur la guerre. 

L’Envoyé spécial a estimé que la situation du Yémen est différente de celle d’autres conflits.  D’abord parce que la communauté internationale, représentée par le Conseil de sécurité, est unie et qu’il existe une convergence d’intérêts diplomatiques en faveur d’un règlement politique.  En second lieu, M. Griffiths a placé ses espoirs dans le « un plan équitable » tel que l’appelle son homologue des États-Unis Tim Lenderking: un plan qui privilégie l’humanitaire, qui tire les leçons des accords précédents, qui prévoie un cessez-le-feu national et non partiel, qui soit bien préparé pour pouvoir le mettre immédiatement en application, et qui spécifie un moment précis pour le lancement du processus politique.  « Tout ce dont nous avons besoin maintenant, c’est que les parties acceptent cet accord. » 

M. Griffiths a affirmé que Mareb reste le principal centre de gravité du conflit, s’inquiétant que les combats dans la région montrent à nouveau des signes dangereux d’escalade.  Les personnes déplacées dans le pays, ainsi que les communautés locales, ont été dans la ligne de mire, a-t-il indiqué.  Il s’est dit également alarmé par les informations faisant état de multiples attaques de drones et de missiles balistiques menées par Ansar Allah contre le territoire saoudien au cours de la semaine dernière, y compris contre des installations civiles.   

En ce qui concerne Hodeïda, la Mission des Nations Unies en appui à l’Accord sur Hodeïda (MINUAAH) a engagé des discussions intensives avec les parties sur la reprise des activités, a-t-il indiqué, estimant que des discussions positives devraient stimuler considérablement les efforts visant à maintenir le calme dans la ville et à mettre en œuvre l’Accord conclu à Stockholm.  À Taëz, les combats se sont intensifiés et les tensions continuent de monter, alors que la ville connaît, comme de nombreuses régions du pays, une résurgence alarmante de cas de COVID-19.  Les principales routes de Taëz sont fermées depuis plusieurs années, ce qui inflige de terribles conséquences sociales et économiques à la population, a déploré M. Griffiths. 

L’Envoyé spécial a observé qu’écouter les femmes yéménites permet de mieux comprendre les histoires souvent inédites de ce conflit.  Son bureau vient justement de terminer une deuxième consultation numérique avec des femmes yéménites de plusieurs provinces.  Ces femmes ont alerté sur l’érosion du tissu social et les conséquences humanitaires les plus graves de cette guerre, dont les pires sont souvent subies par les femmes et les filles. 

Néanmoins, il s’est permis d’espérer qu’un accord de paix permettra de faire taire les armes et de rouvrir les routes longtemps bloquées par les lignes de front pour acheminer les marchandises, humanitaires d’abord, et les personnes.  Également pour que les enfants aillent sans entrave à l’école et que les travailleurs retournent sur leur lieu de travail de l’autre côté des lignes.  Il est aussi à espérer que les obstacles à l’entrée des navires à Hodeïda seront levés, permettant l’arrivée du carburant et d’autres produits essentiels.  Les revenus de ces navires iront à la Banque centrale du Yémen à Hodeïda et serviront notamment à honorer les traitements des fonctionnaires, a précisé M. Griffiths.  L’Envoyé spécial a aussi émis l’espoir de voir l’aéroport de Sanaa accueillir à nouveau des vols vers des destinations internationales et nationales, pour permettre notamment le retour des étudiants chez eux et les voyages pour raison médicales. 

De plus, il a espéré que les parties pourraient convenir de libérer ceux qui sont encore emprisonnés par la guerre afin que les familles soient enfin réunies.  Il s’est dit alarmé par la situation des journalistes yéménites détenus, en particulier des 15 qui sont détenus à Sanaa depuis 2015 et qui risquent la peine capitale.  Il a exhorté les parties à honorer leurs engagements d’apporter de l’aide à des milliers de familles qui attendent leurs proches.  M. Griffiths a fait valoir que ces événements et accords permettront une normalisation de la vie qui a trop souvent semblé être un espoir cruel pour le peuple yéménite.  Appelons ensemble les parties à ne pas décevoir et à délivrer le Yémen de son sort tragique, a conclu le Représentant spécial. 

M. MARK LOWCOCK, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et des secours d’urgence des Nations Unies (OCHA), a souligné l’urgence d’agir sur cinq points pour mettre fin à « cette catastrophe »: la protection des civils, l’accès humanitaire, le financement, le soutien à l’économie et le progrès vers la paix.  S’agissant de la protection des civils, qui est une exigence du droit international humanitaire, M. Lowcock a indiqué que le mois de mars avait été le mois le plus meurtrier pour les civils cette année avec plus de 200 tués ou blessés à la suite des hostilités.  « Près de 350 maisons privées ont également été endommagées ou détruites, et 10 camps accueillant des personnes déplacées ont été touchés », a-t-il indiqué en précisant qu’un quart des victimes civiles se trouvent à Mareb et dans ses environs, où les forces d’Ansar Allah ont continué de lancer une offensive militaire qui a jusqu’à présent provoqué le déplacement de 20 000 personnes.  

Pour ce qui est de l’accès humanitaire, « qui est également une exigence du droit international humanitaire », M. Lowcock a noté que les agences humanitaires étendent rapidement leur présence à Mareb pour aider les personnes touchées par la récente escalade.  Il a aussi signalé que des vols réguliers de l’ONU à destination de Mareb ont été approuvés et vont pouvoir bientôt commencer, ajoutant que le Gouvernement et la coalition travaillent avec l’ONU pour le faciliter.  Tout en se félicitant aussi que le Gouvernement du Yémen ait récemment débloqué des ressources humanitaires bloquées aux douanes d’Aden, M. Lowcock a regretté les obstacles bureaucratiques à l’action humanitaire qui restent un défi majeur au Yémen.  Illustrant son propos, il a indiqué que les autorités locales des régions contrôlées par le Gouvernement sur la côte ouest ont récemment introduit des réglementations exigeant des permis de circulation et autres formalités administratives pour les agences humanitaires.  « Ces règlements ont été publiés de manière indépendante sans l’approbation du Gouvernement et ont pratiquement stoppé l’acheminement de l’aide dans la région », a-t-il regretté. 

Pour ce qui est du financement de l’opération d’aide, le Chef des affaires humanitaires a expliqué que, en raison des coupes budgétaires, les agences de l’ONU ne peuvent aider que 9 millions de personnes chaque mois -contre près de 14 millions il y a un an.  Il a rappelé que les 1,7 milliard de dollars d’aide humanitaire promise pour le Yémen le 1er mars représentent moins de la moitié des besoins réels.  « Aujourd'hui, le plan d’intervention des Nations Unies n’est financé qu’à hauteur de 22% environ », a-t-il précisé avant de prévenir que, sans financements supplémentaires, des millions de Yéménites seront condamnés à mort cette année.  C’est pourquoi, il a appelé les donateurs à décaisser immédiatement le reste des contributions promises et à accroître leur soutien. 

« Le quatrième problème est l’effondrement économique du Yémen, qui est l’un des principaux facteurs du risque de famine », a ajouté M. Lowcock avant de citer deux étapes immédiates qui peuvent aider à endiguer cet effondrement.  La première est de renforcer la monnaie, le rial, afin que des millions de personnes puissent acheter de la nourriture ou d’autres produits essentiels, qui doivent presque tous être importés.  Il a donc demandé que les injections de devises par la Banque centrale, qui ont stabilisé le rial dans le passé, soient renouvelées.  La deuxième étape est de garantir que des quantités adéquates d’importations commerciales continuent d’entrer dans tous les ports, a-t-il insisté avant de noter que le carburant est une denrée absolument essentielle, nécessaire par exemple pour pomper l’eau potable, faire fonctionner les systèmes d’assainissement et les établissements de santé et conduire les malades à l’hôpital.  « Il y a plusieurs semaines, le Gouvernement a autorisé à accoster à Hodeïda quatre navires commerciaux transportant 75 000 tonnes de carburant, ce qui équivaut à environ deux semaines d’importations de carburant », s’est-il félicité en notant que ce sont les premiers navires ravitailleurs à entrer dans le port depuis janvier. 

Pour ce qui est des progrès vers la paix, M. Lowcock a rappelé que « la guerre est le moteur central de la misère que nous voyons aujourd'hui ».  C’est pourquoi, il a appuyé les efforts en cours pour négocier un cessez-le-feu à l’échelle nationale -pas seulement à Mareb, mais dans tout le pays- et pour reprendre le processus politique. 

Le Royaume-Uni s’est inquiété de la multiplication par deux des cas de COVID-19 au Yémen, ce qui, de plus, « ne représente sans doute que la pointe de l’iceberg ».  Il a encouragé les autorités à publier des donnés sur la pandémie et à mettre en place des mesures d’accès pour les travailleurs humanitaires notamment.  La délégation a salué l’appui des États-Unis aux efforts de l’ONU, tout en déplorant la poursuite des hostilités menées par les houthistes contre Mareb et des cibles civiles en Arabie saoudite.  Elle a appelé les parties à s’engager sans préconditions envers les propositions de l’ONU.  

Elle a ensuite salué l’arrivé de navires pétroliers à Hodeïda tout en relevant que leur cargaison ne représente que 30% des besoins de carburant.  Notant que les pénuries de combustible menacent la sécurité alimentaire, elle a réclamé une distribution transparente des combustibles qui, a-t-elle souligné, ne doivent pas servir à financer les hostilités.  La délégation a salué les discussions constructives de la semaine dernière au sujet du pétrolier SAFER et a appelé les houthistes, qui le contrôlent, à agir de manière constructive. Autrement nous nous tournerons vers le Conseil de sécurité pour envisager de nouvelles mesures, a-t-elle averti. 

L’Inde a dit être profondément préoccupée par les conséquences de l’escalade militaire en cours à Mareb, sur les plans politique, militaire, économique et humanitaire.  La délégation a dit espérer que les efforts diplomatiques en cours aboutiront bientôt à la fin des combats à Mareb mais s’est dit préoccupée d’informations faisant état de la présence croissante d’Al-Qaida à Mareb et de ses attaques dans le sud du Yémen.  Le Gouvernement et le peuple du Yémen ont besoin du soutien total de la communauté internationale pour éviter une famine dans le pays, a plaidé la délégation, ajoutant que les agences d’aide doivent recevoir un financement adéquat pour poursuivre leurs programmes.  De même, les envois humanitaires ne peuvent être reliés à d’autres problèmes, a considéré l’Inde en demandant de lever les restrictions et obstacles qui entravent la circulation des produits essentiels et de l’aide humanitaire au Yémen. 

La délégation s’est réjouie que les vaccins « Made in India » soient arrivés au Yémen le 31 mars et contribuent ainsi à la lutte contre la pandémie de COVID-19.  Cependant, a-t-elle ajouté, la lutte contre la pandémie ne sera efficace que lorsque les capacités de test seront renforcées et que des informations complètes sur le nombre de cas positifs à la COVID-19 seront disponibles de manière transparente, en particulier pour les cas du nord du pays.  L’Inde a enfin appelé à dépolitiser la question du pétrolier SAFER, invitant Ansar Allah à laisser l’accès nécessaire et à faciliter les efforts de l’ONU pour inspecter le navire et effectuer les réparations essentielles, et ce, sans plus tarder. 

La Norvège s’est dite très préoccupée par l’offensive de Mareb et par la poursuite des attaques transfrontalières en Arabie saoudite qui menacent la stabilité non seulement du Yémen, mais de la région.  Dans le contexte d’une situation humanitaire extrêmement préoccupante marquée par une faim généralisée et une pénurie de carburant, la Norvège s’est félicitée des récentes annonces du Gouvernement du Yémen autorisant un certain nombre de navires de ravitaillement à entrer dans le port pour atténuer la crise humanitaire. 

La Norvège s’est par ailleurs inquiétée des nombreux rapports faisant état de violations du droit international humanitaire et de violations et abus des droits de l’homme.  La Norvège a jugé inacceptable le refus d’accès humanitaire conduisant à la malnutrition et à la famine, au meurtre et à la mutilation, ainsi qu’au recrutement et à l’utilisation d’enfants dans les conflits armés.  Estimant que l’Accord de Riyad et la mise en place du nouveau gouvernement en décembre 2020 ont été des étapes importantes vers la paix, la Norvège a exhorté les parties à l’Accord à travailler de manière constructive pour assurer sa mise en œuvre.  Préoccupée par la situation du pétrolier SAFER, la Norvège a encouragé les houthistes à agir de manière constructive à cet égard. 

« Les houthistes doivent accepter de faire la paix au Yémen », a déclaré la France en les exhortant à immédiatement mettre fin à leur offensive contre Mareb. « Les attaques contre l’Arabie saoudite doivent également cesser. »  Elle a salué les efforts diplomatiques des États-Unis et d’Oman ainsi que l’annonce du 22 mars de l’Arabie saoudite.  Les parties yéménites, et notamment les houthistes, doivent saisir cette opportunité et s’engager sans plus tarder dans des discussions constructives et de bonne foi avec l’Envoyé spécial du Secrétaire général, a-t-elle recommandé.  La délégation a notamment appelé à conclure sans délais ni préconditions un accord de cessez-le-feu sur tout le territoire yéménite, à ouvrir les ports et les aéroports pour permettre l’approvisionnement humanitaire et commercial et, enfin, à entamer des négociations politiques crédibles sous l’égide des Nations Unies. 

La France a ensuite appelé à éviter une catastrophe écologique, affirmant que les houthistes en seront responsables s’ils ne permettent pas immédiatement à la mission d’évaluation de l’ONU d’accéder au pétrolier SAFER.  Elle a constaté que la nouvelle vague de propagation de la pandémie de COVID-19 est extrêmement préoccupante et a jugé essentiel d’accélérer la campagne de vaccination et de permettre un accès équitable aux vaccins.  Notant en outre que le risque de famine s’accroît chaque jour, elle a jugé plus que jamais essentiel de garantir un plein accès humanitaire à l’ensemble des personnes dans le besoin, particulièrement dans les zones contrôlées par les houthistes.  

Le Mexique a fait part de sa grande consternation face à l’impact croissant de la violence sur la population civile au Yémen, ce qui a conduit à une augmentation du nombre de personnes déplacées qui s’élève désormais à plus de quatre millions.  Sans la cessation des hostilités, le travail humanitaire est presque impossible et les soins de base aux groupes vulnérables sont difficiles, a noté la délégation.  Dans ce contexte, le Mexique a exprimé sa grande préoccupation face à l’offensive persistante des houthistes sur Mareb, en plus des 50 fronts de conflit ouverts et de l’accentuation de la violence dans certaines grandes villes du pays.  La délégation a vivement condamné les attaques des houthistes contre Mareb, ainsi que contre diverses cibles saoudiennes.  « Nous exhortons Ansar Allah, ainsi que les autres parties, à cesser immédiatement les hostilités et à répondre à l’appel à un cessez-le-feu mondial lancé par le Secrétaire général. »  Le Mexique a également présenté ses condoléances aux familles des migrants africains tués dans l’incident de cette semaine au large de Djibouti, avant d’appeler Ansar Allah et le Gouvernement du Yémen à garantir la protection des droits des migrants. 

Réaffirmant qu’il n’y a pas de solution militaire au conflit, la délégation mexicaine a, « une fois de plus », exhorté les parties à participer aux négociations d’un accord politique large et inclusif, facilité par l’ONU et fondée sur la résolution 2216 (2015).  Elle a conclu en appelant Ansar Allah à permettre l’inspection immédiate du pétrolier SAFER par les équipes des Nations Unies.  Les répercussions d’une catastrophe de cette ampleur toucheront non seulement les habitants de la mer Rouge, mais aussi les membres d’Ansar Allah eux-mêmes, a rappelé le Mexique. 

La Chine s’est félicitée de l’initiative récente de l’Arabie saoudite en faveur d’un processus politique qui soulagerait le sort du peuple yéménite.  Rappelant la pertinence de l’initiative en cinq points pour le Moyen-Orient présentée par le Ministre des affaires étrangères de la Chine, la délégation chinoise a appelé les pays de la région à renforcer le dialogue et à améliorer l’environnement sécuritaire afin de créer des conditions favorables au retour de la paix au Yémen.  « La communauté internationale doit intensifier l’aide humanitaire et les donateurs doivent honorer leurs promesses le plus rapidement possible », a insisté la Chine avant d’exhorter toutes les parties à garantir un accès humanitaire sûr et sans entrave ainsi que l’importation sans entrave de nourriture, de carburant et d’autres biens essentiels.  Passant à la question urgente du pétrolier SAFER, la Chine a espéré que les houthistes continueront de communiquer avec les Nations Unies et permettront à une équipe technique des Nations Unies de monter à bord du navire dès que possible. 

L’Estonie a appelé les parties à immédiatement désamorcer la situation et mettre un terme aux hostilités, citant notamment l’attaque menée par les houthistes contre Mareb ainsi que les attaques transfrontalières contre l’Arabie saoudite.  Elle a salué la récente décision du Gouvernement yéménite d’approuver l’entrée de quatre navires pétroliers à Hodeïda, ainsi que la décision de l’Arabie saoudite d’accorder 422 millions de dollars en carburant au Gouvernement du Yémen.  Des mesures supplémentaires s’imposent cependant pour améliorer la situation humanitaire, a recommandé l’Estonie en réclamant notamment le retrait des obstacles à l’importation de carburant et d’articles commerciaux. 

La délégation a appelé l’ensemble des parties à protéger les civils, notamment les plus vulnérables, et s’est inquiétée des informations faisant état de répression systématique des journalistes, de violence sexuelle et de recrutement d’enfants.  Elle a ensuite salué les efforts diplomatiques qui se poursuivent sans relâche pour mettre fin à la guerre, citant notamment la réunion du P5+4 en début de semaine. 

Le Niger a condamné l’escalade des hostilités, en particulier autour de Mareb, les attaques par drones sur le territoire saoudien ainsi que le recrutement d’enfants soldats par des parties à ce conflit.  « Ce regain d’hostilités ne fera qu’éloigner tout espoir de reprises de négociations et l’acheminement de l’assistance humanitaire aux populations en besoin », a ajouté le Niger.  La délégation a appelé les autorités yéménites à permettre la réouverture des ports et aéroports pour assurer l’entrée des produits de première nécessité et du carburant afin d’alléger les difficultés auxquelles font face les populations. 

Le Niger a réitéré que la résolution de la crise passe inévitablement par le dialogue inclusif entre les Yéménites, avec l’appui de la communauté internationale.  La délégation a dès lors appelé les parties à œuvrer ensemble pour le retour de la paix au Yémen et pour le bien de tout son peuple.  Estimant que la résolution de cette crise nécessite un changement de paradigme et une approche axée sur une diplomatie nouvelle et créative de la part des Nations Unies et des partenaires internationaux du Yémen, le Niger a salué l’offre du Royaume d'Arabie saoudite de mettre fin aux combats et de relancer le processus politique au Yémen, ainsi que les efforts de médiation d’Oman.  Le Niger a, en outre, invité les autres acteurs régionaux et les membres du Conseil ayant une influence sur les parties au conflit à ne ménager aucun effort, pour accompagner les Yéménites sur le difficile, mais incontournable, chemin du dialogue, de la réconciliation et de la paix. 

Les États-Unis ont plaidé pour un cessez-le-feu global à l’échelle nationale, la réouverture de l’aéroport international de Sanaa, l’application des dispositions financières de l’Accord de Stockholm et le démarrage immédiat des consultations politiques.  Les États-Unis ont salué l’annonce faite le 22 mars par l’Arabie saoudite de vouloir engager des pourparlers politiques inclusifs pour aider à mettre fin au conflit.  La délégation a aussi salué l’engagement constant du Gouvernement yéménite de parvenir à un cessez-le-feu avant de s’inquiéter des actions des houthistes qui « n’amènent pas à croire qu’ils sont attachés à une résolution pacifique du conflit ».  Illustrant son propos, la délégation américaine a fait remarquer que l’offensive des houthistes à Mareb continue de faire des victimes parmi les Yéménites, y compris parmi les personnes déplacées, en condamnant ces exactions. 

Les États-Unis ont aussi condamné les houthistes pour leurs attaques presque quotidiennes de drones et de missiles balistiques contre l’Arabie saoudite.  Les États-Unis ont exhorté les autres pays à faire pression sur les houthistes pour qu’ils autorisent immédiatement l’évaluation de la situation du pétrolier SAFER et qu’ils cessent d’expulser davantage de membres de la communauté juive yéménite. 

Par ailleurs, les États-Unis ont remercié l’Arabie saoudite d’avoir contribué pour plus de 422 millions de dollars en subventions de carburant au Gouvernement du Yémen pour permettre la fourniture d’électricité à la population.  « Mais il est essentiel que toutes les parties -y compris les houthistes, qui utilisent du carburant pour financer leur effort de guerre- permettent aux produits commerciaux et humanitaires d’arriver jusqu’à ceux qui en ont besoin », ont insisté les États-Unis en mettant l’accent sur la gravité de la situation humanitaire dans les zones contrôlées par les houthistes.  La délégation américaine a appelé à faire pression sur ces derniers pour qu’ils cessent leur violence et leurs violations, dans le but notamment de permettre à la communauté internationale de faire face à la crise humanitaire. 

Saint-Vincent-et-les Grenadines a exprimé de vives préoccupations quant à la résurgence de la COVID-19 au Yémen, dans un contexte où le système de santé est poussé au-delà de ses capacités et où la population subit une pénurie de fournitures essentielles.  La délégation a salué l’arrivée d’un lot de vaccins par l’intermédiaire du Mécanisme COVAX tout en appelant à faire davantage pour combattre la pandémie dans le pays.  La délégation a aussi exhorté les donateurs à rapidement verser les fonds promis lors de la conférence des annonces de contribution pour le Yémen.  Elle a ensuite appelé à trouver une solution durable aux pénuries persistantes de carburant, appelant pour cela à la levée du blocus. 

La délégation a alerté que la poursuite des combats, notamment à Mareb, menace d’inverser les acquis politiques et continue de provoquer des déplacements forcés.  Elle a salué le récent engagement pris entre l’Envoyé spécial des États-Unis, le Ministre des affaires étrangères de l’Allemagne et l’Envoyé spécial de l’ONU, et a appelé les parties concernées à faire preuve d’un engagement sans faille envers un cessez-le-feu national et la reprise du processus politique.  Elle a également appelé les parties à trouver un compromis au sujet du pétrolier SAFER, alertant que la politisation de cette question entrave les perspectives de coopération et de renforcement de la confiance. 

La Tunisie a rappelé qu’il n’y a que par une solution politique que le Yémen pourra parvenir à la paix.  Cela ne sera possible que si les parties au conflit acceptent un cessez-le-feu complet et retournent à la table des négociations, a-t-elle prévenu.  La délégation a salué l’initiative prise par l’Arabie saoudite en vue de résoudre la crise yéménite dans son entièreté.  C’est un pas en avant, a-t-elle noté en saluant également les efforts d’Oman, des États-Unis ainsi que le rôle de l’Envoyé spécial. 

La Tunisie a condamné les combats qui ont lieu à Mareb et déploré leurs graves conséquences humanitaires.  Elle a aussi condamné la prise pour cibles de sites du territoire saoudien.  La Tunisie a plaidé pour un accès sans entrave aux personnes dans le besoin.  Avant de conclure, elle a plaidé pour que les experts onusiens aient accès au pétrolier SAFER.  

La Fédération de Russie a déploré l’échec à mettre un terme aux tentatives de règlement militaire du conflit au Yémen, pointant du doigt les attaques contre Mareb et l’Arabie saoudite.  Elle a appelé les parties à trouver une solution politique au conflit, saluant notamment les initiatives en ce sens de l’Arabie saoudite.  Un règlement á long terme n’est possible qu’en prenant en compte les intérêts des principales forces politique du Yémen, a-t-elle souligné. 

La délégation a salué la normalisation de la situation dans le sud du Yémen suite à la constitution d’un nouveau gouvernement de coalition avec le Conseil de transition du Sud.  Elle a espéré que cela permettra de mettre un terme à la grave situation dans cette partie du Yémen.  La Fédération de Russie s’est préoccupée de la gravité de la situation humanitaire qui, a-t-elle souligné, exige la levée des blocus maritime et terrestre ainsi que l’amélioration de la situation économique qui est critique.  Une aide massive est nécessaire, a-t-elle ajouté avant d’évoquer la poussée de la pandémie de COVID-19.  Notant que le plan humanitaire pour le Yémen n’est financé qu’à 13%, la délégation a appelé les donateurs à renforcer leur appui aux programmes essentiels de l’ONU, notamment l’accès à l’eau et aux services médicaux.  Elle a ensuite appelé à trouver une solution à la question du pétrolier SAFER.  Enfin, elle a plaidé pour l’application du Concept russe de sécurité collective dans le golfe Persique qui, a-t-elle estimé, pourrait être utile. 

L’Irlande s’est déclaré encouragée par la poursuite du dialogue entre les parties au conflit et a salué l’engagement de l’Arabie saoudite envers un accord de paix.  Elle a souligné qu’il n’y a pas de solution militaire au conflit et qu’un cessez-le-feu à l’échelle nationale est nécessaire et urgent.  La délégation s’est inquiétée de l’augmentation rapide des cas de COVID-19 dans le pays, de l’étendue de la faim et des pénuries de carburant.  Il faut assurer non seulement l’importation de vivres et de carburant, mais aussi la stabilité économique du pays, a plaidé la délégation qui a, par ailleurs, salué le récent arrivage de carburant au port de Hodeïda.  Concernant le pétrolier SAFER, elle a appelé les parties à rapidement conclure les pourparlers pour permettre à l’équipe de l’ONU d’y accéder et d’y effectuer les réparations nécessaires.  La délégation a aussi appelé à mettre un terme aux violations à l’encontre des enfants. 

Le Kenya a fermement condamné les attaques aériennes transfrontalières croissants des houthistes contre des installations civiles en Arabie saoudite.  Nous appelons les parties à s’abstenir de toute activité qui compromettrait les efforts de paix en cours, a lancé la délégation.  Elle s’est également dite profondément préoccupée par la détérioration de la situation à Mareb.  La crise humanitaire est aggravée par la deuxième vague de COVID-19 qui se propage rapidement à travers le Yémen, a noté la délégation, avant d’appeler la communauté internationale à intervenir et à proposer des solutions face à la pandémie, notamment en fournissant des vaccins supplémentaires au Yémen. 

Le Kenya a rappelé avoir averti que le conflit violent au Yémen créait un vide, qui est comblé par des groupes terroristes.  « Nous réaffirmons notre conviction que les groupes terroristes ne doivent pas être récompensés par une légitimité politique. »  Le Kenya a prédit que le monde allait déplorer les tentatives d’édification de la paix et de la sécurité avec à la table des négociations les acteurs qui ont commis des atrocités terroristes.  « Nous espérons que ce point de vue sera soigneusement examiné par l’Envoyé spécial Martin Griffiths. »  Le Kenya a salué les récentes initiatives des États-Unis, de l’Arabie saoudite et d’Oman qui vont, selon lui, de pair avec la tâche de l’Envoyé spécial.  La délégation a terminé en souhaitant « aux frères et sœurs du Yémen » un « Ramadan Kareem ». 

Le Viet Nam s’est félicité des efforts déployés par les pays de la région, y compris les récentes activités de médiation d’Oman, pour promouvoir un processus politique inclusif sous les auspices de l’ONU en vue de mettre fin au conflit de manière globale et durable.  Il a exhorté les parties concernées à cesser immédiatement toutes les hostilités, à reprendre sans plus tarder le processus politique, à mettre fin aux attaques contre les infrastructures civiles et les quartiers et à protéger les plus vulnérables.  « La situation humanitaire désastreuse du Yémen, après sept ans de conflits prolongés, a été confrontée à des défis énormes, notamment la crise économique, la pénurie de carburant, l’insécurité alimentaire et la perspective d’une famine à grande échelle  », a noté le Viet Nam avant de prévenir que, selon les projections, 16,2 millions de personnes souffriront de la faim en 2021, alors que 4 millions de Yéménites ont été déplacés et plus de 2 millions d'enfants ont été privés de la possibilité d’aller à l’école.  Face à cette réalité, le Viet Nam a exhorté toutes les parties à assurer un accès humanitaire rapide, sûr et sans entrave et à faciliter les opérations humanitaires au Yémen. 

En outre, le Viet Nam s’est dit encouragé d’apprendre qu’Ansar Allah et les Nations Unies sont parvenus à un accord verbal sur la question du pétrolier SAFER.  « Nous attendons avec intérêt de voir un accord écrit afin que l’équipe des Nations Unies puisse s’acquitter sans plus tarder de ses fonctions et éviter une catastrophe écologique pour le Yémen et la région », a dit le Viet Nam.  Enfin, la délégation a jugé impératif que les parties au conflit mettent pleinement en œuvre l’Accord de Stockholm et l’Accord de Riyad, en assurant une participation significative des femmes au processus politique. 

Le Yémen a déclaré que son gouvernement n’épargne aucun effort pour mettre un terme à la guerre par l’intermédiaire du processus mené par l’ONU.  Il a salué l’initiative lancée par l’Arabie saoudite, y voyant une étape importante pour mettre un terme à la crise.  Le Gouvernement du Yémen a fait preuve d’une attitude positive, a-t-il fait remarquer tout en estimant ne pas avoir en face de lui un partenaire favorable à la paix.  Il a en effet accusé les houthistes de rejeter ouvertement les tentatives de mettre un terme à « leur guerre absurde  ».  Le Yémen a notamment dénoncé les attaques des houthistes contre Mareb et le bombardement récent de trois camps de déplacés au nord de Mareb qui a fait de nombreuses victimes et provoqué le déplacement de plus de 2 000 familles.  Il a appelé le Conseil de sécurité et la communauté internationale à condamner ces attaques brutales et à exercer le maximum de pression pour que les milices y mettent fin. 

La délégation a fait savoir que le Gouvernement a continué de faciliter l’acheminement des produits pétroliers aux zones contrôlées par les houthistes afin de répondre aux besoins des populations.  Cependant, les milices houthistes pilent les cargaisons officielles et en tirent profit pour financer la guerre au lieu de payer les fonctionnaires comme il avait été convenu, a accusé le Yémen qui a aussi déploré que les houthistes refusent tout contrôle.  Malgré cela, il y a deux jours, le Gouvernement du Yémen a exceptionnellement permis l’arrivée de navires pétroliers pour alléger les souffrances humanitaires, et ce, en dépit des violations de l’Accord de Stockholm par les houthistes.  La délégation a appelé la communauté internationale à engager les houthistes à cesser de faire de la souffrance humanitaire un fonds de commerce et d’utiliser le marché noir du pétrole pour financer leur guerre. 

Après avoir invité l’équipe d’experts à enquêter sur l’incendie des centres abritant des migrants africains, la délégation a alerté sur les bombardements en Arabie saoudite qui sont menés de façon délibérée et systématique, démontrant à son avis à quel point les houthistes rejettent les initiatives politiques.  Les milices dépendent du système iranien et la communauté internationale doit agir pour mettre un terme à ces actes, a-t-elle affirmé.  

La délégation a ensuite signalé que l’économie yéménite continue de se détériorer et complexifie la crise humanitaire alors que le pays est en proie à une augmentation du nombre de cas de COVID-19.  Elle a appelé les milices à divulguer le nombre de cas de COVID-19 dans les zones sous leur contrôle.  Elle a fait savoir que le Gouvernement s’efforce de préserver la valeur du rial yéménite, mais qu’il a besoin de davantage d’aide, saluant dans la foulée l’offre de l’Arabie saoudite de faire fonctionner les centrales électriques.  S’agissant du pétrolier SAFER, Le Yémen a appelé le Conseil de sécurité à prendre des mesures décisives pour empêcher une catastrophe environnementale de grande ampleur.  Il ne faut pas se contenter de réclamer l’accès de l’équipe de l’ONU, a-t-elle notamment dit. 

À l’intention des organes d’information • Document non officiel.