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SG/SM/20668
31 mars 2021

Journée internationale sur le génocide au Rwanda: 27 ans après, le monde vit sous la menace de groupes extrémistes, principale menace de sécurité intérieure dans bien des pays, prévient le Secrétaire général

On trouvera ci-après le message du Secrétaire général de l’ONU, M. António Guterres, à l’occasion de la Journée internationale de réflexion sur le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994, célébrée le 7 avril:

J’ai le privilège de participer à la commémoration de la Journée internationale de réflexion sur le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994.  Vingt-sept années se sont écoulées depuis le massacre systématique de plus d’un million de personnes en moins de trois mois au Rwanda. 

Il s’agissait en majorité de Tutsis, mais aussi de Hutus et d’autres personnes qui s’opposaient au génocide.  Ces journées de 1994 restent dans notre conscience collective l’une des pires tragédies de l’histoire récente de l’humanité. 

Aujourd’hui, nous rendons hommage aux personnes qui ont été assassinées, nous nous recueillons sur les souffrances endurées et nous saluons la résilience des rescapés.  Alors que nous exprimons notre solidarité avec le peuple rwandais, il nous faut aussi regarder en face la réalité du monde contemporain et tirer les leçons des événements survenus il y a 27 ans. 

Aujourd’hui, le monde entier vit sous la menace de groupes extrémistes résolus à grossir leurs rangs par la polarisation sociale et la manipulation politique et culturelle.  Ces mouvements extrémistes représentent la principale menace de sécurité intérieure dans bien des pays.  

Les outils et les techniques auxquels recourent les extrémistes évoluent, mais leurs propos et messages ignobles restent les mêmes.  La déshumanisation des communautés, la désinformation et les discours de haine attisent la violence.  

La pandémie de COVID-19 montre qu’il faut agir de toute urgence pour empêcher les fossés de se creuser.  La crise sanitaire mondiale a profondément ébranlé l’ensemble des droits humains, partout, exacerbant encore la discrimination, la polarisation sociale et les inégalités, à leur tour facteurs de violence et de conflit.  

Nous avons vu ce qui s’est passé au Rwanda en 1994, et nous connaissons le lourd tribut de la haine qu’on laisse triompher.  Pour empêcher que l’histoire ne se répète, nous devons lutter contre ces mouvements de haine qui sont devenus une menace transnationale. 

Nous devons redoubler d’efforts et établir un programme commun pour renouveler et redynamiser notre action collective.  Ce faisant, nous devons défendre les droits humains et continuer de promouvoir des politiques qui respectent pleinement chaque membre de la société.  

Le Rwanda a vécu l’un des plus douloureux chapitres de l’histoire moderne de l’humanité, mais son peuple a réussi à renaître de ses cendres.  Après avoir subi d’indicibles violences et actes de discrimination fondés sur le genre, les Rwandaises occupent aujourd’hui plus de 60% des sièges au parlement – ce qui fait du Rwanda un exemple à suivre dans le monde. 

Le peuple rwandais nous a montré tout le pouvoir de la justice et de la réconciliation; il nous a appris que des progrès étaient possibles.  En cette occasion solennelle, engageons-nous tous et toutes à bâtir un monde guidé par le respect des droits humains et de la dignité de chaque personne. 

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