Imprimer
SC/14583
16 Juillet 2021

Déclaration à la presse faite par le Conseil de sécurité sur la Colombie

On trouvera ci-après le texte de la déclaration à la presse faite, aujourd’hui, par le Président du Conseil de sécurité pour le mois de juillet, M. Nicolas de Rivière (France):

Les membres du Conseil de sécurité ont réaffirmé leur appui plein et unanime au processus de paix en Colombie et se sont déclarés attachés à collaborer étroitement avec elle pour soutenir l’application intégrale de l’Accord final de paix.  Ils se sont félicités de la détermination sans faille des deux parties à faire aboutir le processus malgré d’immenses difficultés.  Ils se sont dits extrêmement favorables aux efforts complémentaires déployés par la Mission de vérification des Nations Unies en Colombie, qui coordonne ses activités avec l’équipe de pays des Nations Unies, et ont pris note de son mandat élargi, en vertu de la résolution 2574 (2021), pour vérifier le respect des peines qui seront imposées par la Juridiction spéciale pour la paix.

Les membres du Conseil ont réaffirmé leur plein soutien aux trois composantes du Système intégré pour la vérité, la justice, la réparation et la non-répétition, et ont souligné qu’il fallait pleinement en respecter l’indépendance et l’autonomie.  Ils se sont félicités des progrès importants récemment réalisés par celles-ci dans l’accomplissement de leurs mandats essentiels, comme l’a souligné le Secrétaire général dans son dernier rapport, notamment de la réponse d’anciens membres des FARC-EP à leur mise en examen pour prise d’otages par la Juridiction spéciale pour la paix.  Notant qu’il s’agissait-là d’une phase clef du processus de paix, ils ont encouragé toutes les parties à s’acquitter de leurs responsabilités envers les victimes du conflit en contribuant pleinement à l’établissement de la vérité.

Les membres du Conseil se sont déclarés de nouveau préoccupés par les menaces, les attaques et les meurtres dont font l’objet, de manière constante, des figures de la société civile et des notables locaux, notamment des femmes dirigeantes et des femmes issues des communautés autochtones et afro-colombiennes, ainsi que d’anciens membres des FARC-EP qui ont déposé les armes et participent au processus de paix.  Ils ont pris note de l’exposé présenté par le responsable d’un mouvement de jeunes de Pasto, soulignant à cet égard l’importance du rôle que jouaient les jeunes Colombiennes et Colombiens en tant qu’acteurs de la paix, et se sont félicités des engagements pris pour associer les jeunes aux processus décisionnels.  Ils ont souligné la nécessité d’accomplir davantage de progrès dans l’exécution du plan d’action du « Programme complet de garanties pour les femmes leaders et les défenseuses des droits humains » et l’importance d’une meilleure éducation et de meilleures possibilités d’emploi pour les femmes et les jeunes.  Ils ont encouragé les parties à collaborer étroitement en vue d’exécuter le plan stratégique de sécurité et de protection des ex‑combattants, et espéraient voir rapidement mise en œuvre la politique publique en faveur du démantèlement des groupes armés illégaux.

Les membres du Conseil ont salué les résultats obtenus à ce jour dans le cadre du processus de réintégration, notamment l’attention institutionnelle accrue accordée aux anciens combattants résidant en dehors des anciens secteurs territoriaux de formation et de réintégration, et encouragé les parties prenantes à redoubler d’efforts pour faire encore mieux.

Les Membres du Conseil de sécurité ont déploré les actes de violence récemment survenus dans le contexte des manifestations nationales et exprimé leurs condoléances pour les pertes en vies humaines.  Ils se sont fait l’écho des appels à la non-violence, au respect des droits humains et au règlement des différends par un dialogue pacifique et inclusif.  Ils se sont félicités que le Gouvernement ait pris l’engagement d’enquêter avec transparence sur les allégations d’emploi disproportionné de la force et d’amener les auteurs de ces actes à en répondre.

Les membres du Conseil se sont félicités des mesures que continue de prendre le Gouvernement colombien pour promouvoir un développement partagé, élément clef d’une paix stable et durable.  Ils ont souligné qu’il importait d’appliquer tous les aspects de l’Accord final de paix, notamment la réforme rurale, la participation politique inclusive, les perspectives ethniques, les dispositions relatives aux questions de genre et la lutte contre les drogues illicites, notamment au moyen de programmes de substitution de cultures.  Ils ont encouragé tous les acteurs à accélérer leur action et à consolider les progrès accomplis en faveur de l’application intégrale de l’Accord final de paix avant le cinquième anniversaire de sa signature en novembre 2021.

À l’intention des organes d’information • Document non officiel.