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SG/SM/20892
10 septembre 2021

Le Secrétaire général présente « Notre Programme commun », le début d’un effort mondial pour réaliser tout le potentiel « des Nations Unies dans l’action » 

Après en avoir réservé la primeur à l’Assemblée générale ce matin, le Secrétaire général a présenté aux médias son rapport sur « Notre Programme commun » qui, a-t-il prévenu, « sort de l’ordinaire ».  Au cours d’une conférence de presse au Siège de l’ONU à New York, M. António Guterres a expliqué que son rapport va au-delà des questions cruciales discutées tous les jours pour examiner l’état du monde et identifier ce qu’il faut pour le guérir.  Le Secrétaire général a dit espérer que son rapport sur « Notre Programme commun » sera considéré comme le débat d’un effort mondial pour joindre les forces et réaliser tout le potentiel des « Nations Unies dans l’action ». 

Alors que l’ONU s’apprête à recevoir dès le 20 septembre les dirigeants du monde pour sa Semaine de haut niveau annuelle, le Secrétaire général a martelé : le statu quo n’est pas une option.  Il a dressé un diagnostic alarmant:  la pandémie de COVID-19 a fauché plus de 4 millions de personnes de vies et elle tue encore tous les jours près de 10 000, prenant en étau la planète alors qu’une poignée de pays riches empilent les vaccins.  La question du climat et la guerre nucléaire sont de sérieuses menaces, tandis que les inégalités, la discrimination et l’injustice poussent les gens dans la rue, sans compter les théories du complot et autres mensonges qui alimentent les divisions.  La pauvreté, la faim et les inégalités entre les sexes s’aggravent de nouveau après des décennies de déclin.

Notre monde, a alerté le Secrétaire général, se dirige vers plus « une nouvelle anormalité ».  Il est plus chaotique, moins sûr et plus dangereux, et les choix que nous faisons maintenant peuvent nous conduire à la rupture et à un avenir de crises perpétuelles, ou à une percée vers un monde plus vert et plus sûr. 

Mon rapport, a affirmé le Secrétaire général, jette un regard froid et honnête sur une gouvernance mondiale « qui laisse à désirer ».  Ce qu’il nous faut, ce ne sont pas des bureaucraties multilatérales.  Non, a-t-il dit, ce qu’il faut, c’est une actualisation de celles qui existent pour les rendre capables de relever les défis actuels.  Nous avons besoin d’un multilatéralisme « qui a du mordant » et nous devons, pour ce faire, prendre immédiatement des mesures pour protéger nos biens les plus précieux, qu’il s’agisse des océans ou de l’espace extra-atmosphérique et pour réaliser nos aspirations communes, à savoir, la paix, la santé mondiale et une planète vivable. 

Sur toutes ces questions, mon rapport, a indiqué le Secrétaire général, propose un Sommet mondial sur l’avenir, dans les deux années à venir.  Pour le préparer, M. Guterres a dit avoir demandé à un conseil consultatif dirigé par d’éminents anciens chefs d’État et de gouvernement d’identifier les biens publics mondiaux, potentiellement les autres domaines d’intérêt commun qui nécessitent une meilleure gouvernance et les systèmes défaillants pour proposer des options. 

Le thème central de mon rapport, a souligné le Secrétaire général, c’est la nécessité d’élargir notre champ de vision, grâce aux nouvelles technologies pour pouvoir évaluer à l’avance l’impact des politiques actuelles, tout en renforçant la coordination mondiale et en introduisant de nouvelles voix dans les processus de prise de décisions.  

Aux Nations Unies, un nouveau « laboratoire de l’avenir » va publier régulièrement des rapports sur les mégatendances et les risques, a annoncé le Secrétaire général. Il a aussi estimé que les réunions au Sommet entre le G20, le Conseil économique et social (ECOSOC) et les institutions financières internationales devraient avoir pour but de « corriger » les injustices historiques et les déséquilibres de l’économie mondiale, qu’il s’agisse des questions financières ou du développement des technologies.  Il nous faut une coordination efficace, a plaidé le Secrétaire général.  

M. Guterres a dit recommander une plateforme d’urgence pour réunir gouvernements, système des Nations Unies, institutions financières internationales, société civile, secteur privé et autres, qui serait automatiquement actionnée en cas de crises à grande échelle.  J’ai aussi proposé, a-t-il ajouté, la transformation du Conseil de tutelle en un organe chargé des questions intergénérationnelles.  Un « envoyé spécial des futures générations » représenterait ainsi les intérêts de ceux qui vont naître au siècle prochain et un nouveau « bureau de la jeunesse » contribuerait à dessiner les contours de notre avenir commun, avec une plus grande influence au sein même des Nations Unies.

Pour appuyer tous ces efforts, le Secrétaire général a annoncé le lancement de « UN 2.0 » qui offrira des solutions plus pertinentes, avec l’implication de tout le système des Nations Unies et autres parties prenantes, aux défis du siècle.  Il a également milité pour la convocation d’un sommet social pour ancrer un nouveau contrat social et imprimer l’élan nécessaire au Programme de développement durable à l’horizon 2030.  Le Secrétaire général s’est élevé contre la « tyrannie » du produit national brut (PNB) et prôné son remplacement par le critère du bien-être des hommes et de la planète.   Aujourd’hui, quand on brule une forêt ou du charbon, on fait grimper le PNB, ce qui montre « l’absurdité » de ce critère unique, a-t-il persiflé.

Notre défi immédiat, a conclu le Secrétaire général, c’est la riposte à la pandémie de COVID-19.  M. Guterres a espéré un plan mondial de vaccination, mis en œuvre par un groupe d’urgence composé des pays producteurs de vaccins, de l’Organisation mondiale de Santé (OMS), de ses partenaires et des institutions financières internationales.  Un tel groupe devrait travailler avec les entreprises pharmaceutiques pour qu’au moins la production de vaccins soit multipliée par deux et que 70% de la planète soit vaccinée en 2022.  

Le Secrétaire général a commencé sa conférence de presse par un hommage en portugais, à la mémoire de Jorge Sampaio, ancien Président du Portugal.

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