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SC/14687
4 novembre 2021

Déclaration à la presse faite par le Conseil de sécurité à l’occasion de sa visite au Mali et au Niger

On trouvera ci-après le texte de la déclaration à la presse faite, aujourd’hui, par le Président du Conseil de sécurité pour le mois de novembre, M.  Juan Ramón de la Fuente Ramírez (Mexique):

Les membres du Conseil de sécurité ont effectué une mission au Mali et au Niger du 23 au 25 octobre 2021.

Au Mali, les membres du Conseil se sont réunis avec le Gouvernement de transition, notamment le Président de la transition, le Premier Ministre, les groupes armés signataires, des représentants de la société civile, le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Mali et Chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), ainsi qu’avec les représentants de l’équipe de pays des Nations Unies.

Au Niger, les membres du Conseil de sécurité ont rencontré le Président de la République, le Premier Ministre, le Ministre des affaires étrangères, le Commandant de la Force conjointe du Groupe de cinq pays du Sahel et les représentants de l’équipe de pays des Nations Unies.

Les membres du Conseil ont réaffirmé qu’ils appuyaient fermement l’action menée par les pays de la région du Sahel pour s’attaquer aux difficultés multiformes liées à la sécurité, au développement et à la situation humanitaire.

Au Mali, les membres du Conseil ont réaffirmé leur plein appui à la médiation entreprise par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union africaine (UA).  Ils ont invité le Mali et la CEDEAO à poursuivre le dialogue.

Les membres du Conseil ont de nouveau appelé les autorités de transition du Mali à mener à bien la transition politique, à rétablir l’ordre constitutionnel et à transférer le pouvoir à des autorités civiles élues démocratiquement dans le respect du calendrier arrêté dans la Charte de transition et des engagements qu’elles avaient pris, et conformément aux décisions de la CEDEAO en date du 30 mai 2021 et du 16 septembre 2021.  Tout en relevant les efforts accomplis par les autorités de transition pour favoriser le dialogue et ouvrir la voie aux réformes, les membres du Conseil ont rappelé qu’il importait de respecter le calendrier relatif à l’organisation d’élections libres et régulières, comme demandé par la CEDEAO et la résolution 2584 (2021) et comme s’y étaient engagées les autorités de transition.  Les membres du Conseil ont exhorté ces dernières à soumettre un calendrier électoral.

Les membres du Conseil ont réaffirmé leur ferme attachement à la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali (« l’Accord »).  Ils ont jugé encourageants les engagements pris récemment par les autorités de transition pour faire avancer la mise en œuvre de l’Accord et ont exhorté ces dernières ainsi que les groupes armés signataires à poursuivre sur cette lancée pour mener effectivement et pleinement à bien les mesures prioritaires visées au paragraphe 4 de la résolution 2584 (2021) avant la fin du mandat actuel de la MINUSMA.  Les membres du Conseil se sont entretenus avec des représentantes des groupes armés signataires et ont rappelé combien il importait d’assurer une participation pleine, égale et véritable des femmes dans tous les mécanismes d’application de l’Accord.

Les membres du Conseil ont constaté avec satisfaction que les autorités de transition du Mali avaient l’intention d’arrêter une stratégie globale axée sur les aspects politiques et visant à protéger les civils, à réduire les violences intercommunautaires, à restaurer l’autorité et la présence de l’État et à rétablir les services sociaux de base dans le centre du Mali.  Ils les ont exhortées à poursuivre les efforts menés pour mettre effectivement en œuvre cette stratégie d’ici la fin du mandat actuel de la MINUSMA, ainsi qu’à continuer de lutter contre l’impunité des violations des droits humains, des atteintes à ces droits, ainsi que des violations du droit international humanitaire.

Les membres du Conseil ont salué les efforts déployés par le Représentant spécial du Secrétaire général et la MINUSMA pour exécuter le mandat de celle-ci et ont rendu hommage aux soldats de la paix qui ont perdu la vie en organisant une cérémonie commémorative à Bamako.

Au Niger, les membres du Conseil ont évalué le niveau d’opérationnalisation de la Force conjointe du Groupe de cinq pays du Sahel, notamment en ce qui concernait la mise en œuvre du cadre réglementaire relatif aux droits humains mentionné dans la résolution 2391 (2017) du Conseil et de la politique de diligence voulue en matière de droits de l’homme en cas d’appui de l’ONU à des forces de sécurité non onusiennes, ainsi que l’action menée en parallèle par le Groupe de cinq pays du Sahel et l’ONU dans les domaines de la politique et du développement.

Les membres du Conseil ont réaffirmé leur profonde préoccupation face aux répercussions qu’avaient sur la paix et la sécurité de la région du Sahel et du continent africain les activités menées par les organisations terroristes, notamment celles qui tiraient profit de la criminalité transnationale organisée, et ont souligné combien il importait de poursuivre les activités de lutte contre le terrorisme.

Les membres du Conseil ont eu un échange de vues avec les autorités nigériennes sur la sécurité, le développement et la situation humanitaire au Sahel, y compris les efforts déployés pour protéger les réfugiés et les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays, les effets néfastes que les changements climatiques, les changements écologiques et les catastrophes naturelles, entre autres facteurs, avaient sur la stabilité de la région du Sahel, notamment la sécheresse, la désertification, la dégradation des terres et l’insécurité alimentaire, ont souligné qu’il importait que les gouvernements des pays de la région et l’Organisation des Nations Unies procèdent à une évaluation appropriée des risques relatifs à ces facteurs, et ont salué les mesures prises par le Gouvernement nigérien pour faire face à cette situation.  Une cérémonie commémorative a été organisée pour rendre hommage aux civils ayant perdu la vie dans des attaques terroristes et aux soldats tombés au combat.

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