Thème de la 81e session :
« Rétablir la confiance, gérer la transformation : une Organisation des Nations Unies au service de tous »
Élection du Président de la 81e session de l'Assemblée générale
L'élection s'est déroulée au Siège de l'Organisation des Nations Unies, à New York, le 2 juin 2026, conformément à l'article 30 du Règlement intérieur. Son Excellence Khalilur Rahman (Bangladesh) a été élu à la présidence de la 81e session de l'Assemblée générale.
Conformément au système de rotation régionale établi, le président de la 81e session de l'Assemblée générale a été élu parmi les membres du Groupe Asie-Pacifique.
Lire aussi :
- ONU Info : Assemblée générale : le Bangladais Khalilur Rahman élu président de la 81e session (2 juin 2026)
- Couverture de réunion : Élu Président de la 81e session de l’Assemblée générale, M. Khalilur Rahman, du Bangladesh, place son mandat sous le thème du rétablissement de la confiance (2 juin 2026)
Durée : 1 heure et 6 minutes
Dialogue informel et interactif
Dans sa résolution « Revitalisation des travaux de l'Assemblée générale » (A/RES/71/323
), l'Assemblée a décidé que les candidats à la présidence de l'Assemblée générale présenteraient leur vision et mèneraient des dialogues interactifs informels avec les États Membres, afin de contribuer à la transparence et à l'inclusivité du processus.
Au cours d'un dialogue interactif informel, qui s'est tenu le 13 mai 2026, le candidat à la présidence de la 81e Assemblée générale a présenté sa vision et a répondu aux questions des États Membres, des représentants de la société civile et de diverses parties prenantes.
Durée : 2 heures et 27 minutes
Son Excellence Khalilur Rahman, Président de la 81e Session de l'Assemblée générale des Nations Unies
La biographie n'est disponible qu'en anglais et au format PDF, telle qu'elle a été soumise par le candidat à la présidence.
Vision stratégique
La traduction de la vision stratégique sera disponible prochainement.
Durée : 9 minutes
Discours de remerciement de Khalilur Rahman après son élection à la présidence de la 81e session de l'Assemblée générale
Madame la Présidente, Monsieur le Secrétaire général, Excellences, chers amis, Mesdames et Messieurs,
C’est pour moi un véritable honneur que de prononcer ce discours en ma qualité de président élu de la quatre-vingt-unième session de l’Assemblée générale.
Je tiens tout d’abord à remercier du fond du cœur les États Membres de l’Organisation des Nations Unies pour leur confiance. C’est avec humilité et respect que j’accepte d’assumer la présidence de l’Assemblée générale à sa quatre-vingt-unième session.
Je tiens à remercier le Premier ministre du Bangladesh, Tarique Rahman, d’avoir présenté ma candidature à la présidence de l’Assemblée générale et d’avoir apporté un soutien constant et indéfectible à notre campagne.
Je remercie également mes compatriotes de m’avoir soutenu; ainsi que mon équipe et mes nombreux amis dans le monde entier pour leur précieuse contribution à notre campagne.
Merci aussi à ma famille, qui m’a toujours soutenu avec amour depuis l’annonce de ma candidature.
Enfin, je tiens à remercier sincèrement l’Ambassadeur de Chypre, Andreas Kakouris, qui fait preuve d’un esprit constructif durant sa campagne. Je lui adresse mes meilleurs vœux de réussite pour la suite.
Mesdames et Messieurs,
L’ouverture de la quatre-vingt-unième session de l’Assemblée marque un tournant historique. L’ONU entre dans sa neuvième décennie d’existence à un moment où la confiance placée en elle est mise à l’épreuve sur plusieurs fronts.
Les conflits et les guerres, véritables fléaux dont notre Organisation s’est donnée pour mission de préserver les générations futures, continuent d’infliger des souffrances indicibles.
Les progrès accomplis en matière de développement restent fragiles et incertains, et dans certains cas, on observe même un recul.
Malgré certaines avancées dans le domaine des droits humains, nous assistons à un recul général de certains droits et libertés à travers le monde et à un rétrécissement de l’espace humanitaire.
Tout cela intervient à un moment où le multilatéralisme est de plus en plus sous pression et où notre Organisation traverse des difficultés financières.
Pris dans leur ensemble, ces défis sapent la confiance du public dans la capacité de notre Organisation à tenir ses promesses.
Mesdames et Messieurs,
Comme je l’ai mentionné lors du débat interactif, j’envisage de relever avec les États Membres ces défis en me concentrant sur six grands piliers d’action.
Tout d’abord, pour faire avancer l’action menée par l’Organisation dans le domaine de la paix et de la sécurité, je puiserai mon inspiration chez les plus de 200 000 soldates et soldats de la paix bangladais qui ont activement contribué à la paix et à la sécurité internationales aux quatre coins du monde, de Chypre au Soudan.
Fort de l’expérience de mon pays, je préserverai l’autorité morale et politique de l’Assemblée et je défendrai une approche globale du maintien et de la consolidation de la paix, qui accorde la priorité à la prévention et à la recherche de solutions politiques, renforce la consolidation de la paix et protège les populations civiles.
J’encouragerai le dialogue pour que les opérations de maintien de la paix des Nations Unies soient mieux adaptées à leur mission et je militerai en faveur d’une plus large représentation des femmes en leur sein.
Mesdames et Messieurs,
Deuxièmement, le Programme de développement durable à l’horizon 2030 constitue une étape majeure dans l’activité de l’Organisation des Nations Unies, mais l’écart entre les promesses faites et les résultats obtenus reste trop important.
L’insécurité énergétique persistante est venue encore aggraver la vulnérabilité de nombreux pays.
D’après l’Agence internationale de l’énergie, la crise énergétique actuelle pourrait dépasser par son ampleur les deux crises énergétiques des années 1970 prises ensemble.
Lorsque j’étais jeune diplomate, j’ai suivi de près les débats de l’Assemblée générale sur les conséquences des crises des années 1970 pour les pays du Sud.
Pour eux, les années 1980 ont été une décennie perdue en termes de développement.
J’ai l’intention de travailler en étroite collaboration avec les États Membres afin de déterminer ce qu’il faut faire pour éviter une nouvelle « décennie perdue » en matière de développement et protéger les populations vulnérables des pays en développement.
En ce qui concerne l’application du Programme 2030, dans la perspective du Sommet sur les objectifs de développement durable de 2027, je m’efforcerai, avec vous toutes et tous, d’accélérer la réalisation des objectifs de développement durable pour lesquels du retard a été pris ou qui ont connu un recul.
En m’appuyant sur les résultats de la quatrième Conférence internationale sur le financement du développement et sur l’Engagement de Séville, j’engagerai les États Membres à combler les déficits de financement concernant les objectifs de développement durable, à respecter les engagements qu’ils ont pris au sujet de la soutenabilité de la dette et à poursuivre la réforme de l’architecture financière internationale.
Je veillerai tout particulièrement à garantir l’égalité des genres ainsi que la participation pleine et véritable des femmes et des filles dans toutes les sphères de la vie.
Je serai également attentif à l’application du Programme d’action de Doha en faveur des pays les moins avancés, du Programme d’action d’Avaza en faveur des pays en développement sans littoral pour la décennie 2024-2034 et du Programme d’Antigua-et-Barbuda pour les petits États insulaires en développement.
En collaboration avec les États Membres, je m’efforcerai de renforcer la coopération entre l’ONU et l’Union africaine, notamment dans le cadre de l’Agenda 2063.
Près des trois cinquièmes des personnes en situation de pauvreté dans le monde vivent dans des pays à revenu intermédiaire. Faisant suite à une décision de l’Assemblée générale, je convoquerai une réunion afin de répondre aux besoins des pays à revenu intermédiaire.
Mesdames et Messieurs,
Troisièmement, en matière d’action climatique, je collaborerai avec les États Membres pour veiller au respect des engagements pris, je soutiendrai l’opérationnalisation du Fonds permettant de faire face aux pertes et préjudices et je m’attacherai à protéger la biodiversité, les océans et les terres.
Dans le cadre de la Décennie de l’Océan, je m’attacherai à promouvoir des initiatives encourageant une action océanique fondée sur la science et à nouer des partenariats efficaces pour la préservation des écosystèmes marins.
J’animerai les débats lors de la première Conférence des Parties à l’Accord sur la diversité biologique marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale, qui se tiendra en janvier 2027.
Mesdames et Messieurs,
Quatrièmement, je soutiendrai les travaux de l’Assemblée générale sur les droits humains.
Je m’efforcerai de favoriser les synergies au sein des mécanismes des Nations Unies relatifs aux droits humains et au-delà, grâce à des partenariats multipartites.
J’apporterai tout le soutien du Bureau du Président de l’Assemblée générale aux réunions de haut niveau organisées en célébration du vingt-cinquième anniversaire de la Déclaration et du Programme d’action de Durban ainsi que du quarantième anniversaire de la Déclaration sur le droit au développement.
J’insisterai sur le fait qu’il est important de préserver l’espace humanitaire et de rester attentifs au sort des personnes réfugiées, des personnes migrantes et des communautés déplacées, dont les situations de vulnérabilité sont souvent passées sous silence par les médias.
Le Bangladesh est sensible à ce problème puisque nous accueillons depuis des années environ 1,2 million de Rohingyas déplacés de force du Myanmar. Et j’en ai pris la mesure personnellement lorsque j’occupais le poste de Haut Représentant de mon gouvernement chargé de la question des Rohingyas.
Mesdames et Messieurs,
Cinquièmement, les technologies émergentes, notamment l’intelligence artificielle, les mégadonnées et les plateformes numériques, présentent d’immenses occasions, mais également de sérieux risques d’inégalités, de partialité et d’utilisation abusive.
La question n’est pas de savoir si nous allons utiliser ces technologies, mais comment les encadrer de manière avisée et équitable.
Dans le prolongement du travail remarquable accompli par l’actuelle Présidente de l’Assemblée générale – et je vous en remercie, Madame –, je m’attacherai à promouvoir une mise en œuvre inclusive du Pacte numérique mondial.
Je collaborerai avec le Bureau des Nations Unies pour la jeunesse afin d’aborder la question de l’emploi des jeunes face à l’avènement de l’intelligence artificielle et d’autres technologies émergentes.
Mesdames et Messieurs,
Enfin, nous devons ensemble démontrer que l’ONU est capable de s’adapter, de se réformer et d’obtenir de meilleurs résultats pour redonner confiance en elle.
Le quatre-vingtième anniversaire de l’ONU, marqué par l’Initiative ONU80 – pour laquelle je tiens à remercier notre Secrétaire général –, ainsi que par le Pacte pour l’avenir, le Pacte numérique mondial et la Déclaration sur les générations futures, a déjà tracé une voie ambitieuse pour le renouveau de notre Organisation.
Je ferai fond sur ces efforts et travaillerai avec les États Membres afin de faire de l’Assemblée générale le moteur d’une réforme menée et dirigée par eux.
J’organiserai des consultations inclusives afin de faire avancer les idées présentées dans le rapport intitulé « Changement de paradigmes : unis dans la mise en œuvre » et je compte renforcer la coordination et les synergies entre l’Assemblée générale, le Conseil de sécurité, le Conseil économique et social et la Commission de consolidation de la paix.
Mesdames et Messieurs,
En tant que Président, je m’engage à rétablir la confiance, à favoriser le consensus et à créer un espace propice à des négociations menées de bonne foi, qui aboutiront à des résultats pour tous et portés par tous.
Je m’engage à défendre systématiquement la Charte des Nations Unies et à exercer la présidence dans le strict respect du code de conduite du Président.
Je serai votre président à tous. Je m’efforcerai d’associer tous les États Membres à l’action que je mènerai.
Je ne laisserai pas mes opinions personnelles interférer avec mon travail en tant que Président de l’Assemblée générale. Je m’efforcerai de trouver un terrain d’entente sans pour autant ignorer les différences.
Je veillerai à ce que la composition de mon Bureau soit équilibrée sur le plan géographique, du point de vue du genre et sur le plan linguistique. La création d’un groupe au sein du Bureau du Président chargé spécifiquement de répondre aux besoins des petites délégations sera l’une de mes premières priorités.
Je tiendrai également des consultations avec le Secrétaire général au sujet de l’organisation et des ressources du Bureau du Président de l’Assemblée générale.
J’engage tous les États Membres à verser des contributions au fonds d’affectation spéciale du Bureau du Président de l’Assemblée générale afin de soutenir ses activités. Je travaillerai avec vous afin de garantir des financements suffisants et durables pour l’organisation d’un programme de stages solide.
Je mettrai en place une équipe dédiée à la communication afin d’assurer une communication efficace tout au long de ma présidence.
Enfin, pour moi, le mandat de Président n’est pas ponctuel, mais s’inscrit dans la continuité. C’est la raison pour laquelle, Madame la Présidente, j’entends poursuivre vos importantes initiatives. Au cours des prochains jours, je resterai en contact étroit avec vous afin d’assurer une transition sans heurts dans le transfert de nos responsabilités.
Je vous remercie toutes et tous.
Durée : 12 minutes