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SC/14505
26 avril 2021

Au Conseil de sécurité, inquiétudes sur le statut d’Abyei malgré un rapprochement bilatéral entre Soudan et Soudan du Sud

Le Conseil de sécurité s’est, ce matin, penché sur l’évolution des relations bilatérales entre le Soudan et le Soudan du Sud au cours des six derniers mois, et sur la situation à Abyei, territoire revendiqué par ces deux pays voisins où la Force intérimaire de sécurité des Nations Unies (FISNUA)a été déployée il y a 10 ans.  Son mandat, qui consiste principalement à appuyer le Mécanisme conjoint de vérification et de surveillance de la frontière, expire à la fin du mois de mai. 

S’exprimant tous deux par visioconférence, le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, M. Jean-Pierre Lacroix, et l’Envoyé spécial du Secrétaire général pour la Corne de l’Afrique, M. Parfait Onanga-Anyanga, ont tous deux dressé un bilan mitigé.  Si sur le plan bilatéral, des nouvelles encourageantes sont à signaler, reste que la situation sur le terrain a été entachée de violences, d’affrontements entre groupes ethniques, de pillages de convois humanitaires, et de désaccords politiques de fond sur le statut final d’Abyei. 

À l’image de la plupart des membres du Conseil, la Fédération de Russie s’est inquiétée de la « situation tendue et imprévisible » prévalant dans la région, liée aux divergences de vue affichées par Khartoum et Djouba pour régler le conflit.  Les efforts de rapprochement entre les deux capitales n’en ont pas moins été salués par les deux hauts fonctionnaires, qui se sont félicités de la tenue de plusieurs réunions conjointes et visites officielles, en particulier celle, effectuée le 25 février, de la nouvelle Ministre soudanaise des affaires étrangères qui a choisi le Soudan du Sud pour son premier déplacement officiel. 

De son côté, le Ministre sud-soudanais des affaires d’Afrique de l’Est, Deng Alor, s’est entretenu à Khartoum avec Hassan Sheikh Idris Qadi, membre du Conseil souverain de la transition, pour discuter de la mise en œuvre de l’accord de paix du 3 octobre 2020, ainsi que du statut d’Abyei.  Fruit de ces efforts, il a été convenu de constituer des mécanismes conjoints pour réactiver les accords commerciaux entre les deux pays à la frontière et rouvrir des couloirs commerciaux, a salué l’Envoyé spécial. 

Le Soudan, qui a dit « compter énormément » sur les relations avec son voisin du Sud, s’est d’ailleurs dit prêt à mettre en œuvre ces arrangements conjoints, y compris ceux agréés lors de la réunion du Comité mixte de contrôle d’Abyei.  En retour, celui-ci a estimé que, malgré la persistance de heurts entre communautés, les évolutions positives observées de part et d’autre seraient de nature à améliorer la situation d’Abyei. 

Cependant, ce rapprochement ne s’est pas encore traduit par des changements significatifs sur le terrain.  M. Lacroix a fait état d’une série de violences, notamment celles auxquelles se sont livrées les communautés Ngok Dinka et Misseriya, ou encore le pillage de 15 camions du Programme alimentaire mondial (PAM), perpétré aux alentours d’Abyei, un acte qui a suscité la réprobation de plusieurs membres du Conseil dont l’Inde, le Mexique et l’Estonie. 

Un autre problème, relatif au contingent éthiopien de la FISNUA, a été soulevé par le Soudan, qui a mis en cause sa neutralité, invoquant les évènements « à la frontière soudano-éthiopienne », et appelant la Force intérimaire à trouver d’autre pays fournisseurs de troupes.  Si elle n’a pas directement réagi à ces propos, l’Éthiopie a cependant observé que toute réduction du personnel de la Mission conduirait à une détérioration de la situation à Abyei et qu’elle devait être conditionnée à des progrès sur son statut final. 

La Norvège a également prévenu qu’un retrait soudain des troupes éthiopiennes créerait un « vide sécuritaire », relayant les préoccupations des membres du Conseil sur les effets négatifs que les tensions dans la Corne de l’Afrique pourraient avoir pour Abyei, compliquant encore le mandat de la FISNUA.  Les États-Unis ont ainsi estimé que ces « crises multiples  » régionales « pourraient aggraver la sécurité des populations d’Abyei ». 

L’action de la FISNUA est en effet entravée par l’absence de coopération des parties, a relevé M. Lacroix, en rappelant les « contraintes opérationnelles liées aux goulets d’étranglement administratifs » imposées par le Soudan, comme le refus de délivrer de visas d’entrée au Soudan à la délégation de la Tanzanie, le refus d’autoriser une délégation chinoise à se rendre à Abyei, les retards pris par la délivrance de 77 visas à des agents de police, en attente d’approbation par Khartoum. 

Mais à l’aune des résultats obtenus par la Mission dans la désescalade des tensions entre les communautés ngok dinka et misseriya, le Secrétaire général adjoint a demandé au Conseil de proroger le mandat de la FISNUA pour une période additionnelle de six mois, « afin de donner aux parties l’espace nécessaire pour discuter des arrangements futurs et de la voie à suivre ». 

Pour permettre à la FISNUA de s’acquitter plus efficacement de son mandat, la Norvège a appelé à l’opérationnalisation de la piste d’atterrissage d’Athony, à la délivrance de visas aux unités de police constituées, et à la nomination d’un chef adjoint de la composante civile de la mission.  La délégation a aussi exhorté les autorités soudanaises et sud-soudanaises à autoriser le déploiement d’une expertise en matière de droits de l’homme. 

 M. JEAN-PIERRE LACROIX, Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, a expliqué que la période de six mois couverte par le rapport a été marquée par un rapprochement continu entre le Soudan et le Soudan du Sud.  Ainsi, le 23 novembre 2020, le Ministre sud-soudanais des affaires d’Afrique de l’Est, Deng Alor, a rencontré à Khartoum Hassan Sheikh Idris Qadi, membre du Conseil souverain de transition, pour discuter de la mise en œuvre de l’accord de paix du 3 octobre 2020, ainsi que de la question d’Abyei.  Et le 25 février 2021, la Ministre des affaires étrangères du Soudan, Mariam Al-Sadiq al-Mahdi, a choisi Djouba pour sa première visite officielle après sa prise de fonctions.  Toutefois, ce rapprochement ne s’est pas traduit par des améliorations significatives sur le terrain, a regretté M. Lacroix.  Dans la région d’Abyei, la situation sécuritaire reste tendue, tout comme les relations entre les communautés ngok dinka et misseriya.  L’incapacité des parties à se réunir pour les réunions du Comité mixte de contrôle d’Abyei a également eu un impact négatif sur les progrès politiques.  Le haut fonctionnaire a cependant espéré que la récente nomination par Khartoum du général de division Mohamed Alawi Koko, en tant que nouveau coprésident du Comité conjoint de surveillance d’Abyei, contribuerait à faire avancer le processus politique. 

L’événement politique marquant de la période a été la réunion du Mécanisme conjoint pour les questions politiques et la sécurité, organisée par le Gouvernement du Soudan les 28 et 29 octobre 2020.  Durant celle-ci, a poursuivi M. Lacroix, plusieurs questions importantes ont fait l’objet d’un accord, notamment la mise en place de points de contrôle à Abyei, l’introduction d’opérations de recherche et de saisie, le déploiement d’équipes d’observateurs militaires conjointes dans toute la zone d’Abyei, la nécessité de progresser sur le Mécanisme conjoint de vérification et de surveillance de la frontière ainsi que sur les repères frontaliers. 

La situation générale en matière de sécurité dans la région d’Abyei au cours de la période considérée a été relativement calme, « bien que volatile et imprévisible », a relevé le Secrétaire général adjoint.  Les menaces les plus courantes pour la sécurité ont été les fusillades et la présence accrue de groupes armés non identifiés.  Sur les 47 incidents enregistrés, 23 étaient des attaques visant des civils qui ont fait cinq morts et des blessés graves.  La route principale d’approvisionnement entre la ville d’Abyei et Goli, le marché commun d’Amiet et les villages environnants ont été identifiés comme les zones les plus instables dans la zone de responsabilité de la Force intérimaire de sécurité des Nations Unies pour Abyei (FISNUA), en dépit des patrouilles régulières et de la présence constante des Casques bleus le long de la route. 

De violents affrontements se sont également produits entre les communautés ngok dinka et misseriya, l’un des principaux incidents ayant eu lieu au marché commun d’Amiet le 30 décembre 2020, a relaté M. Lacroix.  Plusieurs échoppes et biens ont été détruits, et cinq Ngok Dinka et sept Misseriya ont été blessés.  Puis, le 15 février 2021, trois hommes armés, soupçonnés d’être des Ngok Dinka, ont ouvert le feu sur un véhicule civil à environ quatre kilomètres en dehors de la ville d’Abyei, le long de la route reliant Abyei à Banton.  Six civils ont été gravement blessés durant l’attaque et amenés à un hôpital de la FISNUA pour y être soignés, a détaillé le Secrétaire général adjoint. 

Autre fait inquiétant, 49 camions du Programme alimentaire mondial (PAM) transportant des fournitures humanitaires, en route du nord vers la ville d’Abyei, se sont vu refuser l’accès par une foule de Misseriya dans le village de Dari entre le 18 et le 21 décembre 2020.  Le groupe a exigé 50% du chargement comme condition préalable à l’octroi du passage vers le sud.  Après deux jours de négociations, il a été décidé que le convoi humanitaire retournerait à Khartoum.  Quinze camions ont été pillés au cours de l’incident. 

M. Lacroix a ensuite relevé de modestes progrès concernant les sept critères énoncés dans la résolution 2550 (2020) du Conseil de sécurité.  Par exemple, toutes les missions de surveillance aérienne (MSA) et de surveillance terrestre (MST) demandées ont été approuvées par les Gouvernements du Soudan et du Soudan du Sud en octobre 2020, et la plupart d’entre elles ont été menées pendant la période considérée.  Le Mécanisme conjoint a bénéficié d’une liberté de circulation dans la zone tampon démilitarisée sécurisée.  À l’exception du site d’opération 22 d’Abou Qoussa/Wunkur, les parties ont déployé des observateurs nationaux pour participer aux activités opérationnelles du Mécanisme conjoint.  « Cependant, le site n’est pas encore opérationnel, car le Soudan du Sud refuse de déployer des observateurs nationaux en raison de la présence de l’Armée populaire de Libération du Soudan dans l’Opposition (APLS dans l’Opposition) dans la région ». 

M. Lacroix a aussi relevé des problèmes de visas: le déploiement des unités de police constituées de la Chine et de la Tanzanie a été interrompu en raison de la non-délivrance de visas d’entrée au Soudan pour la délégation officielle de la Tanzanie, ainsi que du refus de permis de voyage pour visiter Abyei, concernant la délégation de la Chine.  Le déploiement des unités de police constituées éthiopiennes est soumis à l’approbation des visas et à l’autorisation de l’équipement appartenant aux contingents.  Les visas pour 77 agents de police, demandés dans une note verbale à Khartoum, sont également en attente d’approbation.  En outre, depuis janvier, les autorités soudanaises ont introduit une nouvelle politique selon laquelle les visas de résident pour le personnel de la FISNUA sont délivrés avec une période de validité limitée (c’est-à-dire jusqu’au 31 mai 2021, la fin du mandat actuel de la Mission), ce qui complique encore les choses, selon le Secrétaire général-adjoint. 

En conclusion, M. Lacroix a rappelé que la Mission avait contribué à réduire les tensions entre les communautés ngok dinka et misseriya, « malgré les contraintes opérationnelles dues aux goulets d’étranglement administratifs ».  Il a donc demandé au Conseil de proroger le mandat de la FISNUA pour une période de six mois, « afin de donner aux parties l’espace nécessaire pour discuter des arrangements futurs et de la voie à suivre ».

M. PARFAIT ONANGA-ANYANGA, Envoyé spécial du Secrétaire général pour la Corne de l’Afrique, a axé son exposé sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre de la résolution 2046 (2012) relative aux questions bilatérales en suspens entre le Soudan et le Soudan du Sud ainsi que la situation dans les États du Kordofan méridional et du Nil-Bleu.  Il a tout d’abord dit que la pandémie de COVID-19 avait continué à avoir un impact négatif sur la santé et les développements humains et socioéconomiques au Soudan et au Soudan du Sud, même si le début des campagnes de vaccination dans les deux pays est un développement bienvenu. 

La « bonne nouvelle » du moment pour M. Onanga-Anyanga, c’est que les deux pays continuent d’approfondir leurs relations, comme en témoigne la visite le 25 février, de la Ministre soudanaise des affaires étrangères, Mme Mariam Al-Sadiq Al-Mahdi, qui a réservé son premier déplacement officiel depuis sa prise de fonctions au Soudan du Sud.  Au cours de cette visite, les deux pays ont convenu de constituer des mécanismes conjoints pour réactiver leurs accords commerciaux à la frontière.  Il s'agira, a-t-il expliqué, de rouvrir des couloirs commerciaux au bénéfice de leurs économies respectives. 

Toutefois, a nuancé le haut fonctionnaire, malgré l’amélioration de leurs relations, le Soudan et le Soudan du Sud ont tenu des engagements bilatéraux limités dans le cadre de leurs accords de coopération.  Ils ont plutôt continué à se concentrer sur leurs transitions politiques respectives et sur la dynamique régionale en rapide mutation.  Au cours de sa visite à Khartoum, les autorités soudanaises l'ont informé de leur engagement à respecter tous les accords bilatéraux en vue de régler pacifiquement toutes les questions en suspens avec le Soudan du Sud, y compris le statut final d'Abyei.  Elles ont insisté sur la nécessité de parvenir à une solution mutuellement bénéfique faisant d’Abyei une « frontière souple » et un exemple de coexistence pacifique, de développement et de prospérité partagée pour les populations ngok dinka et misseriya. 

Néanmoins, « les approches divergent ».  En effet, a relevé l’Envoyé spécial, le Soudan insiste sur la mise en place des mécanismes conjoints prévus par l’accord du 20 juin 2011 sur les arrangements administratifs et sécuritaires temporaires, que rejette le Soudan du Sud.  Les interlocuteurs sud-soudanais expriment leur préférence pour la solution proposée par le Groupe de mise en œuvre de haut niveau de l’Union africaine sur le statut final d’Abyei qui a été adoptée par les chefs d’État de l’Union africaine en 2013.  Dans l’attente d’un règlement définitif, le Soudan du Sud a préconisé une collaboration continue entre l’administration d’Abyei nommée par Djouba et l’administration des Misseriya à Muglad, hors d’Abyei, ainsi qu’une coopération entre les deux administrations concernant les droits de pâturage des populations misseriya et d’autres questions d’intérêt commun. 

Il est indéniable, aux yeux de l’Envoyé spécial, que la dynamique régionale actuelle dans la Corne de l’Afrique, notamment les relations tendues entre les Gouvernements éthiopien et soudanais autour du Grand barrage éthiopien de la Renaissance et de la zone frontalière d’el-Fachqa, pourrait avoir une incidence directe sur la configuration de l’UNISFA.  Aussi a-t-il exhorté les deux Gouvernements à parvenir à un règlement rapide et pacifique de ces différends.  Abordant le règlement du conflit dans les États du Kordofan méridional et du Nil-bleu, M. Onanga-Anyanga s’est réjoui d’annoncer que des progrès significatifs ont été réalisés avec la signature, le 28 mars à Djouba, d’une déclaration de principe par le Président du Conseil souverain du Soudan, le général de corps d’armée Abdul-Fattah Al-Burhan, et le Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord-faction Abdelaziz Hélou.  La déclaration de principe prévoit l’établissement d’un État civique, démocratique et fédéral où la liberté de religion, de croyance et de culte sera garantie, ainsi qu’un processus d’intégration et d’unification des forces dans le but de constituer une armée nationale unique qui doit être achevé d’ici à la fin de la période de transition.  Ces principes directeurs, couplés à la première déclaration de principes conjointe signée par le Premier Ministre Abdalla Hamdok et Abdel Aziz Hélou, le 3 septembre 2020, ouvriront la voie, selon lui, à des négociations officielles et globales entre le Gouvernement de transition et la faction Abdel Aziz Hélou du SPLM-N, prévues à Djouba le 25 mai. 

L’Envoyé spécial a tenu à souligner que ces progrès importants ont été rendus possibles grâce à la médiation du Gouvernement du Soudan du Sud et à l’engagement des parties en faveur d’une solution politique.  Sur la base de la signature de l’Accord de paix de Djouba signé le 3 octobre 2020 entre le Gouvernement soudanais, l’alliance du Front révolutionnaire soudanais et l’Armée de libération du Soudan-faction Minni Minnawi (ALS-MM), le Soudan du Sud a continué à fournir un soutien et, dans la plupart des cas, à servir de médiateur entre le Soudan et le reste de ses mouvements armés, dans le but de parvenir à un accord de paix global qui puisse contribuer à mettre fin aux multiples conflits armés déchirant le Soudan.  Le Président Salva Khiir, qui a assisté à la signature de la déclaration de principes entre le Gouvernement de transition soudanais et la faction Abdelaziz Hélou, a promis de travailler sans relâche pour persuader la faction de l’Armée de libération du Soudan-faction Abdul Wahid (ALS/AW), de rejoindre le processus de paix. 

Dans l’intervalle, le Président Khiir s’est entretenu séparément avec Abdel Wahid al-Nur le 19 mars et avec Abdel Aziz Hélou le 26 mars, sur le processus de paix soudanais.  Alors que des progrès avaient déjà été réalisés sur la voie des négociations entre  ce dernier et le Gouvernement soudanais après leur rencontre à Djouba le 3 mars, M. al-Nur, en revanche, a campé sur sa position selon laquelle il ne se joindrait à un processus de paix qu’après le retour de la sécurité et de la stabilité au Darfour.  Toutefois, l’Envoyé spécial a tenu à préciser que tout en remerciant le Président Khiir pour son engagement en faveur de la paix au Soudan, al-Nur l’avait exhorté à faciliter un processus de dialogue intrasoudanais qui s’attaquerait aux causes profondes des conflits au Soudan. 

Les progrès réalisés jusqu’à présent dans la résolution du conflit dans les États du Nil-Bleu et du Kordofan méridional, ainsi que l’amélioration des relations bilatérales entre le Soudan et le Soudan du Sud, devraient être protégés des risques de détérioration de l’environnement régional, a averti l’Envoyé spécial.  Son bureau, a-t-il assuré, continuera à dialoguer avec les autorités des deux pays et, le cas échéant, avec les acteurs clefs régionaux, notamment l’Union africaine et l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), afin de désamorcer les tensions régionales et d’encourager la coopération en vue de consolider leurs relations bilatérales.

Les États-Unis se sont dits préoccupés par la détérioration de la situation sécuritaire globale entre les pays de la Corne de l’Afrique.  Les crises multiples qui y sévissent pourraient aggraver la sécurité des populations à Abyei.  La délégation a donc exhorté toutes les parties à trouver des moyens d’atténuer la tension et de s’abstenir d’actions ou de déclarations unilatérales qui pourraient déstabiliser le territoire et mettre en danger les populations.  La délégation s’est dite déçue qu’en raison de ce climat, les consultations pour discuter de l’avenir de la FISNUA entre le Soudan, le Soudan du Sud et l’Éthiopie n’aient pas été possibles.  Elle a également exprimé son inquiétude quant aux obstacles qui empêchent la FISNUA de protéger les civils et de mettre en œuvre intégralement son mandat. 

Refuser l’accès de l’aérodrome d’Athony met en danger les Casques bleus étant donné que cela limite la capacité de la FISNUA à mener à bien les évacuations sanitaires ou autres urgences, à temps.  Cette interdiction doit être réglée immédiatement, a ordonné la délégation, en appelant la communauté internationale à apporter un soutien logistique pour que les populations affectées par la crise puissent recevoir de l’assistance.  Elle a demandé au Soudan et au Soudan du Sud d’améliorer l’accès humanitaire pour permettre aux agences de répondre aux situations d’urgence.  Les menaces contre le personnel humanitaire sont inacceptables pour les États-Unis, qui ont indiqué attendre avec impatience le leadership et l’engagement de l’Union africaine pour faciliter les arrangements sécuritaires mutuellement agréés pour Abyei et résoudre le statut final. 

S’exprimant également au nom du Niger, de la Tunisie et de Saint-Vincent-et-les Grenadines, le Kenya a cette année marqué le dixième anniversaire de la création de la FISNUA et de la signature de l’Accord relatif aux arrangements temporaires pour l’administration et la sécurité de la zone d’Abyei.  « Aujourd’hui, il reste manifestement beaucoup plus à faire pour déterminer le statut final d’Abyei, en particulier s’agissant du processus politique, comme la mise en œuvre des mesures intérimaires convenues par les Parties en juin 2011 », a relevé la délégation. 

Ainsi, la création de la plupart des institutions d’administration temporaire d’Abyei n’est toujours pas en cours, laissant la responsabilité de l’administration fonctionnelle de la Zone, y compris le maintien de l’ordre public, à la FISNUA, a constaté le Kenya.  Cependant, tout n’est pas perdu, a ajouté la délégation, en identifiant cinq questions sur la voie à suivre.  Tout d’abord, l’amélioration des relations entre le Soudan et le Soudan du Sud et leurs efforts pour faciliter et soutenir leurs efforts de paix respectifs sont les bienvenus : « Nous exhortons les deux pays à en tirer parti pour prendre des mesures concrètes en vue de la mise en œuvre complète et urgente des processus politiques restants dans la détermination du statut final d’Abyei, en tenant compte de la nécessité de frontières douces et de l’avancement droits des communautés d’Abyei.  » 

Par ailleurs, les deux pays devraient éviter de prendre des mesures unilatérales qui pourraient compromettre la sécurité et la stabilité politique à Abyei et s’engager de manière constructive, notamment dans le cadre de réunions régulières du Mécanisme conjoint pour les questions politiques et la sécurité et du Comité mixte de contrôle d’Abyei.  « Troisièmement », a poursuivi la délégation: la sûreté et la sécurité de la population d’Abyei doivent rester une priorité.  À cet égard, toute décision future sur les options de retrait pour la FISNUA devrait être éclairée par les vues des parties et être conditionnelle, y compris s’agissant de la détermination du statut final d’Abyei.  Nous soulignons cependant qu’en fin de compte, une solution durable repose essentiellement sur la détermination urgente du statut final d’Abyei comme convenu par les deux pays frères.  « Quatrièmement », il est impératif de renforcer le rôle de la participation des femmes dans la prise de décision, y compris aux postes de direction à tous les niveaux.  Enfin, l’Union africaine et l’ONU sont instamment priées de continuer à apporter le soutien diplomatique et politique requis, ainsi que l’assistance technique pour aider les parties à mettre en œuvre l’accord-cadre existant. 

La Fédération de Russie s’est inquiétée de la situation tendue et imprévisible qui prévaut à Abyei et a estimé que la présence des Casques bleus sur le terrain demeure nécessaire.  Elle a souhaité que les efforts déployés par l’Union africaine auprès des deux parties se poursuivent pour ensuite saluer le travail de la FISNUA qui, a-t-elle estimé, crée de véritables relations de confiance entre les populations et fait progresser la réconciliation nationale.  

La FISNUA a activement soutenu une troisième réunion, en décembre 2020, des dirigeants traditionnels, ainsi que l’organisation, en 2021, d’une conférence entre les Ngok Dinka et les Misseriya, « ce qui augure d’un certain optimisme », a estimé la délégation.  Elle a appelé à poursuivre les mesures de renforcement de la confiance, notamment dans le contexte des transhumances saisonnières.    Dès lors, le Mécanisme conjoint de vérification et de surveillance à la frontière reste la clef de voûte de la prévention des incidents, a-t-elle estimé, notant que la FISNUA joue un rôle essentiel dans le dispositif général de sécurité.  

La Fédération de Russie a estimé que les conditions ne sont pas réunies, à ce stade, pour envisager une réduction des effectifs de la FISNUA. Notant en outre que les pays concernés sont favorables au maintien de la présence des Casques bleus à Abyei, elle a estimé « logique » de proroger le mandat de la FISNUA. 

La France a estimé que seul un règlement du statut final d’Abyei pourrait conduire à une évolution du mandat ou de la configuration de la FISNUA qui soit pérenne et acceptable par l’ensemble des parties.  Elle a relevé que le statu quo reposait sur un équilibre fragile, et que compter sur son maintien était un « pari risqué ». 

La délégation a appelé l’Union africaine à encourager le rapprochement entre le Soudan et le Soudan du Sud par ses efforts de médiation politique.  Elle a regretté l’absence d’avancées du processus politique, notant que l’absence d’instance de gouvernance locale empêche le règlement des différends, tandis que l’action de la FISNUA est elle-même entravée par l’absence de coopération des parties. 

La reprise du dialogue au niveau local pour traiter des questions sécuritaires et pour avancer vers la mise en place des administrations conjointes de la zone est indispensable, a insisté la délégation.  Elle a également cité les enquêtes conjointes sur les violences de Nainai et Kolom des 19 et 22 janvier 2020; l’opérationnalisation de l’aéroport d’Athony ; et la délivrance des visas nécessaires au déploiement des unités de police.  L’arrivée d’un adjoint au chef de mission et le renforcement de l’expertise en matière de droits de l’homme sont autant de gages attendus, a-t-elle ajouté. 

Préoccupée par la dégradation de la situation humanitaire au Soudan du Sud, où « l’insécurité alimentaire atteint des records », la France a par ailleurs jugé « essentiel » de garantir un accès humanitaire sûr, sans entrave, à l’ensemble des personnes dans le besoin, y compris les déplacés internes et les réfugiés.  Elle a aussi appelé à la mise en œuvre des conclusions du groupe de travail sur les enfants et les conflits armés adoptées en mars dernier. 

L’Inde a salué les progrès accomplis ces derniers mois, notamment la poursuite du rapprochement entre le Soudan et le Soudan du Sud, ainsi que l’impact positif du Soudan du Sud sur les « accords de Djouba ».  « L’Union africaine a également poursuivi ses efforts de médiation et a offert son soutien aux parties pour reprendre la réunion du Comité mixte de contrôle d’Abyei».  Elle a aussi cité la signature d’un protocole sur la reprise de la production pétrolière au Soudan du Sud et la convocation d’organes conjoints liés à la gestion de la frontière, y compris le Mécanisme conjoint pour les questions politiques et la sécurité. 

En ce qui concerne la situation sécuritaire, l’Inde a jugé préoccupantes les attaques contre les troupes de la FISNUA et le convoi du PAM, ainsi que l’augmentation des incidents violents entre les communautés Ngok Dinka et Misseriya.  Face à ces violences, l’Inde a exhorté à prendre des mesures adéquates pour assurer la sécurité des soldats de la paix.  

Poursuivant, la délégation s’est inquiétée de la situation humanitaire dans la région d’Abyei dans le contexte de la pandémie de COVID-19.  Elle a engagé le Soudan et le Soudan du Sud à faciliter l’octroi de visas au personnel de police et au chef de la composante civile de la mission et à opérationnaliser la piste d’atterrissage d’Athony.  Elle a par ailleurs appelé à reporter toute décision finale sur la question du retrait de la FISNUA en raison de l’absence de consensus sur la question. 

Le Mexique a déclaré que le dialogue politique est la seule voie à suivre pour résoudre la situation à Abyei, saluant notamment le déplacement à Djouba de la Conseillère soudanaise, Mme Assadiq Al Mahdi.  Pour résoudre le conflit, on ne peut faire l’économie d’un dialogue intercommunautaire, a-t-il insisté, pour ensuite déplorer l’absence de progrès en la matière entre les communautés Misseriya et Ngok Dinka ces derniers mois.  Il a appelé à redoubler d’efforts pour résoudre les questions contentieuses, notamment l’accès à la transhumance. 

La délégation s’est inquiétée de l’augmentation de la criminalité et de l’absence de service de police et des conséquences que cela entraine pour la livraison de l’aide humanitaire, déplorant notamment l’interdiction d’accès d’un convoi de 59 camions du PAM.  Elle a appelé les parties à garantir l’accès sûr et sans entrave de l’aide humanitaire, notant que l’accès à l’eau est limité et que la cherté de la vie a augmenté en raison de la pandémie de COVID-19. 

Poursuivant, la délégation a salué les mesures prises par les autorités locales de la communauté ngok dinka pour appuyer les besoins des femmes, notamment en déplaçant le marché de Mul-Mul, site de cas fréquents de violence sexuelle. Elle a insisté sur le rôle des femmes dans les processus de paix, et a par ailleurs fait part de son plein soutien à la FISNUA, appelant notamment à la nomination d’un chef pour sa composante civile. 

Le Royaume-Uni s’est félicité de l’amélioration continue des relations bilatérales entre les Gouvernements du Soudan et du Soudan du Sud, comme en témoigne la première visite officielle de la Ministre soudanaise des affaires étrangères, qui s’est rendue à Djouba.  S’agissant d’Abyei, la délégation a déploré que l’engagement de haut niveau dont ont fait preuve le Soudan et le Soudan du Sud en octobre dernier au sujet du statut définitif d’Abyei et de la démarcation de la frontière, ne se soit pas encore concrétisé de manière significative.  Elle a exhorté les deux pays à saisir l’opportunité de leur engagement renouvelé pour parvenir à une résolution sur le statut d’Abyei. 

Le Royaume-Uni a estimé que la FISNUA a un rôle important à jouer pour soutenir les progrès à Abyei et a espéré que des progrès pourront être réalisés prochainement pour établir des stratégies viables pour son retrait.  Elle a déploré la persistance des défis qui empêche la FISNUA de remplir son mandat, citant notamment l’opérationnalisation de la piste d’atterrissage d’Athony, l’octroi de visas et la nomination d’un chef adjoint de la composante civile de la mission.  Elle a espéré que toutes les tensions régionales pourront être résolues par le dialogue et que les partenaires régionaux ainsi que l’ONU seront en mesure de garantir que les différends actuels ne nuisent pas à l’efficacité de la FISNUA. 

L’Estonie a estimé que rien ne pourrait remplacer un processus politique sérieux entre les parties.  Saluant toute mesure prise en ce sens, il a appelé le Soudan et le Soudan du Sud à poursuivre la mise en place d’un processus politique viable, pour concrétiser des arrangements sécuritaires et administratifs acceptés par les deux parties.  Estimant que ce processus politique pourrait être grandement facilité par la nomination d’un chef de mission civil adjoint, elle a appelé les parties à contribuer à agir en ce sens et les acteurs régionaux à engager activement les parties sur « la question d’Abyei », leur soutien étant « crucial » à sa résolution. 

Préoccupée par la violence, la criminalité, la récente tendance à attaquer les troupes et les contractants de l’ONU, ainsi que par l’obstruction et le pillage des convois humanitaires, la délégation a appelé à « des actes décisifs », comme l’accélération du déploiement de la police; la menée d’enquêtes conjointes sur les violences meurtrières pour traduire les auteurs en justice; et le déploiement d’une expertise en matière de droits de l’homme à la FISNUA, y compris en matière de protection des enfants.  Malgré plusieurs demandes au Conseil à ce sujet, le représentant a déploré un « manque de progrès », et exhorté les parties concernées à tenir compte de ces appels.  L’Estonie soutient la prolongation du mandat de la FISNUA pour les six prochains mois.  Toutefois, pour l’avenir, son représentant a réclamé une discussion sur la manière dont les Nations Unies pourraient être le plus utiles, compte tenu des réalités entourant la question d’Abyei, dont la population « mérite mieux que le statu quo actuel ».  

La Norvège s’est inquiétée du risque de conflit à Abyei et du vide sécuritaire que pourrait provoquer un retrait soudan des troupes éthiopiennes. Elle a relevé que l’inclusion des femmes aux efforts de dialogue et de rétablissement de la confiance entre les communautés ngok dinka et misseriya avait été particulièrement efficace, citant la réunion de février à Aweil où malgré l’échec à conclure un accord final, les femmes des deux communautés ont réussi à trouver un terrain d’entente. 

Pour que la FISNUA puisse s’acquitter efficacement de son mandat, la délégation a appelé à la mise en service de la piste d’atterrissage d’Athony, la délivrance de visas pour les unités de police constituées, et la nomination d’un chef adjoint de la composante civile de la mission.  La Norvège a exhorté aussi les autorités soudanaises et sud-soudanaises à autoriser le déploiement d’une expertise en matière de droits de l’homme. 

Par ailleurs, la Norvège a demandé aux parties d’organiser sans tarder une réunion du Comité mixte de contrôle d’Abyei.  Elle a aussi appelé le Soudan du Sud à nommer du personnel au service de police conjoint.  « Les dirigeants du Soudan et du Soudan du Sud devraient saisir l’occasion de leurs relations étroites et amicales pour élaborer un accord sur le statut final d’Abyei », a conclu la Norvège, qui a insisté sur l’importance de la volonté politique. 

La Chine a estimé que la situation à Abyei est stable et que le Soudan et le Soudan du Sud ont su créer une atmosphère propice à la résolution du conflit.  Elle a appelé les parties à conjuguer leurs efforts pour parvenir à un règlement politique du différend et à accélérer les efforts pour établir des institutions conjointes.  Il est impératif de préserver les droits et intérêts des deux communautés, a-t-elle insisté.  Notant que la situation humanitaire et de développement qui prévaut à Abyei est une des causes de la crise actuelle, la délégation a appelé la communauté internationale à investir dans les infrastructures et à appuyer la riposte contre la pandémie de COVID-19, entre autres.  La délégation a par ailleurs relevé que la FISNUA est confrontée à des risques considérables et a réclamé des ressources adéquate pour renforcer les capacités médicales de la Mission. 

L’Irlande a salué l’amélioration continue des relations bilatérales entre le Soudan et le Soudan du Sud.  La contribution du Soudan du Sud à la conclusion de l’Accord de paix de Djouba est un point positif et bienvenu dans une période turbulente pour la région.   Toutefois, ces progrès doivent maintenant être ressentis à Abyei.  En effet, a poursuivi la Représentante, il est essentiel pour les deux parties de garantir la protection et la sécurité des habitants d’Abyei.   Elle a mentionné des signes positifs au niveau local, en référence à la participation des communautés ngok dinka et misseriya à la conférence de paix de février 2021.  Cela prouve que des progrès sont possibles sur le terrain, a-t-elle fait observer.     La délégation s’est, en outre, félicitée de la participation des femmes des deux camps à ce forum.  

Dans le contexte de l’amélioration des relations bilatérales, il est regrettable que nous n’ayons pas vu un engagement plus fort dans les structures et mécanismes conjoints, a poursuivi la délégation.  Ceux-ci sont essentiels pour un accord sur le statut final d’Abyei et la démarcation de la frontière.  Elle a fait part de sa préoccupation face à l’état des relations entre l’Éthiopie et le Soudan.  Elle a appelé au calme et à la retenue et demandé à l’Éthiopie et au Soudan de résoudre leurs différends par le dialogue.    Pour finir, L’Irlande a fait part de son soutien pour la prolongation de six mois supplémentaires du mandat de la FISNUA.   

Le Viet Nam a jugé essentiel de parvenir à une solution rapide et pacifique de la question d’Abyei.  Il a salué les efforts de la FISNUA pour promouvoir la réconciliation entre les différents groupes ethniques, ainsi que la situation relativement calme au cours des derniers mois à Abyei.  La délégation a cependant dit demeurer préoccupée par les incidents liés à la violence intercommunautaire, à la criminalité et aux groupes armés non identifiés. 

La délégation a considéré que le renforcement des capacités de la FISNUA, y compris pour assurer la sûreté et la sécurité de son personnel, demeure une priorité. Elle a appelé les gouvernements du Soudan et du Soudan du Sud à appuyer la nomination d'un chef adjoint de la composante civile de la mission. 

La délégation a enfin relevé que des efforts accrus étaient nécessaires pour faire face à la situation humanitaire à Abyei en raison de l'impact de la COVID-19, des défis économiques et des catastrophes naturelles.  Elle a donc demandé aux deux gouvernements de continuer à assurer un accès sans entrave à l'aide humanitaire dans la région. 

Le Soudan du Sud a souhaité apporter des clarifications à certains contenus des paragraphes 10 et 14 du rapport du Secrétaire général.  S’agissant du paragraphe 10, la délégation a souhaité commenter le contenu suivant: « Le 20 janvier, une équipe des Forces sud-soudanaises de défense du peuple composée de huit membres armés est entrée dans la zone d’Abyei et s’est dirigée vers le nord, en direction du village d’Athony, avant de faire demi-tour vers le sud et de quitter la zone. »  À cet égard, le Soudan du Sud a déclaré que cette formulation ressemble à un acte de provocation alors que l’administrateur en chef sud-soudanais à Abyei a indiqué que le conducteur de la camionnette Toyota s’est tout simplement trompé de direction alors qu’il était censé se rendre au sud. 

S’agissant par ailleurs du passage selon lequel « Les chefs ont toutefois convenus de convoquer à nouveau un comité mixte pour la paix entre les communautés restructurées et d’organiser des réunions prétranshumance localisées dans les trois couloirs de transhumance », le Soudan du Sud a précisé que ces chefs ont, en fait, convenu de se réunir à tout moment après le 26 février 2021 afin de finaliser la discussion sur des questions qui n’ont pas été convenues lors de la réunion de cinq jours d’Aweil. 

Le Soudan du Sud a jugé « risquée, contre-productive et prématurée » toute discussion sur les stratégies de sortie dans le contexte de l’insécurité actuelle, considérant que le mandat de la FISNUA devait être prorogé.  Malgré les problèmes subsistant en matière coexistence pacifique des communautés, la délégation a estimé que les évolutions positives observées entre les deux pays, avec l’aide de la communauté internationale, peuvent bénéficier à améliorer la situation à Abyei.  Tout en reconnaissant que l’amélioration des relations entre le Soudan et le Soudan du Sud ne s’est pas encore traduite par des évolutions concrètes à Abyei, la délégation a espéré que les discussions et réunions en cours entre les dirigeants des deux pays concernant Abyei seront de nature à réduire le fossé entre les deux parties. 

Le Soudan a salué le rapprochement continu entre son pays et le Soudan du Sud, matérialisé par les visites entre responsables des deux pays à tous les niveaux, ainsi que d’importants accords concernant les points de passage aux frontières.  Il s’est dit prêt à mettre en œuvre les arrangements conjoints, y compris ceux agréés lors de la réunion du Comité mixte de contrôle d’Abyei.  La classe politique et les dirigeants soudanais l’ont confirmé lors d’une visite en mars dernier: le Gouvernement du Soudan est attaché à approfondir les relations bilatérales pour accélérer les débats, l’objectif étant de s’entendre sur le statut final d’Abyei.  Le Gouvernement du Soudan « compte énormément » sur les relations avec le Soudan du Sud, à commencer par la création d’un mécanisme provisoire, a ajouté la délégation. 

Concernant la FISNUA, la délégation a relevé que les forces éthiopiennes avaient initialement été acceptées comme étant neutres par les parties, mais que « compte-tenu de ce qu’il se passe à la frontière soudano-éthiopienne », elles ont perdu leur impartialité selon lui: il a donc appelé à les « remplacer » et à trouver un autre pays fournisseur de contingents.  La mission soudanaise a enfin renouvelé l’engagement de son pays en faveur du renforcement du Mécanisme conjoint et du Comité mixte de contrôle d’Abyei, conformément aux accords signés par les deux parties. 

L’Éthiopie a dit qu’elle était fière de participer à la FISNUA même si c’est, selon elle, la « Mission la plus difficile » de toutes les opérations de paix de l’ONU actuellement déployées.  Notre contingent a fait d’immenses sacrifices mais contribué à la sécurité et à la paix à Abyei, a assuré la délégation.  Toute réduction du personnel de la Mission conduirait pour elle à une détérioration de la situation sur le terrain, a prévenu la délégation et elle ne devrait être envisagée que si des progrès sont réalisés sur le statut final de ce territoire.  L’Éthiopie a ensuite salué le rapprochement entre le Soudan et le Soudan du Sud qui doit être soutenu pour trouver une paix durable ainsi que le règlement négocié sur le statut d’Abyei.  L’Éthiopie a enfin estimé que la situation sécuritaire dans la région est tendue et imprévisible, appelant à soutenir les efforts de réconciliation communautaire et de reprise du dialogue intercommunautaires.  Elle a aussi demandé à la FISNUA de s’employer à faire reculer la criminalité dans la région et aux Soudanais et aux Sud-Soudanais de traiter la question de la FISNUA séparément des autres événements en cours dans la région.  La situation politique actuelle ne doit pas nous empêcher de rechercher la paix, a encore ajouté l’Éthiopie.

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